Bienvenue chers lecteur et chères lectrices pour ce deuxième chapitre !
Rien de bien élaboré mais j'avais envie d'écrire un moment d'intimité entre nos deux sorcières bien aimées =3
Je ne sais pas encore ce que contiendra le troisième chapitre mais d'ici là, j'aurais tout le loisir d'y réfléchir.
N'hésitez pas à laisser un commentaire !
Bonne lecture
Amicalement,
DevilK.
Harry Potter
Minerva McGonagall & Hermione Granger
~ Just A Few Tears ~
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Résumé : Hermione, enfin libre de penser à autre chose que sauver le monde, revient à Poudlard pour terminer ses études avec Harry et Ron. La guerre et Bellatrix ont laissées leurs marques dans son cœur et sa peau. Être le cerveau du Trio d'Or n'aura pas été de tout repos pour elle et maintenant qu'elle peu enfin avoir un peu de tranquillité, les conséquences du combat contre le Seigneur du Mal ont raison d'elle. Après avoir pleuré ses camarades perdu au combat, aidé à la reconstruction de l'école et tenter de gérer ses cauchemars relatif à sa captivité entre les mains de Lestrange, la belle Gryffondor ne s'attendait pas à ce que l'amour se manifeste et devienne un problème encore plus important à traiter. Mais … est-ce vraiment bien le cas ?
Chapitre 2 :
Les désires d'une femme
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Minerva siégeait dans son grand fauteuil, occupée avec beaucoup de paperasse à remplir pour le ministère sans oublier une pile entière de parchemins à corriger. Elle soupira et regarda l'horloge, déjà 22 heures. Son travail n'était pas encore terminé mais elle avait tout de même bien avancé, il était grand temps de faire une pause avant d'entamer sa ronde nocturne. Retirant ses lunettes, elle se frotta les tempes pour essayer de se détendre. Une tasse de thé ne serait pas de refus mais à l'heure actuelle, un verre de whisky pur feu ne serait pas du luxe non plus !
« Alba ? »
Un petit elfe de maison fit son apparition et salua la directrice. Alba était née il y a quelques années et en tant que Maîtresse de sa génitrice, Minerva avait le privilège de lui choisir un nom. Alba, qui signifie 'Écosse' en gaélique, était venu naturellement. Bien que jeune et ne maîtrisant pas tout à fait le bon usage de la langue, elle était néanmoins en âge de servir au sein de l'école.
« Vous appelez, maîtresse la directrice ? »
« Oui très chère, auriez-vous l'obligeance de m'apporter du thé et une collation ? »
« Tout de suite, maîtresse. »
L'elfe disparut, laissant la sorcière songeuse. La matinée avait été une catastrophe, l'explosion émotionnelle d'Hermione était le sujet de toute les conversations. Si certains doutaient encore de sa puissance, elle leur avait prouvé qu'elle était plus redoutable qu'un mangemort. Une démonstration qui avait eu son effet, sa fureur était effrayante et pourtant à couper le souffle. La rapidité de ses mouvements combinée à sa subite colère, avaient eu raison de son aspect soigné. Sa cravate s'était un peu dénouée, ses cheveux n'étaient plus aussi lisses et ressemblaient plutôt à une crinière indomptable. Elle dominait ce pauvre Weasley, il n'était plus qu'un souriceau piégé dans les griffes du fauve. La fureur dans ses yeux, sa voix, ses gestes, elle rugissait littéralement. Vraiment, une lionne dans toute sa splendeur. Un spectacle qui lui donna plus d'un frisson. Comme beaucoup d'autre, elle était resté bouche bée. Tiraillée entre son émerveillement et son devoir de directrice, elle s'était immédiatement levée pour intervenir mais heureusement, elle n'eut pas à agir. La préfète semblait avoir repris partiellement le contrôle après un bref échange visuel mais son humeur était encore massacrante. Alba se présenta et laissa le plateau sur un coin du bureau.
