Deux nouveaux chapitres cette semaine. :)

Bonne Lecture !


Chapitre 7 :

Révélations / Discussions

Le 5 janvier, Kentin arriva avec le sourire dans l'enceinte de l'établissement. Il allait revoir Mr Faraize. Celui qu'il aimait. Il lui avait tellement manqué. Le petit brun avait tant pensé à son professeur. Tellement qu'il ne pouvait même plus nier ses réels sentiments pour son enseignant.

Un garçon blond l'apostropha soudainement l'agrippant par la manche de son manteau vert armée et l'entraîna à sa suite dans le bureau des Délégués et en referma soigneusement la porte. Il prit même la peine de la verrouiller et de fermer le volet de la porte.

Le militaire le regarda faire, figé. Trop surpris pour faire le moindre mouvement.

Nathaniel s'approcha rapidement, le prit par les épaules et colla ses lèvres à celles de son ami dans un baiser ardent et vorace.

Le brun, se rendant compte de ce qu'il se passait, se détacha de son ami et le poussa doucement.

- Qu'-qu'est-ce que tu fais ? Souffla-t-il, un peu rouge.

Le Délégué ne lui offrit pas de réponse, tentant à nouveau d'embrasser Kentin. Mais le jeune homme, ayant quelques muscles grâce au camp militaire su le stopper. Toujours en le repoussant doucement.

- J'ai dit, qu'est-ce que tu fais, Nathaniel ? Demanda-t-il cette fois plus durement.

Le blond baissa les yeux. L'un en face de l'autre, le plus petit attendait une réponse claire.

- On n'embrasse pas ses amis, il me semble, dit durement Kentin. Il y a une différence entre une expérience et embrasser quelqu'un quand ça nous chante pour rien.

- Pas pour rien, répliqua le blond, les yeux lançant des éclairs. Je t'aime !

Kentin faillit perdre l'équilibre sur le coup. Encore heureux que le mur était là. Sinon, il serait carrément tombé sur le cul à n'en point douter. Ça avait le mérite d'être clair. Mais s'il avait pu s'attendre à une telle révélation. Voilà qui expliquait le comportement de son ami des dernières semaines. Il était tombé amoureux de lui.

- Oui, je t'aime, Kentin, confirma-t-il sans même laisser le militaire s'en remettre. Ce n'est pas amusant ! C'est de la torture. Je te déteste parfois.

Des larmes coulèrent des yeux dorés du Délégué. De quoi vous fendre le cœur. Votre meilleur ami qui tombe d'amour pour vous et vous dit qu'il vous déteste en pleurant.

- Oui, ça s'est fait vite. Notre petite expérience m'a tellement ouvert les yeux, si tu savais. Peut-être qu'on n'aurait pas dû faire ça. Mais le mal est fait, Kentin.

Le militaire serra son ami contre lui.

- Je suis désolé, Nathaniel. Vraiment désolé, s'excusa le brun.

- Mais tu m'aimes pas, je le sais, pleurnicha le blond. Je te déteste. Je te déteste.

Il donna des coups-de-poing légers contre les épaules de Kentin.

- Pourquoi, c'est comme ça ? Demanda-t-il, désemparé. Pourquoi ? Pourquoi ?

C'était un chuchotement plaintif.

- Désolé, répéta Kentin, penaud.

- Non ! cria presque Nathaniel. Tu dis ça pour la forme. Me prends pas pour un con, Kentin. Je t'aime et je te déteste. Pourquoi tu l'aimes, lui ? Moi, je suis là.

- Si ça pouvait fonctionner comme ça, Nath', souffla le brun.

Pauvre Nathaniel. Il le sentait complètement désespérer.

- Nooon, se plaignit encore le blondinet. Tu peux pas l'aimer, t'as pas le droit. C'est interdit….

Sa litanie était douloureuse. Même pour le garçon brun.

- Oui, c'est interdit, répondit Kentin. Mais tu sais, j'aurai bientôt dix-huit ans, l'année se terminera et je pourrai vivre mon amour, Nath'.

- Qui te dis qu'il t'aime, lui, hein ? Fit-il avec un certain dédain.

