Lali oh ! Je l'avoue, j'étais vraiment impatiente d'écrire ce chapitre ! J'ai beaucoup d'idées mais je commence à me demander si elles vont toutes pouvoir être dans ce chapitre... A moins que je fasse un chapitre de 20 pages...
Bonne lecture !
C'est enfin au tour de Midorima. Ce que craignait Takao est sur le point de se réaliser puisque Kissa se comporte étrangement avec lui. Aomine cherche maintenant à s'excuser auprès de Kuroko tout en sachant que pour lui, un cadeau ne suffira pas. Himuro réfléchit à son tour sur la déclaration de Murasakibara et Kise tombe malade.
Chapitre 17 : Garçon ou fille, qui préfères-tu ?
Les parents de Murasakibara avaient été retenus d'urgence à leur travail durant la nuit.
Le violet avait été vague en expliquant dans quel milieu ils travaillaient mais au final, le couple marié et toujours profondément amoureux était réapparu ce matin et s'était directement endormi dans la chambre parentale. Le violet préparait des gaufres maisons pendant que Takao envoyait des SMS à Midorima. Himuro se faisait encore plus petit à chaque fois que le géant se tournait vers lui et répondait d'une toute petite voix à ses questions. Kise éternua plusieurs fois de suite et s'allongea.
La première fournée de gaufres fut posée sur la table et chacun se servit à volonté. La pâte fondait dans la bouche et le peu de sucre saupoudré dessus ne rendait que tout cela encore plus délicieux.
-Kise, tu touches à peine à tes gaufres... Tu ne te sens pas bien ?
Le labrador leva à peine ses yeux dorés vers Takao et se coucha sur le côté.
-En même temps avec tout ce que tu as mangé hier soir, ça ne serait pas étonnant...
Quand Himuro et Murasakibara étaient rentrés, le mannequin s'était jeté sur eux pour quémander encore à manger. Le violet n'avait même pas eu la possibilité de refuser quand il avait croisé les yeux dorés suppliants.
Les portables des trois humains vibrèrent au même instant et ils se regardèrent, presque habitués : une telle coïncidence ne pouvait signifier qu'une chose. Himuro fut le premier à sortir le sien de sa poche et le lut rapidement avant de le résumer de façon courte et concrète :
-Midorima.
Takao se sentit incapable de bouger et encore moins de parler. Rien que le nom du vert pourtant. Mais son esprit se fit la malle quand le prénom de sa petite sœur percuta sa pensée comme un coup de fouet.
Kissa
-Taka-chin ?
Murasakibara remarqua que le sourire du brun atteignait presque ses oreilles et qu'en l'espace d'une seconde, il retomba jusqu'à donner un air terrifié au joueur de Shutoku. Himuro regardait la fille à ses côtés et capta le regard interrogateur du géant :
-Midorima garde sa petite sœur avec lui donc il est content de la revoir mais il a peur qu'elle le découvre malgré son apparence.
Le plus grand hocha de la tête pour montrer qu'il avait compris et se leva :
-Quelqu'un veut une autre gaufre ?
-Moi !
L'enfant leva la main tout en commençant à manger celle qui patientait dans son assiette. Murasakibara se tourna pour ne plus avoir à voir cet adorable garçon et sa petite bouille.
Il était beaucoup trop tentant, même avec cette apparence.
Aomine ouvrit un œil et regarda vaguement autour de lui, cherchant à comprendre pourquoi sa chambre était différente ce matin.
Il baissa les yeux et regarda Momoi, toujours profondément endormie. L'adolescente avait profité du fait qu'il se mette sur le dos pour venir à moitié sur lui, récoltant ainsi sa chaleur naturelle. Elle n'y pouvait rien si elle était frileuse ! Et son ami d'enfance n'avait pas qu'à être une aussi bonne bouillotte !
Son bras droit était passé par dessus son torse et sa jambe s'était glissée entre les siennes. Son visage, tourné vers le mur, s'était calé contre son thorax et ses longs cheveux roses étaient éparpillés ici et là. Et avec tout ça, Aomine se sentait clairement prisonnier. Il tenta malgré tout de la repousser mais la jeune manager s'accrocha à lui de toutes ses forces, rendant impossible l'espoir de la déloger. Le bleu abandonna, comprenant qu'elle ne bougerait pas avant qu'elle ne le veuille. Enfonçant davantage sa tête dans l'oreiller, il regarda le plafond où se réfléchissait les petites pierres précieuses que Momoi portait en bracelet.
Il s'était littéralement ruiné pour cette petite breloque ! La vendeuse qui s'apprêtait à fermer sa boutique avait eu un sourire compatissant, le prenant sans doute pour un énième petit-ami qui venait chercher le cadeau qui allait le sortir du pétrin. Au final, ça avait plutôt bien marché puisque la rose lui avait pardonné. Enfin, il espérait...
Aomine réfléchissait aussi aux deux sadiques qu'il avait croisé. Son ancien capitaine avait été d'un certain secours puisque l'idée d'un bijou avait été la solution. Par contre, ce qu'avait dit Hanamiya lui trottait encore dans la tête : en couple avec Momoi ? Il n'y avait jamais pensé. Jamais. Elle n'était pas comme les autres filles. Malgré sa proximité et ses formes formidablement attirantes, Aomine ne l'avait jamais vu... comme une fille. Il n'avait jamais cherché à la séduire, aucun sous-entendu, aucune main baladeuse, aucun regard affamé... Aomine n'était en fait clairement pas attiré par la rose. L'amour entre deux amis d'enfance était un thème récurent dans les mangas mais lui, il n'y voyait aucun intérêt. Le bleu n'était pas du genre « Je ne veux pas risquer de la perdre si ça ne marche pas. » mais l'idée même lui semblait bizarre.
Non, Momoi ne serait pas plus pour lui.
La concerné remua dans son sommeil et murmura un nom qui attira l'attention du joueur de basket :
-Akashi-kun...
Il y eut une déconnexion chez le garçon qui put à peine battre des cils. Pourquoi le nom de son ancien capitaine ? Elle continua de bouger un peu et son visage se détendit jusqu'à afficher un sourire quasiment doux.
