Lali oh ! Je veille bien à lire l'horoscope de Oha-Asa tous les matins (d'accord, c'est surtout pour rire...) mais là... Pour quoi c'est toujours moi qui ait le droit à une petite visite à l'hôpital ?! Je jure que j'avais mon objet chanceux du jour !

Bonne lecture !

La punition de l'équipe de Nekomata prend enfin fin. Tous les garçons se réjouiraient bien si une nouvelle épreuve n'allait pas commencer. Une épreuve assez particulière puisqu'elle consiste à s'occuper de Himuro, changé en enfant, de Kise, devenu un magnifique labrador et de Takao, transformé en une très belle jeune femme.


Chapitre 13 : Sourit, c'est une nouvelle vie !

Himuro s'était finalement réfugié dans la salle de bain en s'enfermant à clé.

Murasakibara était stoïque, le regard toujours fixé là où se trouvait précédemment son aîné. Le gémissement plaintif du capitaine de basket caché le sortit de sa torpeur et il se tourna pour contempler le désastre : en forçant la porte, le géant avait réussi à casser le verrou et la chaînette qui empêchait d'ouvrir entièrement d'un coup. Il haussa les épaules : ce n'était rien... comparé à l'état d'Himuro.

Le violet s'approcha de la salle de bain et il devina la petite silhouette de son ami contre la porte. S'il était choqué ? Ouais assez. Quand le brun avait remarqué que le violet l'avait vu avec cette apparence, il avait bougé avec une telle rapidité que Murasakibara n'avait pas pu le suivre du regard. Il pourrait simplement affirmé qu'il devait avoir tout au plus une dizaines d'années. Même en s'agenouillant, le géant devait toujours être le plus grand. Il toqua doucement :

-Muro-chin ?

Toujours ces gémissements plaintifs. Le violet insista, un peu plus fort :

-Muro-chin !

-Pourquoi es-tu là ?

Sa voix légèrement accusatrice fit tiquer un sourcil à Murasakibara qui garda étonnamment son calme.

-Je suis venu t'amener les cours d'aujourd'hui.

Comme preuve, il tira les notes du délégué de classe de Himuro et les glissa sous la porte. Le garçon les récupéra de l'autre côté et le remercia d'une toute petite voix au bout de quelques minutes. Mais Murasakibara n'avait pas tout dit :

-Et... Et je suis venu m'excuser... pour ce matin.

Il y eut un petit silence que Himuro se décida à rompre en changeant de sujet et en venant directement à ce « petit souci d'apparence ».

-Tu m'as vu ?

-... Oui.

Semblant incapable de produire un autre bruit de gorge à part son gémissement étranglé, le brun enfonça son visage dans ses désormais bien plus petites mains.

-Muro-chin ?

-C'est horrible...

-Tu es comme ça depuis quand ?

Murasakibara s'était installé contre le mur et avait déballé une sucette au citron.

-Je me suis réveillé il y a trente minutes... avec cette apparence.

-C'est peut-être une nouvelle épreuve ou quelque chose du genre.

Par réflexe, Murasakibara regarda l'écran de son portable mais rien.

-J'ai fermé à clé pour empêcher mon colocataire de rentrer mais... Comment es-tu rentré d'ailleurs ?!

Oups.

-Euh... Je te donnerais un peu d'argent pour les dégâts.

-Atsushiii !

Il plaidait coupable.

-Tu devrais sortir Muro-chin.

-Non ! Tu vas te moquer !

-Pourquoi je me moquerais de toi ?

La voix exaspérée du garçon retentit de l'autre côté de la porte :

-Si je te dit que tu vas le faire, c'est parce que je le sais, c'est tout !

-Si tu penses que je vais rire parce que tu ressembles à un enfant, tu as tort. Je suis même certain que tu dois être très mignon.

Pensant lui faire plaisir avec ce compliment, Murasakibara ne comprit pas pourquoi la porte s'ouvrit et comment il avait pu se prendre un petit coup sur la tête et que la porte se soit refermée sans qu'il ne puisse voir Mini Himuro.

-Ça fait mal, Muro-chin !

-Alors arrêtes de dire des bêtises !

Le géant se massa le crane et dans la salle de bain, Himuro avait ramené ses genoux près de son torse pour encore cacher son visage.

Il s'était vraiment angoissée à son réveil -car oui, il avait surtout passé la journée à dormir- mais avait eu le réflexe inhumain d'empêcher quiconque de le voir.

Sauf Murasakibara.

-Dis...

-Oui, Muro-chin ?

-Tu promets que tu ne vas pas te moquer ?

Le violet pesa les mots du brun et jura. La curiosité commençait à le ronger.

Sa grande veste de sport sur la tête, Himuro sortit en donnant l'impression d'être un très mauvais fantôme, même de pacotille. Le géant ne bougea pas, se contentant de tourner la tête pour suivre son ami des yeux. Les joues terriblement rouge, Himuro dégagea très lentement son adorable visage puis le reste de son corps.

Murasakibara regarda ses grands yeux brillant d'appréhension, ses joues rouges et rondes de l'enfance et son corps tout petit tout fin. Le brun tirait sur le bas de son tee-shirt de sport pour cacher au maximum ses jambes nues.

-Je suis ridicule, pas vrai ?

-Non, tu es adorable.

Himuro gonfla davantage ses joues et baissa le visage.

Adorable. Voilà parfaitement le mot qui décrivait l'état catastrophique de son corps.


Kuroko, Kagami et Aomine avaient finalement réintégré leurs corps vers 18 heures.

Au début, le même malaise que d'habitude. La même sensation d'étourdissement qui avait suivit après s'être réveillé et la même appréhension : celle de devoir repartir dans le corps d'un autre dans peu de temps.

