Cher journal,

Nous sommes le 15 juin 2015, et il m'a fallu presque trois mois pour oser corriger ce chapitre 3 qui, ma foi, n'est pourtant pas le pire. Pardonne mon humour étrange et rappelle-toi, s'il te plaît, que j'étais alors jeune et inexpérimentée. Dois-je t'avouer que certains trucs me font quand même rigoler comme une pie ? Non, je n'ai pas honte. C'était rigolo.

Note : Cette fic contient un brin (juste un brin) d'OOC. Et de stupidités. Pardonnez-moi.


Arrivés dans les bois, les enfants se dépêchèrent de choisir une cabane pour chaque équipe. Les bleus (non, pas l'équipe de France, parce que eux auraient sans doute pris la cabane la plus accessible pour l'équipe adverse, voyez-vous) choisirent la plus haute, située dans un endroit où les arbres étaient nombreux et où la forêt était dense. Ils y grimpèrent sans trop de difficultés, sauf pour Kairi qui avait un peu de mal. Là haut, ils s'installèrent en rond, histoire de pouvoir parler plus tranquillement et de discuter tactique. Car, oui, il leur fallait une tactique, et une bonne ! Ce jeu n'était absolument pas à prendre à la légère et, même s'ils savaient qu'ils gagneraient (tâche facile face à cette bande de faibles) ils préféraient choisir la prudence et avoir une technique de fer, pour pouvoir la réutiliser après, si jamais.

Premièrement, trouver un endroit où cacher cette clé. Tâche ardue, quand on sait que la cabane n'offrait que bien peu de cachette digne de ce nom. Sora prit l'objet dans ses mains et le regarda sous toute ses coutures. Évidemment, cet acte n'avait aucun intérêt, juste celui de faire son malin et celui de pouvoir me faire dire la phrase suivante : il vit que leur gardienne avait collé un petit autocollant rond et bleu, pour pouvoir différencier les deux passe-partout de bois. Après, il s'amusa à le lancer en l'air pour tenter de le rattraper, ce qu'il réussissait à faire deux fois sur trois. La troisième fois tapait sur les nerfs de Vanitas qui se retenait pour ne pas se jeter sur le brun, lui arracher la clé des mains et le frapper avec, ou, mieux, la lui faire bouffer. Ce jeune garçon ne se rendait absolument pas compte que ce n'est pas le genre de pensée qu'on est censé avoir à son âge, ce qui prouve peut-être qu'il doit y avoir quelque chose d'anormal sous son petit crâne chevelu.

Ils débattirent longtemps (comprenez par là au moins trois longues minutes) avant de savoir où on allait pouvoir déposer cette fichue clé.

Sora proposa de la mettre simplement par terre au milieu de la pièce, de se cacher puis de tendre une embuscade à leurs adversaires.

Axel lui fit remarquer que c'était tout à fait idiot car il n'y avait pas moyen de tendre une embuscade ici, à moins de savoir voler ou de savoir rester accrocher à un arbre sans bouger de manière à ce qu'on ne le voie pas, ou encore d'être invisible, ou aussi de rendre les oranges aveugles, ou peut-être de... bref, tactique idiote.

Kairi, elle, proposa que quelqu'un la garde sur lui, mais cette hypothèse fut aussi rejetée parce qu'Aerith avait bien précisé que c'était interdit sous peine de disqualification. Alors elle se mit à bouder et Sora entreprit de la calmer avec des mots gentils qu'il n'avait pas l'habitude de dire. Axel proposa une cachette près de la pseudo-fenêtre, de manière à ce que la clé soit seulement visible de l'intérieur. Mais cette idée fut repoussée. En effet, près du trou dans le bois qui servait de fenêtre, c'était trop accessible, et pas du tout marrant si les autres de la voyaient pas.

Vanitas conseilla (et le conseil était avisé, pour une fois) de la placer dans une cavité près d'un des murs, à moitié visible de l'entrée, inaccessible à moins d'entrer dans la cabane en bois. Parfait pour piéger leurs ennemis. Tous approuvèrent cette idée. De toute façon, ils n'avaient pas assez d'imagination pour inventer un plan plus machiavélique et puis, d'eux tous, c'était (et ça resterait) Vanitas qui était le plus doué pour concocter des plans parfois géniaux (pour des gamins), parfois foireux. D'abord le plus souvent foireux, ensuite le plus souvent géniaux. Au grand dam de ses cibles, bien sûr. Ah, le temps, les années qui passent... Ça peut vous changer une personne, l'améliorer ou la détériorer. Dans le cas Vanitas, on ne saura même pas s'il s'améliore ou se détériore, c'est un gars à part, mais au lieu de continuer de vous parler de son merveilleux petit bonhomme de chemin, nous allons suivre leur super tactique de la mort qui tue.

La question du lieu réglée, il restait à répartir les tâches. Vanitas – franchement, quel tacticien ! – fit remarquer qu'il fallait au moins une personne pour garder la forteresse, une pour réapprovisionner en différente choses celle-ci, par exemple en seaux d'eau, histoire de faire dégager les ennemis, ou en divers autre machins utiles, comme des biscuits et des bonbons (ils sont jeunes, pardonnez leur estomac), une pour aller chiper l'autre clé, et la dernière pour... surveiller les alentours ? Ils réfléchirent. Kairi ferait office de réapprovisionneuse, parce que c'était une fille et que c'est normal qu'une fille ne participe pas aux véritables réjouissances, selon les trois garçons qui avaient décidés de faire leur machos misogynes ; Sora serait l'attaquant des bleus (arrêtez de penser football !), parce qu'il était plus petit et agile qu'Axel le roux ou que Vanitas le suffisant ; le roux, puisqu'on en parle, surveillerait les alentours, parce que c'est plus facile quand on est plus grand, et puis parce que de toute façon il est trop repérable à cause de ses cheveux ; et Vanitas ferait le garde, parce qu'il était sadique et que ça lui faisait bien plaisir de pouvoir ridiculiser les autres.

