Disclaimer : Square Enix et Disney qu'on oublie si souvent.

Note : Les filles - et les mecs - si je ne réponds pas à une review que vous m'avez mise, n'hésitez pas à venir me tirer les oreilles et me harceler de MP ! Je suis la reine de la procrastination et des fois j'oublie. Donc, faites le moi remarquer, que je sache :3.

Aah, je déteste ne pas pouvoir répondre aux anonymes . Donc je dirai : Merci ! :D.

(ooh le vulgaire copié collé !)

Sur ce, je fais de gros poutous à ma jeune :3.


Vanitas ne comprenait plus rien.

Bon, peut-être qu'au fond il n'avait jamais compris grand chose ; mais là, c'était le pompon. Que Ven dorme dans sa chambre, passe encore ; mais que diable Riku faisait-il là ? Il ne l'avait pas invité, en tout cas il ne s'en souvenait pas. Et le pire n'était pas là : à la limite, qu'un horrible type asocial qu'il déteste se retrouve à dormir à sa place dans sa chambre pouvait s'expliquer, mais qu'ils soient habillés de robes de nuit roses était sérieusement incompréhensible. Vanitas se frotta les yeux, comme pour vérifier qu'il ne dormait pas. Et en effet, il était bien réveillé...

Il fallait qu'il ait des explications.

Il s'approcha de Ven et faillit faire une crise cardiaque lorsqu'un chat sortit de ses couvertures en feulant.

Mais qu'est-ce que c'était que ce bordel, encore ? Il n'avait jamais eu de chat pourtant. Et puis même s'il en avait eu un, pourquoi est-ce que Ven dormait avec ? (Moi aussi je me pose la question, je n'ai jamais compris les gens qui dormaient avec leurs animaux de compagnie, ce n'est pas une pratique des plus saine si vous voyez ce que je veux dire.)

Il le fit dégager d'un revers de main et secoua le garçon pour le réveiller.

-Hé, Ven, debout...

Celui-ci eu un grognement peut explicite qu'on peut pourtant aisément traduire par : « casse-toi je suis en train de dormir [insérez ici une insulte] »

-Allez, merde.

Il le secoua un peu plus et Ven s'assit, l'air ensommeillé.

-Questcetuveux ? Marmonna-t-il.

-Hé bien... tu peux m'expliquer ce que a) Riku fait dans ma chambre

b) tu fais habillé comme ça

c) un chat fait dans ton lit ?

-Baah, c'est rien ça doit être la pluie... Rendors-toi j'ai cours de danse demain.

Vanitas commença à se poser sérieusement des questions.

Il y avait des choses qu'un être humain, aussi débile fut-il, ne saurait admettre. Cette situation en faisait partie.

-Mais c'est n'importe quoi, c'est pas possible, je rêve...

En y réfléchissant, il s'était bien endormi il y a peu. Et puis il ne pleuvait pas. Et Ven n'avait pas de cours de danse. Et puis;.. Riku, merde quoi.

Il en vint à la conclusion qu'il rêvait.
Il se réveilla doucement. Il fallait vraiment qu'il pense à voir un psy. Parce que là, son inconscient devenait vraiment un énorme capharnaüm. Il était plus que temps de faire quelques chose (c'est ce que je me tue à dire depuis des lustres, pourtant, aah.)

Cependant, malgré le retour à la réalité, quelque chose clochait toujours ; et en ouvrant les yeux, Vanitas fut forcé de constater qu'il n'était pas à sa place et qu'en plus, il ne dormait pas tout seul.

Horrifié (voyons, quel manque de sympathie), il se leva brusquement (en risquant de réveiller sa belle, bien sûr, mais ça il n'en avait vraiment rien à battre – sale gamin) et ferma les yeux quelques secondes pour reprendre ses esprits. Il ne se souvenait pas être allé s'incruster dans le lit de son invité, pourtant (la mémoire sélective fait bien les choses), et c'était biologiquement impossible qu'il lui soit tombé dessus sans s'en rendre compte et sans se réveiller.

Mmh, c'était sans doute un sale coup de Ventus, c'était la seule explication. Il devait l'avoir téléporté mentalement jusqu'à ses côtés. Son air d'imbécile heureux le prouvait. Il avait une tête de coupable. Il regarda sa montre. Six heures et douze minutes.

Il se connaissait assez bien pour savoir qu'il n'arriverait pas à se rendormir. Il sortit donc de la pièce et partit squatter la salle de bain.

Nous avons un moment de libre, étant donné qu'il ne fera sans doute rien pendant une demi heure ; c'est pourquoi, grâce à divers bouquins et sources plus ou moins identifiables et confidentielles, je vais procéder à une entreprise analytique du rêve étrange de notre cher ami Vanitas.

Mes diverses recherches m'annoncent que : la couleur rose signifie « un homme vous fait la cours, quel beau signe de vitalité ! » - mmh, voilà qui est intéressant ; la pluie signifie « symbole de fécondation ou grosse en vie de soulager sa vessie » - hé bien, hé bien ; rêver d'un ennemi signifie « querelles » ; les chemises de nuits signifient « mariage précipité » - on en apprend tous les jours ; et enfin les chats signifient « méfiance » et « scène de ménage ».

Bien sûr, on pourrait prendre d'autres mots, tels que la danse, qui pourrait tour à tour signifier « il est temps de vous calmer » et « rappel des danses sacrées des astres » ; ou encore lit, « amélioration des finances » ou, mieux, bordel qui signifie « ruine du ménage » « vous serez malmené » et « problèmes affectifs en vue ».

Pour résumé, la vie de Vanitas allait devenir bien difficile :

« Un jour, après diverses querelles, Vanitas serait victime d'une demande en mariage précipitée d'un homme lui faisant la cour à cause de sa vitalité, ce qui donnera des scènes de ménage dont il vaudra mieux se méfier, car il serait enceint et qu'il devra soulager sa vessie, mais il sera temps de se calmer pour se rappeler de la danse sacrée des astres qui apportera des améliorations financières et une ruine de ménage pendant qu'il sera malmené et que des problèmes affectifs seront en vue. »

Heureusement, Vanitas n'avait pas de dictionnaire des rêves sous la main et ne serait jamais au courant de son destin plus qu'épique (marié et fécondé si jeune, la vie est dure. Mais le point positif, c'est qu'il serait relégué au rôle de miracle de la science – et que, par ailleurs, tout cela serait un signe de la bien-portance de services secrets du gouvernement, qui comme nous le savons tous font des recherches un peu spéciales sur le sujet.)

Dans la salle de bain, il passa de l'eau sur son visage.

Mais qu'est-ce que c'est que ce bordel. Mais qu'est-ce que c'est que ce bordel. Mais qu'est-ce que c'est que ce bordel. Mais qu'est-ce que c'est que ce...