- Rien. Rien ne me dit qu'il m'aime. Mais je serai insistant et lui ferai voir qu'il peut être aimé pour qui il est. Il est seul, j'ai ma chance, tu sais.

- Et s'il est hétéro ? Demanda ensuite le blond.

- Il ne le restera pas longtemps, fit-il, confiant.

- Pff, pesta Nathaniel. T'es trop confiant.

- Oui, peut-être, avoua-t-il. Mais tu sais, je vais lui dire que je l'aime et que j'attendrai.

Nathaniel se détacha de son ami pour prendre place sur une des chaises qui entourait les tables qui formaient un rectangle dans la grande salle. Il mit son visage entre ses bras croisés. Kentin en eu le cœur quasiment brisé. Ça faisait peine à voir. Mais il ne pouvait pas rendre des sentiments qu'il n'avait pas en lui. C'était triste. Tout ça pour une expérience qu'il avait peut-être prise trop à cœur. Peut-être qu'ils n'auraient réellement pas dû faire cette expérience. Alexy aurait pu convenir. Il se sentait un peu coupable de ce revirement.

Le jeune homme blond pleurait, essayant de cacher ses sanglots avec grande peine. Ses soubresauts trahissaient toute sa personne. Kentin regarda l'heure. Sept heures quarante-cinq. Wow ! Il était encore tôt. Et l'autre ne faisait plus attention à lui.

Il déverrouilla la porte puis la referma lentement, laissant le Délégué à sa peine. Il ne pouvait réellement pas faire plus pour lui malheureusement, même pas le réconforter.

À peine eut-il le temps de refermer cette porte qu'on l'agrippa de nouveau. Cette fois, il arrêta l'intrus.

- Ça va pas, Castiel ! T'es fou ou quoi ?

- Non, viens avec moi, dit-il. Illico, sinon je te trucide.

Tiens, Castiel était d'une humeur massacrante ou c'était juste une impression ?

Il le suivit jusqu'à la cage d'escalier qui menait à l'arrière du bâtiment. Il sortit dehors et ferma la porte, prenant soin de laisser un bout de carton pour ne pas qu'elle se verrouille. Ils s'éloignèrent de quelques mètres.

Castiel le regarda, en colère.

- T'as fait quoi au Délégué ? Putain ! Je vous ai entendus ! Cria presque le rouquin.

- Wow ! En quoi ça te regarde, Castiel ? Demanda Kentin, un brin colérique.

- Ça me regarde parce que je l'aime, crétin ! Fit-il sans délicatesse.

Kentin faillit s'évanouir. Il tomba sur les fesses dans la neige froide.

- Trop de révélations, chuchota-t-il, enfouissant sa tête entre ses genoux repliés.

- Non, merde ! S'exclama Castiel. T'es juste con, Kentin. On est amis, lui et moi. Depuis la fin de l'année dernière. C'est toi qui vois rien.

- Tu me l'avais pas dit, j'te signale, répliqua le petit militaire.

- Je vais pas non plus te dévoiler ma vie. Putain, je suis en rogne… Pourquoi c'est toi ?

- Tiens, fit Kentin. J'ai eu droit à un discours similaire, tu sais !

- Je sais, bordel !

- Tout doux, pas la peine de me lancer toute ta rancœur. T'as qu'à lui dire que tu l'aimes, il le saura. J'adore Nathaniel, mais pas au point de vouloir une histoire d'amour avec lui. J'aime Mr Faraize, tu te souviens ? Je ne peux pas forcer les choses, je serai malheureux. Alors que toi, tu peux lui montrer que tu l'aimes. Il finira par m'oublier, crétin ! Je me tasserai le temps qu'il m'oublie. C'est parti d'une expérience pour lui. Prouve-lui que tu peux être mieux que moi. Il finira par m'oublier, c'est juste une passade, pour un ou deux baisers échangés.

Kentin se releva prestement, secoua son pantalon foncé. C'est que le par terre enneigé était froid.

Il fit signe au rocker de le suivre. La température en ce début de janvier était plutôt très fraîche.

- Va le voir, Castiel. Réconforte-le. Moi, je ne peux pas, tu comprends ?

