S'il y a des fautes, allez vous plaindre à DL. C'est lui, mon bêta-lecteur :D


Le mois de mai tirait sur sa fin quand, dans un endroit bien différent de ceux exposés jusqu'à présent, une jeune fille se réveilla difficilement. Elle n'avait pas bien dormi, et le fait qu'on la réveille si tôt un samedi ne l'aidait pas à récupérer le sommeil qu'elle avait presque perdu, et ce depuis quelques années déjà.

Elle se frotta les yeux (les gens ont tendance à faire ça lorsqu'ils se réveillent... Enfin pas moi, mais c'est ce qu'on dit), bailla, s'étira et se leva, ce qui lui avait demandé une superbe capacité de persuasion. Car si elle savait si bien dicter les autres, c'est parce qu'elle réussissait toujours à s'ordonner des choses, et qu'elle s'obéissait toujours. Bon, dit comme ça, ça fait un peu comportement de schizophrène. En gros, ce matin, elle pensa : « Lève toi où tu ne pourras jamais sortir de ton lit » et, sur ses propres conseils, se redressa, fit un quart de tour vers la gauche, posa ses pieds à terre et se mit debout tant bien que mal.

Une fois debout, elle s'habilla en vitesse, sortit de sa « chambre », si on pouvait appeler ça une chambre, et entra dans la pièce principale pour souhaiter le bonjour à son père, et à diverses personnes qui se trouvaient là.

-Enfin levée ! L'accueillit son cher paternel avec un sourire bienveillant.

Elle lui décrocha un regard noir de ses yeux bleus (ça devrait donner quelque chose comme du bleu marine) qui passaient pour de vrais trésors là où elle se trouvait, contrairement à l'endroit où elle était née. Elle prit ce qu'elle avait trouvé à manger sur la table miteuse et déjeuna du mieux qu'elle put.

Son père avait l'habitude de sa mauvaise humeur matinale, et passait son temps à taquiner sa fille, histoire de l'exaspérer un peu plus chaque jour. Pour cette raison, il demanda :

-Alors, comment s'est passé ta nuit ? Bien dormi ?

Naminé (parce que, oui, c'était elle, au cas où les abrutis ne l'auraient pas devinés, ou alors au cas où les amnésiques l'aurait oubliée) avala ce qu'elle était en train de manger et répondit avec une joie immense :

-A ton avis? Comme toujours. Arrête de m'embêter, je suis en train de me réveiller là...

-Aah, ça explique tout ! Dit son gentil papa avec bonne humeur.

Il se leva et tapota la tête de Naminé en disant :

-Ne t'en fais pas, tu t'habitueras, ça finira bien par passer.

-Ça fait des mois que tu me dis ça...

Elle soupira (alors que c'est très impoli, mais son père ne s'en inquiétait pas outre mesure) et finit par s'asseoir sur une vieille chaise.

-Pourquoi tu m'as réveillée ?

-Parce que c'était l'heure de te réveiller ma chérie (logique), et puis parce que j'aurais bien besoin de ton aide aujourd'hui.

-Ah... Pour quoi ?

-Pour le petit Peter, tu sais qu'il ne va pas très bien. Son mal a empiré et tu sais comme j'ai du mal à le soigner. Il ne veut absolument pas que je l'aide, et tu sais aussi que sa famille pense que mon unique but est de le tuer pour qu'ils gagnent encore moins que ce qu'ils ont maintenant...

-Cesse donc de répéter « tu sais, tu sais, tu sais » tout le temps... Et qu'est-ce qu'il faut que je fasse ? Que je convainque sa famille ou lui ?

-Pour l'instant, surtout lui.

-D'accord...
-Ah, merci, tu es exceptionnelle.

Elle sourit, puis voyagea dans ses pensées (il y en a qui préfèrent voyager autour du monde, mais comme c'est à peu près déjà son cas, elle, elle voyageait dans ses pensées), et là elle dut rencontrer quelqu'un qui lui apprit une chose qu'elle avait oublié, vu l'air catastrophé qu'elle avait soudain pris.

-Il faudrait combien de temps pour que du courrier arrive à Illusiopolis ? Demanda-t-elle.

-Je n'en sait rien moi, un certain nombre de jours...

-On est quelle date, là ?

-Eh bien, nous sommes le 26 mai et il est 7h23 du matin, heure locale.

-Bon... Ben j'espère que ça ira. Il faut que j'écrive une lettre. Tu aurais de quoi écrire ?

-Bien sûr.

Il lui tendit de quoi écrire, et elle se mit à graver de jolis symboles appelés lettres de l'alphabet, jusqu'à ce que la feuilles soit remplies de sa belle écriture.

Elle sembla réfléchir (et elle réfléchissait certainement), puis signa. Son père la regarda, interloqué, l'air de dire « Qu'est-ce que tu as écrit là, ma chérie », puis lui demanda :

-Qu'est-ce que tu as écrit là, ma chérie ?

-C'est une lettre pour Xion. Son anniversaire est dans pile une semaine, et j'ai failli oublier. Tu pourras la poster ? Dit-elle en pliant le papier. Je voudrais que tu l'envoies à maman, si c'est possible. Elle devrait passer pas très loin dans pas très longtemps, et comme je n'ai pas l'adresse de Xion, je préfère que ce soit elle qui lui donne. En plus, vu ses parents et son frère, c'est pas dit qu'elle pourrait seulement la lire...

