Bonsoir ! Quelle début de semaine. Je n'avais pas oublié de poster rassurez vous juste un souci d'internet mais c'est réglé !

Je remercie les fidèles lectrices : jade, isatis et Paige (Merci ! Ne stresses pas trop pour la suite ...!)

Merci a Isatis2013 pour sa correction !

Et je vais me cacher. Bonne lecture !


Chapitre 8 : Saccage.

Le wagon s'arrêta à quelques kilomètres de la station de métro qui leur avait servi de planque pendant deux années. Root et Finch regardèrent une dernière fois l'installation de la machine avant de quitter les lieux, le cœur lourd. Reese avait passé la sangle du sac d'arme autour de lui et était armé d'un fusil d'assaut, un AK-47 chargé. Shaw tenait en main une Kalachnikov AK-12, bien plus imposante que l'arme de Reese. Malgré son épaule blessée, elle avait vivement tenue à poursuivre et à faire comme si de rien n'était. Finch portait la valise où se trouvait la copie de la machine et la tenait précieusement. Root était à ses côtés avec ses deux petits revolvers. Ils montèrent les escaliers en restant sur leurs gardes et purent sortir dans la rue. La Machine leur souffla l'emplacement de la voiture mais rapidement des tirs se firent entendre. Finch glapit et se cacha derrière une voiture tandis que ses amis se positionnaient pour tirer. En quelques secondes ce fut résolu. Finch se redressa et vit pas moins de dix agents à terre, certains encore vivants mais gémissants de douleurs.

-Allons-y Harry. Le poussa la hackeuse.

Ils trouvèrent la voiture et Reese fractura la porte en deux secondes. Il débloqua toutes les portières et tout le monde monta. Shaw défit la couche de plastique sous le volant et enclencha le moteur en mettant deux fils en contact. Elle démarra en trombe alors que ceux à l'arrière n'avaient pas encore attachés leurs ceintures. Le jour se levait péniblement et donc ils étaient visibles aux yeux de Samaritain. Même si la Machine tentait de les couvrir, plus rien n'était sûr maintenant que le virus était lancé.

Vous avez trente minutes à partir de maintenant pour parvenir à destination. » Fit la voix de la Machine.

Tout le monde resta sur les nerfs.

-« C'est le moment pour que j'évoque les simulations si je n'avais pas été là. »

-Crois-tu que ce soit le bon moment ? Fit Harold.

Il n'y a jamais de bon moment. Mais Harold, je meurs à petit feu alors je sais que je dois parler ».

Finch ravala sa salive.

Par qui dois-je commencer ? »

Personne ne lui répondit.

Bien, alors commençons par vous John. »

Reese se tendit. Il n'avait pas spécialement envie de savoir mais il n'avait pas le choix. De plus lui-même ne savait même pas ce qui se serait passé si la Machine n'avait jamais existée.

John – 27 mars 2015

Des jeunes adolescents courraient en groupe sur la piste sablonneuse et s'encourageaient entre eux pour se motiver. Cela faisait plus de trente minutes qu'ils parcouraient la piste et ils n'avaient pas perdu le rythme sous l'œil de leur professeur de sport, qui se tenait à l'écart de la piste, chronomètre en main. Chaque fois que ses élèves passaient devant lui, il leur donnait le temps qu'ils avaient mis pour faire le tour. Le professeur sourit doucement. Il était fier de voir que ses élèves avaient bien progressés en deux mois et qu'ils arrivaient à passer outre la fatigue pour se dépasser. Malgré la chaleur écrasante, les jeunes avançaient, poussés par leur volonté. L'exercice prit fin une quinzaine de minute après et le professeur s'avança vers ses élèves, fier.

-Vous avez battu votre dernier record. Bon boulot les garçons.

-Merci professeur ! Fit le plus grand.

-Merci M Reese. Fit le délégué.

-Maintenant allez vous doucher et n'oubliez pas le cours de chimie avec le Sergent Anders.

Les petits jeunes coururent vers les vestiaires, sans toutefois se disperser. John nota toutes les informations et les appréciations sur son bloc note. Puis il leva la tête lorsqu'il vit le lieutenant se rapprocher de lui. Il se mit au garde à vue.

-Repos Sergent Reese. Alors dites moi cette séance ?

-Il y a du progrès.

-Y en a-t-il certains qui sortent du lot ?

-Pas encore lieutenant. Vous serez tenu au courant si l'un d'entre eux mérite un place.

-Bien. Je compte sur vous Sergent Reese.

John fit un léger signe de tête et le regarda s'éloigner. Il soupira faiblement et cala son bloc sous son bras pour rejoindre son bureau.Une fois à l'intérieur il jeta le bloc et s'assit sur la chaise. Il retira sa casquette, qu'il posa sur le bureau et rangea le sifflet dans un des tiroirs. Il soupira de nouveau et se passa une main lasse sur le visage. Cela faisait deux ans qu'il était professeur dans cette école militaire privée et très réputée pour ses excellentes notes et ses élèves disciplinés. Si au départ, quelques uns étaient encore des rebelles, John avait rapidement su les recadrer comme ses collègues. John posa une main sur son genou et souffla, repensant aux conditions qui l'avaient conduit à être à ce poste particulier. John n'avait rien contre le fait d'enseigner mais cela manquait un peu d'action pour lui qui avait été habitué aux missions militaires. Et surtout aux missions de la CIA. Il avait quitté cette agence pour des raisons de mésentente avec Kara Stanton et Mark Snow. Son départ avait été fait à l'amiable puisqu'il avait demandé à retourner sur le terrain, à réintégrer l'armée. Là d'où il venait avant qu'il ne soit embauché par la CIA

Mais aujourd'hui, il se demandait s'il avait prit la bonne décision. Il ne pouvait plus faire de sport ni faire des acrobaties. Cependant ses supérieurs ne l'avaient pas déclarés inapte. En effet Reese était un élément très précieux, capable de remarquer le moindre détail et surtout son imagination sans limite avait fait que ses supérieurs avaient pris la décision de le garder au lieu de le mettre au chômage ou pire : à la retraite anticipée. C'était pour cette raison qu'il enseignait le sport. Seul John pouvait savoir comment garder son rythme, comment passer outre la fatigue et faire appel au mental. Il avait été si durement formé qu'il pouvait transmettre aux jeunes.

