Deux nouveaux chapitres en ce beau mercredi 12 septembre 2018.
Donc, les prochains dans une semaine. :)
Bonne Lecture !
Chapitre 3 :
Et si c'était plus que de… l'admiration ?
Le vendredi, le jeune homme redoutait un peu la fin de la journée. Parce que penser à Mr Faraize le rendait plus mal à l'aise tout à coup. Et puis merde, il n'était pas comme une de ces petites adolescentes étant en train de tomber d'amour pour un prof.
Et Mr Faraize restait toujours le même, en plus détendu. Il appréciait grandement ces cours. Nathaniel pouvait bien penser ce qu'il voulait. Et s'il faisait à nouveau un commentaire dans le genre, il le remettrait à sa place cette fois.
La journée passa plutôt rapidement. Il n'alla pas manger avec le blond. Autant être honnête : il le boudait franchement.
Quand le Délégué l'apostropha à la sortie du dernier cours, Kentin l'ignora et se dirigea vers son cours particulier. Mais il put entendre une phrase :
- Excuse-moi, Kentin ! S'exclama le blond le regardant partir. Viens me voir quand tu veux.
Il s'engouffra dans la salle de son professeur préféré.
Le cours d'anglais était sans doute celui qu'il appréciait le moins. Mais le jeune professeur semblait avoir capté que son étudiant détestait la matière et tentait de lui faire faire des exercices un peu plus drôles pour l'aider. Attention qu'apprécia Kentin. Les cours d'anglais pouvaient s'avérer amusants.
De plus, Mr Faraize conversait en anglais pour donner une autre dimension et rendre les cours plus dynamiques. Jamais les profs dans cette matière n'avaient fait ce genre d'exercices. Pourtant, ça rendrait les cours plus amusants et attrayants, se fit-il la remarque.
Le brun en admirait davantage son professeur d'histoire. Il le regarda plus intensément et un sourire naquit sur son visage pourtant assez sérieux à l'habitude. Mais cet homme était différent de tous les autres qu'il connaissait. Différent également de tous les élèves du lycée. Il était unique.
Voilà.
Unique.
C'était le mot qui le décrivait le mieux à ses yeux.
Il sursauta.
- Quelque chose vous dérange, Mr Moore ? Interrogea le jeune professeur.
- Euh… oui-non, enfin, non, monsieur, finit-il par réussir à dire.
Unique, hein ? Il soupira intérieurement. Qu'est-ce ça voulait dire exactement ? À part, peut-être qu'il n'avait jamais rencontré une personne comme Mr Faraize. Des personne uniques, il y en avait des tas. Mais une personne comme lui, il n'y en avait qu'une. Il préféra ne pas s'aventurer sur une réflexion plus poussée. Ça lui donnerait mal au crâne, il en était certain.
Quand le cours se termina, il sortit rapidement.
Il s'appuya sur le mur juste à côté de la porte. Il soupira longuement, mettant sa main devant son visage.
C'est ainsi que le vit Mr Faraize en sortant de la salle.
- Mr Moore, quelque chose vous tracasse ?
Oh, si ! Vous ! Il aurait bien répondu ceci. Mais il n'en avait pas la force ni même le courage. De plus, il n'aurait pas su quoi dire par la suite, parce qu'il ne savait même pas ce qui le tracassait réellement tout compte fait.
Il fit non de la tête.
- Juste un peu de fatigue, dit-il.
- D'accord. Reposez-vous bien dans ce cas. Bon week-end.
- Merci. À vous, également, fit-il en retour.
Le professeur continua son chemin et quitta l'établissement en passant les grandes portes.
Kentin resta adosser contre le mur. Et si c'était en fait plus que de l'admiration ? Était-il même possible que ce fusse réellement le cas ? Était-il réellement possible qu'il y ait plus que le sentiment de ravissement pour ce professeur en particulier ?
Les questions s'entrechoquaient dans sa tête. On disait que la ligne entre « amitié et amour » était mince parfois. Non, non, non, non, non, non, non ! Hors de question de penser à ça. Impossible.