Mais pas cette fois.

Le turquoise avait brutalement sortit sa tête de sous l'eau pour prendre une grande bouffée d'air. Cette réintégration brutale le faisait trembler et il se retint aux rebords de sa baignoire pour se stabiliser. Il prit un instant pour fermer les yeux et se remettre de ses émotions. Conscient qu'il allait à nouveau lâcher, il profita d'une montée d'adrénaline pour sauter hors de la baignoire, attraper une serviette et s'asseoir dos au mur. Le changement de température lui faisait l'effet d'une douche glaciale mais l'avait au moins ramené plus près de l'état de conscience normale qu'il aurait du avoir.

Il se frotta les bras et les jambes avant de s'entourer du mieux possible avec la serviette pour se réchauffer et tenta de se relever. Sa tête tournait toujours mais il se sentait bien. La voix de sa vieille grand-mère, inquiète du bruit, passa la porte :

-Tetsuya, mon grand, tu vas bien ?

Kuroko se redressa bien droit, nouant fermement la serviette autour de ses hanches.

-Oui Grand-mère.

Il ajouta plus pour lui-même :

-Tout va bien.


Aomine était redevenu « lui » pendant que Momoi tentait de l'obliger à se mettre au lit.

Une compresse sur le front et un bol de soupe près de son lit, le bleu avait la désagréable impression de ne pas avoir clairement saisi tout ce qui s'était passé pour qu'elle se montre aussi directive. Certes, sa tête allait éclater et il se sentait vraiment mal mais de là... Non, en fait, il voulait juste dormir.

La rose semblait s'obstiner à chercher une paire de chaussettes bien chaudes à lui mettre et se heurter une nouvelle fois au capharnaüm de son placard. Le bleu se redressa en position assise, faisant glisser la compresse et quand Momoi se tourna vers lui, il songea à quel point son action était suicidaire.

-Recouches-toi tout de suite !

Il haussa les sourcils, commençant à sentir l'énervement monter : on ne donnait pas d'ordres à Aomine Daiki !

-Oy Satsu-...

-J'ai dit : recouches-toi !

Elle lui recolla la compresse sur le front et appuya férocement sur son torse pour le faire se rallonger mais le garçon ne bougea pas d'un iota. A la place, il lui attrapa les poignets et l'éloigna de lui.

-T'es chiante, casses-toi !

La rose sembla se prendre un coup et répondit encore plus fort que lui :

-Je m'en doutais ! Tu as été trop sympa ces derniers temps, je savais que ça cachait quelque chose !

-Moi sympa ?

-Parfaitement !

Kagami allait devoir s'expliquer sur ce coup-là.

Momoi trouva enfin les chaussettes en question mais tellement énervée, elle les lui jeta au visage en lui hurlant une bonne nuit d'une voix pas franchement agréable. Le bleu regarda la porte se refermer avec fracas sans réels sentiments et préféré mieux se glisser sous sa couette. Le visage dans le deuxième oreiller, il ouvrit brutalement les yeux en reconnaissant l'odeur de la rose. Il le tourna, préférant inspirer sa propre odeur.


Pour Kagami, il était à table devant son repas.

Le turquoise s'était préparé un bol de riz et quelques restes des précédents jours. Et bien que les proportions soient drastiquement basses, le rouge fut ému au possible de savoir qu'il allait finir le repas préparé par le garçon qu'il aimait. Un coup d'œil dans l'appartement lui appris que le joueur fantôme de Seirin avait régulièrement passé l'aspirateur : pas un gramme de poussière au sol ! Dans la cuisine, de la vaisselle séchait tranquillement et le linge qui attendait d'être repassé était sagement plié à l'endroit prévu.

Kuroko était parfait !

Bon, le repas aurait mérité d'être un peu moins cuit et un peu moins salé mais les efforts devaient être récompensés ! A défaut de ne pas être un chef cuisinier, le plus petit savait au moins tenir parfaitement propre un aussi grand appartement tout seul. Ça aurait été Aomine... D'ailleurs, ce dernier n'avait pas intérêt à lui casser les bonbons pour ne pas avoir respecter à la lettre sa façon d'être. Le bleu était un crétin sans cœur mais il allait sérieusement devoir se remettre en question ! Kuroko n'allait certainement pas choisir quelqu'un comme lui !

Chassant son vague malaise d'un verre d'eau, Kagami entreprit de finir amoureusement son repas.


Murasakibara avait fini par emmener Himuro chez lui, comme il était hors de question que le brun reste à l'internat tant qu'il avait cette apparence.

Silencieux depuis qu'il s'était montré au violet qui, comme promis, ne s'était pas moqué une seule seconde, l'adolescent dans le corps d'enfant marchait tout en savourant sa sucette au Coca. Dans sa tenue trois fois trop grande pour lui, il avait cette air un peu ridicule, heureusement oublié par sa bouille angélique : ses grands yeux olives, son éternelle mèche noire dont quelques mèches rebelles quémandaient déjà leur indépendance capillaire, ses joues encore un peu ronde... et surtout son petit air boudeur ! Depuis les dix minutes que les deux garçons marchaient, le violet voyait un nombre éberluant de femmes en tous genres se retourner et dire à quel point cet enfant était mignon. Le concerné devait avoir l'habitude parce qu'il ne disait rien.

La famille du géant habitait dans un quartier d'une tranquillité absolue. La maison, d'une taille respectable, n'accueillait plus que les parents et leurs deux plus jeunes fils, la sœur aînée et les deux plus vieux fils étant déjà installés de leurs côtés depuis longtemps. Enfin, Murasakibara était surtout l'enfant le plus présent puisque son aîné d'un an se cherchait un logement plus près de sa faculté de droit. Himuro avait déjà eu l'occasion de rencontrer le couple parental très calme et d'une taille si « standard » que celle de leur petit dernier restait sincèrement un mystère.

