Et voilà le dernier chapitre du tome 4 ! Merci d'avoir suivi jusqu'ici et on se revoit pour le tome 5 ! Oh, et petit indice pour ce tome à venir : Marine Ford (modifié à ma sauce) a lieu durant l'été.


- J'ai l'impression d'avoir oublié quelque chose d'important, commenta Harry en sortant de l'infirmerie le lendemain matin.

- Ah bon ? s'étonna Ace.

- Ouais… je sais pas quoi, mais j'ai cette impression.

- Je dois y aller, j'ai un examen, annonça Sabo.

- Ja ne ! fit Luffy.

- Et toi, tu en as un aussi.

- He ?

Avec un soupir, Luffy fut attraper par la peau du cou et conduit jusqu'à la salle d'histoire de la magie pour son examen avec Robin.

Ace les regarda en souriant et se dirigea vers la salle du petit déjeuner. Harry remarqua immédiatement l'inconnu à la table des profs, assis à côté de Marco. Inconnu qui se recevait le regard noir de Madame Bibine.

- C'est qui ? s'enquit Harry.

- Dracule Mihawk. Le Shichibukai.

Ace attrapa une pomme à la table de Gryffondor et alla voir l'homme, laissant Harry rattraper les dernières nouvelles avec Ron et Hermione.

- Ohayô gozaimasu, Taka no me, salua Ace.

- Konnichiwa, Portgas. On a pas l'air dans son assiette, constata l'homme en braquant ses yeux de rapace sur lui.

- Même Hiken no Ace peut avoir une hypothermie. Raison pour laquelle je suis couvert, aujourd'hui.

- Miracle, commenta sarcastiquement Marco.

Ace lui tira la langue avant de lui dire sur le ton de la conversation :

- Oh, et Marco… Potter se plein de trou de mémoire, ce matin.

Marco retint de justesse un grognement qui laissait présager qu'il voulait se tirer une balle dans le crâne. Il jeta un regard noir au Directeur, et se leva.

- J'ai pas le temps de m'en occuper, j'ai un examen à surveiller, yoi. Amuses-toi bien, Ace.

- Aye ! assura Ace.

McGonagall l'approcha à cet instant avec Harry.

- Portgas, les champions doivent se réunir dans la salle du fond juste après le petit déjeuner.

- He ? Je croyais que la tâche avait lieu que ce soir ! fit Ace, les yeux ronds.

Il regarda Mihawk, comme pour confirmation.

- Si elle avait eut lieu dès mon arrivé, je ne serais pas là à tuer le temps, Portgas, soupira Mihawk en se levant de table.

Il prit son beau chapeau à plume et se l'enfonça sur le crâne.

- Les familles des champions sont invitées à assister à la dernière tâche. Il s'agit simplement d'aller leur dire bonjour, expliqua McGonagall.

Et elle les laissa.

- Zoro est en examen, essayez de pas le déconcentrer, avertit Ace à Mihawk.

Le regard noir que lui lança le Shichibukai voulait tout dire.

- Pourquoi tu es venu, en faîte. Ils auraient put envoyer… je sais pas, moi. Jimbe ou Hancock… quoique non, elle aurait été capable de se disputer le rang de la plus belle femme avec la quart de vélane.

- Akagami, voilà pourquoi je suis là. Il m'a cassé les oreilles pour que je garde un œil sur ses jeunes frères, comme il dit.

Et il s'en alla.

- Je serais toujours admiratif de la capacité de Shanks a trouvé un compagnon de beuverie en ce type… soupira Ace.

- Les Dursley ne peuvent pas être là, c'est la chose la plus inimaginable qui soit… paniqua Harry.

- Je doute qu'après qu'on ait chassé les pirates, on en laisse revenir, juste pour me dire bonjour, donc, je suis tout aussi paniquer que toi. La seule famille que j'ai n'étant pas pirate, c'est Sabo et le Jiji.

Ace se frotta le crâne en soupirant.

- Allons-y.

Ils passèrent dans la salle du fond, et eurent la surprise de voir les Weasley.

- Oh, et Charlie voudrait savoir ta technique de dressage ! Il y a pas cru quand tu aurais ordonné au Kinryû de retourner à son nie.

- J'y peux rien, je suis né avec le Haoshoku.

- Oh, et Ace chéri… je crois que cette femme t'attend, pointa Molly.

- Onna ?

Ace se retourna pour voir une jeune femme assise dans un fauteuil qui se leva quand le pirate lui fit face. Elle lui offrit un petit sourire et un geste de la main.

- Eisu-kun. Hisashiburi.

Harry n'avait jamais vu Ace, le dur comme la pierre et féroce Ace, sur le point de pleurer. Outre quand Sabo avait été pétrifié ou quand Marco avait croisé le basilic dans le couloir. Et là, pourtant, il vit des larmes dans les yeux du pirate.

- Nee-san !

Et il fondit dans les bras de la jeune femme qui le reçu en souriant, et lui tapota le dos en disant : yoshi, yoshi.

- Hisashiburi… Makino-nee-san… murmura Ace en enlaçant la jeune femme.

- Petite-amie ? souffla Molly à son fils.

- Nee-san veut dire grande-sœur, maman, soupira Bill.

Une sœur ? Allons-bon ? Cette famille n'avait donc pas de limite ?!


Ace avait dû mal à le réaliser.

Makino était là, devant lui. La dernière fois qu'ils s'étaient vu, c'est quand elle leur avait dit de fuir vers la jungle pour que les villageois ne les tuent pas. Peu avant l'incident qui amena à la rencontre avec Rayleigh.

Elle n'avait pas changé. Elle restait la même que dans ses souvenirs.

Ace recula et essuya ses yeux.

- Tu pleures, Ace-kun ?

- Poussière dans l'œil, réfuta Ace.

- Bien sûr… Ace ne pleure jamais, il est fort comme un roc. Tu me fais visiter l'école ?

- Viens ! Sabo et Luffy sont en examen, donc, on pourra pas les voir avant le déjeuner…

Ace entraîna Makino avec lui dans les couloirs, lui racontant tout et n'importe quoi. Des conneries qu'il avait faites durant sa scolarité, faisant rire sa grande-sœur d'adoption, à quelques anecdotes de la vie du château.

- Ne, Makino ? demanda Ace, alors qu'ils entraient dans la salle des trophées. Tu n'as aucun pouvoir magique, comment ça se fait que tu sois là ?

- Un certain Silver Rayleigh est venu me voir pour me dire qu'il voulait faire une belle surprise à trois garçons important pour lui. Je suis contente que cet homme ait prit soin de vous, malgré Garp.

- Le vieux est timbré et Rayleigh est un type bien, malgré son passé de pirate.

- Garp fait ce qu'il peut comme il peut, Ace-kun, ne le juge pas. Qu'est-ce que tu veux me montrer ?

- Mitte.

Ace pointa un écusson dans une vitrine, regroupant les récompenses de Poufsouffles. Sur l'écusson, en voyait écrit Préfet en chef, et le nom de Rouge D. Portgas.

- Oh, ta mère est venu ici… et elle était préfète en Chef… eh bien jeune homme, on peut pas dire que tu ais hérité de son sens de la discipline !

Elle pouffa en voyant Ace rougir d'embarras.

- Du balais ! Ouste ! Pas de toi ici, Portgas ! rugit Rusard.

- Uruse na… grogna Ace avec une moue. Viens Nee-san… puisque l'affreux concierge ne veut pas de moi ici.

Ils continuèrent leur route et allèrent s'asseoir sur des escaliers.

- Tu es heureux de ta vie, Ace-kun ? demanda brusquement Makino.

- Oui… très content… On est une grosse famille, chez les Shirohige et je m'entends bien avec tout le monde. Sab' et Lu' sont devenus des fils pour Oyaji, mais ne leur dit pas.

- D'accord. Et tes frères ?

- Sabo… il parle pas trop de ce qu'il fait, mais il a de grandes idées… changer le monde, c'est ce qu'il voulait. Luffy est heureux. C'est certain. Il a un équipage génial. Ils sont presque tous ici. Avant, ils étaient à Salem, aux U.S mais l'école à sauté.