Leur plan prêt, ils décidèrent de se mettre à la fenêtre, pour attendre le signal de départ de Naminé.

De leur côté, les « gentils » avaient choisi une cabane basse mais perdue sur un arbre au milieu d'une clairière, histoire de pouvoir remarquer de loin les intrus. Les oranges, malgré ce que pouvaient penser leurs adversaires, étaient organisés et méticuleux, et n'avaient pas choisi cet endroit au hasard. Au moins, d'ici, ils avaient moins de chance d'être attaqués par surprise.

Ils étaient bien évidemment confrontés aux mêmes problématiques que leurs concurrents. Ils n'eurent pas trop de mal à trouver la cachette idéale, leur clé planquée sous un vieux drap qui était resté là d'une visite précédente. Mais qu'avaient donc été faire les anciens visiteurs avec ce drap ? Le mystère persistera, à moins que vous n'ayez quelque réelle envie de traumatiser ces pauvres gosses avec des détails d'adultes responsables ou non, le choix reste possible. Pour ce qui était des rôles, c'était un peu plus compliqué : Riku et Xion souhaitaient rester en haut, tandis que Roxas et Ven, assortis comme toujours, préféraient se rendre dans le châteaux de leurs rivaux.

Bien sûr, cela entraîna moult discussions. Quelle difficulté plus grande que celle de répartir des rôles, hormis celle de savoir ce qu'on va faire ? Eh bien, la réponse est là : il n'y en a pas. Car pour mettre quatre enfants d'accord en les injectant dans quatre tâche différentes – tout en sachant que seuls deux rôles sont visés, et ce par deux personnes à chaque fois – sans qu'ils se fâchent, qu'ils pleurent, qu'ils boudent, qu'ils trépignent, qu'ils fassent une colère, qu'ils râlent, qu'il ennuient le monde, bref, sans qu'ils manifestent le moindre désaccord, il faut beaucoup, beaucoup de talent, de courage, d'hypocrisie, de négociation, d'habileté, de génie, de capacité, de dons, de qualités, de ténacité, et surtout beaucoup de bonbons et de biscuits, ou alors être un kidnappeur de peluche et de jouets professionnel. Et personne n'en était un parmi eux quatre. Mais malgré tout, ils réussirent à conclure un pacte : ce jour-là, Xion resterait en gardienne et Riku ferait, pour ses jolis yeux, l'approvisionneur, pendant que Ven irait chez leurs adversaires et que Roxas ferait le gay, euh, je veux dire, le guet. Ce n'était qu'un inqualifiable lapsus.

Enfin, quand les détails furent prêts, les acteurs principaux se tournèrent vers leur arbitre. Cette dernière leur fit signe de commencer, ce à quoi ils répondirent par un commencement.

Décrivons donc brièvement l'action.

Primo, les guetteurs, c'est-à-dire ceux qui s'occupaient de guetter, ou qui, plus clairement, restaient au sol juste dans le but de surveiller, descendirent de leur taudis, pardon, de leur magnifique château et commencèrent à, eh bien, guetter. Le plus discrètement possible, bien sûr, ce qui ne voulait pas dire grand chose quand on parle de gosses âgés de sept et neuf ans. Il commencèrent par se repérer l'un l'autre, parce que c'était quand même la seule chose à faire pour le moment.

Secundo, les défenseurs s'installaient tranquillement, regardant de temps en temps à ce qui leur servait de fenêtre, ou de meurtrières, au choix, pour surveiller.

Tertio, Kairi et Riku partirent chercher des armes (ce qui signifie ici : objet inutiles servant juste à être envoyés sur la tête des adversaires pour qu'ils ne puissent pas monter), ainsi que des seaux d'eau (pour la même raison), des filets à papillons (pour quoi faire ?), et puis un inhalateur chez les bleus, parce que il arrivait que Sora en ait besoin, même si c'était plutôt rare, et que Aerith leur avait demandé de le prendre.

Quarto, et pour eux était le défi le plus grand, les assaillants descendaient discrètement et se faufilaient dans le bois, passant par les buissons les plus sombres, les lieux les plus obscurs et les plus froids, accroupis dans la boue, les genoux engourdis par la glace de l'antarctique... enfin, dans les bois au milieu du printemps.

De son côté, Ven avançait lentement, se cachant derrière les arbres du mieux qu'il le pouvait, tout en évitant d'être vu que ce soit de la cabane ou d'Axel. Faire ça lui plaisait beaucoup, c'était certain. Il n'y a rien de plus amusant que de voir sans être vu (à ce moment précis, les deux gardiens pensaient exactement la même chose). Il s'aventura en terrain ennemi (et non pas hostile, bien qu'il le fût certainement), exalté par le vent qui lui passait dans les cheveux. Et comme un prédateur pistant sa proie, il passa, ombre parmi les ombres, sous le nez du guetteur adverse sans qu'il s'en aperçoive le moins du monde.