Très discrètement, le violet fit grimper l'enfant dans sa chambre tout en saluant ses parents. Considérant que l'indépendance était fondamentale, les deux adultes avaient cessé de s'occuper des chambres de leurs enfants quand ceux-ci avaient atteint un certain âge. Donc, celle de Murasakibara était une cachette parfaite. Le géant avait déniché de vieux vêtements d'enfance à ses frères et lui qui devraient aller à Himuro. Le brun semblait enfin s'être résigné à cette épreuve mais plus aucun mot ne sortait de sa bouche. Il s'habilla et attrapa un des pains au curry que la mère de son joueur avait préparé. Il croqua dedans avec appétit et en avala un autre pour la forme. Avec sa taille, son estomac était vite rempli. Le violet en était à son quatrième quand leur téléphones se mirent à vibrer.

[18:57:06 – Inconnu] Début d'une nouvelle épreuve. Le portail arrive dans deux minutes, vous pouvez passer à deux cette fois.

Himuro se redressa sur et lu le message derrière l'épaule de Murasakibara. Il soupira et se laissa glisser sur le parquet :

-Donc c'est bien une épreuve...

Le violet termina ses pains au curry et tapota la tête de son ami.


Midorima tapait frénétiquement du pied en attendant que les autres arrivent. Si une nouvelle épreuve allait commencer, ça voulait dire que la punition de l'épreuve précédente était finie. Le vert n'avait aucune idée de ce que les trois garçons avaient dû faire.

Tanuki attendait près de lui, incapable de rester immobile. Le raton-chien allait et venait devant lui, jetant des regards frénétiques dans plusieurs directions. Cette fois-ci, l'épreuve serait annoncée près de la grande fontaine de la ville. Les jets d'eau formaient de temps en temps des arabesques en l'air mais le vert, même enfant, n'avait jamais été particulièrement impressionné par ça. Ce n'était que de l'eau.

La divinité s'arrêta enfin et regarda Nekomata s'avancer avec Kagami. Le rouge salua Midorima d'un mouvement de main qui lui répondit d'un hochement de tête. Le chat à deux queues ne semblait pas non plus particulièrement loquace, se contentant de se tenir éloigné de la fontaine et donc, de l'eau qui giclait par moment. Et ça, ça ne l'amusait pas particulièrement.

Kuroko débarqua avec un milk-shake à la vanille et salua les quelques présents de sa voix normale. Par habitude, il s'approcha de Kagami qui se gratta le crane et le remercia :

-Merci... pour l'appartement. Je ne l'ai jamais vu aussi propre.

Le joueur fantôme se contenta de hocher la tête et de répondre :

-C'est normal.

Le fidèle portail de Kitsune s'ouvrit laissant apparaître le renard doré et Murasakibara. Et une... chose enveloppée dans une veste immense qui se cachait derrière sa jambe. Le turquoise, le vert et le rouge ainsi que les deux autres divinités regardèrent naturellement cette personne non identifiée pas plus grande qu'un enfant. Kagami essaya pourtant de mettre un nom dessus :

-Tat... Tatsuya ?!

Le brun sous sa veste sursauta et tenta de revenir dans le portail pour revenir mais la grande main de Murasakibara l'attrapa par la tête et l'obligea à rester là. Le capitaine de Yosen avait tenté de se soustraire à cette petite réunion et le violet avait plus ou moins réussi à le convaincre de venir de cette façon. Il s'entoura davantage dans la veste, conscient des regards sur lui.

Midorima replaça ses lunettes et demanda :

-Akashi n'est pas avec vous ?

Pour la première fois, Kitsune eut l'air mal à l'aise.

-Disons qu'exceptionnellement, au même titre qu'Aomine, nous ferons sans eux aujourd'hui.

-Il y a un problème ?

-Aomine est bloqué dans son lit avec une grippe et Akashi... Enfin, passons au sujet du jour.

Kuroko voulut demander plus mais Kagami lui fit signe de la tête. Plus tard. Le turquoise pinça les lèvres et obéit. Murasakibara fit remarquer :

-Il n'y a pas non plus Kise-chin et Taka-chin.

-C'est, parce qu'ils sont avec Himuro, votre nouvelle épreuve.

Le concerné se ratatina davantage, s'attirant encore tous les regards. Le vert remonta ses lunettes, se demandant pourquoi pas lui puisque le reste de son équipe était touchée mais bon...

-Himuro, enlèves ta veste s'il te plaît, que les autres comprennent.

Le garçon secoua sa tête, refusant net de se découvrir.

-Muro-chin, personne ne va se moquer.

Il tapota gentiment la tête du très petit qui continuait de secouer sa tête. Nekomata s'étira et avoua qu'il en avait marre. Kitsune croisa le regard jaune du félin et la veste disparut pour réapparaître dans les bras de Murasakibara. Totalement découvert, Himuro chercha automatiquement à se cacher et s'accroupit pour cacher son visage entre ses genoux. Cependant, tout le monde avait eu le temps de découvrir sa version enfant. Sauf Kagami, qui la connaissait déjà. Kuroko regarda Midorima et s'approcha doucement de lui :

-Personne ne rit, Himuro-sempai. Tu n'as pas à avoir honte, tu n'y est pour rien.

Pourtant le brun ressentait ce terrible sentiment partout dans son corps. Il s'était tellement habitué à être « sexy Himuro » que redevenir « adorable Himuro » lui faisait un terrible choc. Et comme Kuroko était incontestablement une bonne personne, il prit la veste des bras de Murasakibara et en recouvrit le capitaine de Yosen.