-S'il te plaît...
A quoi rêvait-elle exactement ?! Surtout avec le capitaine démoniaque ?!
Le visage féminin changea totalement pour passer à la limite de l'effrayant. Et d'une voix très basse, très autoritaire, elle ordonna :
-Ce paquet de gâteaux est à moi ! Pas touche !
La chute de l'échange acheva de larguer Aomine. Il arrêta d'essayer de comprendre et se mit en quête de l'heure.
Tranquillement assis sur le bureau, avec un sourire plein de sous-entendus dont la nature n'était pas un mystère, Nekomata regardait le duo allongé dans le lit.
-... Merde, tu fais vraiment flipper avec ce sourire !
-Alors Aominet... La nuit n'a pas été trop courte ?
-Je ne veux pas savoir à quoi tu penses.
-Espèce de bâtard chanceux ! Mais de là à t'envoyer en l'air avec ton amie d'enfan-...
-Je ne ferais jamais une chose pareil !
Le chat pencha un peu la tête sur le côté, étudiant le garçon.
-Si ça t'intéresse, je peux te montrer un futur possible et-...
-Je ne sais pas ce que c'est et je m'en fous.
L'animal donna l'impression de hausser des épaules et lâcha l'affaire. Du moins pour le moment.
Aomine récupéra enfin son portable et lut son SMS. Il s'aperçut notamment, qu'il était encore incroyablement tôt.
-Purée, ça le fait pas...
Il poussa enfin Momoi qui roula sur le côté et le bleu remit correctement la couette sur eux.
-Beaucoup trop tôt...
-Quoi ? La nuit a été si passionnante que tu ne ressens pas le besoin de petites galipettes matinales ?!
Aomine releva la tête et le regarda, presque ahuri :
-Tu as sérieusement un problème !
-Dixit celui qui fourre ses doigts-...
-Okay, merci ça ira !
Momoi remua et leva la tête, se réveillant à moitié. Nekomata ne fit même pas l'effort de descendre du bureau.
-Dai-chan... Il est quelle heure ?
-Tôt. Rendors-toi.
Elle reposa sa tête rose et murmura :
-Je croyais t'avoir entendu parler...
A nouveau assoupie, elle agrippa la couette et la remonta davantage. Nekomata adressa un dernier sourire au bleu et s'évapora mystérieusement. Aomine soupira, détendant tout son corps et commença enfin à retrouver le sommeil quand il sentit que Momoi se collait contre son dos.
Comme quand ils étaient enfants.
Midorima se réveilla en entendant la voiture de ses parents démarrer dans l'allée de leur maison.
Le week-end démarrait à peine et la Golden Week débuterait ce Lundi. Le vert se sentait épuisé et ce repos ne pouvait être que bénéfique. Cependant, il n'était du genre à traînasser au lit pour autant. Enfilant ses fidèles chaussons grenouilles qu'il ne manquerait pas de cacher quand les trois transformés passeront sa porte d'entrée, l'adolescent quitta sa chambre en laissant passer un petit bâillement. La chambre d'Aya était silencieuse, signe que les deux fillettes dormaient toujours. Sans faire de bruit, il descendit l'escalier et passa dans la salon. Zappant sur sa chaîne matinale, il attendit les prévisions d'Oha-Asa en préparant son petit-déjeuner.
D'une oreille à peu près attentive, il écouta les signes précédents le sien et revint dans le salon pour mieux entendre quel sera son objet du jour :
-Cancer ! Les difficultés seront nombreuses aujourd'hui. Vous risquez également de décevoir certains de vos proches et serez dans l'incapabilité de donner une réponse claire à une question importante. Pensez à garder près de vous une paire de chaussons en forme de grenouilles !
Midorima tomba des nues tant son horoscope était mauvais ce matin. Son plan de cacher sa paire de pantoufles tombait également à l'eau. En pour couronner le tout, une odeur de brûlé se dégageait de la cuisine. Son petit-déjeuner sans doute...
Il jeta le reste carbonisé et s'assit sur un des hauts tabourets du comptoir. La tête retenue par ses mains, le vert maudit Takao. A cause de lui, tout était plus compliqué. A cause de lui... Midorima avait enfin commencé à douter.
-Bonjour.
Les yeux verts se baissèrent vers Tanuki qui attendait visiblement d'être salué à son tour.
-Bonjour.
-Shin-kun... Je crois deviner à quoi tu penses. Te prendre la tête ne t'aidera pas.
Le raton-chien trottina dans la cuisine jusqu'à pouvoir à son tour, grimper tant bien que mal sur le tabouret près de celui du vert.
-Surtout que... Kazu-kun est dans le même état.
-... Vraiment.
L'animal bizarre afficha une moue mal à l'aise.
-Je ne sais pas pourquoi mais... J'arrive à sentir que quelque chose cloche avec lui. Il est totalement perdu. Et à mon avis, Nekomata et Kitsune y sont pour beaucoup. Et je n'aime pas ça.
-Le but de ce jeux est de nous détruire physiquement et mentalement. Tu ne sembles pas avoir le profil pour réussir.
Tanuki afficha un petit sourire triste.
-Je ne vois pas l'intérêt de faire souffrir inutilement les autres. Kitsune est tellement vieux qu'il a vu les humains sous leurs pires côtés et Nekomata a su entretenir sa haine envers eux à cause de toutes vos chasses à l'époque des sorcières. Les chats ont soufferts, terriblement soufferts et pour une divinité comme lui, c'est impardonnable.
-Pourtant tu participes à ce jeu.
-Que ce soit toi ou Kazu-kun ou Ryo-kun... Je vous aime plus que tout. Vous êtes capable d'une gentillesse très rare actuellement et ça... Même si je veux gagner, je ne veux pas qu'on vous fasse du mal. Je saurais m'arrêter à temps avant de faire de vous des légumes sans conscience mais les deux autres...
Midorima avait haussé les sourcils à la mention de cette gentillesse sans bornes, surtout si le raton-chien parlait également de lui.
