Petit retard de quelques heures. Normalement, je poste plus vers 12h-13h. Mais je me retrouve à poster à 18h heure du Québec. Il y avait carrément des erreur de type 1, je sais pas trop quoi.
Deux nouveaux chapitre en ce 10 octobre.
Bonne lecture !
Chapitre 11 :
Intenables.
Le lundi suivant la fin de la semaine de la relâche annuelle, les cours reprirent tranquillement. Kentin était plus heureux que jamais. Il avait vécu la semaine la plus belle de sa vie. Il était amoureux et avait eu accès à la personne qu'il convoitait depuis plusieurs mois.
Sur l'heure du repas, Nathaniel l'apostropha pour le traîner à sa suite, encore une fois, à la salle des Délégués. Mais quand il ouvrit, il aperçut Mélody qui lui lança un regard mauvais.
- Tu vas encore me faire partir pour rester tout seul avec lui ? Demanda-t-elle, en colère, visiblement.
- E-euh… eh bien…, bredouilla le blondinet.
- Raaah ! Grogna-t-elle. J'en peux juste plus ! Tu vois pas que je suis dingue de toi, Nathaniel ?
Le blond fit les yeux ronds, abasourdit par la déclaration de sa camarade, apparemment.
Kentin tenta de se dérober, ne voulant pas assister au spectacle, mais le blond le tenait assez fermement, tremblant.
- Mélody… Non…, chuchota-t-il, choqué. Je ne peux pas…
- Bien sûr que tu peux pas, tu l'aimes, lui, dit-elle, en pointant le brun qu'il tenait par le poignet, choquée. Ne pense pas que je suis idiote. Les regards que tu lui jettes sont assez évocateurs. Je suis dégoûtée. Je t'aime depuis plusieurs années, moi.
- M-m-m-mais….
- Tu me fais chier ! S'exclama la brunette. Sors d'ici, s'il te plaît !
Toujours tremblant, Nathaniel tourna les talons. Ils se dirigèrent vers le CDI et prirent place dans un coin reculé de la bibliothèque.
Ils parlèrent brièvement de l'altercation qui venait d'avoir lieu, sans s'attarder trop, le Délégué étant complètement choqué de la situation, ne s'en cachant aucunement. Cette histoire était juste trop énorme. Nathaniel l'aimait, lui, Castiel aimait le blond, et Mélody qui s'ajoutait au tableau. Et si après, il osait dire qu'il ne brisait aucun cœur, il allait le frapper, bon sang ! Il en avait brisé deux depuis le début de l'année scolaire.
Le blond changea rapidement de sujet. Il voulut connaître la semaine qu'il venait de passer. Kentin ne voulut pas se confier. Hors de question de lui parler de ça. Il savait combien ça pourrait lui faire du mal.
- Pourquoi tu veux pas me raconter ? Chouina-t-il, au bout de plusieurs secondes.
- Tu cherches à te faire du mal, répondit Kentin.
- Tu veux dire que tu as eu ce que tu voulais ? Demanda-t-il, suspicieux.
Kentin mit une main devant son visage, mécontent. Nathaniel réitéra sa demande. Plusieurs fois, le suppliant presque. Le militaire lui expliqua simplement qu'il cherchait à se faire du mal. Qu'il détesterait connaître la vérité. Le Délégué posa la question qui le démangeait.
- T'as couché ? Chuchota-t-il.
Le brun fit simplement « non » de la tête, dépité.
Il vit son ami soupirer de… soulagement ? Puis, visiblement pas satisfait, il lui demanda alors ce qui s'était passé. Lui disant qu'il avait très bien vu les sourires heureux qu'il affichait depuis qu'il était entré dans la bâtisse.
- Nathaniel, fit durement Kentin. Arrête de demander !
Visiblement, son ami aimait se torturer. Le petit militaire continua de résister aux demandes de son meilleur ami qui était vraiment très obstiné. Il finit par se lever rapidement et quitta le lieu, laissant là le Délégué. Pas question de lui confier ce qui s'était passé cette dernière semaine. Déjà, si quelqu'un avait pu les entendre, ça aurait été de trop, mais en plus, il n'allait pas raconter ses moindres gestes comme le font les filles avec les « hiiiiii » et les « ooooh » en moins.