-Pas de problèmes. Et pense à écrire à ta mère en même temps, ça lui fera plaisir.

-Très bien. Merci ! Au fait, où est Peter en ce moment ?

-Je suppose qu'il est en train d'attendre les camions...

-Ah, oui. Je vais le chercher. A plus tard !

Laissons là notre chère amie (bien que je ne la connaisse pas plus que vous, en vérité, donc il serait déplacé de ma part de dire « notre amie », mais enfin, passons) et éclaircissons ensemble quelques points obscurs de son histoire.

Naminé avait quitté la ville depuis environ 5 ans en laissant là ses amis, désemparés à l'annonce de son départ.

Depuis, elle leur avait à peine donné de nouvelles, hormis une lettre par an qu'elle destinait à Xion, la seule qui semblait lui manquer un minimum, sans doute parce qu'elle était plus jeune et surtout moins... disons, dissipée que les autres. Il faut dire que sa vie avait été plutôt mouvementée. Quelques mois après être arrivés à Illusiopolis, ses parents avaient fini par lui annoncer qu'ils se séparaient et que son père partait « ailleurs ». Sur le moment, ça l'avait choquée, mais elle avait fini par s'habituer, parce que tout le monde s'habitue toujours, c'est une caractéristique heureuse ou malheureuse qu'on attribue à l'être humain. Bref, après qu'elle ait passé deux années auprès de sa mère, son père était rentré.

Ce dernier travaillait comme médecin sans frontières et voyageait dans divers pays du monde, dans l'espoir de soigner un infime pourcentage des personnes qui avaient besoin de lui. Alors qu'il allait repartir, il avait proposé à sa fille adorée de le suivre et de l'aider dans son travail.

Elle avait accepté et, depuis, était devenue son assistante, et l'aidait du mieux qu'elle pouvait.

Une équipe leur était attachée, et elle s'entendait bien avec tout le monde, même si celui qui lui servait de professeur (parce que, malheureusement, elle devait quand même être scolarisée) lui plaisait un peu moins.

Elle avait elle aussi, bien sûr, remporté un succès immédiat. Ses qualités de modératrice, ses talents de persuasion et son apprentissage facile du langage se révélèrent plus qu'utiles lors des expéditions qu'ils faisaient. Nul besoin de préciser qu'elle n'avait pas le temps de penser à ses amis de l'autre bout de la planète... (ce qui est vachement égoïste de sa part, quand on y pense, mais bon, nul n'est parfait ! -excepté moi-)

xxxxx

Et à l'autre bout de la planète, justement, une dizaine de jours plus tard, Xion lisait la lettre, assise sur son lit, loin du regard de son frère ou de ses parents. Si trois mètre et cinquante-quatre centimètres peut être considéré comme loin... En effet, comme d'habitude, son frère adoré l'observait à la porte qui, comme d'habitude, était entrouverte pour une mystérieuse raison. (Qu'est-ce que c'est que cette manie de laisser sa porte entrouverte ? Surtout lorsqu'on sait qu'un ennemi rôde dans la maison... Voilà qui défie toutes les lois de la logique. Enfin, pardonnons cette jeune demoiselle sans cervelle qui a d'autres choses à penser.) Donc, comme elle avait l'habitude, comme on peut s'en douter (quoique), elle finit par se retourner, déjà prête à le mettre dehors si l'occasion se présentait et s'il avait vraiment une mauvaise raison d'être là.

-Qu'est-ce que tu veux ? L'accueillit-elle de sa voix douce et mélodieuse.

-Rien, lui répondit-il avec une innocence évidente. (Quoique, ce n'était peut-être pas comme ça que la scène s'était déroulée, mais passons les détails insignifiant tels que le ton de chacun, voulez-vous ?)

Xion se remit à la lecture de sa lettre, et Vanitas en profita pour entrer silencieusement, de manière à ce qu'elle ne l'entende qu'une fois qu'il fût à côté d'elle. Elle se leva avec une expression qui aurait fait se sentir n'importe quel terrien normal aussi bien qu'un éléphant devant une souris, ou qu'un élève devant un professeur de biologie peu sympathique, ou... Vous m'aurez compris. Mais monsieur n'était pas un terrien normal... À se demander s'il était vraiment un être humain. Il la toisa donc d'un air supérieur avant de lui dire :

-Qu'est-ce que c'est ?

-Ça te regarde ?

-Non, mais moi je le regarde...

A ce moment, elle eut le fameux regard de la personne qui vient d'entendre une blague tout sauf drôle (que je connais malheureusement trop bien... Personne ne sait apprécier ce merveilleux humour), puis leva les yeux au ciel.

-C'est une lettre de Nami, dit-elle finalement, en espérant sans doute que plus vite elle le dirait, plus vite il le laisserait tranquille, ce qui est, bien sûr, totalement absurde si on tient compte de son interlocuteur.

-Mais c'est merveilleux dis-moi ! S'exclama son frère, un tantinet sarcastique.

-Si c'est pour faire ce genre de commentaire, va-t-en.

-Et si j'ai pas envie ?

-Je m'en fou, va-t-en.