-Voilà.

-... Merci.

Himuro se redressa, bien emmitouflé, sans prononcer un mot.

-Bien. Les deux autres attendent également d'être vus donc on va accélérer.

Un portail s'ouvrit et un long cri suivit d'un rire se fit entendre. Quand le trou noir eut disparut, une jeune femme aux cheveux noirs tentait de repousser un labrador de la couleur du sable qui s'évertuait à nettoyer son visage.

-Arrêtes... Mais arrêtes !

Ses éclats de rire étaient entraînants et le chien accepta enfin de s'asseoir, la langue pendante et sa queue fouetta le sol de contentement.

-Qui... c'est ?

-Cherche bien Kagami.

La jeune fille s'essuya les joues et ses grands yeux gris se tournèrent vers le vert et elle se leva d'un seul bond, soudainement très gênée.

-Euh... Je...

Ses vêtements de garçon masquait sa poitrine mais son short qui devait tenir par le Saint Esprit dévoilait des jambes bien musclées. Midorima fit un pas en avant, n'arrivant pas à croire à ce qu'il était en train de penser :

-... Takao ?

La fille se gratta la tête en souriant un peu. Bingo. Le vert tendit l'index, la bouche ouverte sur un commentaire qui ne sortira pas. Son coéquipier avait maintenant les cheveux au niveau des épaules et toute trace de masculinité avait disparu.

En regardant l'autre brun, Himuro se dit que finalement, il pouvait y avoir pire. Au moins, lui était toujours un garçon. Mais Takao ne semblait pas déranger par sa nouvelle apparence. Murasakibara remarqua bien que l'attitude de son capitaine changeait doucement mais un nouveau cri le surprit. Le labrador léchait maintenant le visage de Kuroko qui avait bien du mal à éloigner l'imposant animal. Kagami se décida enfin à éloigner le chien qui le regarda terriblement malheureux. Avec des yeux exactement comme ceux de... :

-Kise-kun, tu m'a mis de la bave partout !

Le chien émit un bruit malheureux et baissa les oreilles. Mais ce fut de courte durée puisqu'il se jeta du coup encore sur Takao qui bascula en arrière avec surprise et rigolait sous la sensation chatouilleuse de la langue de l'animal contre sa peau. Le rouge aida le joueur fantôme à se relever. Son air très blanc alerta ce dernier qui demanda :

-Kagami-kun ? Qu'est-ce qu'il y a ? Tu as à ce point peur des chiens ?

-J'y peux rien... Même si c'est Kise...

Midorima s'avança enfin pour pousser son ancien coéquipier afin de sauver l'actuel. La main de Takao était bien plus fine et tout son corps avait l'air léger. Alors quand il l'aida à se redresser, le brun vola presque et encore plus surpris, le vert le réceptionna maladroitement contre lui. Plus petit, Takao lui arrivait maintenant largement sous l'épaule. Gêné au possible, Midorima rougit davantage en sentant le peu de poitrine qu'avait désormais le brun contre son abdomen. Le possesseur de l'œil du Faucon s'éloigna avec un petit sourire d'excuse.

-Bon, bon, bon... Avant de vous annoncez ce que vous allez faire, je veux juste vérifier avec Kuroko et Kagami que la punition s'est bien passée.

Les deux garçons se regardèrent mais pour eux, rien de particulier.

-Satsu-chan a été gentille avec toi, Kagami-kun ?

La voix amusée du chat gris fit rougir le rouge qui aurait bien des choses à raconter mais par pitié pour l'absent Aomine, il garda le silence. Tout le monde n'avait pas à savoir que Momoi Satsuki dormait dans un vieux tee-shirt de l'As de Tôo et portait des sous-vêtements que même Alex jugerait assez osés...

La couleur soudaine du rouge intrigua les autres garçons -fille et chien compris- mais personne ne voulut s'approfondir sur le sujet. Et bien que le sourire de Nekomata indiquait qu'il avait de lourds dossiers à ressortir, il n'en fut rien.

Tanuki s'était calé dans les bras de Takao qui s'était assis sur le rebord de la fontaine, Kise allongé tout près de lui. La tête du labrador reposait sur la cuisse du garçon-fille qui caressait sa tête et le grattouillait de temps en temps avec ses ongles.

Himuro prit une grande respiration et sortit sa tête de sous la veste. Après tout, il n'était pas le pire. Cependant, comme il se sentait terriblement fixé, le brun tourna le visage vers les yeux gris de Takao qui semblait réfléchir. Le joueur de Shutoku lâcha Tanuki, sauta du rebord et courut pour empoigner le pauvre enfant. Sous les regards médusés des autres, Takao retourna près de Kise et installa le petit garçon sur ses genoux. Il afficha un immense sourire et annonça :

-Photo de famille !

Il y eut un grand silence avant que Kagami ne pouffe de rire. L'atmosphère fut irrémédiablement plus détendue et Kitsune put expliquer la nouvelle épreuve dans le calme.

-Encore une fois, rien de bien compliqué. Comme vous vous en doutez, Himuro, Takao et Kise ne peuvent pas rentrer chez eux tant qu'ils ont cette apparence. A vous de vous accordez pour les loger chez vous.

-C'est plutôt simple.

Le renard doré rebondit sur la phrase de Murasakibara.

-Les trois ensemble et à tour de rôle.

Le temps que le tout monte au cerveau et produise l'effet désiré, il ne s'était écoulé que dix secondes pour le vert à lunettes.

-Donc... On a va avoir les trois en même temps chez nous ?

-Oui.

Comment faire passer une jeune femme, un enfant et un chien discrètement chez eux ? Si Kagami qui vivait seul pouvait y arriver, les autres avec leur famille s'en mordaient déjà les doigts.

