"BELIEVER"
AN: Lettre B: Believer d'Imagine Dragon. Thème: Hurt/confort.
Un peu compliqué mais ma foi c'est ma vision. Pas très satisfaite tout de même.
Quelqu'un se dévoue pour le E?
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Je regarde l'eau couler sous ce pont, calme, fluide et apaisante. J'attends patiemment que Finch vienne remettre des papiers à notre dernier numéro que je viens de sauver et qui attend à côté de moi.
-" Comment avez-vous pu travailler pour eux et leur échapper?"
Je ferme les yeux quelques secondes, me retrouvant à nouveau devant mon passé. Je suis fatigué que les choses se répètent encore, que la CIA me poursuive comme mon ombre. Ils se sont emparés de mon âme. Voyant que je ne réponds pas, Matt cherche à justifier sa question.
-" En fait, je ne comprends toujours pas comment vous avez pu échapper à tout ça?"
Je ne le regarde toujours pas mais cette fois-ci j'esquisse un léger sourire malgré la douleur qui me serre le cœur.
-" Quelqu'un m'a transformé. Quelqu'un me fait croire que je ne suis plus celui-là."
Je sais qu'il écoute à travers son téléphone. Il m'écoute toujours. Matt se frotte les mains l'une contre l'autre cherchant à se réchauffer. Il soupire.
-" On m'a toujours dit qu'on ne changeait jamais. Que notre façon d'être nous rattrape un jour ou l'autre. Que c'est toujours là dedans. Vous n'avez pas peur que ça revienne? J'veux dire...regardez-moi."
Il se met à rire.
-" J'ai cherché à échapper à mon passé de gangster, en croyant ce qu'on me disait. Que c'était pas moi. Mais on dirait que ça me rattrape toujours, que c'est dans mes veines. Ma mère m'a toujours dit que je finirais mort sur un trottoir, le corps criblé de balles. J'men suis sorti pendant 7 ans et voilà que ça a recommencé. Alors je sais pas..."
Je sais ce qu'il ressent. Je sais ce que c'est, cette douleur qui vous transforme, et qui parfois revient et vous montre que vous avez beau vouloir être quelqu'un d'autre, c'est toujours là, tapie dans l'ombre, en fond, comme une migraine qui cherche à se déclencher à n'importe quel moment. Vous savez que c'est là, qu'à tout instant ça peut vous frapper. Et vous cherchez à la fuir mais...Je sais tout ça.
-" Vous vous êtes pourtant reconstruit Matt. Vous avez une femme et une petite fille. Ca vous a sorti du gang alors accrochez vous à eux. Vous n'êtes plus celui que tout le monde crois que vous êtes encore. La preuve avec ce que vous avez fait pour sauver Christopher."
Est-ce que je crois ce que je lui dis? Oui. Parce qu'il a une famille. Parce que ça change tout.
-" Je ferais tout pour elles vous savez. Même replonger."
-" Oui mais vous ne le ferez pas. Elles sont votre protection. Vous avez changé Matt."
Je n'ai pas eu le temps d'en rajouter davantage. Je l'ai entendu. Ces pas si particuliers sur les graviers. Il s'est mis à côté de nous et a tendu une enveloppe à Matt.
-" Voilà Monsieur Andrews, vos nouveaux papiers, ceux de votre femme et de votre fille. Vous trouverez une adresse ainsi que le numéro d'un compte à vos nouveaux noms. De quoi disparaitre et faire table rase de votre passé."
Harold m'a lancé un regard à cette dernière phrase. Je sais qu'il a tout entendu. Je sais ce qu'il cherche à faire.
-" Merci Harold." Matt se retourne vers moi en me tendant la main. "Merci John. Merci à tous les deux pour ce que vous avez fait." Il me regarde avec un léger sourire "J'espère que vous trouverez votre famille John et que vous finirez par faire, vous aussi, table rase."
Harold cherche à interrompre notre discussion. Je sais qu'il n'aime pas ce qui s'est dit. Je le lis dans son regard.
-" Votre taxi vous attend Monsieur Andrews."
Matt a comprit qu'il doit partir. Il nous lance un dernier regard et un sourire à tous les deux et s'éclipse. Je le regarde partir tout en sentant les yeux d'Harold fixés sur moi. Il cherche à savoir à quel point ce numéro m'a affecté.
-" Vous n'êtes pas celui que vous pensez être encore Monsieur Reese."
Je souris intérieurement. Il sait. J'ai parfois l'impression qu'il lit à travers moi. Pourtant personne ne l'a jamais fait. Mais nous nous sommes apprivoisés, chacun portant son fardeau.
-" Et s'il avait raison? Après tout, j'ai toujours été un tueur, c'est bien pour ça que vous m'avez embauché."
-" C'est tout l'inverse John. Je vous ai choisit vous, et personne d'autre, parce que j'ai vu en vous, ce que les autres ont cherché à faire disparaitre: Un homme bon. Ce sont vos anciens employeurs qui ont exploité qui vous étiez et vous ont transformé."
Je me retourne vers lui. Comment fait-il ça? Comment arrive-t-il à mettre en doute ce que je pense, à me faire croire qu'il a raison.