- Comment c'est possible ?

- Va savoir… Tout est possible dans une école de magie.

- Y'a quelques années en arrière, je m'inquiétais de votre éducation. Garp-san voulait vous envoyez dans un camp d'entraînement, à cet époque.

- Ouais, je m'en souviens. Et on est tout les trois à l'école, aujourd'hui. Certes, on n'apprend pas les trucs genre grammaire, calcul et géo, comme dans une école normale, mais on a eut des adultes pour nous aider à apprendre tout ça.

Ace eut un soupir et étendit ses jambes sur les marches devant lui, ignorant les mouvements de l'escalier.

- Rayleigh voulait pas qu'on vienne ici. Il a été élève ici, à l'époque où l'actuel directeur était prof de métamorphose. Il ne l'aimait pas, il ne lui faisait pas confiance. Oyaji non plus ne lui fait pas confiance, c'est pour ça que Marco est sur place. Mais Garp nous a inscrits, Luffy et moi, sans lui demander son avi. Comme Sabo a été adopter avec plus ou moins de magouille par Rayleigh, il a put aller à Salem, jusqu'à ce que l'école saute. D'un côté, j'ai hâte de partir, de ne plus revoir la chauve-souris graisseuse qui enseigne les potions, et ce directeur manipulateur. D'un autre côté, y'a des profs sympa et ils vont me manquer un peu, et Luffy est ici pour trois ans, encore… Même s'il a ses nakamas, je m'inquiète pour lui.

- Il s'en sortira. Il prenait exemple sur ses grands-frères, tout petit déjà, pour devenir fort et les surpasser.

- Il y arrivera, je le sais. Luffy deviendra le Kaizoku Ou.

Ils eurent un petit rire, puis Ace se leva.

- Nous devrions aller déjeuner. Ils seront ravis de te voir.


- T'as l'air content de toi, pointa Sanji à Sabo, en passant un plat à Nami.

- Je suis content de moi, j'ai cartonné. Et j'ai l'intention d'en faire autant en Histoire. Pour faire honneur aux sept années que Robin a passé à faire entrer de l'Histoire dans mon cerveau, sourit Sabo.

- Fufufufu… je me sens honnoré par tant de détermination, sourit Robin en s'installant à la table des Gryffondor à côté de Luffy qui dévorait tout ce qui lui passait à porter.

- Pourquoi vous venez squatter ici ? s'enquit Nami en jetant un regard méfiant à Marco qui se laissa tomber en soupirant à côté de Chopper.

- Aucune raison particulière. Malgré tout le respect que j'ai pour Mihawk, ce n'est pas le voisin de table que j'apprécie le plus, yoi, marmonna Marco.

Il avait l'air fatigué.

- Où est Ace ? demanda Chopper.

- Quelque part dans le château, sur le point de répondre à l'appel du trou noir qui lui sert d'estomac. Luffy, laisse-moi mon assiette ! fit Zoro en défendant son assiette des mains de son capitaine.

Aucune réponse ne lui vint.

Luffy venait de lacher sa fourchette et fixé l'entrer de la Grande Salle avec des yeux ronds.

Sabo se retourna sur son siège et porta une main à sa bouche de surprise.

Impact dans trois secondes.

Deux secondes.

Une seconde.

- MAKINO !

Makino qui venait d'entrer avec Ace se retrouva prisonière des bras de deux gosses surexcités et en larmes.

- ||Contente de vous revoir les garçons||… sourit la femme en les serrant dans ses bras, alors qu'Ace poursuivait sa route en souriant pour se laisser tomber à côté de Marco qui essayait tant bien que mal de ne pas sourire.

- C'est qui ? demanda Hermione.

- Une grande sœur d'adoption, sourit Ace, ses yeux emplis de nostalgie, regardant ses frères tirés Makino jusqu'à la table.

- Elle nous a sauvés la vie ! sourit Luffy.

- N'exagère pas, Luffy-kun, rabroua gentiment la femme en passant à l'anglais. Minna-san, konnichiwa !

- Konnichiwa, Ojou-san, salua Marco en inclinant la tête.

Makino lui demanda quelque chose qui fit rire Marco. La réponse fit feuler d'indignation Ace et mourir de rire ceux qui parlaient japonais. Même Hermione esquissa un sourire, luttant contre l'hilarité.

- Tu es rhabillé pour l'hiver, Ace, ou devrais-je dire, le Commandant le plus indiscipliné et fouteur de trouble de l'histoire de la Grand Line, ricana Sabo.

- Je vous hais. Tous, siffla Ace. Toi en tête de liste, Marco. Je vais me plaindre à Cassandra-san.

La grimace de Marco fit dire que la menace était efficace.

Makino les régala d'histoires sur l'enfance des trois frères (des couches à six ans pour Luffy et six à neuf ans pour Sabo et Ace). Luffy se retrouvait souvent dans la gueule de quelques crocodiles et ses frères devaient le sauver. Ils se servaient sans remords dans les cultures des paysans, se faisaient poursuivre par Grap et bien d'autre.

Harry se demanda si toute les grande-sœurs avaient ce pouvoir si merveilleux d'éclairer les jours sombres quand tout allé mal… de tirer un sourire à ceux qui l'admirait et l'aimait énormément.


Pendant qu'Harry profita de l'après-midi pour faire visiter le parc à Mrs Wealsey et Bill, Ace en profita pour vanter les capacités de ses frères, assis au bord du lac. Makino souriait avec fierté devant ça, et elle hurla de rire quand une grosse panthère la renversa, juste dans l'espoir de ressembler assez à une peluche et avoir droit à un câlin.


Le repas était toujours aussi animé, et Harry et Ace avaient oublié la tâche, la tête totalement ailleurs, quand Dumbledore se leva de sa place, au crépuscule.

- Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, dans cinq minutes, je vous demanderai de vous rendre au terrain de Quidditch pour assister à la troisième et dernière tâche du Tournoi des Quatre Sorciers. Les champions sont priés de suivre Mr Verpey qui les accompagnera sur place.

Ace jura en se rappelant de ce qu'il en était et se leva. Il retira son manteau, dévoilant son bermuda classique en dessous et une chemise jaune sans manche.

- Tu veux bien me garder mon manteau, Marco ? demanda Ace d'une voix douce.

Marco leva un sourcil, mais prit le manteau en main.

Il serra l'épaule de Luffy qui regardait son aîné partir avec inquiétude. Lui aussi avait un sale pressentiment en regardant les champions quittés la salle. Un très mauvais pressentiment.

- Ça va, Harry, en forme ? demanda Verpey tandis qu'ils descendaient les marches de pierre. Tu te sens d'attaque ?

- Ça va, répondit Harry.

Ce qui n'était pas faux. Il avait le trac, mais il passa en revue dans sa tête tous les maléfices et sortilèges qu'il avait pratiqués et se sentit rassuré en constatant qu'il se les rappelait tous.

Ils pénétrèrent bientôt sur le terrain de Quidditch qui était à présent méconnaissable. Une haie de six mètres de hauteur l'entourait entièrement avec, face à eux, une unique ouverture qui donnait accès au vaste labyrinthe. Le chemin qui s'y enfonçait paraissait sombre et effrayant.

Cinq minutes plus tard, les tribunes avaient commencé à se remplir. On entendait des exclamations enthousiastes et le martèlement des pas le long des travées. Les premières étoiles étaient apparues dans le ciel d'une couleur bleu foncé. Accompagnés de Hagrid, les professeurs Maugrey, McGonagall, Flitwick et Fushisho firent leur entrée dans le stade et s'approchèrent de Verpey et des champions. Ils arboraient de grandes étoiles rouges et lumineuses sur leurs chapeaux, sauf Hagrid qui les portait au dos de son gilet en peau de taupe. Marco n'avait pas d'étoile. Pour une bonne raison, il serait visible à mille lieux, une fois transformé.

