Chapitre 17
Fin et Épilogue.
Au lendemain de leur journée haute en émotions, il se réveilla tôt, tenant toujours son jeune amant entre ses bras. Il se pencha et embrassa tendrement sa nuque, frôlant quelques petites mèches de cheveux au passage.
Il en était tellement épris. Être aussi heureux. Et savoir rester patient malgré son immense désir de posséder Kentin, ça lui prouvait qu'il était vraiment amoureux.
L'une de ses mains alla se balader sur les hanches du petit brun. Il le vit remuer un peu, mais ses yeux restèrent clos. Il continua de le taquiner, relevant un peu le t-shirt marine et allant caresser le ventre un peu musclé de son petit copain. Sa peau était chaude et douce sous ses doigts. Il avait terriblement envie de lui faire l'amour. Mais, peut-être qu'attendre encore un peu ne serait pas plus mal. Il préférait se languir encore un peu que de passer pour un être ignoble.
Il restait un peu conservateur sur certains aspects. Et était une personne respectueuse des règles en général. Ça ne l'empêchait pas d'avoir des pulsions, mais ils les contrôlaient. Par contre, il voulait à tout prix éviter un scandale quelconque.
Ses mains se promenèrent sous le vêtement de Kentin. Il appréciait tellement de pouvoir se réveiller avec une personne à ses côtés. Quel sentiment euphorisant que d'ouvrir les yeux le matin et de sentir une chaleur tout près de soit, de constater que l'amant qui se trouvait là la veille y était toujours au petit matin. C'est ce genre de relation qu'il voulait. Pas que physique. Bien sûr que ça comptait aussi. Mais, avec son petit brun, il pouvait dire qu'il était comblé.
Si on lui avait sorti en début d'année qu'il allait rencontrer l'amour dans cet élève un peu cancre, mais intelligent, il n'y aurait certainement pas cru. Il en aurait même rit allègrement. Il aurait dit : impossible que ça arrive.
Et pourtant… C'était arrivé, sans qu'il n'arrive à y échapper, finalement.
Sa carrière tombant en même temps que son bonheur prenait forme. Il y avait bien deux côtés à une médaille, n'est-ce pas ? Bien sûr. Il n'arriverait peut-être plus à retrouver du travail dans l'enseignement. Son dossier était entaché. Il n'aurait pas le choix de faire avec. Il pourrait trouver un petit boulot le temps de trouver quelque chose qui lui plairait à nouveau.
C'était dommage pour cette raison particulièrement. Il aimait son métier d'enseignant en Histoire. Il avait du mal à se projeter dans un autre domaine que l'enseignement. Peut-être pourrait-il tenter dans une autre ville ? Ou une autre matière, pourquoi pas. Après tout, il avait une formation en français et avait également une licence pour donner des cours d'anglais.
Il soupira un peu. Les soucis et les aléas de la vie étaient sans préavis, hein ?
Il se concentra à nouveau sur son jeune amoureux, toujours endormi. Un sourire attendri se dessina sur ses lèvres fines. Il embrassa la joue offerte. Kentin ouvrit lentement les yeux.
- Bonjour, chuchota-t-il quand il croisa les yeux verts et encore remplis de fatigue. Bien dormi, chaton ?
- Chaton ? Se renfrogna le jeune homme, bâillant et s'étirant un peu.
- Oui, on dirait un petit chat blotti contre moi.
L'adolescent lui fit un sourire empreint de fatigue.
- Va pour chaton, fit-il au bout d'une minute. Je t'aime. Et oui, j'ai très bien dormi.
Il sentit Kentin le serrer contre lui. Comment c'était possible d'être encore plus amoureux ? Son cœur se mit à battre la chamade. Les câlins matinaux qui lui avaient tant manqué autrefois, il en aurait à peu près tous les matins désormais. Hors de question que Kentin aille habiter ailleurs que chez lui. Il y avait amplement la place pour eux deux ici.
