Disclaimer : Les personnages de Reborn ne sont pas les miens, ils sont la propriété d'Akira Amano.
Fandom : Katekyo Hitman Reborn !
Auteur : Efirg
Genre : Drama & Hurt/Comfort
Rating : T
Personnages : H. Gokudera ; K. Hibari & Mukuro R.
Pairing : Encore à déterminer
Résumé : Si le rouge lui va bien, alors il n'y a que lui qui puisse le teindre en rouge. Les autres les regretteront. Ou sinon, les gardiens de la Dixième génération sont envoyés à leur première mission officielle mais les choses ne se passent pas comme prévu. Gokudera est kidnappé, Mukuro n'aime pas cette idée, Hibari… non plus et Tsuna et Yamamoto ne comprennent pas.
Là, je suis vraiment, vraiment, vraiment désolée ! J'étais très occupée avec mes concours et révisions et tout et tout. Le manque d'inspiration ayant un petit rôle là-dedans. Mais il est là, enfin ! Je suis encore désolée pour l'attente !
Allez j'espère que le chapitre vous plaira. Tsuna et Yamamoto vont avoir un petit moment. Oui je les aime aussi ces deux-là.
Encore une fois désolée pour les deux mois d'attente mais à partir de maintenant j'ai plus de temps libre alors je devrais prendre moins de temps pour le prochain chapitre.
Et l'histoire vient de passer de trois parties à plus, alors j'espère que ça ne gêne personne. Sur ce, bonne lecture et laissez vos impressions.
"Dans combien de temps on arrive à l'hôpital ?"
"Dans cinq minutes, tout au plus."
Ainsi cinq minutes plus tard, le véhicule transportant l'ensemble des gardiens arriva à l'hôpital. Hibari descendit de la voiture et prit son fardeau sur le dos avant d'entrer dans le bâtiment, le reste des gardiens à sa suite.
Pendant que Gokudera était soigné par les médecins au service de la famille Vongola, les autres gardiens et Reborn étaient dans la salle d'attente. Une heure plus tard, le silence était toujours aussi tendu et palpable. Personne ne parlait, tous concentrés sur les événements récents. Finalement ce fut Reborn qui brisa le premier le silence.
"Bien," commença Reborn en fixant le Gardien des Nuages, "Hibari, comment est-ce que tu l'as trouvé et qu'est-ce qu'il s'est passé ?"
Hibari regarda l'enfant et soupira. Expliquer serait trop long. Mais il n'avait pas vraiment le choix. "Un herbivore m'a mené jusqu'à l'entrepôt et j'ai trouvé l'autre herbivore accroché au plafond." Tsuna frissonna à cette déclaration. Il ne voulait pas s'imaginer à quoi ressembler son meilleur ami suspendu au plafond avec les blessures qu'il avait. Mais c'était trop tard. "Je l'ai détaché et des hommes nous ont attaqués," continua le japonais aux cheveux noirs sans faire attention à la réaction de son « patron ». "Et IL m'a interrompu," ajouta-t-il en fixant hostilement l'italien. Reborn soupira au manque d'information du gardien. Il se tourna vers l'autre gardien présent à ce moment-là qui n'avait pas dit un mot bien que son sourire était encore là.
"Mukuro, tu peux nous donner ta version ?"
Celui-ci tourna la tête vers l'arcobaleno et fronça les sourcils. Il se tut quelques secondes comme s'il se demandait de quoi ils parlaient.
"J'ai suivi Hibari," fut sa seule réponse. Comme si elle répondait à la question. Mais le concerné fronça les sourcils et serra les dents. Cet enfoiré l'avait suivi et il ne l'avait pas remarqué. Il n'aimait pas ça. Mais Reborn lui intima de ne pas faire démonstration de son mécontentement. Du moins pour l'instant. Hibari se renfrogna mais obéit. Ce qui relevait presque du miracle. "Et je ne t'ai pas interrompu. Je t'ai plutôt aidé tu ne penses pas ?" Reborn dut transformer Léon en pistolet pour empêcher Hibari d'attaquer l'illusionniste.
"Qu'est-ce que tu veux dire par là Mukuro ?" L'appelé haussa simplement les épaules. "Très bien et qu'est-ce qu'il s'est passé pendant qu'Hibari et Gokudera étaient dehors ?"
"Je te l'ai déjà dit Arcobaleno, je m'assurais qu'ils retiennent la leçon."
"Quelle leçon ?"
Le sourire qui apparut sur le visage de l'illusionniste donna des frissons à la plupart des personnes présentes dans la pièce (hors Reborn et Hibari). "Qu'ils ne doivent pas s'en prendre à ce qui ne leur appartient pas."
Hibari siffla et fusilla l'illusionniste du regard. "L'herbivore ne t'appartient pas."
Mukuro porta son regard sur le noir et son sourire s'affaissa légèrement. Tsuna fronça les sourcils. Depuis quand est-ce que se battre avec Hibari n'amusait pas Mukuro ? "Et il t'appartient peut-être ? Depuis quand le sort d'un herbivore t'intéresse ?"