- Nous allons patrouiller autour du labyrinthe, dit le professeur McGonagall aux champions. Si vous vous trouvez en difficulté et que vous souhaitiez être secouru, envoyez des étincelles rouges en l'air et l'un d'entre nous viendra vous chercher. Compris ? Le professeur Fushisho vous surveillera depuis le ciel.

Les champions approuvèrent d'un signe de tête.

- Alors, allez-y, dit Verpey d'un ton joyeux aux quatre patrouilleurs

Ace échangea un long regard avec Marco et ils échangèrent une accolade.

- Je garde Fol-Œil à l'œil, annonça Marco.

Ace hocha la tête.

- Fais honneur au nom d'Oyaji, yoi, demanda Marco à voix haute.

- Bien entendu, Marco.

Et Marco se propulsa dans le ciel, émerveillant les invités de sa forme aviaire.

- Bonne chance, Harry, murmura Hagrid et les profs restant partirent dans différentes directions pour prendre position autour du labyrinthe.

Verpey pointa ensuite sa baguette magique sur sa gorge et marmonna :

- Sonorus.

Aussitôt, sa voix magiquement amplifiée résonna dans tout le stade.

- Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, la troisième et dernière tâche du Tournoi des Trois Sorciers est sur le point de commencer ! Permettez-moi de vous rappeler le classement actuel des concurrents ! À la première place nous avons de l'équipage des Shirohige, le Second Commandant Portgas D. Ace, avec cent cinq points !

Il eut des applaudissements et Ace brandit son poing en réponse, un mince sourire tout juste visible avec son fedora orange.

- En seconde place, ex-aequo, avec cent quatre points chacun Mr Cedric Diggory et Mr Harry Potter, de l'école Poudlard !

Affolés par les applaudissements et les cris de joie, des oiseaux s'envolèrent de la Forêt interdite et disparurent dans le ciel assombri.

- À la quatrième place, avec quatre-vingts points : Mr Viktor Krum, de l'institut Durmstrang !

Nouveaux applaudissements.

- Et à la cinquième place : Miss Fleur Delacour, de l'académie Beauxbâtons !

Harry aperçut, au milieu des tribunes, Mrs Weasley, Bill, Ron et Hermione qui applaudissaient poliment Fleur Delacour. Il leur adressa un geste de la main et ils lui firent signe à leur tour, le visage rayonnant.

- Attention… À mon signal, Portgas ! reprit Verpey. Trois… deux… un…

Ace se mit dans la position d'un coureur de fond et au coup de sifflet, fonça dans le labyrinthe.

Les haies qui les entouraient plongeaient le chemin dans l'obscurité. Était-ce dû à leur hauteur et à leur épaisseur ou bien avaient-elles été enchantées ? En tout cas, dès qu'ils eurent pénétré dans le labyrinthe, il n'entendit plus le bruit de la foule.

Il arriva à une biffurcation à l'instant où le second coup de sifflet raisona.

Cédric et Harry venaient d'entrer.

Ace s'arrêta et sortit de sa poche une boussole qu'il passa à son poignet, après l'avoir ensorceller pour qu'elle s'adapte à tout ses changements de forme et taille. L'instant suivant, la panthère noir prenait le large, ses yeux de félins la guidant sans mal dans l'obscurité. Elle leva les yeux en voyant une forme turquoise resplendissante passé au-dessus de sa tête et retroussa ses babines en sourire.

Marco était dans la place.


Harry ne cessait de regarder derrière lui. Il éprouvait le sentiment d'être observé. Le labyrinthe devenait de plus en plus sombre à mesure que la couleur du ciel virait au bleu marine. Il arriva à une nouvelle bifurcation.

- Pointe au nord, murmura-t-il à sa baguette magique qu'il posa à plat sur sa main.

La baguette tourna sur elle-même et s'arrêta en pointant sur sa droite, vers la haie. C'était la direction du nord et il savait qu'il devait aller au nord-ouest pour atteindre le centre du labyrinthe. La meilleure chose à faire consistait à prendre à gauche en attendant de pouvoir tourner à droite dès que possible.


Marco reprit en silence forme humaine dans un angle du labyrinthe, les sourcils froncés, regardant Fol-Œil jetait des sorts au travers la haie.

Que manigancé l'homme ?

- Je comprends brusquement ta méfiance, Phénix, marmonna Smoker qui était avec le pirate.

- Il vient d'attaquer Ace… il va avoir une sale surprise, yoi… murmura Marco avec un mauvais sourire.


Ace avait entendu Fleur tombait, puis Krum.

Quand le sort vint vers lui, il l'esquiva et se tourna vers la haie.

Son Haki lui dit qui l'attaquait, malgré les nombreuses haies les séparant.

Fol-Œil.

Ace reprit forme humaine et bougea légèrement pour esquiver un Doloris. Il leva gracieusement sa main, devant lui et la resserra, comme s'il tenait entre ses doigts le cou de Fol-Œil.

Hors du labyrinthe, Maugrey laissa tomber sa baguette, se sentant tenu par le cou et soulever du sol. Il commençait à étouffer.

Brusquement, on lui saisit ses mains et les menotta, avant qu'il ne soit assommé d'un stupéfix.

- C'est bon, Portgas, on l'a ! lança Smoker.

Ace relâcha sa magie et tourna les talons. Il avait un trophée à trouver.


Harry venait de laisser le Sphinx derrière lui et continuait sa route, surpris d'avoir était aussi brillant.

Posé sur un piédestal, à une centaine de mètres, le Trophée des Trois Sorciers scintillait dans l'obscurité. Harry s'était mis à courir lorsqu'une silhouette surgit soudain d'un chemin adjacent.

Cedric allait arriver le premier. Il courait de toutes ses forces vers le trophée et Harry savait qu'il ne parviendrait jamais à le rattraper. Cedric était beaucoup plus grand que lui, il avait de plus longues jambes…

Harry vit alors à sa gauche quelque chose d'immense qui dépassait au-dessus de la haie et avançait à toute allure le long d'un chemin perpendiculaire. La chose se déplaçait si vite que Cedric risquait de la heurter de plein fouet. Le regard fixé sur le trophée, il n'avait rien vu…

- Cedric ! s'exclama Harry. Attention à gauche !

Cedric tourna la tête juste à temps pour se jeter en avant et passer de justesse devant la chose en évitant la collision mais, dans sa précipitation, il trébucha. Sa baguette magique lui échappa des mains tandis qu'une araignée géante surgissait sur le chemin et fonçait sur lui.

- Stupéfix ! cria Harry.

Le sortilège atteignit le corps noir, velu, gigantesque de l'araignée mais n'eut pas plus d'effet que s'il lui avait jeté un caillou. La créature sursauta, fit volte-face, et se désintéressa de Cedric pour foncer sur Harry.

- Stupéfix ! Impedimenta ! Stupéfix !

Mais c'était inutile. L'araignée était si grande, ou dotée de tels pouvoirs magiques, que les sortilèges ne faisaient que l'énerver davantage. Harry eut tout juste le temps d'apercevoir ses huit yeux noirs étincelants et ses pinces tranchantes comme des rasoirs avant qu'elle soit sur lui.

Il se sentit soulevé en l'air par les deux pattes avant de l'araignée et se débattit comme un fou en essayant de lui donner des coups de pied. Sa jambe heurta alors une des pinces et il ressentit une terrible douleur. Il entendit Cedric crier à son tour : « Stupéfix ! » mais, cette fois encore, le sortilège resta sans effets.

- Hibashira !

Un énorme jet de feu frappa l'araignée et elle lâcha Harry, avant d'être envoyé au loin. Le Survivant fut surpris de sentir des bras fort le rattrapé dans la chute. En relevant la tête, il vit Portgas le regardait.

- Tout va bien ?

- Merci… j'ai bien cru qu'elle allait me manger…

- T'as pas assez de chaire pour qu'elle te trouve appêtissante ! déconna Ace en le laissant descendre.

Le gémissement de douleur de Potter lui dit que quelque chose n'allait pas.

- Oi ! Diggory, t'es toujours vivant…

- Laisse-moi vérifier… ouais, je crois… marmonna Cédric en se rapprochant.