Il secoua la tête puis se leva doucement pour se rendre dans la salle de musculation à côté de son bureau. A cette heure-ci, aucun élève ne fréquentait cette salle car tous étaient en cours avec d'autres professeurs de l'armée. Reese se pencha et récupéra deux poids de cinq kilos chacun puis s'assit sur un banc de sport. Oui il outrepassait son interdiction de sport, mais il n'était pas invalide pour lui. Ses bras fonctionnaient donc il pouvait soulever un peu de poids pour garder le haut de son corps athlétique. Il ne faisait pas de sport dans le beau de garder une belle carrure, mais dans le but d'oublier ses soucis et pourquoi il ne pouvait plus aider ses camarades qui a cette heure-ci, risquaient leurs vies sur le terrain, face aux ennemis. Reese se mordit la lèvre et poursuivit jusqu'a finir en sueur. Il se sentait mieux après cette petite séance qu'il s'octroyait tous les jours. Il se leva et se dirigea vers les douches réservées uniquement au personnel. Il se débarrassa de ses effets et se plaça sous le jet de la douche froide, les yeux clos. Son regard se perdit sur le bas de son corps, plus précisément sur sa jambe droite. La prothèse qu'il portait à partir du genou et qui lui permettait de tenir debout, le fit soupirer. Oui il avait été touché lors d'une mission. L'ennemi, un sniper armé d'un fusil puissant avait visé son genou et l'avait brisé en morceaux. Le verdict avait été un choc pour Reese qui avait du se résoudre à se laisser amputer d' une partie de sa jambe et à porter une prothèse. Il ferma les yeux de nouveau, se souvenant de chaque seconde qui avait suivi sa blessure : la douleur intense qui l'avait traversé, le déchirant peu à peu …

Réalité.

John se mordait la lèvre, les yeux rougis, se retenant. Root était bouche bée et Finch était peiné. Shaw avait pourtant tout entendu mais elle n'exprima rien du tout.

-C'est … Commença Finch.

-C'est horrible. Surtout pour toi John, toi qui aime le sport. Fit Root.

John baissa la tête, touché.

-Donc je n'aurai jamais été trahi par la CIA. Je ne jouerais pas au mort. Comprit-il. Mais j'aurai été seul.

La remarque de John toucha Finch. Harold se rappela de ce que la Machine lui avait raconté et curieusement il trouva que c'était une drôle de coïncidence. Lui aurait fini seul, John aussi. Qu'allait-il en être pour les deux femmes ? Il craignait que la Machine ne réduise à néant le moral de son équipe. Il se pencha et posa une main sur l'épaule de John. Reese eut un léger sursaut mais à la surprise de tout le monde, il posa une main sur celle de Finch, ce qui n'échappa à personne. Et Finch ne voulut même pas retirer sa main lorsqu'il sentit celle de son partenaire. John avait besoin d'un peu de soutien et il voulait lui en donner à sa manière.

-Allez raconte pour moi. Lança Shaw, curieuse.

Comme si c'était fait Sameen ».

Shaw – 31 décembre 2014

La salle d'attente était pleine, composée de personnes ivres, de blessés suite à un bagarre dans un bar ou une bagarre familiale. Dans le couloir, les lits prenaient toute la place, où reposaient tous les blessés graves. Des gémissements, des plaintes et des grognements remplissaient les lieux en ce dernier jour de l'année. Sameen Shaw se faufila entre les divers brancards, d'une démarche assurée. La jeune femme était sûre d'elle mais fatiguée. Cependant elle puisait dans ses dernières forces pour terminer son service. Elle alla dans une salle de consultation et ouvrit le dossier pour accueillir un peu froidement le jeune homme qui était tombé de son scooter après avoir bu pas loin de quatre verres de whisky. Elle banda son bras ensanglanté et l'envoya vers le service radiologie. Elle enchaîna les consultations toute le soirée. A 22heures, l'heure où son service prenait fin, elle salua brièvement sa collègue qui prenait le relais. Elle se dirigea vers les vestiaires et rangea sa blouse dans le casier, puis enfila son blouson et son bonnet.

Elle quitta les urgences et enfourcha sa moto stationnée sur le parking du personnel. Elle démarra au quart de tour et quitta la ville, s'éloignant. Elle avait besoin de sensations, elle avait besoin d'adrénaline. Son travail ne lui en apportait pas vraiment. Elle se rendit sur une route abandonnée et loin des regards puis elle accéléra brusquement. Le vent frais de l'hiver fouetta son cou et ses mains. Elle effectua un freinage violent et fit demi tour, ni une ni deux et reparti à l'assaut. Elle adorait s'octroyer une séance comme ce soir. Cela lui permettait d'oublier qu'elle était différente des autres. Elle avait failli ne pas avoir son diplôme de médecin à cause… des sentiments qu'elle était incapable de ressentir. Elle avait accepté de suivre une thérapie et de prendre un traitement. Mais cela n'avait rien donné et elle avait plaqué tout le traitement, agacée d'avoir perdu presque deux ans à le prendre. Il n'y avait eu aucun changement depuis.

