Bonsoir ! Voilà le tout dernier chapitre pour cette fiction que j'aurai pris plaisir à écrire malgré tout !

Je sais que j'ai été cruelle au dernier chapitre... Avais-je une raison? Peut être.

Merci à Isatis2013 (La machine ruine le moral mais l'équipe est plus forte qu'il ne le faut ! ), Paige0703 ( Voilà la suite ! Oh oh Claire en particulier ! ) et Jade181184 (Si je l'ai fait ! La mort ? vraiment ? Je te laisse juger ce chapitre !)

Merci encore à Isatis2013 pour sa correction.

A peut être dans deux semaines pour une nouvelle histoire plus courte !


Chapitre 9 : Epilogue

Un gros nuage de poussière s'était formé et s'élevait dans le ciel. Des fracas métalliques et des chutes de murs résonnaient. Des grésillements s'échappèrent, créant des arcs de lumières à travers la fumée blanche. Peu à peu elle se dissipa, laissant deviner les contours du bâtiment soufflé. Lorsque tout fut dissipé, on n'y distinguait que des empilements de gravats, de plaques de tôles, des structures métalliques, quelques barres d'inox dépassaient au milieu d'une pile ou dans un creux. L'ensemble ressemblait à un mikado géant. Rien ne semblait stable, il semblait que le simple déplacement d'un morceau de structure allait tout faire bouger de nouveau. Il n'y avait plus rien du gigantesque bâtiment imposant existant auparavant. Il ne restait plus rien du missile qui avait été envoyé dessus. Lorsqu'il était entré en contact avec le premier mur, une première explosion avait retentie. Puis plusieurs autres à l'intérieur. Le missile avait traversé des appareils hautement dangereux et certains serveurs. Tout s'était réduit en miette dans cette succession d'explosions, plus fortes les unes après les autres.

La végétation entourant le site avait subi une bonne partie de l'impact. L'herbe était blanchie, les arbres, qui étaient si bien entretenus, avaient pour la plupart été déracinés, d'autres se retrouvaient dépourvus de leurs feuilles, soufflés par l'impact violent. A d'autres endroits, la terre semblait avoir été retournée. Des débris de l'explosion se mirent à tomber du ciel, quelques pierres, quelques morceaux de métal, des boulons déformés, des disques durs broyés, du verre. Comme s'il pleuvait. Si on s'éloignait encore, le véhicule qui était en haut du bâtiment était couché sur le côté, les vitres explosées, la carrosserie défoncée. A deux kilomètres de là, où se trouvaient les toutes premières habitations, les vitres étaient fissurées, les murs avaient subi le tremblement de terre qui n'avait duré que quelques secondes, créant des failles. Les habitants avaient été choqués par l'ampleur de l'explosion et par l'imposante fumée blanche qui s'était élevée. Tout le monde avait essayé de joindre les urgences mais les lignes téléphoniques ne fonctionnaient plus. Internet, les télévisions, la radio ne fonctionnaient plus non plus. Tous les appareils connectés étaient hors service, grillés. La pluie des débris cessa, ramenant le calme.

Personne ne se doutait de ce qui s'était passé. Personne ne comprenait. A new-York, dans les rues, c'était le chaos. L'explosion avait été entendue jusque là. Le tremblement de terre s'était fait ressentir également mais en très faible intensité. La circulation était suspendue, les feux ne fonctionnaient plus puisqu'ils avaient tous grillés. Dire que c'était la panique serait un euphémisme. Les gens, nerveux, tentaient de comprendre pourquoi ils ne parvenaient pas à joindre leurs proches, la police ou encore les pompiers. Ceux qui travaillaient avaient vu leurs ordinateurs griller, un immense écran noir ou bleu apparaître, signalant l'échec des systèmes. Les téléphones ne sonnaient plus, les fax avaient cessés d'imprimer en continu. Les policiers new yorkais tentaient de calmer la situation mais même eux n'avaient pas de réponse à ce qui se passait. De plus ils ne pouvaient plus communiquer avec leurs collègues, les radios, les talkies walkies étant hors services. C'était l'incompréhension totale. Les enfants hurlaient devant l'agitation et la peur des adultes qui ne se maîtrisaient plus. Certains se bagarraient entre eux, d'autres s'insultaient, ce qui contrastaient avec ceux qui essayaient de comprendre en communicant calmement, mais restaient toutefois nerveux.

Au niveau du gouvernement et de la Maison Blanche, c'était le branle bas de combat. A cause de toutes les communications actuelles coupées, ils avaient tenté de lancer les communications de secours. Mais de toute évidence, plus rien ne transitait. Les agences de renseignements, le FBI, la CIA et d'autres étaient face à quelque chose d'inédit et surtout d'imprévu. Aucun d'entre eux n'avait prévu que cela arriverait. Personne n'était équipé. Les aéroports étaient au point mort, aucun avion ne décollait afin d'éviter les accidents avec ceux qui étaient en vols actuellement. Les trains et les métros s'étaient stoppés en plein élans. Les bateaux au milieu des grandes mers, avaient cessé d'avancer, les radars ne fonctionnant plus et les marins s'empressaient de sortir les cartes et les boussoles pour tenter de revenir à bon port. Tout le monde était touché par cet incident. Tout s'était propagé dans le monde entier.

