Disclaimer : Le narrateur il est à moi !

Couples : Huhuhuhuhuhuhuhuhu.

Note : Univers Alternatif - Yaoi (shonen-ai plutot 8D)

Warning : Choupi choupi chewbacca. Oui madame.


Les (très vilains) secrets.

Terra mangeait tranquillement un bon steak-frite-salade lorsqu'il entendit retentir la sonnette de la porte d'entrée. Se souvenant soudain qu'il avait dit à ses amis de le rejoindre ce jour-là, profitant de l'absence de ses parents et de toute autre autorité, il se dépêcha d'avaler un gros morceau de viande et manqua de s'étouffer avec.

Une fois remis de ce traumatisme certain, il ouvrit la porte à ses invités (son espèce de portier était sans doute absent, à la retraite, mort ou enterré dans le jardin. Mais ça, l'histoire ne nous le dit pas.)

Après avoir saluer décemment Roxas, Xion, Riku et un peu plus décemment Ven qui avait l'air d'avoir vu un fantôme depuis quelques jours, il les invita à entrer et à se sustenter, ainsi qu'à se mettre à l'aise dans la salle de réception qui lui tenait lieu de salon.

« Mais », me direz vous (enfin peut-être pas, d'ailleurs je suis sûr que vous n'y avez même pas pensé), « tu ne vas pas nous faire croire qu'une maison de maître comme celle-ci peut rester sans domestiques comme ça, n'ayant pour toute surveillance que deux enfants qui ne sont plus tellement des enfants puisqu'ils ont presque atteint leur majorité ! » Alors, premièrement, pauvre chose, je ne vous permets pas de me tutoyer alors que je fais l'effort de vous vouvoyer. Deuxièmement les enfants qui ne sont plus tellement des enfants ont atteint leur majorité (mais ça ne les empêche pas d'être toujours coincé dans leur grande baraque) et troisièmement, qui a dit que les domestiques avaient disparus ?

Non, ils sont dans une pièce annexe et reçoivent les ordres d'Aqua qui s'est vu confier la bonne marche de la demeure, pendant que son frère s'amuse à manger des choses infâmes.

Bref ! (je crois qu'on devrait compter le nombre de fois où ce mot revient dans mon récit ; il faudrait que j'arrête d'élargir le sujet, mais rien à faire, ne pas commenter m'est impossible, c'est pourquoi j'ai besoin d'un mot pour abréger mes divagations. Bref. -ça en fait deux-) les cinq amis discutaient joyeusement de sujets et d'autres, comme des chips au fromage, des yoghourts périmés, de la situation politique en Ouzbékistan ou encore du dernier épisode du visiteur du passé (enfin, un truc qui ressemble), bref, de toutes sortes de sujets plus intéressants les uns que les autres.

Enfin, joyeusement... Ne parlons pas trop vite. Car pour Riku, ce mot n'avait de sens que lorsqu'il était appliqué à quelqu'un d'autre que lui ; or, comme il est compris dans les cinq amis, disons qu'au final ce n'était applicable qu'à quatre d'entre eux. De plus, pour Ven, ces sujets n'avaient aucun sens et ne l'intéressaient qu'à peine ; comprenez-le, il avait bien d'autres choses auxquelles penser, en ce moment. Donc, ils discutaient joyeusement excepté pour deux d'entre eux.

Le second, d'ailleurs, qui avait encore l'air dans le vague (quelle petite nature), inquiétait de plus en plus les autres, à part son frère qui avait décidé de ne pas y faire attention. Malgré cela, ils parlèrent comme si ne rien n'était... Jusqu'au moment fatidique où le cadet des jumeaux décida soudainement de soulager sa vessie (pour dire joliment qu'il doit aller pisser.)

C'est toujours quand le principal intéressé s'en va qu'on se met à en parler ; vous avez sans doute déjà connu ça, non ? Il suffit qu'une personne parte pour qu'on se mette à casser du sucre sur son dos.

C'est ainsi que Terra entama la conversation au sujet de Ven.

-Mes amis, dit-il (alors qu'il aurait pu tout simplement dire « dites, les gars », m'enfin passons), ne trouvez-vous pas que Ven a une attitude... Comment dire, étrange ces derniers temps ?

-... , Répondit Riku, plus imperturbable que jamais.

-Un peu, fut forcé de reconnaître Roxas.

-C'est sûr, lâcha Xion.

-Tu veux dire quoi par « étrange » ? demanda Riku qui venait de se réveiller, en fait.

-Je veux dire, entama Terra avec un air exaspéré, qu'on dirait qu'il est toujours ailleurs.

-Il passe son temps à penser, les yeux dans le vague, renchérit Xion, pensive elle aussi.

-C'est pas faux (donc c'est vrai), avoua Roxas. Il a ça depuis vendredi.

-Il s'est passé quelque chose ? Interrogea la seule figure féminine de la pièce.

-Je pense, oui. Je le lui ai demandé, mais il n'a pas voulu me dire quoi.

-Très étrange... Commenta Terra. Je me demande ce qu'il a. J'ai l'impression qu'il cache quelque chose.

-C'est sans doute ce qu'il fait. Je voudrais bien savoir quoi.

-Moi aussi. Réfléchissons. Qu'est-ce qui pourrait rendre un type bizarre et rêveur ?

-Il se drogue, dit Riku.

-Mieux, il deale, dit Xion.

-Mieux, il fait partie de la mafia et a un attentat sur le dos, dit Roxas.

-Ou alors c'est un tueur à gage qui veut tous nous couper en morceau, dit Terra.

(Ou alors il s'est fait enlevé par un vaisseau martien nommé E667-TTR5-1410, et là les aliens lui ont sucé le cerveau et l'ont remplacé par de l'eau, après avoir injecté en lui un embryon d'œuf spatial... Non mais, ils n'ont rien de plus intelligent ?)

-Peut-être qu'on lui fait du chantage... Suggéra Xion.

-Il a sûrement rencontré une fille, sortit Riku qui de temps en temps n'était pas si loin de la vérité que ça.

Ils échangèrent des regards (c'est un peu comme échanger de l'argent, une sorte de troc, dirais-je. Disons qu'ils commerçaient par les yeux.) Puis Roxas lâcha :

-Lui ? Ça m'étonnerait, quand même...