- Tu voudrais habiter ici, avec moi ? Demanda-t-il, soudainement.
Le petit brun le regarda, abasourdi.
- Je peux pas m'imposer, tenta-t-il. Je-je-
- Tu ne t'imposes pas, je veux que tu restes ici. J'ai besoin de toi près de moi, avoua-t-il.
Le plus jeune baissa les yeux, semblant un peu mal à l'aise. Sans doute, réfléchissait-il à toute vitesse à sa proposition, à sa déclaration, plutôt.
- Ok, finit-il par répondre. Mais, je t'aide côté monétaire, affirma le garçon. Pas question que je me laisse vivre. Et je trouverai un petit job d'été après les examens.
D'accord. Il lui offrit un sourire franc. Au moins, Kentin n'avait pas l'air de vouloir faire le paresseux. Et il semblait déterminé pour la suite.
Il se leva du lit et se rendit à la salle de bains. Vous savez, les envies pressantes du quotidien. Il fallait bien que ça se fasse. Kentin alla faire de même après qu'il fut sorti. Il prépara des œufs et des toasts. Les deux mangèrent silencieusement ce matin-là. C'était un silence apaisant. Il se sentait en paix.
Quand Kentin retourna au lycée, il se sentit un peu plus seul. S'étant habitué à la présence du jeune homme, ça laissait un petit vide maintenant qu'il partait pour la journée et qu'il restait seul parce qu'il n'avait plus de travail à accomplir.
Le jeune ex-enseignant soupira longuement.
Les jours suivants, il s'attela à trouver du travail. Il décrocha donc finalement un petit job en tant que journalier dans une supérette pas très loin de l'appartement.
Kentin rentrait parfois la mine triste et parfois un peu plus souriant. Il avait fini par lui confier que c'était dur au lycée. Les gens le harcelaient et disaient des choses méchantes et vulgaires à son propos. Rémi le rassura en lui disant de ne pas s'occuper de ces langues de vipère. Qu'ils pouvaient bien dire toutes atrocités qu'ils voulaient, si lui l'aimait, c'était tout ce qui comptait à ses yeux à lui. Oui, c'était tout. Si Kentin l'aimait, lui, les autres pouvaient bien parler, il s'en fichait. C'est que les autres ne comprenaient pas, donc, ils parlaient mal, à travers leur chapeau. Ils ne connaissaient pas leur situation ni leur histoire, ni leur quotidien.
Son job s'avéra à être plutôt sympathique. Placer des articles et répondre aux clients qui cherchaient telle ou telle chose était plaisant. Il se retrouvait un peu comme au lycée. Il voyait du monde tous les jours et répondait à leurs questions.
Le trois juin, ils fêtèrent l'anniversaire de son copain. Dix-huit ans, ce n'était pas rien. Ce soir-là, par contre, les choses ne se déroulèrent pas comme prévues.
Même si son jeune compagnon avait envie de lui, il avait bloqué au moment de concrétiser l'acte et ça ne s'était pas fait. Il avait eu une sacrée frustration ce soir-là, mais il avait compris le trouble de son partenaire et l'avait rassuré. Ils avaient le temps, lui avait-il dit pour le calmer de se sentir coupable.
À la fin des examens de son petit chat, il vit Kentin souffler.
- Je suis pas mécontent que ce soit finit, fit-il, soulagé. C'est épuisant d'étudier et de stresser pour ces fichus examens. J'espère que j'aurai de bonnes notes, sinon, je suis bon pour les rattrapages.
Ils avaient ri ensemble. Le lendemain, l'adolescent revint avec un sourire aux lèvres lui sautant au cou et l'embrassant férocement. Il avait passé ses examens. Avec des notes honorables pour la plupart des matières. Son petit prince n'était pas non plus un surdoué, mais pas complètement cancre, bien évidemment.
- Mais c'est super, fit-il, très heureux pour son compagnon.