Elle freina de nouveau mais cette fois-ci elle glissa sur le bitume. Elle se retrouva projetée mais dans son mouvement elle fit un salto avant et atterrit sur ses talons. Elle se redressa et contempla sa moto couchée. Elle soupira. Encore quelques réparations à prévoir certainement. Mais elle s'en fichait. Son salaire le lui permettait, puis elle n'avait qu'un minuscule loft à peine meublé. Sameen redressa la cylindrée et l'enfourcha de nouveau avant de recommencer ses manœuvres dangereuses, mais très enrichissantes pour elle. Après avoir passé plus d'une heure là-dessus, elle rentra et s'affala sur son pauvre lit, qui n'était qu'un matelas déposé sur des palettes de bois. L'intérieur du loft était défraichi mais cela lui convenait très bien. Elle n'avait même pas faim. Elle ignorait depuis combien de temps elle était allongée, lorsqu'elle entendit des pétards et des feux d'artifices. Elle se redressa, furieuse et se plaça devant une des grandes fenêtres. Dehors, dans les rues, les personnes se souhaitaient une bonne année, dans une ambiance chaleureuse, dans des étreintes réconfortantes. Sameen déglutit.

- Quelle bande de naïfs. Lâcha-t-elle, avec dédain, avant de retourner sur le lit.

Elle glissa sa main sous l'oreiller et soupira en sentant le métal froid. Elle le prit et admira l'arme, le faisant tourner dans ses mains. Quelquefois quand elle s'ennuyait, elle prenait l'arme et descendait dans la rue, en particulier dans les quartiers chauds. Elle errait, capuche sur la tête, mains dans les poches de son blouson. Puis parfois, elle tombait sur une guerre de gang, en pleine nuit. Parfois elle s'y mêlait en participant à la bagarre. Toujours elle gagnait. Quelquefois elle se servait de son arme pour faire fuir les froussards et cela fonctionnait très bien. Elle souffla péniblement et rejeta le petit revolver dans un coin de la pièce. Elle n'avait personne, ni famille, ni ami. Elle n'était pas sociable et elle ne voulait pas l'être. Dans son travail elle se forçait à être sociable avec les patients parce qu'elle n'avait pas le choix si elle voulait préserver son travail. Mais elle parlait très peu à ses collègues, voire jamais pour certaines. En dehors du travail, un quelconque inconnu pouvait faire les frais de sa mauvaise humeur. Elle avait déjà été abordée par certains hommes trop entreprenants et tous l'avaient regretté.

Mais Sameen sentait qu'il manquait quelque chose dans sa vie pour la pimenter. Elle n'avait pas encore trouvé la réponse et cela créait un vide qui grossissait de jour en jour. Que lui manquait-il ? Elle ne savait pas. Elle cherchait la réponse depuis une bonne année et rien ne lui suffisait. Elle était comme une âme perdue sans but précis dans la vie.

Réalité.

Root avait les larmes aux yeux, ayant imaginé sans peine ce que la Machine venait de leur raconter. Finch resta muet, John regardait Shaw avait un sourcil haussé. Sameen s'était crispée sur le volant.

-Super. Ce fut tout ce qu'elle trouva à dire.

Finch craignait le pire pour ce que la Machine allait dire à Root. Lui, John et Shaw étaient seuls dans les univers alternatifs. Son instinct lui disait que cela allait sans doute être la même chose pour son amie. Mais de quelle façon ?

-Sameen… Souffla la hackeuse.

-Ne dis rien s'il te plaît. Siffla-t-elle.

Samantha lança un regard triste à Finch. Harold lui sourit tristement. Root glissa doucement une main vers la sienne et Finch sentit qu'elle avait besoin de soutien et lui répondit en serrant sa main sur la sienne.

Il ne reste plus que l'interface ». Fit la Machine.

Root ouvrit la bouche mais la referma sans rien dire. Finch vit son inquiétude et ne put rien ajouter.

-Je suppose que je n'ai pas le choix ? Fit Root.

Si. Je peux vous raconter après si je m'en sors, mais vous savez qu'il n'y a pas beaucoup de chance ».

-Alors je ne vais pas prendre le risque de perdre cette … occasion d'en savoir plus.

-On a tous eu nos versions Mlle Groves, il ne manque plus que la vôtre. Encouragea Finch. Je sais qu'elles ne sont pas joyeuses mais … au moins nous savons. Nous savons si nous avons fais le bon choix.

Root lui sourit faiblement.

-Vas-y je t'écoute. Fit-elle à la Machine.

Samantha Groves – 19 novembre 2014

Samantha regardait le paysage extérieur depuis la petite fenêtre de la maison qu'elle avait acheté depuis une quinzaine d'années. Les arbres étaient nus, les feuilles jonchaient la pelouse humide, certaines feuilles virevoltaient avec le petit vent qui s'élevait de temps en temps. Les champs s'étalaient à perte de vue. C'était la seule maison au milieu de tous ces champs. La première ville se situait à cinq kilomètres. Elle soupira et s'adossa dans son fauteuil.