Il se mit à se promener dans la chambre, retournant par-ci par-là quelques breloques inutiles. Après vingt-sept secondes de silence (il faut être précis dans la vie, qui sait, ça pourrait être très utile) alourdi par les pensées meurtrières de Xion (oui, il y a des pensées qui alourdissent l'air comme ça, je ne l'explique pas), elle dit doucement :

-CASSE-TOI PU-(naise, soyons polis) ! ET T'ARRÊTE DE TOUCHER A MES AFFAIRES !

-Rohlala, si on a même plus le droit de dire bonjour à sa sœur...

-Genre !

-Oh l'expression de fermier...

-C'est pas une expression de fermier, c'est un mot, et je dis ce que je veux.

-Oui, oui... C'est bon, j'abandonne, je ferai plus de commentaires, dis-moi juste ce qu'elle raconte.
-Qui ?

-De qui on parle là ?

-De genre ? D'un fermier ?

-...

-C'est bon. Elle dit qu'elle viendra peut-être passer une ou deux semaines ici.

-Aaaaah bon ?

-Oui... Enfin, c'est pas sûr...
-Ah...

-T'es content maintenant ?

-Très content !

-Alors tu peux sortir d'ici, merci.

Pour une fois, il lui obéit et sortit, un léger sourire aux lèvres. Et, exceptionnellement, un sourire sincère, et pas l'espèce de courbure qui n'était destinée qu'à confirmer ses éventuelles mauvaises intention. Évidemment, ce fut à l'abri des regards. Un homme (enfin, c'est à prouver) de son envergure (très incertaine), de son (sale) caractère (misanthrope) et surtout de son attitude (mégalomane, cruelle et méchante) ne supporterait pas qu'on le voie sourire rien qu'à l'évocation du fait qu'une vieille amie pourrait bien passer quelques jours près de chez lui, quelques semaines plus tard. Il ne faudrait pas le confondre avec un sentimental quand même ! Quelle honte, quel abaissement, quelle humiliation, quelle indignité ! Lui, le roi de la vilénie ? Le mal incarné ? Non messieurs dames, ce genre de personne ne sourit jamais sincèrement devant un public. Ou alors très rarement.

xxxxxx

Dans une sombre ruelle d'une sombre ville à un moment sombre de la journée (voire de la nuit, puisqu'il fait sombre), un sombre jeune homme aux cheveux gris (et pas sombres, malheureusement) se rendit dans l'établissement le plus mal famé de sa commune. C'était un lieu pas très grand et souvent vide, car presque personne n 'osait entrer en son sein. En effet, on y voyait des choses infâmes, des choses qui pouvaient bouleverser une vie, qui pouvait rendre fou ; on y louait des cœurs, des âmes ; on y trouvait parfois le meurtre, la criminalité, la violence, la faim, la soif, ou pire, l'ennui. Oui, bien peu de gens venaient dans ce sanctuaire. Dans cette communauté en tout cas, car les hommes, les femmes et les enfants avaient mieux à faire ; et seuls les habitués, les courageux et les intellectuels osaient franchir son seuil.

« Mais quel est cet endroit ? » me direz-vous. « Une maison close ou quoi ? »

Bien sûr que non, pas une maison close, bande d'incultes ! Cette dernière était bien plus fréquentée ! En plus j'ai dit que c'était petit. Vous êtes bêtes ou quoi ? Non, le lieu sacré dont je parle aujourd'hui est... une bibliothèque (bah oui, logique !). Pas la peine de hurler, ça ne va pas vous manger !

La bibliothèque de la ville était souvent déserte, car la plupart des citoyens ne savait même pas ce que signifiait le mot « livre », exception faite des profs de français, du bibliothécaire et de quelques élèves courageux qui ne tarderaient pas à l'oublier. « Mais ils sont tous illettrés ou quoi ? » me demanderez-vous. Eh bien non, pas tous. Mais la plupart achètent leurs bouquins, ils ne les louent pas (mais il y a quand même pas mal d'incultes. Heureusement, vous et moi nous ne sommes pas comme ça bien sûr ! ... Si ?).

« Bon, c'est quand que tu continues ton histoire là, parce que pour le moment il se passe que dalle, tout ce qu'on a compris c'est qu'il y avait un lien avec un papy, une rue sombre et une vieille bibliothèque. » penserez-vous. Eh ! J'ai dit : « un jeune homme aux cheveux gris », pas un papy ! Mais puisque vous y tenez...

Donc, Riku se rendit à la bibliothèque. Celui-ci, même si au premier abord, étant donné sa capacité de communication phénoménale, ne le laissait pas vraiment voir, était un intellectuel, tout du moins si on le comparait aux autres personnes des environs. Pas que ces dernières fussent illettrées, non... Disons qu'elles avaient surtout d'autres choses à faire. Je vous vois venir avec vos grands chevaux, genre que « c'est pas possible, y en a bien quelques-un pour être cultivés quand même ! » mais vous vous trompez ! Je sais ce que vous pensez ! Mais ne croyez pas que la culture et l'intellectualisme sont des caractéristiques qui s'obtiennent seules. C'est simple. Si votre communauté a des carences en matière d'intelligence, j'ai comme un doute sur le fait que vous pourriez devenir intelligent. Regardez, aux Eta... Non, c'est mal de médire. Bref, disons que Riku était l'exception à la règle de sa propre communauté (si on compte le bibliothécaire comme extérieur à celle-ci.) Ça suffit maintenant ! J'élargis le thème si je veux.