Il regarda Harry s'asseoir contre une haie et remonter une jambe de son pantalon.

Ace examina de ses mains calleuses la jambe blessée.

- Tu t'es déboité le genou. Okay, Potter, ça va faire mal… à trois.

Harry serra les dents.

- Trois !

- AAAAAAAAAAAAAAAAAH !

Ace eut un petit rire et ne dit rien quand Harry lui frappa le crâne.

- Ils sont où le un et le deux !?

- Tu te serais encore plus crispé, et ça aurait fait encore plus mal.

Il retira sa chemise et l'utilisa pour nettoyer la plaie de la jambe de la substance gluante qui venait des pinces de l'araignée, avant de changer de côté et de l'utiliser pour bander la jambe.

- Évite de l'utiliser, va…

Cédric n'était plus qu'à un ou deux mètres du trophée qui scintillait derrière lui.

- Prends-le, dit Harry, le souffle court. Vas-y, prends-le, tu es tout près.

Ace ne fit aucun commentaire, occupé à lui soigner la jambe.

Mais Cedric ne bougea pas. Il resta immobile à regarder Harry qui se cramponnait à Ace sous la douleur. Puis il tourna la tête et contempla le trophée. À la lueur des reflets d'or qui brillaient sur le Trophée des Quatre Sorciers, Harry voyait l'expression de désir sur son visage. À nouveau, Cedric tourna les yeux vers lui.

Il prit une profonde inspiration.

- Prends-le, toi, dit-il. C'est toi qui dois gagner. Tu as sauvé ma peau deux fois dans ce labyrinthe. Si tu m'avais pas prévenu à temps pour l'araignée, elle m'aurait écrasé comme une mouche

- Ce n'est pas comme ça que ça marche, répondit Harry.

Il sentait la colère monter en lui. Sa jambe lui faisait mal, son combat contre l'araignée l'avait laissé pantelant, endolori des pieds à la tête et, après tous ses efforts, Cedric était arrivé avant lui, tout comme il avait été le premier à inviter Cho au bal.

- Celui qui atteint le trophée avant les autres remporte la victoire. C'est toi. Je te garantis que je suis incapable de gagner une course dans l'état où est ma jambe. Ace pourrait y arriver, mais il a semble-t-il décider de jouer les infirmiers.

- Réflexe, Potter. C'est tout. Je me fous de cette coupe comme de mon premier biberon. J'ai participé à se tournoi pour m'amuser, ni plus, ni moins, répondit Ace en nouant le bandage de fortune qu'il avait fait.

Cedric fit quelques pas vers eux, s'éloignant du trophée.

- Non, dit-il en hochant la tête.

- Cesse de faire le chevalier noble et généreux, répliqua Harry d'un ton irrité. Prends ce trophée, qu'on puisse enfin sortir d'ici.

Cedric regarda Harry qui se mit debout en se tenant à Ace pour ne pas tomber.

- C'est toi qui nous as prévenus, pour les dragons, dit-il. J'aurais été éliminé dès la première tâche si tu n'avais rien dit à Portgas, puisqu'il n'aurait pas put me relayer l'info.

- Moi aussi, j'ai été aidé, répondit sèchement Harry en essayant d'éponger avec un pan de sa robe le sang qui avait coulé. Et vous, vous m'avez aidé pour l'oeuf, on est quittes.

- Pour l'oeuf, moi aussi, on m'a aidé, dit Cedric.

- C'est les autres qui ont reconnu les cris des sirènes et c'est Kal' qui a foutu un aguamenti dans l'œuf… pointa Ace.

- On est quittes quand même, assura Harry.

Avec précaution, il regarda si sa jambe pouvait le porter, mais elle se mit à trembler violemment sous son poids. Il s'était fait une entorse à la cheville, en plus, en donnant un coup de pied à l'araignée. Ace lui retira sa robe de sorcier et la déchira en bandelette, avant de le déchausser, lui retirant la chaussette gorgée de sang pour lui bander le pied.

- Tu aurais mérité plus de points pour la deuxième tâche, reprit Cedric avec obstination. Tu es resté sur place pour libérer tous les prisonniers. J'aurais dû faire la même chose.

- J'ai été le seul à être suffisamment idiot pour prendre cette chanson au sérieux ! s'exclama Harry d'un ton amer. Ace aurait mérité le maximum de point pour la première !

- Quand vous aurez fini de rejeter sur l'autre qui doit prendre le trophée, je vous dirais que j'aurais vraiment mérité ma victoire sur la première tâche si j'avais eut un dragon de glace face à moi. Je suis immunisé contre le feu, soupira Ace.

-Vas-y, ce trophée est à toi, Cédric !

- Non, répondit Cedric.

Il enjamba les pattes de l'araignée pour rejoindre Harry qui le regarda s'avancer vers lui avec des yeux ronds. Cedric parlait sérieusement. Il s'éloignait volontairement de la gloire que Poufsouffle n'avait jamais réussi à obtenir depuis des siècles. Ace leva un sourcil et l'ignora, trop concentré sur la tâche entre ses mains.

- Vas-y, dit Cedric.

Visiblement, ce geste lui coûtait jusqu'aux ultimes forces de sa volonté, mais son visage était ferme, décidé. Les bras croisés, il paraissait inébranlable.

Harry regarda alternativement Cedric et le trophée. Pendant un instant lumineux, il se vit émergeant du labyrinthe, la coupe d'or à la main. Il se vit levant haut au-dessus de sa tête le Trophée du Tournoi des Trois Sorciers, sous les acclamations frénétiques de la foule. Il vit plus nettement que jamais le visage de Cho, éclairé par la lueur d'admiration qui brillait dans son regard… Puis toutes ces images s'évanouirent et il n'eut plus devant les yeux que le visage sombre et obstiné de Cedric.

- Tous les trois, dit alors Harry.

- Quoi ?

- Nani ?!

- On prend le trophée tous les trois en même temps. Ça restera une victoire de Poudlard. On sera ex-æquo.

- Je représente les pirates, pas Poudlard ! s'indigna Ace.

- Mais que ça te plaise ou pas, tu as passé six ans en tant qu'élève ici.

- Tch…

Cedric regarda Harry. Il décroisa les bras.

- Tu… Tu crois ?

- Oui, dit Harry. On s'est aidés les uns les autres, non ? Et on est arrivés ensemble jusqu'ici. Alors, on n'a qu'à prendre le trophée ensemble.

Pendant un instant, Cedric sembla ne pas en croire ses oreilles. Puis un sourire se dessina sur son visage.

- Tu as raison, dit-il.

- Je cotoie des dingues au quotidien, pourtant, je crois que j'ai trouvé un asile psychiatrique à l'endroit le plus improbable qui soit… marmonna Ace.

- Fais pas ton ronchon, Portgas. Allons-y.

- Je vous hais, tenez-vous le pour dire !

- On sait, Ace ! rit Harry.

Cédirc et Ace prirent Harry chacun par un bras et l'aidèrent à avancer en boitillant vers le piédestal sur lequel était posé le trophée. Tous trois tendirent alors une main vers la coupe qui scintillait sous leurs yeux.

- À trois, d'accord ? dit Harry. Un… Deux… Trois…

D'un même geste, ils saisirent chacun un bout du trophée.

À cet instant, Harry ressentit une secousse quelque part au niveau du nombril. Ses pieds avaient quitté le sol et il n'arrivait plus à lâcher le Trophée des Trois Sorciers qui l'entraîna comme une tornade dans un tourbillon de couleurs, Cedric et Ace toujours à côté de lui.

Marco arriva trop tard, retrouvant forme humaine sur place, les yeux ronds d'horreur, serrant dans son poing le manteau d'Ace. Il porta une main à sa gorge pour s'appliquer un sonorus et rugit :

- Les champions Diggory, Portgas et Potter ont disparu ! Quelqu'un a remplacé le trophée par un Portoloin !

Il entendit distinctement dans la panique le cri de deux frères appelant leur aîné.