« Voilà pour vous, maîtresse. Vous vouloir autre chose ? »
« Non, ce sera tout Alba. Vous pouvez retourner à vos occupations. Merci ma chère, bonne nuit. »
« Bonne nuit à vous aussi. »
Aussi vite qu'elle était apparu, la petite créature retourna d'où elle était venu. Minerva se servit et se laissa de nouveau dériver vers des pensées pleines d'une certaine Hermione Granger. Après l'incident dans la grande salle, sa préfète en chef ne s'était pas présentée à son cours. A aucun cours à dire vrai, pas même au repas et elle pouvait comprendre pourquoi. Toutefois, malgré sa gêne, sa honte, elle n'avait probablement pas quitté son dortoir ni mangé de la journée et ce n'était pas une bonne chose du tout. Une réflexion qui lui faisait froncer les sourcils, à croire qu'elle n'avait fait que ça de toute la journée.
« Tu sembles contrariée Tabby. Quelque chose ne vas pas ? »
Sortie de ses pensées par la voix de son vieil ami, Minerva soupira.
« Oh Albus … »
Elle se leva, tasse en main, et resta debout devant le grand portrait d'Albus Dumbledore. Il avait été son meilleur ami pendant des décennies, son confident aussi. Si quelque chose lui pesait, elle savait qu'elle pouvait compter sur lui. Un peu nostalgique, elle plongea son regard dans ses yeux bleus espiègles, cherchant un peu de réconfort.
« C'est à propos d'Her … de miss Granger. La guerre l'a changée, Albus. La guerre les a tous changé. Ce ne sont que des enfants par Merlin ! Des enfants poussés à faire la guerre et à poursuivre le combat en passant sur les cadavres de leur camarades tombés en cours de route ?! Des adultes tels que nous peuvent surmonter les traumatismes, ce n'est pas notre première guerre mais eux ?! Ils sont si jeunes et déjà brisés pourtant … »
« Minerva … Nous avons déjà eu cette conversation, n'est-ce pas ? »
Aussi grand et bon ami était-il, Minerva ne pouvait pas lui pardonner d'avoir envoyer Harry Potter au devant d'une mort certaine et avec lui, sa protégée. Lui confier cette mission était dangereux et pourtant, elle savait bien que cette décision était nécessaire.
« Pour gagner une guerre, il faut être prêt à faire des choix difficiles et en assumer les conséquences. Tu le sais aussi bien que moi, ma chère. »
« Sauf que tu n'es plus là pour assumer tes choix, vieux fou ! »
La directrice sentait sa colère l'emporter sur sa raison et maugréa en buvant sa tasse de thé. Albus soupira doucement, ce n'était pas la première fois qu'ils avaient cette discussion. Oh non, le sujet revenait souvent sur le tapis et il pouvait le comprendre. Il regrettait beaucoup de chose et envoyer le jeune garçon qu'il affectionnait tant, au devant de grave danger avait été difficile pour lui. Il était peut-être fou, oui mais pas aveugle. Il avait depuis longtemps remarqué l'attention particulière que Minerva donnait à sa jeune lionne. Il avait vu les signes et voilà exactement pourquoi elle était si furieuse. Il avait mis en danger non seulement Harry mais aussi Hermione et ça, elle ne lui pardonnait pas.
« Tabby … »
« Pas de Tabby avec moi ! »
Elle était vraiment contrariée. Il soupira avant de prendre un bonbon citronné.
« Hermione Granger est sans aucun doute la sorcière la plus douée de sa génération. Sans elle, Harry n'aurait pas réussi sa mission, elle devait l'accompagner. »
Hors de ses gongs, la sorcière en pétard posa violemment sa tasse sur son bureau. Son accent écossais était tranchant, aussi sec qu'un coup de bâton.
« Tu avais vraiment prévu ton coup depuis longtemps, vieille chouette ! Si tu avais eu l'intelligence de laisser une note à l'attention de Monsieur Potter en lui expliquant clairement comment détruire les Horcruxes, peut-être que cette pauvre miss Granger serait restée en sécurité à Poudlard ! Non, au lieu de cela tu as préféré léguer des énigmes en laissant plus de questions que de réponses ! Heureusement qu'elle est intelligente sinon je ne donnais pas cher de leur peau ! Tu n'as aucune idée de ce qu'ils ont vécus. De ce qu'Hermione à subit aux mains de Bellatrix ! De la torture vicieuse et sadique ! Je jure que si tu n'étais pas déjà mort, je te tordrais le cou moi-même ! »
A bout de souffle et les nerfs encore à fleur de peau, la tornade écossaise termina son thé d'une traite avant de soupirer.