Booooon ! Ainsi, il se rendit à la bibliothèque.

Il entra sans faire de bruit (parce que, comme dans tous les lieux saint, si on fait du bruit, on se fait houspiller et mettre dehors sans ménagement... Oui, moi aussi je trouve ça triste), jeta un regard sombre au propriétaire en guise de bonjour (d'ailleurs celui-ci le lui rendit bien) et partit se cacher quelque part derrière un ouvrage dont le titre vous ferait peur.

Alors que tout était parfaitement calme et que les seuls sons qui brisaient le silence étaient les ronflem... Hum, la respiration particulièrement forte de l'archiviste de corvée et le froissement des pages, la porte claqua d'une manière si peu discrète que le bibliothécaire se rév... Hum, sursauta fortement. Riku, quant à lui, ne sembla même pas le remarquer et resta assis, tel un mannequin, une statue, un épouvantail ou que sais-je encore lorsqu'il sentit une présence juste à sa droite. Il attendit d'avoir terminé sa page avant de tourner la tête vers elle.

Mais qui était-ce ? D'où sortait cette maléfique personne ?

Et bien, c'était...

AH AH ! Vous croyiez vraiment que j'allais vous le dévoiler ? Faut pas rire non plus !

Ce jour-là, du côté de Sora, on s'ennuyait ferme. Pas vraiment le genre d'ennui du « j'ai rien à faire », mais plutôt ce lui du « j'ai quelque chose à faire, mais c'est trop infâme pour que j'ose seulement y songer. » Je perçois vos imaginations travailler, chers amis, mais rien de ce que votre jolie tête peut élaborer ne pourrait atteindre un tel niveau d'abjection.

En effet, comme vous ne l'aurez pas deviné, puisque vous l'avez certainement oublié, Sora devait (comme souvent d'ailleurs) faire le baby-sitter pour son adorable petite sœur (qui paraissait adorable pour à peu près tout le monde sauf lui, en vérité). Celle-ci était maintenant âgée de neuf petites années qui étaient, pour son frère en tout cas, neuf années de trop.

Généralement, quand on a une petite sœur, on passe son temps à dire qu'on la déteste (c'est vrai aussi dans la situation inverse, bien sûr), mais au fond, y a de l'amour fraternel. Prenons Vanitas par exemple ; s'il est authentique qu'il passait son temps à la houspiller, à l'ennuyer, à la malmener, à l'agacer, il est juste aussi de dire qu'il l'aimait bien. Enfin, c'était sa sœur quand même ! On a beau dire, le sang c'est important ! Bon, bien sûr, il s'efforçait de le cacher, même si ça ne réussissait pas toujours (et même, pour ainsi dire, jamais), et ses amis préféraient ne pas le lui faire remarquer pour ne pas risquer de recevoir les éclairs de sa divine colère. En gros, vous aurez compris l'idée. Je suppose. J'espère.

Malheureusement, cette affirmation ne s'appliquait certainement pas au cas de Sora et Olette. C'était même plutôt aux antipodes. Ces deux enfants-là se détestaient cordialement. Et le pire, c'est que chacun en comprenait la raison.

La situation était simple : Sora ne supportait plus du tout sa frangine. Pourtant, ils s'étaient bien entendu pendant un moment... Quand Olette était plus jeune. Au moment où elle ne réfléchissait pas. Parce que depuis qu'elle s'était mise à penser (vers ses cinq ans environs) elle avait développé des traits de caractères absolument infects, et était si sympathique qu'elle aurait pu être la sœur de Vanitas et Axel réunis, les bons côtés en moins. Et depuis ce temps-là, rien n'allait plus dans la petite famille.

Olette, ses jolies boucles brunes et ses jolis yeux vers qui faisaient toute sa personnalité était devenue la petite princesse du foyer. Quoique, elle était plus que ça. La reine. L'impératrice. La tsarine. Que dis-je, la déesse qui gouvernait le monde entier de son Olympe. Autant dire qu'elle était devenue le centre de la terre aux yeux de ses parents ; et c'était bien les seuls qui étaient assez aveugles que pour la considérer comme tel. Sora, lui, ne la voyait pas du tout comme ça. Disons que pour lui, elle se rapprochait plus d'un monstre maléfique, d'une succube sordide, d'une hydre hideuse, d'une vouivre violente (enfin, à sa manière), d'une tarasque infâme (aucun adjectif péjoratif en « t » ne me vient comme ça, quel dommage), bref, de quelque chose de très, très mauvais. Pour lui, elle se rapprochait plus de la sorcière Circé qui attirait puis empoisonnait ou transformait en pourceau chaque personne qui avait le malheur d'atterrir sur son île que d'une quelconque déesse antique. Pour lui, elle était juste une malédiction. Et il ne comprenait absolument pas cette attention toujours centrée sur elle.

Non, Sora n'était pas jaloux. Il l'avait été, c'est vrai, et lui même ne le niait pas ; mais ce qu'il ressentait avait maintenant largement dépassé la jalousie.

De plus, la plupart des personnes qui les connaissait était d'accord avec lui. Bien sûr, à part ses amis proches, personne ne faisait de commentaire ; mais chacun en avait vraiment envie. Parce que cette fille devait être l'incarnation du diable. Elle était tout bonnement abjecte. Et elle avait neuf ans. Le pire âge de l'enfant. Le plus difficile à supporter.

