Lali oh ! Bon, c'est partit, l'histoire peut enfin commencer à être intéressante ! Et j'ai beaucoup, beaucoup d'idées... sadiques parfois mais je suis excellente à ça ! Sortez les mouchoirs au cas où !
Bonne lecture !
Après que le jeu soit clairement expliqué, les groupes se forment, créant parfois quelque disputes. Cependant, les trois divinités décident de lancer une première épreuve et c'est Nekomata qui a le diabolique honneur de choisir quoi faire faire aux participants.
Chapitre 5 : Qui mentira sur son vœu ?!
Akashi se tenait droit, ses bras croisés sur son torse. Son regard rouge s'arrêtait sur chacun des participants.
Aomine jetait un regard noir à Kagami qui le lui rendait volontiers, Kuroko entre eux. En voyant les deux joueurs de Seirin, un brasier s'alluma en lui et la violente envie de les mettre plus bas que terre le lançait terriblement. Vaincre.
Kise avait son éternel sourire bien qu'un peu moins éclatant depuis sa défaite à la Winter Cup. A croire que chaque défaite le rendait de plus en plus sombre. Faible.
Près de lui, Himuro avait demandé à Murasakibara de lui passer sa bouteille remplie d'un quelconque liquide pour Takao, assis à même le sol, ses jambes ne pouvant pas le porter. Le brun de Yosen avait les traits tirés et bien trop pâle pour que ce soit normal. D'après quelques petites recherches, le rouge avait appris qu'il était devenu capitaine. N'avait-il pas la force de gérer avec ses études ? Pathétique.
Takao lançait sans cesse des regards à Midorima. Les yeux gris étaient remplis de beaucoup de choses dès qu'ils se tournaient vers le vert. Intéressant.
Le tireur de Shutoku remontait sans cesse ses lunettes, détaillant avec intérêt les trois divinités. Akashi avait également pris le temps d'observer les maîtres du jeu. Le chat devait être un Nekomata et l'autre animal horrible devait être le Tanuki. Le rouge et le vert avait ça en commun, ils analysaient tout méticuleusement. Empereur et Général.
-Bien... et si nous commencions ?
Cette unique phrase instaura un silence de mort dans le groupe et tous les yeux se rivèrent vers les trois bêtes.
Nekomata et Kitsune se tournèrent vers Tanuki qui s'avança un peu. Akashi nota dans un coin de sa tête que le raton-chien regardait Kise et Takao avec beaucoup d'appréhension et de peur. Peur pour eux. Quand il regarda Midorima, il y avait cette même lueur mais pas encore si puissante que pour les deux autres. Quoi qu'il en soit, il veillerait sur ses trois joueurs.
-Je vais vous expliquer quelques règles. Tout d'abord, chacun de vous a fait un vœu qui se verra réaliser si vous gagner le jeu. Pour cela, vous devez surmonter chacune des épreuves. Pour certaines des épreuves, vous vous trouverez dans deux cas possibles : le premier, vous jouerez pour vous. Le deuxième, ce sera en groupe.
Il marqua un temps d'arrêt afin que chacun puisse suivre.
-Les groupes sont formés selon la divinité à laquelle vous avez juré de participer. Représenterons Nekomata : Kuro-kun, Ao-kun et Kaga-kun.
-Quoi ?!
Les cris du bleu et du rouge firent siffler les oreilles des autres garçons près d'eux.
-Il est hors de question que je sois dans la même équipe que ce Bakagami !
-Tu crois que j'ai envie d'être avec toi, Ahomine ?!
-C'est que... vous n'avez pas le choix...
La voix de Tanuki fut couverte par celles des deux basketteurs qui se lançaient des insultes joyeusement. Le raton-chien voyait le moment où ils allaient en venir aux mains quand Kuroko enfonça enfin ses doigts entre leurs côtes, arrachant des bruits de douleur aux deux concernés.
-Merde Tetsu, ça fait mal !
-Taisez-vous un peu. C'est comme ça, faites avec.
-Mais...
-Kagami-kun.
Le rouge referma la bouche et détourna la tête en même temps qu'Aomine. Ça allait être très dur pour les épreuves en groupe...
Quand le silence revint, Tanuki poursuivit :
-Pour Kitsune : Mura-kun, Aka-kun et Himu-kun.
Les trois garçons se regardèrent : ils seraient peut-être amenés à « travailler » ensemble mais ils ne se leurraient pas : seule une personne verra son vœu se réaliser.
-Et enfin,Ryo-kun, Kazu-kun et Shin-kun pour moi.
Midorima tiqua un peu à l'entente de son surnom. Et au vu du sourire de Takao, ça devait être lui qui avait soufflé l'idée à raton-chien. Le blond et le brun semblaient ravis d'être dans la même équipe et papotaient, inconscient des possibles dangers qu'ils allaient rencontrer plus tard.
