Cher journal,

Nous sommes le 25 mars 2015, et je souffre. Qui aurait pu croire que cette chose serait si difficile à corriger ? Je me souhaite bon courage ; il ne me reste plus que 230 pages à corriger. Soit trois ans de corrections. Ça me paraît raisonnable. Si un participe passé en -er a décidé de rester dans ce texte, je t'en prie, mon ami, jette-moi des tomates, car je le mérite. Au plaisir de te revoir pour le prochain chapitre réuploadé, ta chère Crimson.

Note : Univers Alternatif ; histoire cheloue ; narrateur chelou ; humour nul.

Le narrateur étant un personnage à part entière, ses opinions ne reflètent pas les miennes. Enfin, pas toujours. Lol lol lol.


Huit ans plus tôt.

– Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?

Le petit garçon posa un regard interrogateur sur ses amis réunis dans la chambre. Il était assis par terre, en tailleur, l'air ennuyé. Le petit groupe était posé là depuis trois heures au moins, et ses membres ne savaient plus quoi faire. Les enfants se trouvaient devant un problème de taille, et d'une taille d'autant plus grande qu'ils étaient des enfants. Quoi de plus terrible pour des gosses que de s'ennuyer à ce point ? Tout le monde sait qu'ils ont besoin de se dépenser, pauvres âmes. Généralement, d'ailleurs, ils y arrivent sans trop de problèmes, si on ne compte pas ceux qu'ils peuvent causer à leurs parents et au mobilier de la maison.

Aujourd'hui, pourtant, ils n'avaient pas cassé grand chose. Vu la surveillance, ils auraient eu bien du mal Aerith, si elle était d'une douceur extrême avec les enfants qu'elle gardait, savait les contrôler avec autant de fermeté. Et puis, les enfants l'aimaient bien, et quand elle leur avait sorti le traditionnel « Vous savez les enfants, ils faut être plus calme, ça me rendrait triste si vous vous faisiez mal », ils l'avaient écoutée et s'étaient calmés, en jouant à des jeux que seuls les enfants de sept ans peuvent trouver amusant et qui n'impliquent pas de démonter le logis. Aerith avait un tel don avec les petits. Et les parents de ceux-ci remerciaient le ciel tous les soirs où ils sortaient boire un coup (ou faire autre chose de toute façon, les gosses ne seront jamais au courant).

Surtout qu'à cet âge, ils étaient intenables. C'était à se demander où ils puisaient leur énergie. Le jour où leurs géniteurs le sauraient, promis, ils feraient en sorte que cette source soit sous clé, et que personne n'y touche plus jamais sous peine de mort et de tortures, afin qu'ils puissent enfin – ô miracle – se reposer un minimum. Ah, les enfants. De vraies petites joies quand c'est encore au chaud. Et dès qu'ils sont à l'air, fini la vie jusqu'à ce qu'ils soient adultes. Toujours besoin de crier, dès le moment où ils naissent, jusqu'au moment où ils partent, même si, bien sûr, ces cris ont une origine et une signification bien différente. Heureusement, oui, Dieu soit loué, des personnes comme Aerith existaient.

Bref, cela ne change rien à la problématique profonde que subissaient les marmots dans cette petite pièce, étalés un peu partout. Pendant que rien ne se passe (puisque de toute façon, ils n'ont pas l'air de bouger), profitons-en pour faire un petit topo de leurs merveilleuses activités du moment.

Premièrement, comme dit plus haut, assis en tailleur au centre de la pièce se trouvait Roxas, oui, oui, celui-là même qui a posé cette question pleine de bon sens qui faisait s'échauffer les cerveaux de ses petits compagnons. La tête posée sur ses mains en coupe, il passait en revue tous ses amis et tout ce qu'il pourraient faire, cet après-midi. Il réfléchissait assidûment, ce petit blond aux cheveux en bataille, comme la plupart de ses camarades, d'ailleurs – les cheveux, hein, pas le fait de réfléchir, il ne faut pas rêver non plus – et se creusait la tête, peut-être pour trouver du pétrole.