Olette était née environ cinq ans après son frère (les cinq années les plus heureuses de la vie de celui-ci, sans doute). Ses parents, ravis d'avoir une fille après avoir engendré leur abruti de fils (enfin, c'était la vision des choses selon Sora, on ne saura jamais vraiment ce qu'avaient pensé ses parents, mais le fait est qu'ils étaient plus que réjouis d'avoir une fillette), la couvèrent bien plus qu'il ne l'aurait fallu, et contribuèrent ainsi à son estime d'elle tellement immense qu'elle en était presque honteuse. Enfant reine, elle avait commencé par être mignonne, et à ce moment-là Sora l'appréciait encore... Mais quand elle avait compris ce qu'elle pouvait faire de l'attention qu'on lui accordait, elle était devenue infernale. Douée d'une prétention hors du commun, ainsi que d'un orgueil démesuré, elle avait finit par se croire supérieure à tous, du haut de ses quelques années. Elle menait la vie dure à son frère et à chaque personne qui venait à croiser son chemin ; et lorsqu'on tentait de l'expliquer à ses parents, ceux-ci faisaient la sourde oreille.

Elle était tellement insupportable que Sora essayait toujours de s'éloigner le plus possible et d'échapper à sa divine personne ; mais, les jours comme celui-ci, où il était obligé de la « garder », il se devait de rester auprès d'elle. De toute façon, chaque fois qu'il cherchait à la fuir, elle lui rappelait qu'elle était la plus jeune, qu'elle le dirait à papa et maman s'il s'avisait seulement de partir. Il était obligé d'accomplir le moindre de ses désirs. Bien sûr, il lui arrivait de se rebeller, mais sa sœur le laissait rarement faire : elle avait toujours des astuces et des ruses en poche pour le faire chanter et l'obliger à rester près d'elle à la servir.

Ce soir-là, elle avait décidé qu'elle voulait regarder la télévision, manger des gâteaux et que son ainé devait lui brosser les cheveux. Fatigué par sa journée, Sora ne songea même pas à lui désobéir, et céda à ses caprices sans faire d'histoire. Lorsqu'il en eut finit avec la chevelure d'Olette, il s'assit sur une chaise et soupira. L'ennui l'avait gagné et, connaissant ce genre de soirée, il savait qu'il ne le quitterait pas tout de suite. Et le pire, c'était que ce n'était que la première d'une longue liste de soirées à passer seul à seul avec sa frangine. Il haïssait les vacances d'été pour ça. Au moins, les jours de cours, il pouvait sortir tout un tas d'excuses ; mais les jours de congés, il ne trouvait rien à dire, et devait se plier aux désirs de ses parents.

Il regarda le calendrier, déprimé. Douze juillet.

Naminé devait arriver le lendemain,d'après ce qu'il avait appris de Vanitas. Il soupira. Enfin une occasion de se barrer très loin de son joyeux habitat. Soudain, il se leva, et se précipita sur le téléphone.

Sa sœur se retourna vivement, le toisa quelques instant avant de regarder son dessin animé, Kirikou (au moins, elle a pas des goûts trop pourris.)

xxxxx

Je sais. Vous êtes en train d'attendre.

Attendre que je vous conte quelque chose de bien. Quelque chose de nouveau. Quelque chose qui vous fera patienter lors de vos longues heures de math, pendant que, vils rebelles que vous êtes, vous surfez au lieu de suivre.

Aaah, ou alors vous attendez juste que je poursuive le trip de la bibliothèque, avec Riku et le fantomatique personnage qui est venu l'interrompre dans sa lecture ? Mais enfin, il fallait le dire plus tôt !

Il sentit une présence juste à sa droite. Il attendit d'avoir terminé sa page avant de tourner la tête vers elle.

Mais qui était-ce ? D'où sortait cette maléfique personne ?

Et bien, c'était...

... Naminé qui avait eu la soudaine envie d'arriver plus tôt que prévu et de passer par la salle sombre dans laquelle se trouvait Riku. (Ahahah, vous croyiez pas que ça allait être original quand même !)

Elle s'assit à ses côté et ne dit rien jusqu'à ce qu'il prenne la parole, et manifestement ce jour-là était son jour de chance, puisqu'elle n'eut pas à attendre trop longtemps (ce qui aurait été fort peu probable, en temps normal.)

-Salut, marmonna-t-il.

Elle lui sourit en guise de bonjour, puis lui demanda :

-Tu me reconnais ? (Ça faisait quand même quelques années qu'ils ne s'étaient pas vu, aussi)

Il soupira.

-Bien sûr.

-J'en doutais, pourtant. Ta mémoire n'a jamais été très bonne.

Il haussa les épaules. (On remarque que leur conversation est très énergique, n'est-ce pas ?)

-Qu'est-ce que tu fais ici ? Je croyais que tu ne devais arriver que demain.

-J'ai eu la soudaine envie d'arriver plus tôt que prévu.

-Et de passer par ici ?

-On dirait bien.

-Vous avez bientôt fini oui ? Dit le vieux bibliothécaire (qui avait l'air d'avoir écouté la conversation) d'un air mauvais. On est pas dans un café ici ! Vous savez lire ou quoi ? Vous savez ce que ça signifie « faire silence » ? Oui, non ou « je dors monsieur » ? Non mais oh ! Aucun respect ! La jeunesse d'aujourd'hui, je vous jure ! Vous devriez avoir honte ! Allez, partez d'ici ! Si c'est pas pour lire, allez vous-en ! C'est honteux, honteux !