À cette pensée, il fut prit d'un fou rire incontrôlable. Mr Faraize passa devant lui à cet instant et le regarda avec étonnement.
- Pourquoi riez-vous ainsi, Mr Moore ? Fit-il, professionnellement.
- Pardon, professeur, répondit-il. Je pensais juste à quelque chose de drôle que font les filles.
Puis il décampa, n'ayant aucune envie de développer ce pourquoi il riait. Disons, que l'idée de devoir expliquer le pourquoi de cette pensée soudaine le gênait tout de même et ne ravirait peut-être pas son cher et tendre professeur.
Au cours de la semaine, Kentin eu plusieurs surprises. Le lundi soir, après les cours, Nathaniel l'apostropha encore, l'entraînant encore fois dans un coin, mais pour une fois, il choisit vraiment un coin plus tranquille, au sous-sol du lycée et tenta une approche brutale. Approche qui tomba complètement à l'eau, le brun ayant rapidement deviné les intentions de son ami.
D'ailleurs, il lui fit comprendre de ne pas retenter, sinon, il risquait bien plus qu'une gifle. Quand bien même il appréciait Nathaniel, s'il tentait à nouveau des contacts non-désirés, il allait prendre fort la prochaine fois. Et ce, même s'il connaissait les sentiments du blond pour lui. Il se devait de comprendre qu'il ne pouvait pas lui rendre ses sentiments. Jamais. Il devait impérativement l'oublier.
Puis, le mardi, il y eut les questions insistantes. Qu'il ne cessait de poser. Il voulait savoir, trop. L'irritant plus qu'autre chose. Il finit tout de même par lui avouer, excédé et exaspéré qu'ils s'étaient embrassés et fait plaisir mutuellement, se caressant assez intimement, rien de plus.
Le visage de Nathaniel devint sombre. Voilà. C'était ce qu'il redoutait. Ils étaient assis au pied d'un arbre, dans la cour, un peu en retrait du reste des élèves. Et ce jour-là, Mr Faraize passa et sembla s'attarder sur eux.
Il entendit le Délégué marmonner quelque chose qu'il ne put saisir correctement, ayant lui-même les yeux rivés sur son professeur d'Histoire. Le blond le secoua.
- T'écoutes rien, bouda le blondinet. Ah, bah, oui, tu « admires » le prof, comme d'habitude quand il passe dans ton champ de vision.
- Arrête tes crises de jalousie, prévint Kentin. Je te signale que je ne sors pas avec toi.
- Je peux pas m'en empêcher, glapit Nathaniel. C'est plus fort que moi.
Il s'accrocha au brun. Kentin le repoussa. En quelques secondes, leur professeur d'histoire était devant eux.
- Je peux vous parler quelques instants, Mr Moore ? Demanda l'adulte. Le brun fit oui. Vous pouvez me suivre ?
Il ne se fit pas prier et se leva pour suivre celui qu'il aimait. Le professeur referma la porte de la salle B derrière eux, vérifiant même que les couloirs étaient déserts et colla ses lèvres à celles de l'étudiant dans un baiser sauvage et demandant.
Kentin était aux anges. Mais ça ne dura pas longtemps. Mr Faraize se détacha et lui lança un regard colérique. L'enseignant expliqua qu'il n'appréciait guère qu'un autre « homme » puisse être aussi tactile. Et il ajouta qu'il connaissait la teneur des sentiments du jeune homme blond à son encontre et que ça ne lui plaisait pas spécialement de les voir être toujours amis.
Le jeune militaire expliqua que Nathaniel était son meilleur ami ici. Qu'il l'avait toujours soutenu, même avant qu'il ne parte en école militaire. Il lui fit part de la jalousie maladive du Délégué et qu'il gérait ça de ne pas s'en inquiéter, que s'il fallait en venir à des mesures drastiques, il le ferait, sans hésiter.
Cela sembla rassurer son amant. Ils s'embrassèrent brièvement avant de se quitter pour retourner à leurs occupations.