Sora réussit à franchir la ligne adverse avec presque autant de facilité, même s'il était moins discret, mais de toute façon, Roxas ne s'occupait pas vraiment de chercher les intrus.

Ce fut lui qui, le premier, arriva à la forteresse ennemie. En silence, il se mit à y grimper, un sourire vainqueur aux lèvres, savourant déjà sa victoire. Sourire qu'il garda jusqu'au moment où :

– XION ! UN INTRUS !

L'intéressée sursauta avant de prendre avec une joie évidente le seau d'eau qui se trouvait près d'elle. Elle s'approcha de l'entrée de la cabane, toute heureuse, et déversa avec allégresse son contenu sur la tête de Sora qui émergeait. Celui-ci poussa un cri de rage qui ressemblait à celui d'un chiot battu avant de redescendre pour rejoindre son équipe. La petite fille retint un hurlement de victoire et se contenta de rire devant la mine déconfite de Sora.

Pendant ce temps, Vanitas, qui avait vu la scène de loin, observait avec dégoût son compagnon revenir du combat, trempé. Il n'entendit pas son ami Ven qui s'était engouffré dans la cabane par on ne sait quel moyen. Ce dernier chercha la clé des yeux et un petit sourire illumina son visage d'enfant émerveillé quand il la trouva. Il l'attrapa. Il ne restait plus qu'à la ramener, maintenant...

– Attrapé, Ventus, annonça doucement Vanitas qui avait emprisonné son visage dans un filet un papillon.

– Trop tard, lui répondit simplement son interlocuteur.

Vanitas posa son regard sur son visage puis sur ses mains. Elles étaient vides. La cavité. Vide elle aussi. Un éclair passa dans son regard et le rire de Ven siffla comme un poison à son oreille.

Roxas, qui avait joyeusement réceptionné leur trésor, se mit à courir jusqu'à sa cabane. Axel, qui ne comprenait pas une traître chose de ce qui était en train de se passer – cela sans doute du à ses cheveux roux – ne pensa même pas à essayer de récupérer son bien. Arrivé à sa forteresse, il leva les bras en signe de victoire. Naminé sourit et annonça :

– Équipe Orange, vainqueur !

Les quatre oranges firent éclater leur joie (et non pas leur pulpe ou que sais-je encore) ce qui eut le don d'énerver les bleus, mauvais perdants, comme tous les enfants de cet âge.

Tous descendirent vers les trois filles, histoire de commenter leur nouveau jeu, avec assez d'aigreur de la part de Vanitas, Axel et Sora qui ne supportaient pas de perdre (Kairi, elle, s'en fichait : de toute façon elle n'avait rien foutu). Recueillons donc leurs avis sur ce jeu épatant – et très bizarre, soit dit en passant, mais rien d'étonnant à cela étant donné que ses créateurs eux-même étaient anormaux :

– Génial, dit Sora qui malgré, le fait qu'il était outré par sa déconfiture et trempé par l'autre espèce de sadique aux cheveux noirs, avait trouvé le divertissement distrayant.

– Stupide, annonça Riku, cet espèce de (chieur) gentil petit garçon qui adorait ennuyer le monde.

– Excellent, exposa Xion, qui avait bien rit.

– Foireux mais pas mal, expliqua Axel qui disait des phrases qu'aucun des enfants de neuf ans que je connais ne dirait, cela sans doute dû au fait qu'ils sont élevé par des parents arrogants et extrêmement sévères, mais ne vous en occupez pas et n'appelez pas le centre d'aide aux enfants battus, parce que de toute façon je raconte ma vie et que, dès l'instant ou je dirai « vous avez oublié », vous aurez oublié. Cela n'a aucune importance, puisque vous avez déjà oublié. Avez vous oublié ? Oui, n'est-ce pas ? C'est bien alors, on va dire que vous avez oublié. Et désormais tout cela est aux oubliettes.

– Ils ont triché ! s'exclama Vanitas. (Quel impertinent, celui-là. Si les parents des enfants de neuf ans avaient été là, ils lui auraient certainement fichu une claque. Mais vous ne savez pas de qui je parle, n'est-ce pas ? Ça ne va pas tarder.)

– Personne n'a triché, tu sais... Ils ont gagné aujourd'hui mais vous pourrez vous rattraper une autre fois, le raisonna Naminé.

À ces mots, un sourire conspirateur s'empara de son visage et il se mit déjà à réfléchir à une vengeance digne de ce nom.

– Moi, j'aimais bien, informa Ven, à qui personne n'avait songé à dire que commencer une phrase par « moi, je » était impoli et faisait terriblement égoïste et mégalomane.

– Pareil, formula Roxas, en bon jumeau.

– De quoi on parle là ? demanda Kairi, que tout le monde ignora.

– Eh bien, voilà, vous aurez fait quelque chose de votre après-midi ! rapporta Aerith.

– Ouais ! Et maintenant qu'est-ce qu'on fait ?

Qui avait donc posé cette question existentielle ? Qui ? QUI ?

Naminé lança un regard assassin à son auteur, ce qui eut pour effet de créer un silence pesant sur l'ensemble de l'assemblée et de calmer les envies de meurtres de ceux qui avaient déjà tant subi à cause de cette phrase débile.

– Maintenant, dit gentiment la plus âgée, on retourne à la maison. Vos parents vont bientôt rentrer.