Sur le lit simple, les mains sur les jambes, un air innocent et tout à fait candide sur le visage, était assis son frère jumeau, Ventus, dit Ven, parce que, c'est vrai, Ventus c'est beaucoup trop long à dire pour des enfants de cet âge, leurs neurones n'ont pas fini de se former, les pauvres, il ne faut pas leur en vouloir. Et oui, certains voudront les défendre, par exemple Aerith, ou pire, Yuna, une fille de la bande, plus âgée, qu'on avait obligé à rester auprès de ses pseudo-amis, nunuche au possible – elle n'a que 12 ans à cette époque et, malheureusement, ne s'arrangera pas en grandissant –, grande défenderesse des droits des enfants, toujours là pour les protéger, leur faire des câlins et des bisous, (ce qui ne les mettait pas particulièrement en joie) qui dirait que « de toute façon, Ven c'est plus joli », et que « Ventus ça fait auteur latin, c'est affreux, le pauvre petit, qu'est-ce qu'il va subir à l'école » personnellement, je dirais juste « un peu de respect pour le prénom que ta mère t'a donné, sale gosse », mais chacun son point de vue. Enfin, cessons ces viles digressions, tout ça pour dire qu'on l'appelait Ven, même si ce n'était pas son véritable nom. Lui semblait donc aussi réfléchir, les yeux perdus dans le lointain, des pensées mystérieuses trottant dans sa petite tête blonde. En fait, il pensait surtout que lui, ça lui convenait bien de rester assis ici comme ça, sans rien faire. Il y en a qui n'ont pas besoin de bouger pour s'amuser. Il s'amusait très bien tout seul avec ses pensées, ou alors il avait un ami imaginaire que personne ne lui connaissait.

Sur ce même lit, couché, se trouvait Vanitas, que mystérieusement personne n'appelait Van, alors que le mot « Vanitas » est quand même plus long que « Ventus ». Celui-ci, gamin hyperactif à son habitude, était calmement en train d'admirer le magnifique plafond virant sur le gris-jaune, alors qu'il était à la base d'un blanc immaculé. Lui aussi avait l'air ennuyé à cause de la fatale problématique. Ou pour autre chose ; l'esprit est un havre mystérieux que personne ne peut se targuer de connaître. Bref. Ce gamin, contrairement à celui avec qui il était le plus proche dans cette pièce qui était d'une quiétude à presque toute épreuve, éprouvait le besoin de courir partout et tout le temps, au grand désespoir de ses proches. Enfin de presque tous ses proches ; son cousin, lui, ne s'en plaignait absolument pas. En vérité, les seuls moments où il savait plus ou moins rester placide étaient ceux où le blondinet assis près de lui désirait le voir rester placide. C'était le cas en ce moment, au cours duquel même si Ven (appelons-le comme ça, pour lui faire plaisir) ne le lui disait pas, il savait que s'il commençait à bouger pour rien, il allait encore avoir droit à une ignorance aussi superbe qu'elle pouvait l'être chez des bambins. Et, en bon garçonnet vaniteux (comme son prénom pouvait le laisser entendre... mais qu'avaient donc pensé ses parents le jour de sa naissance ? L'avaient-ils sciemment condamnés pour le reste de sa vie ? Adultes irresponsables...) et orgueilleux, il détestait se faire superbement ignorer, surtout par un mioche d'un an de moins que lui. Ce serait honteux, vraiment. Et Monsieur venait d'une famille plutôt aisée où il était gâté au possible, ce qui n'arrangeait en rien sa suffisance, au contraire.

Debout, faisant les cents pas dans la chambre, Axel, autrement appelé Axel le roux, parce que – devinez quoi ? – il est roux, réfléchit activement à la prochaine activité. Ah, pauvre Axel. Deux ans de plus que le petit Roxas (il a donc neuf ans, étant donné que Roxas et Ven en ont sept, et que, dès lors, Vanitas doit en avoir huit), il le dépasse déjà de plusieurs bons centimètres, centimètres que malheureusement (ou heureusement) Roxas ne rattraperait jamais. C'était pourtant sa plus grande ambition dans la vie, mais bon, pas de chance, c'était un rêve déjà perdu... à moins, bien sûr, qu'Axel n'attrape une maladie grave et qu'il ne grandisse plus jamais ? Gardons espoir. Aaah, Axel. Il n'a pas vraiment de chance. D'abord, on se fiche de lui parce qu'il est rouquin, alors que ce n'est pas sa faute mais celle du gène roux qui se trouve dans chacun de ses deux parents, et surtout parce que c'est drôle de se moquer des rouquins, mais en plus il est grand, et grand et roux quand tous tes amis sont petits et tout sauf roux, ça ne le fait pas vraiment. Mais Axel, lui, s'en fiche de toute façon. Il se dit que plus tard, il se fera des tatouages pour avoir l'air plus cool que tous ces pauvres gens. Parce que, au fond de lui, c'est un rebelle. Un vrai.