-Après tout, pourquoi pas, ça expliquerait un tas de choses... songea Terra.

-Qu'est-ce qui expliquerait quoi ? Intervint Ven qui venait manifestement de finir ses petites affaires.

-Rieeeeen !

-Pfffff mais de quoi tu paaaaarles ?

-Ouaais on a jaaaamais parlé de toiii...

-Hum. D'accord, répondit Ven avec un certain scepticisme.

Il se rassit et remarqua d'un coup que tout le monde le regardait d'un drôle d'air. Il leva un sourcil (On ne dirait pas comme ça, mais c'est super dur!)

-Qu'est-ce qu'il y a ?

-Mais rien, dit Xion, pourquoi ?

-Ben, je sais pas, vous avez l'air bizarre...

-Ah bon ?

-Oui.

-Dis moi, Ven, l'interpela innocemment son hôte, tu as quelqu'un en ce moment ?

Il haussa les sourcils.

-Comment ça « j'ai quelqu'un » ? Qu'est-ce que tu veux dire par là ? Je ne fais pas du trafic d'esclaves, si c'est ce que vous sous-entendez...

-Ben, on se demandait... Commença Roxas.

-Si t'étais en couple, quoi ! Termina la jeune fille.

Si Ven avait eu un quelconque liquide en bouche (roooh mais ça suffit oui), il n'aurait pas hésiter à tout cracher comme dans les films, pour montrer son étonnement.

-Quoi ? Euh... Mais... Aheum, qu'est-ce qui vous fait penser ça ?

-Mh. (Terra s'éclaircit la gorge.) C'est juste que ton attitude a un peu changé.

-Ah bon ? Ah, ah...(C'est pas qu'il trouvait ça drôle, c'était juste un rire jaune. Non, ne me parlez pas de ça, je me fiche de savoir pourquoi il est jaune et pas rouge ou bleu, d'accord ? Je sais que ça m'arrive de temps en temps de digresser, mais ne poussons pas mémé dans les orties, voulez vous ?)

Ven se rendit alors compte de la chance qu'il avait de prendre des rougeurs plus facilement que n'importe qui. Comme ses joues étaient joliment teintées la plupart du temps, personne ne prêta attention, cette fois-là, aux couleur apparues sur ses pommettes. Pour la première fois de sa vie, il s'en félicita.
Ce que j'entends par « la plupart du temps » ? Disons que... S'il faisait un peu plus chaud que d'habitude, il rougissait. Quand il faisait froid, il rougissait. Pareil lorsqu'il parlait à quelqu'un, quand il se levait trop tôt, quand il se couchait trop tard, quand il mettait le nez dehors, quand il se levait trop brutalement, quand il mangeait épicé (même si ça ne lui arrivait que rarement), quand il pensait à quelque chose de gênant, quand il avait honte, qu'il était content, qu'il revenait d'activités, comment dire, éprouvantes, quand il était embarrassé, bien sûr, quand il était flatté, quand il devait répondre en classe, quand il faisait des exposés, quand il... hum, enfin, tout n'est pas bon à dire. Et maintenant, en plus, quand il pensait à cette demi-heure qui l'avait gravement perturbé ou qu'il voyait celui par qui c'était arrivé.

Bref, tout ça pour dire qu'il avait souvent « bonne mine » et que ça n'étonnait même plus ses amis.

Les autres continuèrent longuement de lui lancer des petits regards interrogatifs mais ne lui posèrent plus de question.

Ven fut donc soulagé lorsqu'il sortit. Le ciel soit loué, il n'avait pas du dévoiler toute sa vie privée... (mais ça n'allait pas tarder ! Et oui, sachez qu'il est IMPOSSIBLE de garder un secret trop longtemps pour un adolescent. Ça finira bien dans les oreilles de quelqu'un d'autre, tout ça.)

Il soupira une fois dehors. Un stress en moins...

Et un autre qui revient (ça rime. Je suis un poète.)

Le lendemain était lundi et il allait devoir se trouver de nouveau face à son pire ennemi. Il en tremblait déjà. Il espérait juste qu'il ne lui parlerait pas (et ne ferait pas autre chose non plus, d'ailleurs.)

xx

Aqua les regarda partir, l'air songeur. Elle s'assit, fatiguée de ses efforts journaliers ; de fait, elle s'était occupée d'un tas de choses utiles et inutiles mais qu'on l'avait forcée à faire, et son (crétin) charmant frère n'avait pas eu l'intelligence de l'aider dans ses tâches, qui pourtant le touchait tout autant qu'elle.

Désemparée, elle le regarda de loin dire au revoir à ses amis et attendit qu'il revienne vers la maison pour l'interpeler.

-Terra ? Dit-elle en le voyant rentrer.

-Aqua ? Répondit-il très intelligemment sans penser une seule seconde que peut-être l'appelait-elle juste pour attirer son attention et non pour le plaisir de prononcer son nom et d'entendre prononcer le sien en retour.

-Tu te souviens de ce que la fille blonde nous a dit ?

-Qui ça ?

-...

-Aaaaaah ! Naminé ! Tu peux l'appeler par son nom, tu sais.

-Je m'en souvenais plus.

-C'est pas difficile à retenir pourtant.

-Tu parles... Elle pourrait pas avoir un prénom en lien avec un élément naturel, comme tout le monde ?

-Faut croire que non.

-Bref..

-Ah, euh oui, je m'en souviens.

-Bien ! Toi qui t'inquiètes tant pour Ventus, tu ne penses pas que ça a peut-être un lien avec ce qu'elle a dit...?

-L'appelle pas comme ça, Ventus c'est moche et ça fait auteur latin.

-Et Terra alors ?

-Ouais ben Aqua aussi en fait...

-Bref, bref, bref. Alors ?

-Alors quoi ?

-Terra... T'es con ou tu le fais exprès ?

-Je le fais exprès, bien sûr.

-Tu ris ! Je t'ai jamais vu faire une remarque un tantinet intelligente de toute ta vie...

-C'est parce que je le fais exprès depuis ma naissance.

-Mais bien sûr.

-Tu ne me crois pas ?

-Non.

-Pourquoi ?

-Je pense que ton cerveau était déjà difforme à ta naissance et que ça t'a gravement atteint.

-Tu permets ?

-De quoi ?

