Une philosophe en herbe ?

Il est tard mais tu ne dors pas contrairement aux autres blocards. La fête a pris fin au moment où Thomas et Newt t'ont amené à l'infirmerie. Une fois que tu en es ressortie la majorité des gars avait déjà rejoint les bras de Morphée. Le peu qui ne dormait pas à ce moment t'ont félicité pour ta victoire et ton prénom retrouvé.

Désormais la clairière baigne dans un silence paisible perturbé uniquement par les ronflements de certains blocards. Toi, tu regardes le ciel étoilé, tout en félicitant intérieurement Jeff pour ses talents de guérisseur. Tu ne ressens presque plus aucune douleur. Bien sûr, tu vas avoir un sacré bleu sur ton épaule mais ça n'est rien. Quant à te tête, tu as la tempe légèrement ouverte mais c'est superficiel d'après Jeff. Tu te dis que tu apprécierais faire medjack. Etre en mesure d'aider les autres à tout moment est un sentiment qui doit être très gratifiant.

Dans le ciel passe une étoile filante. Tu souris à cette vue et ferme les yeux pour faire un vœu. Tu ignores pourquoi tu sais qu'il faut faire un vœu lorsqu'on aperçoit une étoile filante, alors que tu ignorais ton prénom jusqu'à il y a peu. Tu te dis que certaines choses sont tel qu'elles sont sans avoir vraiment de sens. Au lieu de te torturer l'esprit avec ça, tu repenses à ton vœu. Tu as demandé à avoir la capacité de protéger tous ceux qui sont ici, parce qu'au fond tu les trouves plutôt attachants. Enfin, certains plus que d'autre, petite pensée à ce cher Gally qui a failli te démonter l'épaule. Il est vraiment idiot celui-là, mais bon il faut de tout pour faire un monde, pas vrai ?

Tu te dis que ça semble insensé de vouloir protéger des gens qu'on connait depuis moins d'un jour. Surtout vu ta réaction à leur encontre lors de ton arrivée. Malgré tout, en y réfléchissant ça n'est peut-être pas si insensé que ça. Au fond, un inconnu est une personne qu'on connait moins que les personnes. Tu ne connais personne, du moins tu ne t'en souviens pas, donc les blocards sont les gens que tu connais le mieux. Conclusion, en pratique les blocards sont tes plus proches amis puisqu'ils sont ceux que tu connais le mieux.

Bon, tu ne te souviens de presque rien sur toi mais, au moins, tu es sure d'une chose, tu devais être une sacrée philosophe pour avoir des raisonnements pareil. Cette pensée t'arrache un petit rire. Au même moment tu entends des bruits de pas derrière toi. Tu te retournes et tombes sur Newt qui s'approche de toi de sa démarche boitillante.

-Tu ne dors pas ? Chuchotes-tu alors qu'il s'allonge à tes côtés.

-Je pourrais te retourner la question, la nouvelle. Tu te sens mieux ?

-Oui, beaucoup mieux. Merci de m'avoir aidée. Sinon, c'est Rosalind maintenant, plus « la nouvelle ».

-Tout le plaisir était pour moi Rosie, répond-t-il avec un sourire narquois.

-Tu fais vraiment tout comme tu l'entends, pas vrai, commences-tu en souriant ? Mon prénom est si compliqué que ça à retenir ?

-J'aime bien donner des surnoms aux gens quand ils me viennent naturellement. Par exemple, j'appelle Thomas, Tommy.

Tu hoches la tête en souriant. Oui, Rosie pourrait tout à fait te convenir s'il décidait de te donner un surnom.

-Alors qu'est-ce qui te faisait rire à mon arrivée ? Te questionne-t-il tout en te fixant.

Tu hésites l'espace d'une demi-seconde à lui raconter en te disant qu'il va sans doute se moquer de toi. Tu finis finalement par lui expliquer tout. Contrairement à ce à quoi tu t'attendais, il te jette un regard impressionné.

-Ce que tu dis n'est pas idiot. Personne n'a jamais pensé à envisager les choses ainsi. On dirait que tu es une philosophe en herbe.

Tu le remercie en riant et cela clôt la conversation. Aucun de vous deux ne dit plus rien, vous contentant de scruter le ciel. Tu repars dans les méandres de ton esprit rempli de question mais vide de réponse. Tu essais de trouver ces foutues réponses pendant un long moment mais rien ne te viens. Tu décides alors de laisser tes pensées dériver dans l'espoir de trouver le sommeil.

Voilà un mois et demi que tu es arrivée au bloc. Tu t'es bien intégrée au milieu de tous ces garçons. Tu es devenue medjack afin de pouvoir veiller sur les blocards et t'assurer de leur bonne santé. Au fond, tu te dis que ton vœu a dû se réaliser. Tu adores ce travail Jeff et Clint sont deux personnes très agréables et tu passes volontiers du temps avec eux.

Tu es également devenue très proche de Thomas et Minho. En effet, avec leurs virées quotidienne dans le labyrinthe, il n'est pas rare de les voir débarquer à l'infirmerie, avec des égratignures à désinfectée et autre… C'est de cette façon que tu as pu vraiment apprendre à les connaitre. C'est toujours un plaisir pour toi de les soigner et d'écouter Minho t'inventer une histoire complètement folle pour t'expliquer comment ils se sont blessés, tandis que Thomas soupire d'exaspération devant les idioties de votre ami.

Tu t'entends également bien avec Teresa. Après tout entre seules filles du Bloc il faut se serrer les coudes ! Eh oui… ce mois-ci la Boîte a ramené un garçon et non pas une fille. D'ailleurs Teresa et toi avait bien rigolé devant la mine déconfite des garçons qui eux semblaient prendre goût à l'apparition de fille dans le Bloc.

Pour être totalement franche avec toi-même, tu es plutôt contente que ça ait été un garçon et non une fille. Pas que l'idée d'avoir une autre fille au bloc te dérangerais mais ça t'aurais fait un peu peur. Oui, parce que tu refuses de te l'avouer pleinement mais tu apprécies vraiment beaucoup Newt, et tu aurais eu peur qu'il soit amoureux cette fille. Tu le sais parfaitement, qu'il ne t'appartient pas et que tu ne devrais avoir ce genre de pensée. Cependant tu ne peux t'empêcher de le faire.

A chaque fois que tu es avec lui tu as ce sentiment de plénitude, comme s'il était capable de combler le vide que tu ressens parfois. Tu tiens vraiment à lui. Tu chéries chacun de ses défauts et admires toutes ses qualités. Tu adores la façon dont vous vous lancez des piques en permanence pour voir qui va gagner la bataille. C'est idiot mais c'est comme ça. Dommage qu'il ne te considère que comme une bonne amie. Tu pourrais lui dire ce que tu ressens mais tu ne veux pas mettre en péril ce que vous avez déjà. Tu préfères largement garder pour toi tout ça. Peut-être que le temps fera bouger les choses qui sait ?

(Allez au chapitre Quand les jours sont sombres)