Rien ne tournait comme prévu, dans sa vie. Il en avait bien conscience. Comme si, depuis l'idée complètement conne d'Axel, elle n'avait été qu'une suite de merdes plus ignobles les unes que les autres (tout dépend du point de vue, dira-t-on, mais le sien était comme ça, et il n'avait pas trouvé meilleure comparaison – ah, quand apprendra-t-on enfin la poésie aux enfants ?)

Il était six heure et demi. Il soupira.

Il fallait qu'il parle de tout ça à quelqu'un. Il était drôlement coincé.

Oh et puis merde (manifestement il adorait ce mot, je sais bien que les goûts et les couleurs ne se discutent pas mais quand même), Axel l'avait cherché.

Il sortit son téléphone et sonna trois fois jusqu'à ce que son correspondant réponde d'une voix ensommeillée :

« Bordel, c'est qui ?

-C'est moi.

-Bonjour, moi. Qu'est-ce qui me prend de m'appeler si tôt dans la matinée ? Si je voulais qu'on ait une conversation, il suffisait de demander... J'ai de drôles d'horaires et de façons de discuter avec moi-même, j'ai l'impression. Peut-être que c'est la preuve d'un désordre psychologique grave et que je devrais tenter une thérapie.

-Connard. Arrête de faire de l'humour.

-Tiens, mais ne serait-ce pas le petit Vanitas ? Je reconnaîtrai ta douce voix chantante et mélodieuse à des kilomètre, si magnifiquement mise en scène dans ces phrases plus que châtiées et polies.

-La suite s'il te plaît.

-Mignon petit Vani, est-ce que tu sais qu'il est SIX HEURES ET DEMI ET QU'A CE MOMENT-LA JE DORS ? Sale type.

-Rien à foutre. C'est à cause de tes conneries que je suis réveillé.

-Comment ça ? Aurais-je trafiqué ton réveil lors de ma dernière venue ?

-Fais pas le con. J'ai eu un invité inattendu, hier soir, et figure toi qu'il dort allègrement dans MA chambre sans que j'ai rien demandé. Et sans tes délires à la con, j'aurais pas subi ce genre de situation délicate. Alors je me venge, oui.

-Oooooooooooooooooooooh !

-Quoi ?

-Oooooooooooooooooooooh !

-Quoi putain ?

-Ooooooooh !

-T'as utilisé moins de o cette fois.

-T'as dormi avec Ven ? Si c'est pas mignon !

-Oh, tais-toi. J'ai pas eu le choix.

-C'est ce qu'ils disent tous !

-N'empêche que ça me pose problème.

-Pourquoi, mon lapin ?

-Tu vas arrêter de me donner des surnoms à la con ?

-Non.

-Mmh. Bon. Bref. À cause de tout ce bordel, je sais pas comment je vais m'arranger aujourd'hui. Parce que, tu vois, monsieur s'est disputé avec son frère qui veut manifestement le tuer.

-Et quoi ?

-Et quoi ? Et quoi ? T'es con ou tu le fais exprès ? Je suis dans la merde, voilà ! Parce que d'un côté je peux pas m'afficher avec lui – je ne VEUX pas m'afficher avec lui – sous peine de passer pour le pire connard de toute la terre (et pour une pédale, aussi, mais passons) au moment fatidique...

-Ce que tu es, il faut l'avouer...

-Je suis moins pire que toi, j'crois.

-Et l'autre côté ?

-Ben l'autre côté, c'est que tant que je suis... Hum...

-En couple, oui.

-Dis pas ça ça me fout les jetons ! Bref tant qu'il croit que je suis avec lui, je peux pas l'abandonner et lui dire « hey mec, en fait ton frère veut ta peau mais va avec lui quand même, j'ai pas envie de devoir me coltiner un type comme toi ! », sinon il va se rendre compte que quelque chose cloche.

-Ah, et ça la ferait mal hein ?

-Aide-moi. C'est de ta faute cette connerie ok ?

-Qu'est-ce que tu veux que je fasse ?

-Bah je sais pas, conseille-moi, compatis, j'en sais rien mais putain tout ça craint à mort.

-Bah t'as pas trop le choix il me semble. Soit tu le lâches maintenant, mais ce serait pas drôle...

-T'as une définition bizarre du mot « drôle » toi.

-...Soit tu joues le mec fidèle et compatissant et tu lui proposes de rester avec toi aujourd'hui, et je me foutrai bien de ta gueule ainsi que tout le reste du lycée, mais au moins après ça il t'adulera et on pourra passer à la phase suivante !

-J'espère que tu déconnes.

-Il est super tôt et j'ai été réveillé en plein milieu d'un... Beau rêve, tu crois vraiment que je déconnes ? Allez, amuse-toi bien, mon cœur, je t'attendrai demain avec un immense sourire sournois aux lèvres. Gros bisoux. Ah ah.

-Je te déteste. »

Vanitas raccrocha rageusement le téléphone. Pourquoi fallait-il que son ami soit aussi con ? Il n'avait vraiment pas de chance. (Et puis il avait l'air de faire des rêves bizarres aussi, mais bon passons, on ne va pas entrer dans sa sphère intime comme ça.)

-Vanitas ? Ça va ?

Il crut mourir d'une crise cardiaque tant il ne s'attendait pas à cette venue impromptue.

-Nom de Dieu, Ven, on t'a jamais appris à frapper à la porte avant d'entrer ? Sérieux...

-Désolé. Je me demandais juste ce que tu faisais au téléphone à cette heure-ci. Et quel correspondant était assez idiot pour répondre, aussi...

-Bah tu sauras pas. Il est quelle heure ?

-Sept heures moins vingt...

-Trop tard pour retourner dormir. Merde. Fais chier.

-Quel vocabulaire.

Il ne releva pas la remarque (il ignorait souvent quand il n'avait rien à répondre, en fait, mais chut, c'est un secret) et entreprit de se brosser consciencieusement les dents. Ven, quant à lui, s'était assis sur le bord de la baignoire, l'air encore ensommeillé. Il bailla avant de demander innocemment :

-Vanitas ?

-Grmmblll ? (Ce qui signifiait : « Tu vois pas que je suis en train de m'étouffer avec du dentifrice ? » mais ce que Ven prit pour un « oui, je t'écoute »)

-Tu m'aimes ?

Si Vanitas ne s'étouffait pas avec son dentifrice, il manqua de le faire en entendant la questions. Il toussa et cracha avec élégance et propreté dans le lavabo et se retourna vers lui, l'air tendu.

-Ça te prend souvent de lâcher ce genre de question entre le fromage et le dessert pendant que je suis en train de me réveiller petit à petit ?

-Ça veut dire non ?