-Voilà... Euh... Comme Mura-kun, Aka-kun et Muro-kun vivent très loin, vous serez chacun avertit des épreuves par le biais de vos téléphones portables.
-C'est beau la technologie !
Nekomata avait un sourire digne du chat de Cheshire, le rendant encore plus effrayant !
-Vous ne serez pas forcément avertit des épreuves des autres. Encore moins si elles vous concernent.
-Comment ça ?
Himuro avait déjà un mal de crâne alors si en plus, cet horrible animal racontait des trucs incompréhensibles...
-Et bien, par exemple... Himu-kun, tu peux recevoir une épreuve du genre... Euh... voler les bonbons de Mura-kun... et bien, lui, ne sera pas avertit.
-Si Muro-chin vole mes bonbons, je l'écraserai.
-C'était juste un exemple Murasakibaracchi !
Le violet parut rassuré et entama un deuxième paquet de sucettes. Sans doute par habitude et ayant probablement déjà oublié qu'il venait de le menacer, il tendit celle au Coca à Himuro qui rosit légèrement. Et ça, ça n'échappa ni à Akashi ni à Nekomata.
-Selon les épreuves, Kitsune vous téléportera au bon endroit. Le train, ça risque d'être un peu long à terme...
Himuro, qui calculait déjà les frais que ça allait lui occasionner -réflexe d'étudiant vivant avec un peu d'argent de poche donné par ses parents à l'étranger- soupira de soulagement. Aomine et Kagami se tournaient toujours le dos, étrangement silencieux depuis le coup de Kuroko.
D'ailleurs celui-ci avait le visage un peu sombre. Tout ça ne lui plaisait pas, mais vraiment pas du tout ! Mais il ne voulait pas que ses amis souffrent à cause de trois tarés immortels.
-Ensuite... Il n'y aura pas forcément de perdants à chaque épreuve. Et dans le cas, où vous perdez, vous n'êtes pas pour autant obligatoirement sanctionnés. Le jeu peut continuer avec vous ou nous pouvons décider d'une... punition, si je peux dire comme ça. Ça peut être temporaire comme définitif. Je suis clair ou pas ?
Midorima et Akashi acquiescèrent, habitués aux longues explications compliqués. Kise et Takao se faisaient résumer le tout par Himuro, Kuroko expliquait pour la deuxième fois aux deux As de Seirin et Tôo et Murasakibara mangeait en attendant la suite.
Kitsune balança ses queues :
-De toutes façons, s'il faut, nous réexpliquerons au cours du jeu.
Nekomata bailla et s'étira : il avait juste hâte de commencer. Tanuki sembla réfléchir à quoi ajouter mais secoua sa tête :
-Une dernière chose ! Les groupes ont juste été créés pour certaines épreuves. Vous êtes tous ennemis pour voir votre souhait se réaliser. Je pense que c'est bon.
Les deux autres divinités avaient l'air d'accord avec lui.
Maintenant que les règles avaient été toutes expliquées, Nekomata sauta sur ses quatre pattes :
-Bon, c'est pas que mais j'attends depuis un moment, moi !
Le renard soupira et secoua son museau doré.
-Commence doucement pour qu'ils comprennent.
-Roger !
Avant que le chat ne parle, Kuroko le prit d'avance et demanda :
-Il y a eu un autre jeu avant celui-ci, n'est-ce pas ?
Nekomata cligna des yeux :
-Oui. Et ?
-Comment ça s'est finit ?
Le sourire du prédateur s'agrandit encore plus :
-La dernière fois, il n'y a pas eu de vainqueur. Aucun n'a tenu jusqu'au bout ! Ils sont tous morts ou devenus fous !
En entendant ça, tous les garçons se glacèrent. Certains parce qu'ils n'avaient pas réellement réalisé l'ampleur du danger et de ce que ce jeu impliquait et les autres parce qu'ils voulait absolument voir leur vœu se réaliser.
-... Morts ?
-Oui, morts ! Suicide, trahison... Tu n'auras aucun ami Kise-kun... Jusqu'où iras-tu pour ton vœu ?
-Mais je ne veux tuer personne !
-Attends que les épreuves deviennent de plus en plus difficiles. Tu finiras par vouloir dégager certains concurrents.
Kuroko blêmit : l'idée qu'ils se battent à mort les uns les autres le remplissait d'effroi ! Comment ce jeu pouvait-il être amusant ?
-Bien... Pas d'autres questions ? J'ai vraiment envie de commencer !
Après un dernier regard circulaire, le chat s'approcha et annonça la première épreuve.
-Épreuve n°1, solo...
Donc, ça commençait par du chacun pour soit.
-... chacun d'entre vous doit révéler son vœu aux autres !