« J'ai besoin d'un Whisky … »
« Est-ce bien raisonnable ? Tu es encore en fonction Tabby. »
« Silence ! Je l'ai bien mérité après une journée aussi désastreuse !»
Si Minerva McGonagall voulait un verre de Whisky, elle n'avait besoin de personne et surtout pas d'une approbation quelconque. Baguette en main et quelques mouvements vers un tiroir de son bureau, elle sortie une bouteille et un verre qu'elle rempli de moitié. Elle était encore en service. Verre en main, elle apporta la liqueur à ses lèvres et avala une première gorgée. Une douce chaleur se répandait déjà à travers son corps, apaisant momentanément le stresse de la journée. Elle inspira profondément et soupira calmement.
« Tu te sens mieux ? »
Un coup d'œil rapide vers le portrait qui la regardait avec une étincelle de malice, elle posa le verre.
« Pour le moment, je m'en contenterais. »
« Bien. Bien. Donc, un problème avec miss Granger ? J'ai assisté à la scène ce matin, une démonstration époustouflante, en effet. Elle me rappelle une certaine sorcière tout aussi impulsive dans ces jeunes années. Et je pense savoir pourquoi tu t'inquiètes ma chère mais Monsieur Weasley à provoquer sa colère et si je ne m'abuse, la tempête est passée aussi vite qu'elle était arrivée. Miss Granger à reprit le contrôle de ses émotions d'elle-même. »
« Elle a littéralement écraser la tête de Ronald Weasley contre la table, Albus ! »
« Oui, je le sais. Je le sais. Toutefois ma chère Minerva, nous savons tout le deux que les actions du jeune Ronald étaient irréfléchies. Miss Granger a agi par pur réflexes défensifs et je pense que nous ne pouvons pas lui en tenir rigueur. D'ailleurs, j'ai ouïe dire qu'elle avait clairement refusé les avances de ce dernier mais qu'il n'écoutait pas et se montrait plutôt insistant. Malheureusement pour lui, il n'a fait que récolter ce qu'il a semer si j'ose dire, je ne suis qu'un vieux fou dans un portrait. »
Elle se tut un instant, savait-il ? Comment ? Par qui ?
« Harry et moi parlons de temps à autre. L'avantage d'être un portrait à Poudlard, je peux me déplacer n'importe où à condition qu'il y en ai un autre pour m'accueillir. Alors oui, je sais beaucoup de chose ma chère. Je comprend parfaitement la colère que tu ressens à mon égard, j'ai précipité ta protégée vers une mort certaine. Je savais qu'Hermione suivrait Harry et je n'ai rien fait pour l'en dissuader. A cause de ce choix, elle a subit le plus terrible des châtiments et la plus dégradante humiliation. Harry a toujours été spécial à mes yeux, tout comme Hermione l'est pour toi. »
Il marqua une courte pause, laissant son amie de longue date sans voix.
« Ces deux là vont avoir besoin d'aide pour surmonter leur traumatismes. Harry a déjà retrouver un semblant d'équilibre auprès de Ginny Weasley mais Hermione … Elle aura besoin de toi, Tabby. Elle n'a personne d'autre vers qui se tourner en ce moment. »
Minerva ferma les yeux, bien sûr qu'elle aiderait sa jeune lionne. Encore fallait-il savoir comment !
« Albus, je suis son professeur et la directrice de Poudlard. Il est évident que j'aiderais chacun de mes petits si j'en ai la possibilité. Je ne sais pas encore comment aider miss Granger, voilà le réel problème. »
Les yeux du vieil homme pétillaient soudainement.
« Es-tu sûr de ne vraiment pas savoir comment lui venir en aide ? »
Subtil mais pas assez pour elle, la directrice savait parfaitement où la conversation allait finir.
« Albus ! »
« Inutile de le nier ma chère. J'ai remarqué la façon dont tu la regardais au bal de noël, pendant sa 4ème année. Hermione n'est plus une enfant, c'est une femme. Une femme qui a visiblement volé ton cœur. »
Ne sachant que dire, Minerva voulait tout nier en bloc mais elle ne pouvait pas mentir à cet homme. Elle soupira fortement et frotta ses tempes.
