Cher journal,

POURQUOI ÉTAIS-JE INCAPABLE DE CONSTRUIRE DES PHRASES CORRECTES QUAND J'AVAIS 16 ANS ? AU SECOURS. Avec toute mon affection, la personne qui corrige ENCORE cette fanfic.

Disclaimer : les personnages appartiennent à Square Enix et Disney.

Warning : attention âmes sensibles, les personnages utilisent des mots vils et impolis. Si vous ne voulez pas les connaître, il s'agit de chier, chiant et con. OUPS.

Note : dans ce chapitre et parce qu'il est facile de s'embrouiller, Roxas, Ven, Sora et Kairi ont 14 ans, Riku a 15 ans, Vanitas, Axel, Aqua et Terra ont 16 ans, et Xion a presque 14 ans nan c'est pas 13 ans c'est presque 14 tais-toi (dit-elle).


5 ans plus tard (encore)

Un gémissement apeuré résonna dans le noir. Le son se répercutait sur les quatre murs qui lui paraissaient si proche les uns des autres. Ça lui donnait mal au crâne. Ça lui donnait envie de vomir.

Il s'était recroquevillé dans un coin après avoir frappé comme un forcené sur la porte close. Ses sanglots s'étaient rapidement taris pour laisser place à une angoisse grandissante et qu'il lui était impossible de calmer. Il essayait, en vain, de penser à autre chose, mais le peu d'espace qu'il y avait le rendait malade et l'obscurité l'oppressait sans qu'il ne puisse rien faire. Il sentait son cœur battre à toute allure, les palpitations bloquant sa respiration et résonnant à ses oreilles comme le son de la mort qui approche. Il étouffait, les séquences de tremblements et de bouffées de chaleurs s'imposant à lui tour à tour. Il luttait pour rester conscient. Épuisé, il ne trouvait même plus la force d'appeler au secours. Personne ne l'entendrait, de toute façon ; et pourquoi ? parce que personne ne pensait à écouter les semblants de bruits venant du placard et parce que, au moment où il avait crié, il n'y avait pas une ombre dans le couloir du lycée. Et maintenant, il était seul avec sa peur, en espérant qu'on penserait à le chercher avant qu'il ne s'étouffe.

Dans un lieu plus ou moins éloigné (ce qui est absolument subjectif car, pour certains, 1 km pourrait sembler éloigné, tandis que pour d'autres non, suivant la taille, le poids, la forme physique, la vitesse, le moyen de locomotion, l'humeur du moment, ou le laps de temps écoulé depuis le dernier repas. Par exemple, pour un escargot, une distance d'une centaine de mètre pourrait sembler énorme, tandis que pour un ogre des Carpates, elle serait dérisoire, si on prend en considération le fait que les ogres des Carpates existent. Ici, plus ou loin éloigné signifie : dans le même établissement, mais pas dans la même pièce. Juste histoire de situer. Dans un lieu plus ou moins éloigné, donc...) Xion était tranquillement assise en attendant Roxas. Ils avaient l'habitude de se retrouver là, sur le temps de midi du moins. Elle et les jumeaux étaient devenus très proches au cours de ces dernières années, au grand dam de son frère qui, malgré le fait qu'ils se disputaient tout le temps, se souciait un minimum de sa sœur et de ses fréquentations, en disant, et je cite : « Si tu continues à traîner avec des imbéciles pareils, tu vas finir par attraper leur connerie », fin de citation, ou un truc du genre. Bref, elle attendait pour le moment le plus âgé des deux frères (non pas qu'elle se fichait du plus jeune, mais elle s'était attachée à lui encore plus qu'à Ven sans qu'elle ne sache expliquer pourquoi), qui commençait à tarder. Elle soupira et plongea dans ses pensées pour passer le temps.

– Salut, dit Roxas en s'asseyant près d'elle.

Elle sourit et le salua rapidement. Puis, après avoir admiré le nouveau venu comme elle le faisait si souvent (d'ailleurs ça ne paraissait même plus bizarre à Roxas, pour qui c'était devenu une habitude), elle s'étonna de la non-présence de son frère. Elle était tellement habituée à les voir tous les deux, toujours ensemble, que Roxas tout seul, ça lui semblait, comment dire... vide ? Elle ne manqua bien sûr pas de poser la question.