Aussitôt dit, aussitôt fait, la petite troupe regagna le logis et ils ne durent pas attendre longtemps avant que les parents, tout à fait net et clean après cette après-midi dont ils avaient bien profité en l'absence de ces poids qui pourrissaient ces années où ils étaient assez âgés pour s'éclater un max, et qui finiraient par partir le jour où les rhumatismes les gagneront, rentrent à la maison.

Mais comme ce sont des adultes et que les adultes n'ont jamais fini de parler dans le vent, les enfants continuaient de ne rien faire. Vu qu'ils s'ennuyaient (ils ne font que ça), ils partirent vers le jardin.

Alors que la plupart étaient occupés à des jeux mystérieux qui faisaient entendre des éclats de rires par dizaine, Vanitas s'adossa au mur, à l'écart, un sourire malveillant aux lèvres comme il commençait à faire si bien et qu'il ferait si souvent. Une lumière malsaine brillait dans ses yeux... (attention, ce qui suit est une parenthèse expliquant en détail la raison de la couleur des yeux de Vanitas et des autres personnages, si vous vous en fichez, vous pouvez passer jusqu'à ce que le mot « FIN » apparaisse. Pigé ? Nous disions donc, de ses yeux...) jaunes ? Oranges ? Bruns ? Auburn ? Dorés ? Enfin, une couleur dans ces tons, parce que ses parents, en plus de l'avoir maudit en lui donnant un nom terrible, lui avaient également fait don d'une couleur d'iris extrêmement bizarre, comme on ne manquait pas de lui faire remarquer. En fait, soyons franc, ça ressemble un peu à des yeux de hiboux. Franchement, les dieux avaient du bien se gausser quand ils avaient décidé à quoi l'enfant ressemblerait. Il aurait juste fallu lui ajouter des cheveux roux (mais c'était impossible, le gène profane ne se trouvant pas dans les deux parents) ou gris (histoire de le rendre encore plus flippant), et il aurait pu faire carrière au cirque ou dans la maison des horreurs, au choix. (Vous noterez que vous avez souvent le choix, quand même. Je suis si généreux.)

Là, j'aurai bien ajouté un « bref » ou « donc » ou « or » ou quelque autre mot de liaison permettant de couper court à cette ignominieuse digression, mais il faut que vous sachiez l'horrible vérité sur la création d'un de ces êtres humains. En vérité, les dieux en questions sont comme des enfants : NON, ils ne se nourrissent pas exclusivement de bonbons et de biscuits, non ils ne jouent pas au barbies et au poneys (quoique), mais il ne fait aucun doute qu'ils s'ennuient à mourir. Alors, eux aussi ont inventé un jeu : « faisons des hommes des œuvres d'art ». Là, ils s'amusaient, parce qu'au départ tout le monde était bleu, petit et avec des chapeaux blanc (on appelle ça communément des schtroumpfs et, comme on dit, ils créèrent l'homme à leur image, ce qui n'est pas très rassurant), et qu'ils leur donnait une nouvelle taille, une autre couleur de peau, d'yeux, de cheveux. Au départ, ça pouvait donner des trucs pas mal, genre grande taille - peau verte - yeux rouges - cheveux jaunes, mais ensuite, avec la génétique, tous devinrent si normaux que ça en devenait fort lassant. Alors, pour se venger, ils se jetaient parfois sur certaines personnes dans le but de leur compliquer la vie et leur donnaient des caractéristiques horripilantes comme, au hasard, des yeux jaunes dont on ne savait pas s'ils l'étaient vraiment, des cheveux roux (Axel le savait) ou autres catastrophes naturelles, comme des crinières grises. Ou bleues. Enfin bref. Tout ça pour dire qu'en ce moment, les schtroumpfs riaient bien en voyant leurs plus belles créations dans le même jardin. FIN.

Donc, avec ce regard malsain dont il avait le secret, il observait les gentils marmots et plus particulièrement Xion, Ven, Roxas et Riku. Sora s'approcha de lui, doucement, pour ne pas se faire manger tout cru. Mais de toute façon, Vanitas n'était pas encore cannibale, donc il n'avait rien à craindre.

– Qu'est ce qu'y a ?

Le garçon au cheveux noirs et aux yeux bizarres lui répondit :

– Je réfléchis.

Réponse pleine de profondeur. C'était déjà étonnant qu'il connaisse ce mot.

– À quoi ?

– Ils ont triché.

– Mais non...

– C'est un détail. J'ai envie de me venger, pas toi ? dit-il, la tête pleine de pensées meurtrières qu'il ne devrait même pas être capable d'avoir à son âge.

– Euh...

– J'ai une idée.

– Laquelle ?

– Tu verras. Le week-end prochain.

Et sur ces mots leurs bourreaux, euh pardon, parents, les sommèrent de revenir ramper à leurs pieds tant qu'ils le pouvaient encore, et chacun rentra chez lui, Vanitas et Xion, Ven et Roxas, Sora, Riku, Axel et Kairi, et enfin Naminé.