Certains comme Aomine et Kagami virèrent au rouge tomate et d'autres comme Murasakibara perdirent leurs couleurs. C'étaient beaucoup trop gênant ! Et surtout, ça allait créer une sacré pagaille !
Nekomata souriait comme un demeuré et attendait impatiemment.
-Alors ? J'attends ! Vérité ou mensonge ? Allez-vous réellement dire ce que vous avez souhaité ou mentir à vos amis ? Vous avez trente minutes.
Les trois divinités virent les garçons s'agiter nerveusement. Venant du chat, cette première épreuve était à classer dans le rayon des épreuves adorables parce que d'habitude...
Takao et Kise n'était pas spécialement gênés mais bon... Le principe de révéler ça était un peu... dérangeant. Ils se regardèrent et le brun parla en premier :
-Je vais commencer alors.
Les autres garçons ainsi que les trois bêtes se tournèrent vers lui. Midorima en particulier avait l'air très attentif. Kise s'en fichait, il savait déjà.
-Si je venais à gagner, je souhaiterais que la maladie de mon père disparaisse. Qu'il quitte l'hôpital et revienne chez nous.
C'était en soit, un très beau souhait ! De penser à sa famille et pas à sa propre personne. Oubliant son rôle de maître du jeu, Tanuki rejoignit le possesseur de l'œil du Faucon qui se baissa pour le caresser. Il devait gagner. Pour son père. Pour sa famille.
Midorima remonta ses lunettes en raclant sa gorge et les regards convergèrent vers lui.
-Je souhaiterais avoir éternellement de la chance.
Personne n'osa faire un commentaire. S'imaginer le vert sans ses objets chanceux du jour était étrange mais ça arrangeait surtout Takao. Ils étaient lourds pour certains alors quand il pédalait...
Le brun et le vert se tournèrent vers le blond qui fit un peu la grimace mais qui avoua tout doucement :
-Je ne veux plus jamais perdre...
Dit comme ça, ça faisait incroyablement faible. Mais étonnamment, il trouva une lueur compréhensive dans les yeux de Himuro et d'Akashi. Le rouge aurait pu souhaiter ça aussi... mais il avait quelque chose de plus important en tête.
-Et toi Aominecchi ?
Le visage rouge brique du bleu firent hausser pas mal de sourcils et il bredouilla :
-Je veux... Je veux...
Merde, il pouvait pas le dire ! Il ne pouvait dire à Kuroko qu'il voulait qu'il revienne près de lui pour toujours !
-Je veux une statue géante de moi et qu'on me considère comme le meilleur.
Immédiatement, il se colla sa main contre son front. Purée, y'avait mieux comme improvisation !
-Waouh... Tellement égocentrique...
-Oh, fermes-là avec ton vœu stupide de faible !
Kise s'étouffa et le fusilla de ses yeux dorés.
-Tch ! De toute façons, mon vœu est forcément meilleur que celui de Bakagami !
Le rouge lui lança un regard meurtrier et avoua le beau mensonge qu'il venait tout juste de trouver :
-Je veux ne plus jamais avoir peur des chiens !
-C'est ce que je disais...
-Ahomine !
-Bakagami !
Instinctivement, il se reculèrent quand Kuroko leva à nouveau les bras. Le rouge regarda son frère qui était silencieux, occupé à suçoter son reste de sucrerie :
-Et toi Tatsuya ?
Himuro retira le bâton blanc d'entre ses lèvres et pencha un peu la tête sur le côté. Finalement avec un immense sourire, il annonça :
-Je veux te battre et te ridiculiser pendant un match !
Sa déclaration provoqua un silence et la tronche qui tirait Kagami valait son pesant d'or. Himuro reprit son visage habituel : bon sang, ça faisait du bien de dire la vérité. Murasakibara le regardait étrangement mais ce n'était pas grave.
-Et toi Atsushi ? Que souhaiterais-tu ?
Ce qu'il souhaitait ? Que Himuro redevienne celui d'avant. Mais s'il le disais à haute voix, le brun risquait de se sentir vexé...
-Murasakibaracchi a dû souhaiter avoir des pleins de sucreries ! Un truc du genre.
Profitant de la perche involontairement tendu par le mannequin blond, il hocha la tête sans qu'un mot ne sorte de sa bouche.
Personne ne parut surpris.
Ne restait plus que Kuroko et Akashi.
Comme le rouge ne comptait pas immédiatement prendre la parole, le turquoise soupira et avoua ce qu'il avait sur le cœur :
-Je veux juste que tout le monde s'en sorte à la fin.
Il parla tout en regardant les trois divinités : Tanuki avait un petit sourire, Kitsune le regardait simplement mais Nekomata souriait comme un fou, imaginant sans doute ce qu'il allait bien pouvoir imaginer comme épreuve pour le faire changer de vœu.
Akashi savait que c'était à son tour de parler mais sa bouche ne s'ouvrait pas. Son vœu était bien trop personnel !