Harry sentit ses pieds atterrir lourdement sur le sol. Sa jambe blessée céda sous lui et il serait tombé si Ace ne le tenait pas fermement. Cette fois, sa main put enfin lâcher le Trophée des Quatre Sorciers.

- Où sommes-nous ? demanda-t-il en redressant la tête.

L'expression de Cedric montrait qu'il n'en savait pas plus que lui. Ace avait le regard orageux, les sourcils froncés, tout son corps criant qu'il était prêt à l'affrontement.

Ils n'étaient plus du tout dans le parc de Poudlard. De toute évidence, ils avaient parcouru des kilomètres - peut-être même des centaines de kilomètres, car les montagnes qui entouraient le château avaient disparu. Ils se trouvaient à présent dans un cimetière obscur, envahi par la végétation. À leur droite, derrière un grand if, se dessinaient les contours d'une petite église. À leur gauche s'élevait une colline et Harry distingua la silhouette d'une belle maison ancienne qui se dressait à son sommet.

Cedric regarda la Coupe des Quatre Sorciers, puis leva les yeux vers Harry.

- Est-ce que quelqu'un t'avait dit que le trophée était un Portoloin ? demanda-t-il.

-Non, répondit Harry.

- Portgas ?

- Iie. Putain, je me suis fait avoir comme un bleu, Thatch me le rappelera pour les siècles à venir…

Il contemplait le cimetière dans lequel régnait un silence total, légèrement inquiétant.

- Est-ce que ça fait partie de la tâche ? demanda Harry.

- Je ne sais pas, répondit Cedric, l'air pas très rassuré. Tu crois qu'il faut sortir les baguettes ?

- Oui, dit Harry, content que Cedric lui ait évité de faire lui-même cette suggestion.

- Je doute que ce soit une partie de la tâche. J'ai lut quelques trucs sur le tournoi, histoire de voir à quoi je devais m'attendre pour la troisième tâche, commenta Ace en scannant les environs. Il est toujours dit que le Tournoi s'achève dès que la coupe est clamée par un gagnant.

Harry et Cédric sortirent leur baguette.

- Quelqu'un vient, dit soudain Ace.

Scrutant l'obscurité, ils distinguèrent la silhouette d'un homme qui s'approchait d'eux en marchant parmi les tombes d'un pas assuré. Harry n'arrivait pas à apercevoir son visage mais, à en juger par sa démarche et la manière dont il tenait les bras, il portait visiblement quelque chose devant lui. De petite taille, il était vêtu d'une cape avec un capuchon rabattu sur la tête pour cacher son visage. Lorsqu'il se fut approché davantage, Harry eut l'impression que c'était un bébé qu'il portait dans les bras… Ou peut-être s'agissait-il d'une simple robe de sorcier roulée en boule ?

Harry abaissa légèrement sa baguette et jeta un regard en biais à Cedric qui paraissait perplexe. Ace était tendu comme un arc, essayant de faire appel à son Haki, mais quelque chose interféré avec ses sens. Tous trois se tournèrent à nouveau vers la silhouette qui continuait d'avancer.

L'homme s'arrêta à côté d'une haute pierre tombale en marbre qui n'était qu'à deux mètres d'eux. Pendant un instant, Harry et Cedric restèrent immobiles face à la silhouette encapuchonnée qui les regardait. Ace tomba à genoux, se tenant le crâne, tremblant.

Puis, sans le moindre signe avant-coureur, Harry ressentit brusquement une douleur si insoutenable qu'il eut l'impression que sa cicatrice explosait. De sa vie, il n'avait éprouvé une telle souffrance. Laissant tomber sa baguette, il couvrit son visage de ses mains. Ses genoux fléchirent et il se retrouva à terre, incapable de voir quoi que ce soit. C'était comme si sa tête était sur le point de se fendre en deux.

Très loin au-dessus de lui, il entendit une voix aiguë et glaciale.

- Tue les deux autres, dit la voix.

Il y eut comme un souffle de vent et une deuxième voix perçante lança dans la nuit ces mots terribles :

- Avada Kedavra !

À travers ses paupières fermées, Harry distingua une lueur verte et il entendit un bruit de chute à côté de lui. La douleur de sa cicatrice atteignit une telle intensité qu'il fut pris de nausées.

Ace se redressa, les yeux embués de larmes, avec l'impression que son crâne allait s'ouvrir sous la douleur.

Quand la baguette fut pointée sur lui et le sort jalli, il roula sur le côté, avant de se redresser en titubant.

D'où venait la douleur ?

Un sort le frappa dans le dos et l'envoya embrasser une pierre tombale.

Le crack assourdissant qui retentit fut assez pour dire à Harry qu'il était seul.


Harry avait conscience qu'il allait mourir. Il le voyait dans les yeux de Voldemort.

Il esquivait de son mieux, malgré l'état de sa jambe. Il profitait des pierres tombales pour se protéger. Il usa autant que possible de ce qu'il s'avait de la Magie Naturelle, imaginant plus qu'il ne pensait aux sorts. Cela donna des situations bizarres, comme Voldemort qui failli se faire embrocher par des piques sortit de la terre, mais Voldemort était rusé et expérimenté, même s'il ne connaissait pas cette forme de magie.

Finalement, Harry lança un Expelliarmus et esquiva juste à temps un Avada Kedavra. Le jet de lumière rouge de Harry heurta celui de lumière verte de Voldemort en pleine course, quand tout à coup, la baguette d'Harry se mit à vibrer comme si elle était parcourue d'un courant électrique. Sa main y était collée. Même s'il l'avait voulu, il aurait été incapable de la lâcher. Un étroit faisceau de lumière reliait à présent les deux baguettes magiques, ni rouge, ni vert, mais d'une intense couleur or. Harry, stupéfait, suivit des yeux le rayon de lumière et vit que la baguette magique de Voldemort tremblait et vibrait avec la même intensité entre ses longs doigts crispés.

Puis –c'était la dernière chose à laquelle Harry se serait attendu-, il sentit ses pieds se soulever du sol. Voldemort et lui s'élevèrent en même temps dans les airs, leurs baguettes toujours reliées par ce fil de lumière dorée et tremblante. Ils s'envolèrent lentement au-dessus de la pierre tombale et atterrirent sur un carré d'herbe nue, dépourvu de tombes… Les Mangemorts s'étaient mis à crier, demandant à Voldemort ce qu'ils devaient faire. Ils se rapprochèrent, reformant le cercle autour d'Harry et de leur maître, le serpent se tortillant à leurs pieds. Certains d'entre eux avaient sorti leur baguette magique.

Le fil d'or qui unissait Harry et Voldemort se morcela soudain. Leurs baguettes restèrent liées l'une à l'autre, mais des milliers d'autres traits de lumière furent projetés dans les airs, dessinant une multitude d'arcs entrecroisés au-dessus de leurs têtes. Bientôt, Harry et Voldemort se retrouvèrent enfermés sous un dôme d'or, semblable à une immense toile d'araignée lumineuse, au-delà duquel les Mangemorts resserraient leur cercle, tels des chacals, leurs cris étrangement assourdis…

- Ne faîtes rien ! s'écria Voldemort d'une voix perçante.

Harry voyait ses yeux rouges s'écarquiller de stupéfaction devant ce phénomène. Il le vit s'efforcer de rompre le fil de lumière qui reliait toujours les deux baguettes magiques mais Harry serra sa baguette de plus en plus fort, des deux mains à la fois, et le fil d'or resta intact.

Alors, un son magnifique et surnaturel s'éleva dans les airs… Il émanait de chaque fil de la toile lumineuse qui vibrait autour d'eux. C'était un son qu'Harry reconnut aussitôt, bien qu'il ne l'eût entendu qu'une seule fois dans sa vie… le chant du phénix…

Pour Harry, ce chant était celui de l'espoir… le plus beau son qu'il ait jamais entendu… Il eut l'impression que le chant ne résonnait pas seulement autour de lui, mais en lui… et qu'il le reliait à son professeur de Magie Naturelle, comme si un ami lui parlait à l'oreille…

Il porta une main à la plume sous sa chemise qui brûla plus fort que jamais.

« Ne brise pas le lien ».