« Je suis son professeur, la Directrice de Poudlard et sa directrice de maison. Je suis une vieille femme et elle, une magnifique sorcière de 40 ans ma cadette. C'est encore une élève et je n'ai jamais courtisé ni été courtisée par mes élèves ! »
« Oui, c'est exact mais Hermione est en âge de faire ce choix. L'amour est certainement le remède à tout les maux et tu n'es pas en mesure de lui résister longtemps si elle décidait de franchir la limite invisible qui sépare l'enseignant et l'élève, l'amie et l'amante. Le chat est sans aucun doute l'animal le plus discret, il se faufile partout sans être vu ni entendu. Tu es une femme qui sait garder sa vie privée à l'abri des regards indiscret, Tabby. »
« Albus Dumbledore, serais-tu en train de m'inciter à … céder aux caprices de mon animagus et séduire mon élève ?! »
« L'animagus la trouve certainement à son goût mais la sorcière aussi. Pourquoi qualifier de caprices, les désires d'une femme amoureuse ? »
« Je suis une vieille femme, que pourrait-elle me trouver d'attrayant ?! »
« Tu es une femme tout à fait charmante malgré les apparences trompeuses que tu laisse voir aux autres et Hermione l'as remarqué. Je sais que tu es amoureuse de cette jeune femme, tu ne peux pas le nier. »
Elle grommela et prit une gorgée de son whisky. Qu'il pouvait être énervant avec son omniscience !
« Peut-être … et c'est complètement ridicule ! »
« Pourquoi donc ? Tu as droit au bonheur et je ne trouve pas meilleur partenaire que Miss Granger. Vous vous compléter parfaitement l'une et l'autre. »
« Mais c'est mon élève pour l'amour de Merlin ! »
« Elle ne le sera plus dans quelques temps. »
« Je ne ferais pas la court à Hermione ! »
« Et le Tabby ? »
« Je sais me contrôler ! »
Il esquissa un sourire amusé.
« Oui, ce matin était une belle démonstration. Le self-contrôle de Minerva McGonagall dans toute sa gloire. »
« Assez! »
Exaspérée, la directrice termina son verre et regarda l'heure. Elle n'avait plus le temps de bavarder avec ce vieux fou, ses obligations de directrice l'appelaient. Avec cette discussion insensée, elle n'avait pas encore trouvé le moyen d'approcher Hermione sans être vu. A moins que … Se dirigeant rapidement à l'autre bout de son bureau, elle chercha le calendrier des rondes nocturnes des préfets et préfètes. Parfait ! Hermione n'était pas de corvée cette nuit, elle pourrait donc se faufiler dans son dortoir sans être vu. Elle enveloppa sa collation dans une serviette et la rangea soigneusement dans la poche de sa robe. Elle tourna ensuite son regard vers un Dumbledore tout sourire.