Elle n'avait pas réussi à trouver sa voie. Sa mère lui avait pourtant dit de suivre ses talents et de ne rien lâcher. Elle avait parcouru les grandes villes, telle une femme motivée, à la recherche d'une personne semblable à elle : passionnée par l'informatique et le piratage. Elle avait piraté pas mal d'entreprises pour leur soutirer des informations capitales. Elle avait tué aussi des personnes qui avaient osé se mettre sur son chemin dans sa quête. Elle avait fait des ravages autant à New-York, à Washington, à Los Angeles, à Hollywood, bref dans tellement de villes qu'elle était incapable de toutes les citer à présent. Plusieurs fois, elle s'était mise en danger, plusieurs fois elle avait frôlé la mort. Elle pouffa. Cela lui avait-il servit à quelque chose de jouer avec la mort ? De jouer l'héroïne, de jouer l'invincible ? Elle avait utilisé pas moins d'une centaine d'identités. Certaines avaient été volées mais d'autres, elle les avait crées. Parce qu'elle parvenait à faire entrer toutes les données dans la base du gouvernement. Grâce à ses doigts habiles et à ses nombreuses connaissance en piratage, elle parvenait à tout contourner et à se rendre invisible.

Elle repositionna son bonnet et soupira. Maintenant, elle ne pouvait plus rien faire. Elle se retrouvait coincée. Seule. A force d'avoir parcouru le monde, chassé des intrus, elle n'avait rien fondé. Elle ne connaissait personne, n'avait pas d'ami, ni de famille. Elle n'avait plus qu'à attendre. A attendre que la mort s'empare d'elle. Sa dernière mission lui avait été presque fatale. Elle avait failli y rester et aujourd'hui elle subissait les conséquences. Elle ferma les yeux pour mieux se souvenir.

Deux mois plus tôt, elle avait piraté les données d'une centrale nucléaire pour dénoncer des activités étranges. Puis elle s'y était faufilée. Malheureusement dans sa course effrénée avec l'homme qu'elle voulait tuer, parce qu'il avait commis plusieurs meurtres chimiques, elle n'avait pas pu échapper à la fiole toxique qui lui avait été jeté. Le flacon avait explosé en morceau sur le carrelage blanc et des vapeurs s'étaient répandues. Elle en avait inhalées quelques unes avant de prendre la fuite, en toussant. Le soir même, elle s'était sentie mal et avait rapidement utilisé une autre identité pour se rendre aux urgences. Une semaine après le verdict avait été sans appel.

Samantha tourna la tête dans un gémissement et régla la machine à côté. Elle soupira doucement en sentant l'oxygène lui redonner un peu de souffle. Elle était condamnée. Les médecins estimaient qui ne lui restait plus que quelques jours. Elle avait donc décidé de s'enfermer et se laisser la faucheuse venir la chercher. C'était comme un retour de bâton. Comme si elle payait pour avoir oté la vie à de nombreuses personnes, qui pourtant de son point de vue, l'avait mérité. Elle avait accepté ce triste sort depuis un moment.

Elle se leva péniblement, prenant la machine à roulette avec elle. Ses forces n'étaient plus celle d'une personne de son âge, mais plutôt d'une invalide ou d'une personne en fin de vie. Elle s'écroula lamentablement sur le tapis et respira avec difficulté. Le masque à oxygène la gênait et elle retira son bonnet, dévoilant une chevelure fortement abîmée et où il manquait des touffes de cheveux à certains endroits. Elle se mit sur le dos, respirant bruyamment. Elle se concentra sur le plafond pour essayer de faire passer la crise. Mais un petit bip sonore lui parvint aux oreilles et elle pencha la tête. Un voyant lumineux rouge venait de s'allumer sur la machine à oxygène, signe que la bouteille allait être vide dans cinq minutes. Cinq minutes. Samantha savait ce qui se passerait si elle ne la changeait pas. Et pourquoi la changer ? Hormis retarder sa mort, elle n'avait plus aucune raison de vivre. Tant pis, elle était résignée. Alors durant les cinq minutes, elle repensa aux bonnes actions qu'elle avait faites. Aux dernières années de sa vie si courte. Un bip strident se fit. La bouteille était vide. Samantha sourit avant de dire :

-Je ne regrette rien.

Réalité :

Cette fois-ci Root pleurait. Finch se retenait, les yeux rougis. Reese était silencieux. Shaw semblait quant à elle perturbée par le récit. Root se pencha et enfoui sa tête sur les cuisses de l'informaticien, qui ne résista pas à poser une main sur le dos de son amie pour la soutenir. Des sanglots se faisaient entendre et Finch se pinça les lèvres. Elle allait mouiller son pantalon mais il n'en avait cure. Shaw s'arrêta au milieu d'un chemin de terre. Reese se tourna sur son siège et contempla son amie en pleurs sur les genoux de Finch. Harold leva la tête vers John. Reese déglutit. Finch était aussi bouleversé par cet univers alternatif que la Machine avait proposé pour Root.

-Chérie ? Fit Shaw.

La hackeuse se redressa brutalement, manquant d'assommer Finch.

-Shaw… c'est la première fois que tu m'appelles comme ça.

Sameen se tourna à son tour.

- Sèches moi ces larmes. Nous sommes ensemble. Personne n'est seul aujourd'hui. Rappela t-elle.

-Vous avez raison Mlle Shaw. Approuva Finch. Root essuya ses larmes.

-Nous sommes arrivés. Remarqua John.

-Déjà ? Fit Finch.

-« Les trente minutes se sont écoulées. »

-Nous avons combien de temps avant que le satellite ne soit en orbite ? Demanda Finch.

Vous avez quarante cinq minutes maintenant. Sinon la prochaine tentative sera dans deux heures mais je ne pourrais plus vous aider. »

-Parce que tu seras morte. Enonça Finch.

Oui. Surtout équipez vous en armes ».

-Combien d'agents ? Fit Shaw.

