Bon jeudi !

Ça faisait un moment que je n'avais rien publier.

Mais je publie les 5 derniers chapitres. ^^

J'espère que cette petite fictions sans prétention aura plu à quelques personnes.

Je sais qu'elle n'est pas parfaite et peut-être pas assez approfondie, mais ça reste la toute première fanfiction complète que je publie et que je termine. :)

Voilà.

Bonne lecture !


Chapitre 13 :

Chantage

Le soir venu, il reçut un message texte de son professeur.

Rémi

22h10

Tu me manques trop.

Kentin

22h11

Tu me manques aussi. Je t'aime.

Ce soir-là, Kentin dû assouvir ses pulsions lui-même, pensant intensément à son beau professeur d'Histoire, ses yeux bleus, son sourire, son visage taquin. Il ne lui en fallut pas beaucoup plus pour se déverser dans sa main. Il prit quelques mouchoirs à sa portée et nettoya rapidement le « dégât ».

Il n'avait pas voulu de caresses intimes dans l'après-midi, se remettant à peine de leur discussion. Mais, ce soir, il en avait eu envie. Et le message de son professeur avait déclenché quelque chose. Il était heureux. Mais il se demanda comment il avait obtenu son numéro personnel. Ce serait une question à creuser.

Le lundi matin, Kentin eu un peu de mal à se lever. Mais il le fit tout de même. Fallait dire que quelques heures seulement de sommeil parce qu'il s'était couché un peu tard n'aidait pas pour le réveil.

Il se prépara rapidement et mangea un toast au beurre d'arachide en prenant le chemin du lycée.

Quand il arriva, déjà pas mal d'élèves se trouvaient dans la cour, attroupés dans un tas compacte. Certains scandant des « Allez ! », ou « Bardasse-le comme il se doit », « Une tapette, ça mérite que des coups sur sa tronche ! » et autres joyeusetés pas très polies.

Il s'avança rapidement passant parmi la foule. Il vit avec horreur son ami blond étendu sur le sol, le visage tuméfié, la lèvre fendue. Il vit une tempête aux cheveux rouges fondre et foutre un poing dans la gueule du mec qui avait fait du mal au Délégué et qui s'apprêtait à le rouer de nouveaux coups.

Il fallait le dire, Castiel était peut-être gay, tafiole, ce que vous voulez, mais il savait parfaitement comment mettre un poing dans la gueule des gens. Kentin s'approcha de son ami et lui parla.

- Nath', tu es là ? Demanda-t-il.

Le blond tourna sa tête ayant un certain mal à garder ses yeux ouverts et chuchota un oui faible, se tordant de douleur et se tenant les côtes. Il le souleva lentement et le mit en position assise le tenant dans le dos pour ne pas qu'il retombe. Un garçon brun sortit du lot.

- Tiens, encore une tapette. Bouge de là, le militaire cucul ! Fit le garçon d'un ton bourru.

- Tu touches à mon ami et j'te trucide. Viens pas faire le caïd, vociféra Kentin. Va voir ailleurs si ta maman est là.

Le militaire lança un regard meurtrier qui sembla ébranler son ennemi.

Castiel finissait de mettre à terre l'autre gars. Et il défia quiconque de venir l'affronter.

- La tapette est prête en découdre ! Scanda le rocker. Quelqu'un pour s'y frotter ? Demanda-t-il de sa voix grave.

Le caïd s'avança, se désignant. Le rouquin n'en fit qu'une bouchée, le mettant quasiment K.O. en quelques coups bien placés. La foule se dispersa soudainement et des professeurs venaient de faire leur apparition.

Le rocker avait quelques contusions, il aurait sûrement quelques ecchymoses le lendemain, mais rien de majeur.

Pendant que Kentin tenait toujours son ami contre lui, Castiel fit le résumé à Mr Faraize et à la Directrice. Les deux garçons coupables se retrouvèrent à l'infirmerie, mais auraient droit à un sermon sous peu.

Nathaniel était mal en point et le rebelle le souleva avec délicatesse pour le transporter à l'infirmerie, le couvant du regard. Le professeur lança un regard réprobateur vers le petit brun. Quoi ? Il n'avait rien fait de mal. Seulement aider un ami.

Il reçut un message quelques instants plus tard.

Rémi

08h16

Dis-moi que ce n'était qu'amical de le tenir comme tu le faisais. Je suis terriblement jaloux, Kentin. Je suis désolé de l'être.

Il y répondit rapidement.