-Ils passeront une nuit et une journée chez l'un avant de passer à un autre. Si vous vous trouvez incapable de répondre à un de leurs besoins, vous aurez une punition. En d'un autre côté, si Himuro, Takao ou Kise se fait démasquer pour... x raisons, celui qui s'est fait démasquer gardera sa forme actuelle.

Le cri horrifié et les jappements de Himuro et Kise fit sourire Nekomata qui avait toujours cet air de demeuré.

-Pour combien de temps ?!

-Ça, je ne vous le dirais pas.

Himuro laissa sa tête partir en arrière, contre la poitrine de Takao qui posa son menton sur les cheveux épais de l'enfant. Kise reposa sa tête sur la cuisse du garçon-fille, donnant l'impression d'un trio au bord du désespoir. Kuroko se sentait très compatissant, tout comme Kagami qui espérait juste ne pas encore recevoir une punition divine. Murasakibara avait un visage lisse sans sentiments.

-Aomine et Akashi vous recevront en dernier, le temps qu'ils se soignent et... règlent deux-trois problèmes.

Et pour le deuxième, ça risquait de prendre du temps, vu son état d'énervement. Non, c'était au-delà : l'héritier allait devoir calmer sa fureur destructrice.

Le renard doré avait été pour avouer, choqué de l'état d'Akashi quand il était passé dans sa chambre pour le récupérer un peu avant. Encore plus que lors de sa précédente colère, tout était détruit dans sa chambre. Tout. Le rouge hurlait des insultes et des menaces, surtout destinées à son père qui avait visiblement fait une chose impardonnable. A moitié en train de hurler et de pleurer de colère et d'épuisement, le garçon était méconnaissable. Pour une fois, les employés n'avaient pas osé s'approcher de sa chambre malgré le désespoir certain de son propriétaire. Le renard doré avait préféré le laisser, sachant parfaitement que parfois, les humains avaient besoin de ce genre de moment. Et puis le rouge était clairement dangereux actuellement donc inutile de rajouter une couche. Mais ça serait juste pour cette fois.

Quand à Aomine, sa fièvre avait suffisamment monté pour que Momoi revienne et s'occupe près de lui. Bloqué au lit, le bleu n'avait rien dit quand, dans un instant de lucidité, il avait remarqué que la rose lavait sommairement son torse à cause de la transpiration due à la fièvre. Il s'était rendormi sans commentaires.

-Bon... Qui passe en premier ?

La voix enjouée de Takao sortir le renard de ses pensées qui appréciait la volonté du brun : il était clair qu'il était très perturbé d'être une fille mais son excellent jeu d'acteur cachait parfaitement son inquiétude.

Les futurs logeurs ne se bousculèrent pas à se proposer mais comme le soir tombait déjà, Kagami leva la main :

-Comme je suis tout seul, ça me dérange pas.

-Merci. Les autres et moi avons conscience que vous n'alliez pas avoir le temps, donc nous avons acheté quelques vêtements adaptés et de la nourriture en plus. Vous les trouverez donc dans l'appartement de Kagami.

Sur ses mots, Kitsune fit demi-tour et la rencontre prit fin. Avec un dernier sourire éloquent pour Kagami, Nekomata emboîta le pas à son congénère et Kitsune ne tarda pas, après un câlin réglementaire à Takao. Kise le lécha et Midorima se contenta d'un mouvement indescriptible. Murasakibara salua tout le groupe, en souhaitant particulièrement bonne chance à Himuro et traversa un portail. Le vert sembla hésiter à prendre la parole et se décida enfin à prendre la parole :

-Takao !

Le brun releva la tête et le regarda :

-Tu... Tu veux que je garde Kissa à la maison en attendant ? Je dirais... J'inventerais un truc.

Le garçon-fille se leva brusquement, délogeant Himuro et Kise qui regardèrent avec surprise leur copain d'épreuve prendre le tireur de Shutoku dans ses bras.

-Merci... Prends-soin d'elle s'il te plaît !

-J'allais pas la laisser seule... Et Aya sera probablement contente.

Le visage tellement rassuré de Takao lui fit un coup au cœur et il s'écarta quand il commença à se dire que la version fille était plutôt jolie.

-Je vais aller la chercher alors...

-Oui, merci.

Midorima s'éloigna ensuite à toute vitesse.

-Takao-kun ? Tu trembles...

-C'est juste... que ma petite sœur est toute seule à la maison alors je suis rassuré que Shin-chan ait proposé de la garder avec sa propre petite sœur.

Heureusement qu'il se soit proposé d'ailleurs. Le vert était … l'unique personne de confiance concernant Kissa pour Takao.

Kuroko le regarda encore un peu, comme s'il sentait le brun prêt à poursuivre le vert pour prendre soin de sa cadette et décida que le risque était minime.

-Je vais aussi y aller. Bonne nuit et bon courage.

-Merci, à toi aussi.

Le turquoise s'éloigna dans un silence mortel et Kagami se gratta la tête.

-Bon... Ben y'a plus qu'à y aller.

-Effectivement !

Kise semblait prêt à partir, sa queue sable battait l'air dans une curiosité obsessionnelle : comment était l'appartement de l'As de Seirin ? Takao souleva Himuro qui menaçait de s'endormir : que ce corps se fatiguait vite ! Ses bras tous fins passés autour du cou du garçon-fille, ses yeux se fermaient progressivement.

-On est prêt.

-Bon, autant l'avouer tout de suite, j'ai pas envie de cuisiner donc je propose qu'on s'achète un truc quelque part et on mange à l'appart'.

-Ça me va !

-Et toi Tatsuya ?