-Je sais pas...

-Moi non plus.

-De quoi on parlait à la base ?

-Je sais plus.

(Et qui est-ce qui parle là ? Ah, attendez... Je pense que la dernière réplique est bel et bien de Aqua...)

-Idem...

-Bon. Tant pis, on va manger ?

-J'ai déjà mangé.

-Ah bon ? T'aurais pu m'attendre...

-La flemme. Mon estomac n'attend pas.

-Certes. AH !

-Quoi « AH » ?

-J'ai bien cru que tu allais répondre « B ».. Mais on dirait que tu n'es pas si bête que ça...

-T'as vu ça ? Je me suis retenu. Je suis trop fort.

-C'est cela oui...

-Exact. Donc. Quoi « AH » ?

-Je me souviens de quoi on parlait. De la conversation avec Naminé.

-Ah oui... C'est vrai. T'as vraiment une mémoire de merde, tu le savais ?

-Et la tienne alors ?

-Quoi la mienne ?

-Ben de mémoire.

-Qu'est-ce qu'elle a ma mémoire ?

-Rien, rien.

-Ah, j'me disais bien... On parlait de quoi déjà ?

-Mais t'as vu !

-Quoi ?

-T'as une mémoire de merde.

-Je t'en prie !

-Tant mieux.

-Tais toi, Terra, tu me saoules...

-Mais où donc as-tu appris à parler autrement qu'en langage châtié ?

-Et bien, tu sais, à force de fréquenter certaines personnes...

-Axel par exemple...

-Ouais déjà...

-Ben t'apprends pleins de trucs, j'imagine. J'ai pigé le truc.

-D'accord, d'accord.

-Dis, Aqua, il y a un but à cette conversation ?

Breeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeef ! (Je crois que ça méritait un gros bref. Qui doit être le... Mmmh... neuvième depuis le début du chapitre.) Une heure et demi de discussion acharnée plus tard, ils finirent par revenir sur le sujet de base, c'est-à-dire la conversation qu'ils avaient eu avec Naminé pendant les vacances estivales. Aheum, comme je n'ai aucunement l'envie de vous emm-, euh, ennuyer avec ce que le frère et la sœur se disent, utilisons cette machine que nous avons sortie dans le chapitre précédent, la machine à voyager dans le temps.

Quelques semaines plus tôt, à la veille du départ de Naminé qui avait du rentrer chez elle, ils avaient eu une discussion fort intéressante avec elle, que je ne vous citerai qu'en partie, sinon on serait parti pour quelques dizaines de milliers de mots.

Elle se passa à peu près comme suit (disons, au milieu de la conversation) :

-Aqua, Terra, je ne suis pas venue juste pour vous rencontrer, vous vous en doutez certainement.

Aqua avait hoché la tête avec un air compréhensif, tandis que son frère avait froncé les sourcils.

-J'ai plusieurs choses à vous dire. Je ne suis venue que quelques jours ici, cette année. Et, sachez que même après les courriers échangés avec certains de mes amis, j'avais l'espoir de retrouver dans cette ville un semblant de calme. C'était bien trop demander, bien sûr, j'aurais du m'en douter, mais ce que j'ai trouvé en les revoyant tous en ces quelques jours était bien pire que ce que j'avais imaginé. La situation est plus grave que je ne le pensais... Je repars dès demain, vous le savez peut-être, et si la situation avait l'air plus paisible en ma présence, j'imagine que les hostilités reprendront de plus belles dès ma disparition. C'est pourquoi j'ai besoin de votre aide ; j'ai entendu dire que vous étiez plus ou moins proches d'eux, non ?

Terra approuva.

-Bien. Alors, s'il vous plaît, j'ai une demande à vous faire. Pitié, ne prenez pas parti. Je vous en prie, ne les laissez pas se détruire comme ça. Ils n'ont pas besoin de ça maintenant. S'ils continuent ainsi, j'ai peur qu'il leur arrive malheur. N'étant plus là pour les surveiller, je vous somme de le faire à ma place, et je pourrai ainsi dormir plus tranquillement. Non, ne dites rien.

Il ne dirent donc rien (puisqu'elle le leur avait demandé.)

-Je ne dis pas que vous devez rétablir la paix, parce que ça me semble impossible. Je veux juste que vous les empêchiez de faire trop de conneries. Ils vont de plus en plus loin. Certains n'y font pas attention, mais s'ils n'en prennent pas conscience, il finiront par tomber et se faire de mal. Ils ne le méritent pas. Vous ne savez pas tout ce qu'ils ont déjà fait... Oui, c'est vrai, la plupart du temps ils en étaient presque inconscient, mais viendra le jour où ils chercheront vraiment à blesser l'autre. Ils en sont capables. Je le sais... Savez-vous que Sora a peur de l'eau depuis que Riku a faillit l'y noyer ? Que si Xion porte la coupe courte aujourd'hui, c'est parce que son propre frère s'est amusé à les lui couper par simple vengeance ? Que Ven dort à peine la nuit, parce qu'il fait de terribles cauchemars à cause de la mauvaise blague que lui ont fait Vanitas et Axel ? Que Kairi déprime de plus en plus souvent parce qu'elle voudrait retourner auprès de ses anciens amis, et qu'elle ne peut pas juste par principe ? Non, sûrement pas. Je ne tolèrerai pas de nouvelles conséquences, qu'elles soient pire ou de valeur égales à ces dernières.

Terra cligna des yeux sans comprendre.

-Vous devez les surveiller et les empêcher d'aller trop loin, mais n'intervenez pas trop dans leurs affaires, parce que, justement, ce sont les leurs. Je vous préviens, vous deux ; peut-être êtes-vous âgés de trois ans de plus que moi, peut-être moins ou peut-être plus, mais je vous promets de vous tomber dessus si jamais il se passe quelque chose. Vous avez intérêt à ne pas trop les faire chier, parce que si c'était le cas et que j'étais au courant, vous le regretteriez. Je n'ai pas peur de vous. Je ne vous demande pas d'arranger leurs problèmes, juste d'arrêter leur croissance. Compris ? Si j'apprends un jour que vous avez pris position et que vous êtes entrés dans leur jeu, moi aussi j'y prendrai place. Et je jure de tout faire pour vous rendre la vie la plus difficile possible. Enfin, pour terminer, je vous dirai juste ceci : le prochain coup porté dépassera en violence tout ce que pourrait penser sa victime et même son auteur. Faites-y bien attention. J'ai terminé.