Qui aurait pu croire que la guerre entre deux IA allait faire autant de dégâts ? Qui aurait cru que cela aurait pu se produire un jour ? Qui s'y était vraiment attendu ? Qui aurait pu y échapper ? Cette guerre numérique avait été la plus puissante et la plus désastreuse. A présent elle était terminée.

Au milieu des gravats sur le site, dépassait une main féminine. Recouverte de poussière. Les doigts se mirent à bouger doucement puis la main se ferma en un poing. Puis le bras bougea légèrement, une respiration hachée se fit entendre. A deux mètres, une plaque de tôle fut repoussée dans un vacarme assourdissant, laissant une botte apparaître. Puis deux mains s'agrippèrent sur le béton. Sameen se leva difficilement, masquant à peine ses douleurs. Elle fit appel à toutes ses forces pour rester sur ses jambes. Elle était exténuée, essoufflée. Ses cheveux étaient détachés et en piteux état. Son gilet était couvert de sang au niveau de l'épaule. Elle grogna. Sa plaie avait du s'ouvrir et provoquer une hémorragie plus importante. Elle s'assit sur un morceau de bloc derrière elle et fut la première à contempler cet endroit … méconnaissable. A peine quelques minutes plus tôt, elle était encore à l'intérieur, à tirer sur les agents ennemis. Son sens aiguisé de l'observation l'avertit et elle vit la main de Root mais pas le corps. Elle passa par-dessus les débris et descendit.

-Root ?

Un gémissement lui parvint en réponse. Shaw se coucha avec raideur sur le sol qu'elle venait de dégager un peu, jetant un œil sous le bloc de béton d'où dépassait la main. Elle croisa le regard de la hackeuse, couchée sur le ventre, la tête tournée vers elle. Malgré la moitié de son visage recouvert d'un liquide rouge, elle était vivante. Mais respirait difficilement et ne pouvait bouger la mâchoire à cause du poids sur elle.

-Tiens bon, je vais essayer de soulever ce truc ! Fit Shaw. Elle se redressa et malgré son épaule blessée, mit ses deux mains sur les bords du bloc. Les genoux pliés, elle inspira un bon coup avant de fermer les yeux pour se concentrer. Puis elle puisa dans ses dernières forces pour soulever le bloc. Elle y parvient tout en rageant et le fit basculer de l'autre côté. Root était enfin libérée. Shaw se pencha vers elle.

-Sameen… Tu es vivante …

-Toi aussi. Remarqua-t-elle. Je pensais qu'on ne s'en sortirait pas.

-Shaw ?

-Oui ?

-Je ne veux … pas bouger.

Le visage de Shaw se décomposa. Puis reprenant ses reflexes de médecin, elle palpa doucement la nuque et la colonne vertébrale. Elle fit la moue.

-Oui ne bouge pas. Affirma-t-elle. Elle descendit ses mains et appuya légèrement sur les cuisses de la hackeuse. Tu sens ça ?

-Oui Sameen. Je sens tout. Seulement …

-Tu as sûrement le dos brisé.

Shaw arracha un bout de son gilet de laine gris et tâtonna la plaie sur la tête de sa compagne, puis essaya de retirer les traces de sang sur le visage.

-Sameen, est-ce que … Harry et John… sont encore vivants ?

La tueuse resta muette, suspendant son geste.

-Je n'ai pas encore cherché. Je n'en ai aucune idée. Souffla-t-elle.

-Je doute qu'ils soient indemnes. Emit Root, gémissante.

Shaw ne dit rien. Elle était blessée et Root aussi. Si Finch ou Reese s'en étaient sortis indemnes, alors c'était un sacré miracle ou coup de chance. Cependant à cause de l'explosion elle n'avait pas la moindre idée de la direction à prendre si elle devait aller à leur recherche. Tout était si différent, puis lors de l'explosion elle avait malheureusement été projetée sur plusieurs mètres. Elle n'avait aucun repère. Et surtout, elle ne voulait pas vraiment laisser Root seule sans s'être assurée qu'elle pouvait faire quelque chose pour elle.

-Comment on va faire ? Demanda Root.

-Pour une fois je n'en ai aucune idée. Avoua Sameen.

-Toutes les communications doivent être mortes non ?

-Je ne sais pas, de toute façon… Elle sortit son téléphone de sa poche et soupira. L'écran était brisé donc le téléphone n'était plus utile. J'étais sûre qu'il serait explosé. Elle jeta le téléphone dans le tas de débris d'un geste las.

-On n'a plus qu'à prier pour que quelqu'un ait remarqué quelque chose…

-Si tu veux mon avis, ce n'est pas gagné. Et depuis quand tu crois en Dieu ?

-Je n'y ai jamais cru Sameen, c'est une façon de parler… Fit-elle.

