Disclaimer : Square Enix et Disney qu'on oublie si souvent.
Note : Les filles - et les mecs - si je ne réponds pas à une review que vous m'avez mise, n'hésitez pas à venir me tirer les oreilles et me harceler de MP ! Je suis la reine de la procrastination et des fois j'oublie. Donc, faites le moi remarquer, que je sache :3.
Aah, je déteste ne pas pouvoir répondre aux anonymes . Donc je dirai : Merci ! :D.
Il attendait. Silencieux, rapide comme une ombre, il avança prudemment dans les contrées sauvages et se rapprocha de sa proie. Le chasseur était tendu. Sa victime, innocente, continuait à gambader sans savoir ce qui l'attendait ; sans savoir qu'un bourreau était caché derrière le buisson, prêt à lui sauter à la gorge. Le chasseur banda ses muscles, respira un grand coup. Il était temps maintenant.
Il se redressa et avec un cri démoniaque, sauta sur sa proie innocente qui se retourna et...
Se demanda ce que c'était que ce bordel, qu'est-ce qu'un gosse faisait là accroupi derrière la haie en hurlant comme un malotru. Elle murmura un vague « espèce de taré » avant de partir on ne sait où, pour faire on ne sait quoi.
-Aaah, soupira Isa, t'es vraiment pas possible, mec. On fait de l'observation, pas de la... Quoi, en fait ?
-On fait du repérage de terrain !
-Ok, si tu veux. Mais si tu pouvais éviter de faire le con, ça m'arrangerait... Vois-tu, le terrain risque de ne plus être très habité si tu joues à l'Apache toutes les deux minutes.
-Ça va, ça va. J'ai quand même le droit de rire un peu, quoi...
Isa soupira (c'était un dieu du soupir, si je puis dire, et on comprend pourquoi – vivre avec Lea tous les jours valait au moins un soupir de dépit par minute) et décida de partir de son côté, en laissant là son copain autiste.
-Eeeet ! Tu vas où ?
-Dans un café.
-Un café... Cool ! On trouvera peut-être une fille !
Isa n'avait absolument pas pensé à ça. C'est vrai ; ils trouveraient peut-être une fille. Il exhala à nouveau et reprit la route, tout en ignorant son... Enfin, le type qu'il ne connaissait absolument pas et qui le suivait partout (comme c'est étrange !)
Après diverses péripéties du style : « un étrange adolescent court derrière moi en essayant de me parler mais comme je ne le connais pas et qu'il me fout la honte je fais en sorte de l'ignorer un max », ils arrivèrent dans un petit café où ils s'installèrent nerveusement.
N'oublions pas que leur but était d'être discrets ; chose malaisée, et ce pour plusieurs raisons aisément identifiables. Premièrement (vous l'aurez deviné), malgré le fait que la ville était peuplée d'individus tous plus étranges les uns que les autres, leur tignasse se remarquait à (au moins) trois kilomètres à la ronde ; surtout les cheveux bleus d'Isa (qui étaient en plus mis en scène dans une coupe absolument ignoble... Enfin, je veux dire, improbable, bref absolument pas discrète.) Deuxièmement, leur style vestimentaire n'était pas des plus... Comment dire, « normal ». Bon d'accord, disons-le clairement : ils se sapaient comme des racailles. Et forcément, les gens les regardaient de travers (les vilains, ça ne se fait pas de juger les autres sur leur apparence !). Et puis, soyons francs ; deux gamins aussi bizarres, qui en plus regardent les autres comme s'ils n'avaient jamais vu autant de gens dans un même endroit, qui jettent des regards méfiants à tout le monde et qui ont des prénoms de fille (bon, c'est vrai que c'était pas visible de loin, mais quand même, ça se lisait sur leurs visages) ne passaient pas inaperçus.
Tout ça pour dire qu'ils n'étaient absolument pas discret, et que n'importe quelle personne sensée ne se serait pas approchée à moins d'un kilomètre de ces deux énergumènes.
Ah, mais je sais ce que vous pensez ! Qu'il n'y a pas de personne sensée dans cette ville, que depuis le début on ne parle que de cas sociaux... Et bien vous avez raison ! Et c'est pourquoi en cette journée d'automne, le café était tout aussi rempli que si les deux (travestis) garçons n'avaient pas été présents.
Ils commandèrent de quoi se désaltérer, puis restèrent assis en silence à ne rien faire pendant vingt bonnes minutes. C'était une de leur ancestrales traditions. Il arrivait qu'ils s'asseyent quelque part (mais pas là où il y avait de la populace, attention), sans rien dire, sans même se regarder pendant des heures. « Pour recharger leur batterie », comme disait Isa. Pour avoir un peu de calme aussi, sans doute ; ils n'étaient pas faciles à supporter, même l'un pour l'autre.
Ce fut Lea qui brisa le silence. Il frappa sur la table avec tant de force que tous les clients se retournèrent, tandis que le personnel leur adressait un regard noir. Isa ne broncha pas (il avait l'habitude, faut l'avouer, et son métabolisme avait développé une sorte de défense contre les idioties de son ami.)
-Mec ! annonça la princesse avec entrain (la princesse Lea, vous voyez... Bon, d'accord, c'était nul.)
-Quoi ? Soupira ledit mec.
-Il est temps de s'y mettre !
-Ouais, ouais.
Lea mit ses coudes sur la table (même si ça ne se fait pas, vilain) et exposa sa théorie :
-Il nous faut quelqu'un qui s'accorde avec nous parfaitement.
-Tu veux dire... (une fille avec un nom de mec et des cheveux roses/bleus/verts? Bonne chance) Oui, je vois.
-Ouais. Tiens, qu'est-ce que tu penses de celle-là ?
Il désigna du regard une jeune fille qui passait par là innocemment.
-Non, pas terrible.
Heureusement pour eux, elle n'avait pas entendu ; et heureusement pour elle, elle ne s'accordait pas parfaitement avec eux.
-Et celle-là ?
Il leva la tête vers une autre jeune femme, qui – ô miracle ! – avait les cheveux bleus. Non, vous ne rêvez pas : Aqua était bien hors de chez elle, dans un café pourrave au milieu des plus basses classes de la plèbe. Heureusement pour elle, Lea et Isa ne la connaissaient pas, et ils ne pourraient pas révéler son secret.