Elle s'était levée et se préparait à rentrer chez elle. Elle avait juste ajouté, avant de partir :

-Vous avez décidé de prendre ma place, assumez la. J'espère que je ne vous ai pas fait trop peur. (Tout en pensant : je reviendrai et vous avez intérêt à avoir respecté tout ce que je vous ai dit. J'espère vous avoir inspiré de l'angoisse, les gars.)

Hum. Hum. Hum. Je dirais même plus, hum. Que cette jeune fille est sympathique ! Finalement, ce n'est pas si mal qu'elle ne vienne que pendant les vacances...

Bon, je vous avouerai qu'au final, il s'agissait plus d'un soliloque que d'une véritable conversation, les interventions de terra et d'Aqua s'étant résumées à cligner des yeux ou hocher la tête. Mais bref, ça les avait bien choqués, et Aqua s'en souvenait comme si ça c'était produits la veille.

Revenons à leur époque... De quoi parlaient-ils encore ?

Ah, je blague. C'était drôle hein ? Non ? Vous n'avez pas d'humour. J'abandonne.

Disons que mademoiselle j'ai les tifs bleu et j'en suis fière ou alors j'en ai honte et je ne le montre pas se demandait sérieusement si l'attitude bizarre que lui avait décrite son idiot de frère n'avait pas un vague lien avec ce que mademoiselle j'ai les tifs blonds et tout le monde s'en fout leur avait dit. Malheureusement, Terra ne semblait pas de cet avis : il ne s'en foutait pas de ses cheveux blonds. Euh, pardon, il n'avait pas l'impression que ça avait un lien quelconque avec l'avertissement qu'il avait entendu et qu'il avait presque oublié. Après s'être foutu de la gu-... Tête de sa chère et tendre sœur, il retourna chez lui pour manger un pot de Nutella qu'il avait vicieusement caché dans un recoin sombre de sa chambre, pour que ses parents le laisse tranquille.

xx

Quelques jours plus tard, alors que le weekend était terminé et que les monotones journées de cours se succédaient, ce qui ne ravissait pas particulièrement les élèves, Ven profitait de sa pause de mi-journée pour se nourrir (parce que le midi sert aussi à ça) et pour discuter avec ses amis (enfin, disons qu'il les écoutait discuter, plutôt).

Comme il en avait marre de la conversation qui animait sa tablée, et qui avait pour sujet très intéressant : « Après les dégâts causé par les guerres mondiales, serait-il encore possible, pour les nations concernées, de retomber dans l'extrémisme ? », ce qui, soyons francs, ne l'intéressait pas beaucoup, il se leva, prétextant une activité quelconque, et sorti du réfectoire pour respirer un peu d'air pas encore pollué par l'odeur des différentes alimentations et des bouches grandes ouvertes des jeunes gens qui peuplaient l'établissement.

Quelques mètres plus loin, à la table maudite, comme on l'appelait (c'est-à-dire celle de Sora et tout le toutim, comme vous ne vous en doutiez absolument pas), Axel fit un discret coup de coude à Vanitas qui, excédé par ce trente-huit millième coup qui finirait par lui briser les côtes, se leva à son tour et sortit lui aussi de ce terrible endroit.

De son côté, Ven n'avait pas eu le temps de se demander ce qui se passait que quelqu'un l'attrapa sèchement et l'emmenait vers un endroit sombre et désaffecté... Pardon, une salle de classe vide dont le prof avait certainement eu la flemme de fermer la porte.

D'abord surpris, puis outré (ou outragé, en fait, personne n'a jamais su quelle était la différence), il passa par la case perdu avant d'en arriver à l'air choqué (voire traumatisé) qui se promenait sur son visage (comme il s'ennuyait, il avait décidé de sortir un peu) lorsqu'il vit qui l'avait ainsi emmené loin du couloir (façon de parler) de cette manière quelque peu brutale.

Oh, je suis sûr et certain que vous ne vous doutez absolument pas de qui ça peut bien être... Aller, un indice. Il a les yeux jaune comme un chat (je refuse d'entendre des « non, c'est pas vrai, ils sont ambrés » ou des « arrêtez, ils sont dorés... TROP BEAU ! » ou alors des « de quoi vous parlez là ? J'ai pas suivi... Attendez, je relis le début du paragraphe », parce que si je dis qu'ils sont jaunes c'est qu'ils sont jaunes. POINT.) Vous ne savez toujours pas qui c'est ? Aller, un autre indice, il a les cheveux de sonic sauf qu'ils sont pas bleus et qu'ils n'ont pas vraiment la même forme (« ouais, donc en gros il a pas les cheveux de sonic quoi... » Si si, regardez une image de sonic et puis regardez-le, si vous le croisez à tout hasard dans les rues de Mumbai. ) Mais ! Attendez ! Je viens d'avoir un flash ! Moi qui ai passé mon temps à me demander comme une telle couleur fut possible, je viens d'avoir la réponse ! Alors c'est ça ! Aqua n'est pas vraiment humaine... Brr. Quelle horreur. Je ne porte jamais de jugement sur les cheveux de quelqu'un (« rofl ! Port'naouak ! » Quoi ? Quelque chose à redire ? « Nan, m'sieur. » Bien.) mais là, c'est quand même ultime. Finalement, elle n'était pas tombée dans un pot de peinture petite, elle était juste issue d'une lignée dont le fondateur était une zoophile extrêmement bizarre... Ah ! Ah ! Ça mérite un prix Nobel. La prochaine fois que je la croise, je l'enverrai chez des chercheurs. Moi qui ai toujours cru qu'une telle union était impossible... Mais bon, comme l'a dit Marc Twain : « Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait ». M'enfin, quand même, il y a des choses qui... Hum. Cela me répugne un peu, à vrai dire. Je n'ai jamais apprécié la zoophilie. La nécrophilie non plus d'ailleurs. Et bien d'autres choses, en fait. Est-ce que ça vous intéresse ce que je dis, en fait ? Allez, si vous avez lu ce long paragraphe sans intérêt, dites moi « orchidée. » Je vérifierai, tiens. (« Euh, le vieux puisque t'as pas de nom, ça te dirait pas de te taire, d'arrêter de nourrir les piou-piou et de fumer du bousier ? Parce que, c'est pas qu'on se fait chier à lire des, comment dire, délires de vieillard, mais presque. Si on est là, nous, c'est parce qu'on veut que t'avances dans l'histoire ; malheureusement, je constate que ce n'est pas le cas. Alors, pitié, fais nous le plaisir de laisser tes pensées chez le Père Noël, comme ça il te fera un joli cadeau sur mesure, et puis on pourra aussi savoir ce qui ce passe dans cette catin de salle de déjection ! Merci. Bien à vous, le chieur de service. » De rien, jeunôt. Puisque tu y tiens tant, d'accord ! J'écrirai un livre sur mes découvertes plus tard, et je continue. Sale môme. Les jeunes, de nos jours, ça ressemble à rien. Et on s'étonne que je n'en laisse pas pénétrer dans mon établissement.)