Cinq cent mètres plus loin d'elles, sous un grand amas de tôles assemblées, se trouvait un espace creux, éclairé par les entailles dans les tôles et par l'ouverture qui se trouvait à l'extrémité. En dessous de ces tôles froissées, abîmées, il y avait une profondeur avoisinant les deux mètres, comme si les murs existants n'avaient pas été complètement soufflés et que les tôles reposaient dessus. On pouvait y voir une structure métallique démontée, tordue. C'était la grille. Elle avait été écrasée, arrachée par la violence de l'impact. Des débris de bétons recouvraient le sol d'origine, avec de la poussière, des morceaux de métaux, du verre, et des armes également. Une paire de lunette. Enfin ce qu'il en restait n'avait même plus ses verres et les branches étaient cassées. Un peu plus loin, se trouvait Harold Finch, inconscient, allongé sur le dos, les bras écartés. Son visage était recouvert d'ecchymoses et sa tête reposait sur un bloc de béton, ce qui devait être très inconfortable. Mais on ne pouvait seulement voir que le haut du corps de l'informaticien. Ses jambes, ses hanches et une partie de son ventre étaient dissimulés par une plaque de plâtre assez lourde. A deux mètres de lui, sur un tas de blocs empilés, se trouvait John Reese. Il était allongé sur le ventre, sur les blocs et la tête penchée vers le bas, un bras pendant dans le vide. Si on observait mieux, un morceau de barre avait traversé la cuisse gauche de l'agent. Il ne saignait pas, comme si le sang avait coagulé.

La force des explosions répétées n'avait pas épargné les deux hommes. Mais une question restait en suspens. Qui avait prononcé les deux derniers mots ? Etait-ce Finch ou Reese ? Personne ne savait. John remua légèrement, reprenant doucement conscience. Il était assommé et ne savait plus trop ce qui s'était produit. Ses souvenirs lui revinrent en mémoire et il commença à paniquer. Lui l'agent surentraîné, venait de perdre ses moyens. Parce qu'il ne savait pas comment allait Finch. Je t'aime. Ces deux mots si distincts le frappèrent de plein fouet. Finch avait avoué qu'il l'aimait. Il inspira un bon coup et voulu se relever. Il grogna de douleur. Sa jambe était blessée. Il pivota la tête et comprit mieux. Le pire était qu'il ne pouvait pas retirer cette barre car elle le maintenait sans doute en vie. Il se mordit la lèvre et s'appuya sur ses bras et uniquement sa jambe valide pour se relever et essayer de descendre de cette pile où il se trouvait. Lorsqu'il eut pied, il tomba et se retrouva couché sur le béton sale. Tout son corps était raide, ses muscles semblaient ne plus répondre à ses ordres. Avec une respiration hachée, il se mit sur le dos et bascula sa tête sur le côté. Ses yeux se posèrent sur le corps de Finch. Son cœur cessa de battre quelques secondes mais il voyait la poitrine de l'informaticien se soulever doucement. Harold était vivant, mais dans quel état était-il ? Blessé ?

Reese prit appui sur ses bras et rampa laborieusement vers lui. Ses yeux s'écarquillèrent d'effroi lorsqu'il réalisa que Finch était bloqué sous un poids conséquent. Il ravala sa salive, il devait d'abord le réveiller pour savoir. Alors doucement il passa une main sur le visage de Finch et ne voulu rien bouger au cas-où.

-Harold…Réveillez-vous…

Finch ne réagit pas. Alors John prit sa main et embrassa sa paume, tout en continuant de l'appeler. Il le sentit frissonner et revenir à lui. Finch ouvrit les yeux et cligna plusieurs fois.

-Je suis là Harold.

-John ?…

-Oui c'est moi.

Finch toussa, ce qui lui arracha une grimace.

-Finch, est-ce que vous avez mal quelque part ?

Finch lui lança un regard perdu.

-Harold ?

-Pouvez- vous … retirer… ce qui est … sous ma tête ?

Reese souleva doucement la tête de Finch et repoussa le petit bloc. Finch soupira lorsqu'il fut un peu mieux positionné. John retira sa veste avec des gestes maladroits, la plia et la glissa sous la tête de son compagnon.

-Vous êtes blessé John ?

Reese fronça les sourcils. Finch n'avait-il pas conscience de sa position ? John sentit l'inquiétude l'envahir mais lui répondit.

-Je pense que j'aurai besoin de soins.

-C'est la première fois que vous dites cela.

-Parce que … Ce n'est pas bénin.

-C'est-à-dire ?

John remarqua que Finch ne tournait pas sa tête.

-La grille a voulu me laisser un souvenir dans la cuisse.

Finch fronça les sourcils puis tenta :

-Vous avez une entaille ?

-Pire. Un morceau de barre.

-Quoi ?... Que …

-Non Finch ne paniquez pas s'il vous plaît.

-Mais John…

-Ecoutez. J'ai peut être mal, mais je m'inquiète pour vous Harold.

-Pourquoi ? …

John remua doucement, se mordant les lèvres.

-Vous ne pensez pas que vous êtes un … peu coincé ?

-Qu'est ce que …. Si je sens que …

-Vous sentez quoi ?

-Que je suis compressé.

-Où ?

-A … l'abdomen. Et le reste.

-Harold, est-ce que votre nuque vous fait mal ?

Finch se tut.

-Finch, ce n'est pas le moment de se taire.