Chez Vanitas et Xion, une belle et grande villa de riches, les enfants se dépêchèrent d'aller se revêtir d'habits propres pour aller dîner à deux, en cuisine. En effet, chez eux, non seulement les gosses mangeaient à part, dans la cuisine comme de petits servants, sans doute pour ne pas déranger les adultes et leurs... discussions (et en ce sens on peut comprendre, parce que tout le monde sait que les enfants c'est mignon quand ça dort mais que le reste du temps c'est ignoble, et surtout, surtout quand ils mangent. À ce moment, si c'est une joie pour les aliments qui finissent toujours par faire leur baptême de l'air, c'est moins drôle pour la personne qui nettoie ou pour celle qui se trouve sur le chemin d'un LVNI, ou légume volant non identifié après un passage dans certaines mâchoires. Bref, un enfant à table, ce n'est pas le comble de la fraîcheur), mais en plus ils devaient mettre des vêtements propres, ce qui est complètement illogique si on met cette assertion en parallèle avec la théorie exposée ci-avant. Alors, pourquoi ? La réponse est simple : pour vérifier si le détachant est vraiment efficace sur tout type de salissure. C'est vrai : quel meilleur moyen de le voir si ce n'est en l'utilisant sur les pires choses possibles ?

Frais et dispos, ils se mirent donc à table où on leur servit le met le plus fin : du ragoût au navet. Ils auraient bien demandé des fish sticks, mais comme on n'est pas chez les pauvres et que leur grand-mère n'était pas là, ils préférèrent déguster ce plat mystérieux qui ne se révéla en réalité pas si mauvais. C'est vrai, pourquoi rejeter ce plat si méconnu qu'est le ragoût au navet, alors qu'il est en réalité si goûteux ? Stop. Cessons ces élucubrations.

Ce repas, silencieux, puisqu'il était défendu de faire du bruit ici, se finit plutôt rapidement. Cependant, les deux frangin et frangine restèrent un moment dans la pièce où ils stationnaient déjà, car Cid et Tifa, deux domestiques, Cid préposé aux tâches les plus malaisées et Tifa aux tâches ménagères (on appelle ça plus communément une bonne à tout faire), et que les enfants aimaient bien, étaient présents et qu'ils discutaient donc tranquillement, sans faire de bruit pour ne pas éveiller les soupçons.

Ces deux domestiques (on avait précisé que la tribu des cheveux noirs vivait dans une familles aisée, eh bien elle l'était suffisamment que pour accueillir plusieurs domestiques) bavardaient et jouaient souvent avec les enfants, enfants qui leur confiaient tous leurs secrets. Sans doute étaient-ils différents des autres. Sans doute avaient-ils un don particulier. Et on ne pouvait absolument pas en douter en les voyant.

Car, oui, vous serez d'accord avec moi, c'est un don que de pouvoir tout nettoyer, préparer le repas, bouger toute la journée, courir après toute sorte de chose et être en activité quand deux énormes poids morts d'au moins vingts kilos chacun pèse sur le buste de la pauvre Tifa. Tout le monde se demandait comment elle pouvait encore bouger avec une poitrine de cette ampleur, elle la première. Ah, si elle l'avait su, elle aurait arrêter de manger les croûtes de pain ! Et tout le monde espérait que jamais elle ne tombe enceinte, parce que... Pas besoin d'entrer dans les détails, en fait.

Pour Cid, ce don était tout autre : celui de savoir parler, manger, cracher, fumer, lécher, se brosser les dents, boire, dormir et faire toute sorte de choses diverses et variées avec sa bouche (mieux vaut ne pas préciser plus) cela tout en gardant au chaud dans cette bouche un espèce de... long bout de bois (et il est aussi absolument étonnant qu'il puisse le garder sans prendre une écharde) parfaitement étrange. C'est sûrement aussi extraordinaire que le fait que Tifa puisse se déplacer si longuement sans être fatiguée et tomber au sol par la force d'attraction.

Après avoir donc raconté leur journée, Vanitas et Xion se rendirent à l'étage pour aller dormir (le couvre feu était placé assez tôt, chez eux). Avant d'abandonner Xion à sa chambre, son frère l'embrassa et lui souhaita une bonne nuit, de beaux rêves, de ne pas tomber de son lit et que les lutins ne viennent pas la manger ce soir, et tout le tralala, même si personne n'a jamais su ce que désignait en vérité le mot « tralala ».

Chez Ven et Roxas, par contre, la soirée fut douce et ils s'amusèrent tous deux à des divertissements qui leur étaient propres. Il faut dire que ces jumeaux s'entendaient merveilleusement bien, qu'ils étaient presque inséparables et qu'ils ne se cachaient jamais rien. Ça faisait bien plaisir à leurs parents, d'ailleurs, qui s'émerveillaient tous les jours de leur complicité (et ça faisait surtout plaisir à leur mère qui n'aurait pas besoin de subir au autre accouchement horriblement douloureux, d'une part pour son corps, d'autre part pour les tympans de son mari, dans le but de ne pas laisser un enfant unique). Ils dormaient tous les deux dans la même chambre, même si leur père avait déjà exprimé le désir de les installer dans des chambres séparées, ce à quoi Ven s'était fortement opposé, ayant besoin de son frère plus que de n'importe qui et plus que son frère n'avait besoin de lui. Ven était tellement attaché à son aîné (car Roxas était bien l'aîné, de quelques minutes seulement) qu'il en était devenu presque dépendant. Étaient-ce les prémices d'un futur de drogué ? Le suspens subsiste...

Comme ce qu'ils ont mangé ne nous intéresse absolument pas, passons à la suite. Après avoir dîné, tous deux partirent se mettre en pyjama et s'en allèrent dormir. Leurs parents vinrent leur offrir leurs souhaits pour la nuit et ils sombrèrent doucement dans un profond sommeil.