Il avait 10 ans quand sa mère décéda d'une maladie. Élevé uniquement par son père, un homme froid et très ancré dans les traditions, le rouge désirait retrouver cette chaleur maternelle dont il ne pouvait plus bénéficier depuis bientôt sept ans.
Et personne n'avait à savoir ça !
-Je veux retrouver quelqu'un.
Les yeux rouges se tournèrent vers Nekomata qui -après quelques recherches poussées sur la bête divine- avait la capacité de relever les morts. Il allait gagner, non seulement pour battre les autres mais pour que sa mère revienne à la vie et retrouve sa place dans leur famille.
Et peut-être que son père deviendra un homme différent. Qu'il ne mettra plus autant de pression sur les épaules de son fils.
Kuroko fut sans doute le seul à remarquer l'ombre de tristesse sur le visage de l'héritier mais quand le rouge se tourna vers lui, il pivota son visage de façon à ne pas le voir directement. Même encore aujourd'hui, il restait facilement impressionné par son ancien capitaine.
Les trois dieux restèrent silencieux un petit moment, ce qui généra une certaine gêne chez les participants. Parce que les esprit s'échauffaient, se demandant qui parmi eux avaient bien pu mentir sur son vœu. Et si c'était le cas, pourquoi ?
Nekomata ne cachait même pas son sourire : le doute, la suspicion, la peur... Les visages montraient sans cesse ces émotions, parfois moins visibles chez certains mais l'humain restait un être qui ne pouvait pas vivre en cachant ce qu'il ressentait.
Du moins, pas constamment.
Kise avait baissé la tête, perdu dans ses pensées. Takao regardait fréquemment sa montre : il allait bientôt devoir se rendre à son travail à mi-temps. Midorima remontait frénétiquement ses lunettes en murmurant des phrases incompréhensibles.
Murasakibara et Himuro mangeaient des sucettes en regardant Akashi : ils se jugeaient tous silencieusement du regard, certains qu'au moins l'un d'entre eux venait de mentir sur son vœu.
Aomine et Kagami se battaient à nouveau sur celui qui avait le vœu le plus stupide tandis que Kuroko soupirait entre eux.
Mais avaient-ils enfin compris ce qui allait leur arriver ?
Enfin...
C'était plus amusant comme ça !
Maintenant que la première épreuve était terminée, Kitsune proposa à ses joueurs de les ramener s'ils le désiraient. Akashi sauta sur l'occasion et le renard lui ouvrit une espèce de trou noir dans lequel il s'engouffra sans hésitation. Sans un regard en arrière, sans parler davantage à ses anciens coéquipiers.
En regardant une nouvelle fois sa montre, Takao remonta brutalement sur son vélo et commença à pédaler en criant qu'il allait être en retard. Le voyant s'éloigner, Midorima lui hurla de l'attendre et grimpa tant bien que mal dans la carriole. Le duo s'éloigna sous les hurlements de colère du vert et du brun qui paniquait à l'idée d'être en retard.
Murasakibara chercha un autre paquet de bonbons dans son sac et lança un regard désespéré à son capitaine. Himuro soupira et lui proposa de venir à l'internat, là où attendait quelques paquets de bonbon.
-En échange, aides-moi pour les devoirs de Japonais.
-D'accord.
Le brun repartit en premier à Akita en saluant principalement son frère pendant que Murasakibara saluait à peu près tout le monde. Visiblement, le manque soudain de sucre influençait un peu son caractère, le rendant tout moelleux. Une fois les deux étudiants de Yosen partis, Kise regarda les trois autres et proposa :
-Je vais au Magi Burger... Quelqu'un veut m'accompagner ?
Kuroko donna l'impression de se téléporter près du mannequin. Ses yeux brillaient et le mot « milk-shake » clignotait au dessus de sa tête en lettres capitales. Le blond offrit un visage resplendissant au turquoise, ravi de pouvoir partager un peu de temps avec lui.
-Ah ! Deux secondes Kurokocchi...
Il s'agenouilla près de Tanuki, ignorant totalement les deux autres divinités :
-Ruri est à la maison ce soir. Tu veux venir avec nous ou rentrer directement ?
-Reste un peu avec tes amis Ryo-kun. Je vais rentrer.
-A tout à l'heure alors.
Rejoignant Kuroko qui trépignait pratiquement d'impatience, Kise jeta un regard interrogateur à Kagami et Aomine qui s'empressèrent de les rejoindre.
Hors de question de laisser leur Kuroko à quelqu'un d'autres !
Les quatre adolescents s'éloignèrent et Tanuki se tourna vers ses deux rivaux :
-Je ne perdrais pas.
Kitsune garda son air calme mais ses yeux rouges luisaient. Quand il se leva, ses queues à la couleur dorée s'agitèrent et il retroussa légèrement les babines.