-Trop vieille (je doute fort qu'elle eut été ravie de savoir en quels termes ces deux garnements la décrivaient.)
-Et celle-là ?
C'est ainsi que par le plus grand des hasards (la nature est bien faite), ils désignèrent une adolescente qui passait par là ; et que par le plus grand des hasards, il se trouvait que cette adolescente était blonde, pas vieille et qu'elle s'appelait Naminé.
Semblant estimer qu'elle était apte à jouer le rôle de « la fille qui prouve qu'on est ni des travlos ni des gays », Isa hocha lentement la tête. Ils l'observèrent quelques instants pendant qu'elle commandait de quoi se réveiller après une journée de dur labeur.
-Bon, gars, je te rappelle que t'avais dit que c'était toi qui allait lui parler d'abord, murmura discrètement (permettez-moi d'émettre un doute quant à cette information) Lea.
-Ouais, ouais, mais...
-CHUT ! T'y vas et tu fais pas chier.
Isa leva les yeux au ciel. Non pas qu'il ait été impressionné par le charisme et l'aura inimaginable de la jeune fille, loin de là ; il était sûr de lui et de ses talents de séduction. C'était juste qu'il n'avait pas particulièrement envie de donner une occasion pour que son « ami » se moque de lui, en cas d'échec (échec qui n'arriverait pas, entendons-nous bien, il était tellement parfait.) Malgré tout, il s'avança vers l'inconnue avec son air le plus charmeur (ce qui ne donnait rien de terrible, mais il ne le savait pas, et puis Naminé était bien trop polie pour le lui annoncer de but en blanc) et entama la conversation de la manière la plus originale possible :
-Salut.
Elle se retourna en haussant les sourcils, puis se rappela des règles essentielles de socialisation. Elle sourit et répondit :
-Hello.
Comme il semblait n'avoir rien à ajouter, elle ajouta :
-On se connait ?
(Si on ne devait parler qu'aux gens qu'on connaissait, on finirait seul et sans amis, c'est sûr.)
-Non, mais... Euh...
-Oui ?
-Bon écoute, j'vais pas faire l'hypocrite. Tu vois mon pote, le mec avec les cheveux rouges, là ?
-Oui ?
-Ben il pense... Enfin non, sa mère pense que s'il reste trop avec moi ça craint, que c'est malsain, un truc du style. On est meilleurs potes forcés parce qu'on a des prénoms de merde, tu vois, fin bref c'est pas le sujet.
-Euh...
-Bref, il a dit qu'il fallait qu'on trouve une gonzesse pour pas passer pour des homo, vu qu'on passe déjà pour des travestis. Et comme il s'est foutu de ma gueule je lui ai dit que j'allais le faire, sauf que je suis un être froid et asocial et que je suis parfaitement incapable d'avoir une conversation normale avec quelqu'un, alors convaincre une fille correcte de se joindre à nous, je te dis pas.
-Je vois...
-Du coup j'me demandais...
-Tu te demandais si je pouvais pas faire la potiche, faire semblant que tu m'as superbement convaincue et si je pouvais t'accompagner jusqu'à lui pour que tu puisses prouver la valeur que tu n'as pas ?
-Oui, en gros, c'est ça.
Elle réfléchit un instant.
Oh, et puis zut, elle n'avait rien d'autre à faire de toute façon. Elle sortit son plus beau sourire et demanda :
-Et si je le fais, je gagne quoi ?
-Euh... Mon respect ?
-Je sais pas...
-Ainsi que des glaces à l'eau de mer gratuites. À vie.
-Bon, ok. Tu t'appelles comment ?
-Isa.
Son visage resta de marbre tandis que son être s'étouffait de rire intérieurement.
-Moi c'est Naminé. Enchantée.
-Ah, et, euh... Tu lui dis pas ce que je t'ai raconté, hein ?
-Ok.
C'est ainsi que Lea et Isa trouvèrent un bouche-trou et Naminé un passe-temps.
C'est ailleurs, loin des plans diaboliques de nos deux nouveaux deutéragonistes (ça fait toujours mieux que d'annoncer platement qu'ils ne sont que de vagues seconds rôles, non ?) qu'un autre plan machiavélique était en train d'être appliqué. Mais de quel plan parlons-nous, vous demandez-vous ? Il est assez aisé de répondre à cette question, en fait ; mais passons.
x x x
Vanitas (vous ne l'avez absolument pas vu venir, hein ? Je suis d'une discrétion exceptionnelle, je sais ; c'est d'ailleurs pourquoi j'ai un jour suivi cet homme dont s'inspirent les légendes, dans le plus grand secret, lorsque je travaillais pour... Mh, passons) était, contrairement à son habitude, assis bien droit sur sa chaise, et mangeait proprement – ce qui était de plus en plus rare au fur et à mesure que les années passaient, merci la bonne influence des « vieux potes » - en évitant de regarder dans les yeux la personne en face de lui qui n'était pas d'excellente humeur. Cette dernière (son père, en fait, je ne voudrais pas laisser un suspense inutile), le visage fermé (je vous vois venir avec vos calembours ! Mais vous avez raison, un visage complètement ouvert ne serait pas des plus ragoutant, surtout durant les repas de famille), découpait ses petits pois avec attention, en créant ainsi deux fois plus de morceaux à moitié moins grands. À la droite de Vanitas se trouvait sa s... En fait non, se trouvait juste un grand vide. Xion était dès la fin de l'après-midi partie rejoindre Roxas (rien que penser ce mot lui arracha une légère grimace de dégout : il ne fallait pas déconner, quand même ; peut-être que, avec le temps, penser à Ven – ce qu'il ne faisait pas du tout, hein, qu'est-ce que vous croyez ? - ne lui faisait plus cet effet-là, mais ça ne s'appliquait pas aux autres, du moins pas encore... Enfin, ça ne s'y appliquera jamais, pardon. Au fond, pour lui, maintenant que Ven... Maintenant qu'il était à moitié de son côté... Pardon, maintenant qu'il... Aah. Bref, il détestait encore plus Roxas et Riku que d'habitude. Ce qui n'a plus aucun rapport avec le début de sa pensée, si ? Zut, perdre le fil comme ça...) pour on-ne-savait-quelle-raison-d'une-importance-vitale, et ne comptait manifestement pas revenir tout de suite, ce qui donnait à la pièce une ambiance encore plus froide que d'habitude. La mère de Vanitas (dont on ne parle jamais, d'ailleurs on ne connait même pas son nom ; c'est lamentable), elle, avait déjà terminé son assiette et jetait des regards exaspérés à son mari, tout en pensant sans doute très fort « mais quand est-ce que tu vas manger NORMALEMENT, connard ? », mais nous ne le saurons jamais, elle est trop polie pour faire part ouvertement de ses charmantes pensées (d'ailleurs c'était le genre de femme à insulter tout le monde en pensée, mieux valait pour la santé mentale de la nation qu'elle les garde pour elle.) Lorsque son fils eut à son tour fini de manger (il avait fait son maximum, pour mettre fin à ce supplice qu'étaient les diners en famille), elle se décida enfin à briser le silence qui commençait à devenir de plus en plus solide, dans une tentative désespérée de rétablir la conversation avec son foyer.