Naminé le regarda avec des yeux ronds.

-Excusez moi, monsieur, mais...

-Mais ? Mais ? Mais quoi ? Il n'y a pas de mais qui tienne !

-Hum... Je me disais juste que...

-Tu te disais que quoi, jeune idiote ? J'ai demandé le calme, il n'y a rien à ajouter, espèce de petite irrespectueuse...

-Mais enfin monsieur...

-Je ne veux plus rien entendre ! Taisez-vous ! Vous nous dérangez !

-Nous ? Mais vous êtes tout seul...

-Ouais, ben c'est un nous majestatif ! (ou alors il est schizophrène, au choix)

-A quoi bon faire silence, de toute façon, il n'y a personne ici, alors qui voulez-vous qu'on dérange dans sa lecture ? Dit Riku qui venait manifestement de se rendre compte qu'il se passait quelque chose.

Le vieux marmonna quelque chose d'incompréhensible alors que les jeunes s'en allaient. Enfin, en écoutant bien, on aurait pu deviner les mots « jeunes » « stupides » « irrespect » « idiot » et autres choses du genre, sauf que personne n'avait envie d'écouter.

-Alors ?

Naminé avait récupéré son sourire en retrouvant l'air frais.

-Alors quoi ? Lui demanda Riku.

-Qu'est-ce que tu deviens ?

-Drôle de question. Pas grand chose, en vérité.

Elle haussa les épaules.

-Très constructif... (elle soupira.) C'était ton anniversaire il n'y a pas longtemps, n'est-ce pas ?

-Humpf.

-Cool.

Il y eut un silence, auquel Naminé répondit par la question fatale :

-Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?

xxxxx

Kairi était tranquillement assise sur son lit et pensait. La nature de ses pensées naviguait entre divers sentiments envers diverses personnes, partait de ce jour fatidique de janvier, s'arrêtait en cet ennuyeux jour de juillet, en ne manquant pas de faire escale par le jour où, pour la première fois, elle avait décidé d'arrêter ses caprices. Je sais, vous êtes impressionnés ; désormais, vous m'appellerez « prince des métaphores ».

Ses yeux perdus dans le vide, on aurait pu croire à la mise en scène d'un tableau de maître. Jamais la jeune fille n'avait eu l'air si sérieuse.

La sonnerie de son téléphone la tira de son presque sommeil. Elle décrocha sans grande conviction pour découvrir que son interlocuteur n'était autre que Sora, le courageux garçon qui avait réussi à fuir sa sœur pour passer un appel.

L'appel en question se déroula à peu près comme suit :

« Allooooooooo ? C'est Sora, ça va ?

-Tiens, salut, Sora. On peut dire ça comme ça. Et toi ?

-Ça va ça va !

-Tant mieux.

-T'as la voix d'un poulet qui va à l'abattoir toi ! Il y a quelque chose qui va pas ?

-Répète trois fois se que tu viens de dire dans ta tête. Tu as déjà entendu la voix d'un poulet qui va à l'abattoir ? Non, ça m'étonnerait. Alors évite de faire ce genre de comparaison avec moi, merci.

-Oulalah ! J'ai compris, je te laisse tranquille...

-Non, c'est bon. Laisse juste mon humeur de côté. Pourquoi tu m'as appelé ?

-Ben, tu sais, y a Naminé qui...

-Arrive demain, oui. Le sujet maintenant ?

-Hum... Ben je me disais juste que, comme elle venait, ce serait bien qu'on organise un truc. Quelque chose tous ensemble quoi.

-Qu'est-ce que tu entends par « tous ensemble » ?

-Eh bien, toi, moi, Axel, Vanitas...

-Je vois...

-... et puis Xion, Riku, Ven et Roxas.

-...

-Euh ? Kairi ?

-...

-Youhouuu, y a quelqu'un ?

-Oui. T'as raison, Sora. C'est une bonne idée.

-T'es d'accord alors ? Génial ! Je m'arrange pour prévenir les autres alors. À demain !

-Mh, oui. »

Là dessus, elle raccrocha, et soupira. C'était bien le genre de Sora, ça, d'attendre la veille au soir.

Elle s'allongea sur son lit, et, les yeux clos, songea à ce qu'elle avait fait de sa vie jusque là. Et, sans lire entre les lignes, cela se résumait à pas grand chose. Pas grand chose du tout.

xxxxx

Par miracle, le lendemain, l'information avait réussi à circuler parmi les huit concernés. En effet, la soirée précédente, Sora avait pu convaincre, tant bien que mal, Vanitas d'accepter son idée et de la faire accepter à sa sœur. On pourrait d'ailleurs se demander ce que Sora avait bien pu lui raconter comme bobards pour qu'il adhère plus ou moins à son opinion ; mais, comme certains d'entre vous le savent très certainement, parfois, il vaut mieux ne pas savoir... Et c'est très certainement applicable dans ce cas-là.

Bref (ce mot revient très souvent, étrange non?) ils se retrouvèrent tous ensemble dans la même pièce sans pour autant chercher le combat. Bien sûr, ils n'étaient pas en joie face à cette situation... Mais certains d'entre eux ne semblaient pas trouver la présence de leurs anciens adversaires tellement pénible.