-… Oui.

Satisfait d'avoir obtenu une réponse, il rampa de l'autre côté de Finch. La respiration de Finch venait de monter d'un cran. Lorsqu'il vit John se lever difficilement, il put voir la barre qui traversait la jambe de l'agent. Il se mortifia. Comment John pouvait-il encore se lever avec un tel truc dans sa cuisse ? Etait-ce parce que sa tolérance à la douleur était élevée ? Il vit son agent retirer quelques débris qui se trouvaient sur la plaque de plâtre qui l'écrasait. Il sentit que c'était un peu moins lourd mais cela ne suffisait pas.

-John… comment vous …

-Je vais forcer Finch.

-Non John… ne vous infligez pas de douleur pour moi…

-Harold, je ne peux pas vous laisser comme ça. Je ne peux pas.

Finch comprit qu'il ne changerait pas le choix de son agent, captant sa détermination dans sa voix. Reese grogna et se pencha pour saisir les extrémités de la plaque. Dans un cri étouffé, il la souleva. Finch se mit à hurler. Reese resta choqué par le cri de douleur que Finch n'avait pas retenu et envoya valser la plaque plus loin. Rapidement, il se rassit auprès de lui alors que le visage de son patron se contorsionnait de douleur et qu'il retenait ses cris.

-Harold ?!

-Ma… hanche … Hoqueta Finch. Reese glissa son regard sur les hanches de Finch et il se mortifia en voyant du sang sur son pantalon. Reese déboucla la ceinture et la retira doucement. Puis il porta ses mains à l'agrafe du pantalon.

-John que … faites- vous ….

-Je veux voir ce qu'il y a.

L'agrafe sauta, ainsi que la braguette et John tira légèrement dessus, puis repoussa un pan du pantalon pour voir la hanche blessée de son compagnon. Il leva un peu la chemise et vit une entaille. Il tira légèrement sur le caleçon pour voir le reste de l'entaille. Finch se tendit et attrapa la main de John comme pour l'en empêcher.

-John… stop…

-Harold … Murmura John.

-Arrêtez… j'ai … Déglutit Finch. Comme si l'informaticien n'en pouvait plus de se cacher, il cessa de se retenir et lâcha des gémissements. Reese comprit qu'il souffrait et prit son visage entre ses deux mains. Les yeux de Finch étaient rougis et il ne tarda pas à pleurer sous l'effet de la douleur. Reese le rhabilla, sans remettre l'agrafe et bougea. Il se mit derrière Finch et installa la tête de celui-ci contre lui, lui caressant le visage, cherchant à l'apaiser.

-Savez vous … où sont … Mlle Groves et Mlle Shaw ? S'efforça de demander l'informaticien.

-Non. Je ne sais pas.

-Comment allons-nous sortir de là ? Murmura-t-il.

-Chaque chose en son temps Harold.

-J'espère qu'elles … ne sont pas blessées.

-Je ne pourrais pas vous le dire Harold. Nouvelle caresse alors que Finch se crispait de nouveau.

-Votre gilet pare-balle ne vous gêne pas ? Questionna John.

-Non non…

-Il vous tient au chaud ?

-Comment … Savez-vous ?

-Vous êtes pâle et un peu gelé. Constata tristement John. Finch serra les dents et John essuya les larmes qui avaient coulées. Finch étouffa un gémissement.

-Harold ?!

-Mon dieu…

-Qu'est ce qu'il y a ?!

-Je sens que … mes jambes…

-Harold… respirez, respirez…

-Je retrouve quelques … sensations…

-La circulation du sang s'est rétablie alors.

-Oui. Souffla Finch, les yeux clos. Reese glissa ses mains sur le cou de Finch et desserra la cravate puis lui permette de mieux respirer.

-Finch, je peux la prendre ?

-Oui…

Reese fit glisser la cravate et la noua autour de sa jambe blessée, faisant un garrot.

-Harold ?

-Oui ?

-Je t'aime aussi.

Finch rouvrit instantanément les yeux et croisa le regard sincère de son agent. Touché, il put lui offrir un faible sourire. Quelques minutes s'écoulèrent dans un silence de cathédrale. John veillait sur Finch, épuisé. Le sang sur sa hanche commençait à sécher, ce qui était plutôt bon signe. En revanche John commençait à se sentir engourdi et s'agita un peu, faisant attention à ne pas trop remuer son compagnon.

A quelques mètres, Shaw était grimpée sur une pile de gravats pour mieux cerner l'ensemble du site et avait mit sa main au dessus de ses yeux comme pour observer au loin et pour ne pas être dérangée par le soleil.

-Tu vois quelque chose Sameen ? Demanda Root, qui n'avait pas bougé d'un centimètre.

-Non.

-Pourtant j'ai bien entendu ?

-Oui. On aurait dit que c'était Finch.

-Comment tu peux être sûre que c'est lui ? Fit la hackeuse.

-Ca ne ressemblait pas à la voix de John. Affirma-t-elle.

-Peut être qu'ils pourraient nous entendre si tu criais ? Proposa Samantha.

-Tu veux que j'hurle ?

- Essayes… Peut être qu'ils nous entendrons.