-Je me demande quelle était cette raison importante dont parlait Xion, tout à l'heure, annonça-t-elle tout haut, comme si quelqu'un en avait quelque chose à fout... faire de ce qu'elle se demandait.
Vanitas haussa les épaules, indifférent, et son père entreprit de planter une dent de sa fourchette dans un demi petit pois rebelle.
-Elle m'a téléphoné il y a deux bonnes heures, continua-t-elle. Elle va rester chez Roxas ce soir.
Son fils haussa les sourcils, cette fois, étonné.
-Elle dort chez lui ?
-C'est ce que je viens de dire.
-Et t'as dit oui ?
-En effet.
Le mari restait silencieux, et extrêmement concentré.
-T'as pas peur ?
-On dit : « tu n'as pas peur », Vanitas. Et pourquoi aurais-je peur, je te prie ?
-Généralement, les mères stressent quand leurs filles passent la nuit chez des garçons.
-Voyons, on les connait depuis longtemps, et puis Roxas n'est pas de ce genre-là.
Il ne répondit pas. C'était sans doute vrai ; Roxas était un faible sans aucun atout de séduction et sa sœur ne s'y laisserait jamais prendre, mais quand même ; sa mère était plutôt de la vieille école, et normalement elle n'aurait pas dû accepter ce genre de chose avant ses vingt-et-un ans. Il y avait comme une étrange ambiance dans l'air.
-Il a peut-être raison, intervint pour la première fois de la soirée le père (qui n'a lui non plus pas de nom, mystérieusement.)
-Qu'est-ce que tu insinues ? Que je suis une mauvaise mère ?
-Mais pas du tout, enfin...
-Ne fais pas semblant, j'ai bien entendu.
-Mais...
-Tais-toi pour une fois. Ça me fera des vacances.
Comprenant que s'il voulait éviter la crise, il valait mieux se faire discret, il termina son assiette et sortit de table sans dire un mot. Vanitas sentait lui aussi l'orage venir ; il avait l'habitude de ce genre de scène (ce qui fait plus peur qu'autre chose), et ne pipa pas (je ne sais pas ce que vous en pensez mais je trouve que ça sonne particulièrement bien, non ? Pipa pas pipa pas pipa pas... Oui, moi aussi j'ai le droit de dire des débilités, vous voyez, l'honneur ne revient pas exclusivement aux personnages) mot. Il ne sursauta même pas lorsqu'il entendit le son strident de la sonnette retentir dans la maison. Sa mère se leva (ce qui était assez étrange, étant donné que d'habitude elle laissait le travail aux autres) et partit ouvrir la porte.
Quelques mètres plus loin, à la porte justement, se tenait notre CPA (vous avez pas lu Narnia, vous ?) Ven, qui était sans doute venu rendre visite à Xion qui n'était pas là (on y croit, on y croit ; enfin, on fait semblant d'y croire.)
C'était sans doute ce qu'avait pensé la mère de famille.
-Excusez-moi de vous déranger...
-Ventus ? Je peux t'aider ?
-Je suis venu voir...
-Xion n'est pas là, le coupa-t-elle.
-Je sais, elle est à la maison. Ce n'est pas pour elle que je suis venu.
-Je pensais que toi en Vanitas ne vous entendiez plus très bien ?
Quel doux euphémisme. Bien sûr ; les enfants avaient tout fait pour que les adultes ne soient au courant de rien de leur sombre histoire, mais les tensions étaient si fortes qu'elles passaient difficilement inaperçues. Même si la plupart des gens continuaient à se bercer d'illusions.
-Ah, peut-être...
Elle sentit peut-être sa gêne, et cessa toute interrogation à ce sujet. Les adolescents étaient tellement changeants. Elle l'invita à entrer et revint dans la salle à manger, où Vanitas semblait perdu dans ses pensées.
-Quelqu'un pour toi.
Il sembla se réveiller. Il se tourna vers Ven, le jaugea du regard tout en pensant « mais qu'est-ce qu'il fout encore là celui-là ? », puis demanda :
-Qu'est-ce que tu fais là ? (pour ne pas dire « qu'est-ce que tu fous encore là ? », ce qui n'aurait guère été apprécié par sa mère)
-Salut, Vanitas, moi aussi je suis ravi de te voir...
Il haussa les épaules et ferma les yeux un instant.
-Tiens Ventus, puisque tu es ici, tu veux manger quelque chose ? Proposa la mère Vani (appelons-la comme ça, c'est plus pratique.)
-Non, merci. C'est gentil, j'ai déjà dîné.
-Dans ce cas...
Vanitas se leva et se dirigea vers le hall d'entrée, en murmurant un rapide « ramène-toi » à son invité forcé lorsqu'il le dépassa. Ils montèrent à l'étage (logique, me direz-vous) et s'installèrent dans la chambre de l'adolescent, presque sans échanger un mot.
-Alors, c'est quoi l'embrouille ? Lâcha soudain l'hôte.
-Y a pas d'embrouille, j'avais juste envie de passer.
-Certes...
Il soupira lorsqu'il entendit son nom. Pourquoi les parents avaient-ils toujours cette manie d'appeler leur progéniture quand ils venaient de rejoindre l'étage ?