Sa petite tête s'était calée pour un meilleur sommeil, ce qui arracha un mince sourire à Takao. Il avait le même mais en version féminine à la maison. Kise trottinait près d'eux, silencieux. En se voyant dans cette apparence, sa première réaction avait été de s'assommer. Pourtant, après, il était encore en chien. Il avait fait avec, se disant que c'était une épreuve et son instinct ne l'avait pas trompé. Du coup, le blond avait décidé de sortir dans la rue et s'était fait câliné comme un roi par tout plein de gens pas du tout inquiets de voir un animal sans collier traîner dans la rue. Par la force des choses, il avait croisé Nekomata, qui s'était d'abord bien moqué de lui, et qui avait envoyé un message télépathique à Kitsune qui l'avait téléporté dans un lieu inconnu. Mais au moins, le mannequin avait retrouvé Takao, drôlement bien changé également. Le brun l'avait également reconnu et l'avait grattouiller partout en répétant à quel point Kise faisait un beau chien. Donc, en remerciement, le garçon-chien l'avait léchouillé, pris d'une soudaine impulsion et les deux garçons s'étaient ensuite retrouvés devant tous les autres.

-Magi Burger, ça vous convient ?

-Nickel !

Puisque les animaux n'étaient pas autorisés à l'intérieur, Kise dû se contenter d'attendre près de la porte. De toute façon, Takao lui avait demandé s'il voulait une salade pour son régime de mannequin, ce que le chien avait vivement approuvé. Le menu de Kise bien en tête, Kagami été entré avec Takao qui tentait de réveiller Himuro pour savoir au moins ce qu'il voulait. Le brun papillonna des yeux et marmonna le nom d'un quelconque hamburger avant de sombrer à nouveau dans les bras de Morphée. Plus pour ne pas gêner les autres gens derrière, Takao le fit passer devant : bien calée avec la petite poitrine du Faucon de Shutoku, Himuro passa ses bras autour de la nuque du deuxième brun et s'attira ainsi quelques regards et commentaires :

-Regardes comme il est mignon !

-A son âge surtout... Toujours aussi proche de sa Maman.

-Sa mère ? Elle a l'air trop jeune... Sa sœur aînée sans doute.

-Ils sont adorables !

Takao n'était pas vraiment habituée mais les compliments lui firent forcément plaisir. Par contre, quand il capta quelques regards qui lorgnaient bien sur sa silhouette et quelques sourires gourmands, le garçon-fille préféré se rapprocher de Kagami qui avait de quoi dissuader certains audacieux. Le rouge remercia la serveuse et emporta les sachets en kraft dehors.

-Je te rembourserais.

-Tu sais que ça presse pas. Kise ! On y va !

Le labrador quitta ses admiratrices pour courir rejoindre les autres. Il enfonça son nez dans le kraft en arrivant trop vite.

-Kise, doucement !

Le chien aboya et trottina jusqu'à Takao qui commençait à grimacer sous le poids de Himuro. Le rouge s'en aperçut et demanda :

-Tu veux qu'on échange ?

-Non, ça risque de le réveiller.

Le brun semblait être vraiment très profondément endormi, ce qui fit douter Kagami qui se contenta d'un :

-On est presque arriver de toute façon.

Takao remonta le garçon et accéléra un peu. L'As de Seirin chercha ses clé et s'écarta à temps dans l'escalier pour laisser passer Kise qui grimpait bien plus vite l'escalier en fer rouillé. Il ouvrit la porte et laissa Takao entrer.

-Je met juste des draps propres dans la chambre d'ami et tu pourras le mettre au lit.

-J'attends.

Le propriétaire des lieux sortit rapidement ce dont il allait avoir besoin et le lit fut terminé en quelques minutes. Takao déposa son précieux fardeau avec douceur et toute son attitude trahissait son habitude à agir de la sorte avec sa petite sœur.

Le garçon-fille referma la porte sans un bruit et alla se laver les mains.

-Je peux t'aider à quelque chose ?

-Il y a une assiette près de toi ?

Takao, tout en essuyant ses mains, chercha du côté de la vaisselle quasi sèche :

-Je te l'amène.

-Merci.

Le brun lui tendit l'objet en question et Kagami dispersa la salade de Kise à l'intérieur.

-Tu veux de la sauce ?

Le mannequin maintenant bien poilu aboya vigoureusement et le rouge s'activa. Ensuite, Kise se jeta dessus sans attendre et le brun se mit à table en même temps que le rouge.

-Alors... Ça, c'est pour toi... ça, c'est pour Himuro donc ça, c'est pour moi !

Takao croqua dans une frite et gémit de bonheur.

-Bon sang, ça fait tellement longtemps que j'en ai pas mangé !

-Tu dois être le genre d'adolescent à vivre dans une famille où les repas sont pris en famille et ce genre de trucs.

Le brun baissa la tête en souriant tristement et Kise abandonna sa salade pour donner un rapide coup de langue sur son jean. La main très fine se glissa dans ses poils courts pour une caresse tendre. Kagami, lui, se sentit très mal à l'aise :

-Pardon, j'ai dit quelque chose qui ne fallait pas ?

-Non pas vraiment...

Takao se pinça les lèvres et sentit soudainement le besoin de se confier :

-Kagami, tu... accepterais de m'écouter un peu ?

Le rouge croqua dans son hamburger et hocha la tête. Takao soupira un peu, conscient que même Kise s'était couché en sphinx pour l'écouter.

-Ma... famille... a été comme tu l'as dit. Un temps. Mon père est tombé malade.

-Ton père... Ton vœu, c'est pour lui, c'est ça ?

-Oui. Il est le genre d'homme prêt à passer des heures avec ma sœur et moi alors que ma mère... Disons que je me suis toujours sentit moins proche d'elle.