Ce dernier, s'il fut calme et plutôt serein chez Roxas, se révéla agité chez son cadet. En effet, comme ça lui arrivait de plus en plus souvent, il se retrouvait dans un cauchemar terrible. Pour la plupart des enfants, un cauchemar terrible se résume à avoir perdu sa barbie, son poney, ou sa petite sœur (un rêve récurrent dans ma jeunesse), ou encore de se faire gronder par ses parents ou de se perdre dans les méandres obscures de l'école primaire, mais chez le jeune garçon au prénom d'auteur latin (quoique je ne pense pas qu'un auteur latin se soit nommé Ventus), les mauvais rêves étaient tout différents, mais avec toujours le même thème qui le persécutait un soir sur trois : l'enfermement. Cette nuit, il rêvait, sans entrer dans les détails, qu'il s'était fait enlever loin de sa famille par Axel (comme quoi, les rêves sont vraiment bizarres ; comme si un gosse de neuf ans pouvait kidnapper un autre de seulement deux ans de moins que lui) qui s'était fait le plaisir de le frapper jusqu'à l'épuisement et de l'emmener en suite dans un lieu appelé funérarium (mais comme il n'en avait jamais vu, il ne pouvait pas en connaître le nom) où un tas de personnes masquées le plaçait dans un cercueil, pour terminer par son enterrement vivant.

À ce moment, on peut se poser une question importante : où diable l'inconscient de Ven va-t-il chercher des idées aussi sordides ? A-t-il été maltraité dans sa jeunesse ? S'est-il fait agressé par son entraîneur de base-ball, même sans jamais avoir joué au base-ball ? La réponse aux deux dernières questions est non, et à la première est : nous ne le saurons probablement jamais, mais le fait qu'il soit enterré vivant vient sans doute de sa claustrophobie dont personne ne trouvera jamais l'origine.. Toujours était-il qu'il se réveilla en sursaut et en sueur, la peur au ventre, un hurlement au bord des lèvres. Habitué à cela, il réussit à se calmer. Mais impossible pour lui, à ce moment, de retrouver le sommeil qui se cachait quelque part au pays des Bisounours bien au chaud dans les rêves de Kairi – mais cela n'a aucun rapport. Blondinet second se leva alors et s'approcha doucement du lit de son frère. Il lui secoua l'épaule légèrement et Roxas sortit de son magnifique rêve de camion de pompier (aah, l'originalité des gamins.).

– Roxas... Chuchota son pareil, je peux dormir avec toi ?

L'intéressé, qui avait l'habitude, lui signifia son accord et Ven se faufila dans son lit, où, bien sûr, il trouva son sommeil sans difficulté et sans frayeurs. Ils étaient souvent retrouvés comme ça, tous les deux serrés l'un contre l'autre comme s'ils avaient eu peur de se perdre, et à ces moments-là tout leur entourage se disait qu'il valait mieux, pour le moment, les garder dans la même chambre.

Chez Axel et Kairi, tout se passa comme cela se passait normalement. C'est-à-dire qu'ils mangèrent en famille, les deux enfants mettant le bordel partout dans la pièce, leurs parents – n'ayant aucune autorité sur eux – les laissant faire. Ils continuèrent à faire la fête toute la nuit, pour le plus grand tort de leurs parents, car ces gamins étaient toujours dynamiques et qu'ils n'avaient besoin que de bien peu de sommeil. Il arrivait parfois que des envies de noyades naissent dans le cerveau fatigué de leur mère, qui, soit dit en passant, se félicitait grandement de ne pas avoir désiré un troisième enfant. Mais, avec l'habitude, elle avait appris à s'endormir sans trop de problèmes, sauf quand Kairi et/ou Axel se mettaient à sauter partout sur le lit conjugal. Ah, ces deux-là. Ils étaient incorrigibles. Malheureusement.

Retournons maintenant chez Vanitas et Xion, qui ont encore des choses à nous faire découvrir, contrairement à Riku, Sora et Naminé ayant eu une soirée monotone, à part Sora qui avait dû la passer à s'occuper de sa petite sœur de deux ans, Olette.

Vanitas, au beau milieu de la nuit, se leva et partit silencieusement dans la cuisine, où il ouvrit lentement un tiroir et en sortit une paire de ciseau. Ensuite, il remonta à l'étage, toujours le plus doucement possible, pour ne pas réveiller les autres habitants de sa charmante demeure. Comme personne ne se réveillait et qu'aucun danger n'était à signaler, il entra dans la chambre de sa cadette, un immense sourire tout à fait malintentionné au visage. Il s'approcha de sa sœur, sans pouvoir s'empêcher de penser qu'elle était adorable lorsqu'elle dormait, le visage serein (qui ne le resterait pas longtemps, croyez-le). Puis, retenant un ricanement, il se mit au travail, une expression sur le visage certainement proche de celle de l'artiste occupé à sculpter un modèle. Tout le monde aurait une bonne surprise demain.

– Ça lui apprendra à se moquer de nous, pensa Vanitas dont le cœur palpitait avec l'appréhension d'être surpris. Douce drogue que le danger.

Il retourna dans sa chambre et cacha son arme sous son lit, sa cachette favorite, et cachette favorite de la plupart des enfants, en fait. Puis il partit se coucher et fit de nombreux rêves qui parlaient surtout de victoire et de vengeance assouvie.