Il descendit en fulminant, pendant que quelques pensées du style « Mais qu'est-ce que c'est que ce bordel ? » « Mais pourquoi tout le monde a décidé de me faire chier aujourd'hui ? » « Mais pourquoi les parents ont-ils toujours cette manie d'appeler leur progéniture quand ils viennent de rejoindre l'étage ? » se disputaient la première place dans son ombreuse caboche. Soudain il eut un éclair de lucidité (ce qui ne lui arrivait pas extrêmement souvent, il faut bien l'avouer... Et ça rendait cet éclair d'autant plus efficace, au fond) et se dirigea vers sa chambre.
-Oh, Ven !
L'appelé qui était tranquillement assis sans rien faire, se tourna vers lui d'un air étonné.
-Quoi ?
-T'as pas intérêt à fouiller dans mes affaires.
Un semblant de sourire traversa son visage.
-Pourquoi, y a des trucs que je dois pas voir ?
-Qui sait...
-T'inquiètes. J'ai pas envie de finir traumatisé, tu vois...
Un deuxième cri retentit dans le lointain.
-Ouais, ouais, t'as raison !
Sur ce, Vanitas descendit pour de bon, laissant sa chambre et toutes ses affaires aux bons soins de son invité (quelle bonne idée !)
Quelques marches plus bas, dans une autre pièce... Une femme à l'allure froide et mystérieuse se tenait debout, attendant que son (crétin de) fils la rejoigne.
-Te voilà.
-Oui ?
-Je ne savais pas que Ven et toi étiez redevenus amis.
-C'est récent.
-Je vois. Tant qu'on y est, pourquoi ne lui proposerais-tu pas de rester un peu ?
-Comment ça ?
-Puisque ta sœur n'est pas là, il peut rester dormir.
-Un échange d'enfant ? Tiens, donc...
-Vanitas.
-Je ne sais pas si c'est une bonne idée...
-Demande-lui, on verra.
Il soupira. Tout ça sentait très, très mauvais. Sa mère n'acceptait jamais qu'un étranger vienne passer la nuit chez elle. Quelle l'accepte aujourd'hui, et pire, qu'elle le demande, relevait du miracle.
-D'accord... Et où il va dormir ? Dans la... Chambre de Xion ? (Il avait eu une furieuse envie de dire « piaule » mais s'était ravisé à temps.) Pas sûr qu'elle sera ravie de l'apprendre.
-Vous n'aurez qu'à installer un matelas dans ta chambre.
Il ne dit rien mais n'en pensait pas moins. Ça sentait plus que mauvais, au final. Mauvaise affaire, très mauvaise. (On comprendra sa réticence, quand même ; qu'est-ce que vous diriez si le type qui vous coure après – et que vous draguez au passage pour d'obscures raisons, sans être pour autant particulièrement attiré par lui, entendons-nous bien – débarque à l'improviste, s'arrange pour se faire inviter, s'incruste dans votre chambre et a sans doute pleeein de trucs super intéressants à dire/faire, et si en plus votre mère d'habitude plus qu'austère se met soudain à dire/faire des choses qui ne lui ressemblent absolument pas, vous enfonçant encore plus loin dans l'exécrable – selon votre vision des choses – situation dans laquelle vous vous trouviez déjà d'avance ? Pas que Vanitas n'avait pas confiance, hein, non... Mais généralement, quand une journée commence mal, s'il ne vous arrive que des événements de merde depuis quelques heures, il y a peu, très peu de chances que la situation se retourne à votre avantage ; dès lors, on comprendra, effectivement, l'impression peu sympathique qui l'habitait à présent)
-Et pourquoi pas dans la chambre d'ami ?
Il y eut un long silence lourd de sens. Ouille. Ouille. Ouille.
-Elle est occupée.
Encore plus mauvais. Vanitas ne répondit rien et sans discuter décida de fuir l'orage.
x x x
Il était en colère.
Cet ***** de bibliothécaire allait le payer. Cher. Très cher.
Il ouvrit la porte à la volée, le visage impassible (mais l'angle douteux de ses sourcils indiquaient bel et bien qu'il n'était pas d'humeur à rire, du moins s'il l'avait été un jour), s'avança avec assurance jusqu'au bureau de l'Homme sans nom et fit bien exprès de frapper dessus (sur le bureau, hein, pas sur l'homme – c'est interdit par la loi) pour (le faire bien chier) se faire entendre. L'homme le regarda, perplexe, mais pas le moins du monde surpris.
-Oui ?
-Toi.
-Moi ?
-Qu'est-ce qui t'as pris d'afficher ça dans toute l'école ?
-Quoi ça ?
-Oh, fais pas semblant. Qu'est-ce que je t'ai fait ?
-Excuse-moi mon cher, mais nous ne semblons pas sur la même longueur d'onde.
-Ton affiche débile est collée partout dans le lycée avec ma signature.
-Oh. C'est fâcheux. Mais je n'y suis pour rien.
-C'est ça !
-Il est néanmoins possible que j'ai quelques informations.
-Balance.
-Oh. Non. Tu es un garnement impoli qui n'a pas droit à ma parfaite honnêteté et à ma sympathie divine. Alors tu sors ou tu loues un bouquin. Je suis fatigué, bonne nuit.
Riku frappa une nouvelle fois sur la table, ce qui déclencha un brusque éboulement de livres quelque part plus loin.
-Hé ho ! Ça suffit ! Sale gosse, qu'est-ce qu'on apprend de nos jours, franchement, tout démolir comme ça pour des conneries, j'vous jure, c'est n'importe quoi...
-Bon, dis-moi ce que tu sais et j'arrêterai.
-Je ne sais rien. Par contre le gamin qui est venu m'emprunter l'affiche est peut-être au courant de quelque chose.
-Un gamin ?
-Tu sors ou tu loues un bouquin ?
-Quel gamin ?
-Sale gosse...
Après moult et moult discussions, Riku sortit enfin de l'antre maudite avec ses nouvelles informations.
Il avait voulu le ridiculiser ? Il allait le regretter. S'il cherchait la guerre, il allait la trouver.
Riku ferma les yeux. Il lui fallait un plan d'attaque, et un bon.
x x x
Naminé ne savait pas quoi dire.