Cétait la voix du professeur Fushisho, il en était certain…

Mais c'était plus facile à dire qu'à faire, car sa baguette se mettait à vibrer avec plus de force que jamais… et le rayon lumineux qui l'unissait à Voldemort se transforma lui aussi… on aurait dit que de grosses perles de lumière glissaient dans les deux sens le long du fil d'or. Harry sentit sa baguette trépider entre ses mains tandis que les perles avançaient lentement dans sa direction… Peu à peu, les perles ne glissèrent plus que dans un seul sens, de Voldemort à lui, et sa baguette se mit à trembler avec fureur et il sentait le bois de sa baguette magique devenir si brûlante qu'il eut peur de la voir s'enflammer. Plus la perle se rapprochait, plus la baguette vibrait entre ses mains. Il avait la certitude qu'elle ne résisterait pas à son contact, qu'elle volerait en éclat si jamais la perle la touchait…

Le regard fixe, animé d'une lueur furieuse, il se concentra de toutes les forces de son esprit pour renvoyer la perle vers Voldemort, tandis que le chant du phénix continuait de résonner à ses oreilles… Alors, lentement, très lentement, les perles de lumière s'immobilisèrent dans un frémissement puis, tout aussi lentement, commencèrent à glisser dans l'autre sens… à présent, c'était la baguette de Voldemort qui vibrait avec une incroyable intensité… Voldemort, qui semblait abasourdi, presque apeuré, en voyant l'une des perles de lumière trembloter à quelques centimètres de sa baguette.

Harry ne comprenait pas pourquoi il agissait ainsi, il ne savait pas à quoi cela pourrait bien aboutir… mais il se concentrait comme jamais il ne s'était concentré pour forcer cette perle à retourner dans la baguette de son ennemi… Toujours avec la même lenteur, elle avança peu à peu le long du fil d'or… trembla pendant un moment, puis toucha enfin la baguette…

Aussitôt, la baguette magique de Voldemort émit des hurlements de douleur… Un instant plus tard – les yeux rouges du Seigneur des Ténèbres s'écarquillèrent devant cette vision-, une épaisse fumée en forme de main jaillit de l'extrémité de la baguette et disparut… c'était comme un fantôme de la main qu'il avait offerte à Queudver… il y eut à nouveau des cris de douleur… Puis, quelque chose de beaucoup plus grand s'éleva de la baguette, comme une fumée grise d'une telle densité qu'elle paraissait solide… Une tête se dessina… puis un torse, des bras… le buste de Cedric Diggory.

Harry éprouva une telle stupéfaction qu'il aurait pu en lâcher sa baguette mais, instinctivement ses mains la serrèrent plus fort que jamais et le fil d'or resta intact, tandis que le fantôme gris de Cedric surgissait tout entier à l'extrémité de la baguette magique de Voldemort, comme s'il s'extrayait d'un tunnel très étroit.

Ce ne fut pas la seule ombre… Vint ensuite l'ombre du vieux moldu qu'avait vu Harry en rêve durant l'été, suivi de Bertha Jorkins, tous lui lançant des encouragements, et insultant et menaçant Voldemort.

Et comme il s'y était attendu depuis l'apparition de Cedric, sa mère apparut à son tour, le rassurant, lui demandant de tenir bon et lui annonçant l'arrivée de son père.

Un nouveau cri de douleur de la baguette de Voldemort, et James Potter déploya sa silhouette dans le dôme et lui parla à voix basse, de cette même voix lointaine qui raisonnait en écho :

- Lorsque le lien sera rompu, dit-il, nous ne resterons que quelques instants… Mais nous t'aiderons autant que nous le pouvons… Il faut que tu retournes auprès du Portoloin, il te ramènera à Poudlard… Tu as compris, Harry ?

- Oui, haleta Harry.

Il luttait pour garder sa baguette magique entre ses mains alors qu'elle semblait lui glisser des doigts.

Il avait remarqué l'absence d'une ombre qui lui donna espoir.

Portgas était encore vivant…

- Harry, murmura la silhouette de Cedric. Ramène mon corps, s'il te plaît. Ramène mon corps auprès de mes parents…

- D'accord, répondit Harry, le visage crispé sous l'effort qu'il devait fournir pour retenir sa baguette.

- Vas-y maintenant, murmura la voix de son père qui regardait quelque chose au-delà des Mangemorts. Tiens-toi prêt à te jeter à terre… Maintenant…

- MAINTENANT ! s'écria Harry.

De toute façon, il n'aurait pas pu tenir sa baguette plus longtemps. Il la leva brutalement, de toutes ses forces et le fil d'or se brisa. Le dôme de lumière s'évanouit aussitôt, le chant du phénix s'interrompit – mais les silhouettes fantomatiques des victimes de Voldemort étaient toujours présentes et entouraient leur assassin, dérobant Harry de son regard qui se jeta à terre…

- Enjomo !

Un mur de flammes se dressa entre Harry et les Magemorts et Voldemort, les faisant reculer, à l'instant même où les fantômes disparurent. Dans les flammes, une silhouette humaine commença à se former, et brusquement, Ace était là, le protégeant de sa carrure.

- Oi, Potter. Tu te sens encore d'attaque ? demanda Ace.

- Ace… souffla Harry. Il… il a…

- J'ai vu la dépouille de Diggory, ne t'en fais pas, j'ai entendu le sort avant, malgré la douleur.

La voix d'Ace était tremblante de rage sourde.

- Tu n'es pas mort, admirable… commenta Voldemort.

- Simplement assomé. Je viens de me réveiller, mais je suis un peu confus… T'es qui, Face de Serpent ?

- Respect moi, sale gosse ! Je suis Lord Voldemort !

Ace leva un sourcil.

- Oh. Oyaji sera content si je ramène ta tête, alors…

- Qui es-tu … ?

- Maître… souffla Peter. C'est un pirate

- Second Commandant du Seigneur des Océans, Portgas D. Ace. Appelez-moi Hiken. Je suis celui qui te bottera le cul.

Il parcourut les rangs des Mangemorts et son regard tomba sur Peter. Il plissa les yeux et repporta son attention sur Voldemort.

- Ahahahaha ! Tu crois pouvoir vaincre Lord Voldemort, petit présomptueux ! se moqua Voldemort.

- Voyons ça.

Il tendit les mains sur les côtés, et deux lances de flammes se formèrent dans ses mains.

- Potter… quand j'userai du Haoshoku, tu prendras Diggory et le trophée, puisque c'est ça qui nous a embarqué ici. Je me charge du traître. Wakatta ? murmura Ace en se mettant en garde.

Harry hocha la tête.

Pendant un instant, rien ne se passa dans le cimetière. Puis Voldemort attaqua avec un sortilège Doloris qu'Ace fit ricocher sur son couteau de chasse qu'il avait enduite de Haki. Les Mangemorts se jetèrent à terre. Bonne idée parce que l'instant suivant, Ace fendait l'air d'un coup de pied, envoyant un Rankyaku de flammes dans leur direction, enchaînant sur un sortilège coupant que Voldemort bloqua d'un bouclier.

Les deux lances de flammes percèrent deux gros trous dans la robe de Voldemort.

Ace lâcha le Haoshoku à cet instant, envoyant dans l'inconscience bon nombre des mangemorts et à genoux, incapable de se battre, le reste.

- Hiken !

Voldemort intercepta le poing de feu de son bouclier, mais fut envoyé au large. Harry était déjà en train de se précipiter de son mieux vers Cédric. Ace lança une main vers Queudver, qui s'était transformé en rat pour essayer de se cacher, et le rat s'éleva du sol d'un accio informulé pour se retrouver prisonier des doigts du pirate. Quand Harry eut le Portoloin en main, Ace se jeta à terre sur lui et l'attrapa, protégeant Harry de sa carrure. Il retint un hurlement de douleur quand un Doloris le toucha dans le dos, mais resta accroché de toutes ses forces à la coupe.