Sur une chaise de bureau est assise Yuna, qui, elle, joue avec les cheveux de Kairi, petite fille du même âge que les jumeaux, elle aussi rousse (à cause du même gène présent chez les même parents qu'Axel), mais on lui pardonne parce que c'est une fille et que tout le monde sait que le roux, chez les filles, c'est le comble de la classe. Kairi est une charmante enfant, lorsqu'elle est en présence de ses parents ou d'Aerith, ou en fait de tout adulte quelconque (même si Aerith, du haut de ses 15 ans ne peut pas être considérée comme une adulte quelconque). Évidemment, en dehors de ses amis proches, personne ne sait qu'en vérité, c'est une vraie canaille. Il suffit qu'on ait le dos tourné pour qu'elle fasse des bêtises. Et qu'elle accuse les autres, bien sûr, sinon où serait l'avantage ? En plus, cette sale gamine a ses souffre-douleurs favoris, au hasard Ven et Xion, ou encore... Xion et Ven. Elle adore les embêter, les faire passer pour des « sales mômes » et elle pour une princesse, c'est tellement jouissif. Mais pour l'instant, elle est plutôt occupée à se demander quoi faire, parce qu'elle commence à s'ennuyer et que les mains de Yuna tressant ses cheveux l'agacent. Elle s'endormirait bien, même. Mais ce ne serait pas raisonnable. Alors elle se contente d'afficher un sourire docile et de faire croire à tout le monde qu'elle est parfaite. La vicieuse.

Sixième enfant, Sora, cousin de Vanitas, peut-être demi-frère des jumeaux vu leur ressemblance et le fait qu'ils ne font normalement pas partie de la même famille (car on ne peut jamais, jamais, jamais, jamais, jamais être sûr que le père est bien le père, à part avec des test ADN certainement bidouillés pour rendre la réalité plus rigolote, que ce soit pour la mère, le père, ou l'enfant, ce dernier découvrant peut-être qu'il est en vérité le fils d'un illustre inconnu et d'une noble dame de son harem dans un pays lointain et que ses parents l'ont découvert dans une poubelle de banlieue, en lui faisant avaler des conneries comme quoi il était leur fils, alors qu'il était brun et que ses parents étaient roux. Et personne n'échappe au gène roux quand il est présent), sans oublier que la mère de Sora, si elle a l'air d'être une femme humble et parfaitement docile, adore faire la nouba le soir avec n'importe qui. De toute façon, personne ne saura jamais si le père des jumeaux est aussi celui de Sora, Sora le dernier, bien sûr. Mais il ne pense pas à ça maintenant, contrairement à sa mère qui est occupée à écouter les exploits de son mari bourré et qui pourrait, et qui va d'ailleurs sans doute, finir par tout avouer sans même s'en rendre compte. Bref, cet enfant est assis par terre – comme un clochard, ou quelqu'un de fatigué qui se serait assis par terre –, contre un mur et regarde ses mains avec une fascination évidente, comme s'il y avait quelque chose d'intéressant à regarder des mains (il ne réfléchissait pas, lui, de toute manière les autres le feraient à sa place.) et de temps en temps, il sursautait quand la fille qui somnolait sur son épaule bougeait un peu trop.

Cette dernière, appelée Naminé (ce qui est un prénom beaucoup plus joli que ceux donnés aux autres gamins, avouons-le) s'amusait tellement qu'elle roupillait tranquillement, se servant de son « meilleur ami » (peut-on déjà parler de meilleur ami à cet âge ?) comme d'un oreiller sans qu'il n'ose émettre la moindre protestation. Il faut dire que cette fillette à la peau pâle comme la mort, aux cheveux blonds comme les blés et aux yeux bleus comme ceux de Roxas, du haut de ses sept printemps, étés, automnes, hivers, bref années de vie, avait une autorité curieuse sur à peu près tous les gens présents dans cette pièce, hormis Xion à qui elle se défendait de donner des ordres – le respect avant tout, et puis on est gentil avec les plus petits que soi –, sans que personne ait su comment. Il lui suffisait d'un regard électrique doublé d'un certain ton de voix (extrêmement calme et posé) et tout le monde se sentait minuscule par rapport à sa déité évidente, et finissait par lui obéir au doigt et à l'œil. Cela allait lui être bénéfique pour les années suivantes, puis fatal, mais en ce moment elle ne se rend pas compte de ce qu'elle fait, et elle dort tranquillement en rêvant de ce à quoi rêve les petites filles, peut-être de poneys ou que sais-je encore.