La tension monta d'un cran tandis que les gardiens de la Brume et des Nuages se foudroyaient du regard. Tsuna avait la vague impression qu'un seul faux mouvement et les deux se sauteraient à la gorge. Il devait faire quelque chose avant que ça n'arrive parce qu'il ne pouvait garantir le bon état de l'hôpital. Mais ce n'était pas comme s'il savait comment faire. La tension entre les deux était encore plus intense et lourde que la dernière fois et Tsuna commençait à comprendre vaguement pourquoi. Il jeta un regard inquiet vers le couloir où les médecins avaient emmené Gokudera. Il espérait qu'il irait bien.
Un mouvement à côté de lui le sortit de ses pensées. Yamamoto venait de se lever pour tenter de calmer les deux autres gardiens. Tsuna tenta de l'arrêter mais se figea quand il remarqua le regard que portait le Gardien de la Pluie. C'est vrai que maintenant qu'il y pensait, Yamamoto avait été plutôt calme ces dernières heures. Donc il n'arrêta pas Yamamoto. Mais il le regardait quand même avec une certaine inquiétude. Le brun se plaça entre les deux opposants sans être réellement au milieu. Juste assez pour les deux le remarquent.
"Gokudera n'appartient à personne et si vous commencez à vous battre, vous pensez que cet endroit y survivra ?"
Hibari se détourna de l'illusionniste pour fixer l'imbécile qui osait s'opposer à lui. Il ressentit l'irrésistible envie de le mordre à mort cependant il dut mettre ses envies de côté puisque le médecin arriva.
Toutes les personnes encore assises se levèrent mais Hibari ne s'en souciait pas. A vrai dire il ne se souciait pas beaucoup plus du compte rendu des blessures. Il avait pu le voir par lui-même donc ce qu'il entendait ne le surprenait pas trop. Il trouvait quand même étonnant que l'herbivore n'ait rien de casser hormis quelques-unes de ses côtes. Ce qui n'était pas non plus étonnant.
"… une des côtes a cependant perforé son poumon droit mais nous l'avons réparé." Un poumon perforé. Pas étonnant qu'il avait du mal à respirer. "Nous avons aussi dû poser des points de sutures parce que certaines plaies étaient profondes." Oui surtout dans son dos. "Heureusement aucune de ses blessures ne s'est infectée. Il a aussi perdu beaucoup de sang alors nous lui avons fait une transfusion." Il avait perdu tant de sang que ça ? C'est vrai que maintenant qu'il y repensait, l'herbivore était couvert de sang quand il l'avait trouvé. Le sol aussi. Et ses vêtements étaient aussi trempés de sang. D'ailleurs ça commençait à être désagréable. "Sa gorge nous a aussi inquiétés parce qu'il a un important hématome mais rien n'a été endommagé." En même temps un des types l'avait attrapé par la gorge et avait surement serré. Sans compter pendant la captivité. "Il souffre également de déshydratation et de malnutrition mais nous allons devoir attendre qu'il se réveille pour régler ce problème." C'était bien ce qu'il pensait. Il avait paru plus léger que la dernière fois. "Il semble aussi vraiment épuisé mais ne vous inquiétez pas, il est maintenant hors de danger."
"Est-ce qu'on peut le voir ?" s'empressa de demander Tsuna qui avait perdu quelques couleurs au compte rendu. Maintenant tout ce qu'il voulait c'était le voir.
"Il est en train de dormir, mais oui, vous pouvez. Par contre, évitez de faire trop de bruits, il a besoin de repos et de calme. Et pas plus de deux," dit le médecin avant de partir.
Tsuna fixa ses gardiens. "Alors qui vient avec moi ?"
Yamamoto s'avança vers Tsuna avant de se tourner vers les autres. "Ça vous dérange si j'y vais ?"
Ryohei posa sa main sur son épaule. "Ne t'inquiète pas pour nous à l'extrême. On ira après," déclara le boxeur en levant son pouce. Il savait que les deux plus jeunes étaient probablement les plus inquiets pour la tête de poulpe.
"Allez-y tous les deux, nous allons attendre ici," informa Reborn. Ça lui était inutile pour le moment d'aller voir Gokudera car celui-ci était inconscient et donc incapable de répondre à ses questions.
La chambre était simple, une télé accrochée au mur, un placard coincé dans un coin, une porte qui menait surement à la salle de bain et enfin le lit, collé contre le mur où reposait le Gardien de la Tempête. Tsuna sourit faiblement en voyant les bandages qui entouraient le corps de son ami. Mais au moins il allait mieux. Et il n'était plus aussi pâle que quand ils l'avaient trouvé.
"Ça fait bizarre, tu ne trouves pas ?" demanda soudainement Yamamoto. Tsuna se tourna vers le baseballeur sans comprendre. "C'est rare de le voir dormir. Et même quand il dort, il a son… air… enfin tu vois. Là il a l'air… détendu ?" La fin de la phrase semblait hésitante et Tsuna pouvait comprendre pourquoi. Comment pouvait-on être détendu après avoir vécu ça ? Mais il devait s'avouer qu'il avait rarement vu l'italien sans son froncement de sourcil ou son air renfrogné. Même quand il s'adressait à lui. Là son visage était presque paisible. Le médecin avait dit qu'ils avaient dû réparer son poumon, donc il s'était fait opérer. Il devait encore être sous anesthésie.
