Chapitre spécial.

POV de Mr Faraize, appeler dans cette fanfiction « Rémi » de son prénom. Je trouve que ça lui va plutôt bien comme prénom.

Bonne lecture !

Chapitre 15 :

Révélations, démentis et la vérité et ses conséquences.

Au matin, l'homme eu un certain mal à se lever du lit. La nuit qu'il venait de passer fut l'une des plus belles qu'il n'avait jamais vécues. Cet adolescent avait réussi un exploit : le faire tomber d'amour pour lui. Il ne se rappelait pas avoir eu des sentiments aussi forts pour un autre homme. Même pour une femme.

Que personne ne se détrompe, il était bel et bien homosexuel. Depuis environ dix ans maintenant. Il s'était découvert sur le tard, mais ça avait été la révélation de sa vie. Ça, et la vocation de professeur d'Histoire. Vocation qu'il devrait peut-être laisser de coter si les révélations venaient à tomber sur lui et son élève.

Oui, cette relation était mal. Pas permise. Il aurait dû éviter à tout prix le jeune homme. D'ailleurs, il n'aurait même jamais dû le laisser entrer chez lui la première fois. C'est ce qui avait tout fait déraper. Mais il n'avait pas su rester sur ses gardes et avait succombé au charme de son élève particulier. Et il n'avait même pas pu se résoudre à le repousser tant il avait envie d'être proche de Kentin. Assit sur le bord de son lit, toujours nu, il regardait le lit, puis repensa à sa nuit. Même s'ils n'avaient pas fait l'amour, cette nuit avait été passionnante et excitante.

Il ne savait pas trop quand le réel sentiment d'amour et d'attachement était apparu, mais il n'avait pas envie de le perdre. Puis, il pensa à sa carrière. Peut-être devra-t-il la laisser de côté ? Avoir une relation plus que celle de base avec un élève était complètement interdit et il avait franchi la barre. Il ne pouvait même pas revenir en arrière. Par contre, il restait l'adulte et devait assumer ces actes lui aussi, il le savait. Et si ces derniers devaient lui faire perdre son travail, il accepterait sa sentence.

Mais ce qu'avait fait cet autre élève, faisant du chantage à son jeune amant, n'était pas pardonnable. Il devait être dénoncé.

Il soupira longuement. Puis s'habilla en vitesse voyant l'heure filer. Il prit ses clés et sortit en trombe de son petit appartement sans même prendre le temps d'avaler un morceau. De toute façon, son estomac était tellement retourné qu'il ne se voyait même pas manger ne serait-ce qu'un morceau de pain.

Il se rendit au lycée, le visage fermé et sérieux. D'ailleurs, il eut droit à des regards plus que curieux de la part de ses élèves qui n'étaient pas habitués de le voir avec une telle expression. Il se força donc à sourire et donna ses cours du matin comme à son habitude.

Sur l'heure du repas, il alla trouver son jeune amant qui était comme toujours avec ce jeune homme blond. Il n'aimait pas le savoir toujours collé au Délégué. Ça le rendait nerveux. Mais ils étaient amis et il devait le respecter.

Rémi toqua trois légers coups à la porte et on lui répondit d'entrer.

Quand le petit militaire le vit, il fut surpris.

- Écoute, on doit aller voir la Directrice et dénoncer cet élève qui te fait du chantage, dit-il sans détour.

Kentin le fixa, devenant livide. Il était effrayé.

- Pas question ! S'exclama le petit brun. Je ne le ferai pas.

- Il le faut, pourtant.

- Il a raison, tempéra le blond. Tu dois dénoncer cet imbécile.

- Non ! Je ne veux pas, geignit Kentin.

Le plus grand fit un geste inconsidéré et serra le jeune garçon contre lui. Il lui frotta doucement le dos pour le réconforter et glissa son nez dans le cou de son élève.

- On affrontera les conséquences à deux, chuchota l'adulte. Je ne te laisserai pas tomber. Je t'aime.

Il se détacha et aperçut les joues un peu rouges de Nathaniel. Il fut légèrement gêné à son tour.

- Vous… vous l'aimez ? Demanda le Délégué.

Pour toute réponse, il hocha la tête en signe d'assentiment. Bien sûr qu'il aimait Kentin. L'autre lui fit un sourire sincère.

- Je suis heureux de l'apprendre. Même si j'ai du mal à accepter cette relation. Mais ne vous en faites pas pour moi, je me suis fait une raison et je préfère que Kentin soit heureux avec vous que malheureux avec n'importe qui d'autre.