Près de la fenêtre, admirant le paysage (celui du mur et de l'appui de fenêtre, en fait, parce qu'elle était trop petite que pour regarder réellement à travers la vitre), Xion, la plus jeune (elle n'a que six ans et dix mois !), petite sœur de Vanitas pour sa plus grande peine, car elle était la cible préférée de ses blagues idiotes (et quand ce dernier se mettait avec Kairi, elle maudissait encore plus le ciel de lui avoir donné pareil frère et de l'avoir envoyé naître dans pareil environnement) essayait de faire comme les grands (dont certains n'ont que deux mois de plus qu'elle, mais ça elle s'en fiche). Exemple ici, faire semblant d'être assez haute en taille que pour regarder à la fenêtre le merveilleux paysage composé de bâtisses plus ou moins lugubres, plus ou moins accueillantes, d'un petit parc avec une plaine de jeu que les enfants du coin adoraient (les adolescents aussi d'ailleurs, mais plus en tant que terrain de tags qu'autre chose), et d'autres choses qui faisaient d'une ville une ville, et qu'elle aimait regarder, quand quelqu'un de gentil daignait la soulever jusqu'à ce que le paysage soit à portée de sa vue. Elle se fichait éperdument de la question existentielle « qu'est-ce qu'on fait maintenant ? » et qui nous énerve maintenant depuis au moins un millier de mot, et préférait penser (déjà) à une manière ou une autre de se venger de ses deux tortionnaires, même si maintenant elle ne trouvait rien à faire, vu son imagination déplorable quand il était question de magouille ou autre chose. Mais elle y arriverait, elle en était sûre, et elle y arrivera, au désespoir de son frère, mais pas tout de suite.

Pour terminer, parlons du second plus âgé, Riku, un garçon de huit ans qui avait hérité d'une couleur de cheveux absolument immonde et qui lui causerait bien des problèmes. Il était adossé contre un des quatre murs de la pièce, mais pas besoin de préciser lequel, de toute façon, tout le monde s'en fout. Ce garçon regardait donc tous nos protagonistes avec un regard désapprobateur, comme si tout le monde devait à cet instant cesser toute activité, lui créer un temple et l'honorer comme il le méritait. Il ne savait bien sûr pas que pour les autres, « comme il le méritait » se résumait sans doute à lui envoyer des tomates au visage, mais passons. Ce gosse, qui avait une haute opinion de lui-même, ne perdait pas non plus son temps à réfléchir. Il ne fallait pas rigoler, quand même, il avait tellement réfléchi que ses cheveux avaient vieilli prématurément. Enfin, c'était l'excuse qui lui convenait le mieux. La raison était seulement qu'il avait des cellules très bizarres. Il poussa un soupir pas du tout discret histoire que tout le monde comprenne qu'il souhaitait en finir avec cette attente douloureuse, et par là en finir avec la nôtre.

– Allez ! Aidez-moi un peu...

Décidément, Roxas n'en pouvait plus de s'ennuyer comme ça. Naminé se réveilla, Xion se détourna de la fenêtre, Vanitas s'assit, Ven ne fit absolument rien, Axel le regarda d'un air vague, Sora se massa l'épaule, Kairi se leva, Yuna lâcha ses cheveux à son grand désespoir et Riku eut l'air de dire : « enfin fini ce silence ».

– Alors, on fait quoi ?

De là, ils se sentirent obligés de répondre, et les réponses se sentirent obligées de fuser.

– ..., dit Naminé en baillant, ce qui n'était pas très constructif.

– On reste là, lui dit Ven, mais tout le monde en avait raz-le-c... bol de ne rien faire, ce qu'il n'avait pas l'air de remarquer.

– On va dehors ? répondit Vanitas qui, ne l'oublions pas, adorait les grands espaces, mais personne ne retint cette réponse parce que « aller dehors » signifiait aussi « être surveillé par Aerith et Yuna » et que personne ne voulait être surveillé, parce que s'ils couraient ou autre chose ils allaient encore se faire avoir.

– 'sais pas, fit Riku dans son grand enthousiasme.

– Réfléchis tout seul, Roxas, dit joyeusement Sora avec un sourire gentil. Hum.

– Aïe, dit Axel qui s'était pris le pied dans je ne sais quoi en faisant les cent pas.

– Faites une bataille de boule de neige, lâcha Yuna qui était tellement intelligente qu'elle avait oublié qu'on était au printemps.

Kairi ne répondit pas.

– On joue à cache-cache ?

Ah, enfin une réponse digne d'une enfant de six ans et dix mois ! Et comme personne n'avait d'autre solution, ils décidèrent de jouer à cache-cache, le jeu le plus merveilleusement amusant du monde, qui consiste à se cacher dans des lieux connus dont, à force, les enfants connaissent toutes les cachettes. Mais bien sûr, ce jeu possédait un problème, et un problème de taille : la question de « Qui est-ce qui compte ? » suivie de neuf enfants qui hurlent « PAS MOI! ». Parce que personne ne veut jamais compter à cache-cache, tout simplement pour ne pas avoir l'air con si on trouve pas les gens cachés. Et aussi parce que c'est beaucoup plus drôle se cacher et pouffant que de chercher en s'ennuyant.