Nekomata avait les deux queues ébouriffées et grognait comme un chat en colère.
Ils se séparèrent en continuant de se menacer comme des animaux.
Bien plus tard, Kise retourna chez lui avec une poche du Magi Barger avec des milk-shake pour ses sœurs.
-Je suis rentré !
Comme personne ne répondait, le blond grimpa l'escalier et ouvrit la porte de sa chambre. Personne.
Il essaya la porte d'à côté. La chambre de Ruri, la plus jeune de ses sœurs aînées.
Assise sur la chaise et la joue posée sur un livre de cours, Ruri dormait, Tanuki sur les genoux. Enroulé comme une boule, le raton-chien tenait uniquement grâce à la main de sa sœur qui le maintenait sur elle. Comme les deux semblaient dormir profondément, Kise cala la poche sous son bras et déplia la mince couverture que sa sœur gardait pliée près du lit. Doucement, il en recouvrit son aînée d'un an et sortit sans un bruit.
En redescendant à la cuisine, il croisa la plus âgée des enfants Kise : Mairu de deux ans son aînée. Ses cheveux blonds avaient été noués en un énorme chignon qui tenait avec une multitude d'épingles noires. En première année de fac, elle se destinait à devenir rédactrice de mode dans le magazine Zunon Boy où elle avait déjà beaucoup de contacts.
Elle avait également permit à Kise de poser plusieurs fois pour le magazine en question.
-Bonsoir ! Tu veux un milk-shake ?
Mairu lui lança un regard noir :
-C'est mauvais pour la ligne !
-Alors pourquoi tu tends la main ?
Elle pinça les lèvres et il lui tendit la boisson avec un immense sourire.
-Où est Ruri ?
-Elle dort.
Le garçon sirota sa boisson à la vanille en s'appuyant contre le frigo :
-Tu as fait tes devoirs ?
-Je viens seulement de rentrer, Maman !
Le regard exaspéré de sa sœur le fit rire et il grimpa dans sa chambre.
Seulement, son esprit n'était pas du tout occupé par ses devoirs. Mais plus par le jeu quasi mortel auquel il avait décidé de participer.
Et aux vœux des autres.
Mais surtout à Kagami et Aomine. Au Magi Burger, les deux As s'étaient disputés l'attention de l'ombre qui voulait juste boire son milk-shake tranquille. A la fin, énervé par le bruit que ses deux lumières provoquaient, le turquoise avait profité d'un moment d'inattention pour remercier Kise de son invitation et fuir chez lui.
En entendant qu'on grattait à sa porte, le blond quitta sa chaise et alla ouvrir la porte à Tanuki. Le raton-chien sauta sur le lit en soupirant :
-Fatiguééééé...
-Moi aussi...
-T'es jeune toi, t'as pas à être fatigué !
Tanuki se mit à rouler sur le matelas, plusieurs fois, de l'oreiller au pied du lit. Avant de remonter à l'endroit où il trouverait le ventre de Kise quand celui-ci se mettrait au lit.
Déjà épuisé d'avance, le blond s'attela tant bien que mal à la dure tache que représentait ses devoirs. Mais le mannequin voulait vraiment améliorer ses notes donc...
Le raton-chien dormait déjà profondément.
Une fois rentré chez lui, Akashi avait été obligé de rejoindre son père dans son bureau.
L'homme travaillait, ne levant même pas les yeux quand son fils entra dans la pièce. Ses lunettes fines sur son nez et ses yeux rouges sombres uniquement concentrés sur ses feuilles.
-Vous vouliez me voir Père ?
L'héritier avait conscience de sa voix lasse et basse. Mais il se sentait si fatigué... Passer de Kyoto à Tokyo en quelques secondes était bien plus épuisant qu'il ne l'avait prévu. Et faire l'aller-retour en même pas une demie heure était carrément crevant.
-Quand j'ai demandé aux employés de te chercher, ils ne t'ont pas trouvé. Où étais-tu, Seijuro ?
Le stylo de marque continuait de gratter le papier comme un bruit de fond particulièrement agaçant.
-J'ai voulu sortir un peu. J'avais besoin d'air.
Les yeux de son père se levèrent brièvement.
-J'ai entendu dire que ton équipe avait un match bientôt.
Akashi luttait pour ne pas fermer ses yeux et s'endormir. Il se sentait réellement vide.
-Ne perd pas veux-tu ? Notre famille n'a pas besoin que tu lui fasse davantage honte.
Le rouge donna l'impression de se prendre un coup et tenta vainement de garder un visage net, dénué de sentiment.
-Maintenant, laisse-moi. J'ai du travail.
Congédié comme un moins que rien, le fils quitta le bureau et s'éloigna à grandes enjambées. Tenir, résister au moins jusqu'à être dans sa chambre.