-Je ne suis pas comme ça.
-Bien sûr que si.
-Et quand ?
Tanuki le regarda droit dans les yeux en souriant :
-Juste en ce moment. Tu me parles sans me prendre de haut alors que tu l'aurais fait sans problème avant.
-Ce n'est pas de la gentillesse.
-Dans ce cas... Je dirais simplement... Kissa.
Midorima s'apprêtait à rejeter cet argument mais s'arrêta avant de parler. Oui, Kissa.
Quand il avait vu l'air paniqué de Takao, la proposition de prendre la fillette chez lui avait fusé naturellement. Donner régulièrement de ses nouvelles à son grand frère était devenu une habitude. Dès que ça touchait Takao, c'était naturel en fait.
Tanuki sauta du tabouret, laissant le probable futur médecin à ses pensées et courut rejoindre Aya et la blonde caramel qui venaient de se lever.
-Onii-chan !
-... Il est encore très tôt.
Kissa caressa Tanuki et s'inclina devant le vert tout en le saluant. Beaucoup trop polie cette enfant...
-Ton téléphone n'arrête pas de vibrer Onii-chan !
La verte avait son petit air accusateur et Midorima quitta la cuisine pour remonter dans sa chambre. L'objet vibrait furieusement, affichant le nom du garçon transformé en fille. Il décrocha et écarta vivement l'appareil de son oreille :
-Shin-chan ! Tu sais depuis combien de temps j'essaie de te joindre ?!
-Je ne suis pas constamment suspendu à mon téléphone.
-Raah, s'il te plaît... Tu es au courant ?
-De quoi ?
Midorima entendit vaguement la voix de Himuro et de Murasakibara qui semblait demander au brun de se calmer. Et un aboiement qu'il supposa venir de Kise.
-Tu es le prochain à nous accueillir Shin-chan !
-... Oh.
-Quoi, c'est tout ?! Pas de « J'ai hâte de te voir ! » ou de « Je prendrais bien soin de vous ! » ?!
-Bien sur que si. J'ai hâte de vous voir et je prendrais bien soin de vous.
-... Shin-chan, venant de toi, ça sonne comme une menace...
Le garçon leva les yeux au ciel. Takao était réellement exaspérant ! Mais... il avait également réussi à chasser le doute qui l'envahissait depuis ce matin.
-Moi, j'ai hâte de te voir.
Il sentit ses joues rougir à cette remarque et l'absence de bruit le rassura sur le fait que le brun s'était éloigné.
-Kissa ?
-Elle va bien. Je pensais les amener au centre-ville aujourd'hui, qu'elles soient fatiguées ce soir et qu'elles ne nous dérangent pas.
-Tu es tellement mauvais quand tu t'y mets...
-Tu préfères qu'elle te colle au risque de te découvrir ?
Le silence de Takao était assez équivoque.
-A ce point-là ?
-Si tu savais...
Midorima serra davantage son portable dans sa main et les mots sortirent naturellement :
-Dans une heure, on sera dans le jardin public.
Il raccrocha, certain que le brun allait y être.
Himuro n'avait jamais vu Kise aussi mollasson.
Kitsune avait été bouche-bée quand Takao lui avait clairement ordonné de le téléporter à Tokyo. Cependant, il avait dû comprendre pourquoi et tout le monde avait fait partit du voyage. Le labrador ne semblait même pas avoir eut envie de faire cette balade en premier lieu. Il marchait lentement, très lentement. Il n'y avait que le bruit des chips dans lesquelles Murasakibara croquait. Et le silence, ce silence pesant, insupportable. L'enfant comprenait parfaitement que Takao voulait voir sa petit sœur plus que tout et c'était en groupe que les garçons se déplaçaient. Le brun bien en tête, évidemment, pour repérer la touffe verte qu'était Midorima et les autres derrière, soumis à la lenteur surprenante de Kise. Himuro espérait que ce soit juste une indigestion parce que si le mannequin était réellement malade, les frais vétérinaires s'élèveraient à très chers. Alors à moins que les divinités ne mettent la main à la poche...
Le violet grignotait comme d'habitude. Il espérait que sa déclaration absolument pas prévue ait fait réfléchir le garçon à ses côtés. Naturellement, il allait attendre qu'il est reprit sa véritable apparence afin de redire à quel point il avait besoin de lui mais... Était-ce une bonne idée de l'avoir dit si vite ? Il n'en savait rien mais ça avait été l'impulsion du moment.
Ses yeux fatigués se déposèrent ensuite sur Takao qui commençait sérieusement à les distancer. Le brun tournait sa tête dans le deux sens cherchant le vert à tout prix. Murasakibara l'entendit soupirer jusqu'à ce que son nom soit prononcé :
-Oy ! Takao !
Le brun détala soudainement, surprenant les trois garçons derrière et le cri du vert les avertit que Takao venait de retrouver son tsundere. Ils se rapprochèrent lentement.
-Mais lâches-moi !
-Non, je veux pas ! Tu m'as manqué Shin-chan !
Prisonnier de son étreinte, Midorima ne put qu'abandonner l'idée de s'en défaire et tapota mollement le sommet de la tête de son coéquipier. Takao parut surpris de son geste et referma les yeux et défaisant un peu son étreinte. De là où était Murasakibara, ils avaient l'air d'un couple. Himuro avait un visage sans sentiments où aucune pensée ne le trahissait. S'il pensait quelque chose de ces deux-là, ça n'était pas visible.
Takao inspira une grande bouffée de l'odeur de Midorima. Le vert ne le chassait pas alors il en profitait. Mais il pouvait rester des heures comme ça. Cependant, il y avait autre chose qui quémandait son attention :
-Où est Kissa ?
-Près des balançoires.
Le brun s'écarta du garçon qu'il aimait pour fouiller le périmètre de ses yeux. Dès qu'il vit Kissa, un hoquet lui échappa. Kise sembla enfin reprendre vie et arracha sa laisse des mains de Himuro qui serait tombé si Murasakibara n'avait pas attrapé son bras. Le labrador fonça dans la jambe du garçon-fille et frotta vivement sa tête. Takao s'accroupit et caressa l'animal :
-Ça ira, ne t'en fais pas.