– Bon, d'accord. Qui est-ce qui compte ?

Encore une fois, Roxas les mettaient dans l'embarras. Les enfants répondirent en cœur, Roxas compris :

– PAS MOI !

– Ah non ! Il en faut un qui compte ! protesta Kairi.

– Ben vas-y, toi ! lui dit Sora, qui l'adorait manifestement. Hum.

– Moi je veux bien compter... commença Xion avant de se faire interrompre par Riku.

– Ah quand même.

–... seulement si Naminé compte avec moi.

– Non ! On peut pas compter à deux, c'est de la triche ! s'exclama Vanitas d'un ton extrêmement mature.

Xion soupira. Tout le monde se tourna vers Naminé pour quelque mystérieuse raison.

– Yuna... tu veux bien compter ? Et nous on se cache, dit elle de sa voix à laquelle personne ne résistait jamais. Sans doute l'avait-elle emprunté au chant des sirènes. Ah, quelle jolie voix. Yuna lui répondit avec un grand sourire tout à fait niais :

– Mais bien sûr, ma chérie ! (Constatez qu'elle parle comme une grand mère parlerait à ses petits-enfants alors qu'elle n'est âgée que de trois ans de plus que l'aîné.)

Sur ce, la problématique réglée, les enfants l'envoyèrent dehors pour qu'elle ne puisse pas les espionner et découvrir leur cachette en trichant, parce que tricher à cache-cache c'est pas gentil.

Et il n'en fallut pas plus pour que la petite troupe se mette à courir partout, en essayant de ne rien casser, dans le but de chercher une cachette de génie. Il est ici utile de s'intéresser à leurs choix, pour peut-être mieux comprendre leur personnalité.

Premièrement, Xion partit vers le rez-de chaussée (ils étaient à l'étage, mais ce n'est qu'un détail), où elle se mit à chercher (d'abord dans le salon, ensuite dans la salle à manger) une cachette plus ou moins digne de ce nom. Ayant remarqué la superbe table en chêne, elle décida de se faufiler dessous, persuadée que personne ne penserait à la chercher là, alors que c'est généralement le premier endroit où les chercheurs vont voir.

Deuxièmement, Kairi, qui l'avait suivie, se faufila sous la table elle aussi, et chassa la pauvre petite fille aux longs cheveux noirs, qu'elle ne garderait pas longs longtemps, juste pour l'ennuyer. Xion se vit donc obligée de fuir sa persécutrice, et partit se cacher derrière les tentures.

Troisièmement, Sora s'était rapidement dirigé vers l'arrière-cuisine, pièce qu'il aimait particulièrement, parce qu'on pouvait y sentir l'odeur de la cuisine sans pour autant y participer. Il se cacha donc entre deux armoires qui se trouvaient là et se mit à pouffer de rire tout seul. Hum.

Quatrièmement, Axel était allé dans le grenier, un endroit sombre où personne ne le trouverait jamais. Il entra dans une armoire quand il entendit quelqu'un entrer.

Cinquièmement, Roxas entra dans le grenier, où il avait vu partir Axel. Il ouvrit l'armoire, certain qu'il se trouvait là.

– Je peux venir avec toi ?

Axel lui sourit et tous deux se blottirent au fond de l'armoire, où les vieux manteaux mangés par les mites les chatouillaient légèrement.

Sixièmement, Riku, à son habitude, n'avait même pas pris la peine de chercher. Il s'assit au hasard sur une chaise et resta là sans bouger d'un pouce. Naminé passa près de lui et lui lança un regard réprobateur, les mains sur les hanches. Il se leva donc et se cacha derrière un sofa, dans le salon, énervé contre la terre entière.

Septièmement, Naminé partit se cacher dans une malle vide (qu'est-ce qu'une malle vide faisait là ?) assez grande pour elle, étant donné qu'elle était petite, même pour ses sept ans. Elle s'y faufila et se recroquevilla sur elle-même en fermant les yeux. Non, non, elle n'allait pas dormir.

Huitièmement, Vanitas, Ven sur ses talons, réfléchissait à un endroit cool. Le placard qui se trouvait là lui sembla parfait. Il aimait bien les endroits plus ou moins sombres et fermés, lui. Alors, il l'ouvrit et s'y planqua.

Neuvièmement et dernièrement, Ven s'arrêta net devant le sombre placard. Vanitas s'en étonna et le pria d'entrer. Mais rien à faire.