– Ven n'est pas avec toi ?

– Non.

– Ben... il est où alors ?

– Qu'est-ce que j'en sais moi, je suis pas sa mère, répondit-il en souriant.

Ah, en effet, réponse pleine de profondeur. Il aurait été étrange qu'il soit sa mère, premièrement parce que, aux dernières nouvelles (et même si en secret le gouvernement fait des recherches poussées sur le sujet) un homme ne peut enfanter, deuxièmement parce qu'à l'âge de 14 ans en ce beau mois de mai, on n'avait généralement pas d'enfant. Enfin généralement, bien sûr, il y a toujours des exceptions. Mais voyons, ce n'est pas une excuse, puisque Roxas aurait très bien pu savoir où se trouvait son frère en ce moment, même en n'étant pas sa mère. Rien ne vaut dans ce genre de cas une bonne preuve par l'exemple : à ce moment précis, Xion sait exactement où se trouve Roxas et Roxas sait où se trouve Xion, bien qu'ils n'aient pas de lien de sang (évidemment, on pourrait réfuter cette théorie en disant que les deux adolescents se voient tandis que le cadet des jumeaux – qui n'était pas le cadet de leurs soucis – est dans un lieu dans lequel on aurait bien du mal à le voir). Mieux, on peut dire que Kairi sait exactement où se trouve Ven, même si elle ne le voit pas et qu'ils n'ont pas de lien de sang (mais cela est peut-être dû au fait qu'elle est impliquée dans le fait qu'il se trouve dans le lieu où elle pense qu'il est, et dans lequel il est, d'ailleurs). Et puis, histoire de casser encore plus sa réplique à deux balles (il faudra qu'on m'explique ce que des balles viennent faire là-dedans), je sais exactement où il se trouve, alors que je n'ai aucun lien avec tout ceci, cela dû au fait que je suis omniscient, comme on dit, tel un dieu immortel.

Tout ça pour dire qu'il ne servait à rien de rajouter ce petit bout de phrase.

Xion haussa les épaules et ils se mirent à discuter de tout et de rien (comme si c'était possible de discuter de rien) – enfin certainement pas de tout vu le temps qui leur fut accordé avant l'arrivée de trois autres petits personnages ayant décidé de venir entamer un brin de causette.

Kairi et Sora, main dans la main, s'assirent en face de Xion et Roxas, tandis que Vanitas se couchait à moitié sur la table (histoire de bien faire chier le monde, ce qui était son activité favorite). Le blond les regarda d'un air, comment dire, figé, alors que Xion levait les yeux au ciel l'air de dire : « il ne manquait plus que ça ».

– Alors frangine, encore en train de fricoter avec blondie ?

Elle leva les yeux au ciel, tout d'abord parce que 'fricoter' n'était pas le verbe qu'elle aurait employé, ensuite parce qu'elle n'aimait pas qu'il l'appelle frangine.

– Qui est-ce que t'appelles blondie toi ? lança Roxas avec un ton qui se voulait sans doute menaçant (mais ça ne lui réussissait pas beaucoup.)

– Je ne fricote avec personne, siffla la sœur de l'intrus.

Sora étouffa un rire et se fit méchamment écraser le pied par sa douce voisine. Vanitas, lui, ne fit que sourire (ce qui est, en soi, déjà pas mal).

– Qu'est-ce que vous voulez ? demanda Roxas, méfiant.

– On venait juste dire bonjour, on n'a pas le droit ? répondit Sora.

– Ah, la belle ironie qui teinte tes propos...

– N'est-ce pas ?

– Alors ! s'exclama Vanitas, sans doute pour se faire entendre. Comment vous allez ?

– Arrête ton jeu, Vanitas... c'est pas parce que t'as 16 ans depuis deux jours que tu peux te la péter, le réprimanda (si on peut appeler ça réprimander) sa cadette.

– On n'a plus le droit d'être poli ici ? soupira-t-il. Bon, on va dire que vous avez répondu « bien et vous? »

– Super, dit Sora.

– Bien aussi, répondit Kairi.

– Moi aussi !

– C'est quoi cette comédie... persifla (quel beau mot) Roxas qui en avait déjà raz-le-bol.

– Impoli !

