Chapitre spécial.

Écrit comme à l'habitude, mais celui-ci contiendra deux points de vus.

Une partie concernant Mr Faraize, et la seconde, on revient plutôt du côté de Kentin. J'espère que ce ne sera pas trop perturbant pour vous.

Bonne Lecture !

Chapitre 6 :

Des vacances salvatrices / Assurance ?

POV Mr Faraize.

L'homme prit son sac et s'engagea vers la sortie du bâtiment. Les vacances allaient lui faire du bien. Voir d'autres gens ne pouvait pas lui faire de mal.

Arrivé dans son petit appartement, il se posa sur son petit sofa deux places. Il soupira. Ces deux dernières semaines avaient été difficiles pour lui. Les cours particuliers commençaient à lui peser.

Savoir un élève entiché de vous n'était pas mince affaire. Les adolescents avaient des caractères très différents, mais tous avaient les hormones au point d'ébullition. Il savait que Kentin Moore était un bon élève.

Puis, il repensa à leur petite altercation qui avait eu lieu un peu plus d'une semaine avant les vacances. Il était resté pantois quand le jeune homme avait eu une montée émotionnelle quand il avait parlé de prévenir les parents de ce dernier. Puis, en parcourant son dossier scolaire, il y avait vu une annotation sur un camp militaire qui avait duré six mois, s'échelonnant de mars à août de cette année.

En écoutant un peu plus attentivement certaines conversations, il apprit également que le jeune homme était un garçon introverti et se laissait toujours marcher dessus. Alors que maintenant, il ne s'en laissait plus imposer aussi facilement. Le camp avait dû le rendre confiant et l'endurcir. Il n'en restait pas moins que l'élève avait fait montre d'un certain attachement à son égard.

Jamais il n'avait voulu ça. Ça le dérangeait beaucoup, même. Par contre, il ne voulait pas causer d'ennuis au jeune homme. Il espérait seulement que ce dernier ait vraiment les idées replacées au bon endroit à la rentrée. Il en doutait. Les adolescents amoureux, - mon Dieu, il ne voulait pas penser à ça – étaient catégoriques.

« Faites que ce ne soit pas le cas », pensa-t-il fortement.

Après tout, l'étudiant ne lui avait pas fait part de sentiments amoureux. N'est-ce pas ? Mais il avait des doutes. À cet âge-là, l'amour était plus facile, plus merveilleux. Il avait connu.

Ça restait quand même une situation étrange. L'élève était certainement attaché à lui d'une façon ou d'une autre et c'était perturbant et maintenant qu'il le savait, les cours avaient prit une autre dimension. Il restait professionnel, mais avait mit également une certaine distance entre lui son jeune étudiant depuis l'altercation.

Bien qu'il soit lui-même attiré par les hommes depuis plusieurs années, il n'y avait aucune raison pour lui de céder ainsi à un jeune homme. Même si celui-ci était extrêmement mignon.

Venait-il de penser que son élève était beau ?

Il se secoua pour chasser l'idée. Bien sûr qu'il l'était. Soyons honnête. Mais, ce genre de relation entre lui le jeune brun n'était pas possible, voilà tout. D'ailleurs, comment se faisait-il que le petit militaire puisse le trouver, lui, beau et qu'il soit attiré par un homme de presque deux fois son âge ? C'était plutôt étrange. Encore, s'il avait eu la vingtaine, il aurait pu comprendre davantage.

- Et merde ! Jura-t-il tout haut.

Il remit son manteau et alla faire un tour dehors. Il était perturbé, réellement.


Les vacances passèrent rapidement pour le professeur. Il retrouva sa famille pour le réveillon, mais pour le passage de la veille de la nouvelle année il était seul dans son appartement.

Et comme les mauvaises choses n'apportent pas fréquemment les bonnes, il se surprit à penser à son élève brun. Ses yeux verts si expressifs. Cet homme, - oui, appelons-le comme il se doit – donc, cet homme de dix-sept ans s'était entiché de lui apparemment. Peut-être que ça le dérangeait, mais d'un autre côté, c'était flatteur de se savoir apprécié de cette façon. Un sourire naquit sur son visage.