-" Pourtant, ça me rattrape toujours."
-" Etes-vous redevenu un meurtrier?"
Il me scrute. Ses yeux sont droits et tellement sûrs. Il croit dur comme fer à ce qu'il dit. Comment peut-il penser que je suis celui qu'il croit?
-" Harold, je pourrais le devenir à nouveau et vous le savez. Il n'y a qu'une barrière à franchir. Je l'ai franchit à plusieurs reprises et je pourrais le faire à nouveau."
-" Si vous faites référence à la mort du détective Carter, c'est un homme en souffrance que j'ai vu. C'est la culpabilité qui vous a amené à cette vengeance."
- " Et c'est vous qui m'avez arrêté"
-" Peut-être. Mais on ne peut pas arrêter un tueur."
Il s'avance vers moi et je lis dans son regard qu'il déteste ce que je ressens. Je vois sa peine dans ses yeux bleus.
-" John, ce que vous faites aujourd'hui, sauver toutes ces vies, est le signe évident que vous n'êtes pas ça! Que vous êtes TOUT sauf CA!"
Je sens qu'il est en colère, que s'il le pouvait il me frapperait mais ses mots sont plus forts. Il s'avance encore et pose sa main sur mon visage. Je ferme les yeux et immédiatement j'ai l'impression que ce geste referme ma plaie. Qu'il cherche à prendre ma douleur dans sa main.
-" Je sais à quel point tu crois qu'au fond de toi il y a de la violence qui cherche à sortir. Je sais que tu crois que tu ne changeras jamais. Mais c'est totalement faux et injuste John. Comment peux-tu penser ça?"
Il attrape ma main et en observe la paume tout en effleurant ma peau du bout de ses doigts.
-" Ces mains sont celles d'un sauveur, sont celles de celui qui me fait frissonner, sont celles capables d'une sensualité et d'une douceur qu'aucun homme violent ne pourrait avoir. Elles ont beau être capable de tenir une arme, elles savent comment ne pas s'en servir."
Il colle son autre main, à nouveau, sur ma joue, me caressant. Je ferme les yeux.
-" Harold, je pourrais redevenir celui là pour toi."
Je me demande s'il a conscience qu'à la minute où sa vie sera en danger, je redeviendrais froid et violent. Et rien ni personne ne pourra m'arrêter. J'ouvre les yeux et je lis en lui cette douleur.
-" Je le sais. Mais saches que j'en serais tout aussi capable si je devais choisir un jour. Cela fait-il de moi un tueur?"
Je souris. Il y arrive encore. Il se sert de cette douleur pour me faire croire, j'y crois quand je le vois. A cet instant je l'aime plus que tout. Et je me rends compte soudainement, que tout ce qui m'arrive aujourd'hui, ce travail, ma chance, mon amour viennent de cette douleur. C'est elle qui m'a conduit vers lui. Mais... c'est lui qui me sauve d'elle. Je soupire, espérant me vider de cette peine qui cherche sans arrêt à m'engloutir. Mais je sais qu'une main sera toujours là pour m'éviter de sombrer, il est mon armure, mon point d'ancrage. Je lui saisis le visage en lui souriant.
-" Moi aussi j'ai une famille finalement."
J'espère qu'il comprend ce que je lui dis. Il m'embrasse. Cet instant est fort. Jamais il ne se montre aussi tendre en public. Mais j'ai l'impression que nous sommes seuls. Qu'il n'y a que lui et moi. Il s'écarte.
-" N'en doute jamais. Je ne laisserais personne, ni quoi que ce soit, te laisser croire que tu es celui que tu n'es pas. Tu entends?"
Je descends mes mains sur ses hanches en le collant contre moi. Je souris et incline ma tête en signe d'acceptation.
-" Tu fais de moi un croyant Harold."
-" Bien. Sors-toi bien ça de la tête."
Il m'embrasse à nouveau. Il faut qu'il arrête. Je me sens tellement mieux. J'approfondis le baiser, je veux qu'il comprenne le bien qu'il me fait. A bout de souffle, je me recule.
-" Je t'aime."
Il sourit. Je l'aime avec ce sourire là et je ferais n'importe quoi pour qu'il le garde. Même si je dois croire que je suis quelqu'un de bon.
-" Je préfère ça." Il se détache complètement de moi tout en regardant à droite et à gauche si personne ne nous a vu. Je sais qu'il est ému et qu'il tente de se reprendre. Il ne cessera jamais de me surprendre. Il remet de l'ordre dans ses cheveux et ses lunettes. A cet instant je n'ai qu'une envie c'est lui montrer à quel point je l'aime, lui montrer ma douceur. Il me fixe soudain et je lui lance mon plus beau sourire séducteur.
-" Dois-je en déduire que nous devrions rentrer à la maison rapidement vu ce sourire splendide quoique très aguicheur ?" Me dit-il.
A la maison. Ce mot que je n'ai jamais utilisé, qui n'a jamais fait parti de mon vocabulaire. Aujourd'hui j'ai une maison et une famille: LUI.
THE END.