Vanitas feignit l'ignorance pendant que son cerveau fonctionnait à plein régime. Ah, la belle question piège. Il ne pouvait pas dire « non », sinon tout ce qu'il avait enduré n'aurait servi à rien. Il ne pouvait pas dire « oui », sinon (sa fierté en pendrait un tel coup qu'il en mourrait sans doute) il était sûr de vomir directement dans l'évier. Il ne pouvait pas répondre « je ne sais pas » parce que ça ne se faisait tout simplement pas. La meilleure technique était de ne pas répondre du tout, cependant quelque chose dans le regard de Ven l'en dissuada. Il soupira et répondit :

-Écoute, mec. Je vais être clair avec toi. Je suis bien trop orgueilleux pour répondre à une question pareille. Tu le sais non ?

-Ouais.

-Alors pourquoi tu me le demandes ? Sérieux...

-Tu m'aimes pas, c'est ça ?

-C'est ce que j'ai dit ?

-Non, mais...

L'hôte s'approcha de son invité et le saisit par les épaules, puis se plaça de manière à avoir le visage de Ven bien en face de lui.

-Regarde-moi bien. Tu crois que je déteste Xion ?

-Non, mais...

-Mais je lui ai jamais dit que je l'aimais, pourtant elle le sait. Tout le monde sait.

-Je sais, mais...

-Le jour où je dirai platement à quelqu'un que je (il eut beaucoup de mal à prononcer ces mots, mystérieusement, comme si quelque chose de terrible l'en empêchait) l'aime est pas encore arrivé et il n'arrivera sans doute pas tout de suite. Alors laisse-moi tranquille avec ma fierté. Merci.

Quelle tactique ! Quelle classe ! Chacun d'entre nous devrions être impressionnés par cette manière fort efficace d'ignorer les questions ! Bien sûr, nous ne le sommes pas. Au fond, ce n'est qu'une preuve en plus de la lâcheté de Vanitas. Mais bon. Qu'importe.

Ven sourit (il est manifestement très con, s'il se laisse berner par un tel discours – soit dit en passant fort bien construit, je l'admets.)

-C'est pas ce que t'as dit hier.

-Quand ça, hier ?

-Quand t'es venu t'incruster alors que j'avais absolument rien demandé.

-Je ne vois pas de quoi tu parles.

-Il était bien trois heures du mat' quand t'es venu interrompre mon sommeil par tes douces paroles, tu vois.

-Pff, n'importe quoi. Qu'est-ce que j'ai dit, tiens, qu'on rigole ?

-Un tas de choses que je te croyais incapable de prononcer.

-Quel genre de choses ?

-Je suis pas comme toi, j'peux pas dire ça à voix haute.

-N'importe quoi... Non mais sérieusement, t'as rien trouvé de mieux ?

Il fronça les sourcils, indigné.

-Je ne rigole pas. Tu t'es levé en plein milieu de la nuit, t'es venu près de moi et tu m'as dit toutes sortes de choses plus ou moins correctes qu'il serait malaisé de répéter. Et t'étais parfaitement conscient alors ne fais pas semblant de ne pas t'en souvenir.

-J'ai jamais fait ça.

-Tu es ridicule.

-C'est toi qui est ridicule. Franchement, inventer des trucs pareils...

-Je vois, tu refuses de l'admettre. Tant pis. Mais sache que ce souvenir restera à jamais gravé dans ma mémoire, et que je le ressortirai de temps en temps pour te foutre la honte. Que diraient les autres s'ils savaient que le grand Vanitas a cédé à...
-Oooh tais-toi !

Il déposa sa brosse à dent et se prépara à sortir.

-Je peux l'utiliser ?

-De quoi ?

-Ta brosse à dent, crétin. J'ai pas pris ma valise avec, je te signale.

-Fais comme tu veux, je m'en fous.

-Au fait...

-Quoi, encore ?

Il prit un air réjoui et sourit.

-Tu me l'as dit.

-Je t'ai dit quoi ?

-Que tu m'aimais. Tu me l'as dit.

-...C'est ça. Invente-toi tout ce que tu veux. Du moment que tes fantasmes restent docilement lovés dans ta petite cervelle, tout me va. J't'attends en bas. Habille-toi aussi, tant que t'y es.

Ven eut un sourire machiavélique lorsqu'il entendit descendre son hôte. À vrai dire, je m'en demanderais presque si cette histoire de réveil nocturne ne serait pas qu'une vaste blague dont le but serait seulement de traumatiser un peu plus Vanitas ; en fait, ce dernier l'aurait bien cherché, vu ce qu'il lui avait fait subir depuis les dernières années, et c'était une vengeance on ne peut plus douce et subtile – mais une vengeance quand même.

D'un autre côté, il était tout à fait possible – voire même probable – que Vanitas ait eu la soudaine envie de se lever durant la nuit et que son inconscient, après qu'il ait débité quelques propos peut-être bien immoraux (on ne peut pas vraiment le savoir), l'ait protégé en supprimant son souvenir – ou peut-être qu'il n'avait juste pas envie d'en parler.

Bref, tout ça pour dire qu'on n'en saura sans doute jamais rien et que le fin mot de l'histoire nous échappera un bon moment (ou alors je n'ai juste pas envie de le dévoiler maintenant... Mais ce serait sadique.)

Ven s'habilla (les filles, c'est le moment de s'imaginer la scène comme vous voulez, parce que des hommes nus on en rencontre pas souvent ces temps-ci. D'ailleurs je vous laisse un petit instant de pause. Un. Deux. Trois. Voilà !) et partit rejoindre Vanitas qui mangeait déjà tranquillement dans la cuisine. Une assiette l'attendait d'ailleurs patiemment sur la table. Il eut un sourire et s'assit calmement.

-Ouah, c'est tout service compris ici ?

-Te leurres pas, marmonna Vanitas. C'est certainement pas sur mon initiative que ces trucs sont apparus sur la table.

-Tu remercieras Cid, alors, répondit-il avec un clin d'œil.

-T'as l'air de bonne humeur.

-On ne peut pas en dire autant de toi !

-Comment tu veux que je sois de bonne humeur alors que tu me fais chier depuis ce matin ?

-Si ma présence te gêne tant que ça, il suffit de me mettre à la porte, tu sais ?

Il n'eut droit qu'à un grognement en guise de réponse (Vanitas se transformait peut-être en animal sauvage sans le savoir, auquel cas il faudrait commencer à s'inquiéter, je pense, pas vous ?), et Ven rétorqua par un regard perçant.

Une joute terriblement féroce commença à faire rage entre les deux propriétaires des yeux qui se battaient. D'un côté, l'innocent bleu bien trop commun au goût de la plupart des non-propriétaires, de l'autre l'ambre froid bien trop original au goût de la plupart des même non-propriétaires (qui avaient été rejoints par le clan yeux bleus, bien sûr). Tout cela semble fort intéressant.