Kentin

08h17

Bien sûr que ce n'était qu'amical. T'as vu dans quel état il était ? Ta jalousie est mal placée, Rémi.

Rémi

08h17

Je sais. Pardon.

Encore heureux qu'il le savait. Il allait vraiment devoir être clair sur ce point précis. Il détestait la jalousie. Beaucoup. L'une des choses les plus détestables. Surtout, s'il n'y avait pas de raison de l'être.

Ce ne serait pas pour tout de suite la discussion avec Castiel. Les retrouvailles, comme il aimait à penser. Le rouquin serait beaucoup trop occupé à s'inquiéter pour son apollon blond. Il prendrait son mal en patience. Il était préférable qu'il reste près de la personne qu'il aimait.

Cette troisième semaine qui avait débuté dans le drame se termina mieux qu'elle n'avait commencée. Il y eut des cours préventifs et des sermons moralisateurs sur l'homosexualité, demandant à tous les élèves d'au moins respecter l'orientation de chacun. Libre à chaque individu de penser ce qu'il en veut et ne pas encourager l'intimidation et/ou la violence envers n'importe quelle personne.

De dénoncer la violence et non de la cautionner.

Au moins, la Directrice et le corps enseignant faisaient son boulot.

Le lundi suivant, tout semblait être revenu à la normale. Nathaniel avait encore quelques contusions et sa lèvre fendue n'était pas totalement guérie. Castiel se faisait un devoir de l'accompagner, arguant au Délégué qu'il avait absolument besoin de lui pour la protection. En même temps, ça faisait certainement plaisir au rouquin de jouer les chaperons. Il fit un sourire en y pensant.

- C'est moi qui te fais sourire ? Demanda une voix connue. Ni très grave, ni aiguë.

- Non, je pensais à Castiel qui couve Nathaniel. C'est mignon et je pense qu'il est bien heureux de le suivre partout pour sa « protection », répondit Kentin en riant à moitié.

L'homme aux yeux bleus fit un sourire à son élève. Il devrait éviter de le tutoyer ici. C'était même contre l'éthique de l'établissement. Pour éviter justement les relations trop familières entre professeurs et élèves.

Il entraîna son élève dans une petite salle au sous-sol. Il ferma la porte d'une petite pièce qui servait certainement de débarras. Toutes sortes d'objets s'entassaient sur des étagères. Une faible lumière éclairait la petite pièce exiguë.

Il se fit plaquer contre la porte et le plus âgé l'embrassa avec une fougue vorace. N'ayant pas pu aller rendre visite à son professeur le week-end précédent, ce dernier semblait avoir eu un manque. Ils se caressèrent et l'adulte lui mordilla la lèvre inférieure, soupirant d'aise. Descendant dans son cou pour y déposer des baisers légers qui lui donnèrent des frissons agréables. Il avait réellement de l'expérience et savait être doux et brutal à des moments précis. Alors que lui, il restait assez doux et câlin, jamais aussi sauvage que son tendre professeur. Ce n'était peut-être pas dans sa nature d'être très brutal. D'ailleurs, est-ce que ça l'avait été un jour ? Sûrement pas. Mais l'homme face à lui ne s'en était jamais plaint.

Il enfonça une main dans les cheveux très sombres et les caressa quelques secondes, descendant cette même main à sa nuque. Il ajouta son autre bras, entourant le cou de son amoureux et se serra davantage contre lui. Il se sentit à nouveau plaqué plus fortement contre la porte et un bruit métallique se fit entendre, résonnant sûrement dans le sous-sol. Mais personne ne venait jamais ici, ou si peu.

Il descendit sur les épaules, le tenant fermement et nicha son nez dans le creux du cou de son professeur. Il y déposa des baisers brûlants.

- J'ai tellement envie de toi, Kentin, chuchota l'homme. Tellement envie. Je te désire.

La voix de son de cher et tendre était voilée, sensuelle et suave.

- Je te prendrais ici et maintenant si je le pouvais, soupira-t-il, l'embrassant au niveau des clavicules, le caressant plus sauvagement que l'instant d'avant.

Et, en effet, il sentit parfaitement la bosse qui déformait le pantalon de son professeur très dure et très présente quand il se pressa plus fermement contre le plus jeune.

Ça fit peur au jeune brun qui stoppa le mouvement. Ses yeux affichaient très bien son sentiment. Il était carrément effrayé. Le plus grand sembla s'en rendre compte.

- Oh non, pardon, Kentin, je ne voulais pas te faire peur.