Il essuya tout de même une larme et se releva en continuant de la regarder. Elle souriait tout en parlant avec Aya et Takao fit involontairement un pas en avant. Midorima l'attrapa par le coude et l'obligea à s'arrêter. C'était tellement douloureux pour Takao de ne pouvoir la voir que de loin.
Mais les fillettes se rapprochaient et pendant que Himuro poussait le brun plus loin, Murasakibara attrapait Kise pour éloigner définitivement cet animal redevenu surexcité. Cachés dans des buissons plus loin, tout ce petit monde put assister à l'étrange spectacle d'une Midorima se baissant à la hauteur de sa petit sœur et de lui sourire gentiment.
-Qu'est-ce qu'il y a ?
-On veux une glace !
-Il est beaucoup trop tôt pour ça.
Aya utilisa ses yeux larmoyants et la supplique combinée de Kissa l'acheva en un coup :
-S'il te plaît... Shin-chan-nii !
Le vert se releva sans un mot et sortit un billet de son porte-feuille. Les deux petites filles crièrent de joie et partirent en courant. Himuro se permit un petit commentaire de rien du tout :
-Tu es assez faible mentalement.
-Oh, silence !
Kise éternua à nouveau et s'allongea. Takao caressa son long dos, faisant à peine réagir le chien. Il posa juste sa grosse tête sur ses grosses pattes. Le brun afficha un air soucieux et voulut demander quelque chose à Midorima qui avait disparut. Apparemment, les deux fillettes ne se seraient pas contentées que d'une glace.
Akashi passait son examen par le biais de la webcam de son ordinateur portable.
Le concept n'était qu'unique, spécialement improvisé pour lui. Il avait foi en ses réponses et au bout d'une demi-heure, son professeur d'Histoire coupa la communication. Le rouge éteignit son portable et quitta la petite table qu'il avait installé sur son petit balcon. Il s'allongea sur son canapé et alluma la télé. Le programme ne sembla pas très intéressant et l'adolescent finit par l'éteindre également. Ses yeux rouges contemplaient mollement le plafond : il s'ennuyait.
Sa seule distraction était cette mini bataille avec Momoi pour le paquet de gâteaux. Mais il était à peine midi et la rose avait sans doute autre chose à faire. Et de toute façon, elle n'irait pas au combini ce soir. Bon sang, là, Akashi avait vraiment l'impression d'être un animal ! Il attendait juste d'être sortit et qu'on l'occupe un peu.
Et ça, c'était hors de question !
Le rouge se leva, enfila un jogging et chercha ses baskets. Il avait besoin de courir !
S'obliger à garder un rythme, caler sa respirations sur ses foulées, se vider l'esprit... Akashi savait faire mais aujourd'hui, c'était difficile. Son père, Rakuzan, les trois divinités, Momoi... Tout un tas de gens qui refusaient de sortir de sa tête pour l'instant. Manquant de trébucher, il laça davantage ses lacets et entreprit de grimper une montée sacrément raide. Le manque d'exercice se faisait cruellement sentir mais la douleur lui rappelait pourquoi il était là, pourquoi il faisait ça. Ses pas le conduire dans un quartier qui lui disait quelque chose et ne cacha pas son étonnement en voyant Aomine sortir d'une maison. Le bleu le remarqua également :
-Qu'est-ce que tu fous ici ?!
-Je cours.
-Nan, mais ici à Tokyo ?!
-Satsuki ne t'a rien dit ?
La rose était bel et bien discrète quand elle le voulait.
-Il s'est passé certaines choses alors je suis revenu ici.
Aomine se tourna vers la maison qu'il venait de quitter et leva ses yeux vers une fenêtre précise :
-Saleté d'amie d'enfance ! Tu aurais pu me prévenir !
Seul le silence lui offrit une réponse et le rouge pencha la tête.
-Je suppose que c'est la maison de Satsuki... Qu'est-ce que tu faisais chez elle ?
-J'ai dormi ici... et d'abord, ça te regarde pas !
Le bleu commença à courir lentement pour bien échauffer ses muscles et Akashi vit ainsi l'opportunité de faire disparaître momentanément sa solitude.
-Je savais que vous étiez proche mais pas à ce point-là.
-En quoi ça te concerne ?!
-En rien. Mais je m'étonne, c'est tout.
Aomine regardait droit devant lui, semblant surtout vouloir travailler sa cardio.
-En fait, je suis surpris que Satsuki te laisse dormir avec elle.
-Qui dit que je dors avec elle ?
-Je le sais c'est tout.
Les yeux rouges regardaient également en face et les deux garçons remarquèrent qu'ils s'étaient accordés niveau vitesse.
-... C'est juste une amie.
-Je n'ai rien dit.
Ils arrivèrent près d'une fontaine et passèrent devant sans marquer de ralentissement.
-Les autres ou toi... vous avez forcément cru à un moment qu'on était plus que ça.
-Si tu le dis...
-Tu as cru sérieusement que Satsu était plus qu'une amie pour moi ?!
-Oui.
Oh oui... Et tellement de fois, d'ailleurs ! Ce besoin constant de savoir où était l'autre, ces chamailleries incessantes, ces sourires discrets, cette jalousie perpétuelle... Voilà des raisons pour lesquelles Momoi n'avait été approchée que par très peu de garçons et pourquoi Aomine suscitait une certaine envie chez les autres garçons en général. Akashi aurait été bien aveugle pour ne pas le remarquer.
A l'intersection, ils n'eurent pas besoin de se concerter pour savoir quel côté prendre. C'était tellement évident pour eux de tourner à gauche ici ! Un tout nouveau quartier se dessinait autour d'eux mais les deux adolescents étaient bien trop concentrés sur leurs foulées pour parler. De toute façon, ça serait pour parler de quoi ? Ils n'avaient pas vraiment grand chose en commun.
-Je pars par là.
-Je vais là-bas.
