Deux nouveaux chapitres cette semaine.

En espérant que ça plaira à quelques personnes.

Bonne lecture.

On revient du point de vue de Kentin.


Chapitre 9:

Je déteste autant que je l'aime

Kentin a terminé son week-end avec le sourire. Il n'alla pas voir Nathaniel. Inutile de faire souffrir pour le moment. Il mettrait une certaine distance. Il était certain que le blond finirait par lâcher l'affaire. Son amour n'était pas aussi fort que celui-là éprouvé pour son professeur.

Nous étions début mars et les premiers prix du printemps commençaient à s'annoncer. La température remontait doucement en degrés chaque jour.

Il se trouve en cours de français, sourire aux lèvres. L'idée de se retrouver avec son professeur après le cours, l'enchantait. Il lui avait terriblement manqué. Son odeur, sa peau, ses lèvres. Mais il savait que l'homme se méfiait. Tant pis, s'il pouvait passer du temps avec lui, ça rendait heureux.

À la fin de la journée, il n'est pas temps de se rendre dans la salle B. Nathaniel l'apostropha rapidement, il se traînait à la salle des Délégués.

Le jeune militaire lui lança un regard colérique.

- Calme-toi, dit-il de façon défensive. Je dois simplement t'avertir que tes cours particuliers ne tiennent plus.

- Quoi? Questionna Kentin. Mais… pourquoi?

- Je ne sais pas…

Puis, le déclic se fit.

- Merde! Il a été apprécié que je sois entreprenant, chuchota le plus petit.

- Entreprenant? Répéta Nathaniel. Commentaire d'entreprenant? Interrogea-t-il, curieux malgré lui.

- Eh bien, je l'ai aimé dans une pièce de classe. Il s'est laissé emporté, m'a embrassé et caressé à son tour et il a dû réaliser quelques minutes plus tard qu'il était soit brutalement repoussé et il m'a sommé de quitter la pièce.

- Putain, Kentin. Ne fais pas ça au lycée, le tança le blond. Si vous étiez surpris, vous seriez tous les deux dans la mer jusqu'au cou! Lui à cause de son statut de professeur. Et toi, tu devrais le savoir. Tu as pensé à ton père?

Le brun blêmit soudainement.

- Voilà! Repoussez les idées en place. Pourquoi j'aime un tel imbécile, moi?

Il se tapa sur le devant du plateau de la main.

- Parce que je suis mignon? Questionna-t-il, taquin.

Nathaniel lui offrit un sourire un peu triste.

- T'es vraiment plus aussi timide qu'avant, affirma le Délégué. Ne fais pas tes mimiques, Kentin. Je suis malade de pouvoir toucher, confia-t-il, le fixant. N'en rajoutes pas, je t'en prie. Putain, pourquoi il est possible de toucher et moi… Sérieux. Je le déteste.

The militaire se sentit mal à l'aise. Apparemment, Nathaniel a fait la jalousie à deux kilomètres à la ronde. Il décida qu'il était le temps de partir. Il a impérativement mis de distance entre lui et le délégué. Ils se sont bénis plus qu'autre a choisi pour le moment. D'ailleurs, c'est ce qui était en train de se passer.

Les jours suivants, Kentin ruminait sa colère. Pour l'heure, il était son professeur d'histoire. Beaucoup. Énormément. Même, passionnément. Il lui était demandé d'avoir coupé ces contacts. Il y a trois semaines à tout casser. Ces soirées étaient peuplées de pensées pour l'homme qu'il aimait. Se contenter de ses souvenirs pour assouvir ses pulsions adolescentes.

Heureusement que son père dormait profondément pendant la nuit, il ne l'entendait pas.

La fin du mois de mars approchait. La semaine de relâche est arrivée à grands pas. Kentin en était presque malade. Ne pas le voir pendant plus d'une semaine. Hors de question! Il faut trouver son adresse. Il irait le trouver jusque lui si il fallait le.