Ven perdit le combat lorsqu'il fut déconcentré par la sonnerie de son portable (oh que ce mot est stupide ; sérieusement, il pourrait désigner n'importe quoi, tant un appareil mobile servant à téléphoner/jouer/prendre des photos/filmer/envoyer des sms/harceler des gens/voir ses mails/regarder des films/aller sur internet/commander une pizza/engager un tueur à gage – on fait de tout désormais, c'est incroyable – qu'un ordinateur mobile, qu'une table mobile, qu'un instrument mobile, qu'une tasse ou une assiette ou un schtroumpf ou un oreiller – à condition, bien sûr, qu'il soit rempli de plumes – ou une craie ou un MP3 ou du fromage ou un livre ou n'importe quoi d'autre de mobile et de déplaçable, ou portable par définition. À se demander qui est l'attardé qui a décidé qu'un portable désignait un téléphone et non un appareil auditif ; mais bref, cessons les questions inutiles, nous ne sommes pas là pour ça, et de toute façon ce paragraphe ne sert qu'à vous faire perdre du temps, ah ! Il fut déconcentré par la sonnerie de son portable, donc - ) qu'il avait rangé dans sa poche (sans se préoccuper de l'incidence que ça pouvait avoir sur sa fertilité, mais passons les histoires d'ondes, de toute façon je ne suis pas certain que sa fertilité l'intéresse). Il décrocha sous le regard désapprobateur de Vanitas qui semblait dire quelque chose comme « Venichou, c'est impoli de répondre à un interlocuteur téléphonique quand on mange ! » quoiqu'en sans doute moins poétique et sirupeux.

Comme nous sommes de sales petits fouineurs (oh, ne rougissez pas, je connais chacun de vos vices !), nous allons écouter la conversation :

« Allô ? (Oui, une conversation commence souvent comme ça ; en français, je dis, parce que cela change en fonction des langues – mais au final, c'est toujours un truc qui ne veut rien dire.)

-Allô ?

-Oui ? (Ne faites pas les innocents, je suis certain que vous utilisez aussi ce genre d'introduction débile lorsque vous téléphonez !)

-Ven, ça va ?

-Euh oui, mais c'est qui ?

-Xion, andouillette ! Il n'y a pas trente millions de filles capables de t'appeler à sept heures et quart du matin, si ?

-Non, t'as raison. Et oui, ça va, et toi ?

-Super, super.

-Y a pas à dire, c'est la belle vie.

-J'avoue.

-Bon, pourquoi tu m'appelles ?

-Aaaaaaaaaah ! Oui !

-Oui quoi ?

-Mmh ?

-Xion... J'ai pas toute la matinée. »

Alors que Vanitas semblait dire « mais pourquoi donc ma chère et tendre sœur t'appelle-t-elle à cette heure matinale ? », ladite Xion répondit :

« Ouais, donc. Je suis encore chez toi, là...

-Encore heureux j'ai envie de dire.

-Mmh. Bref. J'ai beaucoup parlé avec Roxas...

-Et ?

-Il ne se calme pas. Pour l'instant, ça va, mais il a promis d'amener une batte, de vous tabasser toi et mon frère, de te noyer dans une baignoire d'acide après t'avoir enterré vivant (la logique n'a pas sa place dans les discours psychopathologiques d'un jeune homme en colère) devant lui, et ensuite de lui couper les doigts et d'autres parties de son anatomie dont je n'avais pas vraiment envie d'entendre parler à la scie, de lui faire boire de la cigüe, ensuite de lui renverser une bouteille de lait pourri sur la tête et de donner son corps à manger aux chiens errants – après lui avoir arraché le cœur et l'avoir dégusté au déjeuner, bien sûr...

-Wow, quelle imagination.

-En effet. Donc, c'est juste pour te dire... En attendant qu'il soit vraiment calmé, il vaudrait mieux que...

-Je la ramène pas, c'est ça ? J'avais compris avant que tu m'appelles, tu sais.

-Ouais... Je suis désolée tu sais, mais je fais tout mon possible pour -

-C'est rien, c'est pas grave. Je me débrouillerai. Passe lui le bonjour de ma part... Quoique, non en fait.

-Ouais. Bon. À plus tard, Ven.

-Ouais... merci.

-Oh, et tant qu'on y est. Si Vani te fait chier, n'hésite pas à le baffer de ma part. D'ailleurs tu peux lui dire que c'est un connard, en passant.

-Pourquoi ?

-Comme ça, parce que c'est vrai. Allez, salut. »

Vanitas, d'un subtil mouvement de sourcil, fit comprendre à Blondinet (ça faisait longtemps, j'en pleurerais presque) qu'il était un peu perplexe. Comme cela ne semblait pas fonctionner (ah, les hommes sont si obtus – à ce qu'elles disent), il formula ses doutes avec des mots (c'est toujours mieux qu'avec autre chose, style des pâtes ou des crottes d'oiseau, mais je m'égare :)

-C'est marrant, j'aurais juré voir ton sourire et ta bonne humeur courir joyeusement jusqu'à la fenêtre et s'échapper de la maison...

-J'ignorais ton sens de l'humour si travaillé, tiens.

-J'ignorais que tu n'en avais pas... Sérieusement, qu'est-ce qui se passe ?

Ven soupira avant de poser son front contre la table.

-Roxas m'en veut toujours autant... Et il a dit à ta sœur qu'il voulait te tuer à la cigüe, aussi, un truc comme ça.

-Qu'il essaie. Non mais tu croyais quoi de toute façon ?

-Je sais pas... C'est mon frère, je pensais qu'il... Enfin, qu'il accepterait. On est tellement liés tous les deux, je croyais qu'il passerait au dessus...

-Oh, t'es vraiment super niais quand tu t'y mets.

-Hum...

Il poussa un nouveau soupir qui aurait fendu le cœur de n'importe qui (pour peu qu'il ait eu un cœur, bien sûr.)

-Qu'es-ce que je vais faire ? Se lamenta-t-il.

-J'en sais rien, je suis pas dans ta tête.

-Vanitaaaaas...

Celui-ci se leva et rangea la vaisselle (ce qu'il ne faisait jamais, d'ailleurs, comme quoi son cerveau devait avoir quelque peu souffert.)

-Si tu pouvais ne pas gémir mon nom comme ça et éviter de me regarder avec cet air de chien battu (ou de tout autre animal battu, mais parait-il un chien c'est plus mignon – chacun ses gouts) ça m'arrangerait fortement.

-Mais j'ai besoin d'aide !

-Tu m'as déjà vu rendre service à quelqu'un ?

-Oui.

-Quand ?

-Hier déjà...

-J'ai été obligé. Ça compte pas.

-S'il te plaît, quoi. C'est de ta faute après tout.

-Lâche-moi... J'vais préparer mes affaires.

Ven fronça les sourcils.