Rien d'autres en guise d'au revoir. Séparés de l'autre, les deux garçons accélèrèrent un peu afin d'obliger leurs mollets à les supplier d'y aller plus lentement.
Akashi commençait à peine à transpirer. Dans une heure, peut-être, il allait reconsidérer la question de revenir dans son appartement.
Midorima était revenu à l'heure du déjeuné chez lui avec les filles.
Les joues encore rouges d'avoir couru partout, les deux fillettes quémandèrent un Katsudon qui laissa le vert dans un état proche du suicide : elles avaient finalement mangé plus d'une glace et maintenant, elles voulaient un plat si lourd... !
Par contre pour préparer ça, il allait falloir qu'il jette un coup d'oeil à la recette. Sa mère avait tout un tas de bouquinq de cuisine donc le vert à lunettes piocha dans l'un d'entre eux et passa quelques bonnes minutes à décrypter le langage de cuisine à l'intérieur. Aya ayant tout sortit du frigo, il sauta sur l'occasion pour faire participer sa petite sœur et sa nouvelle meilleure amie.
Kissa se débrouillant très bien également, Midorima ne put que supposer que chez les Takao, frère et sœur cuisinaient ensemble. Le grand adolescent lisait la recette pendant que les demoiselles s'activaient. Cependant, en voyait Aya prendre le grand couteau, il jugea plus prudent de faire lui-même cette partie. Etroitement surveillé, Midorima trancha le morceau de porc en écoutant les conseils avisés de la petite blonde caramel. Plus il la regardait, plus Midorima se disait qu'elle était très différente physiquement de son frère. Comparée à la fratrie des Midorima qui n'était que le reflet pur de l'autre mais dans le sexe opposé, les Takao étaient presque l'opposé de l'autre : les cheveux noirs et désespérément lisses du frère étaient un caramel chaleureux et ondulés chez la sœur. Les yeux fins et gris du garçon étaient bruns et en forme d'amandes chez la fille. La voix exubérément amusée de Takao se heurtait à celle douce et posée de Kissa.
Chez Midorima comme Aya, les cheveux verts ne laissaient aucune mèches rebelles s'installer. Les même yeux verts, la même peau blanche... Excepté les deux longues couettes d'Aya et les lunettes de Midorima, ils étaient les même. Le joueur de basket entendait même souvent les amis de sa famille dirent qu'Aya tenait plus de son frère que de ses parents.
-Onii-chan, ensuite ?
Il redescendit sur Terre et reprit le livre. Kissa coupait un autre ingrédient et Midorima se demandait comment il aurait réagit si ça avait été ses parents à lui qui les auraient « abandonnés ». Sincèrement, Midorima était impressionné par son coéquipier pour ça.
Tellement impressionné qu'il sentait son cœur battre de plus en plus fort.
Kuroko avait accepté la demande de Kagami de se retrouver sur le terrain de basket tout près de l'appartement du rouge.
Vêtus assez confortablement, les deux élèves de Seirin se disputaient le ballon orange. Kagami cherchait à développer une nouvelle technique et le turquoise devait venir au plus prè de lui pour l'y aider. La balle passa de la main droite du tigre à sa main gauche dans son dos et il recula d'un coup avant de se repropulser en avant. Kuroko n'eut pas le temps de reprendre appui sur sa jambe que le rouge traça en direction du panier. Il marqua et récupéra le ballon :
-Alors ?
-Tu t'es inspiré de la technique de Hyuga-kun ?
-Ouais...
Kuroko acquiesça.
-Contre des joueurs ordinaires, ça pourrait les surprendre plusieurs fois puisqu'on ne s'y attends pas mais...
-Pas contre les Miracles.
Cette fois-ci, sa tête passa de gauche à droite :
-Aomine-kun bouge trop vite, Kise-kun va le copier facilement, Midorima-kun ne va même pas y prêter attention, Murasakibara-kun peut quand même t'empêcher d'avancer et Akashi-kun va le voir bien avant que ton corps parte en arrière.
-Ouais, c'était pas une si bonne idée tout compte fait...
-Si. Mais je pense qu'elle peut prendre plus... d'ampleur une fois dans la Zone.
La Zone allait vraiment devenir le seul endroit où Kagami et les autres Miracles allaient réellement jouer les uns contre les autres. Et bien qu'il est ouvert la dernière porte, le rouge s'attendait quand même à avoir quelques difficultés lors de ses prochains matchs.
Le turquoise s'éloigna un peu pour boire une gorgée d'eau. Kagami essuya la sueur de son front à l'aide de la serviette qu'il avait amené. Un coup d'oeil sur son ombre et une vague de désir envahissait son corps. Le tee-shirt blanc du plus petit lui collait au corps à cause de sa propre sueur et quand une goutte d'eau se perdit sur son menton pour disparaître sous le haut, Kagami cru qu'il allait se jeter sur lui.
Hors de question qu'il laisse s'échapper un tel appel à la luxure ! Surtout si Aomine pensait la même chose de l'autre côté !
Son ombre.
-Kagami-kun ?
-Rien... Ca t'ennuie si je recommence ?
-Pas du tout.
Ils retournèrent sur le terrain, prêt à tout préparer pour vaincre une nouvelle fois la Génération des Miracles.
Aomine s'était allongé sur un banc éloigné.
Son bras sur les yeux, il s'endormait progressivement. Cette petite course l'avait fatigué plus que prévu mais ça ne le dérangeait pas de s'endormir dehors. Il s'était éloigné exprès après tout. Il réfléchissait maintenant à comment se faire pardonner du turquoise. Aomine le savait, il y avait une chance pour que ce ne soit jamais le cas. Mais il voulait... tellement... qu'il lui pardonne. La vague de culpabilité que le bleu ressentit creusa un trou dans sa poitrine et alla même jusqu'à lui faire mal. Kuroko... Son anciennes lumière... Il fallait qu'il lui pardonne ! Et il allait trouver un moyen, c'était certain ! Sa tête roula un peu sur le côté et sa respiration s'adoucit.