Non pas qu'elle trouvait le lieu absolument horrible, ou infâme, loin de là : mais, comment dire... Elle avait quelques hésitations à s'avancer plus avant dans cette mystérieuse tanière. Cela était sans doute du au fait que c'était un peu... mmh... sale, et peut-être aussi à l'odeur douteuse qui régnait dans la pièce ; sans doute le manque de lumière aussi, ou encore les vieilles choses qui trainaient partout... Bon, en soi, la pièce n'était pas si terrible, elle avait vu pire, mais...
Non. Elle n'avait jamais vu pire.
C'était crade, affreux, ça puait la rage. Quelques machiavéliques insectes se promenaient partout, joyeux, traçant de jolies arabesques dans la couche de poussière ; le vieux canapé semblait pourri, et jamais personne qui tenait à sa santé n'aurait souhaité s'y asseoir. Personne sauf Lea et Isa, bien sûr.
-Alors, t'en dis quoi ? Demanda avec enthousiasme le premier.
-Mmh... C'est à dire que...
-C'est beau hein ?
-Comment vous annoncer ça...
Isa lui signifia d'un regard qu'elle avait le droit de dire ce qu'elle voulait, et que lui aussi trouvait l'endroit merdique.
-Annoncer quoi ? Que tu trouves ça trop cool ?
-Non. Que ça pue, c'est moche, c'est sale, bref c'est dégueulasse, et que personne de sensé n'emmènerait une pauvre enfant innocente telle que moi dans un taudis pareil.
Lea ouvrit la bouche comme un idiot (je ne suis même pas sûr que la comparaison était utile) tandis qu'Isa arborait un sourire radieux.
-Tu vois, j'avais raison !
Son ami marmonna quelque chose d'incompréhensible.
-Sans rire, les garçons, vous passez vraiment votre temps ici ?
-Bah ouais, répondirent-ils en chœur.
-Vous devez avoir de sacrées défenses immunitaires. Incroyable que vous ne soyez pas atteint d'une horrible maladie. Je suis certaine qu'il y a moyen de chopper la malaria ici, dit-elle en souriant.
-Que d'humour ! Ironisa Lea. Et qu'est-ce que tu veux qu'on fasse ?
-Mmh, attendez que je réfléchisse... (Sarcasme quand tu nous tiens) Peut-être... Je sais pas moi, nettoyer, ranger, jeter tous vos vieux trucs ?
-Hé, ça se fait pas de nettoyer une garçonnière.
-Techniquement, rappela Isa, si Naminé vient ici, ce n'en est plus tout à fait une.
-Tu pourrais me soutenir, mec...
-Mais rends-toi à l'évidence, cette piaule craint.
-Mais...
Il regarda Naminé et Isa, les bras croisés.
-Bon, OK. On va arranger ça...
-Cool ! S'exclama Naminé.
Elle regarda sa montre et annonça :
-Il faut que j'y aille. Je suis sûre que vous pouvez remettre ça en état en une semaine.
-En une...
-Semaine ?
-Voilà ! À la prochaine les gars. Ravie d'avoir fait votre connaissance !
Elle sortit en gambadant.
Les deux garçons se regardèrent un instant.
-Putain mec, je crois qu'on est tombé bien bas, signala Lea.
-C'est toi qui a voulu. Maintenant tu te démerdes.
-Si j'avais su...
-Allez, au boulot !
Et c'est ainsi que Naminé prouva une fois de plus sa domination sur le monde.
x x x
-Putain, Ven ! Tu sais ce que ça veut dire « ne fouille pas dans mes affaires » ?
-C'est pas ce que t'as dit, répondit-il en haussant les épaules. T'as dit que j'avais pas intérêt à fouiller. Et j'ai pas besoin d'avoir un intérêt pour découvrir tes petits secrets...
-Te fous pas de moi.
-Je n'oserais pas !
Il sourit légèrement en ouvrant un des tiroirs du bureau. Il y jeta vaguement un oeil avant que Vanitas ne vienne le refermer violemment.
-Tu touches pas.
-Ça va, ça va...
Ven s'écroula sur le lit, songeur. Comme il ne pouvait toucher à rien, il décida d'observer le plafond ; un passe temps très intéressant, vous l'imaginez. Ne faites pas les faux-jetons : tout le monde fait ça ! Les plafonds en disent long sur... Hum. Disons qu'ils en disent juste long. Par exemple, si vous voyez un plafond plein de moisi et de pourriture, vous pouvez raisonnablement penser qu'il vaut mieux fuir au plus vite ; d'une autre façon, s'il bouge et tremble mystérieusement, vous pouvez aller dire à vos voisins du dessus de se calmer un peu ; ou encore, si vous vous voyez de gros nuages gris le traverser, vous pouvez courir chercher un parapluie (et appeler votre entrepreneur : il faut sérieusement que vous discutiez avec ce scélérat – et n'oubliez pas de prendre avec vous votre tronçonneuse, c'est toujours utile.) Enfin bref, tout ça pour en venir au fait que Ven regardait le plafond. Et ce qu'il apprit ce jour-là se résume en trois partie : premièrement, rien n'indiquait qu'il fallait fuir au plus vite, deuxièmement, il n'y avait pas de voisins du dessus et troisièmement, l'entrepreneur n'avait pas oublié de mettre un toit (la tronçonneuse devenait donc inutile.)
En fait le plafond était si propre, net, et sans imperfection qu'il se demandait combien de fois par jour il était nettoyé. D'habitude, comme dans toutes les maisons normales, on y trouvait aux moins quelques taches, traces, fissures ou autres toiles d'araignées (parfois accompagnées de leur créatrice, pour la joie de tous) ; mais ici, non. Rien. Parfait. Comme si quelqu'un s'amusait à le rendre impeccable toutes les trois heures (chacun ses passions, on va dire ; nous ne sommes pas ici pour juger, n'est-ce pas ?).
Tout était trop parfait dans cette pièce.
Tout. Est. Trop. Parfait.
Et Ven adorait penser des phrases avec un point entre chaque mot.
-T'as vraiment besoin de faire ça ?
Heureusement, Vanitas était l'imperfection. Et il rétablissait plutôt bien l'équilibre.
-De faire quoi ? Je fais absolument rien.
-Je te parle de te coucher tranquillement sur mon lit comme s'il était à toi.
-Oh.
-Ouais.