Le mercredi, à la sortie des cours, son professeur l'appela et il accourut. Ils s'embrassèrent courtement une fois la porte bien refermée. C'était dangereux, ils avaient tous les deux envie de plus, mais impossible de s'attarder au lycée.
Ils se donnèrent rendez-vous pour le samedi suivant chez l'enseignant. Kentin fut tout excité à cette perspective.
Même se rendre chez son professeur pourrait lui causer des ennuis, mais il prendrait le risque.
Le jeudi, Nathaniel lui donna une nouvelle preuve de sa jalousie. Ça en devenait lassant à force. Dès qu'il posait les yeux sur son professeur, le blond faisait sa petite crise, lui montrant carrément qu'il était tellement jaloux que c'était pesant.
Kentin dut se résoudre à lui poser un ultimatum.
C'est dans la salle des Délégués qu'ils discutaient encore une fois. La salle fermée à clé. Les cours terminés, les élèves quasiment tous partis également.
Assit de biais, s'étant mis sur l'un des coins que formaient les tables, les deux adolescents se regardaient. Le blondinet, sourire aux lèvres et Kentin ayant une expression dure qui fit tout de suite perdre son sourire à son meilleur ami.
- Nathaniel ! Commença-t-il sérieusement. Ça suffit, ok ?
Le blond sembla bouder. Faisant une mine triste au possible. Essayait-il de l'attendrir ? Ça ne fonctionnerait pas.
- Ta jalousie est carrément flippante, confia le petit militaire. Si ça continue, nous ne pourrons plus être amis toi et moi.
- Non ! S'exclama vivement le Délégué. Je veux pas te perdre, Kentin.
- Ben, écoute, dit-il fermement. Tu arrêtes tes crises. Il n'aime pas te savoir proche et il connaît tes sentiments pour moi. Il a dù intercepter une de nos conversations. Quoiqu'il en soit, continua le brun sur le même ton, j'aimerais que tu m'oublies, amoureusement parlant, s'entend.
Nathaniel geignit.
- Fais pas le bébé, Nath'. Sa voix était dure. On dirait que t'as cinq ans.
- Je t'aime ! Fit-il simplement.
- Je sais, ça. Mais tu connais mes sentiments, contra le plus petit.
- Hmm, fit le blond, pas content.
- Un enfant, pire qu'un enfant. Écoute, je te le dis une dernière fois : Si tu n'es pas capable de prendre sur toi, Nath', nous ne serons plus amis bientôt. Je serais toi, j'aurais fait n'importe quoi pour oublier.
- Non, tu aurais tout fait pour l'avoir quand même, répliqua-t-il, sûr de lui.
Il avait tellement trop raison. Mais il ne pouvait pas le dire à haute voix. Oui, il aurait fait des pieds des mains. Mais pas en exprimant sa jalousie à toutes les dix minutes comme le faisait Nathaniel.
Kentin finit tout de même par capituler sur la dernière réplique.
- OK ! Tu marques un point. Mais, Nath', je ne ferais pas des crises de jalousie à tout bout de champ. Et puis, si tu m'aimes, il faut que tu acceptes que je sois heureux avec Rémi, euh, Mr Faraize, pardon.
- T-tu connais son prénom, fit-il abasourdi. Je n'ai plus aucune chance, n'est-ce pas ?
- En as-tu déjà eu une ? Demanda Kentin, taquin.
- Je suppose que non, souffla-t-il au bout de quelques instants de silence. Je dois capituler.
Ouf ! Il semblait que son ami blond venait de réaliser quelque chose.
- OK ! Dit-il. Je veux bien t'oublier, Ken. Mais peux-tu me faire un cadeau ?
- L-lequel ? Questionna le militaire, assez peu rassuré.
- Un baiser. Juste ça. Je t'en prie. Juste tes lèvres, rien de plus.
- Non ! Je ne peux pas faire ça.
- S'il te plaît ! Je t'en supplie, fit-il, désemparé.
- Non, j'peux juste pas.
Kentin croisa les bras sur sa poitrine, tentant de mettre de la distance. Nathaniel devint maussade. Il trembla légèrement, puis, plus fortement. Puis, il renifla. Et des larmes s'échappèrent de ses yeux dorés, silencieuses. Seulement quelques sons sortaient de sa bouche. Il tentait de retenir ses soubresauts. Il essuyait ses yeux de sa manche, mais le flot repartait de plus belle.