Il alla se placer à côté de l'argenté et attrapa sa main. Quand Reborn lui avait parlé des missions, il s'y était opposé. Il ne voulait pas risquer la vie de ses amis sur des missions officielles des Vongola quand il y avait pleins d'autres personnes pour s'en occuper. Mais Reborn lui avait assuré que tout se passerait bien. Que ses gardiens étaient suffisamment puissants pour s'en sortir. Et puis Gokudera et Mukuro qui avaient déjà la connaissance du monde de la Mafia allaient chacun être dans une équipe différente. Donc il n'avait pas à s'inquiéter. Finalement il aurait dû écouter son instinct qui lui disait que quelque chose allait arriver. Mais les arguments de Reborn étaient durs à contester. Alors il avait accepté. Et maintenant Gokudera était à l'hôpital. Heureusement aucune de ses blessures n'était mortelle.
Son poignet était entouré d'un bandage plutôt épais. Hibari avait dit qu'il était suspendu au plafond. Surement par des chaînes ou une corde. Peu importe, l'un comme l'autre laissaient des marques assez profondes dans la chair au bout de trois jours. Il avait le même à l'autre poignet. Et son cou était également entouré d'un bandage. D'après le médecin, on avait dû l'attraper fortement à la gorge pour laisser un tel hématome. Il n'aimait vraiment pas cette histoire.
Yamamoto s'assit sur le siège de l'autre côté du lit et attrapa la télécommande. Il rapprocha ses jambes et posa sa tête sur ses genoux, son attention tournée vers l'écran bien qu'il gardait un œil sur Gokudera. Tsuna s'assit également en gardant la main de l'italien dans la sienne. Quand il avait appris qu'ils avaient perdu le contact avec l'équipe de Gokudera, il avait eu peur. Pour Gokudera et pour Lambo surtout. Un peu pour Hibari. Mais le strict minimum quand on connaissait le personnage. Alors quand il avait compris que seuls Gokudera et Lambo étaient portés disparus, son cœur avait manqué un battement. Sans oublier le moment où il avait retrouvé Gokudera et Hibari près de l'entrepôt. Il s'était rappelé toutes les fois où Gokudera s'était retrouvé gravement blessé. Quand il l'avait protégé contre le compagnon à lunettes de Mukuro. Après son combat contre Belphégor où il avait réellement cru que l'italien ne s'en sortirait jamais. Après son combat contre Gamma où Yamamoto avait aussi été gravement blessé. Il resserra sa prise sur la main de l'argenté.
Yamamoto n'avait pas quittait la télévision des yeux et changeait la chaîne régulièrement. Ce qui paraissait étrange aux yeux de Tsuna qui n'avait pas l'habitude de le voir aussi agité. "Tout va bien Yamamoto ?"
Le brun se détourna et regarda Tsuna. Il pouvait clairement voir l'inquiétude dans ses yeux. "Oui Tsuna. Ne t'inquiétude pas. Et puis le médecin a dit que tout ira bien et qu'il a surtout besoin de se reposer." Il rit faiblement. "Et puis quand il va se réveiller, la première chose qu'il fera ça sera nous hurler dessus."
"Oui, tu as surement raison, mais…"
"Il s'en remettra Tsuna. Ce n'est pas la première fois." Ses derniers mots furent dits dans un murmure. Tsuna baissa la tête. Oui ce n'était pas la première fois. Gamma. Où celui-ci l'avait battu pour avoir des informations. Sur lui. Sur la raison pour laquelle il était « vivant ». Il releva la tête quand il entendit Yamamoto rire. Celui-ci s'aperçut que Tsuna le fixait et rigola un peu plus.
"Désolé, j'étais en train de me dire qu'ils avaient dû sacrément le droguer pour qu'il ait un visage aussi détendu. En plus tu savais qu'il était très résistant à toute sorte de somnifère et drogue ?" Tsuna secoua la tête, se demandant vaguement comment Yamamoto était au courant. Celui-ci dut prévoir son interrogation puisqu'il répondit. "Après un des entrainements de l'enfant, Gokudera et moi, on a été blessé. Shamal a dû lui administrer une double dose d'antidouleur. Il avait même râlé à cause de ça." Tsuna sourit également en imaginant la scène. "Alors j'ai demandé à Shamal et il me l'a dit. En râlant, lui aussi. Tu crois que ça a quelque chose à voir avec sa sœur ?"
"Oui, peut-être."
Ils restèrent quelques minutes sans parler, avec pour seul bruit celui de la télévision.
"Sinon comment s'est passé ta mission ?"
"Ça a été. Elle était facile. J'aurais aimé qu'elle soit aussi simple pour les autres."
"Moi aussi. Alors ça fait quoi de remplir sa première mission officielle ?"
Mais un gémissement empêcha Yamamoto de répondre. Il éteignit la télé et se tourna vers Gokudera. Celui-ci laissa échapper un autre gémissement et ouvrit lentement les yeux. Il fixa le plafond quelques secondes avant de comprendre où il se trouvait. Après avoir remarqué qu'il n'était pas seul, il se concentra sur les deux personnes qui le regardaient avec inquiétude.
"Judaïme ? Yamamoto ? Qu'est-ce que vous faîtes là ?"
"Ha ha ha. Tu dois vraiment être drogué pour…"
"Yamamoto !" s'exclama le plus petit. "Laisse-le un peu se réveiller."
"Ah, désolé Gokudera."
Ce dernier grogna. "Tch, aussi stupide que d'habitude. Tout va bien alors." Yamamoto se gratta l'arrière de la tête avec un sourire gêné tout en s'excusant.
"Gokudera-kun, comment tu te sens ?"