– Tiens, Riku et Ven sont pas là ? demanda Sora.

– On dirait bien que non, lui répondit méchamment Xion.

– C'est marrant ça, d'habitude vous êtes toujours ensemble, s'étonna Kairi.

– Riku a cours.

– Et Ven ?

Roxas haussa les épaules.

– C'est marrant, j'aurais juré l'avoir vu tout à l'heure, fit Sora d'un air embêté.

– Ah bon ? lui retourna Vanitas. Où ça ?

– Il avait l'air de chercher quelque chose dans un des placards.

– C'est drôle ça, je l'ai pas vu.

– Ah, ça explique pourquoi t'as fermé la porte derrière lui...

– QUOI ? s'exclama Roxas (qui se rendait seulement compte qu'ils étaient en fait venu juste pour lui dire ça).

– Qu'est-ce qu'il y a, Roxy ? demanda Sora.

– Putain ! Qu'est-ce que vous lui avez fait ?

– On vient de te le dire, blondie.

– Pourquoi vous avez fait ça ? lâcha Xion, manifestement en colère.

– On n'a pas fait exprès, madame, lui répondit Sora.

– Où il est ?

– 'Sais pas. J'ai oublié, je crois.

Vanitas affichait maintenant son espèce de sourire machiavélique, pendant que Sora laissait voir un air faussement innocent. Ce qui avait le don d'énerver Roxas bien sûr.

– T'es vraiment un sale con, Vanitas ! Dis-moi où il est !

– J'en sais rien. Tu ferais bien de te dépêcher, par contre. Je suis pas sûr qu'être enfermé dans le noir se soit hyper bon pour lui, tu vois. Ça fait quand même une bonne dizaine de minutes qu'il est là. Venez, on y va, nous.

Il avait repris un air très sérieux qui ne laissait aucune place à la discussion. Il partit avec un ricanement tandis que Roxas se mettait déjà à fouiller le lycée.

Xion partit elle aussi de son côté. Rester avec Roxas dans l'état où il était n'était pas très indiqué. À peine se fut-elle un peu éloignée qu'elle tomba nez à nez avec Kairi, seule. Elles se toisèrent quelques secondes (les filles savent si bien faire ça) avant que la rousse ne prenne la parole.

– Il est au deuxième étage. La porte à côté du local 524.

– Pourquoi tu me dis ça ? lança Xion, méfiante.

– Avec mon frère, on a toujours aimé foutre la merde. Mais il y a des limites que je ne préfère pas dépasser. J'aime pas être cruelle juste pour être cruelle... Je dois te laisser.

Et elle partit sans même que son interlocutrice pût dire le moindre mot.

Xion se dépêcha alors de retrouver Roxas pour lui indiquer le lieu où se trouvait présentement son frère. Ceci fait, ils ne tardèrent pas à trouver le lieu en question, à ouvrir la porte (on ne sait comment) et à sortir enfin le pauvre Ven de son calvaire. Décrire la scène qui suivit et l'état dans lequel se trouvait le martyr n'est pas vraiment utile, et par respect pour les protagonistes, je vous en ferai grâce.

Passons directement aux conséquences que cet acte de vilenie a eu sur l'ensemble de la communauté.