-Si on retrouve mon cadavre noyé dans un bain d'acide, le visage déformé et méconnaissable, ce sera ta faute et j'espère que tu en porteras le poids toute ta petite et ignoble vie.

-Tu me saoules...

-Ça veut dire que tu m'aides ?

-Ouais. Peut-être. On verra. Tu devrais préparer tes affaires toi aussi...

-C'est fait. C'est pas comme si j'en avais en fait... Pas grave. Et, en passant, Xion m'a dit de te dire que tu étais un...

-Connard, oui je sais.

-Je t'attends ici !

Il lui adressa un sourire (de ceux du style « héhé, je t'ai bien eu, mange-toi ça dans la face ! ») et entreprit de faire une sieste de quelques minutes en attendant le retour de... ne disons pas dulcinée, mais nous nous comprenons.

Celui-ci ne tarda pas, et revint avec deux sacs – un pour lui, et un pour...

-C'est pour moi ? Demanda Ventus en indiquant le sac de la main.

-Non, c'est pour mon poulet géant transgénique qui attend dehors.

Pour son poulet géant transgénique qui attendait dehors, donc. Ou peut-être que c'était une vague tentative d'humour, voire un sarcasme, qui sait ?

-Y a des feuilles et de quoi écrire. C'est tout ce que je peux faire pour toi, mec. Quelle idée de laisser toutes ses affaires chez soi... Franchement.

-Tu es plutôt prévenant, en fait. C'est pas ce qu'on penserait au premier abord.

Pendant que s'en suivait une conversation sur le caractère de Vanitas selon le point de vue intérieur ou extérieur à lui-même, tous deux se mirent en route et se dirigèrent vers le bâtiment qu'ils préféraient. Oui, bon, c'est vrai que personne n'est vraiment fan de son école (quoique, il y a des cinglés partout, et ça n'échappe pas à la règle.) Mais franchement, pourquoi cette haine envers l'éducation ? Pourquoi tant d'angoisse ?

Mmh, un débat sur l'attitude des jeunes envers l'établissement scolaire n'ayant aucunement sa place ici, passons, passons.

-Vanitas ?

-Quoi, encore ?

-Ça va, si je te fais chier dis-le tout de suite, qu'on en finisse...

-C'est bon... T'es vraiment d'une de ces susceptibilités...

-Qu'est-ce que je vais faire en arrivant ? Je peux pas rejoindre les autres. Xion sera avec Roxas, qui sera lui même avec Kairi...

-La traîtresse. Je m'en remettrai jamais.

-On s'en fout, c'est pas le sujet. Donc, il sera avec Kairi, et Riku les accompagnera sans doute puisqu'il aura rien d'autre à foutre. Conclusion : je vais me retrouver tout seul. Et si Roxas me voit tout seul, je suis certain qu'il va venir m'engueuler, encore. Comme s'il l'avait pas assez fait...

-Et quoi, qu'est-ce que tu veux que j'y fasse ?

-J'en sais rien...

-Menteur. Tu veux que je te propose de venir avec moi. Mais ça va pas aller, ça, sweetheart. Pas du tout même.

-Je sais...

-Axel va pas arrêter de t'emmerder, de se foutre de ta gueule, parce que je te ferai remarquer que la plupart des saloperies qui te sont arrivées sont dues uniquement à lui (ah, c'est beau l'amitié, la confiance, la fidélité,...).

-Ouais, je sais...

-Et je te parle pas de Sora. Il hait Roxas parce qu'il lui a chourré sa copine, et t'es sa copie conforme, donc il te hait. Oui, t'as raison, il est un peu con. C'est même très con, mais il est pas réputé pour être d'une intelligence sans faille, non plus.

-C'est bon, je te dis que je...

-Et puis même, tout le reste du lycée ? Ils vont dire quoi ? C'est pas logique qu'un jour on se déteste et que le lendemain on se ramène ensemble comme si ne rien n'était.

-T'es quand même mal placé pour dire ça, qui est-ce qui m'a agressé dans une ruelle sombre alors qu'il était « censé » me détester complètement ? Hum ?

-Chut, tais-toi. Et t'as pensé à Roxas, justement ? S'il veut déjà te faire la peau comme ça, qu'est-ce que ça va être s'il te voit nous rejoindre ? Purée, quelles complications en perspective...

-Je ne te le fais pas dire, mais...

-Oh et puis merde t'as raison.

-J'ai absolument rien dit...

-C'est bon, viens avec moi. Au pire si les autres font chier... Bah ils feront chier.

-Comme c'est... Poétique et logique.

-Mais t'as de la chance hein, c'est parce que je suis de bonne humeur. Bon, faut que je t'accompagne jusqu'à ta classe ou tu sais y aller tout seul ?

-Euh... Je...
Il ne s'était pas rendu compte qu'il était déjà devant l'édifice (tout le monde n'a pas le sens de l'orientation, par malheur.) Il tenta de balbutier quelque chose, sans succès. Vanitas avait tellement monopolisé la parole qu'il ne savait plus quoi dire.

-On se rejoint plus tard. Salut. Et putain, je sens que je vais regretter cette décision. Vie de merde...
Il disparut, laissant Ven seul avec lui-même.
Hé bien, Vanitas était en forme ces temps-ci. Tellement que c'en était un peu effrayant.

Ven ne le comprenait pas. Bon, c'est vrai : il ne l'avait jamais vraiment compris (alors que, avouons-le, il n'est sûrement pas le mec le plus compliqué à comprendre de la Terre), depuis le jour où il l'avait rencontré jusqu'à la veille au soir. Il changeait d'avis tout le temps, passait son temps à mentir, à dire des choses qu'il ne pensait pas puis subitement annoncer l'inverse.

Il se rappela de leurs jeunes années (il était toujours dans ses jeunes années, mais tout dépend de l'âge, au final) et de cette manie que Vanitas avait de le singer sans arrêt. Comment avait-il pu changer à ce point ? Comment avait-il pu devenir si arrogant et orgueilleux ? (Son prénom est déjà une réponse en soi ; et le point de vue de Ven à six ans était sans doute juste différent de celui qu'il avait à 15 ans, mais il était trop... immature sans doute, pour le remarquer.)

Se rendant soudain compte de l'heure qu'il était, il entra dans la classe et s'installa près de la fenêtre comme toujours, (pour regarder les oiseaux passer et ne rien suivre au cours – et après on s'étonne qu'il étudie au lieu de s'amuser, mais forcément si on est un sale gosse qui ne fout rien en cours, tout s'explique) qui donnait sur la cour (et la piste d'athlétisme accessoirement ; aah, un deuxième avantage de se trouver près de la fenêtre.)