Pour marquer le coup, il l'amena au cinéma et l'invita dans un petit restaurant du quartier. Rien de compliqué. Mais ça lui faisait plaisir. Juste de voir son sourire était beaucoup.
Et cette soirée fut l'une des plus belles qu'il eut vécue depuis des années. Ce soir-là, ils firent l'amour. Leurs deux corps frémissants à l'unisson, se trouvant enfin. Ce soir-là, ils se lièrent même plus d'une fois, dans l'euphorie du moment, ne pensant pas au lendemain. Ce soir-là, l'homme de trente ans aurait pu mourir tant il était heureux. Son jeune amant s'était donné à lui. Dans des gestes maladroits et avec une certaine pudeur au début, mais ça c'était bien passé.
Ce soir-là, les deux amants s'endormirent, nus, l'un contre l'autre, dans les draps défaits, mais dans la chaleur apaisante de ce début de mois juin. Heureux et apaisés.
Septembre.
L'été était terminé. Kentin avait travaillé tout l'été dans un petit restaurant près de la plage. Ils s'étaient moins vus durant ces deux derniers mois. Les câlins se faisaient plus rares, mais souvent plus féroces et passionnés.
À la rentrée, Kentin avait intégré une fac avec un cursus scientifique/médecine. Il voulait faire vétérinaire, appréciant beaucoup les animaux.
Quant à lui, il continuait son job à la supérette, cherchant tout de même activement dans l'enseignement.
4 ans plus tard.
À trente-cinq ans, Rémi Faraize était dans un lycée d'une ville voisine de Sweet City et y enseignait l'Histoire. Bien qu'il y avait eu une tache à son dossier, le Directeur de l'établissement lui fit promettre de faire le nécessaire pour qu'aucune situation gênante ne se reproduise.
Ça ne s'était jamais reproduit. Et ça faisait quand même trois ans qu'il travaillait là maintenant. Et il n'envisageait même pas que ça puisse arriver à nouveau. L'homme était toujours aussi amoureux de son jeune prince qui avait maintenant vingt-deux ans et qui avait terminé ses études vétérinaire.
Il travaillait dans une petite animalerie, faisant un stage et s'occupant des petits bobos des animaux s'y trouvant. C'était déjà très bien. Plus tard, il travaillerait dans un vrai hôpital vétérinaire et deviendrait un excellent soigneur, il en était persuadé.
À ce jour, les deux hommes s'étaient trouvé une jolie maison de style un peu victorien avec de beaux détails architecturaux bien caractéristiques du style de l'habitation. Située à Sweet City, mais ça ne lui faisait pas tant loin pour faire le trajet en voiture. Oui, il avait le permis. Bien pratique, d'ailleurs. Ils se partageaient les frais et faisaient un peu tout à deux dans ce sens. Aucun des deux n'était grand amateur d'argent et ils leur fallait peu pour être confortables et heureux. Ils s'entendaient tellement bien.
Leur quotidien était devenu un peu monotone et répétitif, mais ils s'arrangeaient toujours pour mettre un peu de piquant dans leur vie quand ils s'ennuyaient trop.
Tout ce qu'il voulait, c'était que son petit prince aux yeux verts soit encore là dans dix ans, à ses côtés et dans ses bras. Rien ne comptait plus que Kentin à ses yeux. Même si sa vie de Professeur le tenait également bien occupé. Il ne se voyait plus sans son compagnon.
Seul le futur saurait lui dire ce que sa vie serait dans dix, vingt ou trente ans. Un sourire naquit sur ses lèvres. Même s'il se projetait loin dans le futur, il n'arrivait pas à imaginer que le jeune homme brun y était absent.
Il ferait tout en son pouvoir pour concrétiser ses rêves d'avenir.
Voilà la fin de cette histoire que j'ai bien aimée écrire. J'étais plutôt inspirée. ^^ C'est drôle de dire que c'est le dernier chapitre.
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