Cinquante trois. »

-Et pas plus ? Fit John. Le bâtiment est pourtant grand.

-« Etrangement Samaritain a suspendu certains de ses agents pour aujourd'hui ».

-Pourquoi ?

-« Je pense que Samaritain veut vous tuer ».

-Ce n'est pas nouveau. Glissa la hackeuse, remise de ses émotions.

Ils savent ce que vous allez faire. Ils veulent vous tuer comme vous avez tué les serveurs de Samaritain ».

-Comment … Commença Root.

-Oh mon dieu. Souffla Finch.

Reese s'était tendu.

-Comment ils savent ? Demanda la hackeuse.

-« Samaritain a mené des simulations. »

-Il fait comme toi ?

-« Oui. Mais les agents qui étaient au métro, puis à la sortie … ils vous poursuivent. »

-Nos identités sont donc… Emit Finch.

Oui, elles ne tiennent plus ».

-On est mal. Clama Shaw.

-Nous devons passer en force. Souffla Reese.

-« Vous n'avez pas le choix. Mais êtes-vous sûrs de vouloir tenter le diable ? »

-Tu nous as dis que Samaritain avait des serveurs ici et une copie protégée. Nous devons la détruire en même temps que nous te copions. S'exclama Finch. Je refuse que Samaritain vive plus longtemps.

Ils descendirent du véhicule et enfilèrent tous un gilet pare balle. Reese se chargea lourdement en artillerie, veillant à ne pas manquer de munitions. Il glissa des recharges dans ses poches et attacha l'arme sur lui. Shaw fit comme lui et Root chargea au maximum les revolvers. Grâce à sa ceinture, elle en avait bloqué six dessus et en tenait deux en mains. Finch prit la valise.

-Harry, il vous faut une arme.

Finch lui fit de gros yeux.

-Finch, il le faut. Fit John.

Harold croisa le regard de son agent et y lut une sorte d'inquiétude profonde. Root se retint de faire un commentaire mais lorsqu'elle vit son patron prendre docilement l'arme, elle resta étonnée quelques secondes. Elle était persuadée qu'il aurait refusé.

-Nous ne devons rien négliger. Affirma Finch, puis il se tourna pour mieux contempler le bâtiment en bas de la pente, qui semblait s'étaler sur une dizaine d'hectares. Je ne vois pas de parabole est-ce normal ?

-« Oui, mais il y en a ».

-Bien.

Alignée, l'équipe regardait de loin les lieux. Le soleil était levé et ils pouvaient le voir briller quasiment en face d'eux. Reese était à la gauche de Finch. A droite, il y avait Root puis Shaw. Les doigts des filles se mêlèrent ensemble. Finch le remarqua et jeta un regard bref à John. Reese lui sourit tristement. Ils finirent par se concerter quelques minutes avant de déclarer :

-Quand il faut y aller, il faut y aller. Soupira Finch.

-Peu importe qui s'en sort ou pas, nous n'aurons rien à regretter. Ajouta Root.

Dans une démarche accordée, ils firent un premier pas. Ils descendirent la pente un peu raide, se frayant un chemin dans les herbes hautes. Parvenus en bas, Reese arracha le grillage de sécurité et ils entrèrent dans le périmètre.

-« Je vous aiderais comme je peux » Affirma la Machine.

Shaw fractura une porte et un bip strident s'enclencha. Le système de sécurité du bâtiment. Ils entrèrent à l'intérieur et s'engagèrent dans des couloirs dans un premier temps. Les premiers agents ne tardèrent pas. Les coups fusèrent rapidement. Les beaux murs blancs se trouvèrent troués et certaines petites vitres qui donnaient sur les bureaux explosèrent au vol. Les trois premiers agents furent à terre, tués. Le groupe s'avança, Finch un peu en retrait. Ils tournèrent plusieurs fois dans les couloirs avant de s'arrêter devant une petite salle d'archives.

-C'est là que nous devons brancher le routeur. Affirma Root. Je vais me dépêcher. Elle donna un violent coup de crosse à la poignée et put entrer. Finch la suivit, restant toutefois sur le seuil. Root fouilla dans les cartons entreposés. Un coup de feu se fit entendre et Shaw se retrouva projetée au sol. Reese dégaina son arme et mit à terre l'homme qui venait de tirer sur elle.

-Shaw tout va bien ?

Elle se redressa péniblement.

-Oui, sacrée balle celle là. Fit-elle en jugeant la balle de plomb coincée sur son gilet. Elle gémit en se tenant l'épaule. Dans sa chute elle était tombée du mauvais côté et avait ravivé ses douleurs. Finch se risqua et l'aida à se relever. Root annonça que le routeur était branché et cela ne tarda pas à être confirmé.

Je vous reçois cinq sur cinq ».

Finch leva les yeux au plafond et capta une caméra dans un angle. La diode rouge était allumée et fixe.

- Guide-nous. Ordonna-t-il. Et préviens-nous si tu vois nos ennemis. Ordonna-t-il sèchement.

Bien ».

L'équipe poursuivit son périple à l'intérieur du dédale de couloir qui semblait interminable. Cinq agents supplémentaires furent tués. Ils arrivèrent devant une double porte battante et les poussèrent. Ils ne virent personne et la Machine non plus. Ils avancèrent, sur leurs gardes. Ils venaient d'entrer dans la plus grande partie du bâtiment. Il y avait plusieurs espaces à traverser avant d'arriver à leur destination. A l'intersection d'un angle sur le chemin, un déclic d'arme se fit entendre et Finch s'écroula, lâchant la valise, poussant un hurlement. Reese et les filles se tournèrent d'un même mouvement, juste au moment où ils virent Finch se retrouver allongé sur le ventre, la tête posée sur son bras, dans une posture qui ressemblait à celle de l'étoile.