Le rouquin ne se le fit pas dire deux fois, il courut presque vers la salle des Délégués. Le brun eu un sourire en regardant son ami qui était empressé et faisait du zèle.

Huit heures. Des élèves commençaient à remplir les couloirs. Les cours allaient bientôt commencer.

Il alla prendre l'air jusqu'à ce que la sonnerie soit sur le point de retentir.

La journée passa rapidement. Il ressassait ce qu'il dirait après son cours particulier du lundi. Il le lui dirait clairement aujourd'hui. Il le fallait. Il le voulait.

Quand arrivèrent quinze heures quinze, la cloche de fin de cours sonna. Kentin rassembla ses affaires et se dépêcha de se rendre en salle B. Il dû même attendre, puisqu'il restait des élèves retardataires. Il regarda son professeur rassembler ses papiers, en sortir d'autres.

Ses yeux bleus étaient superbes, comme d'habitude. Il adorait ses yeux. Même derrière ses lunettes, ils étaient magnifiques. Une légère pression sur son épaule droite le fit sortir de sa rêverie.

- Mr Moore, je ne tolérerai pas de rêverie, lui dit-il fermement.

L'étudiant opina et se concentra. Même si l'épreuve s'avéra difficile, il passa ce cours d'histoire particulier plutôt concentré et le professeur sembla satisfait.

Le cours fini, les deux protagonistes rangèrent leurs affaires respectives.

- Monsieur, je peux parler avec vous quelques minutes, s'il vous plaît ? Demanda Kentin.

L'enseignant se raidit quelque peu. Le militaire pu le voir. Pourquoi était-il nerveux ? Ce prof était imperturbable habituellement.

- À quel sujet ? Interrogea le plus âgé, peu assuré dans son ton.

Avait-il si peur d'aborder les sujets qui fâchent ? Ou pour ce cas-ci, « le » sujet qui allait fâcher, assurément.

- De vous et moi, répondit clairement le brun. Je vous aime, Professeur !

Il vit Mr Faraize poser ses deux mains sur son bureau. Il était dos à l'élève. On ne pouvait distinguer son expression faciale. Il l'entendit perceptiblement soupirer. Il se tourna, le visage sérieux.

- Et combien de fois faudra-t-il vous dire que cette relation n'aura jamais lieu, Mr Moore ?

La question avait été posée d'un ton calme, mais d'une certaine colère contenue.

- Je sais, affirma le petit militaire. Mais je m'en fiche. J'attendrai. J'aurai dix-huit ans un peu avant la fin de l'année, je serai majeur et vous ne serez plus mon professeur, monsieur. Je vous aime ! Répéta le jeune homme. Je vous aime tellement. Je vous prouverai que je suis amoureux de vous, même si vous ne voulez rien entendre. Je ferai de vous un homme à homme si vous êtes hétéro, croyez-moi… Je vous aime, Professeur !

L'homme sembla trembler. On aurait dit qu'il allait défaillir. Il s'appuya sur son bureau, les mains chaque côté, sur le bord toujours en fixant le plus jeune. Il souffla bruyamment.

- Je pourrais presque être votre père, fit-il la remarque.

- L'âge n'est pas important. Je m'en fiche. Vous êtes magnifique !

Ses yeux. Il y avait une lueur étrange. Ses joues étaient légèrement rouges. L'image était superbe. L'élève s'approcha. Le plus grand le regarda faire, éberlué. À quelque vingt centimètres de son aîné, Kentin approcha une main de sa joue. Joue rougie par la gêne. Il la caressa du pouce.

- Vous êtes beau, n'en doutez pas, Mr Faraize, dit-il, sourire aux lèvres.

Il retira sa main. Il n'avait pas le droit d'être si proche. Mais il était indéniablement heureux de lui avoir déballé son sac. Ça lui pèserait moins. Les choses étaient claires à présent.

- N'oubliez pas que je suis patient, finit-il par dire avant de quitter la salle. Bonne fin de journée !

Et il quitta la salle de classe sans même laisser son beau professeur répliquer quoique ce soit. De toute façon, il ne laisserait pas tomber. Il lui restait encore environ six mois avant la fin des classes. D'ici là, rien ne l'empêchait de faire du rentre-dedans, n'est-ce pas ? Il verrait bien.