-Bon…

Shaw prit une bonne inspiration et hurla :

-JOHN ! HAROLD !

Elle fit une pause et recommença trois fois. Mais à chaque fois ses appels semblaient tomber dans le vide. Il n'y avait aucune réponse.

-Bordel, je n'ai pas assez de puissance.

-On va bien finir par les retrouver. Emit Root.

Shaw redescendit auprès de sa compagne. De l'autre côté, Reese éprouva le besoin de s'allonger. Il reposa la tête de Finch sur la veste pliée et bougea pour se coucher à côté de lui.

-John ? Vous avez mal ?

-Oui.

Finch se força et tourna la tête vers lui avec un rictus. D'une main tremblante, il prit celle de John. Reese resserra la sienne. Ils avaient besoin de se soutenir. Ils n'avaient pas la notion de temps, mais ils avaient l'impression que cela fait bien plus de deux heures qu'ils étaient allongés, à souffrir en silence. Il n'y avait aucun bruit autour d'eux. C'était le calme complet. Finch déglutit.

-Je suis fatigué. Annonça t-il.

-Moi aussi. Avoua John.

-Combien de temps allons-nous attendre ?

-Pas trop longtemps j'espère. Fit John. Je peux vous poser une question ?

-Dites toujours John.

-Depuis combien de temps avez-vous des sentiments ?

-Etes-vous sûr de vouloir savoir ?

-Oui Harold.

Finch prit quelques secondes avant de formuler sa réponse :

-Concrètement … je dirais une bonne année après que nous nous sommes rencontrés.

John tourna la tête vers lui, étonné.

-Ca fait donc plus de trois ans ?

-Oui.

-Bon sang Harold… Vous êtes …

-Secret ? Oui. Rit doucement Finch.

Je suis un homme très secret ». Cita John, avec un petit sourire. Mais je dois vous dire quelque chose.

-Hum ?

-C'est presque autant pour moi.

Si Finch ne tourna pas la tête, Reese put le voir hausser les sourcils.

-Si vous voulez mon avis, Harold, nous avons … trop traîné.

-Il est temps qu'on avance. Affirma Finch.

-Nous devons d'abord sortir de là.

Et comme John prononçait ces derniers mots, un bruit retentit au loin. Reese se redressa péniblement pour mieux entendre. Doucement le bruit se rapprochait et il le reconnut. Il pivota vers Finch et vit qu'il avait compris aussi.

-Les secours.

-Comment est-ce possible ? Murmura Finch. Le réseau est détruit. Rien ne devrait être en ordre si le virus à fonctionné correctement.

-Il y a peut être un autre moyen ?

Finch lui fit clairement signe que non. Les bruits se stabilisèrent et John comprit qu'ils étaient nombreux au vu des différents décalages entre les sonneries.

-Il faudrait que nous soyons visibles mais …

-Vous ne pouvez pas grimper John… Remarqua Finch.

Ils se turent lorsque les sirènes se coupèrent.

-Ils essayent d'écouter. Fit Finch. Nous devons faire du bruit.

-Je m'en occupe. Reese boita très péniblement vers la pauvre grille et arracha une barre de métal. Puis il la tapa dessus. Finch grimaça et posa ses mains sur ses oreilles lorsque le bruit assourdissant se fit entendre. Ils entendirent des cris aussi s'élever.

-Mais … John cessa lorsqu'il comprit.

-Mlle Shaw, Mlle Groves… Fit la voix émue de Finch.

Des petits coups se firent entendre et se rapprochèrent d'eux, ainsi que des pas lourds, suivit par des ordres secs mais qu'ils eurent du mal à distinguer. John grogna et se laissa retomber sur le sol, la position debout étant très pénible. La tôle au dessus d'eux bougea.

-Ici ! Fit John.

Un halètement et un jappement se firent entendre. Puis une petite forme descendit la pile de gravats par l'ouverture et rejoignit Reese et Finch.

-Bear ? firent en chœur les hommes.

Le malinois lécha le visage de John puis en fit de même pour Finch.

-Les gars par ici, ils doivent être là ! Hurla une voix familière.

-Nous avons trouvé deux femmes ! Cria un autre homme.

Bear aboya pour signaler sa présence. Deux minutes après, les plaques de tôles qui couvraient les hommes furent retirées. Finch se masqua le visage avec sa main à cause de la luminosité qui les éclaira vivement. Puis il la retira doucement pour voir quatre hommes en haut : trois pompiers et Fusco.

-Vous voilà ! Je savais bien que vous vous planquiez !

-Ce n'est pas voulu Lionel. Ricana John.

Les pompiers descendirent avec précautions et s'occupèrent d'eux. Des éclats de voix se firent entendre et des talons. Shaw apparu en haut et soupira de soulagement en voyant ses deux amis en vie.

-Purée. Jugea-t-elle en voyant les blessures des deux hommes. Je suis la moins touchée.

-Tant mieux pour vous Mlle Shaw. Fit Finch. Comment va Mlle Groves ? Questionna-t-il avec crainte alors qu'un des pompiers venait de lui glisser une minerve.

-Je pense qu'elle est touchée au dos mais elle n'a pas perdu son humour !