Il soupira impoliment (oui, oui, c'est une information capitale) et regarda son invité en levant un sourcil.
-Allez, dégage de là.
-J'ai une question, annonça-t-il solennellement.
-Pose-la, et dégage de mon lit.
-Je suis censé faire quoi ? Parce que si je peux ni me coucher à rien foutre, ni regarder un peu la pièce, il me reste quoi à faire ?
-Et ben... Tu restes debout, tu fais rien. Voilà.
-Sympa l'accueil chez toi...
-Qu'est-ce que tu veux. C'est pas un hôtel ici.
-T'as raison, c'est bien plus propre. À se demander si tu vis vraiment ici, en fait. J'ai jamais vu une chambre aussi rangée...
-Tout le monde n'est pas crado et bordélique comme toi !
-Entre nous, quand on était p'tits...
-J'ai changé.
Il avait dit ça avec tant de sécheresse dans la voix que Ven se redressa, les sourcils froncés.
-Merci, j'avais remarqué.
-Alors pourquoi tu parles de ça ?
-Figure-toi que tu n'es pas le seul à prendre plaisir à emmerder les autres.
-Je vois. Monsieur l'innocent n'en était pas un. J'en apprends tous les jours.
-Tu pourrais en apprendre bien plus si tu le voulais...
Vanitas haussa les sourcils (j'aurais fait pareil à sa place ; mais diable, ce que j'aurais fait n'est pas le sujet, passons.)
-C'est censé vouloir dire quoi ?
Ven sourit.
-Rien.
-Putain... C'est pas toi qui dois dire ce genre de chose !
-Mais j'ai rien dit.
-Arrêtes de jouer au con, ça m'énerve.
-C'est toi qui interprète. Techniquement, j'ai rien dit de spécialement incorrect. Et puis, tout t'énerve de toute façon. Je suis debout, je t'énerve, je suis couché, je t'énerve, je suis assis, je t'énerve, je suis...
-C'est bon, c'est bon, j'ai compris. J'ai pas besoin d'un traducteur. Tu me saoules...
Il s'assit sur le lit, semblant oublier pour un instant le fait qu'il se devait de chasser vite-fait celui qui s'était incrusté sur son lit avant qu'il ne s'y sente trop à sa place.
-Bon. Je peux savoir pourquoi t'es venu, alors ?
Il ne répondit rien (je ne sais pas si vous avez remarqué, mais ils adorent ça, ignorer les questions des gens ; les jeunes, on ne leur apprend manifestement pas la politesse de nos jours.) Peut-être qu'il n'avait pas entendu la question (laissons lui le bénéfice du doute !)
Mais bon, Vanitas n'est pas aussi sympa que nous (quoique j'ai un gros doute quant à votre sympathie, mais bref), c'est pourquoi il ajouta :
-T'es gentil, tu me réponds, s'il te plaît.
-Je rêve ou tu viens de dire « s'il te plaît » ?
-Tu vas éluder mes questions combien de temps ?
-Le temps qu'il faudra.
-Je suis sérieux.
-Moi aussi.
-Continue comme ça et je te fous dehors.
-Pas sûr que ta gentille môman sera d'accord.
-Purée mais qu'est-ce que t'as mangé ? J'en ai rien à foutre, de toute façon. Tu t'incrustes chez moi, sans problèmes, tu racontes n'importe quoi, tu squattes ma chambre, alors merde, il me semble que j'ai le droit d'être au courant de la raison de la chose.
-Très bien. Je suis venu parce que... Oh nan, je peux pas le dire.
-Ven.
-Vani ?
-Hé !
-Quoi, tu viens de m'appeler Ven, du coup j'me suis dit que je pouvais aussi te donner un petit surnom.
-T'es vraiment con, tu le sais ça ?
Il rit doucement.
-Sûrement !
-T'as encore éludé. Réponds-moi franchement, maintenant.
-D'accord... Ben, en fait... Euh...
Il prit une grande inspiration (pendant que Vanitas ne cessait de se répéter : « c'est mauvais, c'est très mauvais, vraiment, vraiment mauvais, mauvais, mauvais, mauv- » enfin on a compris le gros de l'affaire), planta ses yeux dans ceux de son hôte (évitez de prendre l'expression au pied de la lettre, ou vous pourriez avoir une vision parfaitement immonde. Ah ! Zut ! Trop tard ! Vous y avez pensé, je le sais ! On va vous retirer ça de la tête, ne vous inquiétez pas ! Pensez à... Un chaton. Un petit chaton, gentil, mignon, qui court au milieu d'une prairie de bonbons. Avec des ballons multicolores, des poneys, des lapins (qu'il ne mange pas), des arc-en-ciels qui parlent et des monstres gentils, et des nuages qui rigolent, un soleil avec un visage de bébé qui rigole aussi parce qu'il comprend rien à la scène – et qu'il est un peu attardé – et pleeeins d'enfants qui jouent à la corde à sauter en chiant des barbes à papa. Voilà ? Vous avez tout visualisé ? Parfait, vous êtes guéri. Oui, je suis un grand médecin) et rougit un peu avant de murmurer :
-C'est juste que... Je peux pas supporter d'être loin de toi.
Alors que les yeux de Vanitas s'agrandissaient comme des soucoupes (des soucoupes dans le sens vaisselien du terme, pas dans le sens martiens ; il serait idiot de comparer des yeux avec la taille d'un objet dont on n'est même pas certain de l'existence, voyez-vous), et que dans sa tête ses pensées s'étaient transformées en une petite chanson ravissante (« mauvais, mauvais, mauvais, mauvais, mauvais, très mauvais, trop mauvais, mauvais mauvaaaais ! » - je vous laisse le choix de la mélodie) Ven s'approcha un peu plus près en disant :
-Vanitas...
Sans crier gare (vous m'étonnez, s'il avait crié « gare », il serait vraiment passé pour un psychopathe de première, quand même) il sauta sur lui (sauter sur, dans le sens faire un bond, n'imaginez pas d'autres choses bizarres), lui roula un p... Hum, l'embrassa sauvag... Je veux dire, avec beaucoup de tendresse (arrêtez de me traiter de menteur, ça ne fonctionne pas), le fit basculer de manière à (que le hasard est bien fait) se retrouver sur lui, un sourire aux lèvres (Vanitas avait quant à lui subitement cessé de penser, la suite d'action l'ayant pris légèrement – oui, c'est ironique – au dépourvu.)