Harry sentit qu'il atterrissait à plat ventre, le nez dans l'herbe, dont l'odeur lui emplissait les narines. Il avait fermé les yeux pendant que le Portoloin le transportait et il les garda fermés. Il resta immobile, le souffle coupé. Il avait tellement le tournis que le sol lui paraissait tangué comme le pont d'un navire. Pour essayer de dissiper cette sensation, il se cramponna au trophée qu'il tenait toujours d'une main et au corps de Cedric dont il serrait le poignet de son autre main. Il sentait Ace tremblait contre lui, le tenant fermement d'un bras autour de sa poitrine, Peter s'agitant entre ses doigts. Son autre main était si serré sur celle d'Harry qui tenait le Portloin, qu'il était certain qu'il allait lui réduire les doigts en bouillie. Il lui semblait que si quelque chose bouger, il allait sombrer dans les ténèbres qui enveloppaient son cerveau. Le choc, l'épuisement l'empêchaient de bouger. Respirant l'odeur de l'herbe, il attendait… attendait que quelqu'un s'occupe de lui… que quelque chose se passe… et sentait pendant tout ce temps sa cicatrice brûler d'une douleur lancinante…

Soudain, un torrent de sons l'assourdit. Un mélange confus de voix, de bruits de pas, de cris, qui venaient de partout, lui envahit la tête… Il demeura immobile, le visage crispé sous le choc de ce vacarme, comme s'il s'agissait d'un cauchemar qui allait se terminer…

Puis deux mains le saisirent brusquement et le retournèrent sur le dos, le séparant d'Ace.

- Harry ! Harry !

Il ouvrit les yeux.

Il vit le ciel étoilé et la silhouette d'Albus Dumbledore accroupi à côté de lui. Une foule d'ombres noires l'entourait de toutes parts. Harry sentait le sol vibrer sous leurs pas.

Il se trouvait à l'extérieur du labyrinthe. Il voyait les tribunes, qui s'élevaient sous les étoiles, et des silhouettes bouger le long des bancs.

- Ace ! Réponds !

Harry roula les yeux pour voir Ace roulait en boule plus loin, toujours tremblant, Marco sur lui.

- Il présente les symptômes du Doloris ! s'exclama la voix de Chopper.

- Sen-sei…

Harry avala une bouffée d'air.

Marco détourna la tête pour voir Harry le regardait.

- Il est de retour… Un homme… avec… une… face de serpent…

- Dors, Potter, on s'occupera de ça plus tard, yoi.


Marco reposa sa plume et se retourna pour regarder Ace dormir dans le lit d'infirmerie, ses frères blotti chacun d'un côté de lui.

Avec un soupir, le Phénix se frotta le crâne.

Les choses allaient mal. Le ministère était dans la négation totale et personnes ne serait prêt quand Voldemort reviendrait.

Marco était assez fin stratège pour savoir que Voldemort ne se manifesterait pas immédiatement. Il avait besoin d'info, et de temps pour recruter dans l'ombre et bien placé son jeu. Unique point positif, il avait put livrer Peter à Bones qui avait fait en sorte que lorsque Fudge aurait un cerveau, Sirius serait innocenté.

Marco effleura sa tempe et en tira la copie d'un souvenir qu'il fit tomber dans une fiole, qu'il glissa ensuite dans l'enveloppe. Il la cacheta, marquant la cire de l'emblème de son équipage et l'ensorcela pour que personne, outre Potter, ne puisse l'ouvrir ou la détruire.

Il se leva et alla voir Hermione et Ron qui se tenaient au chevet d'Harry qu'on avait endormi de force, afin qu'il se repose.

- Granger.

Hermione releva la tête et prit la lettre que lui donna Marco.

- Donne ça à Potter le jour où Voldemort cessera de jouer à cache-cache.

- Pourquoi vous ne le faîtes pas vous, sensei ? demanda-t-elle.

- Je suis un pirate. Je peux mourir demain sur les océans, et ne pas revenir en cours. Les risques que cela t'arrive sont moindres. Que Dumbledore ne trouve jamais ce message, yoi.

- Je le ferais professeur, assura Hermione.

Elle le rangea dans sa poche et regarda de nouveau Harry.

- On… on a mis la mort de Cédric sur le dos d'Ace ? demanda Ron.

- Non, Davy Jones en soit loué. Ace a été toucher par un doloris, ce qui prouve que quelqu'un usant de sortilèges interdit les a attaqué. Les derniers sortilèges montraient par la baguette d'Ace sont des sorts bénins, aucun d'entre eux n'est interdit, yoi. Le crime ne lui ait pas attribué.

- Que va-t-il se passer, à présent ? souffla Hermione.

- Sa na. Je pense que le serpent va réunir ses forces dans l'ombre. Si on ne l'en tire pas rapidement, alors, ça fera mal quand il tombera sur nous, yoi.

- Cela va changer quoique ce soit pour vous ? demanda Ron.

- En tant que pirate, non, rien… en tant qu'enseignant de cette école, j'ai une forte envie de vanger nombre de mes élèves… Les Potter n'étaient que deux des jeunes à qui j'ai enseigné, et qui sont mort aujourd'hui, par la faute de cet homme, yoi.

Ils entendirent un léger embrasement et se retournèrent pour voir Fumseck sur la chaise qu'avait quittée Marco. Le pirate alla le voir et lui caressa les plumes sous le bec du bout des doigts.

« Veille sur les gamins, si je reviens pas. »

Fumseck laissa échapper une note mélodieuse.

« Bien entendu, petit frère bleuté. »


Un banquet de fin d'année bien sombre.

Tout le monde avait prit des couleurs sombres, en signe de deuil.

- Voici donc venue la fin d'une autre année, dit Dumbledore.

Il s'interrompit et son regard s'arrêta sur la table des Poufsouffle. C'était la table qui avait été la plus discrète de toute la soirée, la table autour de laquelle on voyait les visages les plus tristes, les plus blafards.

- Il y a beaucoup de choses que je voudrais vous dire, ce soir, poursuivit Dumbledore. Mais je dois d'abord rendre hommage à un garçon de grande qualité qui aurait dû être ici - il fit un geste vers la table des Poufsouffle - pour partager ce banquet avec nous. Je vous demande de vous lever et de porter un toast en l'honneur de Cedric Diggory.

Dans un raclement de chaises et de bancs, tous les élèves se mirent debout et levèrent leurs gobelets. D'une même voix, comme un grondement qui se répercuta en écho dans la salle, tout le monde prononça le nom de Cedric Diggory.

Harry aperçut Cho dans la foule. Des larmes coulaient sur ses joues. Il baissa les yeux en se rasseyant avec les autres.

- Cedric incarnait de nombreuses qualités qui s'attachent à la maison Poufsouffle, poursuivit Dumbledore. C'était un ami loyal et généreux, il travaillait sans relâche et se montrait toujours fair-play. Sa mort vous a tous affectés, que vous l'ayez bien connu ou pas. Je pense donc que vous avez le droit de savoir ce qui s'est exactement passé.

Harry leva la tête et regarda Dumbledore.

- Cedric Diggory a été assassiné par Lord Voldemort.

Un murmure de panique parcourut la Grande Salle. Les élèves fixaient Dumbledore d'un air incrédule et terrifié. Parfaitement calme, Dumbledore attendit que le silence revienne.

- Le ministère de la Magie, reprit Dumbledore, ne souhaite pas que je vous donne cette information. Les parents de certains d'entre vous seront peut-être horrifiés d'apprendre que je l'ai fait - soit parce qu'ils ne croiront pas au retour de Lord Voldemort, soit parce qu'ils penseront que vous êtes trop jeunes pour que je vous dise une chose pareille. J'ai cependant la conviction que la vérité est généralement préférable au mensonge et que toute tentative de faire croire que Cedric est mort des suites d'un accident, ou à cause d'une erreur qu'il aurait commise, serait une insulte à sa mémoire.

Pétrifiés, épouvantés, tous les visages étaient tournés vers Dumbledore… ou presque tous les visages. À la table des Serpentard, Harry vit Drago Malefoy murmurer quelque chose à Crabbe et à Goyle. Il sentit une vague de fureur dévorante lui nouer l'estomac et se força à regarder de nouveau Dumbledore.