Parmi ceux-ci, il y avait d'abord et surtout Kairi. Elle avait réfléchi à s'en faire fumer les méninge, et sans doute une divinité quelconque lui avait enfin fait don de ce qu'on appelle la raison et les remords. Elle avait fini par se persuader que, peut-être, une trêve était quelque chose d'envisageable, et elle attendait seulement qu'un complice potentiel se démarque.

Roxas rejoignait son avis, mais il n'en laissait rien paraître sur son visage. Il n'en avait d'ailleurs parlé à personne, contrairement à la rousse qui l'avait évoqué avec son frère, même si ce dernier n'avait pas vraiment accepté cette idée.

Xion et Sora avaient eux aussi pensé à cette possibilité, mais l'avaient vite rejetée.

Ven et Axel n'avaient pas vraiment d'avis sur la question.

Enfin, Riku et Vanitas n'y pensaient même pas. Pourquoi donc se polluer l'esprit avec une telle absurdité ? Quelle idée, voyons !

Le fait est en tout cas qu'ils avaient réussi à se réunir dans un but plutôt pacifique. Naminé venait de se joindre à eux, et malgré que certains se toisaient encore de haut en bas, d'autres affichaient des sourires sincères.

C'était quand ce genre d'évènement se produisait que ceux qui jadis avaient été des enfants un peu turbulents (pour rester courtois) caressaient l'idée que le pouvoir de savoir lire dans les pensées serait un atout non négligeable pour leurs projets et leurs relations à venir ; malheureusement pour eux, ils ne le possédaient pas, mais heureusement pour nous, moi je suis narrateur, et je suis omnipotent, tout-puissant et surtout omniscient.

Que pensaient-ils, ces jeunots-là ?

Eh bien voilà : Roxas se demandait ce qu'ils allaient bien pouvoir faire et... Non, c'est une blague. Roxas pensait que Naminé était devenue ravissante depuis qu'elle les avait quittés, mais qu'elle n'était pas son genre. Pas qu'il ait eu un genre particulier, en fait ; c'est juste qu'il n'y pensait pas vraiment. En voyant tout le monde réuni, il pensait aux années de sa folle jeunesse qu'ils avaient passé ensemble, aux jeux stupides qu'ils avaient inventés et qu'ils avaient déjà oubliés, aux longues journées où l'ennui avait été omniprésent mais moins lourd que celui qui tapissait ses journées d'été de plus en plus souvent. Il regarda Axel avec qui il s'était si bien entendu autrefois, se demanda comment aurait été sa vie si il était resté avec lui au lieu de défendre la petite Xion. La seule réponse qui lui vint fut « différente »,et il la balaya d'un geste pour observer les autres. Quand il dirigea son regard vers Kairi, ce fut pour se rendre compte qu'elle avait l'air un peu triste ; elle lui adressa néanmoins un sourire timide dès qu'elle le vit. Roxas se demanda un instant ce qu'elle lui voulait, puis retourna vaquer à ses occupations.

Vanitas, lui, songeait à quelques plans diaboliques à mettre en œuvre contre cette bande de crétins. En regardant sa jeune sœur tout sourire discuter activement avec cet idiot de Ven, il ressentit une étrange colère. Après avoir adressé mentalement ces tendres paroles, je cite (enfin si on peut appeler ça citer, étant donné qu'il les pensait seulement) : « Tu touches à ma sœur, j'te bouffe » à celui-ci, il divagua et se mit à penser à un tas de choses sans queue ni tête, pour ensuite se dire qu'il fallait absolument qu'il parle à Naminé, puis pour concentrer de nouveau son attention sur le (la nature des adjectifs associés au mot suivants ont été censurés, par bonne mesure. Quel dommage, vous auriez pu apprendre tout un tas de nouvelles insanités pourtant) garçon qui passait son temps à draguer sa cadette et qui l'avait maintenant quittée pour aller s'installer tout seul sur une chaise, un peu à l'écart.

Sora, de son côté, ne pensait à rien d'autre qu'à la conversation qu'il entretenait avec celle qu'il avait longtemps considéré comme sa meilleure amie et au bonheur qu'il ressentait de la voir ainsi de retour parmi eux. Aux anges, il entendait à peine cette petite voix intérieure qui en voulait à celle-ci de ne pas l'avoir contacté et d'avoir prévenu Xion à sa place, de penser à elle plutôt qu'à lui. À côté de cela cependant, il gardait quand même un emplacement dans sa tête pour Kairi qui lui semblait de plus en plus triste et malade depuis quelques temps, ce que sa conversation de la veille lui avait confirmé. Mais pour le moment, il laissait ses inquiétudes de côté pour pouvoir admirer la jeune fille que Naminé était devenue.

Ven se sentait mal à l'aise au milieu des autres, surtout quand il repensait à la mauvaise blague que les trois vicieux lui avait fait. Il pensait que la haine cachée sous l'allégresse ambiante rendait l'air difficilement respirable et il se prit à espérer avoir vécu et grandit ailleurs. Certes, il n'était pas malheureux ; mais il n'était pas totalement heureux non plus. En fait, se trouver dans la même pièce que Kairi, Axel et Vanitas sans rien faire et sans qu'eux ne tentent quelque chose ne lui semblait pas naturel. Et, en y réfléchissant, il aurait aimé que ça le soit et que l'amitié qu'ils avaient tous tissés ensemble n'ait pas été consumée si vite. Son malaise s'agrandit lorsqu'il vit le frère de son amie s'avancer vers lui avec un air furieux (même si, sur son visage, toutes les expressions qu'il pouvait faire finissaient par lui donner un air furieux.)