"Euh… Tout va bien Judaïme, vous n'avez pas à vous inquiéter." Il tenta ensuite de s'asseoir mais une douleur à la poitrine l'en empêcha.
"Ah ! Non, reste allongé ! Tu avais des côtes cassées et l'une d'elles a perforé ton poumon."
Un poumon perforé. Ça expliquait pourquoi est-ce qu'il avait autant de mal à respirer. En même temps ça ne l'étonnait pas vu les coups qu'il s'était pris. Et visiblement il n'avait rien d'autre de cassé.
"Euh, Gokudera-kun, est-ce que tu te rappelles de ce qu'il s'est passé ?" demanda un Tsuna hésitant face au silence de son ami. Celui-ci hocha distraitement la tête avant de froncer les sourcils.
"Comment vous m'avez trouvé ?"
"C'est Hibari-san qui t'a trouvé," répondit le châtain. "Avec Mukuro," rajouta-t-il avec plus d'hésitation. Il ne savait pas si c'était une bonne idée de mentionner ce fait. Mais l'argenté réagit à peine à l'information. Il semblait concentré sur autre chose. Puis il écarquilla les yeux et s'assit brusquement faisant fi de la douleur à la poitrine et dans son dos. Dos ?
"Lambo ! Judaïme, vous l'avez trouvé ? Parce que j'ai dû le déposer dans un entrepôt aban…"
"Gokudera, on l'a trouvé. Il est dans la salle d'attente avec Sempaï," l'interrompit Yamamoto, plutôt surpris tout en faisant un signe de tête vers la salle en question à l'autre bout du couloir.
Un soupir de soulagement s'échappa de la bouche de l'argenté avant qu'il ne remarque la manière dont il avait réagi. Il reprit donc son air habituel et répondit par un "Très bien" qu'il espérait de mauvaise foi. Cependant ce manège ne fonctionna pas puisque Tsuna sourit et Yamamoto rigola. Ce qui irrita l'italien qui ne manqua pas de la faire remarquer. "Je peux savoir ce qui te fait rire idiot de baseballeur ?"
Mais l'explosion de l'argenté ne fit qu'augmenter l'hilarité du plus grand qui se tourna vers Tsuna. "Je te l'avais dit, la première chose qu'il fera en se réveillant, ce sera nous hurler dessus. Enfin plutôt me hurler dessus."
"Qui est en train de hurler ?"
"Gokudera-kun, calme-toi s'il-te-plaît. On est dans un hôpital." La phrase de Tsuna sembla fonctionner puisque l'italien se calma immédiatement, non sans jeter un regard noir à Yamamoto qui sourit en réponse.
Or la colère passée, Gokudera ressentit pleinement ses blessures et laissa échapper un gémissement de douleur. Il se rallongea et son dos se fit un peu plus douloureux. Génial, il était blessé à la poitrine et dans son dos. Tout simplement génial. "Merde, mais ils sont pas censés me mettre sous morphine ?"
Yamamoto jeta un coup d'œil à l'écran qui affichait les constantes du patient mais se rendit compte qu'il ne savait pas quoi chercher. Gokudera remarqua ce qu'il faisait et soupira. "Laisse tomber, yakyu baka, c'est pas grave." L'interpelé eut un sourire gêné et obéit. Il rassit et fixa l'argenté qui retenait avec peine un gémissement de douleur. Bon sang, sa tête lui faisait maintenant un mal de chien. Et quand il voulut lever son bras pour la passer dans ses cheveux et espérer calmer son mal de tête, il s'aperçut que Tsuna tenait encore sa main.
D'ailleurs celui-ci s'en rendit compte également et lâcha immédiatement sa main en s'excusant. Gokudera le regardait s'excuser sans rien dire, ne comprenant pas vraiment pourquoi le Judaïme agissait ainsi. Puis il finit par se relever et agita les bras en disant à son patron que ce n'était pas grave et qu'il n'avait surtout pas à s'excuser ainsi. Yamamoto observait la scène, un sourire aux lèvres. D'ordinaire les rôles étaient inversés : Gokudera qui s'obstinait à s'excuser et Tsuna qui le suppliait presque d'arrêter.
Finalement les deux se calmèrent et Gokudera demanda à ce qu'ils lui passent le dossier accroché au bout de son lit.
"Ano, Gokudera-kun, ce n'est pas censé être confidentiel ou quelque chose du genre ?" demanda Tsuna en lui passant quand même le dossier.
"Ne vous en faîtes pas Judaïme, c'est mon dossier, je ne pense pas qu'il peut m'apprendre des choses que je ne sais pas. Hormis mes blessures."
Tsuna hocha la tête. Gokudera balaya les feuilles du regard, assimilant les informations au sujet de ses blessures. Bon, rien de grave. Tsuna et Yamamoto le regardaient parcourir les documents des yeux sans que son expression ne change une seule fois. Comme s'il lisait le dossier d'un autre. Il est très concentré, j'ai l'impression, pensa Tsuna. Ils échangèrent un regard inquiet quand ils le virent porter sa main à son cou. Finalement il reposa le dossier, les sourcils froncés. Ce que remarqua Tsuna.
"Un problème Gokudera-kun ?"
"Eh bien… qu'est-ce qui est arrivé aux hommes qui m'ont enlevé ?"
"Mukuro dit s'en être chargé. Pourquoi ?"