– Aller, viens, je vais pas te manger, lui dit-il d'une voix pas tellement rassurante.

Il ne bougea pas, et se tortilla nerveusement les mains.

– Qu'est-ce qu'il y a?

– J'ai peur...

– T'as peur du noir?

– Rigole pas... ma maman elle a dit que j'étais clausophobe et j'ai peur d'être enfermé.

– Clausophobe ? C'est quoi ?

– Je sais pas, mais je rentre pas là dedans.

– Bon. T'as qu'à aller sous la couverture, là-bas.

Ven hocha la tête et partit donc sous la couverture, là-bas. Bien sûr, personne ne pensa à lui dire qu'être clausophobe ça n'existait pas et qu'il était claustrophobe, mais ça n'aurait rien changé puisqu'il ne savait quand même pas ce que ça voulait dire.

Yuna terminait enfin de compter jusqu'à cent, et vu le temps qu'elle avait mis, on se demande si elle n'avait pas confondu cent et mille.

Elle rentra donc et entreprit de chercher du mieux qu'elle le put. Bien évidemment, à peine fut-elle entrée qu'elle fut assaillie de toutes parts par des rires étouffés. Car oui ; tout le monde sait qu'en réalité, ce jeu où il faut se cacher sans bruit n'est qu'une vaste blague qui consiste seulement à pouvoir se fiche de la personne qui cherche, et ça explique pourquoi personne ne veut jamais chercher.

Les vils diablotins pouffaient donc sans retenue, dans le but de d'attirer la pauvre Yuna qui avait eu le malheur d'accepter ce jeu stupide. Elle se dirigea premièrement dans le salon, où elle se mit à soulever les nappes (comme si on pouvait se cacher sous une nappe) ce qui eu le don de faire rire encore plus Kairi, toujours sous la table de la salle à manger attenante au salon, et Xion, parce que le rire, c'est contagieux. Elle regarda ensuite derrière les tentures, puis derrière les canapés où se trouvait Riku, qui commença à bouder. Après avoir fouillé de fond en comble le salon, le gamin aux cheveux gris derrière elle, elle partit pour la salle à manger, ou elle repéra sans peine Kairi dont les rires ne s'arrêtaient plus, suivie de près par Xion.

Tous les quatre partirent vers la cuisine. Après avoir regardé en-dessous des casseroles, dans les armoires vissées et dans le frigo, ils se rendirent dans l'arrière-cuisine, pièce se trouvant, comme son nom l'indique, derrière la cuisine, où Sora fut rapidement démasqué. Après avoir terminé le rez-de chaussée, ils partirent pour le premier étage, où les enfants s'étalèrent partout pour « aider Yuna », et surtout pour montrer qu'ils étaient les meilleurs en trouvant les autres.

Kairi entra dans une chambre, et en voyant la bosse sous la couverture, elle ne put résister à l'envie de sauter dessus, ce qui eut pour effet d'arracher un petit cri à Ven, meurtri par ce poids plume qui venait quand même de se jeter sur lui avec violence. Yuna arriva donc à la charge, soulevant ladite couverture tout en hurlant d'une manière furieusement pondérée « Trouvé ! », et en éclatant les tympan de la rousse en passant. Ensuite, elle fouilla la chambre où elle n'eut aucun mal à trouver le gamin dans l'armoire. Un éclat de rire de Xion l'attira dans une autre pièce adjacente où elle aperçut sans mal la petite blonde sortant de la boîte et lançant vers elle un regard vaincu.

Yuna se mit à compter les enfants et fit une liste spirituelle, ressemblant à peu près à ceci : Trouvés : Kairi, Xion, Naminé, Riku, Ven, Sora, Vanitas. Reste à trouver : Roxas, Axel.

Comme ils avaient fait tout le premier étage, ils allèrent au second, qui ne comptait que trois petites salles. Les deux premières vite mises sans dessus-dessous, elle entra dans le grenier où aucun des enfants ne tenaient à aller, surtout pas Ven. N'ayant pas envie de tout retourner et de se couvrir de toiles d'araignées, elle cria :

– Vous avez gagné, j'abandonne !

Ce à quoi répondirent les deux derniers par des rires et une sortie fracassante de l'armoire à vieux manteau. (Ils avaient cherché dedans le monde de Narnia mais malheureusement il n'y était pas, ça ne devait pas être la bonne armoire à vieux manteaux).

Les enfants réunis, tous descendirent pour le salon où se trouvait Aerith. Elle venait de rentrer de sa petite ballade à l'extérieur et était soulagée de voir que presque tout était à sa place.