Riku quant à lui ne pensait pas à grand chose. Un vague bruissement intérieur qui se rapprochait presque d'un sentiment de joie occupait approximativement son corps, et seule sa vision lui tenait lieu de pensées. Ou alors, il les gardait tellement bien scellées que, même moi, réincarnation de la divinité sur terre, je ne peux les atteindre.

Kairi se sentait un peu mieux qu'avant, et était d'autant plus heureuse qu'elle était quasiment certaine que Roxas regrettait leur passé autant qu'elle. Elle avait tellement retourné ça dans sa tête ses derniers jours qu'elle en devenait presque malheureuse de ne pas être l'amie des jumeaux et de Xion, même si elle n'appréciait pas vraiment cette dernière. Elle était persuadée que le retour, bien que d'une durée limitée, de Naminé pouvait n'être que bénéfique aux relations que chacun pourrait tisser ou réparer. Elle n'avait plus que cette idée à l'esprit et ne permettait à aucune autre pensée parasite de la souiller.

Axel s'ennuyait un peu et se demandait ce qu'il faisait là. Pourtant, il s'en félicitait, car le regard que sa sœur portait à tout le monde lui donnait des frissons dans le dos. À part ça, il s'assit en ne manquant pas d'écouter plus ou moins involontairement la conversation qu'entretenait Sora avec l'invitée d'honneur. Il se concentra sur son ennui pour éviter d'avoir mal à la tête en méditant sur un sujet plus compliqué.

Enfin, Xion ne pensait à rien de spécial. Comme elle le faisait souvent, elle songeait à tout et à rien, à des sujets divers qui traitaient de différentes affaires ténébreuses, elle s'évadait au loin sans faire attention à ce qui se passait autour d'elle. Elle ne se sentait ni bien ni mal. Elle avait prit le parti du juste milieu et avait décidé de ne pas céder au reste.

Très instructif, n'est-ce pas ? Ah, si eux avaient pu lire tout ça, peut-être auraient-ils légèrement modifié leur façon de penser.

Et maintenant qu'ils ont tous bien pensé et que nous, vilains voyeurs que nous sommes, nous avons tous bien trituré leur cervelles gluantes, que vont-ils faire ensuite ?

Et bien, la réponse est des plus simple ; ils vont continuer leur conversation en se demandant pourquoi leur cerveau chatouillait, ou bien vaquer à leurs diverses occupations plus distinguées les unes que les autres. C'est à dire, en gros, que Roxas sortait de la pièce pour d'obscures raisons, Kairi le suivait des yeux pour d'autres obscures raisons, Sora discutait toujours avec Naminé et curieusement Xion avait rejoint la conversation tout en ignorant assez magnifiquement le premier, Ven était toujours assis sur sa chaise, Vanitas se dirigeait vers lui pour lui faire part de ce qu'il pensait de lui (ça fait tout plein de lui), Riku... Ben voilà quoi, et Axel mangeait comme un ogre et buvait comme un trou. De quoi faire un magnifique tableau qui deviendrait sans doute une immense œuvre d'art, à n'en pas douter. (Je le nommerai : « Comment les schtroumpfs ont foiré leur boulot ». Ça sonne plutôt bien, non ?)

Donc, tandis que Vanitas arrivait en fronçant les sourcils (ou alors il avait un mono-sourcil très étrange) et s'affalait sur un vieux tabouret sur lequel même le plus crétin d'entre vous n'aurait osé s'affaler sans en avoir préalablement vérifié la solidité, Roxas sortait de la pièce parce qu'il en avait marre de se retrouver avec cette bande de... Enfin, cette bande.

Axel observa ce dernier partir presque en catimini avec des yeux vides. Soudain, son estomac se mit à gargouiller étrangement, et il sentit une âpre brûlure gravir vaillamment le tunnel horizontal qui lui servait d'œsophage pour passer par sa gorge et finir sur le sol autrefois propre. Lorsqu'il se releva, pas tout à fait dans son assiette, il remarqua que sa cadette avait disparu. Il haussa les épaules et se dirigea courageusement vers les toilettes afin de finir ce qu'il avait commencé.

Naminé et Xion poussèrent des cris d'orfraies en découvrant le massacre et partirent évaluer la situation, laissant là un Sora pantois, qui n'eut d'autres loisirs que d'observer Vanitas et Ventus (que c'est laid) se quereller de loin, pour quelque raison futile.

Riku ferma les yeux et se souvint des journées qu'il avait passé avec les personnages présents. Il sourit lorsqu'il les rouvrit. Finalement, rien n'avait changé, même si chacun semblait s'évertuer à le démentir.


Bonjour, chers lecteurs et lectrices ! (même si je recense plus de lectrices que de lecteurs)

Dans le prochain chapitre, la suite du prologue. Vous l'attendiez, je le ferai pour vous !

Grand merci pour vos reviews :3 Je vous aime, vous savez.