"Mukuro… Non, pour rien," répondit distraitement Gokudera. Le silence s'installa quelques minutes avant que Yamamoto ne se lève et déclare qu'il allait chercher le médecin. Il ne resta plus que Tsuna et Gokudera dans la chambre. Tsuna ne put se retenir plus longtemps et s'inclina devant un Gokudera surpris.
"Euh… Judaï-"
"Je suis désolé, Gokudera-kun."
"Hein ?! Pourquoi ?" La panique pouvait presque s'entendre dans sa voix quand il vit Tsuna s'excuser pour la seconde fois en moins d'une heure.
"Je suis désolé que tu te retrouves à l'hôpital. Quand Reborn m'a parlé des missions, j'ai eu un mauvais pressentiment. Mais Reborn m'a dit que il s'agissait surement d'une appréhension due au fait que c'était vos premières missions en tant que gardiens alors je l'ai écouté. Mais j'aurais dû insister. Comme ça tu ne te serais pas retrouvé à l'hôpital. Je sais que ce n'était pas ta première mission et je sais que ce n'est pas la première fois que tu es blessé. Mais à chaque fois, je me sens mal de te voir comme ça. Parce que Gokudera-kun est un ami précieux et je n'aime pas voir mes amis blessés. J'étais très inquiet quand on a perdu le contact avec ton groupe," comme Tsuna avait encore la tête baissée, il n'aperçut pas le changement d'expression de son gardien," et plus quand on a appris que Lambo et toi aviez disparu. Tu n'imagines pas le soulagement que j'ai ressenti quand Hibari-san m'a appelé pour me dire qu'il t'avait trouvé." Tsuna releva la tête. "Je suis content que tu ailles bien Gokudera-kun."
Gokudera qui affichait une mine sombre sourit légèrement en entendant la dernière phrase. Mais ça n'apaisait pas le sentiment de culpabilité qu'il ressentait.
"Je suis désolé Judaïme. De vous avoir inquiéter. Je suis sincèrement désolé."
Tsuna regardait son gardien s'excuser pour quelque chose dont il n'était pas coupable – si quelqu'un devait s'excuser c'était lui –. Il n'aimait pas l'expression que l'argenté avait. Celle d'avoir l'impression de l'avoir déçu – or c'était loin d'être le cas –. On aurait dit celle d'un petit animal qui avait peur d'avoir fait quelque chose de mal. Pourquoi j'ai l'impression d'être une des seules personnes à avoir vu cette expression sur le visage de Gokudera-kun ? constata tristement Tsuna. Cependant il n'eut pas le loisir de répondre et de rassurer son gardien puisque la porte de la chambre s'ouvrit faisant apparaître Yamamoto accompagné du médecin. Celui-ci s'approcha de Gokudera qui avait pris un air suspicieux et suivait avec attention le médecin du regard.
"Bien, je vois que vous êtes réveillé. Parfait." Il se tourna vers Yamamoto et Tsuna. "Vous pouvez nous laisser, s'il-vous-plaît ?" Les deux adolescents acquiescèrent et sortirent de la salle, non sans jeter un coup d'œil à Gokudera. Ils rejoignirent la salle d'attente où Tsuna constata avec étonnement que Mukuro et Hibari étaient encore là et pas en train de se battre. Ryohei se leva et se dirigea vers eux.
"Alors, comment va tête de poulpe ?"
"Il va bien. Il s'est réveillé et le médecin est avec lui."
"Il a dit quelque chose ?" demanda Reborn en s'approchant du groupe d'adolescents.
"Il se souvient de ce qu'il s'est passé et il s'inquiétait pour Lambo," lui répondit son élève qui jeta un coup d'œil à l'enfant profondément endormi sur son siège. Le médecin arriva à ce moment.
"Bon, vous n'avez pas à vous inquiéter, il va bien. Je suis surpris qu'il soit déjà réveillé mais tout devrait bien se passer. Vous pouvez aller le voir." Le médecin sourit une dernière fois et partit. Tsuna, Yamamoto et Ryohei ne se firent pas prier et se dirigèrent immédiatement vers la chambre de l'argenté. Ryohei prit au passage Lambo qui continuait de dormir. Ne restèrent plus que Reborn, Hibari et Mukuro. Le premier fixait les deux autres.
"J'ai réservé des chambres dans l'hôtel en face. Allez-y si vous ne voulez pas venir," informa l'arcobaleno avant de se détourner et de suivre les quatre gardiens.
Mais Hibari et Mukuro ne bougèrent pas. Ils ne se fixaient pas non plus. Leurs regards étaient portés sur le couloir qu'avaient emprunté tous les autres. Et donc ils restèrent comme cela jusqu'à la fin des horaires de visites. Tsuna et les autres réapparurent et surpris de les voir encore là. Et calmes. Tsuna tourna la tête à gauche et à droite pour vérifier qu'il n'y avait pas de dégâts mais tout indiquait que les deux gardiens ne s'étaient pas affrontés. Comme quoi les miracles existaient.
"Ano, Hibari-san, Mukuro, qu'est-ce que vous faîtes encore ici ?" demanda le brun avec hésitation.
Les deux interpellés tournèrent la tête vers lui mais ne répondirent pas. A vrai dire Mukuro ne savait pas trop pourquoi il était resté. Peut-être pour avoir une chance de voir l'argenté seul. Après tout, la dernière fois qu'il l'avait vu, ce dernier était ensanglanté et mal au point. Maintenant il devait aller mieux. Mais il devait aussi être à nouveau blanc. Le problème désormais était l'alouette qui ne semblait pas vouloir bouger.