AHEUM ! C'est un de mes bon jours, aujourd'hui, alors, comme je vois que vous avez passé ce paragraphe, je vous met la suite de l'action que vous attendez parce que vous êtes vicieux.

Ven reprit vite contenance (il s'était entraîné chez lui, en prévision d'un tel incident) et fusilla du regard le beau Vanitas (chacun ses goûts, moi je dis ça juste pour ajouter un adjectif) qui l'avait importuné dans ses activités (c'est-à-dire traîné dans le couloir comme de la racaille.)

Celui-ci para le coup avec une merveilleuse phrase muette : « Qu'est-ce que t'as à me mater comme ça ? ». Blondinet (c'est son petit nom) fronça les sourcils et cracha :

-Qu'est-ce que tu veux ?
Il sourit (Vanitas avait la fâcheuse habitude de faire ça quand on lui sortait une réplique cinglante ; et généralement, ça ne calmait pas la conversation.)

-Rien, ironisa-t-il, je m'ennuyais (on commence à en avoir l'habitude), ce qui m'arrive assez souvent et j'ai soudain pensé : « Tiens ! Justement, j'ai cru voir Blondie deux passer tout seul, il y a quelques secondes, si j'allais le taquiner un peu ? » Suivant mes propres conseils, je t'ai donc suivi jusqu'ici. T'es content ?

-Non.

-T'as l'air en colère. T'es jamais satisfait hein ? Qu'est-ce que t'aurais voulu que je réponde, Blondinet ?

-Depuis quand tu m'...

-Appelle comme ça ? Depuis que je l'ai décidé et depuis que j'ai appris que ça te faisait particulièrement chier. T'as vu, je fini tes phrases. C'est génial non ?

-Mon frère aussi finit mes phrases, soupira-t-il.

-Tu me considère comme ton frère,Ventus ?

-Mais bien sûr. Et ton chat mange des pâquerettes.

-T'es un comique mon grand. Viens, on va t'inscrire à une école de comédie.

Ven ne répondit rien. Il dévisageait Vanitas avec un air dégoûté.

-Ah ben ? Qu'est-ce qui va pas ? Rage de pas être grand ?

-Ta...

-Voyons, laisse ma mère en dehors de ça, elle n'a rien fait de mal. Enfin, pas envers toi.

-J'en ai...

-Rien à foutre, je vois.

-Arrête de...

-Terminer tes phrases ? Pas de problème, p'tit chou, il suffisait de demander. C'est pas ma faute si tu es si prévisible. Je lis dans tes pensées comme dans un...

-Livre ouvert. Ta gueule... et laisse moi partir, maintenant, ajouta-t-il comme il se levait et que Vanitas campait devant la porte.

-Déjà ? T'es pas drôle, Ventus. Je commençais juste à m'amuser.

-Tu parles, lança-t-il entre ses dents. Vas-y, casse-toi.

-Mais où t'a-t-on élevé, mon pauvre ? Tu pourrais user d'un minimum de courtoisie, quand même !

Son pauvre le regarda un regard noir avant de tenter un pas vers la sortie. Vanitas ne lui laissa pas ce plaisir et se plaça juste devant lui pour l'empêcher de passer. Il souriait à belles dents et avait l'air de beaucoup se divertir.

-Tu fais chier.. Grimaça-t-il. Je veux partir. Je n'ai rien à faire avec toi. Tu n'es pas mon ami, je ne veux pas te parler. Je dois retrouver Terra et les autres.

-Ce glandu ? T'inquiète pas, p'tite tête. Il a pas besoin de toi pour nourrir les oiseaux. Et puis, c'est quoi cet argument à la con ? Comment tu te fais des amis, si tu leur parles pas d'abord ? (J'avoue. J'accuse ce manque de discernement.)

Il ne répondit pas. Il leva les yeux au ciel, recula pour être sûr de ne pas perdre son adversaire de vue et s'assit sur une chaise. Vanitas lui adressa un petit regard étonné.

-Tiens ? Plus envie de partir, finalement ?

-À quoi ça sert, tu bloques la sortie... Alors je m'installe. Quoi ? Plus envie de parler, finalement ?

(Hum.. ce qui est chicou -autre mot pour dire « chiant », moins vulgaire et compris par les portables- avec les personnages comme Vanitas et Xion, c'est qu'on ne peut pas les désigner par leur couleur de cheveux. C'est vrai : dire « le blond », pas de problèmes, « le roux », aucun souci, mais « le noir », ça sonne beaucoup moins bien. Certains auteurs diront « Tu n'as qu'à dire le brun. C'est presque pareil ! » Sauf que c'est faux. Parce qu'il n'est PAS brun. Ah, ah, c'est drôle, maintenant que vous savez de qui je parle, je n'ai même plus l'obligation de le nommer !) Il eut un petit rire tout à fait charmant (quoique), prit une chaise, l'adossa à la porte et s'affala dessus, dans une tenue tout à fait élégante, l'inverse de ce qu'on s'était échiné à lui inculquer.

-T'as raison, blondinet ! Discutons, papotons, parlons comme des rhétoriciens ! On a tout le temps devant nous ! La pause est encore assez longue, et puis personne n'occupe ce local à l'heure suivante. Une aubaine, hein ?