Et à peine les enfants étaient-ils assis qu'ils s'ennuyaient déjà. C'est pourquoi Roxas, qui était sans doute le plus doué pour poser les questions embêtantes, reprit la parole en soupirant.

– On fait quoi maintenant ?

Tout le monde soupira, et Aerith fit son plus grand sourire.

– Pourquoi vous n'inventeriez pas un jeu ?

Oui, pourquoi ? Ces gosses avaient-ils assez d'imagination ? La réponse était sans doute oui, vu les idées de génie que Sora allait nous sortir quelques instants plus tard. Et, de toute façon, la réponse est oui, incontestablement. Sinon, comment expliquer que les petites filles puissent jouer si longtemps aux legos et aux poneys ? Elles finissaient toujours par trouver des histoires merveilleuses avec une intrigue extrêmement complexe, si complexe d'ailleurs que seules elles-mêmes et leurs poneys et legos peuvent la comprendre.

– C'est pas une mauvaise idée... dit Yuna qui n'avait pas compris que le « vous » ne lui était pas adressé.

– Oui mais quoi ? demanda Roxas qui avait de si bonnes questions, en fait.

Ils se mirent à réfléchir tous ensemble, et sérieusement cette fois. Le premier à prendre la parole, celui qui jeter les bases du jeu, celui qui allait leur causer toutes sortes de problèmes, leur assassin, au fond, était Sora. Parce que sous sa touffe de cheveux bruns se trouvait un cerveau, peut-être un peu trop utilisé à ce moment-là.

– J'ai une idée ! On disait qu'il y avait deux équipes, des méchants et des gentils.

– Et après ? dit Axel l'air soudain plus réveillé.

– Ben après, les méchants ils attaquent les gentils, et puis les gentils ils se vengent des méchants.

– Et c'est tout ? demanda Riku qui n'était décidément jamais content.

– Ben, oui.

– Mais c'est nul alors...

– Moi je sais ! cria Kairi en sautillant, déjà émerveillée à cette idée.

– Expose ton point de vue, Kairi... lui dit Aerith.

– En fait, on disait que alors les méchants et les gentils ont chacun un château.

– Et ?

– Et après, les méchants ils essayent de prendre celui des gentils. Et les gentils celui des méchants.

– Ah ! Trop facile ! s'exclama Riku en vainqueur. (Il semblait avoir déjà oublié qu'il avait perdu à cache-cache, ce lâche.)

– Dans ce cas, il faut dans chaque équipe des gens qui défendent le château et des gens qui attaquent celui des autres ? demanda Ven simplement, histoire de dire qu'il suivait la conversation.

– Oui !

– Mais... comment on sait quand on a pris le château de l'autre ? se renseigna Xion.

– Ah, euh...

Kairi n'avait pas d'idée pour ça.

– Il suffit qu'on entre ? dit Vanitas, pensif.

– Non ! répliqua Axel. Trop facile. On va dire qu'il y a dans chacun un objet qu'on doit obligatoirement attraper pour pouvoir prendre le château.

– C'est une bonne idée, approuva Aerith.

– Comme ça il y a un garde rien que pour l'objet ! se réjouit Sora.

Naminé ne disait rien et écoutait la conversation passionnée.

– Et on prend quoi comme objet ? interrogea Vanitas.

– Je sais pas, il faut qu'on cherche, lui répondit Roxas.

– Très bien. Allez, les enfants, vous allez tous chercher une bricole et vous la ramenez ici. Après, on décidera de ce qu'on va prendre.

Cela dit, ils partirent explorer les moindres recoins de la maison pour trouver le fameux bibelot. Tous sauf Naminé, qui était restée assise près de Yuna et Aerith, peu emballée par la perspective de se battre pour un château inexistant. Cette fillette n'était décidément pas normale.

– Tu ne vas pas avec eux, Nami ? lui demanda Aerith avec son habituelle douceur.

– Je n'ai plus envie de jouer. Et ce jeu à l'air nul.

– Mmh... c'est pas grave, tu resteras avec nous deux. Et on fera les arbitres.

Elle sourit et son sourire réchauffa le cœur de la petite. Au fond, elle l'avait toujours admirée. « J'aimerais être comme elle plus tard » se dit-elle. Elle n'avait pas à s'inquiéter, elle était déjà bien partie.

Quelques minutes plus tard, les gamins revinrent avec chacun une petite chose dans la main.

Roxas avait pris un vieux cube en bois.

Ven avait pris un ballon.

Vanitas avait pris un coussin.

Axel avait pris une bouteille de whisky.

Kairi avait pris un éventail.