D'abord le principal intéressé (même si je doute qu'il soit fort intéressé par cette barbarie absolue). Celui-ci mit évidemment un peu de temps avant de s'en remettre. Inutile de dire que ses cauchemars s'intensifièrent à partir de ce moment (on se demande comment personne n'a pensé à lui dire que faire des cauchemars comme ça tout le temps sur le même sujet ce n'était pas tout à fait normal et qu'il fallait voir un psy) et que ses nuits se faisaient de plus en plus agitées. De plus, il ne pouvait s'empêcher de ressasser les événements, encore et encore, à se poser des questions comme, entre autre : « Pourquoi ils ont fait ça ? Pourquoi à moi ? Qu'est-ce que j'ai fait ? Qu'est-ce qui fait que j'ai peur à ce point ? Est-ce qu'ils me détestent vraiment ou est-ce qu'ils sont juste cruels et méchants ? Pourquoi se croient-ils tout permis ? Est-ce que les lapins mangent leurs petits ? » et autres choses intéressantes de ce revers là. Ses réflexions l'avaient conduit à la conclusion que Vanitas, Sora et Kairi (Axel aussi, certainement, mais n'étant pas présent au moment des faits il était considéré comme ayant une chance de rédemption) étaient foncièrement mauvais et que jamais rien ne les arrêteraient. Et comme réponse à ses questions, il avait déterminé qu'ils avaient sans doute fait ça pour le ridiculiser ou le martyriser parce qu'ils trouvaient ça drôle, à lui parce qu'il était beaucoup plus facile à manipuler et que de toute façon ça n'aurait pas fonctionné avec quelqu'un d'autre, qu'il n'y était pour rien, qu'il avait peur parce qu'il était né comme ça et qu'il n'avait pas envie de chercher une quelconque raison freudienne à son angoisse, qu'ils le détestaient vraiment ET étaient cruels et méchants, qu'ils se croyaient tout permis d'abord parce que Kairi n'avait jamais subi la pression d'une autorité, parce que Vanitas était un gosse de riche sans aucune pitié pour les autres, et que Sora suivait le groupe, et enfin que les lapins ne mangeaient sans doute pas leurs petits, car dans ce cas, il n'y aurait plus beaucoup de lapins sur terre.

Bien sûr, ce n'étaient que de vaines tentatives de réponses (parce que les lapins pourraient manger leurs petits et en laisser assez pour peupler la planète de lapins). Il était vrai que Vanitas et sa bande étaient des sales types, qu'ils ne manquaient pas souvent une occasion de rabaisser les quatre autres (même s'ils avaient un peu de mal avec Riku) mais là, ça frisait quand même l'agression ouverte ou la torture psychologique. Il ne pouvait pas croire qu'ils soient devenu des ordures à ce point-là. Lequel en avait eu l'idée, d'ailleurs ? Au fond de lui, il connaissait la réponse à sa question ; il ne préférait cependant pas y penser, parce que ça l'aurait encore plus traumatisé si ça avait été le cas.

Du côté de son frère, ça respirait la colère et le désir de vengeance, mais il n'en laissait transpirer goutte. Ça n'aurait fait qu'inquiéter plus Ven, de toute façon. Mais au fond de lui il se jurait qu'ils ne les auraient plus de cette manière et que si ça devait recommencer, il se battrait avec eux jusqu'à la mort d'un des deux partis. Évidemment, si ça devait être contre Axel ou Vanitas, il n'avait à peu près aucune chance, mais contre ce crétin de Sora et Kairi, il n'aurait aucun mal (le problème était qu'Axel défendrait sûrement sa sœur dans ce cas là – Sora était à tous points de vue la meilleure option). Bah, de toute façon, il verrait bien à ce moment-là.

Pour ce qui était de Vanitas, il avait d'abord bien rigolé (parce que c'est un être insensible dans l'âme) puis, une fois rentré chez lui, il avait passé un très mauvais quart d'heure. Peut-être que Xion était plus jeune que lui de 756 jours, mais ça ne l'empêchait absolument pas de savoir se faire respecter quand il le fallait. D'habitude, elle ne disait rien sur ses activités, parce qu'il était son frère quand même, mais cette fois c'en était trop et elle n'avait pas tardé à exploser (et une fille de 13 ans qui explose ça fait mal). Il n'est pas peu dire que Vanitas s'était excusé en long, large et travers, qu'il avait promis de s'excuser auprès de Ventus aussi, qu'il en avait eu plein les oreilles et qu'en plus, il le méritait. Après ce superbe orage qui s'était abattu sur lui, Vanitas était retourné dans sa chambre pour « réfléchir à ce qu'il avait fait », et plus il y réfléchissait, plus il trouvait que finalement sa petite blague était excellente et qu'elle avait fait rire tout le monde, hormis les quatre rabats-joie de service. De toute façon, qu'est-ce que ça pouvait faire ? Ils n'allaient pas en mourir. Et oui, Vanitas n'éprouvait absolument aucun remord et était même fier de ses actes.