-Professeur Whistler ! Clama Root.

Ils avaient levé leurs armes face aux deux personnes qui venaient d'apparaître. Root se figea en les reconnaissant. Jeff Blackwell et Claire Mahoney.

-On se retrouve enfin. Dit Claire, arme braquée vers eux.

-Plaisir non partagé. Grogna la hackeuse.

Shaw visait Jeff. Elle savait qui c'était, sa partenaire l'avait si bien décrit et elle le reconnaissait. John était un peu en retrait derrière les deux filles, non loin de Finch. Il ne pouvait pas prendre le risque de se pencher vers lui et mettre en danger les filles si jamais elles avaient besoin d'aide. Il savait que Finch n'était pas blessé. La balle s'était logée dans le gilet, au niveau des côtés. Il le voyait immobile mais à l'écoute. Il y avait des signes qui ne trompaient pas. Alors il veillait. Root avait employé son nom de couverture comme une alerte : si elle l'utilisait, il ne devait pas bouger et tenter de faire le mort pour tromper les ennemis.

-« Dix agents vont arriver dans quatre minutes ». Dit la Machine.

-Alors comme ça vous cherchez à détruire Samaritain ? Demanda Claire.

-Oui. C'est mérité. S'agaça Root.

-Tout comme vous méritez d'être morts tous les deux. Rajouta Sameen.

Jeff devint neveux et visa Sameen.

-Essayes un peu pour voir. Provoqua Shaw.

Un coup se fit entendre et Jeff se retrouva au sol, le visage en sang. Shaw et Root restèrent de marbre. Elles n'avaient pas tiré. Root se tourna doucement vers John en retrait. Reese avait le bras tendu, arme fumante en main, le regard noir. L'ex-agent de la CIA s'était vengé. Il avait tué Jeff parce qu'il avait eu l'intention de tuer Finch. Même si Finch avait survécu, il n'avait pas supporté de le voir souffrant et sévèrement blessé.

-Bon qu'est ce que vous faites Claire ? A une contre trois, vous n'avez pas peur ? Se moqua Root, en recroisant le regard de la jeune femme en face d'eux.

-Vous pensez vraiment que je suis seule ? Ajouta-t-elle avec un petit sourire en coin.

Deux agents de Samaritain apparurent sur la passerelle supérieure derrière elle. Root écarquilla les yeux. Shaw et Reese venaient de lever leurs armes, une cible chacun. Root gardait son arme pointée vers Claire.

-Vous pensez tout réussir. Vous êtes naïfs quand même. Affirma Claire. Nous savons que vous avez tué Greer et Gabriel. Et Jeff en plus. Aucun de vous ne mérite de vivre.

-Vous pensez que vous avez mérité de vivre vous ? S'énerva Root.

-Oui, parce que j'ai obéis et je n'ai jamais failli.

-Ouah. Samaritain n'est pas un gentil.

-Votre Machine non plus.

-Sauf qu'elle sait différencier un meurtre nécessaire d'un meurtre inutile.

-Dommage que Harold soit mort, on aurait pu en débattre.

Root sourit.

-Mort ? Alors vous êtes naïve de croire que nous n'avons pas anticipé.

-«Maintenant ».

Profitant de l'effet de surprise, Reese et Shaw tuèrent les deux agents en hauteur. Root tira dans l'épaule de Claire qui s'écroula dans un hurlement de douleur. La hackeuse se rapprocha d'elle, faisant claquer ses talons sur le bitume puis bloqua le bras de Claire qui tentait de récupérer son arme, avec son pied.

-Il n'est pas mort.

Finch capta la phrase de la hackeuse et se tourna sur lui-même avec une grimace de douleur.

-On ne vous a jamais appris à vérifier si quelqu'un était mort. Vous me décevez. Fit Finch amèrement à l'intention de Claire.

-Qu'est ce que je fais Harry ? Roucoula la hackeuse sur un ton agacé.

-Je vous laisse le choix Mlle Groves. Je n'en ai rien à faire. Finch se redressa avec l'aide de John et se stabilisa sur ses deux jambes. Ses côtés étaient un peu douloureux mais ce n'était pas insupportable.

-Quoi ? Vous voulez me tuez ? Je croyais que vous étiez contre ça.

-C'était avant Mlle Mahoney. Vous avez eu l'intention de me tuer auparavant. Rappela-t-il froidement.

-Vous avez faux sur toute la ligne.

-Non. La Machine sait repérer des comportements suspects. Elle vous a désigné.

Cela fit rire Claire, ce qui vexa Finch.

-En revanche, vous en avez profité pour obtenir des informations sur la Machine la dernière fois. Vous me croyez dupe ?

-Je pensais que vous l'étiez.

-Ravi de voir que vous vous êtes trompée. Je savais que je ne pouvais pas vous faire confiance Mlle Mahoney.

-Pourtant vous êtes venus me voir.

-Par curiosité. Mais j'aurai mieux fait de m'abstenir.

-Ahah.

-A présent, que vous soyez parmi nous où non, je n'en ai rien à faire. Lâcha froidement Finch. Mlle groves…

-Bien. Fit Root.

Root se pencha vers elle et prit son visage entre ses deux mains.

-Adieu.

La nuque de Claire craqua violemment et son corps se fit tout mou. Root vérifia son pouls et se releva victorieuse.

-Avançons avant que nous ne soyons pris en embuscade.