Il appréciait Mr Faraize. Mais de là à affirmer que c'était plus que de l'admiration, ça en devenait risible. Genre que c'était réaliste de tomber amoureux d'un professeur.
Toujours adossé contre ce mur, Kentin se mit à rire franchement, se prenant quelques regards interloqués, choqués et dégoûtés pour certains qui passaient devant lui. Tant pis. Il avait juste envie d'en rire. Tellement la situation était ridicule.
Il se calma en quelques instants, reprenant une expression normale, ayant tout de même les joues un roses d'avoir ri comme un dingue.
Il sourit. Pas de l'amour. Non. Bien sûr que non, voyons. Jamais ! Il n'était pas idiot, loin de là. Mais quand même, il ne fallait pas non plus sauter aux conclusions. Avait-on le droit d'apprécier une personne sans se faire dire qu'il y avait quelque chose d'autre derrière ?
Sa nuit fut dure et son sommeil agité. Sans rêves distincts, le cerveau embrumé, des yeux bleus lui étaient apparu à un moment, sans qu'il ne distingue de traits particuliers. Quand il se réveilla le samedi matin, il était toujours fatigué. Il resta dans son lit toute la matinée sans même fermer l'œil.
Il pesta, grogna, tapa dans son oreiller, mais rien n'y fit. Il se sentait en colère. Pourquoi donc ? Peut-être que sa mauvaise nuit n'y était pas pour rien. Ça faisait longtemps qu'il n'avait pas eu de nuit comme celle-là. C'était rageant que ça lui arrive sans crier gare.
Il prit une douche, mangea un brin et alla se promener dehors. Là, il croisa un élève bien connu de son lycée qui promenait un gros chien. Ce dernier le vit et lui lança un sourire goguenard.
- 'Lut, lança le garçon aux cheveux rouges.
- Bonjour, Castiel, le salua à son tour Kentin.
- Pas l'air en forme, lâcha le plus grand.
- Pas trop, t'as raison, affirma le brun.
- Les cours particuliers doivent être ennuyants. Haha !
Le militaire laissa échapper un léger soupir.
- Non, les cours sont vraiment bien, dit-il avec un sourire voilé.
- C'est quoi le problème, alors ? Demanda le rouquin.
- Rien de particulier. Je crois que je me pose trop de questions, constata-t-il à voix haute.
- Des questions ? À propos ?
- Pas tes oignons, répondit le brun du tac au tac.
Castiel lui lança un regard féroce puis se radoucit aussi rapidement. Du moins, c'est ce que la garçon aux habits militaire pu en voir.
- Bah, tu sais, j'm'en fiche un peu, moi. Tu me dirais que t'es gay que j'en aurais rien à faire. Hahaha !
- C'est pas drôle ! S'exclama Kentin, pas content de l'allusion.
Le jeune rebelle haussa simplement les épaules.
- J'ai peut-être l'air du gars rebelle qui ne se laisse pas approcher, confia le rockeur, mais c'est juste que je ne laisse pas n'importe qui m'approcher.
- Pareil, dit le jeune militaire.
- Tu sais, si jamais tu veux te confier, ben, j'te jugerai pas… Si jamais…
Kentin lui offrit un sourire sincère. Celui-là, il avait l'air rebelle, cancre, inaccessible, mais, en fait, il avait également dressé un mur entre lui et les autres tout comme il l'avait fait depuis l'école militaire. Castiel lui ressemblait, ou plutôt, c'est lui qui ressemblait à l'autre.
- On peut s'asseoir quelques minutes ? Demanda Kentin.
- Oui, bien sûr, lui répondit le rouquin.
Tous deux prirent place sur un banc qui se trouvait en bordure du parc du voisinage. Le jeune homme brun prit un peu de temps et respira quelques coups avant de se mettre à parler.