Il fit une pause le temps de prendre une gorgée de Coca.

-Bref, mon père a dû être hospitalisé et ma mère en a été très perturbée. Elle passe ses journées à son chevet, parfois en allant même jusqu'à ne pas rentrer à la maison. Moi, je peux me débrouiller mais comme vous avez dû le comprendre tout à l'heure, j'ai une sœur.

Son public suivait avec attention et hocha la tête d'un même mouvement.

-Comme elle n'a que six ans, j'en veux beaucoup à ma mère. Je veux dire, il peut arriver n'importe quoi, Kissa se retrouve toute seule ! C'est bien trop jeune !

Ses poings se crispèrent et il grimaça en se rappelant que ses ongles maintenant bien plus longs, lui rentraient dans la peau tendre de sa paume.

-J'ai pris un travail pour aider un peu ma famille et j'emmène parfois Kissa avec moi mais... je ne peux pas toujours. Et j'ai peur dans ces moments-là... Shin-chan a une petite sœur aussi et elles s'entendent bien donc quand il se propose de la garder...

-Tu es rassuré.

-Ouais. Il ne serait pas là, je ne saurais pas à qui la confier. Et je n'arrive même plus à croire que ma mère arrivera un jour à se rappeler qu'elle a une fille qui a besoin d'elle.

Kagami tendit une frite à Kise qui l'avala sans se faire prier : les salades c'étaient bon mais de temps en temps, une petite frite ne faisait pas de mal.

-Tu es plutôt courageux. Ta sœur doit être fière de toi.

-Je crois qu'elle est bien plus courageuse que moi ! Elle est si jeune mais elle sourit toujours, elle n'arrête pas de me répéter que tout s'arrange toujours... C'est moi qui suis le plus fier !

Takao sourit sans chercher à se retenir : dès qu'il parlait de Kissa, une vague de fierté l'envahissait ! Sa sœur, il la plaçait sur un piédestal, c'était comme ça. Kise et Kagami le trouvèrent drôlement touchant à se comporter ainsi surtout que sa version fille avec ce sourire immense et ses yeux brillants d'amour était purement adorable. Pour le garçon-chien, ce que disait le brun était compréhensible : lui-même, bien qu'il soit le plus jeune, se sentait très protecteur avec ses deux sœurs. Personne ne les touchaient, personne ne leur faisaient du mal. Et les deux aînées gardaient jalousement leur petit frère près d'elle.

Pour Kagami, par contre, dont la seule figure fraternelle dormait dans la chambre d'à côté, c'était plus compliqué. Avec Himuro, ils s'étaient appelés comme ça mais c'était tellement différent des deux autres. C'était surtout de la rivalité, parfois avec excès. Deux tempéraments bien trop forts qui se heurtaient avec fracas, partageant pourtant la même passion. Ça avait été se retrouver pour s'affronter une nouvelle fois. Et quand les choses avaient eu une chance de s'améliorer, les trois divinités avaient débarqué.

Il soupira. Il n'allait pas mentir, le vœu de son « frère » l'avait blessé. Qu'est-ce qui poussait le brun à vouloir le battre à ce point ?

-Aaah ! Vous avez commencé sans moi !

Le cri indigné du garçon-enfant sortit tout le monde de ses pensées et Takao se voulut pacificateur :

-Tu dormais tellement bien...

-Je suis sûr que c'est froid maintenant !

Himuro s'installa avec un regard polaire pour les autres et croqua dans une frite.

-Bon... Ça peut aller.

Inconsciemment, les autres garçons arrêtèrent de retenir leur souffle et Kise alla même jusqu'à provoquer l'amusement général en cherchant à se gratter la base de sa longue queue et en finissant par tourner en rond. C'est Kagami qui eut pitié en premier et qui le grattouilla. Le labrador s'en sentit tellement soulagé qu'il se laissa ensuite tomber comme une masse en continuant de battre des pattes. Il était hautement ridicule mais ça tomba à pic.

L'atmosphère continua de s'alléger quand Takao vola un bon morceau de hamburger à Himuro qui s'exclama, faussement outré :

-Comment oses-tu priver un enfant de nourriture nécessaire à sa bonne croissance, femme indigne ?!

Les garçons se moquèrent ensuite de Kagami dont le hoquet soudain causé par le Coca faisait rebondir son grand corps de façon spectaculaire.

-Arrêtez de vous moquer-... hic ~

Les éclats de rire redoublèrent et Kagami rougit :

-C'est pas drôle-... hic ~

-Oh que si !

Le rouge se mit à bouder puis remarqua que Himuro piquait à nouveau du nez.

-Bon, pour cette nuit... Tatsuya, tu peux garder la chambre d'ami et Takao... tu vas prendre la mienne et-...

-Pas question. Je vais sur le canapé.

Le garçon-fille croisa les bras, fermement décidé à refuser tout favoritisme.

-Mais-...

-J'ai dit non.

Le rouge n'était suffisamment pas assez en forme pour s'opposer à Takao et pendant que celui-ci jetait les emballages de leur repas à la poubelle, il installa un oreiller et chercha une couette de secours.

-Tu es s-...

-Certain ! Merci.

Himuro s'était éclipsé à la douche avec Kise -hors de question qu'il rate une douche même en chien- et des éclats de rire passaient la porte : visiblement, c'était à son tour de supporter le moment de folie du mannequin.

Quinze minutes plus tard, chacun s'installait au lit -ou au sol dans le cas de Kise- et le sommeil ne tarda pas à tous les surprendre et à les emporter.

Elle était plutôt amusante cette épreuve pour l'instant.


Akashi était tombé à genoux d'épuisement.