Quand Momoi le retrouva enfin après l'appele très inquiet de sa mère, elle avait couru partout pour le trouver. Et voilà que Monsieur dormait pépère ! Elle enfonça brutalement son poing dans le ventre du garçon qui se releva comme si la foudre s'était abattue sur lui. Les leux larmoyants de douleur, il hurla presque :
-Tu fous quoi, merde ?!
-C'est toi qui fous n'importe quoi ! Tu pars sans rien dire et tu ne préviens pas ta mère ! Tu n'es pas censé bouger beaucoup !
-Je suis guéri !
-Ce n'est pas une raison pour aller courir tout de suite !
Aomine se releva pour coller son dos au dossier du banc et la regarda. Plus inquiète que furieuse, elle lui tendait son téléphone.
-Appelles-la et excuses-toi !
Il grogna mais obéit.
-... C'est moi... Mais hurles pas !... Ouais, j'suis désolé... Chez Satsu... Ouais, ouais, désolé... Mais si !... Tu m'énerves... J'vais bien Okay ?! … Ouais, j'lui dirais... Bye.
Momoi récupéra son portable rose et il lâcha du bout des lèvres :
-Désolé d'être partit sans rien dire et de t'avoir inquiété.
Les poings sur les hanches, elle se redressa et sourit gentiment. Furieux d'être considéré comme un gamin, le bleu croisa ses bras et détourna la tête. La rose s'assit près de lui pour se reposer après avoir tant couru.
-Dis Satsu...
-Oui ?
Parce que malgré tout, il était curieux :
-Est-ce que... tu as déjà déclarer tes sentiments à un mec et qu'il ait refusé parce qu'il croyait qu'on sortait ensemble ?
Les yeux roses affichèrent un peu de surprise mais elle répondit tranquillement.
-A part Tetsu-kun, je n'ai jamais été amoureuse. Mais c'est arrivé plusieurs fois qu'on vienne me demander si... si toi et moi, on était un couple.
Aomine émit un petit bruit de gorge et apprécia le fait qu'elle ne demande pas la raison de sa question.
-Pourquoi tu ne m'as pas dit qu'Akashi était ici ?
-... J'aurais dû ?
Non, pas spécialement. Mais... C'était comme si elle avait un secret, un truc à cacher avec le rouge.
-Y'a rien entre vous, hein ?
-Non. Qu'est-ce qui te fait penser ça ?
Le fait que l'héritier paraisse si curieux à son sujet. C'était assez énervant et non, ce n'était pas sa jalousie amicale qui parlait !
Momoi le regardait mais il ne répondit pas.
A la place, Aomine se remit debout et marcha lentement, attendant juste qu'elle le suive jusqu'à chez lui. Il allait avoir besoin de son aide pour s'excuser en face de sa dragonne de mère.
Midorima venait de se surprendre à ronger ses ongles.
Il s'arrêta, stupéfait de revenir à ce geste de son enfance quand une situation le contrariait profondément. Ou comme dans ce cas, quand il ne savait pas quoi faire. Takao et les autres allaient arriver et il ne savait pas où les faire dormir, comment gérer avec les deux petites et comment gérer avec ses parents. Ouais, la liste était longue.
Aya et Kissa l'avait collé du début à la fin comme si elles sentaient qu'il avait justement besoin d'être seul pour y réfléchir convenablement. Mais les deux petites démones avaient dû lire dans ses pensées. Et là, à quelques secondes avant de l'arrivée des transformés, elles ne voulaient pas aller au moins prendre un bain.
Nooon... Elles voulaient rester avec « Onii-chan » et « Shin-chan-nii » … Sauf que Midorima-nii-chan, il voulait du silence, ne serait-ce que quelques secondes ! La sonnette résonna comme une promesse de mort et il ne put qu'observer les deux fillettes se diriger vers la porte mue par une curiosité malsaine. Un bras pour chacune, il les souleva d'un coup et d'une voix qui se voulait autoritaine, il annonça :
-Au bain. Maintenant !
Aya le regarda, peu impressionnée mais Kissa, baissa piteusement les yeux, n'ayant pas voulu mettre le vert en colère. Elle attrapa tant bien que mal la manche de son amie :
-Aya-chan... On devrait vraiment y aller...
La petite verte regardait son frère sans faillir. A cette heure-ci, elle savait que personne n'aurait l'idée de rendre visite à quelqu'un donc... ce que c'était pour quelque chose de précis. Quelque chose qui mettait visiblement son grand frère mal à l'aise. Ses yeux se réduirent à deux fentes et son sourire se dessina davantage : oh, il avait intérêt à bien cacher ce qui allait se passer les prochaines minutes !
Aya accepta enfin de prendre son bain et suivit Kissa. Midorima attendit que la porte de la salle de bain claque et ouvrit la porte en précicipitation :
-En haut, la porte tout au fond du couloir ! Vite !
Takao papillona des yeux mais Kise le traîna, habitué à obéir aux ordres étranges du vert. Himuro grimpait l'escalier tranquillement, pas du tout pressé. Quand chacun fut dans la chambre du tireur d'exception, il referma la porte et s'y adossa.
-Shin-chan ? On dirait que tu as peur de quelque chose...
-D'Aya...
Aussi mignonne soit-elle, la petite dernière savait utiliser la manipulation comme un maître. Si jeune et si talentueuse... Mais pas quand ça concernait son grand frère !
Midorima ferma à clé et se laissa pratiquement tomber sur sa chaise de bureau. Takao s'était assis sur le lit, Himuro part terre contre ses jambes et Kise avait sa tête passée par la fenêtre.
-Qu'est-ce que je vais faire... ?!
-Shin-chan...
On toqua à sa porte et la poignée s'abaissa.
-Shintaro ? Nous sommens rentrée... Pourquoi ta porte est-elle fermée ?
-M... Mère ! C'est rien... je... j'ouvre !
Il attrapa Kise par son collier et l'envoya glisser sous le lit. Himuro fut cordialement invité à l'y rejoindre et Midorima termina le tout en prenant Takao dans ses bras et le balançant dans son armoire. Il dévérouilla ensuite sa porte pour faire face à ses parents :
-Vous rentrez tôt ce soir.