« Nous terminerons cette discussion, plus tard. »
« Je serais là. Bonne nuit Tabby. »
Elle roula des yeux et commença son petit tour. Elle inspecta les couloirs, puis les dortoirs de Serdaigle et Poufsouffle. Elle croisa le préfet en chef de Gryffondor qui lui souhaita de passer une agréable nuit, lui confirmant que les Serpentard étaient tous dans leur dortoir. Elle le remercia et se dirigea vers la tour de sa maison. Albus avait raison sur un point, les chats sont bien les seuls à pouvoir se faufiler sans bruit. Sortant le petit paquet qu'elle avait gardé précieusement dans sa poche, elle le prit dans sa bouche et se transforma. Le tabby se présenta devant la grosse dame qui la laissa entrer sans sourciller, lui glissant un discret « Bonsoir Directrice. ». Sans bruit, le chat tigré s'avança dans la salle commune avec prudence. Il n'y avait visiblement personne, seul le crépitement du bois dans la cheminée se faisait entendre. Elle n'allait pas s'en plaindre ! Continuant son chemin, elle se dirigea vers le fond de la salle et emprunta l'escalier. Premier obstacle, la porte qui cachait les marches du dortoir des filles était close. Elle roula des yeux mais avec tout les privilèges d'être la Directrice, Poudlard répondait à ses demandes, lui laissant le champ libre. Satisfaite, la féline s'empressa de continuer son chemin, la porte se refermant derrière elle. Un coup d'œil à gauche, puis à droite, elle monta les étages, non sans une pointe d'excitation et d'adrénaline. Hors de question qu'elle se fasse attraper maintenant, que penseraient les élèves s'il la découvrait en train de se faufiler de la sorte … Par la barbe de Merlin, sa dignité et sa réputation en prendraient un coup ! Enfin arrivée à destination, elle s'avança vers la grande porte en bois, la seule de l'étage. Celle-ci s'ouvra doucement, de quelques centimètres à peine, assez pour que la féline se faufile sans bruit, avant de se refermer. La pièce était à peine éclairée et elle était là, couchée dans son lit, le nez plongé dans un livre. Elle avait l'air beaucoup plus calme que ce matin. Si elle le pouvait, Minerva sourirait. Hermione ne l'avait pas encore remarquer visiblement, comment devrait-elle l'approcher sans l'effrayer ? Guidée par ses instincts de chat, elle sauta habilement au pied du lit et s'assit, enroulant sa queue autour de ses pattes.
Sentant le changement de poids léger et à peine perceptible, Hermione leva les yeux de son livre et se retrouva nez à nez avec le félin qui attendait visiblement quelque chose. Elle l'observa quelques instant, fixée avec intensité par ses iris vert perçants.
« Professeur … McGonagall … Mais qu'est-ce que vous … ? Comment avez-vous réussi à … ? »
Elle se redressa dans son lit et se retrouva à court de mot. Elle aurait du s'en douter mais elle ne s'attendait pas à ce que la Directrice se faufile vraiment jusque dans sa chambre, ce n'était qu'une possibilité à ses yeux. Elle soupira calmement, lui souriant avec douceur par la suite.
« Que faites-vous là, professeur ? Ou Directrice peut-être ? Je ne sais jamais comment m'adresser à vous ! Un coup vous êtes mon professeur, puis l'instant d'après la directrice, ou ma chef de maison. A qui ai-je à faire ce soir ? »
La féline ne bougeait pas, à part le léger mouvement lent et régulier du bout de sa queue. Hermione fronça les sourcils, méfiante.
« Vous n'êtes pas venue pour … vous savez … me faire un long discours et reprendre mon badge de préfète ? Je sais que mon attitude d'aujourd'hui mérite des reproches mais Ron … ! J'avais besoin de me calmer et l'avoir sur le dos toute la journée … Non, je n'aurais pas été en mesure de le supporter. Je suis prête à subir toutes les remontrances que vous voudrez mais pas ce soir, par pitié. »
Lasse et fatiguée, la jeune lionne se frotta les tempes pour calmer la tension soudaine et ferma les yeux. Faire face à Minerva maintenant était au dessus de ses forces, surtout qu'elle avait vu ce baiser immonde et cela confortait la jeune femme dans son dégoût. Elle s'attendait à ce que son mentor reprenne forme humaine et lui fasse la moral, elle s'y attendait vraiment mais rien ne se produit. Intriguée, elle osa le contact visuel. La féline continuait de la fixer avec une lueur étrange dans les yeux, ce qui laissa la préfète un peu perplexe et encore plus intriguée. Elles se regardèrent sans bouger, ni parler. Hermione commençait même à douter de son jugement et pourtant, il n'y avait pas deux félins aussi distinctifs dans ce château ! Elle reconnaîtrait la forme animale de son mentor entre mille. Peut-être qu'elle avait accepté sa requête ? Pas de leçon de moral ce soir. Finalement, le tabby s'approcha de quelques pattes et déposa ce qu'il avait dans la gueule en face de la brune. Il resta là, assit sur son derrière, la queue enroulée dans sa position habituelle.
Ne cherchant pas à savoir ce qui n'était pas nécessaire, Hermione déballa simplement le paquet mystère.
« Oh ? »
Surprise de trouver deux sandwichs aussi bien emballés, elle jeta un rapide coup d'œil sur la féline. Elle ne s'attendait pas à ça, en effet.