Et merde! Il n'y a pas de choix d'aller voir le délégué. Il s'en voulait déjà de devoir jouer de son charme pour ce qu'il voulait. Mais il allait faire, parce qu'il était amoureux, adolescent et stupide et amoureux. Il se répétait, là.

La distance avait été rendue apaisée le blond. En surface, du moins.

Il est rendu à la salle des délégués sur l'heure du midi. Il n'y a que l'invite à entrer. Tiens, la déléguée secondaire se trouve là également.

- Tu peux y aller, Mélody, je vais terminer les vérifications des dossiers dans quelques minutes. Je ne te retiens pas.

Celle-ci affiche un sourire triste. Ça sentait le gros béguin bien lourd. Cette fille en pinçait certainement pour son meilleur ami. Pauvre elle, si elle le savait, elle changeait certainement d'attitude. Tout de même, elle quitta la salle sans un mot, tous les deux.

- Qu'est-ce que tu veux? Demanda le blondinet, un peu excédé.

- Tu insinues que je suis venu à demander quelque chose? Minauda Kentin, lui faisant un sourire en coin.

- Kentin…, siffla Nathaniel.

C'était un avertissement. Les yeux du plus grand étincelèrent d'une lueur brûlante. Carrément, il se sentait quasiment nu par les yeux dorés. Au Diable les remords, il n'allait pas laisser filer son professeur toute une semaine. N'était-ce pas un peu dangereux de jouer à draguer pour obtenir ce qu'il voulait?

- Tu es gentil, n'est-ce pas?

Kentin se rapprocha du beau Délégué. Oui, il était tout à fait très bien foutu. On se surprit à se demander si sous la chemise, il y avait de quoi faire.

- Ne t'aventure pas sur ce terrain, Ken! Le ton était sans équivoque et appelait à l'arrêt.

- Oh! Tu utilise un surnom, Nath '. Dis, tu me rend un service, s'il te plaît?

Le militaire se fit presque câlin. Le blond ne savait plus où se mettre, visiblement.

- Kentin, ne fais pas ça, je t'en prie, supplia presque Nathaniel. Tu sais que tu vas finir par obtenir ce que tu veux. Dis-moi ce que tu es venu chercher.

- Ok, va le brun. Je veux le dossier de M. Faraize. Je veux ses coordonnées, éluda-t-il.

- Nooon, geignit le blond. Je ne peux pas faire ça, désolé. Ce serait contre le règlement. Et tu irais le harceler jusque chez lui.

- Bien sûr, opina le militaire. Une semaine sans le voir, je vais mourir! S'exclama-t-il, presque théâtralement. Déjà que pendant les fêtes, je l'ai vue pendant plus de deux semaines.

- Hors de question. Je t'aime, Kentin. Beaucoup. Trop. Mais tu abuses. C'est non! Finit-il par trancher.

- S'il te plaît! Allez!

- Non ! Et puis ne va pas chez lui!

- Jaloux?

- Certainement!

- C'est mignon, fit Kentin, sourire aux lèvres.

Il se colla un peu plus contre son meilleur ami.

- Kentin, fit l'autre entre ses dents, crispé. C'est non! Tu pourrais me baiser sur cette table que ce serait toujours non!

- Tu es vulgaire, Nathaniel, le militaire, riant à moitié.

- Et fier de l'être pour une fois! Se gonfla le blond.

- T'es sûr? Minauda-t-il encore, il est très serré contre son ami.

- Sûr. C'est non! Tout, sauf ce qui concerne les dossiers et les examens. Décolle avant que je ne le dise, Kentin. Je t'en prie !

- Ah, t'es pas marrant.

Il se décolla prestement, redevenant très sérieux. Le jeu devenait dangereux, il le savait. Il le voyait, même. Ce n'était pas fair-play de faire ça. Et en plus, il n'avait rien obtenu. Il était un peu déçu, mais pas démonté pour autant.