Ven fit un sourire forcé, tandis qu'il pensait aux meilleurs mots pour définir son interlocuteur, tels que -Attention, les insultes qui suivent sont classées comme choquantes aux oreilles et aux yeux des jeunes enfants de moins de deux ans, sauf s'ils s'identifient à eux- « connard » « enflure » ou encore « ce mot a été viré par le comité de censure. Merci de ne plus l'utiliser à l'avenir. » Vous voyez le genre ?

-Oooooh ! S'exclama Vanitas. Ça doit bien être la première fois que tu me souris depuis... Au moins huit ans. Comme je suis heureux !

-Ferme-la. En fait, c'était au mur que je souriais.

-Oh. Tu viens de me briser le cœur.

-Le cœur ? Tu ne sais même pas ce que c'est.

-Est-ce que tu sous-entend subtilement que je n'en aurais pas ?

-Je sous-entend que tout ce que tu as dans la cage thoracique, c'est une pierre qui commence sérieusement à s'effriter.

-Tant de poésie juste pour dire que je suis un sale con.

-C'est bien, Vani, la prise de conscience est la première étape vers la guérison. (C'est drôle, j'allais le dire.)

-Appelle moi encore une fois comme ça et j'te promets que ça va aller mal.

-Ah, au secours, j'ai tellement peur que je vais m'évanouir...

-En effet, tu sais bien ce que c'est toi, d'avoir peur au point d'en tomber dans les pommes, hein ?

Le visage de Ven se durcit.

-Ta gueule. Ça me fait pas rire.

-Oh, le pauvre chéri, il est vexé !

Il ne répondit pas. Il avait la fâcheuse tendance de prendre mal toute moquerie au sujet de ses peurs, quelles qu'elles soient. La remarque de son ennemi l'avait touché profondément et il n'avait plus envie de dire quoi que ce soit. Les lèvres closes, il gratifiait Vanitas d'un regard noir. Il était certain que ce dernier l'avait fait exprès parce qu'il avait eu le dessus sur lui, un instant (et il avait certainement raison, le petit est pas si con que ça !) et que sa fierté avait encore reçu un coup qu'il lui avait fallu renvoyer.

-Et quoi ? Tu réponds plus ?

« Si, connard, c'est juste que t'es tellement sourd que tu l'entends pas. » Finalement, pourquoi pas ? Il pouvait tout aussi bien répondre en pensées. C'était plus simple comme ça. (Mais bien sûr, mais bien sûr...)

-Tu boudes ?

« Non, je danse le Sirtaki. »
Évidemment, qu'il, hum... Boudait. On aurait pu choisir un autre terme, mais bon. On fait avec ce qu'on a. Bref. D'ailleurs, Vanitas connaissait assez bien Ven (disons qu'il l'avait plutôt assez bien connu) que pour savoir qu'il était terriblement susceptible sur le sujet et qu'il ne valait mieux pas l'agacer avec ça.

Mais l'envie avait été trop forte ; avec une ouverture pareille, il lui était impossible de résister. N'importe qui (selon lui) aurait fait de même (tu parles.)

-Je vois, dit-il donc. C'est bon, je la ferme.

Ven était décidé à ne plus ouvrir la bouche de la journée et, en dépit du silence qui s'installait tranquillement (manifestement, c'était sa journée camping), il ne cèderait jamais.

Les deux garçon restèrent en silence un moment (voilà qui est très approximatif), malgré que le blond (lui au moins on peut l'appeler comme ça) eut très envie de crier à Vanitas d'arrêter de le dévisager comme ça, parce que ce regard qui pesait sur lui le mettait très mal à l'aise et qu'il aurait voulu, à ce moment-là, se retrouver à trois mètres sous terre (pourquoi trois, on ne sait pas, sans doute parce que c'était le jour de sa naissance) plutôt que dans cette salle de classe paumée dans laquelle personne ne pourrait le sauver si le cinglé devant lui se mettait à appliquer une quelconque idée sadique.

Il se doutait bien que ledit cinglé ne l'avait pas attiré là, loin du regard de tous, juste pour parler ou le faire tartir. Depuis ce qui s'était passé une dizaine de jour avant, il s'attendait à tout. D'ailleurs, la lueur qui s'animait dans le regard de son opposé était loin d'être rassurante et il avait la forte impression qu'elle allait lui donner raison.

Vanitas lui non plus ne voulait pas parler le premier. C'était le genre de mec qui prenait tout, tout, tout voire absolument tout à la compétition. Pourquoi ? Ne me le demandez pas, je ne suis pas dans sa tête ! Il y a des gens comme ça, on ne saura jamais pourquoi ils sont ce qu'ils sont. On ne saura jamais pourquoi certains passent leur temps enfermés chez eux devant leur ordinateur plutôt que de prendre l'air, on ne saura jamais pourquoi d'autres se tuent à lire des bouquins bien trop compliqués pour eux au lieu de lire un pingoo. Et bien, on ne saura jamais pourquoi quelques personnes s'amusaient à prendre tout pour eux et à considérer chaque chose comme un défi. Vanitas se refusait donc à briser le calme en premier, parce qu'il se disait que ça ferait de lui un perdant (mais quel crétin.)

C'est pour cette (stupide) raison qu'il se décida enfin à bouger et à le faire réagir autrement.

De fait, il se leva et s'approcha de sa victime sans qu'on puisse rien lire sur son visage (du moins le croyait-il.)

Il s'approcha de Ven sans faire de bruit se pencha en avant (parce qu'en arrière ça aurait beaucoup moins bien fonctionné) et déposa doucement un baiser sur ses lèvres fermées.

Stupéfait par ce changement radical de situation, l'autre garçon sans défense battit des paupières et se figea lorsqu'il eut la très nette impression que Vanitas allait revenir à la charge.

Ne trouvant pas assez de volonté en lui pour le repousser et lui hurler dessus (ce que, de toute façon, Vani n'aurait pas laissé faire) il se laissa faire pour la seconde fois et, conscient qu'il passait pour un faible soumis (ce qu'il n'était paaaaas du touuuuut), il se leva subitement et se jeta sauvagement sur lui pour... Non, je déconne. Vous y avez cru hein ?

Il se leva subitement et lui roula une... hum, l'embrassa à son tour (chacun sa croix, hein, il n'allait pas le laisser faire comme ça tout le temps non plus !) pour lui prouver que, non, il ne manquait pas de courage et qu'il ne se laisserait certainement pas surprendre par ces manières à chaque fois.