Finch ramassa la valise et ils reprirent le chemin. Plusieurs agents osèrent se mettre sur leur chemin et ils furent tous tués. Il devait maintenant rester une petite vingtaine d'agents ennemis dans les locaux. Ils parvinrent dans une grande salle où se trouvait une dizaine d'agents qui ne tardèrent pas à ouvrir le feu. Reese et Finch se planquèrent derrière une énorme caisse de bois, Shaw derrière un pilier et Root avançait tout en évitant gracieusement les balles qui tombaient.

-« Retirez vos oreillettes ».

Les amis les retirèrent et tous les agents se mirent à hurler. L'éclairage de la grande salle commença à perdre en intensité avant de revenir, puis de recommencer. Finch remit son oreillette.

Samaritain m'a trouvé. Dépêchez-vous. »

Finch prit conscience que sa création était en train de se battre avec l'autre IA pour tenter de prendre le pouvoir sur les lieux. Les autres remirent leurs oreillettes mais Shaw et Root durent rester dans cette pièce car c'était le seul endroit qu'il fallait traverser pour atteindre la salle où Finch devait se rendre. Finch et Reese poursuivirent ensemble, l'un à côté de l'autre. Deux agents furent tués avec un parfait sang froid. Les néons éclatèrent. Les lieux étaient sinistres maintenant que les deux IA se battaient. Ils parvinrent au bout du long couloir bétonné et arrivèrent devant une grande grille. Finch chercha une caméra et en trouva une.

-Ouvre-nous cette porte.

Un déclic se fit entendre et John l'ouvrit. Ils se retrouvèrent sur des passerelles en hauteur. Finch se garda bien de regarder en bas mais il devina la présence de nombreuses paraboles.

-Là, le tableau de contrôle. Désigna Reese, qui guettait les alentours. De nouveaux tirs se firent, cette fois-ci depuis le bas. Reese poussa Finch pour le presser et ils arrivèrent dans la petite cabine de contrôle. Reese resta à l'entrée et tenta de tuer les agents de samaritain qui continuaient à les viser.

Samaritain contrôle son missile »les prévint la Machine.

-Tu crois vraiment qu'on va s'en sortir ? Demanda Finch, nerveux, qui venait de connecter son ordinateur au système de Samaritain. Le silence de la Machine inquiéta son créateur mais il se dépêcha de chercher le réseau masqué de Samaritain et le trouva rapidement. Il lança le virus Ice-9 une dernière fois sur les derniers serveurs soit disant protégés de l'autre IA. Puis rapidement, Finch passa à autre chose et pirata le système de commande. Le toit s'ouvrit dans un grincement mécanique lugubre. Peu à peu l'énorme pièce qui se dessinait sous les yeux de Finch se releva. Il y a avait au total trois paraboles. Finch trouva d'un coup d'œil celle qui lui fallait. Il vit John sur la passerelle plus loin, tirant vers le bas. Les coups de feu répétés le mettait mal à l'aise mais il devait s'y faire. Mais Samaritain s'énerva et grilla le tableau de bord. Finch pesta contre l'IA qui faisait tout pour l'arrêter. Il se baissa et retira le cache sous le tableau de bord. Il fouilla et trouva l'arrivée des câbles. Finch trifouilla et modifia les fils, qu'il brancha de justesse sur son ordinateur. Il réussit à reprendre les commandes de la parabole qu'il voulait et la vit monter pour sortir. Rapidement il entra les coordonnées de l'orbite et lança le transfert. La barre de progression du transfert apparu.

-« Sortez d'ici, dans trois minutes …le bâtiment …sera …soufflé. »

La Machine mourait peu à peu, tout comme Samaritain qui perdait des forces et qui était à présent incapable de communiquer avec ses agents de terrain. Finch quitta la cabine laissant son ordinateur, priant pour que le transfert soit réussi. Il ne pourrait jamais vérifier. Il retourna vers le couloir bétonné tout en appelant son agent. Finch parvint dans le couloir mais lorsque John revint vers lui, la grille descendit d'un coup et sépara les deux hommes.

-John ! Hurla Finch, s'agrippant aux barres de la grille.

Reese surpris, tenta de soulever la grille mais n'y parvint pas.

-Ouvre cette grille! Ordonna Finch à la Machine.

Je suis désolée… Mes systèmes centraux sont … en échec. J'ai presque disparu. Je n'ai plus de … force »

-Non ! ça ne devait pas se passer comme ça ! Paniqua Finch.

-Les garçons, on perd le signal ! S'exclama Root dans l'oreillette.

-Nous allons vous perdre. Siffla Shaw alors qu'elle tirait sur un ennemi.

-Partez! Ordonna Finch.

-Nous ne pouvons pas ! On est cernées de partout !

-Vous croyez qu'on vous laisserait en plus ! Vous vous gourez ! S'énerva Shaw.

-Nous sommes prisonniers dans ces lieux ! Hurla Finch.

-Alors on reste ensemble, pas question de se séparer, nous sommes une équipe je vous signale Harry! Râla la hackeuse.

-Oh l'enfoiré ! S'écria Sameen qui venait d'éviter une balle de justesse. Elle riposta en lançant une rafale de tirs contrôlée.

-« Je suis désolée… »

-Non ce n'est pas possible… Marmonna Finch.

Adieu ».

Reese s'agrippa aux barres de la grille, posant ses mains sur celles de Finch.

-Mr Reese, nous …

-Ne dites rien Harold. Supplia John.

-Mais ! Nous ne pouvons pas sortir d'ici ! Nous n'avons aucun moyen !