Il adorait voir les autres se soumettre devant lui. Comme cela n'avait pas fonctionné avec sa petite sœur (dont la soumission aurait du être naturelle, selon lui), il se défoulait sur les autres, et ça marchait plutôt bien. Peut-être que ça faisait de lui une sale ordure ou que savait-il encore, mais ça lui convenait parfaitement. Pour preuve, rien que de se remémorer la scène lui donnait un plaisir presque malsain (absolument malsain en fait, mais je ne voudrais pas porter de jugement de valeur... même si au fond, c'est plus une constatation qu'un jugement de valeur), et le fait qu'il ait pu faire du mal à celui qui avait été son ami ne lui procurait qu'une allégresse morbide qui le rendait encore plus machiavélique (alors que cet acte aurait dû le révulser ou, au moins, le culpabiliser. Personne n'est parfait).

Bref, ne nous attardons pas sur ce qu'est en train de faire Vanitas ; là, il a besoin d'être seul.

Quelques jours plus tard, après avoir été harcelé par Xion, très douée dans cet art, il se rendit (sans aucune envie) auprès de celui qu'il avait martyrisé auparavant. Après avoir pris une grande inspiration, avoir insulté Xion, toutes les personnes qu'il connaissait, le ciel, la terre, la mer et la planète entière et avoir attendu que Ven soit tout seul (parce que rappelons le ce geste lui coûte énormément et le blesse dans sa fierté, alors mieux valait qu'il soit tout seul), il s'attaqua à une épreuve qu'il n'avait pas l'habitude de surmonter : faire ses excuses à quelqu'un.

– Ventus ?

L'interpellé se retourna et ne parut même pas surpris. Xion avait dû lui en parler, pensa Vanitas avec raison. (Comme si elle allait le laisser s'approcher de son ami sans même prévenir celui-ci.)

– Euh... Je...

Ah, franchement, qu'est-ce qui lui prenait de faire ça ? C'était au-dessus de ses moyens. Malgré tout il inspira lentement et reprit la parole.

– Je-

– C'est pas grave, répondit Ven en le regardant à peine. Je ne t'en veux pas.

La froideur inhabituelle qui se dégageait de sa voix fit taire Vanitas, qui, pour une fois, ne trouvait rien à dire (peut-être parce qu'il était choqué, personne n'a jamais pu le savoir). Il regarda le blond un instant puis lui tourna le dos pour retourner auprès de ses amis. Ven savait vraiment comment le blesser dans son honneur (à moins qu'il ne l'ait pas fait exprès, bien sûr... Il n'était pas du genre à dire ça juste pour le casser dans son élan... du moins le pensait-il). Il avait déjà eu du mal à aller s'excuser pour quelque chose dont il n'avait aucun remord, mais voilà qu'en plus ce gamin le coupait au milieu de sa phrase juste pour avoir le dernier mot. À la limite, il aurait préféré qu'il l'insulte ou qu'il s'énerve, qu'il refuse de le pardonner, juste histoire d'avoir eu une chance de répondre quelque chose (et ça lui aurait permis d'affirmer encore plus sa supériorité), mais non, il n'avait rien su faire d'autre que rester là à rien dire, et cela le faisait enrager. Il l'avait fait exprès, sans doute. Impossible autrement.

Tandis que notre psychopathe maudissait tout ce qui lui passait par la tête, deux mystérieuses entités discutaient posément, assises à une table en l'attendant. La première gribouillait de jolis dessins sur la première surface à sa portée (c'est-à dire ladite table), alors que la seconde semblait s'ennuyer à mourir. Cette dernière soupira un grand coup ce qui exaspéra la première très concentrée sur les caricatures figurant maintenant devant elle.

– T'es chiant ! Arrête de soupirer comme ça !

– Ohlala, pauvre chérie...

S'en suivit un nouveau soupir, plus long et marqué que le précédent, qui ne tarda guère à engendrer une nouvelle exclamation.

– Axel ! Tu fais chier !

– Mais je m'ennuie... Ils font quoi, les deux autres ?

– Sora est en rattrapage.

– Quel con...

– C'est bon, là !

– Ouais je me tais. Et l'autre ?

– Vanitas est parti faire ses excuses à blondie second.

– Oh, mais quel...

– Arrête de traiter tout le monde de con !

– Je l'ai pas encore traité de con.

– Non, mais t'y as pensé.

– Tu lis dans mes pensées, maintenant ? On n'est pas jumeaux pourtant !

– Non, mais presque.

– Tu marques un point.

– J'ai toujours raison.

– Tu parles !