Euh, quoi ? Une bouteille de whisky ?

– Où est-ce que tu as été trouver ça ? lui dit Aerith, manifestement mécontente. Il eut un sourire gêné et partit la remettre à sa place.

Sora avait pris une boîte de haricot verts.

Naminé n'avait rien pris, vu qu'elle était restée en bas.

Riku avait pris des sous-vêtem...

– RIKU ! VA RANGER ÇA !

Riku n'avait donc rien pris...

Et Xion avait pris une clé en bois d'une trentaine de centimètres.

– Bien, dit Aerith qui s'était calmée. Alors... On va demander à Nami de choisir, puisqu'elle fait l'arbitre.

Naminé regarda longuement les objets avec un air de connaisseur, et finalement choisit celui de Xion. On ne s'en serait pas douté.

– Eh ben voila ! Mais il en faudrait une autre, quand même. Pour l'autre équipe, fit Yuna qui était pleine de bon sens.

– Il y en a plein des comme ça, en haut. Je vais en chercher une autre !

Sur ces mots, elle partit en courant dans les escaliers. Elle revint rapidement avec la réplique exacte de la clé, tout sourire.

Elle la déposa sur la table et s'assit dans le canapé.

– Bon, sourit Aerith, on va faire les équipes maintenant...

Ce fut une cacophonie de cris qui lui répondit. Les enfants hurlaient tous en même temps leur idée d'équipe.

– Moi je vais avec Axel ! cria Kairi.

– Moi je veux aller avec Roxas, répondit Axel.

– Moi avec Ven, répliqua Vanitas.

– Moi je veux bien tout le monde sauf Xion, dit Sora dans sa grande bonté. Hum.

– Et moi je veux rester avec Roxas... rétorqua Ven.

– Je veux pas d'Axel dans mon équipe, sortit Riku. (Il avait sûrement pioché un prénom au hasard.)

– Avec Sora ! lança Xion. On ne saura jamais si elle avait dit ça avec l'intention d'ennuyer volontairement Sora ou juste parce qu'elle l'aimait bien.

– Avec Kairi alors, plaça Roxas, puisque personne ne l'avait encore choisie.

– Mais non, viens avec moi, dit Ven.

– Ven, on va à deux c'est plus facile, s'exclama Vanitas, malheureux d'être ainsi ignoré.

– Et moi je...

– STOP ! Ça suffit maintenant ! hurla littéralement Aerith, qui n'en pouvait plus du vacarme.

Les enfants se turent illico, choqués par ce cri de bête. Ils s'assirent calmement et ne dirent plus rien.

– Bien. On va tirer au sort, puisque c'est comme ça.

Sur ce, elle prit une feuille de papier et entreprit d'y écrire le prénom des enfants. Puis, elle la coupa en petit morceau, de façon à ce que chaque nom soit sur un morceau différent, plia les papiers ainsi faits et les plaça dans une boîte qui se trouvait là. Ceci finit, elle demanda à Yuna de piocher quatre morceau. Ce qu'elle fit.

– Sora, énonça-t-elle, Axel, Kairi, Vanitas. L'autre équipe sera donc Roxas, Ven, Xion et Riku.

Tout le monde se mit à râler, pour le fun. Jusqu'à ce qu'Aerith leur dise que le hasard avait parlé et que maintenant, c'était trop tard.

– C'est qui les méchants ? s'enquit Sora.

– Nous ! dit Vanitas avec un grand sourire.

– Tout le monde est d'accord ? demanda leur gardienne.

Ils hochèrent la tête.

– Alors, chaque équipe choisit une couleur, et après on ira dans les bois.

– Pourquoi dans les bois ? réagit Kairi.

– Parce qu'il y a des cabanes dans les arbres, là-bas, et ce serait parfait pour vos forteresses, non ?

Des cris réjouis sortirent de toute part. Les enfants choisirent donc leur couleur (orange pour celle de Xion, bleue pour celle de Kairi ; alors qu'en toute logique, on aurait du mettre orange pour celle de Kairi, pour aller avec ses cheveux) et s'apprêtèrent pour leur petite sortie.


Note de l'auteur : j'adore changer de style. Vous comprenez pourquoi c'était drôle ? VOUS COMPRENEZ ? Moi je comprends.

Il paraît que je me suis éclatée à écrire ce chapitre, mais ça fait si longtemps que je ne m'en souviens plus. Je ne me suis pas éclatée à le corriger, en tout cas. Je te déteste, moi-de-15-ans.

À chaque review postée sur cette fanfiction, une nouvelle chance de gagner au lotto s'offre à vous. Tentez votre chance. Grattez ce billet.