Il entoura son corps de ses bras dans une étreinte rassurante.

- Je vois que tu n'es pas prêt à ça, pardonne-moi, chuchota-t-il encore, se repentant. Je suis un adulte et tu es un jeune homme, je devrais m'en rappeler.

Il se répandit en excuses. Les effusions s'arrêtèrent là. Ils arrangèrent leur tenue et sortirent de la petite pièce. Kentin partit plus rapidement, laissant Rémi derrière. Le sentiment de frayeur était bien présent. Il avait voulu le prendre, juste là, sans rien d'autre. Il avait manifesté son réel désir. C'était un homme après tout. Il ne se contenterait peut-être plus très longtemps des caresses et baisers innocents.

Ça lui faisait peur. Il n'y avait pas réellement réfléchi, se contentant de ce qu'il connaissait.

Bien sûr qu'il avait envie de faire plaisir à son amoureux. Après tout, il l'aimait. Mais, il n'était pas encore tout à fait prêt.

Les jours passèrent, se ressemblant. Et le mois d'avril débuta, le soleil se réchauffant un peu plus que le mois précédent.

Son beau professeur n'avait plus abordé la « chose ». Même s'ils se faisaient plaisir assez intimement, cela allait de soit.

Vers la mi-avril, le jeune militaire se fit apostropher par un autre brun. Juste à la fin des cours. Il le reconnut assez rapidement. C'était celui qui avait frappé son meilleur ami. Il lui envoya un regard mauvais.

- Tut, tut, tut, le militaire cucul, ne me regarde pas comme ça, lança-t-il, fier. J'ai quelque chose dans mon téléphone qui devrait t'intéresser.

Il fit défiler une vidéo. Vidéo que Kentin regarda avec horreur. On le voyait entrer dans la petite pièce du sous-sol environ deux semaines plus tôt. Et la vidéo avait été coupée, les montrant sortir et se voyant, lui-même se précipiter pour quitter l'endroit. Il était blême à présent.

- On fait moins le malin. T'es dégueulasse ! Éructa l'autre. PD et en plus il baise le professeur d'Histoire.

- Je le ne bai-

- J'm'en fiche ! Vous auriez eu le temps avec l'éternité que vous avez passé là-dedans. Fit-il d'un air dégoûté. Si tu fais pas ce que je veux, ton chéri perdra son travail.

À cette mention, Kentin devint encore plus blême. Il n'allait quand même pas s'en prendre à son amoureux. Il n'en n'était pas question ! Il refusait qu'on fasse ça à son cher et tendre professeur.

Il fit un mouvement et réussit à subtiliser son téléphone intelligent à l'autre. Il afficha un sourire victorieux, mais l'autre ne se démonta pas.

- T'en fais pas, petite tafiole, j'ai la copie sur mon ordinateur et sur une clé USB, qui sont chez moi, bien à l'abri.

Le jeune militaire se renfrogna et rendit l'objet à son propriétaire.

- Bon petit toutou. Maintenant, tu vas m'écouter, n'est-ce pas ? Demanda-t-il d'une voix mielleuse.

Plus trop le choix, se dit-il. S'il voulait sauver la carrière de son professeur, il n'aurait pas le choix de faire ce que l'autre voulait. Il ne put quand même s'empêcher de lui lancer un dernier regard colérique avant de baisser les yeux pour lui signifier une certaine soumission.

- Qu'est-ce que tu me veux ? Demanda Kentin, résigné. Je t'écoute.

- Eh bien… Tu vas me rendre quelques services, fit-il, toujours de ce ton doucereux et dégoûté quand il s'adressait à lui.

- Bien. Fit-il. Quels genres de services ?

- Pas de pression. Ce sera pour la semaine prochaine, militaire cucul. Sérieux, t'es vraiment allé à l'école militaire ? Ils t'ont mal enseigné la normalité.

Il partit d'un rire tonitruant qui donna froid dans le dos du brun.

- À lundi, tarlouze, lâcha l'autre en partant vers la sortie.

Kentin fulmina. Ce garçon était exécrable et hautain. S'il avait pu lui mettre son poing dans la figure, il l'aurait fait sans hésiter. Il savait se défendre. Mais le chantage, c'était bas, très bas. S'il lui avait mis son poing, il l'aurait certainement de suite dénoncé et Rémi se serait retrouvé sans travail, par sa faute.

Il prit sur lui. Lançant son sac sur son épaule, il prit le chemin de chez lui, le pas lourd et lent.