Le cours d'histoire étant relativement peu intéressant, passons à la suite : la sonnerie retentit dans le bâtiment et un stress intense prit soudain notre héros (tout est relatif) ; qu'allait-il faire, à la pause ? Et si Vanitas reprenait ses esprits et le laissait en plan ? Et si Roxas l'attendait avec une tronçonneuse ? Non, cette dernière idée était particulièrement stupide. Il en sourit et se retourna pour discuter avec son voisin de derrière (un personnage secondaire inutile sans identité que vous pouvez imaginer n'importe comment – ah, je suis si généreux), pour tenter d'oublier les appréhensions qui le taraudaient avec ardeur.

L'heure suivante se passa sans heurts, et il avait presque oublié ses problèmes lorsque l'alarme qui indiquait la fin des cours pour cette partie de la journée.

Comme il l'avait craint, Vanitas ne respecta pas sa parole. Ven fut contraint de jouer au sans-amis, avec un air de dépressif.

Les deux heures suivantes se ressemblaient étrangement ; peut-être parce que la philosophie n'était pas très diversifiée au siècle des lumières, peut-être aussi parce qu'il ne suivait pas le cours (regardait-il de beaux éphèbes courir sur la piste ? Nooon bien sûr, ce n'est pas son genre, ah), mais bref les raisons ne nous intéressent pas et soyons sincère, c'est juste une façon de faire un saut temporel sans que ça ait l'air bizarre.

Il fut donc surpris (et nous avec, ainsi que tous ceux qui étaient passés devant lui) lorsqu'à midi, il remarqua Vanitas appuyé contre le mur en face de la porte. Il sortit, intrigué.

-T'es venu pour moi ?

-Non, je voulais juste mater les jolies filles de ta classe, répondit-il en adressant un clin d'œil à l'un d'entre elle qui gloussa comme... une fille à qui un mystérieux jeune homme de type mauvais garçon fait un clin d'œil évocateur. Y en a des vraiment pas mal, tu sais ? Quoique ça m'étonnerait que tu en sois conscient, t'as pas l'air franchement intéressé par les filles, j'ai l'impression.

-Tu sais, t'es pas le centre du monde. Ne crois pas que tout tourne autour de ton nombril, je sais reconnaître une jolie fille quand j'en vois une.

Vanitas croisa les mains derrière sa nuque, un sourire ironique aux lèvres.

-Donne-moi donc un exemple, que je voie si tu as bon goût.

-Un exemple...

Il réfléchit un instant.

-Xion me semble pas mal.

-Alors là, j'hésite entre être dégouté, être en colère et être flatté.

-Flatté ?

-Mais oui, on se ressemble pas mal (chacun son point de vue.) C'est un peu comme si tu disais que la beauté, c'est de famille, tu vois.

-...Non.

-Bon, j'ai pas la journée et j'ai la dalle. On bouge.

-On va où ?

-Là où les gens mangent. Dans le réfectoire.

-Y aura Roxas...

-Et bien tant pis ! S'il nous tue, il y aura plein de témoins traumatisés et il croupira en prison !

-Je ne veux pas qu'il croupisse en prison.

-Par contre qu'il y ait des témoins traumatisés, tu t'en fous ?

-Non, pas du tout, mais -

-Ben moi oui, allez, go.

Ils se rendirent au réfectoire sous les regards estomaqués des élèves ayant plus ou moins suivit l'histoire. Ventus y croyait à peine. Sérieusement, qu'est-ce qu'il avait mangé pour avoir ce genre de comportement ?

Le regard de Sora et Axel, par contre, était bien différent ; celui de Sora était plus effaré qu'autre chose, et celui d'Axel, comme il l'avait prédit, se trouvait plus qu'amusé. Une lueur moqueuse s'était allumée dans son regard, si bien que Vanitas eut la brillante idée de l'empêcher de dire quoique ce soit avant qu'il n'ait eu même l'idée d'ouvrir la bouche.

-Axel, le prévint-il, je veux que toute blague, remarque, phrase désobligeante ou quoique ce soit d'autre qui pourrait me mettre en colère reste dans ta tête et ne vienne pas polluer notre air, ok ?

-Mais je n'allais rien dire, petite blatte, susurra-t-il sur un ton qui signifiait qu'il avait justement énormément à dire.

La petite blatte en question leva les yeux au ciel pendant que Ven s'asseyait, incertain.

-Oh, oh, oh... fit Sora, les sourcils froncés.

-Tu te prends pour le Père Noël, Soso ? Plaisanta le roux. (Logique ; s'il ne pouvait emmerder les nouveaux venus, autant qu'il s'acharne sur Sora.)

-Non mais c'est quoi cette blague ?

-Je sais pas, ça m'est venu comme ça...

-Je vous parle de ça, rétorqua-t-il en indiquant Ventus d'un geste dédaigneux.

-« Ça » serait ravi que tu t'adresses à lui comme à un être humain... Lui rappela Ven.

-C'est pas à toi que je parlais, alors la ramène pas.

Vanitas fit une brillante démonstration de facepalm et répondit à sa place :

-Sora, fais pas chier, c'est juste pour une heure ou deux.

-T'as de l'espoir mon gars, intervint Axel qui ne se départissait pas de son sourire.

-Vous avez pas répondu. Qu'est-ce qu'il fait ici ?

-Aujourd'hui, c'est notre invité.

-Pardon ?

-Ventus est dans l'incapacité de rejoindre sa tribu et a sollicité mon aide. Que je lui ai gracieusement offerte, bien sûr ; tu me connais, je suis d'une générosité impressionnante, annonça Vanitas.

-Quelle connerie.

-Et pourtant c'est la vérité.

-Et t'as accepté ? T'es vraiment con ma parole.

-Oulah, je crois que je ne suis pas le plus con qui soit autour de cette table...

-Ouais, c'est vrai, y a ce débile de blond.

-Merci, ton compliment me va droit au cœur, ironisa Ven. Moi aussi je t'apprécie beaucoup, tu sais.

-Ferme-la, (insérez ici un qualificatif peu valorisant de votre choix).

-Je suis désolé, mais mon cerveau de débile de blond m'empêche de comprendre ce que tu dis, ça doit être trop sophistiqué pour moi...

-Tu sais, si tu me cherches, tu vas finir par me trouver. Retourne avec tes amies, on veut pas de toi ici.

-Tu ne veux pas de moi. J'ai pas l'impression que ça pose grandement problème aux autres.

Vanitas confirma par un grognement, tandis qu'Axel ajoutait :

-Il a raison, moi ça me fait plutôt rire.

-Lâcheurs. Comment vous pouvez défendre ce sale...

-Sora, tu te calmes. On est pas ici pour se prendre la tête alors fais pas chier pour une fois.

-T'es bien le dernier que j'aurais imaginé prendre sa défense, Vanitas.

Ce dernier haussa les épaules et se mit à manger. Il proposa un morceau à Ven qui le prit sans se faire prier, de plus en plus étonné de la tournure que prenait la situation.