Il sourit. Puis un élément lui sembla étrange.

– Attend Kairi, t'as dit que Vanitas était parti faire ses excuses à Ven ?

– Non j'ai dit à blondie second, mais c'est la même chose, oui.

– Qu'est-ce qui lui prend ? Il a de la fièvre ?

– Euh, non...

– Il s'est drogué ? Il a fumé ? Il est malade ? Il est devenu fou ? Il est gay ? On lui a fait un lavage de cerveau ? Il est devenu sympa ? C'est pas possible.

– Rien de tout ça.

– Quoi alors ?

– Si je te le dis, il va me tuer, dit-elle avec un sourire moqueur.

– Allez ! Je suis ton aîné !

– C'est quoi le rapport ?

– Je sais pas mais dis-moi quand même.

– Il s'est fait engueuler par sa sœur et elle l'a menacé pour qu'il le fasse, je crois.

– Aaaaah, je vois.

– Enfin, il me l'a pas dit mais je suppose qu'il ne fait pas ça par gaieté de cœur.

– Ça m'étonnerait, en effet. Le pauvre, il va avoir l'air con.

– C'est pas plus mal, d'une certaine manière... Peut-être que ça le rendra moins mégalomane ?

– Rien ne pourrait le rendre moins mégalomane.

– Peut-être, oui. De toute façon, que ça le soigne ou pas, c'est une bonne chose qu'il aille présenter ses excuses.

– Tu trouves ? C'est surtout humiliant.

– Il avait poussé le bouchon un peu loin cette fois-ci.

Vous avez poussé le bouchon un peu loin. Enfin, moi je trouve ça marrant.

– Marrant ?

– Ben oui. Un coup de pute peut-être, mais drôle.

– Pour toi ! T'as pensé un peu à Ven, là-dedans ?

– À vrai dire, je m'en fous un peu...

– Vous les mecs n'avez aucune compassion. C'est regrettable.

– Peut-être, mais au moins on n'est pas embêtés par des remords inutiles.

– Je ne crois pas qu'ils soient inutiles...

– En quoi ils sont utiles d'après toi, miss?

– Ils me donnent la preuve que je suis humaine au moins, contrairement à vous trois.

La dessus, Axel se mit à rire, ce qui ne ravit pas tout à fait sa voisine.

– C'est pas drôle ! Des fois j'ai vraiment l'impression que vous êtes de beaux salauds.

– Les salauds ne sont-ils pas humains ?

– T'as raison. Des animaux plutôt.

– Méchante.

– Réaliste !

– Ouais, c'est ça...

Leur conversation prit fin lorsqu'un petit gars aux cheveux noirs et aux yeux dorés s'assit à leur table. Axel ne put résister à l'envie de le taquiner un peu.

– Tiens, Vanitas ! T'as pas l'air bien. Qu'est-ce qu'il y a ?

Vanitas le toisa quelques instants avant de lui répondre.

– Ferme-la Axel. C'est déjà assez dégradant comme ça et j'ai pas besoin de tes commentaires à la con.

Il soupira avant de reprendre :

– Vous parliez de quoi ?

– Kairi se demandait si on était des animaux sanguinaires ou juste des salauds.

– Axel, tu fais chier !

Ils se mirent à rire (alors que ça n'avait pas grand chose de drôle, au fond). Ensuite, ils commencèrent à discuter d'un peu de tout ce qui leur passait par la tête, en évitant le sujet Ventus, pour ne pas trop ennuyer le nouvel arrivant.

– En fait, dit ce dernier, Aqua est passée ?

– Non, pas encore, répondit Kairi.

– Elle devrait pas tarder.

En effet, quelques minutes plus tard, elle vint s'installer auprès du petit groupe d'amis déjà présent.

Prenons le temps de préciser ici quelques détails techniques. Tout d'abord, il faut savoir qu' Aqua a toujours les cheveux bleus, même si cette information est complètement inutile. Depuis sa rencontre avec Vanitas, Xion et les jumeaux, elle et Terra avaient décidé de tout faire pour pouvoir sortir de temps en temps de chez eux en dehors du cadre des soins médicaux intensifs (même si ce n'était jamais arrivé), et après moult péripéties et manipulations, ils avaient gagné le droit d'avoir aussi une vie a l'extérieur.