Ça faisait peine à voir. Ça lui tordit le cœur. Comment il pouvait lui refuser une dernière faveur alors qu'il s'avouait vaincu ? Mais ce serait mal. Tromper son amant, son professeur, la personne qu'il aimait. Il ne voulait pas de tricherie ou de tromperie. Il ne serait pas capable de lui mentir.
Des émotions se tiraillaient en lui. Des pensées contradictoires. Il adorait son ami. Il aimait passionnément son professeur. Il voulait aider son meilleur ami. Il ne voulait pas tromper son enseignant.
C'est lui qui finit par capituler. Les yeux rougis de Nathaniel étaient désastreux.
Il les lui essuya de ses pouces.
- OK ! Je vais t'offrir ce cadeau, fit-il avec un sourire triste. Mais promets-moi d'être heureux avec quelqu'un d'autre dans les prochains mois. Promets-moi de m'oublier en tant qu'amoureux et vois-moi comme tu l'as toujours fait avant notre expérience.
Le blond hocha la tête, ses larmes s'arrêtant, mais toujours la tristesse se lisant dans ses beaux yeux clairs et dorés.
Kentin rapprocha sa chaise de celle de Nathaniel. Il attira le blond sur ses cuisses, l'asseyant sur lui. Même si le Délégué était un peu plus grand que lui, ce dernier baissa un peu la tête et colla ses lèvres sur celles du petit brun dans un baiser doux, tendre, chaleureux. Le blond le serra un peu contre lui, soupirant de contentement. Il s'agrippait carrément à sa chemise. Il lâcha ses lèvres à bout de souffle et lui colla quelques bisous dans le cou. Il le serra encore une fois contre lui, mettant son nez dans le creux de son cou, respirant fort, lui murmurant une dernière fois qu'il l'aimait et qu'il resterait son premier vrai amour. Puis il le lâcha à contrecœur. Se détachant lentement du militaire.
Les émotions étaient fortes et le brun en eu le souffle coupé. Il se remit lentement de l'étreinte. Douce, mais passionnée. Il avait très bien ressenti l'amour du blond à travers ce dernier baiser.
- Merci, Kentin.
Nathaniel se leva et quitta la salle, lançant un dernier sourire un peu triste au brun. Il referma la porte, le laissant là, seul.
Il reprit ses esprits quelques minutes après. Réalisant ce qu'il venait de faire. Il mit ses mains devant son visage, dépité. Qu'est-ce qu'il avait fait, bon sang !
C'est le cœur lourd qu'il se leva, prenant son sac et sortant lentement de la salle des Délégués. Il en referma la porte lentement.
Une main agrippa son poignet. Il tourna la tête rapidement pour tomber dans les yeux bleus de son amant. Il ne vit pas venir l'autre main qui s'abattit sur sa joue droite.
- T'es qu'un crétin ! Vociféra l'adulte. Un sale petit tricheur !
- Non ! Laisse-moi t'expli-
- Hors de question ! S'exclama-t-il, furieux. Et il dit m'aimer…
Le professeur tourna les talons, visiblement très en colère. Le jeune homme se tint la joue un instant. C'est qu'il n'y était pas allé de main morte. Il prit soin de faire partir la rougeur avant de rentrer chez lui. Question d'éviter des interrogations non-désirées.
Ce soir-là, Kentin eu du mal à s'endormir. Il remuait les derniers instants qu'il avait passé au lycée. Après tout ça, Rémi voudrait-il encore lui parler ? Le laisser au moins s'expliquer convenablement ? Il verrait bien d'ici le samedi. Il se rendrait chez lui, même si son amoureux était fâché. Ils devaient parler.
Fichu Nathaniel. Mais c'était également de sa faute à lui, il en était conscient. Il n'aurait jamais dû lui accorder cette faveur. Jamais ! Mais il n'avait pas pu le laisser aussi désemparé. Il espérait seulement que le blond s'en remettrait dans les semaines à venir, qu'il finirait par passer à autre chose.
Sa nuit fut agitée de cauchemars à propos de rupture définitive.