- Je ne te donnerai pas tous les détails. Je suppose que tu feras tes déductions, commença Kentin. Disons que depuis quelques jours, des questions me trottent dans la tête. Et les allusions supposant mon homosexualité m'énervent… réellement.
- Tu doutes, donc, ça te met en colère, supposa Castiel, sérieux.
- Oui, je pense que c'est peut-être un peu ça.
- Et ?
Le brun baissa un peu la tête. Soupira.
- J'en ai déjà marre. J'en peux déjà plus. Depuis les suppositions de Nathaniel, je n'arrive juste pas à penser à autre chose. Et je ne suis pas gay jusqu'à preuve du contraire. D'ailleurs, les mecs ne m'intéressent pas… si je puis dire.
- Alors, je ne suis pas attirant ? Demanda candidement Castiel.
- Argh ! Ronchonna Kentin. T'es fou ? Non !
- Quelles allusions il a fait ce satané blondinet ? Interrogea le rockeur.
- Je parle « trop » de lui. Donc, je suis « amoureux ».
Il se renfrogna sur le dernier mot de sa phrase.
- Et ? Mr Faraize est un super professeur, il me semble. Ça veut pas dire grand-chose d'en parler beaucoup quand tu as plein de cours de soutien avec lui.
Kentin se figea. Il mit ses mains devant son visage. Pris en flagrant délit. Percé à jour si rapidement.
- Quoi ? Fit Castiel. Écoute, Kentin. Je ne suis pas aveugle et pas sourd, tu sais. Et, par-dessus tout, je ne suis pas débile. Tu as tellement peu d'amis. La déduction est vite faite.
Le rouquin lui tapota l'épaule.
- Tu sais, lui dit-il doucement. Je comprends que c'est la bataille là-dedans, il tapota la tête brune, mais, à un moment, il y aura un déclic.
- Mouais… je veux bien te croire. Mais je vais être mal à l'aise tant que je n'y verrai pas plus clair… c'est tellement chiant. Je veux dire, je ne pense réellement pas être… comment dire « a-mou-reux », tu comprends ? Je sais ce que c'est être amoureux, je l'ai été avant.
L'autre ne su quoi dire sur le moment. Mais ses yeux s'éclairèrent soudainement, comme s'il venait d'avoir une sorte d'illumination.
- Kentin ! S'exclama Castiel. Alexy. Je pense qu'il pourra te donner des pistes de solutions.
- Alexy ?
- Oui. Tu sais, le gars aux cheveux bleus. Celui qui a un jumeau.
- Ah, oui, je vois, je vois.
Le jeune militaire devint pensif. Devait-il aller voir cet Alexy ? Celui-ci ne cachait pas son homosexualité et était à l'aise d'en parler ouvertement. Peut-être pourrait-il discuter avec lui. Discuter n'engageait à rien, n'est-ce pas ? Juste à titre informatif. Savoir comment ça pouvait se passer si jamais ? Il ne voulait pas trop y penser, mais il restait curieux. Ça restait une option. Il fit un maigre sourire à son confident du moment.
- Je pourrais faire ça, dit-il au bout de quelques minutes. Merci, Castiel. En fait, t'es une personne sympa mais tu le caches bien.
Kentin eu un petit éclat de rire à ce constat.
- T'en parle, t'es mort ! Se rebiffa le rouquin.
- Tellement crédible, répliqua le plus petit des deux. Mais je garderai ton secret.
Les deux jeunes gens se saluèrent et se séparèrent allant chacun de leur côté.
Castiel reflétait une image dure et cassante et il l'entretenait, mais il était une personne normale avec des sentiments normaux. Ça avait apaisé Kentin de parler avec une personne autre que Nathaniel. Il se sentait moins en colère. Même s'il se posait toujours des questions sur ses « sentiments » pour son professeur d'histoire, il était plus serein. Il avait le temps d'y penser plus tard.
Il voulait que le désordre qui s'installait dans sa tête se calme un peu.
Le reste de son week-end, il le passa à penser à tout sauf à ce qui avait à trait aux cours, professeurs et au lycée en général.