« Eh bien … Merci, professeur. Je dois bien avouer que je n'ai rien avalé de la journée mais vous n'auriez pas dû … »
Visiblement agacée, la féline sorti les griffes et attrapa un bout de serviette qu'elle commença à tirer vers elle. Un geste tout de suite contesté par la brune et son estomac grondant.
« Très bien, très bien ! Je vais les manger ! »
Les griffes rétractées et la patte gracieusement retournée dans sa position, cette réponse lui convenait. La jeune Gryffondor entama son maigre repas de la journée, sous les yeux attentifs du chat tigré. Soudainement mal à l'aise d'être fixée avec autant d'insistance, elle faisait de son mieux pour ne pas rougir mais trop tard hélas, le rouge lui était déjà monté aux joues.
« Professeur McGonagall, ne me fixez pas comme ça. C'est gênant. »
Une réflexion qu'elle pourrait tout aussi bien recevoir, elle qui ne faisait que regarder son enseignante à chaque fois que l'occasion lui était donnée. La féline, bien qu'inexpressive à première vue, avait le même train de pensées et cela se voyait dans ses yeux. La façon dont elle la regardait, était la même que la jeune femme, elle la fixait avec autant d'insistance et d'intensité. Hermione n'était pas idiote et semblait comprendre sans qu'aucun mot ne soit nécessaire, ce qui la faisait rougir d'avantage. Prise sur le fait ma petite. Elle termina son premier sandwich, prenant garde à ne mettre aucune miette dans son lit. Le deuxième ne tarda pas à subir le même traitement, une petite collation qui l'aiderait à tenir jusqu'à demain. Se débarrassant de la serviette en la jetant dans la corbeille à coté de son lit, la préfète remarqua l'heure et soupira. Déjà 23h30, il était temps de se mettre au lit. Elle referma son livre et le posa sur sa table de nuit. Elle se glissa sous ses couvertures mais s'arrêta pour ne pas bousculer son professeur de métamorphose. La féline cependant, n'avait pas envie de bouger et se lécha une patte l'air de rien. Elle esquissa un sourire, oubliant presque à qui elle avait à faire. Un vrai chat, se disait-elle. Néanmoins, elle lui était reconnaissante de rester sous cette forme. Il était beaucoup plus facile de garder ses sentiments sous contrôle avec l'animagus, plus facile d'oublier les problèmes et la douleur qu'ils engendraient aussi. Est-ce que Minerva l'avait remarqué ? Difficile à dire.
Épuisée, la jeune femme dissimula un bâillement derrière sa main.
« Professeur, il est tard. Vous devriez retourner dans vos quartiers et dormir, vous en avez autant besoin que moi. Demain, nous sommes samedi. Vous pourriez rester au lit un peu plus longtemps. »
Le Tabby, appréciant grandement la présence de la jeune femme, avait d'autre projet. Il s'approcha d'elle et se frotta contre son bras en ronronnant. Le geste prenait Hermione au dépourvu, allant de surprise en surprise. Elle soupira doucement, tiraillée entre deux possibilités. Soit elle écoutait la petite voix et renvoyait l'animal, soit elle écoutait son cœur et le gardait. Incertaine de faire le bon choix, elle céda à son envie d'avoir la sorcière prés d'elle cette nuit, même si ce n'était que sous cette forme.
« Bon très bien, vous pouvez resté mais ne me dites pas par la suite que je vous ai forcé la main. Vous dormez dans le lit de votre étudiante de votre propre chef. »
La féline s'arrêta tout de suite de ronronner et fixa la brune.
« Quoi … ? A part vous et moi, personne ne le saura. »
Hermione se pencha vers la bougie sur sa table de nuit et souffla. Elle se coucha sur le coté, confortablement installée. La féline ne mit pas longtemps à venir frotter sa tête dans son cou et s'installer là avant de ronronner. Poussant sa chance, la brune osa caresser la fourrure de l'animal qui ronronnait plus fort en réponse. Elle chuchota, les oreilles du tabby n'étant pas loin.
« Merci pour les sandwichs, j'avais vraiment faim … »
Son ronronnement régulier aida la jeune femme à trouver rapidement le sommeil.