Finch sourit doucement et répondit aux questions du pompier. D'autres pompiers se rapprochèrent et ils furent rapidement entourés d'une dizaine d'hommes. Quelques perfusions furent posées pour supporter les douleurs. Finch se retrouva immobilisé sur un brancard, avec une couverture sur ses jambes douloureuses. Sa chemise avait été relevée pour apposer des compresses stériles sur l'entaille à sa hanche, ce qui n'avait évidemment pas manqué de le faire gémir. Reese également, avec des compresses pour retirer le sang sur sa cuisse. Sa jambe de pantalon avait été découpée pour mieux observer la blessure. Ils furent sortis du trou et portés vers les véhicules de secours. Finch intercepta Fusco.

-Inspecteur, comment avez-vous …

Fusco se pencha vers lui et chuchota afin que cela ne soit pas entendu par les autres :

-Quelqu'un m'a prévenu. Comme la dernière fois que vous aviez besoin de mes services.

-Quand vous a-t-elle prévenue ?

- Avant que mon portable soit hors service. Coïncidence ?

-Je ne crois pas Inspecteur. Merci.

Lionel se redressa

-Allez emmenez le !

-Lionel, depuis quand tu joues aux héros ? Fit la voix de la hackeuse, sanglée et couchée sur un brancard.

-Et vous depuis quand vous me considérez comme un sauveur ? Rétorqua Lionel.

Finch sentit toute la pression retomber et se mit à rire doucement. Reese qui n'était pas loin, le suivit. Que c'était bon d'entendre la voix de Root, de Shaw, de Fusco, de revoir Bear. De savoir qu'ils étaient sauvés. De savoir qu'ils étaient tous encore là. Rien ne les avait séparés. Un aboiement joyeux retentit.

Une semaine plus tard

A peine une semaine après l'apocalypse numérique, certains réseaux avaient été rétablis. Les communications fonctionnaient à nouveau : radios, certaines lignes téléphoniques, les directs des chaînes de télévision. Tout n'était pas encore en ordre car les réparateurs étaient débordés dans les réparations, certains magasins étaient en rupture de stock pour les appareils connectés aussi. C'était un tout autre monde. A l'écart de la grande agitation centrale de New York, se trouvait une vaste propriété de plain-pied. Lionel pénétra avec sa berline dans la cour et s'arrêta devant. Il descendit en sifflotant et attrapa les deux sacs dans le coffre, avant de franchir le seuil, sans toquer.

-Livraison ! Annonça Lionel, en pénétrant dans la grande pièce de vie, qui offrait un vaste salon avec des canapés imposants, un tapis chaleureux, un écran plat fixé au mur et une cheminée. Puis il y avait aussi la cuisine ouverte, qui était très grande également, avec un îlot central, qui permettait de tout voir dans le salon. Shaw haussa un sourcil depuis la cuisine et lui fit signe de venir. Lionel déposa ses paquets sur l'îlot central. La tueuse allait bien. Elle n'avait rien eu, hormis une blessure au bras mais elle était déjà remise et ne souffrait plus. Elle inspecta le contenu et sourit.

-Un bon steak. Marmonna Shaw en voyant les viandes.

-Ca tombe bien, tu arrêteras de nous harceler avec cela Sameen. Fit la hackeuse venant d'un couloir.

Lionel lui sourit. Root avait eu de la chance, ses vertèbres n'avaient pas été touchées contrairement à ce qu'elle avait pu croire. Cependant le choc avait été si important qu'elle devait porter une ceinture lombaire et éviter le port des talons. Elle marchait presque normalement mais parfois elle avait mal au dos et devait se ménager. Parfois elle devait se servir d'une béquille pour mieux avancer mais cela faisait deux jours qu'elle s'en passait. Elle fit la bise à Lionel et s'assit sur une des chaises autour de l'îlot. Bear fit son apparition et salua Lionel en lui sautant dessus, heureux.

Root fouilla un des sacs et sourit à son tour.

-Lionel, tu es vraiment notre sauveur.

-N'en faites pas de trop non plus. Plaisanta-t-il.

-Du café, du thé vert, quelques gâteaux, des donuts tout frais, un peu de poisson, de la viande, des légumes frais … Sais-tu depuis quand on n'a pas vraiment pris un excellent dîner ?

-Depuis que vous vous cachez ?

-Tout à fait.

-Ca fait un moment. Concéda Lionel. Mais vos estomacs s'en remettront ! Ils ne sont pas là les gars ?

-Si. Répondit Shaw qui rangeait les commissions. John termine sa séance avec Finch.

-Puis où voudrais-tu qu'ils aillent Lionel ? Rajouta la hackeuse.

-Pas faux. Fit Lionel.