Il avait dit sa tirade d'une voix un peu triste, mais avec un sourire sincère.

- Merci, chuchota le professeur. Vous êtes un très bon ami, M. Vans.

L'enseignant reprit son sérieux et fit signe à son jeune amant de le suivre.

- Je viens également, s'imposa Nathaniel. Je suis aussi responsable, connaissant votre relation. J'aurai droit à des représailles et je les assumerai.

Il semblait déterminé. L'adulte n'émit aucune objection et tous les trois se dirigèrent vers le bureau de la Directrice.

Tous trois marchaient lentement dans le couloir et se rendirent au fond, tournèrent à droite et le professeur toqua à la porte aux volets clos.

Ils entrèrent et déballèrent d'abord l'histoire du chantage. Le jeune homme coupable fut amené. Et comme il fut puni, à son tour, il dénonça les deux personnes coupables d'une relation interdite. Et montra la preuve irréfutable sur une courte vidéo.

Une fois le jeune maître-chanteur parti et renvoyé pour deux semaines, le scandale éclata dans le bureau. La Directrice était choquée et en colère d'apprendre ceci.

- Depuis quand, messieurs ? Demanda-t-elle, hors d'elle.

- Trois mois, plus ou moins, répondit Mr Faraize.

- C'est scandaleux ! Je ne peux pas accepter ça dans mon établissement, cria-t-elle, folle furieuse. Vous êtes renvoyés ! Tous les deux ! Non, tous les trois ! Dit-elle en pointant également Nathaniel. C'est inacceptable que vous ne m'ayez rien dit Nathaniel. Je suis choquée et déçue. Vous perdez également vos privilèges en tant que Délégué, il en va de soit. Et que vous n'occupez plus ce poste à partir de maintenant.

Elle était vraiment furieuse et la colère se lisait dans ses yeux. Deux semaines de renvoi pour les deux adolescents. Elle les congédia et demanda au professeur de rester encore quelques minutes.

Il était à présent assez gêné et mal à l'aise.

- Si j'avais su, je ne vous aurais pas demandé de lui donner des cours particuliers, fit-elle en soupirant. Je suis vraiment déçue qu'un adulte tel que vous soyez tombé dans le piège d'une telle relation.

- Je l'aime, chuchota l'enseignant.

- Peu importe, contra-t-elle. Vous avez mal joué, Mr Faraize. Je crois que vous savez ce qui vous attend, n'est-ce pas ?

Comme si elle avait besoin de demander. Bien sûr qu'il savait. Il n'était pas stupide. Il baissa la tête, soupirant, se préparant à la fatalité qui l'attendait.

- Eh bien, vous êtes tout simplement renvoyé, commença-t-elle. Sans préavis, c'est effectif à partir de maintenant. Vous ne donnez plus vos cours. Et une plainte sera portée à votre dossier d'enseignant. Vous m'en voyez désolée, fit-elle en voyant son expression horrifiée, mais c'est la procédure. Ainsi, les parents du jeune Kentin seront également prévenus dès cet après-midi de son renvoi et de la raison de celui-ci. Pareil pour le jeune Nathaniel. Vous savez, vous pourriez prendre cher, Mr Faraize. Cet étudiant n'a que dix-sept ans...

Il afficha une mine terriblement effrayée à cet instant. Mais son expression se durcit soudainement. Il n'allait jamais laisser tomber son jeune amant, jamais. Bien sûr qu'il était au courant qu'il était mineur. Allez le prendre pour un con ! Mais, en même temps, à dix-sept ans ne pouvait-il pas être assez grand pour prendre lui-même des décisions ?

- Je n'ai jamais abusé de lui, chuchota-t-il. Il sera majeur bientôt.

- Peu importe. Il est mineur pour le moment, fit-elle la remarque comme si c'était une évidence.

Elle le congédia et il sortit du bureau avec une expression aussi fermée que dans la matinée. Des élèves chuchotèrent sur son passage. Il entendit des bribes de conversation. La nouvelle semblait déjà s'être répandue. Des regards dégoûtés pour certains, d'admiration pour d'autres.

Même un élève fanfaron qui vint à lui pour tenter une approche brutale, un sourire sardonique aux lèvres.

- Mouais, c'est vrai que vous êtes plutôt séduisant dans votre genre, lui fit l'élève aux cheveux blonds et aux yeux bleus presque translucides. Si je suis à votre goût, ça peut se faire. Surtout que vous semblez apprécier les étudiants.