Du coup, Aqua passait de temps en temps voir Vanitas et avait rencontré par son biais un peu toutes les personnes gravitant autour de lui. Terra ne tenant quant à lui pas plus au frère de Xion qu'avant, préférait aller voir de l'autre côté. Ou alors c'était pour s'éloigner de sa sœur (après tant d'années enfermés ensemble, il semblait normal qu'elle commence à lui taper sur les nerfs).

Bref, de toute façon, malgré ses fréquentations, le duo n'a pas vraiment de parti pris. Ils n'approuvaient pas vraiment les agissements des huit autres (cela était à l'opposé de leur éducation) ; ils n'hésitaient pas à dire dès que quelque chose allait un peu trop loin, même si ça n'avait pas la moindre utilité. Cette neutralité faisait d'eux des personnes un peu particulières aux yeux des autres : d'abord ils pouvaient à peu près tout leur raconter, de plus ils pouvaient aller se plaindre (même si c'était inutile), et enfin ils pouvaient relier d'une certaine manière les deux clans opposés, ce qui n'était pas mauvais, en fin de compte. Sans oublier qu'ils avaient réussi à changer certaines mentalités : Kairi commençait à être aussi dégoûtée qu'eux par les sales coups qu'elle faisait, et de son côté Ven avait renoncé à engager une vendetta envers Vanitas à chaque fois qu'il lui faisait quelque chose (ça n'avait pas d'intérêt de toute façon, puisqu'il n'arrêterait jamais de le martyriser. Ven savait bien qu'il était sa cible favorite et que de toute façon, rien n'y changerait), ce qui était une belle avancée.

Évidemment, cela ne calmait pas ceux qui restaient et qui, avec le temps, avaient développé une imagination extrêmement fertile lorsqu'il s'agissait d'inventer des choses tantôt marrantes, tantôt horribles à leurs ennemis. Bien sûr, tous en avaient déjà fait les frais plus d'une fois, mais ça ne les empêchaient absolument pas de recommencer encore et encore, malgré les protestations de quelques personnes avisées (et dont les voix ne parvenaient jamais jusqu'à leurs oreilles), car logiquement, à force, tout le monde était plus ou moins au courant, et tous se faisaient une joie d'ajouter leur grain de sel, de se placer dans un camp ou l'autre, de commenter l'affaire et même, pour certain, de mettre une note sur dix pour chaque acte commis contre un tiers (à force, c'était Axel qui avait le meilleur score – comme quoi être roux ça paye parfois –, suivi de près par Riku et Vanitas qui se battaient pour la seconde place).

Breeeef, passons, et retournons joyeusement à l'arrivée de cette jolie demoiselle.

– Hello ! dit elle tout aussi joyeusement.

– Salut.

– Coucou.

– ... Bonjour.

– Vous allez bien ? demanda-t-elle en souriant.

– Oui ! (ça c'était Axel)

– Pas mal. (ça c'était la sœur d'Axel)

– Non. (ça c'était Vanitas)

– Ah ? Pourquoi ? (ça c'était Aqua. Bon d'accord vous vous en doutiez sûrement, mais c'est utile de le préciser.)

– Il a le cœur brisé, chantonna le roux.

– Il a honte parce qu'il a dû être gentil pour une fois, expliqua Kairi.

– Vous arrêtez ou quoi ?

– C'est plutôt une bonne chose, non ? fit Aqua.

– Tu parles, il s'est rendu ridicule !

– Arrête Axel, c'est normal qu'il s'excuse après ce qu'il a fait.

– Ce que vous avez fait...

– Surtout lui.

– Tu rejettes la faute.

– J'ai pas fait grand chose. Et je l'ai pas laissé crever là, moi.

– Crever ? T'y vas un peu fort...

– Peut-être, mais c'est comme ça que je vois les choses !

– Bon, vous vous calmez tous les deux ? s'exclama le centre de la conversation.

Aqua soupira.

– Bon, qu'est-ce qui s'est passé ? Tu m'expliques ?

– Pfff... (il leva les yeux au ciel.) C'est juste que Kairi, Sora et moi (il souligna surtout le Kairi et Sora) avons fait une petit blague à Ventus et que ses amis l'ont mal pris.

– Et ?