-Mais tu vois, Sora, il y a quelque chose que tu ignores, commença Axel. C'est que c'est plus vraiment la pure haine entre ces deux...

-C'est bon, Ax', si j'avais eu besoin de tes putains de commentaires je t'en aurais demandé, le coupa Vani (et non chocolat – bon ok c'était vraiment nul, mais on fait ce qu'on peut.)

-Stop, stop, stop. Ça veut dire quoi ça ?

Sora jeta un regard soupçonneux à Ven qui fit mine de l'ignorer.

-Laisse tomber, Sora, c'est pas tes histoires.

-Laisse tomber ? Laisse tomber ? Tu ris, j'ai l'impression d'être le seul pas au courant là !

-Mais non, t'es pas le seul. Maintenant mange.

-Plus la pure haine ? Non mais j'ai le droit de me poser des... Oh nan, voilà les autres cons. Sérieux, c'est pas ma journée.

-C'est jamais ta journée, soupira Vanitas en se retournant.

-Je crois qu'on va rigoler, ajouta Axel en voyant arriver les quatre nouveaux-venus.

-Ça va gicler, surtout...

-Je veux pas mourir.

-Mais tu vas pas mourir, Ven, tu vas juste... Beaucoup souffrir. Allez, courage.

-Je ne me sens pas du tout courageux, là.

-T'es un homme ou quoi ? Si tu veux régler tes problèmes c'est maintenant. Je vais pas le faire à ta place. Alors tu te lèves, tu vas calmement discuter avec ton imbécile de frère et nous on reste ici et on se fiche de toi.

-D'accord...

Il s'exécuta, un peu mal à l'aise, et rejoignit son jumeau qui l'observait avec haine. Lui et ses amis s'étaient arrêtés, attendant manifestement que Ven arrive pour présenter ses excuses ou pour déclencher une guerre nucléaire sans précédent.

Roxas croisa les bras lorsque son frère se plaça face à lui, la tête haute. Aucun des deux ne plaça un mot.

Xion échangea un regard avec Kairi. Très douées toutes deux dans la conversation muette exclusivement féminine (incompréhensible par les hommes, excepté les homosexuels, donc), elles discutèrent à l'aide de torsions de bouche et de mouvements de sourcils en tout genre, ici sans doute pour dire (mais je m'avance en terrain glissant) : « Ça craint » ou « Et si on s'achetait un milk-shake à la vanille au lieu de suivre ce qui va sans doute se transformer en bain de sang ? ».

De son côté, Riku plissait les yeux et semblait chercher un mystérieux individu dans la salle, qu'il foudroya du regard une fois débusqué. Enfin, Roxas restait de marbre tandis que Ven passait nerveusement une main dans sa nuque, ne sachant quoi dire.

-Bon... Commença-t-il. Roxas...

Celui-ci leva la main.

-Tais-toi. Laisse-moi déjà le temps de m'habituer à ton visage de traître avant de me forcer à entendre ta voix (ce qui était assez idiot puisqu'il voyait exactement le même visage lorsqu'il se regardait dans un miroir.)

-Est-ce que je vais devoir subir tes insultes à chaque fois que je viendrai te parler ? Je ne suis pas ici pour qu'on se dispute. Je veux juste...

-Tu veux juste quoi ? Que je t'encourage ?

-Non, je veux que tu acceptes.

-Accepter ? Tu veux que je te pardonne ?

-J'ai rien à me faire pardonner !

-À part le fait que tu pactises avec l'ennemi, mais bon, ça c'est rien...

-L'ennemi ? Mais quel ennemi ? C'est que des conneries qu'on s'est inventé quand on était gosses, Roxas ! On est plus des gamins maintenant, on devrait pourvoir passer au-dessus sans problèmes ! Tu l'as fait pour Kairi, pourquoi tu refuses d'accepter que je le fasse pour lui ?

-Kairi et Vanitas ne sont pas du tout au même niveau, et ne la mêle pas à ça.

-Mais elle y est mêlée ! On y est tous mêlés ! S'il te plaît Roxas, ouvre les yeux.

-Tu oublies ce qu'il a fait ? Ce qu'ils ont tous fait ? Kairi n'a pas participé à ça.

-Bien sûr que si.

-Non.

Kairi eut une grimace qui semblait vouloir dire « en fait, si », mais personne n'y fit attention. En fait, les pensées de tout le monde étaient dirigées vers le drame familial qui se déroulait devant leur yeux.

-Tout le monde y a participé. Nous y avons tous participé. Même Kairi, même moi. Tu m'énerves, à rejeter toujours la faute sur les autres, et sur eux en particulier ! Est-ce que je dois te rappeler que Sora a failli se noyer à cause de nous ? Est-ce que je dois te rappeler tous les sales coups qu'on a fait, nous aussi ? (Bon, il fallait quand même avouer que la tendance était plutôt à l'équipe adverse, mais il fallait bien trouver des arguments quelque part.)

-Bah, voyons ! Maintenant que tu te fais l'un d'entre eux, ça y est, ils sont super, et nous on est des merdes, c'est ça ? Jolie logique, monsieur tout-le-monde-est-pareil, mais ça ne marche pas avec moi.

-Tu y vas un peu fort, ce n'est pas ce que j'ai dit...

-Dégage de ma vue. Je ne veux plus jamais te voir, t'as compris ?

-T'as pas le choix ! Je resterai jusqu'à ce que tu...

Roxas l'attrapa par le col, sans prévenir (il aurait manqué que ça, tiens.)

-Dégage de ma vue, je t'ai dit, murmura-t-il avec froideur.

-Euh, zeeeen, intervint Xion qui, comme les autres, n'avait pas ouvert la bouche durant tout la conversation.

-Je ne comprends pas Rox' ! Lâche-moi.

-Ça ne m'étonne pas, Ven, il ne faut pas avoir beaucoup de cervelle pour se lier avec un mec comme lui.

-Pourquoi es-tu incapable de concevoir que je puisse avoir des sentiments pour lui ? En quoi ça te gêne ? En quoi ça change quelque chose entre nous ? T'es tombé amoureux de Kairi, et qu'est-ce que j'ai dit ? Rien ! Rien, alors que j'étais pas forcément d'accord, alors que je ne l'appréciais pas plus que ça, rien parce que tu es mon frère et que ce qui m'importait c'était seulement ton bonheur ! Pourquoi je dois faire ça pour toi, pourquoi tu es incapable de le faire pour moi ?

Il sentait les larmes lui monter aux yeux.

-Ne me compare pas à toi.

-Tu ne vaux pas mieux que ceux que tu détestes !

-Ne me compare pas à eux non plus. Arrête de me faire chier et dégage de mon chemin, j'aimerais manger en paix, loin de l'infernale odeur de traître que tu amènes avec toi.