Il claqua si brutalement sa porte que les murs en tremblèrent. Ou alors, c'était lui qui tremblait trop. N'arrivant plus à retenir son cri de rage, il s'élança dans sa grande chambre et donna un coup de pied brutal dans la petite table où était posé son jeu de shogi. Les pièces volèrent, s'éparpillant aux quatre coins de la pièce, la table atterrit contre le mur opposé. Aveugle dans sa rage, Akashi attrapa les quelques vases où s'épanouissaient des camélias rouges et les envoya par la fenêtre ouverte.
En voulant se saisir d'un autre vase, celui-ci lui échappa des mains et un morceau brisé lui entailla la paume de la main alors qu'il se baissait pour le ramasser. Le rouge se mit à hurler davantage en jurant tandis qu'un filet de sang dégoulinait le long de son poignet.
Calmé par la douleur, l'adolescent se laissa tomber au sol et se mit à sangloter stupidement comme un enfant.
-Monsieur ? Monsieur, vous allez bien ?!
Les bruits de pas dans le couloirs et quelques employés qui toquaient à sa porte avec leurs voix inquiètes, l'obligèrent à remettre son masque en place. Il sécha ses larmes et se releva en contempla le désastre qu'il venait de provoquer.
-Monsieur Seijuro ?!
-Je vais bien. Laissez-moi.
Finalement, la cuisinière qui était aussi l'employée présente depuis toujours -du moins, Akashi en avait-il l'impression- ouvrit sa porte sans attendre d'autorisation. Elle seule ici avec suffisamment d'autorité pour se permettre de tenir tête non seulement au fils mais aussi au père.
Elle regarda la pièce qui venu d'essuyer une tornade assez violente et son regard se tourna ensuite vers son jeune maître :
-Seijuro-san...
-Laisse-moi ! Je ne veux voir personne !
Elle sortit un mouchoir propre de la poche de son tablier et s'approcha de lui :
-Tendez votre main.
N'ayant de toute façon pas la force de résister, Akashi obéit pendant que la vieille femme donnait ses instructions :
-Il me faudrait du désinfectant et de quoi recouvrir cette blessure. Et si quelqu'un pouvait nettoyer un peu ici... Allez Seijuro-san, on va dans la cuisine.
-Je ne veux pas sortir.
Avec ses joues légèrement gonflées, il devait surtout ressembler à un enfant capricieux mais s'il sortait, il allait peut-être croiser son père...
Tandis qu'on inspectait sa main, Akashi regardait les employés qui remettait sa chambre en état. Le jeu de shogi était à nouveau entier sur sa petite table et de nouveaux vases prirent la place de ceux qui venaient d'être brisés.
Finalement, il n'eut pas besoin de points puisque la blessure n'était pas très ouverte.
Mais Akashi se surprit à se demander si avec des points, il aurait eu une bonne excuse pour ne pas participer à ce match qui arrivait. Pas qu'il ne voulait pas y participer...
Mais comme ça, son père...
Non. Il aurait trouvé quelque chose pour le rabaisser une nouvelle fois.
On le laissa à nouveau seul. Il n'avait pas faim.
Il ne voulait que le silence.
Juste et uniquement, la paix.
En rentrant chez lui, Aomine décida sans raison de passer par le centre-ville.
Il y avait des couples amoureux, des étudiants qui revenaient de leur job à mi-temps, d'autres qui avaient traînassé ici et là pendant longtemps...
Et il y avait Momoi.
Le bleu eut un temps d'arrêt et regarda à nouveau. Non, non, c'était bien son amie d'enfance, vêtue d'une robe et de bottes à talons. Oubliant que sa mère l'attendait de pied ferme pour une raison qu'il n'avait pas retenu, Aomine se dépêcha de la rattraper sans se tenir près d'elle toutefois. Les cheveux roses dénotaient particulièrement bien dans le paysage, ce qui permettait au garçon de la retrouver rapidement quand elle disparaissait à cause de sa petite taille.
Quand elle s'approcha d'un karaoké ouvert de nuit, Aomine jugea plus prudent de ne pas s'approcher davantage. Surtout qu'elle se dirigeait vers deux hommes :
-En retard ! Ça m'emmerde déjà d'être là alors si en plu-
-Mako-chan, calmes-toi ~.
-Désolée, Hanamiya-sempai, Imayoshi-sempai...
Les yeux écarquillés, le bleu regarda les deux anciens capitaines qui sortirent de l'ombre, l'un en faisant la gueule, l'autre avec son sourire bien particulier.
-J'y crois pas ! C'est cette gamine qui nous demande de l'aide et elle arrive en retard !
-Momoi-san doit avoir une bonne raison ~.
Hanamiya se mit à sourire sarcastiquement :
-Mademoiselle ne peut pas sortir sans l'autorisation de Papa et Maman ?