Il contemplait mollement le désastre qu'il avait provoqué : pratiquement toutes les fenêtres étaient brisées et le verre s'enfonçaient dans ses mains et ses genoux sans qu'il ne ressente le besoin de les sortir. Tout ce qui était accroché au mur était maintenant en mille morceaux au sol, méconnaissable. Son futon était déchiré de partout et l'oreiller éventré répandait son contenu partout dans la chambre. Les murs eux-mêmes portaient les marques de sa folie destructrices : lacérés et tachés de sang là où les poings du garçon s'étaient abattus.

Une grande partie des meubles étaient passés par la fenêtre et devaient probablement être éclatés sur plusieurs mètres vu le bruit que l'impact avait fait.

Mais Akashi s'en fichait. Mais totalement. Il voulait que son père arrête de le mettre plus bas que terre, qu'il arrête de tout lui enlever au fur et à mesure... Qu'il le laisse tranquille pour une fois !

Il n'y avait aucun mot suffisamment fort pour décrire ce qu'il avait ressentit quand il avait annoncé à l'ensemble des élèves de Rakuzan sa démission. Oh, ils avaient dû tous remarquer sa pâleur et sa voix qui tremblait, même ceux assis tout au fond de la salle. L'autre garçon désigné n'attendait que ça et n'avait même pas eut la décence de cacher son sourire et sa satisfaction. Et naturellement, durant toute la période de son discours, Akashi avait été soumis au regard désapprobateur de son père, présent pour l'occasion. Mais il avait tenu, fièrement. Il avait tenu jusqu'au manoir. Jusqu'à sa chambre. Et là, seulement une fois que la porte fut bien refermée derrière lui, Akashi était devenu méconnaissable.

Son portable gisait plus loin en plusieurs morceaux. Il pensait avoir reçu un SMS mais il était trop tard maintenant. Un morceau de verre s'enfonça davantage près de son genou, arrachant au rouge son premier cri de douleur. Une flaque de sang commençait à se former et il haleta en fermant les yeux. Le personnel avait pour une fois su rester à l'écart durant sa crise mais là, il aurait bien besoin d'un médecin. Super... Après se voir retiré son poste de Président des Elèves, son père allait trouver le moyen de lui retirer son poste de Capitaine de l'équipe de basket... Le meilleur à la fin, parait-il.

La fidèle cuisinière fit enfin son apparition et pour la première fois, ne sembla pas savoir pas quoi commencer. Elle avança doucement sur les morceaux brisés de verre, de bois et tant d'autres choses, jusqu'au fils de son employeur :

-Oh Monsieur Seijuro... Mais qu'avez-vous fait ?!

-Il m'a tout enlevé... Je n'ai plus rien...

Sa nuque se plia tandis qu'il cherchait à cacher ses larmes à sa vieille employée qui l'attira contre lui :

-Il vous reste le basket. Allez, s'il vous plaît, votre Maman serait tellement malheureuse de vous savoir dans cet état !

-Il m'a tout pris... Et il va me prendre le basket aussi...

Elle tapota sa tête et fit signe au médecin appelé en urgence d'entrer. L'homme se jeta sans hésiter sur le jeune adolescent et demanda à ce que l'on déplace l'héritier dans une autre pièce.


Un peu plus loin, dans son bureau, Akashi père composait un numéro sur son portable.

-Shirogane Eiji-san ? Bonsoir, je suis Akashi Masato... Oui, le père de Seijuro. D'ailleurs, c'est à son sujet que je vous appelle... A propos de son poste de Capitaine.


Et hop ! Chapitre bouclé !

Alors cette nouvelle épreuve ? Ces petites transformations ? Et le papa d'Akashi ? Mwouahaha, il est ignoble, je l'adore !

Merci pour vos commentaires :

Laura-067 : Aomine n'a pas eut le temps de s'en rendre compte puisque les esprits sont retournés vraiment très vite dans les autres corps. Pas de sous-entendu, juste que Murasakibara est bien moins crétin qu'il n'en a l'air.

Yuki Mirai : Je vais pas tuer Papakashi, il va finir orphelin le pauvre ! Midorima Jr. pourrait vraiment arriver ! Mura est trop mignon pour son propre bien ! Et le notre !

Gil Prussia Beilschmidt II : Moi, ça me juste hyper plaisir à chaque fois ! Ouiii, un beau labrador tout doux, tout chou, tout à câliner ! Tout pour toi !

Alyxel : Epic ? Mais c'est plus que ça ! Kise en labrador, c'est... Je trouve même pas de mots ! Pourquoi se contenter de faire du mal à certains personnages quand on peut faire du mal à tous les personnages ? S'il l'apprend, c'est clair que tu pourras l'attendre ton AoKuro.

Grwn : … Tu es drôlement cruelle là ! La vision de Mini Himuro ne t'attendrit même pas un peu ? Un tout petit peu ? Je peux toujours faire pire ! Si je me ressert de Papa Akashi dans une autre fic, là par contre, je vais avoir du mal ! Il est sacrément mauvais dans celle là... Donc, si tu es d'accord, signe le papier !

Emy-nee : Merci Emy.

Buli-chan : Si tu es sadique ! Beaucoup ! J'aime ça ! Ça tourne au pédophile, là, ne passe pas la frontière. Je ne veux pas que tu te fasses arrêter.

Prochain chapitre : Après Kagami, c'est Kuroko qui accueille les trois garçons victimes de la transformation. Il espère juste que sa famille ne se pose pas trop de questions. Cependant, Nekomata choisit également ce moment pour laisser passer quelques informations concernant ce qu'Aomine aurait fait à son corps pendant le temps de la punition. Chapitre 14 : Le turquoise, c'est aussi du bleu !