A l'autre bout de la grande bâtisse, Finch et Reese se trouvaient dans leur chambre. L'informaticien était allongé sur le lit, seulement en caleçon et maillot, la tête confortablement installée sur un oreiller. Une petite musique douce se faisait entendre grâce à un vieux CD que John avait glissé dans le lecteur, qui trônait dans un coin de cette grande chambre. Finch se laissait aller aux sons de la musique et se détendait. Reese s'occupait de lui, lui massant les jambes et leur faisant faire quelques mouvements, tout en le prévenant. La blessure qu'il avait eue à sa hanche l'avait fragilisé. Quant à ses jambes, les muscles n'avaient pas supportés d'être écrasés et il devait se faire masser, suivre des consignes de rééducations et prendre un traitement pour retrouver sa force initiale. Il soupira de bien être lorsque John termina son massage. Il rouvrit les yeux et croisa le regard charmeur de son agent, vêtu d'un short bleu marine et torse nu. Reese se leva et se pencha vers lui, glissant ses mains derrière Finch pour l'aider à se redresser avec douceur.

-Ca va mieux ?

-Oui. Merci John.

Finch glissa une main dans les cheveux de John et lui donna un baiser compensateur. John lui répondit longuement et ils ne se séparèrent que lorsqu'ils furent à bout de souffle.

-Tu veux que je vérifie tes points ?

Finch lui offrit un doux sourire et fit un peu glisser son sous vêtement pour donner l'accès à son agent. John tira doucement sur le pansement et inspecta les points.

-Ils sont très solides. John prit le nécessaire et refit un pansement pour protéger.

- Laisse-moi regarder maintenant. Souffla Finch en calant son dos contre le dossier moelleux du lit. John s'installa à côté de lui et Finch remonta le tissu du short pour accéder à la cuisse de l'agent. Il retira le tissu médical blanc et inspecta les deux cicatrices fraiches.

-Il n'y a rien à redire. Finch refit le bandage. Cela ne te fait pas bizarre ?

-D'avoir un petit muscle en moins ? Pas vraiment. Concéda John. Puis ça valait le coup.

-Voyons John !

-Ne proteste pas ! Se moqua John, qui le fit taire en l'embrassant de nouveau. Le baiser se fit plus passionné et Finch gémit. Reese glissa son corps au dessus de celui de son compagnon, prenant appui sur ses mains, poursuivant l'échange.

-John… protesta Finch, le souffle court.

-Je sais : interdiction de trop remuer. C'est trop long ! Se plaignit Reese, en mettant fin au baiser.

Finch lui caressa la mâchoire, partageant sa frustration.

-Nous devrions nous habiller et aller saluer l'inspecteur Fusco.

-Ah oui c'est vrai qu'il devait venir. Il doit être là non ?

-Il est là John, écoutez.

John fronça les sourcils et se rendit compte effectivement en se concentrant bien que Fusco était en train de plaisanter avec les filles dans la cuisine. Il sourit puis descendit du lit. Il aida Finch à s'asseoir sur le bord et lui donna sa chemise. Finch pinça les lèvres en voyant son agent qui boitait continuellement. Malheureusement il devait se faire à l'idée que John ne remarcherait plus normalement. Mais tant qu'il l'avait avec lui et qu'il était à ses côtés, il se sentirait toujours en sécurité. Et puis c'était sa raison de vivre maintenant. Reese enfila les chaussettes à l'informaticien et l'aida à se mettre sur ses jambes pour faire passer le pantalon de costume. Finch se rassit avec un soupir et glissa les pans de sa chemise dans son pantalon, noua sa cravate, enfila son gilet sans le boutonner. Reese venait d'enfiler un tee-shirt et des baskets, cela lui suffisait largement. Il eut un sourire moqueur et se rapprocha de Finch. Harold n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit que John s'était emparé des pans du pantalon pour le refermer avec un petit sourire mutin.

-John… Gronda Finch.

-Je ne fais rien de mal. Affirma-t-il, une fois qu'il eut achevé d'agrafer le pantalon.

-Je commence à bien te connaître…

-Je croyais que tu me connaissais déjà bien ? Demanda John, qui laçait les chaussures de Finch.

-Un dossier ne raconte pas tout John, nuance.

John sourit puis tendit les béquilles à Finch. Harold le remercia et se mit sur ses jambes en soufflant.

-Allons voir ce cher inspecteur.

John prit les devants et déverrouilla la porte de la chambre puis laissa Finch passer devant lui. Ils allèrent à la rencontre de l'inspecteur.

-Bonjour Inspecteur Fusco.

-Bonjour Lionel.

Fusco se retourna et détailla la tenue très décontractée de John, puis avisa ensuite la tenue de l'informaticien. Il n'avait pas revêtu sa veste de costume.

-Bonjour les gars ! Alors on se détend ?

-Il le faut bien Inspecteur. Sourit Finch.

-Dites-moi, John ne vous en fait pas trop voir ? Ricana Lionel.

-Inspecteur !

Tout le monde savait pour eux. Parce qu'ils n'avaient pas réussis à garder leur relation secrète. Lors de la première journée à l'hôpital, ils avaient été installés dans des chambres séparées, ce qui avait été rude pour les deux hommes. Reese avait finit par quitter son lit, avec une béquille pour rejoindre son compagnon dans sa chambre. Quelle n'avait pas été la surprise des infirmières en voyant les deux hommes endormis dans le même lit, étroitement enlacés. Shaw, qui à la base voulait rendre visite à ses amis avait été étonnée de ne pas trouver John dans sa chambre attitrée et avait sourit en les voyant dans la chambre de Finch, inséparables. La nouvelle s'était vite répandue. Root et Fusco avaient été ravis d'apprendre cela.