De là où il était, Aomine remarqua parfaitement que la rose prenait sa position typique quand elle allait se mettre en colère.
-Hanamiya-sempai...
-Et si nous y allions ? Le patron ne va pas attendre éternellement ~.
Le brun et la rose se tournèrent en symbiose vers lui avant de se jeter un regard meurtrier.
Aomine continua de les suivre à distance mais dû s'arrêter quand les trois entrèrent dans le karaoké. Il se posta un peu en retrait et attendit fermement qu'elle sorte.
Qu'elle ce qu'elle foutait avec Hanamiya et Imayoshi ?!
Et c'était quoi cette histoire de « patron » ?!
En entrant dans le bâtiment, Momoi ne se sentit pas vraiment rassuré. Déjà, le fait d'être avec ses deux zigotos était étrange mais bon... Elle voulait se prendre un travail en plus de ses cours.
Ses parents lui donnaient de l'argent de poche mais elle ressentait un besoin d'indépendance. Son travail, son argent.
D'après ce qu'elle avait compris, Imayoshi et Hanamiya s'étaient retrouvés dans la même fac et s'étaient également vu obligés de partager un logement pour étudiants. Et en raison du prix, les deux garçons avaient cherché un travail.
Le karaoké du coin cherchait justement deux jeunes pour le soir et ils avaient sauté sur l'occasion. Imayoshi servait les boissons qu'Hanamiya préparait. Mais l'établissement avait ensuite eu besoin d'une personne à l'accueil et Momoi avait sauté sur l'occasion. En venant déposer un C.V et une lettre de motivation, elle avait retrouvé Imayoshi et la discussion avait naturellement commencé.
Le brun lui avait assuré qu'il parlerait d'elle à son patron.
-Le patron est un peu effrayant, t'es prête fillette ?
-Ne m'appelle pas comme ça, Hanamiya-sempai !
-J't'appelle comme je veux !
L'ancien capitaine de Tôo ne quittait pas son petit sourire effrayant et il conduisit Momoi devant une porte précise :
-Voilà. Bonne chance ~ !
-Merci Imoyoshi-sempai.
La rose prit une grande inspiration et toqua à la porte.
Aujourd'hui, elle devenait indépendante.
Dix minutes plus tard, Aomine tapait du pied en attendant qu'elle sorte.
-Tiens... Voilà Aominet.
Le bleu se tourna rageusement vers l'origine de ce surnom stupide et croisa les yeux jaunes de Nekomata.
-... Qu'est-ce que tu fous là ?
-Et toi ?
Aomine se tourna de façon à montrer son dos au chat sans lui répondre.
-Tu sais, mon chaton-...
-M'appelles pas comme ça !
Le sourire du chat énerva davantage le bleu mais la bête mythique continua :
-... je peux lire dans les pensées. Et c'est pas beau de filer son amie d'enfance comme ça...
-J'me passe de tes commentaires...
Nekomata grimpa sur la poubelle la plus proche et annonça :
-Satsu-chan est déjà partie.
-Satsu-... Quoi ?! Comment ça ? Où ? Avec qui ?
-Partie. En voiture. Avec... euh... Imayoshi-sempai et... Hanamiya-sempai. Ils parlaient de fêter quelque chose.
Aomine regarda le chat qui se lécha une patte.
Mais qu'est-ce qui se passait avec la rose ?!
Takao rentra, plus qu'épuisé, chez lui vers 23h.
Sa mère devait être repartie à l'hôpital voir son père depuis un moment. Elle n'avait rien préparé pour lui comme elle l'avait promis.
Heureusement qu'il avait récupéré des ramens de son job...
-Kazu-nii...
Sa petite sœur débarqua, les yeux embrumés de sommeil.
-Tu ne dors pas encore ?
-J'ai pas mangé...
-Maman ne t'a rien fait ?!
La petite blonde secoua sa tête et s'approcha pour un câlin. Takao se baissa et embrassa son front.
-J'ai des ramens, tu en veux ?
-Oui.
Le grand frère mit les bols à réchauffer et se lava les mains. Il tendit une paire de baguettes à sa sœur et ils s'installèrent sur le canapé. C'était leur truc quand ils n'étaient que tous les deux à la maison : canapé et télé.
-Tu as pris un bain ?
-Non... Je voulais t'attendre.
Le brun passa sa main dans les cheveux caramel de sa sœur et termina son bol en même temps qu'elle. Il jeta les bols en plastiques, nettoya les baguettes et porta sa sœur dans ses bras pour grimper l'escalier jusqu'à la salle de bain.
A moitié endormie, l'enfant ne broncha pas quand son frère aîné l'aida à enlever ses vêtements et la fit s'asseoir sur le tabouret en plastique pour frotter son petit dos. Il lui lava consciencieusement les cheveux et se laissa faire quand elle demanda à lui faire à son tour. Ils jouèrent un peu avec l'eau avant d'entrer dans le bain.