D'ailleurs la raison pour laquelle le japonais était resté était simple : garder un œil sur l'herbivore de la Brume. Tant que celui-ci sera là, lui ne bougerait pas. L'herbivore blessé avait surement assez de soucis comme ça. Attends. Qu'est-ce que ça pouvait bien lui faire ? Ce n'était pas parce qu'il l'avait sauvé qu'il devait continuer de le surveiller. Sans compter que le concerné ne devait pas apprécier ça. Etre surveillé. Mais d'un autre côté, quelque chose l'empêchait de laisser l'herbivore ananas seul avec lui. Le premier était trop dangereux. Il l'avait constaté dans l'entrepôt, même s'il l'avait approuvé un tant soit peu. Le deuxième était trop vulnérable.
Voyant qu'il n'obtiendrait pas de réponse de ses gardiens, Tsuna soupira et se dirigea vers la sortie, sans faire attention si les gardiens en question le suivaient. Yamamoto, Ryohei avec Lambo dans les bras et Reborn eux aussi partirent à la suite de Tsuna.
Et encore une fois, il ne resta plus que Hibari et Mukuro. Ce dernier se leva et se dirigea vers le couloir. Hibari ne le lâcha pas des yeux et Mukuro ne s'en soucia pas. Il avançait dans le couloir, sans faire attention au personnel qui ne le remarquait pas. Il savait que le Gardien des Nuages le suivait désormais. Il s'arrêta devant la porte et entra. Gokudera était allongé dans le lit, les yeux fermés. Il s'approcha lentement, incapable de dire si l'argenté dormait. Il eut sa réponse quand le métis ouvrit les yeux et tourna la tête vers lui. Mukuro le vit se tendre.
"Je croyais que les heures de visites étaient finies."
"Elles le sont."
Gokudera grogna à la réponse. "Alors, qu'est-ce que tu fais là ?"
"Je suis venu te rendre visite." Il était maintenant juste à côté du lit. "Et pas la peine d'être aussi tendu, il y a l'alouette dehors, près de la porte."
Gokudera fronça les sourcils. Qu'est-ce que ça changeait qu'Hibari soit dehors ? Non, mauvaise question, plutôt, qu'est-ce qu'Hibari faisait encore là. A l'hôpital ? Parce qu'il n'était pas sûr que les hôpitaux soient le lieu préféré des carnivores. Il n'y avait que de faibles herbivores, blessés et … faibles. Sans intérêt. Et pourquoi il était devant sa chambre ? Et… Non, Hibari n'était pas le problème. Du moins pas dans l'immédiat. Le problème était dans sa chambre. Lui rendre visite ? Il devait sérieusement être dans les vapes. Pourquoi ? Simplement parce que Mukuro était dans sa chambre, pour lui rendre visite et parce qu'Hibari était juste dehors, pour… pour quoi ? Aucune idée. Mais non, il n'était pas dans les vapes. Sous morphine mais pas dans les vapes. Sous morphine et il avait encore mal. La morphine n'était pas assez puissante mais elle coulait dans ses veines. Et il avait vérifié, l'appareil fonctionnait.
Quelqu'un allait devoir lui expliquer pourquoi il y était insensible ? D'ailleurs pourquoi est-ce que les médecins s'embêtaient ? Autant donner le médicament à quelqu'un d'autre. Mais il s'égarait. Et puis il avait déjà la réponse. Sa sœur avait un grand rôle là-dedans. Enfin sa demi-sœur. D'ailleurs, où est-ce qu'elle était ? Elle n'avait pas été prévenue ? Non, c'était peut-être mieux ainsi. Il n'avait pas besoin de son débordement d'Amour. Assez de soucis comme ça. Comme par exemple le Gardien de la Brume dans sa chambre en train de la fixer étrangement.
"Quoi ?"
"Kufufu, je trouve ça amusant. Ton visage est plus expressif que je le pensais."
Qu'est-ce qu'il racontait l'ananas ? Et il n'avait pas fini de le fixer ainsi. Lui donnait l'impression d'être une bête de foire. On l'avait assez regardé comme ça. Trop souvent. Chez lui. Dehors. A cause de son métissage. A cause de son talent. A cause de…
"Arrête de me fixer comme ça !"
Mukuro parut sur le coup plutôt surpris avant de sourire. L'argenté avait repris du poil de la bête il semblerait.
"Oya, oya, ce n'est pas de ma faute si ton visage est agréable à regarder. Malgré…" Mukuro attrapa la mâchoire de Gokudera et fixa hostilement la morsure sur sa lèvre inférieure. Hayato attrapa le poignet de Mukuro et lui jeta un regard noir. Il commença à resserrer sa prise. Le plus vieux le regarda, amusé. "Kufufu, tu veux voir lequel de nous deux lâchera en premier ?" Il desserra avec facilité les doigts qui entouraient son poignet et observa les bandages sur le poignet blanc du métis. Blanc. Toujours aussi blanc. Même les bandages l'étaient. Mais il savait que dessous, ce n'était pas aussi blanc. Violet peut-être à présent. Mais toujours pas rouge. La main qui tenait le menton de l'argenté descendit lentement jusqu'à son cou qu'il effleura avec légèreté. Il ne manqua pas la micro-grimace de Gokudera quand il toucha la peau. Celle-ci était encore sensible visiblement.