-Vous pourriez prendre un raccourci s'il y en avait un…

-Non ! Je ne vous laisserai pas ici !

-Harold…

-Il n'en est pas question !

Leurs oreillettes se mirent à émettre des grésillements désagréables et ils les enlevèrent. Finch se sentait à la fois proche de John, sentant la chaleur de ses mains sur les siennes mais aussi loin de lui, à cause de cette grille qui les séparait. Si seulement il n'y avait rien et si seulement la Machine avait pu avoir plus de force pour les dernières secondes de son existence.

-Je ne peux pas croire que nous sommes tous bloqués. Je ne voulais entraîner personne … Regretta Finch.

-Nous avons voulu vous suivre Finch. Vous n'avez rien à regretter.

-J'aurai dû me douter que nous ne pourrions pas nous en sortir aussi facilement.

-Nous ne pouvions pas savoir Harold.

-Ce qui est fait est fait … murmura Finch.

-Et nous ne pouvons rien faire pour revenir en arrière.

Leurs visages étaient si proches que John souleva sa main et caressa la joue de Finch. Des éclairs de lumières se firent, des étincelles s'échappèrent des paraboles. Tout était en train de surchauffer et d'être détruit.

-John je ne veux pas vous perdre. Lâcha Finch, laissant échapper un sanglot dans sa voix si fragile.

-Moi non plus Harold. Répondit spontanément Reese, en pinçant les lèvres, ému.

-Que devons nous faire ? Marmonna Finch.

-Nous ne pouvons que … attendre.

-Ensemble.

-Toujours Harold. Nous avons toujours été ensemble non ?

-C'est vrai.

-Je ne vous abandonnerai pas. Jamais.

Leurs fronts se collèrent, malgré les barres. Leurs mains étaient jointes. Leurs respirations s'affolaient. Qu'allaient-ils devenir une fois que le missile toucherait le bâtiment ? Allaient-ils mourir ? Allaient-ils s'en sortir ? Plus le temps s'écoulait lentement, plus ils perdaient espoir. Des hurlements se firent entendre au milieu des appareils qui explosaient sous la tension qui dépassait les limites autorisées. Le regard bleu de John croisa celui de Finch. Finch avait les larmes aux yeux, quelques gouttes avaient coulé sur ses joues. Il était triste, terrorisé. John l'était aussi mais il tentait de le masquer. Il ne devait même pas leur rester une minute. Une seule petite minute, qui serait peut être la dernière pour tout le monde ou une bonne partie de l'équipe. Les deux hommes fermèrent les yeux. Des larmes coulèrent de nouveau sur les joues de Finch.

Il aimait John. Il l'aimait depuis très longtemps. A peine un an après avoir embauché Reese, il avait commencé à éprouver des sentiments, qui d'abord l'avait étonné. Il ne se pensait pas capable de ressentir de l'amour. Surtout face à un homme. Il avait cru qu'il avait perdu la tête mais au fil du temps, il avait réalisé que son cœur était attiré par son agent. Il lui avait fallu du temps pour accepter le fait qu'il aimait son agent. Toutes les petites attentions de Reese y étaient pour quelque chose, il le savait. Le fait que John ait aussi cherché à en savoir plus sur lui l'avait amusé. S'il s'était caché derrière un masque d'homme secret et un peu agacé par le fait que John cherchait à découvrir son passé, en réalité il en était flatté. Parce que son agent était intéressé par lui d'une manière. Reese avait découvert des choses sur lui : il aimait boire du thé Sencha vert, il aimait la bonne littérature, il aimait les vinyles, il aimait l'opéra, il aimait la glace vanille. Il avait aussi découvert en partie la vérité sur son accident. Mais Finch savait qu'il n'avait pas tous les détails.

John de son côté, se remémorait sa première rencontre avec l'informaticien. Rencontre froide dans un lieu peu chaleureux. Et pourtant Finch avait insisté pour qu'il travaille pour lui. John n'avait pas eu d'autre choix que de le suivre dans cette grande aventure qui s'était révélée plus qu'enrichissante. Parce que grâce à cette informaticien sorti de nulle part, il avait reprit goût à la vie. Il avait lâché l'alcool et s'était remit d'aplomb. Il avait rapidement retrouvé tous ses reflexes de militaire et d'ex-agent de la CIA, qu'il avait utilisé sur le terrain pour maîtriser certains numéros récalcitrants ou des hommes qui voulaient s'en prendre à un numéro qui n'avait rien demandé, ni rien fait. Mais le meilleur dans tout cela, c'était l'homme qui l'avait sauvé de lui-même. Harold Finch avait une place dans son petit cœur fragile. Il avait commencé à avoir des sentiments pour lui lorsqu'il avait compris à quel point cet homme était important dans sa vie. Lorsqu'il n'était pas là, il ne se sentait pas complet, il se sentait perdu sans le son de sa voix ou de sa présence si familière. Il avait besoin de lui pour se sentir bien. Les petits sourires rares de Finch le faisait craquer inévitablement. Ses taquineries et ses réponses aussi parfois le surprenait. Finch était un homme de surprises pour lui, il y avait toujours quelque chose à découvrir ou à apprendre de lui. Et il ne s'en lassait pas.

Leurs regards se croisèrent de nouveau. Puis leurs visages se rapprochèrent pour sceller leurs lèvres. Il n'y avait aucun plaisir. Ils voulaient juste échanger quelque chose. Un sifflement se fit entendre et Reese redressa la tête, laissant une larme couler. Finch sanglota.

-Je t'aime.

Une déflagration violente se fit, le sol trembla et le site fut couvert d'un flash lumineux intense.

A suivre ...