Il était vulgaire. Juste vulgaire.

- Laissez-moi passer, dit-il poliment.

- Quoi, je ne vous plais pas, Professeur ? Demanda-t-il, minaudant.

Rémi afficha une mine dégoûtée au possible.

- Je ne vous plais pas ? Les bruns sont plus à votre goût ? Je peux les teindre, vous savez, fit-il, candide. Je serai tout à vous, Mr Faraize.

- Fichez-moi la paix, jeune homme et arrêtez votre petit manège, cracha l'homme, les yeux plissés par la colère.

- Oooh, si on ne peut même plus s'amuser. Quoique, je suis gay moi aussi. Et je suis coquin. Et beaucoup moins timide que Kentin.

Il fit un clin d'oeil qui en disait long. Le professeur le tassa avec son bras. Le jeune tenta d'insister, mais il ne lui en laissa pas le loisir et partit d'un pas pressé vers la sortie.

Sur le chemin, il sortit son téléphone et envoya un message.

Rémi

12h55

Kentin. Je t'en prie, viens chez moi. J'ai besoin de te serrer contre moi.

Kentin

12h56

D'accord. J'arrive.

Il vit apparaître son jeune amant quelque dix minutes plus tard. Mais il était accompagné. Nathaniel était avec lui.

- Il voulait me suivre, précisa le petit brun.

- Ce n'est pas grave, dit le plus âgé. Viens là.

Il le ramena à lui et le serra fortement, enroulant ses bras autour des épaules du plus petit et nichant son nez dans son cou, profitant de ce parfum qu'il aimait tant. Cette odeur boisée, mais également un peu sucrée qu'il dégageait. L'étreinte dura un moment avant qu'il ne le relâche. Le blond sembla gêné de se trouver là.

- Ne soyez pas gêné, je ne ferai rien de plus que ce que j'ai fait, je sais me tenir, dit-il sur un petit rire.

Les trois discutèrent et il annonça à Kentin que son père serait bientôt au courant de leur relation. Le jeune homme fut horrifié et Rémi le rassura, lui promettant d'être là pour lui, de l'accueillir si cela s'avérait nécessaire.

Il dut également annoncer à Nathaniel que son père serait au courant. Le blond blêmit, devenant plus blanc qu'il ne l'était déjà. Ça n'augurait rien de bon de voir une telle expression sur un si jeune visage.

- Si jamais tu as des soucis, je ferai de mon mieux pour t'aider également, offrit l'homme au jeune blond.

Plus la peine de vouvoyer Nathaniel. Il n'était plus son élève désormais.

- M-merci, chuchota le blond avec une lueur soulagée dans ses yeux dorés.

Et comme de fait, quelques minutes plus tard, le petit militaire recevait un appel de son père. Ce dernier cria dans le combiné. Il entendit des mots durs et des bribes de la conversation. « T'es avec lui, petite tafiole ! », « ...plus mon fils ! », « ...chercher tes affaires et ne reviens plus. »

À la fin du coup de fil, Kentin se jeta dans les bras de son amant et pleura à chaudes larmes.

- Je suis à la rue, pleurnicha-t-il.

- Je suis là, moi, chuchota Rémi. Et il doit subvenir à tes besoins jusqu'à ta majorité, rappelle-le-lui quand tu iras chercher tes affaires.

Il serra Kentin contre lui pour tenter de le réconforter. Nathaniel était impuissant et il le voyait, l'expression peinée. Il le vit faire un signe et il se dirigea vers la porte disant qu'il aurait à faire de son côté. Il quitta le petit appartement, laissant les deux amoureux à leur étreinte.

Ils restèrent l'un contre l'autre durant ce qui lui sembla un long moment, mais il était bien ainsi. Et son jeune amoureux s'était calmé et avait à présent les yeux fermés. Il finit même par s'endormir. Il alla le porter dans son lit et lui-même décida de prendre place sur son petit deux places dans l'espace salon. Il ne voulait pas faire de bêtise et ce n'était pas en restant dans la même pièce que son ancien élève et désormais son copain qu'il allait éviter de commettre une bévue.

Pouvait-il l'appeler son copain ? Un sourire naquit sur ses lèvres. Cette constatation était réjouissante. Il était réellement amoureux. Tellement amoureux que ça en était presque drôle. Il finit lui-même par s'endormir d'un sommeil plutôt paisible, sachant Kentin en sécurité pour cette nuit. Demain serait un autre jour.