Du coup, ce fut au tour de Vanitas de se demander quoi, et Ven était ravi de cette petite vengeance qu'il avait pu effectuer à son niveau. Bien sûr, le pas- brun-pas-blond-pas-roux-pas-gris-pas-bleus-enfin-on-se-comprend eut vite repris ses esprits et continua à mener la danse, c'est à dire qu'il (disons les choses comme elles sont) roula un patin (en fait les choses ne sont pas vraiment comme ça parce que si on prenait l'expression au pied de la lettre, on devrait se poser de fameuses questions) à Blondinet (le pauvre) tout en le poussant délicatement sur la table.

C'est à peu près ainsi qu'il passèrent leur pause de midi, et une partie de la première heure de l'après-midi aussi, d'ailleurs.

La voilà, l'injustice du monde. Il y en a certains qui travaillent et pendant ce temps là, d'autres prennent du bon temps. Abusif.

xx

Loin de là, dans une cours de prison, se dressait un terrible dictateur qui semblait former un régime autoritaire sur ses codétenus.

Ceux-ci avaient tellement peur de lui qu'ils s'en tenaient le plus éloignés possible, en évitant soigneusement de croiser son regard, de peur qu'il ne leur demande de l'approcher et de faire quelque sale besogne à sa place, comme il avait l'habitude de le faire.

Malheureusement pour eux, il avait deux bras droits (et pas un bras droit et un bras gauche, comme tout le monde) qui devaient souffrir sa présence tous les jours depuis qu'on les avait présentés, et ces deux hommes avaient pour habitude de faire eux aussi respecter l'ordre et de tout mettre en œuvre pour que leur chef bien aimé soit satisfait d'eux. Aussi, il leur arrivait de chercher une pauvre victime pour accomplir les désirs et réaliser les souhaits de leur commandant.

Comment ? Vous pensez que cette introduction n'a aucun rapport avec notre histoire ? Et bien, vous vous trompez ! Car elle touche très précisément à nos personnages ! Enfin, certains personnages. Trois en particulier.

Il vous suffit de remplacer les mots « prison » par « récréation », « dictateur » par « dictatrice », « ses codétenus » par « les autres enfants de primaire » et enfin « homme » par « petit garçon », parce que Hayner et Pence n'étaient pas encore tout à fait des hommes.

Olette avait, de fait, bien profité de cette nouvelle année pour faire régner la terreurs sur ses camarades.

C'est ici que nous commencerons notre superbe feuilleton : « dictature dans la cour de récré » qui sera très très instructive, hum, hum.

Ce jour-là, alors que le ciel d'acier menaçait de faire tomber la pluie, Olette sétait assise bien en vue et en hauteur, de sorte que ses camarades puissent la voir de loin et sachent que c'était elle qui gouvernait ce royaume et elle seule, et qu'elle ne laisserait personne jamais lui prendre sa place.
Il était midi et son estomac commençait à crier famine ; en effet, bien qu'elle ait mangé son repas, elle ne supportait pas de voir tous ces... enfants avec toutes ces choses délicieuses qu'elle n'était pas autorisée à prendre.

La jalousie la prenant, elle décida d'utiliser les deux personnes qui la collaient en permanence et qui, s'ils lui fournissaient un certain divertissement, ne se rendaient utiles que trop rarement. Elle appela donc Pence à elle.

-Toi ! Lui dit-elle, viens ici. J'en ai marre d'attendre et j'ai faim. Trouve moi quelque chose à manger.

-Euh, répondit Pence qui n'avait pas tout compris, et où ?

-Où tu trouves. Je veux ça ! S'exclama-t-elle en montrant ce que tenait une fillette à la main.

-Mais...

-C'est bon, lui dit Hayner en lui coupant la parole, je vais chercher ça.

Et c'est ainsi que Hayner prouva sa soumission toute neuve et se créa une mauvaise réputation à l'école, en tant que voleur de biscuit (la honte.)

xx

Pauvre, pauvre, pauvre Sora.

Malheureux et malchanceux Sora. Durant sa vie, il avait hérité d'une petite sœur diabolique, il avait vécu le départ de sa meilleure amie et puis son ignorance, il avait failli se noyer plusieurs fois, il avait des parents qui savaient à peine qu'il existait et avait doublé son année.

Alors qu'il pensait avoir vécu le pire, il se rendit compte qu'en vérité, ses malheurs venaient à peine de commencer ; et la preuve lui en fut fournie bien vite, lorsqu'il attendait sa dulcinée (je ne sais qui a inventé ce mot, mais en tout cas il avait des goûts étranges) à la fin des cours. Après une dizaine de minutes, ne la voyant pas arriver, il se mit à se poser bien des questions. Se disant, au final, qu'elle avait sans doute eu fini plus tôt que ce que l'exigeait la loi, il rentra chez lui, déprimé.
En effet, ce n'était pas la première fois que cela arrivait : alors que tous les deux avaient pour habitude de se retrouver à des heures précises dans des lieux précis, plus les jours passaient, moins Kairi venait. Il avait donc un peu l'impression (et ce n'était pas qu'une impression d'ailleurs) qu'elle s'éloignait de plus en plus de lui et bien sur, cela lui sapait encore plus le moral que ce qui aurait du être vu les événements.

Comme d'habitude, ce jour-là, Sora décida d'ignorer sa maléfique conscience qui lui susurrait des mots terriblement déprimants et qui cherchait à l'enfoncer un peu plus chaque seconde et de chercher quelques excuses stupides destinées à le rassurer.
Alors qu'il était sur le chemin de sa maison, il ressassait des idées noires, les couleurs ayant foutu le camp, et ne pouvait s'empêcher de penser à cette année qu'il devait refaire juste à cause de sa sœur et de Kairi, mais surtout de sa sœur. Il ne pensa bien sûr pas que c'était un peu de sa faute et que s'il avait travaillé un minimum, il aurait pu la réussir, parce que c'était plus facile de remettre la faute sur le dos des autres. Déprimé à l'idée de relire ce livre horrible qu'il avait déjà lu l'année précédente, il sourcilla à peine lorsqu'il aperçut de loin la rousse qui se riait avec...
Choqué, Sora s'arrêta et sentit son cœur s'arrêter une seconde. Il écarquilla les yeux et Kairi sembla soudain le voir.