– Et je me suis dit que peut-être on y avait été un peu fort, j'ai donc été lui présenter mes excuses...

– Ah bon ?

– C'est n'importe quoi ! s'emporta Kairi. Il a oublié de dire que c'est lui qui en a eu l'idée, et qu'après il s'est fait engueuler par sa sœur de treize ans (autant souligner l'âge pour accentuer le ridicule de la chose) qui l'a obligé à aller dire qu'il était soi-disant désolé, alors qu'il s'en fiche complètement.

– Ah, ça semble déjà plus plausible... dit Aqua en souriant.

– C'est à peu près pareil.

– Et tu nous as pas dit, comment ça s'est passé ? s'intéressa soudain Axel.

– Super bien.

– Tu te fous de nous ou quoi !

– Oh, c'est bon ! C'est pas ma faute, il fait chier et c'est tout. Y a rien à ajouter.

– Le pauvre, ricana Kairi, il a été blessé dans sa fierté de mâle dominant.

– Ça suffit, je me casse.

Aussitôt dit, aussitôt fait, il s'en alla, laissant les trois autres derrière lui.

– Il est tellement susceptible... soupira Kairi.

– Je me demande ce que lui a dit blondie second, commenta Axel.

– Pourquoi vous l'appelez comme ça ?

– Bah, commença Kairi, parce que étant donné que Roxas c'est blondie et que c'est le plus âgé...

– Forcément, celui qui suit c'est blondie second. Second parce qu'il y a pas de troisième.

– C'est logique... dit Aqua avec un sourire.

Comme ils en parlent, passons maintenant de l'autre côté.

Ven n'avait pas été ravi quand il avait su par Xion qu'il allait devoir parler avec le sale type qui avait failli le traumatiser à vie. Lorsqu'il était venu pour lui parler (ce qu'il ne faisait approximativement jamais) il avait décidé de couper court à la conversation, même s'il savait que Vanitas lui en voudrait certainement. Il n'avait pas envie de penser aux conséquences que ça pourrait avoir (d'ailleurs ça n'en aurait pas beaucoup, à part exalter l'envie de Vanitas de lui faire peur).

S'il savait que c'était à force de harcèlement que son amie avait réussi à convaincre son frère de s'excuser, il ne pouvait s'empêcher d'être un peu étonné. Il ne pensait pas que Vanitas était à ce point soumis à sa cadette. Quelque chose lui disait que peut-être il avait pu ressentir un soupçon de remord... Néanmoins, cette idée lui sembla étrange, voire grotesque. Il devait juste avoir eu de la fièvre.

Mais s'il s'en voulait et qu'il était désolé ?

Ven se mordit la lèvre inférieure en se disant que si c'était le cas, il aurait peut-être dû être moins froid avec lui. Il se détesta sur le coup. Au final, il n'agissait pas différemment que son « ennemi ».

Il le vit de loin traverser un couloir et décida de partir à sa rencontre, pour se faire pardonner, et aussi pour se persuader que lui, il avait un cœur. Il se dépêcha de le rattraper avant que son courage ne l'abandonne, et l'interpella non sans mal une fois à sa hauteur.

– Vanitas !

Celui-ci lui lança un regard mi-étonné mi-méfiant, puis lui répondit froidement :

– Quoi encore ?

« Encore? » pensa Ven qui se disait, avec raison, que ce mot n'avait rien à faire dans cette phrase, vu que c'était Vanitas qui était venu à sa rencontre la fois précédente. En plus, son interlocuteur avait l'air un peu en colère (ce qui n'était pas si rare, tout compte fait), et il se demanda un instant si c'était une bonne idée avant de lui dire, enfin, ce qu'il avait à lui dire.

– Pardon, dit-il doucement, comme par peur de le choquer.

Sans attendre de réponse ou de réaction, il se hâta de tourner les talons et quitta l'autre garçon avec un soupir de soulagement. Il était rassuré de savoir qu'il n'était pas aussi mauvais que son opposé.

« Il est vraiment bizarre... », pensa Vanitas.

Xion avait voulu des excuses, et excuses il y avait eu, bien qu'elles n'aient pas été celles auxquelles elle avait d'abord pensé.


Mais je suis très très douée pour les conclusions ! (à la con)

À suivre ~ et à la prochaine !