-Je me renseigne seulement Finch ! Se défendit l'inspecteur.

John glissa un regard amusé à Lionel, tout en caressant le dos de son compagnon dans un geste doux.

-Merci pour ce que vous avez fait Inspecteur. Je crois que nous ne vous remercierons jamais assez.

-Allons allons ! Vous devriez plutôt remercier votre machine !

-Si seulement on pouvait savoir si elle s'en est sortie. Soupira la hackeuse.

-Je croyais que vous aviez fait le nécessaire ? Fit Lionel.

-Nous avons fait ce qu'il fallait inspecteur. Seulement le transfert s'est-il fait entièrement avant que nous ne soyons ensevelis ? Glissa Finch, en haussant les sourcils.

-Y a pas moyen de savoir ?

-Pas vraiment Lionel. Ajouta Reese.

-Bon. Un jour vous finirez par savoir si elle est encore là de toute façon ! Dit Fusco. Mais je suis certain qu'elle est encore là !

-Qu'est ce qui vous fait dire cela Inspecteur ?

-Mon instinct ! En plus nous venons de rétablir certaines caméras de surveillance alors je ne serais pas étonné qu'elle nous surveille déjà.

Un grésillement se fit entendre. Le micro ondes s'alluma puis s'éteignit. Les voyants verts faisaient défiler des chiffres avant de s'arrêter sur un 0314. Finch fronça les sourcils, ouvrant la bouche. Reese et Shaw ne bougeaient pas. Root resta surprise, attendant la suite. Les chiffres disparurent et un silence se fit. L'équipe s'échangea des regards interrogateurs avant qu'un nouveau grésillement se fasse. Finch pivota, comme tout le monde pour voir que la télévision était allumée. Des pixels blancs, gris et noir étaient affichés, comme s'il n'y avait aucune réception. Ils se rapprochèrent et une fois qu'ils furent tous devant, une vidéo apparue sur l'écran. Ils se figèrent tout en voyant que ce n'était qu'eux, en temps réel, en ce moment même. La petite diode rouge en bas à droite de l'écran était fixe. Finch contourna le canapé et s'assit avec un rictus, calant ses béquilles contre lui. La vidéo se fit plus petite pour ne prendre qu'une moitié de l'écran et sur le côté droit, avec un fond noir, un message apparut :

« Etat de la mission : Succès ».

-Mon dieu, c'est la Machine ! S'exclama Root, émue. Elle prit place à côté de Finch.

-Et Samaritain ? Demanda Finch nerveux.

Le message s'effaça et laissa place à un autre :

Ennemi détruit. Aucune trace de Samaritain ».

-Nous avons réussi ! S'exclama la hackeuse.

-« Je suis désolée de ne pas avoir réussi à vous soutenir jusqu'au bout ».

-Nous sommes tous là. Fit Finch.

Mais vous avez tous été blessé »

-Pas moi. Souffla Fusco.

-« Je m'en veux ».

-Tu n'as pas vraiment à t'en vouloir ! Fit Root. Nous voulions te sauver.

-C'est vrai. Admit Finch.

-Nous sommes contents de savoir que nous avons réussi. Fit Reese.

-C'est clair, tu nous aurais manqué je crois. Osa Shaw.

Pour la première fois de sa vie, la Machine n'écrivit pas une réponse mais afficha un petit bonhomme souriant avec ses pixels. Root sourit de plus belle et s'agrippa au cou de l'informaticien, émue. Finch ne la repoussa pas et referma ses bras sur elle. Il était soulagé. Ils avaient gagné la guerre numérique au péril de leurs vies. Cette victoire avait un goût très particulier, parce qu'il s'était battu avec ses amis et surtout l'homme qui était son compagnon aujourd'hui. Finch ferma les yeux et frotta l'échine de son amie. Root se fichait de la position inconfortable pour son dos, elle avait besoin de partager sa joie. Derrière eux, Reese, debout entre Fusco et Shaw, leva ses bras et les attira à lui, posant une main ferme sur l'épaule de Shaw et de Fusco. Ils se laissèrent faire, heureux face à ces bonnes nouvelles. Tout était fini. Ils allaient pouvoir revivre et poursuivre leur but : sauver des innocents, traquer les meurtriers quand ils seraient aptes à retourner sur le terrain. Ils étaient désormais encore plus soudés qu'auparavant. Cette grosse épreuve les avait rapprochés et de nouveaux liens s'étaient créés, de plus en plus forts. Si aucun d'entre eux n'avait un lien de sang avec les autres, ils étaient comme une petite famille unie. Et inséparable.

FIN


Le mot mystère était FRANCHISE. La franchise s'est retrouvée plusieurs fois au cours de cette fiction car elle a été nécessaire à l'avancement de la pire des missions pour nos quatre amis. Pour la petite anecdote, j'avais les titres des chapitres lorsque j'ai eu l'envie de revisiter la fin à ma sauce, il ne me restait plus qu'a faire appel à mon imagination ensuite !