Le lendemain matin, la maisonnée entendit un hurlement dans la chambre de Xion. Sa mère, qui avait pour habitude de la lever, n'avait pu retenir un cri en voyant son état. En effet, les cheveux jadis longs de la petite fille étaient maintenant répandus par terre et cette dernière se retrouvait avec des cheveux plus courts qu'un garçon et absolument artistiques, des touffes de cheveux noirs rebelles se dressant un peu partout sur son crâne et pointant dans tous les sens. Catastrophe. Calamité. Cataclysme. Désastre. Fléau.

– QU'EST-CE QUI EST ARRIVE A TES CHEVEUX ? hurla sa mère.

La petite fille se mit à pleurer, essayant d'expliquer qu'elle n'en avait aucune idée, qu'elle ne savait pas ce qui s'était passé et que c'était peut-être les lutins qui les lui avaient mangé.

Vanitas, réveillé, riait silencieusement dans sa propre chambre et entrebâilla la porte pour admirer le résultat de son travail. Magnifique. Un chef-d'œuvre.

Il dut fermer la porte pour pouffer sans être entendu, les larmes coulant déjà sur ses joues quand il vit sa mère tirer sa cadette par le bras jusqu'au rez-de-chaussée et quand il l'entendit hurler à Tifa qu'il fallait absolument faire quelque chose pour arranger ça. Ça, c'était fait. Satisfait, il se permit de récupérer quelques minutes de sommeil avant la tempête. Car, il le savait, il allait se faire punir méchamment pour ses actes. Mais au fond, il s'en fichait. C'était drôle, et puis elle l'avait mérité. Il avait hâte de voir la réaction de ses amis. Il ferma les yeux, couché, un sourire éternel à la bouche.

Le week-end suivant, les enfants étaient de nouveau conviés à rejoindre la maison de garde, soit le lieu dans lequel ils s'étaient tellement demandés quoi faire la semaine précédente. On leur proposa gentiment d'aller dehors, même si l'injonction sous-jacente était « dégagez de là, sales marmots, et partez jouer aux poneys au pays des Bisounours comme vous savez si bien le faire, et en passant, laissez-nous tranquille, histoire qu'on ait quand même droit à un peu de calme de temps en temps dans notre pauvre vie de parents au bout du rouleau ».

Au bout du rouleau de quoi ? Auraient demandé les charmants bambins s'ils avaient entendu cet ordre sympathique, ce qui aurait sans doute encore plus désespéré leur géniteurs, étant donné que personne n'avait jamais pensé à préciser au bout du rouleau de quoi il était question dans cette expression. En effet, on l'utilise fréquemment en cas de grosse fatigue ou alors de dépression nerveuse, ou encore en étant au bord du suicide, sans savoir vraiment de quoi on parle. Rendez-vous compte, si en fait l'inventeur de cette expression l'avait dégoté dans ses toilettes, alors qu'il faisait sa grosse commission et que, tragédie, il aurait trouvé le rouleau de papier WC vide ? Peut-être avait-il crié : « Chérie, me voilà au bout du rouleau ! Pourrais-tu m'en rapporter un nouveau, que je puisse m'essuyer l'arrière-train sans me salir les doigts ? », et peut-être que sa femme lui avait répondu : « Démerde toi, trou du cul, je te quitte, je pars m'acheter un poney, je ferai mon ranch en Californie comme tu n'as jamais voulu me l'offrir mais que mon grand ami Hubert qui est très vieux et surtout très riche me donne sans rien en échange, parce que je suis fatigué de tes histoires », et, le facteur passant par là ayant entendu ce doux échange aurait fait l'amalgame « être au bout du rouleau » égal « être fatigué de ses histoires », et qu'avec le temps et la déformation de la phrase de base, on en avait conclu qu'on ne savait pas de quel rouleau il s'agissait et que c'était une expression littéraire comme une autre pour dire qu'on en pouvait tout simplement plus. Et que remplace le « en » dans cette expression-là ? Bon, on ne va pas vous faire un speech la dessus, au risque de vous ennuyer, alors retournons à nos bambini trottinant joyeusement dans l'herbe fraîche du jardin.

En fait, tous ou presque étaient déjà présent, excepté Vanitas et Xion. Après quelques minutes, l'aîné arriva tranquillement, suivi de sa cadette. À l'entrée de cette dernière, les yeux se firent ronds, car personne n'avait l'habitude de cette magnifique nouvelle coupe que Tifa avait réussi à arranger pour que ça ait l'air plus ou moins normal et voulu. Tous les enfants s'approchèrent et, après les traditionnels saluts, ce fut Roxas qui, de nouveau, posa la question qui tue, et qui n'était pas pour une fois « qu'est-ce qu'on fait » mais :

– Hé, Xion, tu t'es coupé les cheveux ?

Elle aurait voulu répondre comme tout le monde l'aurait fait, avec un brin d'ironie tout à fait exquis : « non, ils sont tombés tout seuls pendant la nuit ». Mais elle ne le fit pas, parce que, premièrement, ses interlocuteurs étaient si crédules qu'ils l'auraient gobé, et deuxièmement parce que c'était presque comme s'ils étaient tombés pendant la nuit, grâce à son grand frère. Elle se contenta donc de répondre :

– C'est pas moi qui me les suis coupé, j'étais pas vraiment d'accord et ma maman non plus. On a pas fait exprès.

Un nouveau mystère à éclaircir ?

– Qu'est-ce qui s'est passé alors ? demanda gentiment Naminé.