-Ce n'est pas plus mal, je suis épuisée... Où est ta sœur ?
-Elle prend un bain avec Kissa.
Son père dominait sa mère de facilement deux têtes et sourit tendrement son aîné :
-Merci de t'occuper de ta sœur si bien. Et penses à envoyer un message au grand frère de Kissa. Il doit travailler dur là où il est et se serait un plaisir de rencontrer ce jeune homme. Surtout s'il fait du basket avec toi.
De toute sa famille, Kissa était la seule à venir le voir à chaque match. Très mature pour son âge, la petite verte se débouillait pour venir et revenir toute seule sans que son aîné ne le remarque. Mais Midorima n'avait jamais été mis au courant de ça.
Le garçon referma la porte et sursauta en découvrant Himuro juste derrière lui :
-Ne fais plus jamais ça ! Devoir rester sous ton lit...
-... Désolé.
Takao s'extirpa tant bien que mal du placard et sourit timidement à Midorima. Comme il avait pensé qu'ils seraient accueillis par la famille complète, il s'était fait une raison et avait enfilé une robe. La longueur de celle-ci cachait bien le fait que ses bas noirs ceinturaient ses cuisses et un serre-tête ne laissait que ses mèches de devant se balader tranquillement. Le reste pendait dans son dos, en mèches noires incroyablement lisses. La vision d'une jeune fille parfaitement désirable à ses yeux.
-Ouais, ouais, on sait ! Vous vous aimez mais vous osez pas vous le dire ! Va falloir s'y mettre sérieusement non ?
La déclaration de l'enfant provoqua une telle rougeur chez les deux garçons qu'ils entendirent même le labrador pouffer de rire. Enfin, ça y ressemblait.
-Attendez ici. Et pas un bruit !
Midorima s'éclipsa redescendant visiblement au rez-de-chaussée. Quand la porte se rouvrit, il portait un plateau avec des assiettes remplies et des verres.
-Je ne sais pas trop ce que vous aimez donc... servez-vous comme vous voulez.
Nul doute qu'il s'agissait de reste mais ça leur allait. Kise mangeait un peu plus que durant ce matin, rassurant les deux autres transormés qui craignaient que le blond soit vraiment malade. Pour sa part, Midorima n'y toucha pas du tout. Il n'avait pas faim.
-Shin-chan ?
Takao lui offrit une moue un peu gênée :
-J'ai conscience que ça va être difficile mais... j'aurais vraiment besoin de prendre une douche.
-Oh... Je vais me débrouiller pour que tu puisses y aller.
-Merci !
Le vert se leva et passa la tête par la porte. Les filles étaient en bas avec ses parents en train de manger. Et d'en bas, on ne pouvait pas entendre le bruit de l'eau.
-Takao, c'est maintenant, si tu y tiens absolument.
Le brun hocha la tête et se leva :
-A droite. Vous deux ! Pas de bruit ! Je vais vous laisser seuls ici pour être sûr que personne n'entre dans la salle de bain donc silence complet !
Ne pouvant qu'acquiescer, Himuro et Kise regardèrent la porte se refermer sur Midorima et leur ami brun.
Il n'y avait pas de serrure sur la porte mais une vitre épaisse brouillée empêchait de voir qui se trouvait à l'intérieur de la baignoire. Une forme vague tout au plus. Takao tourna les robinet jusqu'à atteindre la chaleur qu'il désirait et commença à se changer. Un regard gêné en direction du vert fit brutalement se tourner ce dernier. Il entendit le bruits du tissu qui touchait le sol et ça attisait sa curiosité. A quel point le corps de son coéquipier était devenu fin ? Apparemment, il n'avait pas beaucoup de poitrine mais n'était-ce pas juste bien dissimulé dans ses vêtements ?
-Dis Shin-chan ?
-Quoi ?
-Tu es sûr de ne pas vouloir révéler notre présence à tes parents ? On pourrait-...
-C'est pas mes parents que je crains, c'est Aya.
Aya et Kissa. Trop matures, trop réfléchies pour leurs âges, elles découvriraient probablement tout. Elle étaient malgré tout encore du genre à croire à des contes de fées alors pouquoi pas à un garçon changé en fille ?
C'était tellement risqué...
Takao rinçait ses cheveux pendant que Midorima finissait par s'asseoir contre le mur.
-Elle... t'allait bien cette robe...
Le brun sentit ses joues chauffer. C'était la robe verte que Nekomata avait assuré qu'elle plairait au garçon de son cœur.
-Merci.
Et un silence gênant. Etirant ses bras, Takao laissa échapper un soupir de bonheur et détendant ses muscles.
-Shin-chan-...
-Shintaro, j'entres !
La voix de la mère du garçon aux lunettes frigorifia les deux garçons et Midorima hurla presque :
-Non ! Je... Je suis tout nu !
-... Oui, je m'en doute. Mais tu sais qu'on ne voit rien avec la vitre.
La porte s'ouvrit et le vert se jeta sur les affaires de Takao et les emporta avec lui dans la douche. Plaqué entre le mur et Midorima, Takao ne pouvait plus bouger. Et s'il bougeait, c'était son corps en entier qui serait dévoilé au vert. D'ailleurs, celui-ci lui chuchota :
-Désolé... Juste le temps qu'elle s'en aille...
Sauf qu'elle ne semblait pas du tout vouloir se dépêcher de faire ce qu'elle avait à faire.
Dans la chambre, Himuro s'était posté à la fenêtre avec Kise.
Le labrador semblait s'être endormi mais le brun réfléchissait. Il allait devoir donner une réponse à Murasakibara un de ces jours. Mais quoi lui répondre ? Il avait toujours eu un succès fou avec les femmes mais avec les hommes... Oh, il a bien dû en avoir quelqu'uns mais de là à ce que le violet s'y mette aussi... La question était de savoir ce qu'il ressentait pour le géant. Donc...
Qu'est-ce que lui, Himuro Tatsuya, ressentait pour Murasakibara Atsushi ?