Puis sa main partit vers la nuque pour remonter dans la chevelure argentée. Il joua avec quelques mèches. C'était assez agréable. Et doux. Le métis ne bougeait toujours pas. Son esprit lui hurlait de faire quelque chose mais son corps ne l'écoutait pas. Non pas qu'il était tendu. Au contraire, son corps se détendait progressivement, comme s'il avait accepté la présence de l'illusionniste. Mais il ne l'avait PAS accepté. Alors pourquoi il était détendu ?
Mukuro lâcha le poignet qu'il tenait toujours et fit remonter sa main gauche le long du bras de l'argenté. Il eut un sourire amusé en sentant les frissons qui couvraient la peau d'Hayato. Puis il attrapa la main de ce dernier qu'il amena près de son visage. Des doigts fins et longs. Doigts de pianiste. Et Hayato était un pianiste. Non, avait été. Il n'avait pas joué depuis…
"C'était quand la dernière fois que tu as joué ?" Il était curieux. L'adolescent était surprenant. Qui pourrait imaginer que cet adolescent à l'apparence rebelle et au caractère explosif s'avérait être le meilleur étudiant – ou presque – de son lycée et qu'il savait jouer du piano ? Très bien en plus. Il avait entendu sa sœur le dire. Elle devait bien être la seule à l'avoir entendu.
"Qu'est-ce que ça peut te faire ?" Gokudera n'avait pas besoin de précision pour comprendre la question. Mukuro fixait sa main avec intérêt et son pouce touchait ses doigts. Longs et fins. Parfaits pour jouer. Jouer à quoi ? Au piano bien sûr. Mais il ne jouait plus. Le piano le rendait mélancolique. Le piano ramenait des souvenirs. Des souvenirs heureux. Trop heureux. Trop douloureux. Alors il ne jouait plus. Les touches blanches et noires pouvaient se recouvrir de poussière, il ne s'en souciait pas. Ce n'était pas lui qui irait les nettoyer.
"Je suis curieux. Alors ?"
Mais Hayato refusait de répondre. Répondre signifiait se rappeler. Se rappeler des heures d'apprentissage avec son professeur, avec la gentille dame au beau sourire et aux longs cheveux argentés. Comme les siens. La même chevelure grise argentée. La dame qui lui souriait, sincèrement. Celle qui avait arrêté de venir à partir de son troisième anniversaire. Celle qui s'était avéré être sa mère. Sa véritable mère. Celle qui lui avait donné naissance. Celle qui était morte le jour de son troisième anniversaire. Celle qui…
Ses pensées furent interrompues quand il sentit un doigt sur sa joue. Un doigt qui semblait effacer quelque chose. Quelque chose d'humide. De salé. Il leva les yeux vers Mukuro qui le regardait presqu'avec douceur. C'était étrange. Le pouce changea de joue. Il réalisa. Il pleurait. Ce que Mukuro essuyait, ce qui troublait sa vue, c'était ses larmes. Il pleurait. Il PLEURAIT. Devant Mukuro. Il pleurait à cause d'une simple question. Si Mukuro n'avait pas posé cette question, il n'aurait pas pleuré. Et il ne pouvait pas s'arrêter. Les larmes coulaient. Silencieusement. Elles se libéraient. Enfin.
Mukuro continuait d'essuyer les larmes sur les joues pâles de l'argenté. Il avait été surpris de voir Gokudera se mettre à pleurer. Alors il avait senti un étrange pincement au cœur et sa main gauche s'était déplacé vers le visage du métis. Il se mit à masser lentement la nuque qu'il tenait encore dans l'espoir de… réconforter l'argenté. Il ne s'attendait pas à ce que sa question ait un tel effet. Qu'elle fasse pleurer le Gardien de la Tempête. Il n'avait jamais imaginé que celui-ci soit si sensible. Mais ça ne devait pas l'étonner. Du moins pas tant que ça. Hayato était plus fragile qu'il ne laissait à penser. Sa possession lui avait appris ça. La barrière qu'avait dressée l'argenté. Il l'avait effleurée. A l'époque, elle tenait, forte mais instable en même temps. Il ne s'y était pas attardé. Maintenant elle avait pu être renforcée.
Il s'approcha doucement d'Hayato jusqu'à ce que leurs fronts se touchent. "Tu es vraiment magnifique comme ça, les larmes te vont à ravir." Gokudera le fixa, surpris. Puis sa surprise se mua rapidement en colère. Son moyen de défense. Mukuro ne mentait pas. Il trouvait réellement beau, l'eau cristalline s'échappant de ses yeux qui abordaient une couleur plus verte, plus lumineuse, moins grise. "Kufufufufu, calme-toi, pas la peine de t'énerver de la sorte. Je ne fais que constater."
"Va te faire foutre !" répliqua Hayato en tentant de se dégager mais l'illusionniste avait une forte prise. Il finit par abandonner, comprenant que l'autre ne le lâcherait pas. Mais pas sans lui jeter un regard meurtrier, digne du carnivore, songea Mukuro en souriant. Mais ça le l'atteignait pas. Il en avait l'habitude avec l'alouette carnivore.