Il donna un coup dans l'un des coussins à sa portée. Non ! Merde ! Non ! Trop de temps libre et voilà à quoi il pensait. Pas de laisser aller ! Il ne le fallait pas. C'était plus difficile à appliquer quand ses pensées dérivaient. C'était perturbant et grisant à la fois de se savoir apprécié de la sorte. Son jeune élève était encore si innocent, c'était mignon.

Voilà, il divaguait encore.

Il était vrai que c'était flatteur, mais ce ne serait pas plus permis de s'aventurer sur un terrain aussi glissant qu'une relation, même seulement un peu intime avec un élève. Les gestes les plus anodins seraient certainement de trop, il le savait.

Cette nuit-là, sous le couvert de ses draps pour seuls témoins, l'homme évacua la pression. Des yeux verts, rieurs, s'immiscèrent dans son esprit pendant son acte. Il se sentit coupable, mais la jouissance fut salvatrice et le sommeil lui parvint facilement par la suite.


POV Kentin.

Les vacances lui parurent mornes. Rien ne lui semblait intéressant. Il rendit visite à Nathaniel le vingt-huit décembre et lui offrit une chaîne en argent assez simple, mince.

Son ami fut touché et le serra longuement contre lui. Peut-être un peu trop longuement, constata-t-il. C'était peut-être son meilleur ami, mais toutes les bonnes choses ont une fin. Il le repoussa doucement. Le blond afficha un air un peu triste, puis son sourire reprit soudainement place.

Le blondinet lui offrit également son cadeau. Kentin s'empressa de l'ouvrir. Il y découvrit une belle figurine d'un loup hurlant à la lune. Elle était superbe cette figurine.

- Merci beaucoup, lui dit-il avec le sourire. Elle est vraiment belle. Je suis content.

- Ça me fait plaisir, répondit le Délégué.

Un silence pesant s'installa soudainement. Nathaniel fixait son ami semblant sur le point de dire quelque chose, puis se rétractant.

- Tu voulais dire quelque chose ? Demanda Kentin.

- Hmm, non, non, laisse tomber, rien d'important, éluda-t-il, balayant une main devant son visage.

Leurs conversations reprirent des intonations naturelles.

Tout de même, son meilleur ami avait des comportements étranges ces dernières semaines.

- Si jamais tu veux parler, fit Kentin soudainement, ne te gêne pas, je t'écouterai. Tout comme tu l'as fait et le fait encore pour moi.

Nathaniel le gratifia à nouveau d'un sourire peut-être un peu trop rayonnant pour paraître réel. Mais il n'avait pas envie de décortiquer les mimiques de son ami. Une autre personne accaparait ses pensées.

Son professeur lui manquait. Ça lui manquait de ne pas le voir. Il quitta son ami tôt pour le laisser avec sa famille.

Pour la nouvelle année, ils restèrent à la maison avec son père.

Assit à son bureau de travail, tentant de faire quelques exercices d'anglais, il se remémora le moment où il avait eu l'audace de serrer son professeur, de l'enlacer.

Peut-être devrait-il au moins lui avouer de but en blanc qu'il en était amoureux. Ce serait juste histoire qu'il sache. Ça le rendait triste, mais il avait l'envie d'être tout à fait transparent. Après la « discussion » que son professeur avait initié, le brun savait que rien n'était possible. C'était couru d'avance.

Oui. Il allait le faire. Juste pour rendre ça clair. Et il allait lui dire qu'il l'aimait à en mourir. Qu'il attendrait la fin de l'année. Il aurait bientôt dix-huit ans. Il serait majeur, il aurait terminé les cours. Rien ne le ferait reculer. Ce sera son tour d'avoir une franche discussion avec son professeur. Rien n'était possible pour le moment, mais après, si.

Un sourire apparut sur ses lèvres. Les yeux bleus de l'adulte lui apparurent et il rêvassa un moment avant de revenir à ses exercices. Il passerait son année. Il le devait.


Petit chapitre assez court quand même. J'espère que ça plaît un peu. :)