De l'amitié, sans aucun doute. Voilà un premier point. Ensuite... peut-être un vague sentiment s'apparentant effectivement à plus que de l'amitié. Et ça avait pointé le bout de son nez après cette déclaration fortement surprenante et quelque part, incroyablement romantique. Son cœur battait toujours follement dès qu'il y repensait. Mais de là, à ce que ce soit de l'Amour … ?! Peut-être était-ce juste une réaction normale après ce que lui avait dit Murasakibara...
Il n'en savait rien mais il ne pouvait pas non plus ne pas donner de réponse au géant. Alors... comment faire ? S'il personne ne découvrait son identité, il restait cette soirée avec Midorima puis celle avec Akashi et Aomine. Donc, quelques jours de répit pour se creuser les méninges.
Sans en avoir conscience, il posa sa main sur la tête du chien et se rendit compte à quel point elle est était chaude.
Brûlante même.
Midorima était ressorti totalement trempé de la douche.
Rouge d'avoir dû rester contre le corps nu de Takao tout ce temps, il s'était assis pour s'activait à empêcher une certaine partie de son anatomie de réagir.
-Shin-chan... Tu peux me passer la serviette s'il te plaît ?
Le vert se releva et la tendit du bout des doigts. Takao s'en enveloppa et sortit de la cabine.
-Ma valise est dans la chambre...
-Dépêchons-nous.
Il ouvrit et ne put pas faire un seul pas.
-Parfait. Midorima Shintaro, tu vas m'expliquer ce que fait cette jeune fille ici.
Oh... Merde.
Aya et Kissa avaient passé leurs têtes par dessus la rambarde.
Enveloppée dans une veste du vert, la jeune fille qu'elle épiait semblait vraiment très mal à l'aise. Le vert à ses côtés se faisait méchamment sermonner par ses parents pour ne pas avoir eut la décence de les informer avant de la présence de la brune.
Pour la verte, elle semblait assez jolie et pouvait répondre à certains critères valables pour son grand-frère. L'ennuie... c'était que Midorima Aya ne partageait pas son grand frère.
Pour Kissa, cette brune la laissait sans voix. Presque choquée, elle avait clairement l'impression de voir son grand frère. Mais c'était impossible puisque son frère était un garçon. Mais quand même... quelle ressemblance.
Midorima baissait la tête, tout comme Takao à ses côtés.
A genoux dans le salon, il cherchait désespérément un plan pour se sortir de là. Au moins, Kise et Himuro n'avaient pas été découverts. Mais ça aurait été préférable ! Dans sa précipitation à emporter les vêtements du transformé avec lui dans la douche, Midorima avait oublié le plus important.
Les sous-vêtements.
Et Midorima mère était certaine de ne jamais les avoir vu. Donc, ils appartenaient à quelqu'un d'autre. Elle avait attendu patiemment que son fils et son... invitée sortent de la salle de bain. Le visage décomposée de son fils avait tiré une sonnette d'alarme chez elle. Son mari posa une main sur son épaule et elle arrêta de crier sur la façon dont elle avait élevé ses enfants.
-Bon... Shintaro, présente-nous ta jeune amie.
Un plan... Un plan...
-Voici...
Un plan !
-Madao Kazuri...
Oh, un plan !
-... ma petite amie.
Mauvais plan.
Et hop ! Chapitre bouclé !
Pfiou... J'ai adoré écrire les parties avec Midorima cette fois ! Que je l'aime aussi celui-là ! MidoTaka Forever !
Merci pour vos commentaires :
Gil Prussia Beilschimdt II : Mais c'est le but ! Vous rendre tout dingues ! Tous ! Ah, le AkaMomo... Le crack shipping mais je l'aime aussi.
Grwn : Oh, ce que tu es en train de faire, c'est moche ! Vraiment moche ! C'est un enfant, il faut pardonner aux enfants ! J'ai adoré écrire la déclaration parce que j'imaginais vraiment Mura le dire... C'était magique. Oui, c'est possible...
Yuki Mirai : Les sucreries ?! Mura ne va plus jamais te lâcher. Pauvre Kissa ! Tu es horrible ! Alleeeeez... Je sais que tu veux un Akashi en animal de compagnie !
Prescillia : Oui, oui, j'ai compris ! Donc pas de Midorima 2.0 ou de Takao 2.0 pour toi ? Nope, aucune idée ! Enfin si mais vaguement ! Tout ça pour dire qu'il va y avoir encore pas mal de chapitres …
Emy-nee : Logiquement, le bébé n'aura pas de quoi vivre dans le corps de Takao en garçon. Donc... plus de bébé. Mince, tu était mini-Akashi dans ta jeunesse ! Perfect couple même ! Naaan ! En plus, je déteste tout ce qui est guimauve et à l'eau de rose... Ca se voit pas ? *hug *
Seth Horo : Un éclair d'intelligence chez le meilleur As ! Qu'on fasse une croix dans un calendrier ! J'adore Akashi ! Je l'aime tellement que je ne peux pas m'empêcher de le faire souffrir...
Laura-067 : Qu'il existe tout simplement me dérange... *murmures dans l'oreillette * Ahem... Alors... Je tiens à m'excuser de cette précédente phrase qui ne reflétait au final que la réalité et-... *nouveaux murmures * Je m'excuse devant l'ensemble du fandom de Kagami. Tout le monde a le droit d'avoir des goûts merdiques-... des goûts différents et je promet de ne plus recommencer. *s'incline * Ouais, tellement de couples ! Ce qui est bien, c'est que maintenant, je n'ai qu'à piocher dans ta liste !
Prochain chapitre : Takao et Midorima doivent donc jouer le jeu devant la famille du vert mais Aya exige une preuve de leur sois-disant mise en couple. Kissa se comporte vraiment très étrangement avec Takao qui ne résiste quasiment plus à l'envie de tout lui dire. Mais l'état de Kise s'empire. Aomine va également parler à Kuroko qui accepte de l'écouter. Chapitre 18 : Sujets d'adulte !