– C'est Vanitas qui est venu pendant la nuit et il m'a coupé mes cheveux !

Tout le monde se tourna alors vers lui. Il prit d'abord un air innocent auquel personne ne croyait, ensuite un air vilain et étrangement content qui choqua les âmes sensibles présentes.

– Il t'a quoi ? dit Naminé avec quelque chose dans les yeux qui aurait fait peur à n'importe qui, mais pas à Xion.

– Il m'a coupé mes cheveux, répondit-elle simplement.

Les autres restèrent silencieux.

– Tu lui as coupé les cheveux pendant qu'elle dormait ? Pourquoi est-ce que tu as fait ça ? exposa la blonde d'une voix calme et posée qui faisait encore plus peur que si elle s'était mise en colère.

– Parce qu'elle l'avait mérité, elle a triché et on punit les tricheurs.

À peine avait-il dit ces mots qu'il se reçut une gifle comme il n'en avait jamais encore reçue dans le visage (mais comme il en recevrait beaucoup, beaucoup d'autres). Un silence de mort s'était installé dans le jardin et il regardait la scène en fumant un vieux cigare. Personne n'osait dire un mot, parce que, pour une fois que Naminé faisait quelque chose de ce genre, il fallait au moins lui faire cet honneur.

– C'est pas une raison, murmura-t-elle.

Vanitas sentit les larmes lui monter aux yeux. Pas vraiment des larmes de douleur, surtout des larmes de haine, de honte et d'effroi. Il s'était fait frapper par une fillette, plus jeune que lui qui plus est. Quelle humiliation. Il ne méritait pas un tel châtiment !

– Pauvre Xion... dit doucement Ven en s'approchant d'elle.

Ce qui eut le don de mettre encore plus en colère. Pourquoi allait-il vers elle au lieu de venir vers lui ? Il était son meilleur ami quand même (quel ingrat) !

– Ouais, c'était pas très gentil ça, Vanitas... l'accusa Riku (pour une fois qu'il était d'accord avec quelqu'un)

– C'est quand même drôle, fit Axel avec un sourire.

– Drôle ? Tu trouves ça drôle ? T'aurais aimé qu'on te fasse ça ? s'exclama Roxas.

– Ben...

– Bah, ça lui va pas mal les cheveux comme ça, dit Sora en pouffant de rire.

– C'est pas une raison, ça se fait pas c'est tout ! la défendit Ven.

– Ça se fait quand on a envie de rire un coup ! objecta Kairi. Vanitas a juste voulu blaguer, pas vrai ?

– Ouais...

– Y a des blagues qui se font pas ! dit Riku. (décidément.)

Sur ce, tout le monde se mit à se crier dessus, jusqu'à ce que Naminé, d'une neutralité sans égale, hurle plus fort que les autres :

– CA SUFFIT MAINTENANT ! VOUS VOUS CALMEZ OU C'EST MOI QUI VOUS CALME !

Ce qui figea l'assemblée. Elle fait peur, cette petite.

– Il a eu ce qu'il méritait, continua-t-elle plus calmement, le problème est réglé et vous arrêtez de vous battre pour ça. COMPRIS ?

– Oui chef, chuchotèrent-ils tous en cœur, les yeux baissés.

– Bien. On joue ? reprit-elle avec un sourire de petit angelot, et personne n'osa la contredire.

Ils partirent donc jouer, et testèrent toute sorte d'activités diverses et variées. Et bien sûr, les animosités étant encore présentes, tous voulurent refaire leur nouveau jeu qu'ils avaient appelé avec énormément d'originalité « la forteresse ». Naminé s'occupa à nouveau de faire l'arbitre et les deux équipes, gonflées à bloc, les bleus par désir de revanche, les oranges par défense de Xion, se dépêchèrent de trouver une nouvelle tactique qui ne laisserait aucune chance à leurs adversaires.

Il n'est plus nécessaire de décrire le déroulement du jeu aujourd'hui, alors je vous dirai seulement que le désir de revanche étant plus fort que le reste, l'équipe de Kairi, Vanitas, Axel et Sora sortit gagnante. Ils montrèrent grandement leur joie et en profitèrent pour se moquer allègrement des perdants, qui le prirent mal. Très mal.

Dès cet instant, les deux équipes commencèrent à se détester cordialement, et désormais et pour longtemps, tous les coups seraient permis pour faire comprendre aux autres leur supériorité. Avec ce premier acte de vandalisme qu'était le massacre aux ciseaux de Vanitas commença une série d'actes qui avaient pour but de mettre en colère, de traumatiser ou d'ennuyer seulement l'équipe adverse, le tout dans une discrétion absolue pour que personne ne se mêle de leurs affaires. Car ils obéissaient à une loi stupide et sans fin, celle du « tu me fais quelque chose, je te le renvoie dix fois plus fort », appelée aussi la Vengeance. Mais cela ne se ferait pas tout de suite, car pour le moment, ils étaient surveillés en permanence, et parce qu'il fallait bien un peu de calme avant la tempête.


Vive les oranges. Pardonnez cette blague sur la pulpe, elle était facile. Pardonnez cette blague sur la pub pour les fish stick qui passait en 2009. Elle me fait toujours rire, cela dit. Merci à Sakura-san pour m'avoir fait part d'un monstrueux lapsus que vous ne verrez jamais, hahaha :D

À la prochaine pour une avancée dans le temps :3

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