Alors que le pauvre garçon qui n'avait absolument rien demandé se remettait de ses émotions, Ven posa les mains sur ses joues, l'observa un instant et éclata de rire.
-Ah, tu devrais vraiment voir ta tête, c'est à crever de rire.
Vanitas se dégagea nerveusement (enfin, disons qu'il essaya) avant de s'exclamer :
-T'es vraiment pas possible aujourd'hui ! T'as mangé du clown ou quoi ?
Alors ça, accordez-le, ça mérite une énorme parenthèse (mais pourtant je ne le dirai pas entre parenthèse, pas besoin : c'est tout aussi drôle – par là, je veux dire stupide – sans.) Franchement, le type qui a inventé cette expression : mais qu'est-ce qu'il avait mangé (c'est le cas de se le demander, voyez-vous, c'est le sujet, justement) ? Sérieusement, si la nourriture pouvait nous transformer, ça se saurait (je veux dire, autrement qu'en nous rendant obèse ou maigrichon, bien sûr). Imaginez : que donnerait la vie si on se transformait en ce qu'on mangeait ? Des hamburgers, des rouleaux de printemps, des pâtes ou des patates se promenant dans la rue ; monsieur le cornichon faisant son shopping ; madame la sauce bolo qui essaye de ne pas se disperser partout ; mademoiselle la tranche de pain se tartinant de confiture (oui, bon, on va éviter d'autres exemples douteux.) Personnellement, l'idée de me transformer en croque-monsieur ne me réjouit pas particulièrement. On trouverait n'importe quoi n'importe où : des gingembres, des haricots, des petits pois, des donuts, des gateaux, des cookies, des baguettes, des frites, des steaks, des poissons, des boudins (bon ça il y en a quelques un), des ragoûts au poulet, de la bouillie pour bébé, des pièces montées, j'en passe et des meilleures, vous aurez compris le principe. Donc, l'idée de se transformer en ce qu'on mange (le cas du boudin est l'exception qui confirme la règle, bien sûr) est assez débile en soi, mais bon (en plus, si c'était le cas, tout le monde deviendrait cannibale : pas terrible comme activité, si ?) Et puis, franchement : même si ça pouvait rendre plus drôle, qui serait assez dérangé pour vouloir manger du clown ? (Surtout qu'ils font plus peur qu'autre chose, en fait ; et à y réfléchir, ils ne doivent pas être très bons.) Serait-ce là une incitation à l'anthropophagie la plus barbare ? Bonne question. On devrait créer un livre là-dessus, je suis sûr que ce serait extrêmement intéressant ! (Non, je n'ai pas mangé du clown, qu'est-ce qui vous fait dire ça ?)
-Peut-être... (OH MON DIEU !)
Pour une obscure raison, il s'allongea tout son long sur son partenaire et passa ses bras autour de lui, dans une longue étreinte (et sans doute lourde pour le pauvre bougre qui devait supporter le poids de Ven – bien que celui-ci ne devait pas peser très lourd, au fond.)
-Sois sérieux un instant.
-... (pour ne pas dire qu'il n'a pas répondu, vous voyez.)
-Hoouhou, la terre appelle Ventus ! Tu m'entends ou tu t'es étouffé tout seul ?
-M'appelle pas comme ça, ça fait auteur latin.
-C'est ton prénom, comment tu veux que je t'appelle d'autres ?
-Appelle moi juste Ven.
-Rohlala...
-S'il te plaît.
-Okay, si tu promets de ne plus jamais m'appeler Vani (c'est un nom de fille, et lui n'est pas un travesti comme Lea ou Isa, quand même).
-Promis.
Il ferma les yeux. Au bout de quelques minutes, sa respiration se fit plus régulière. Vanitas tapota légèrement sur sa tête, mal à l'aise.
-Putain Ven, me dis pas que tu dors... murmura-t-il.
-Je ne dors pas.
-Donne-moi la vraie raison.
-Quoi ?
-Pourquoi t'es venu ?
-T'es chiant, je te l'ai dit...
-Non. Donne-moi la vraie raison.
-C'est la vraie raison.
-Et mon cul c'est du poulet ? (Tout dépend de s'il a mangé du poulet récemment ou pas.)
Il sentit le blond pouffer légèrement.
-Arrête de faire ça, ça chatouille merde !
Un léger baiser fut déposé dans son cou. Il cilla sans rien ajouter.
-Xion dit toujours ça.
-Euh... Je dois avoir peur, là ?
-Crétin. Je te parle du charmant « et mon cul c'est du poulet ? », rien de plus.
-Je vois. Je sais pas où elle a appris ça.
-'sais pas...
-Ça a un rapport avec le fait qu'elle est chez toi et pas ici ?
-De quoi ?
-Tu me saoules.
Il y eut un long silence.
-Je me suis disputé avec Roxas.
Le nom lui tira à nouveau une grimace de dégout.
-Ah. Pourquoi ?
-Ça t'intéresse vraiment ou tu demandes ça juste pour la forme ?
Vanitas se mit à réfléchir à la question (ce qui ne lui arrivait pas vraiment souvent). Être honnête ou ne pas l'être ? Telle était la question.
-Ça m'intéresse. Raconte.
Silence d'une longueur certaine.
-Il a appris pour nous deux.
-Putain...
-T'as que ce mot-là à la bouche depuis tout à l'heure.
-Comment il a su ?
-Xion.
-Mais quelle conne. J'aurais jamais dû...
-Non, c'est pas de sa faute. Elle est vraiment désolée. Elle pensait pas qu'il le prendrait aussi mal, j'imagine...
-Mouais.
-Elle est retournée chez moi pour le calmer. Il... Tu sais, Vanitas, lui et moi on se comprend parfaitement. Il a toujours tout su de moi, j'ai toujours tout su de lui. On se disputait de temps en temps mais... Jamais à ce point-là. Je l'avais jamais entendu hurler comme ça.
Il soupira.
-Je suis parti et j'ai appelé Xion. C'est la seule personne qu'il écoute... Je voyais pas d'autre solution.
-Ven.
-Quoi ?