Elle courut vers lui et lui sauta au cou.

-Pourquoi tu n'es pas venue tout à l'heure ? Lui demanda Sora.

-J'ai eu terminé plus tôt, désolée.

-T'aurais quand même pu m'attendre...

-Oh, Sora, tu sais bien rentrer chez toi tout seul non ? Dit-elle en levant les yeux au ciel.

Il haussa les épaules, toujours contrarié (ce garçon est d'une susceptibilité... C'est effrayant.)

-Qu'est-ce que tu faisais avec lui ?

-Avec qui ?

-Avec Roxas, tiens, pas avec le pape...

-Bah, comme on avait fini plus tôt, on s'est dit qu'on allait faire une sortie de classe !

-De classe ?

-Oui, Sora, de classe. Je ne t'avais pas dit que j'étais dans celle de Roxas, cette année ? Désolée, j'ai du oublier. Et bien quoi ? Pourquoi tu me regardes comme ça ? Tu vas pas en faire une maladie, quand même !

Il l'ignora et la raccompagna avant de retourner chez lui.

Ce soir-là, il fut encore plus déprimé qu'à son habitude. Il décida de sécher les cours, le lendemain, juste pour ne pas voir la tête de tous ceux qui lui tapaient sur les nerfs ces temps-ci.

xx

Le lendemain justement, on remarqua non seulement l'absence de Sora qui était un rebelle de la life et qui n'allait pas à l'école parce qu'il n'en avait pas envie, mais aussi celle de Ven.

Si personne ne savait ce qu'avait Sora (à part nous) et que tout le monde, à vrai dire, s'en fichait, la conversation s'animait autour de la mystérieuse disparition de Ven. Roxas n'étant pas encore arrivé, les paris fusaient sur la cause de son absence. Tout s'éclaircit enfin lorsque Roxas vint s'installer auprès de Xion et Riku.

-Alors ? Demanda Xion.

Je ne sais pas comment il sut de quoi elle parlait (sans doute étaient-ils en communion spirituelle), mais toujours est-il répondit :

-Il est malade.

-Ah bon ? Et il a quoi ?

-Oui, ajouta Riku, il a quoi ?

Il faut avouer que cette dernière réplique ne servait à rien, mais bon, pour une fois qu'il parle on va pas chercher la mouche dans les carbonnades.

Roxas soupira (ils soupirent beaucoup, je sais.)

-La mononucléose.

-Lamononuclequoi ?

Riku leva les yeux au ciel.

-Il y a moyen d'être ignare ou quoi? C'est une maladie qu'on appelle « la maladie du sommeil ». En gros, quand tu l'as, tu es très fatigué.

-C'est tout ? (manifestement Xion était déçue... Peut-être qu'elle aurait préféré qu'il ait quelque chose de grave ? Non mais c'est quoi ces gens, au lieu d'être soulagée...)

-Bah, oui...

-Nul.

-Pas forcément...

Riku avait dit cette dernière phrase avec un petit sourire (d'ailleurs, Xion en resta coi quelques instants, tellement elle n'en avait pas l'habitude.) Puis elle se reprit, soudain.

-Hum, comment ça « pas forcément ? »

-Bah, la mono... Ça s'appelle aussi la « maladie du baiser »

-Ooooooooooooooh s'exclama Xion en utilisant quatorze « o » pour bien qu'on l'entende, c'est mignon !

-C'est cela oui...

-Mais alors, entama lentement Roxas, s'il y avait une autre personne malade...

-Ca voudrait dire que... Continua Xion.

Riku leur adressa un clin d'œil pendant que Xion ouvrait grand la bouche.

-Trop bien ! Ça mérite une enquête ça !

-Riku... Il y a des fois où tu m'impressionnes...
-Je trouve qu'il fait peur oui ! Bon, qui est malade aujourd'hui ?

Il y eut un instant de silence alors que chacun se posait la question. Ensuite, tous en même temps, ils se regardèrent avant de lâcher, en chœur :

-Nooooooon...

C'est vrai que Sora était aussi absent, mais il fallait pas déconner, quand même.

-Bon bah... On le saura jamais, soupira (encore) Roxas.

-Il faut surveiller tout le monde, c'est clair, dit Xion, pensive.

Riku approuva.

-En attendant, reprit-elle, vous auriez pas un truc bon à manger ? Ce machin est immonde...

xx

Ce soir-là, quand Xion était assise dans son salon pour faire ses devoirs (quelle idée), elle fut étonnée de voir son frère jeter ses affaires comme si c'était des vieux sacs de patates et se diriger vers sa chambre d'un pas lourd.

-Qu'est-ce que tu fais ? Lui cria-t-elle de loin.

-'Vais me coucher. 'Suis crevé.

-Tu ris ? Il est même pas cinq heures !

-Rien à faire, faut que j'dorme.

-T'as peut-être la mononucléose... Il y a des cas à l'école, paraît...

-La quoi ? Qui ?

-Bah Ven, et puis peut-être Sora aussi, il est absent.

-Génial... Bonne nuit... Dis à maman que je viendrai pas manger...

-Euh, d'accord. Bonne nuit !

-C'est ça...

Heureusement pour Vanitas qu'elle était trop innocente (quoique, ça se discute) pour le soupçonner. Il étouffa un bâillement. Il repensa vaguement à Ven et aux quelques fois déjà où ils s'étaient vu depuis la rentrée, puis s'effondra sur son lit en jurant.

Quelle idée de chopper un truc pareil...


Un peu plus long que d'habitude, ce chapitre :D

Je tiens à préciser qu'il y a VRAIMENT des gens rouges tout le temps, et c'est pas pratique. Quoique ! Merci à tous pour votre soutien et vos reviews, c'est très gentil :3 Puis merci à Dama qui a lu ma fiction :D

Sinon, que tiens-je à dire... Le chapitre suivant a, conformément à mes prévisions (je suis devin, vous dis-je) fortement tardé. Mais il arrive, il est là... IL EST VIVANT ! D'accord, je m'en vais.

Merci de lire ma fiction et j'espère qu'elle vous plaît pour l'instant et qu'elle vous plaira par la suite !