Après quelques minutes, les larmes s'étaient taries mais Mukuro n'avait toujours lâché l'argenté qui s'était à présent fait à l'idée. Enfin non pas vraiment. Il essayait de faire lâcher l'autre mais ça ne servait à rien. Il soupira. "Qu'est-ce qu'il s'est passé ?"
Et revoilà le retour des questions floues et vagues. Mais étrangement Mukuro comprit ce que demandait le plus petit. "Comme je l'ai dit à Tsunayoshi et aux autres, je leur ai appris la leçon." Gokudera lui lança un regard interrogateur. Enfin plutôt incertain. "Qu'ils n'auraient pas dû s'en prendre à ce qui m'appartient."
"Quoi ?! Eh enfoiré ! Je ne t'appar…" commença à crier Gokudera avant d'être interrompu par Mukuro qui plaça sa main gauche au niveau de la clavicule du plus jeune. Il dégagea légèrement la robe d'hôpital pour laisser apparaître la marque de morsure qu'il avait faîte il y a deux semaines de ça.
"Je t'ai marqué," déclara simplement Mukuro en passant se doigts sur l'ancienne blessure.
"Qu'est-ce que… ?! Enfoiré ! Ce n'est pas une marque d'appartenance. Je ne suis p…" Gokudera fut une nouvelle fois interrompu quand Mukuro mit sa main devant sa bouche. Ce dernier se pencha jusqu'à ce que sa bouche soit à côté de l'oreille de l'argenté qui tenta de reculer mais Mukuro maintenait toujours sa nuque. Il frissonna quand il sentit le souffle de l'illusionniste contre son oreille.
"Je peux te marquer une nouvelle fois. Tu m'appartiens et cela signifie que ces types n'avaient pas le droit de te toucher. Ton rouge t'irait bien, non ? Il te va bien, mais ils n'avaient pas le droit. Il n'y a que moi qui puisse teindre cette blancheur." Il mordilla alors le lobe de l'oreille de Gokudera qui se figea. A cause des paroles ou de l'action. Il ne savait pas. Mais il ne bougeait plus. Il voulait repousser Mukuro mais ses bras refusaient obstinément de bouger, de se lever pour se placer sur les épaules du plus grand.
"Sinon, tu n'as toujours pas répondu à ma question." Gokudera ne pouvait pas le voir mais il était sûr que Mukuro souriait. Fichu ananas. Pas moyen qu'il s'occupe de ses affaires. Ça ne lui servait à rien de savoir. Curiosité. Tch, ce n'était pas lui qui allait satisfaire sa curiosité. Et ce n'était pas comme si quelqu'un d'autre pouvait le renseigner. La main sur sa nuque se dirigea une nouvelle fois dans ses cheveux. Il la sentait peigner et tripoter quelques mèches. "Tu ne me hurles pas dessus cette fois ?"
Non, il ne lui hurlait pas dessus. Et il ne lui hurlerait pas dessus. Parce que son esprit était concentré sur autre chose. Le souffle près de son oreille. La main dans ses cheveux. Ça faisait longtemps que quelqu'un n'avait pas passé sa main dans ses cheveux avec autant de douceur. Si une main touchait ses cheveux, c'était pour les attraper violemment. Comme ces types qui l'avaient capturé. Comme ces types en Italie. D'habitude c'était douloureux. Là c'était agréable.
Mukuro se redressa et sourit, amusé par la réaction de l'argenté. Il aurait presque juré entendre un ronronnement. Le métis était absolument adorable comme ça. Il avait même fermé les yeux et s'était légèrement penché à son contact. Oui, adorable. Et avant qu'il ne s'en rende compte, Mukuro se pencha et posa ses lèvres sur celles de son vis-à-vis. Celui-ci tressaillit avant de se détendre. Trop rapidement, selon lui. Mais cette fois-ci, le baiser n'était pas aussi agressif et violent que la dernière fois. Et la main était encore dans ses cheveux. Le contact était doux. Trop doux encore. Avant que Mukuro stoppe le baiser, un sourire presque moqueur sur le visage.
"Kufufufu, tu as l'air très mignon comme ça." Le commentaire ajouta quelques rougeurs au visage d'Hayato dont son expression passa de la gêne à la colère. Mukuro fit fi de cette réaction et embrassa une nouvelle fois l'argenté, étouffant un gémissement surpris de ce dernier. Mais avant qu'il ait pu réagir, Mukuro introduisit sa langue dans sa bouche et commença à la faire jouer avec son homologue. Gokudera tenta d'éloigner la sienne mais Mukuro était invasif et s'amusait à exploiter la cavité buccale de la Tempête. Celui-ci tenta de s'extirper de la prise de l'autre mais rien n'y faisait, il était fermement maintenu contre l'illusionniste.
Il parvint à placer ses bras contre la poitrine de l'autre mais il ne pouvait toujours pas l'éloigner. Ce dernier s'éloigna finalement, mais très légèrement. Juste assez pour que Gokudera puisse reprendre son souffle.
"Calme-toi, tu commences à être tendu, ce n'est pas bon pour tes blessures," souffla l'illusionniste en se remettant à caresser le crâne de l'argenté. "Détends-toi." Il se pencha de nouveau et l'embrassa. Hayato se laissa faire, incapable de savoir quoi faire. Ne rien faire. Répondre. Se débattre. Et puis pourquoi est-ce que Mukuro l'embra…
"Je peux savoir ce qu'il se passe exactement ?"