-T'as fait quoi pendant toute l'après-midi ?
-Mh ?
-Xion est partie chez toi dès 17h. T'as fait quoi en attendant ?
-Ah... Rien. J'avais besoin de me remettre les idées en place.
-Donc tu t'es promené sans rien faire, à penser à ta pauvre dispute ?
-Sans doute...
-Mais t'es complètement con.
-? (c'est particulièrement difficile de prononcer un point d'interrogation, ce mec mérite des applaudissements généraux.)
Il se releva, obligeant Ven à s'asseoir.
-T'aurais dû venir direct. Pourquoi t'es pas venu m'en parler ?
-Parce que ça me concerne moi. Pas toi.
-Bien sûr... Attends, rappelle-moi un peu ce que t'as dit tout à l'heure ?
-Qu'est-ce que j'ai dit ?
-Qu'il avait appris pour nous deux.
-Je vois...
-Non, tu vois pas. T'as dit : « nous deux ». T'as pas dis « moi ».
-Vanitas...
-Arrête.
-Mais...
-Arrête je te dis ! Ça nous concerne tous les deux. Pas seulement toi. T'aurais du venir me voir directement.
-Et t'aurais fait quoi ?
-On s'en fout de ce que j'aurais fait.
-Je m'en fous pas...
-Moi, si. Tout ce que je dis, c'est que t'aurais pu éviter trois heures à déprimer.
-Peut-être... de toute façon c'est trop tard. Je suis là maintenant. C'est tout, on passe à autre chose.
-Ven.
-Quoi encore ?
Vanitas passa une main sur sa joue, avant de la laisser courir dans ses cheveux dorés.
-Ça va ? (À mon avis on aurait pu tout aussi bien lui retourner la question ; les quelques événements précédents me font croire qu'il a peut-être pris de la drogue ou quelque chose comme ça – à moins qu'il... Oh, non, faut pas déconner, c'est le plus grand scélérat de tous les temps, il n'a même pas de cœur. Mais passons.)
-Non. Cette histoire me tue. Ça me stresse. Je sais pas quoi faire. Je suis venu parce que j'avais nulle part où aller. Je pouvais pas rentrer chez moi. Je ne peux pas rentrer chez moi...
-T'as bien fait. C'est bon, pense à autre chose.
-À quoi ?
-Je ne sais pas, c'est toi qui est doué pour raconter des conneries !
-Embrasse-moi.
-Tu vois, qu'est-ce que je disais...
-Je suis très sérieux.
-Je me doute.
Il se pencha néanmoins vers lui et déposa un baiser sur ses lèvres (à force, il avait pris l'habitude, et il avait de plus en plus de mal à trouver ça anormal.)
-Content ? Ajouta-t-il.
-Très.
-Parfait. J'suis crevé. Bon, ma mère veut que tu dormes dans ma chambre. Je sais pas pourquoi, je veux pas le savoir, mais bon. Faut peut-être installer un matelas.
-Quel enfant obéissant ! Non, non, j'ai rien dit, me frappe pas.
Ils partirent tous les deux chercher un matelas (oui, ils sont trop faibles pour le prendre seuls ; ah, les hommes, j'vous jure) en se chamaillant (tel un vieux couple, que c'est mignon. Aheum.)
Une bonne heure et quelques rinçages d'œil plus tard, Ven était tranquillement couché sur son matelas (il faudra qu'on m'explique pourquoi c'est toujours l'invité qui doit se prendre le lit le moins confortable, c'est pas très sympa), affublé d'un des quelques pyjamas de son hôte, dans le noir, les yeux grands ouverts (ce qui ne sert pas à grand chose dans le noir, mais bon.)
Vanitas, quant à lui, somnolait légèrement sur son propre lit, dans son propre pyjama, les yeux bien fermés. Il ne les ouvrit pas quand un murmure brisa le silence.
-Vanitas ?
-Humbghhhgh ? (ce qui signifiait : « oui ? » en langage « être humain à moitié endormi dont le cerveau ne fonctionne qu'à moitié et dont l'esprit est parti bien trop loin pour qu'on puisse songer à aller le chercher »)
-Est-ce que je te plais ?
-Pardon ?
-Je te plais ou pas ?
Sacré défi pour le pauvre Vanitas. Être honnête ou pas ? Avec Ven, ou avec lui-même ? Alors que le « très mauvais, mauvais, mauvais, vraiment mauvaaaais » lui revenait en tête dangereusement, son esprit fatigué opta pour la seule réponse qui lui paraissait évidente : le silence complet.
-Vanitas.
Ne-pas-répondre-ne-pas-répondre-ne-pas-répondre-ne-pas-répondre-ne-pas-répondre-ne-pas-répondre-ne-pas-répondre-ne-pas-répondre-ne-pas-répondre-ne-pas-répondre-ne-pas-répondre-ne-pas-répondre-ne-pas-répondre-ne-pas-répondre-ne-pas-répondre-ne-pas-répondre-ne-pas-
Il l'entendit vaguement soupirer.
-Trop fier pour l'avouer ou juste... Non, laisse tomber. T'as raison, je raconte que des conneries. Je veux pas le savoir.
-Écoute, c'est...
-Oublie, j'ai dit.
Il y eut un bref mouvement et le bras de Vanitas sortit des couvertures comme par magie. Leurs mains se lièrent et ils se murmurèrent un bref « bonne nuit » avant de sombrer dans le sommeil.
Plus ça va et plus j'ai l'impression de m'enfoncer dans les plus obscures lignes du cerveau humain...
Je participe au Nanowrimo cette année, je ne posterai donc pas pendant le mois de novembre ; le mois de décembre étant celui du blocus, n'attendez pas de suite avant Janvier (... En fait je dis ça mais il est fort probable que j'ai la flemme d'étudier et/ou l'inspiration divine, ou encore que je carbure dans la semaine à venir, ah ah.)
Sur ce, merci beaucoup pour votre lecture ! :3. Et n'oubliez pas ; si les narrateurs se nourrissent de délires scabreux, les auteurs, eux, vivent de l'avis de leurs lecteurs ! :D. N'hésitez donc pas à m'en faire part, j'en serai ravie ! :).
Edit : j'ai remarqué - merci Yumi xD - que toutes les séparations avaient disparu, donc les revoila ^^'.