- Je ne peux évoquer la mort de Cedric Diggory sans citer le nom de quelqu'un d'autre, poursuivit Dumbledore. Je veux parler, bien sûr, de Harry Potter et Ace D. Portgas.

Il y eut comme un frémissement dans la Grande Salle lorsque quelques élèves tournèrent la tête vers Harry et Ace avant de reporter leur attention sur Dumbledore.

- Harry Potter et Ace D. Portgas ont réussi à échapper à Lord Voldemort. Ils ont risqué leur propre vie pour ramener à Poudlard le corps de Cedric. Ils ont fait preuve, à tous égards, d'une bravoure que peu de sorciers ont su montrer face à Lord Voldemort et c'est pourquoi je veux à présent leur rendre hommage.

Dumbledore regarda Harry avec gravité et leva à nouveau son gobelet, ignorant Ace. Presque tout le monde l'imita dans la Grande Salle. Les élèves murmurèrent leur nom comme ils avaient murmuré celui de Cedric et burent en son honneur. Mais Harry vit que Malefoy, Crabbe, Goyle et de nombreux autres élèves de Serpentard étaient restés assis sans toucher à leurs gobelets, dans une attitude de défi. Dumbledore, qui ne possédait pas d'oeil magique, ne s'en était pas aperçu.

Lorsque chacun se fut rassis, Dumbledore poursuivit :

- Le Tournoi des Quatre Sorciers avait pour ambition de favoriser le rapprochement et la compréhension entre les sorciers du monde entier, et montrer à quel point nous sommes semblable, peu importe le côté de la loi nous nous trouvons. À la lumière de ce qui s'est passé- le retour de Voldemort -, de tels liens deviennent plus importants que jamais.

Dumbledore regarda Madame Maxime et Hagrid, Fleur Delacour et ses camarades de Beauxbâtons, puis Viktor Krum et les élèves de Durmstrang assis à la table des Serpentard. Harry remarqua que Krum paraissait méfiant, presque effrayé, comme s'il s'attendait à ce que Dumbledore prononce des paroles sévères. Il regarda ensuite Robin, Marco, et Mihawk, et les marines à la table des profs, avant de porter son regard sur Sabo, Ace et les Mugiwara

- Tous les invités présents dans cette salle, reprit Dumbledore en fixant les élèves de Durmstrang, seront toujours les bienvenus chaque fois qu'ils voudront revenir ici. Une fois de plus, je vous le répète à tous, maintenant que Lord Voldemort est de retour, l'union fera notre force, la division notre faiblesse. L'aptitude de Lord Voldemort à semer la discorde et la haine est considérable. Nous ne pourrons le combattre qu'en montrant une détermination tout aussi puissante, fondée sur l'amitié et la confiance. Les différences de langage et de culture ne sont rien si nous partageons les mêmes objectifs et si nous restons ouverts les uns aux autres. Je suis convaincu - et jamais je n'ai tant souhaité me tromper - que nous allons connaître une période sombre et difficile. Certains, dans cette salle, ont déjà eu à souffrir directement des agissements de Lord Voldemort. Les familles de nombre d'entre vous ont été déchirées à cause de lui. Il y a une semaine, un élève nous a été arraché. Souvenez-vous de Cedric. Si, un jour, vous avez à choisir entre le bien et la facilité, souvenez-vous de ce qui est arrivé à un garçon qui était bon, fraternel et courageux, simplement parce qu'il a croisé le chemin de Lord Voldemort. Souvenez-vous de Cedric Diggory.

Le raclement de deux chaises coupa le discour de Dumbledore.

Les deux D. s'étaient levé. Ils retirèrent leur chapeau respectif, le portant à leur cœur.

- Umi wa mitte iru sekai no hajimari mo

Umi wa shitte iru sekai no owari mo.

Harry les regarda avec surprise, ne comprenant pas ce qu'ils chantaient.

Les marines échangèrent un regard surpris.

C'était un de leur requiem, pas un requiem pirate.

Marco et Robin se levèrent avec les Mugiwara et Sabo, une main sur leur cœur en signe de deuil, la tête basse.

- Dakara izanau susumubeki michi e to.

Dakara michibiku tadashii sekai e.

Mihawk se leva avec Tashigi, Hina et Smoker.

Tout le monde reconnaissait le chant de deuil, sans le comprendre et respecter le geste des pirates. Et l'appréciait même.

- Itami kurushimi tsutsumikonde kureru

Ookiku yasashiku tsutsunde kureru.

Les élèves de Poudlard se levèrent eux aussi, mais ne chantèrent pas.

C'était un dernier hommage pour l'un des leur qui était partit trop tôt.

- Umi wa mite iru sekai no hajimari mo

Umi wa shitte iru sekai no owari mo.

Moshimo jibun ga kieta to shite mo

Subete shitte iru umi no michibiki.

Osorete wa ikenai anata ga irukara

Obiete wa ikenai nakama mo matsukara.

Tout le monde se tut, laissant le Révolutionnaire conclur :

- Susumaneba naranai aoki sonosaki e.


Ace tendit un bocal à insinct à Sabo.

- La Révolution saura quoi faire d'elle, assura Ace.

- D'accord. Eh bien… on se reverra dans le Shin Sekai, ou alors le premier septembre, si tu viens dire au revoir à Luffy quand il prendra le train seul, fit Sabo en rangeant le bocal dans son sac.

- Ouep. Allez, file. J'ai déjà dit au revoir à Lu'.

Les deux frères échangèrent une accolade et Ace s'éloigna, poussant son frangin dans le train.

- Ace ? appela Marco.

- Je fais quelque chose, et j'arrive.

Ace parcourut la foule du regard et trouva enfin Harry.

- Potter ! Un instant, s'il te plaît.

Harry le regarda avec surprise, mais le suivi un peu à part.

- Déjà, dès que tu vois les jumeaux, donne-leur ma récompense. Ils sauront quoi en faire. Je ne mérite pas cet argent, fit Ace en faisant tomber le prix du Tournoi dans la main d'Harry qui avait la sienne dans sa valise.

- Très bien, j'y songerais. C'est tout ?

- Non. Tu te souviens de la promesse que je t'ai faîte… au sujet de mon nom ?

- Que tu me dirais ce qu'il en est quand tu quitterais Poudlard ?

- Exact.

Ace regarda avec précaution autour de lui, mais les marines étaient partis depuis un moment, déjà.

- Mon vrai nom est Gol D. Ace. Je suis le seul et unique hériter de Gol D. Roger, le précédent Roi des Pirates. Par conséquent, je suis en quelque sorte le Prince des Pirates, et le possible héritier du trône des océans, titre que je refuse absoluement. Si j'ai gardé ça secret si longtemps, c'est parce que plus d'une personne voudrait me faire payer ce que mon père a fait… que ce soit sur la terre ferme ou sur les océans, porter le nom de Roger n'est pas la meilleur chose qui soit. Tu comprends ?

- Oui… je… j'imaginais pas que…

Ace secoua la tête en souriant et poussa Harry vers le train.

- Je te connais assez pour savoir que tu ne vas pas me juger. Après tout, tu es l'un des gosses de onze ans qui au risque de se faire tuer, à tout fait pour rétablir son amitié avec mon tout petit-frère.

Il fit monter Harry dans le train.

- On se reverra, Ace ?

- Davy Jones est le seul à le savoir. Survie à Face de Serpent, Harry.

Harry eut un sourire féroce et salua Ace qui remonta ensuite le train pour trouver le compartiement de ses frères. Luffy lui fit un salut de la fenêtre et Ace s'arrêta devant lui. Dans un envol de son manteau noir, il posa un genou et un poing à terre, son chapeau sur le cœur, la tête basse.

- Je vous attends dans le Shin Sekai, mon Roi.

- Ahahhahaha ! T'es con, Ace ! ja ne !

Et le train s'en alla, laissant les pirates seuls sur le quai.

- Ikimasho ? demanda Marco en lui enlaçant les épaules.

- Aye ! sourit Ace d'un air féroce.