Takao ferma les yeux en laissant tous ses muscles se détendre dans l'eau chaude. Ce n'était pas la première fois que sa mère abandonnait Kissa pendant des heures, oubliant qu'elle n'était qu'une enfant.
La petite fille se laissa bercer par les bras de son grand frère. Lui, il pouvait tenir mais elle... Elle ne devait pas forcément comprendre.
Voilà pourquoi il devait gagner ce jeu.
Pour son père malade.
Pour Kissa qui ne pouvait plus compter que sur lui.
Il sécha ses cheveux et rigola comme un enfant quand elle lui fit deux couettes sans qu'il ne s'en rende compte.
-Kazu-nii...
-Oui ?
-... Je peux dormir avec toi ?
Elle se blottit contre lui comme pour l'attendrir davantage mais il avait déjà cédé devant ses grands yeux chocolat au lait.
-Si tu veux.
La chambre de Takao n'était jamais rangée. Mais pas non plus constamment en désordre. Chaque chose même au sol avait sa place.
Seul le lit avait à peu près survécu à ce désordre organisé.
Repoussant la couette, il laissa Kissa s'installer contre le mur et s'allongea à son tour. Elle ne chercha pas le contact car juste savoir qu'il était près d'elle la rassurait.
En se tournant pour regarder par la fenêtre un peu plus loin, Takao résista à la violente envie d'incendier sa mère au téléphone. Elle était inquiète pour son mari ?! Soit, ses deux enfants étaient inquiets pour leur père ! Mais Kissa n'avait que six ans bon sang ! Six ans et elle devait rester seule pendant des heures, incapable de se faire à manger !
La seule fois où elle avait tenté d'allumer le gaz, Takao était arrivé à temps pour éviter l'explosion.
Cette fois là, il avait hurlé pendant plusieurs heures au téléphone face à sa mère en larmes : elle pensait que Kissa serait suffisamment grande pour se faire à manger toute seule.
Il la sentit agripper son tee-shirt dans son dos alors le brun se retourna une nouvelle fois et glissa son bras gauche sous son petit corps pour la serrer contre lui.
Il devait tenir.
Tenir.
Et gagner.
Et hop ! Chapitre bouclé !
J'aime bien la relation entre Takao et Kissa (flemme de trouver de nouveaux noms...). Si j'avais un grand frère, j'en voudrais un comme ça ! Ou peu Tsundere comme Midorima !
Un mélange de deux en bref.
Merci pour vos commentaires :
Gil Prussia Beilschimdt II : Je l'aime Nekomata ! Il me fait penser au chat de Cheshire mais au Japon.
Alyxel : J'ai beaucoup rit avec ton histoire de Murasakibara et son tour de manège ! La Corse, hein... J'étais à Marseille et j'ai fait de la rando tous les jours. J'aime pas la rando...
Alycia Panther : Je suis incroyablement sadique, mes excuses. Des beaux gosses au même endroit... une cible facile pour les fangirls.
Grwn : Mais Himuro est mignon et sexy aussi ! Tu aimes bien Takao ? Donc Takao va être celui qui souffre le plus... Naaan, je plaisante. Un peu. J'aime beaucoup Aomine et Momoi aussi ! Seulement la Reine ? Bah, c'est déjà pas mal, merci !
Yuki Mirai : Je te soutiens dans ta haine du Bakagami ! Ah non, en tant qu'auteure, je dois être neutre... (parle en mon nom si un tueur se propose!) Un autel Akashi ? Je suis pas la seule ?! Yeah !
Laura-067 : Ce qu'il y a dans la tête de hommes me dépassent. Mais je continue de noter, je suis très inspirée !
Hatsukoi-san : Ce chat pervers est un paradoxe... C'est pour ça que je l'aime bien ! Sadique ? Naaaan... Je vois pas de quoi tu parles... Ouiii, le scorpion ! Du coup, je me suis refait tous les CDZA... Bonne chance pour ton examen !
Emy-nee : On peut enfin découvrir comment Aya est tombée amoureuse de son frère ! Le début de la relation Midorima-Takao ! Bref, l'origine de tout ! Ou pas... Évidemment que les reviews me font plaisir ! J'aime pas les mouches.
Buli-chan : Ne t'excuse pas ! Profites de tes vacances ! Je suis toujours là ! Nekomata et Tanuki sont choupis de différentes façons ! Kitsune est mimi aussi mais moins pratique à trimballer.
Prochain chapitre : Alors que Momoi passe de plus en plus de temps avec Imayoshi et Hanamiya, Aomine cherche à attirer l'attention de Kuroko par tous les moyens et se heurte à Kagami qui veille jalousement sur son ombre. Mais une deuxième épreuve est annoncée par téléphone par Kitsune. Chapitre 6 : Course d'orientation !