- Je vais me débrouiller autrement. Toi, tu dis que tu m'aimes, mais tu ne comprends pas que moi, je l'aime, M. Faraize. Je m'en fiche que ce soit un homme mature, qu'il ait trente ans, qu'il me blesse, me rejette, je l'ai-moi! Et je ne dis pas ça parce que tu ne veux pas me passer ses coordonnées. Je vais le trouver, ne fais pas pour moi. Je le suivrai.

Il s'approcha de la porte, la main sur la poignée.

- Si tu m'aimes, Nathaniel, tu vas me laisser partir sans rien, ne mets pas les bâtons dans les roues. Prouve-moi que tu m'aimes, Nath 'and laisse-moi aimer ce que je veux, même si ce n'est pas toi. Au revoir.

Il quitta la pièce.

Le lendemain, le petit militaire avait un plan. Il regarda les cours, leurs heures. Tiens, demain, il y avait un cours d'histoire en fin d'après-midi. Le dernier cours de la journée. Parfait S'il était rapide et discret, il devrait pouvoir suivre son enseignant sans se faire repérer. Son dernier cours était celui avec les mathématiques et le prof était toujours avec contente de faire terminer le cours quelques minutes avant la sonnerie quand la classe s'était bien comportée.

The lendemain, Kentin avait quitté son cours. Il se cacha près de l'entrée de la cage d'escalier pour mieux suivre son professeur. Une principale tapota son épaule. Il rencontra des yeux gris, colériques.

- Ne fais pas ça, Kentin, le sommaire.

- Bordel, fit le brun, ne dit pas quoi faire aussi. Nathaniel t'envoie, je suppose? Tu peux lui dire que je ne change pas d'idée. Je m'en fiche qu'il m'aime. Putain, je suis marre. Il peut ne pas aimer sa jalousie ailleurs?

- C'est ça, l'amour, crétin. C'est d'aimer sans conditions. Même s'il se montre jaloux.

- Mais il m'a rencontré des bâtons. Il veut pas que je vois M. Faraize. Lâche-moi. Et va admirer le Délégué.

- Tsss, fit le rouquin. T'es vraiment qu'un crétin transi d'amour pour un homme trentenaire… Arf… C'est étrange. J'arrive pas à comprendre que tu puisses aimer un vieux, sérieux. Sans te juger. Je comprends juste pas…

- Tu ne fais pas ça avec les connaisseurs comme moi. Et il est pas vieux. Il est même super bien foutu sous son pull et sa chemise pour ce que j'ai été touché, du moins. Va-t-en, je vais le manquer sinon.

Le rocker était un reniflement dédaigneux.

Castiel le laissa. Il n'en tirait rien de toute façon. Le brun n'était pas prêt de l'affaire. Un peu après la sonnerie, il sort de la salle, son manteau sur le dos, sa mallette à la main droite. Il le suivit discrètement.

Il sortit au-dehors. Un vent frais le prit par surprise. Il n'en perd pas de vue son objectif. Le plus discrètement possible, se localiser à plusieurs mètres. Il le vit tourner sens inverse de son chemin habituel à lui. Donc, il habitait à l'opposé de lui, dans les quartiers un peu moins aisés.

Il fit encore quelques minutes de marche et M. Faraize s'arrêta devant un duplex briques d'un rose antique, délavé. Il monta au deuxième étage. Le petit militaire nota the mémorisa on the name on the self is it. Il prit même une photo de l'immeuble rapidement avec son portable.

Le jeune homme retourna tranquillement chez lui. Ça avait été facile de suivre. Peut-être trop, même, se fit-il la remarque. En tout cas, il était le voir chez lui bientôt.

Des scénarios de toutes sortes se sont perdus dans sa tête ce soir-là. Il imaginait mille et une théorie avec son professeur, rêveur, un sourire s'épanouissant sur son visage serein.

Il détestait avoir arrêté le cours de soutien, mais il l'aimait tellement malgré tout. Il s'endormit paisiblement en cette soirée de fin mars.