Ven le regarda dans les yeux sans un mot. Les larmes avaient commencé à couler sans qu'il ne s'en rende compte.

-Mmh, Roxas, s'il te plaît... C'est bon là, faites la paix et calme-toi, lui dit Kairi en lui posant une main sur l'épaule, ne se rendant manifestement pas compte qu'elle avait toutes les chances de s'en ramasser une.

-Je ne peux pas me calmer face à un cancrelat pareil. Et arrête de chialer, tu fais pitié. Tu me dégoûtes, Ven. Tu me dégoûtes vraiment. Tu peux même pas imaginer à quel point.

-Je m'étais trompé à ton égard... T'es pire que ceux que tu détestes ! Comment tu peux me dire ça les yeux dans les yeux ? Comment tu peux penser une chose pareille ? Quand je pense qu'on a toujours été si proche... Où sont passées nos promesses ? J'ai toujours tout accepté de ta part. Toujours !

-Je peux pas accepter un truc aussi répugnant. Quand je pense que tu... Avec cet espèce de...

-Cet espèce de ? Continue, Roxy, je t'en prie, je serai ravi de savoir ce que tu penses de moi.

Vanitas s'était levé et les avait rejoint pour une mystérieuse raison. Ven se retourna comme pour vérifier qu'il était bien là (et que ce n'était pas une voix dans sa tête ou un mystérieux jeune homme qui aurait eu exactement la même voix – qui sait, il faut de tout pour faire un monde) et ouvrit bêtement et inutilement la bouche sans rien dire.

-Tss, déjà en train de pleurer toi ? J'y crois pas... Pauvre chéri. Roxy, t'as pas honte de faire chialer ton frère comme ça ? L'amour fraternel, ça ne veut plus rien dire de nos jours.

Il tapota sur la tête de Ven en souriant.

-Tiens, manquait plus que ça, cracha Roxas de son ton le plus acerbe. Mon horreur est à son comble maintenant.

-Heureux de voir que je t'ai manqué, mon pote, mais tu n'as toujours pas terminé ta phrase. Alors ? Cet espèce de quoi ? Vas-y, défoule-toi, j'attends.

-Malheureusement, toutes les insultes du monde en toutes les langues ne suffiraient pas pour te décrire, connard.

-Ouuh, c'est tout ce que tu as trouvé ? Je suis déçu. Moi qui pensais que tu avais un minimum de répartie.

Il usa de son traditionnel rire machiavélique pendant que Roxas le foudroyait du regard. Curieusement, l'ensemble du réfectoire s'était approché, prêt à assister à une merveilleuse pièce de théâtre (ou à une bagarre, au choix.)

-Retourne avec tes crétins de potes, ta vue me donne envie de vomir.

-Oh, c'est vrai ? Tu m'en vois désolé. Si tu veux, je peux te mettre un sac sur la tête ; non seulement tu me verras plus, mais en plus ça soulagera tout le monde.

-Ven, tu pourrais dire à ton gorille de la fermer ?

-Ven ne ferait jamais ça, il est bien trop content que je vienne fermer ton vieux clapet.

Sur ces mots, il passa un bras autour des épaules de Ven en adressant un clin d'œil à son frère qui n'en pouvait plus de rage. Des murmures étouffés se firent entendre dans la salle, ainsi que quelques ricanements (et un petit cri ; sans doute une yaoiste qui mourait de joie.)

-Lâche-le, grogna Roxas entre ses dents.

-Pourquoi ?

-C'est de ta faute cette histoire. Lâche-le.

-Pas question. J'ai le droit de le toucher si je veux, tu vois, c'est un des privilèges que j'ai gagné en le prenant sous mon aile, ajouta-t-il avec un sourire.

-Tu as une drôle de manière de dire les choses, murmura Xion qui suivait la conversation avec attention (comme une centaine d'autres personnes.)

De son côté, Sora ne comprenait toujours pas le fin mot de l'histoire. Mais il se passait quoi, là ? (Comme si ce n'était pas assez clair.) Il jeta un coup d'œil à Riku qui lui jetait des regards noirs qui traduisaient une indéniable envie de tuer. Mmh, tout ça était fort étrange.

-Putain, tu vas le lâcher oui ? S'énerva Roxas.

-Quoi, ça te dérange tant que ça ? Mais on s'en fout de ce que tu penses, les états d'esprit d'un insecte comme toi ne nous intéressent guère, pas vrai Ventus ?

-Euh... Ouais, sûrement...

-Si tu me cherches, tu vas me trouver.

-En quoi ça te gène, Roxy ? De toute façon tu ne veux plus le voir, alors quoique je lui fasse, tu t'en fous, non ?

-Arrête de me faire chier.

-Tu n'es vraiment qu'un con, mec. Tu ne sais pas ce que tu veux, hein ? Tu envoies chier ton frère quand il vient pour calmer le jeu, et là tu serais prêt à me frapper juste parce que je m'approche trop près ? Si tu ne veux pas de lui, ne t'étonnes pas que ce soit moi qui vienne te remplacer.

-Te frapper ? T'en vaux même pas la peine. Mais si tu y tiens...

-Fais gaffe, si tu essaies de te battre avec moi, je me verrai obligé de t'en retourner une. En fait j'en rêve depuis tout gamin, alors crois-moi bien quand je dis que j'y mettrai tout mon cœur.

Personne ne bougea. Vanitas haussa les épaules.

-Tant pis. Viens, Ven, on se casse d'ici, ça sent la merde.

Ils tournèrent le dos et sortirent de la salle sans voir le geste obscène (on appelle ça communément un doigt d'honneur – le type qui a inventé cette expression avait un sens de l'ironie assez poussé) que leur adressait Roxas. La plupart de l'assemblée les regarda sortir avec des yeux ronds. Un brouhaha immense s'éleva dans les airs (et personne n'eut la brillante idée de hurler « au secours ! Un brouhaha géant ! », sans doute parce que la bête est invisible ; elle fait juste un peu de bruit, en fait. Bref.)

Les réactions de nos héros, elles, étaient diverses et variées : Axel se retenait de rire, Xion tentait de calmer Roxas avec plus ou moins de succès, Roxas riait intérieurement, Kairi soupirait, soulagée de ne pas avoir assisté à un match de catch, Sora demandait à tout le monde des explications et Riku s'avançait vers lui, l'œil menaçant.

De leur côté, Ven et Vanitas se promenaient dans les couloirs en discutant tranquillement, loin de l'agitation qu'ils avaient eux-même créé.

-Je crois qu'il va plus trop la ramener, maintenant, lâcha Vanitas.

-Sans doute pas.

-Quelle belle journée de merde.

-Tu l'as dit.

-Je suppose que ça ne va pas s'arranger maintenant.

-J'imagine que non. Mais tant pis, Roxas aura qu'à supporter.

-Wow, mais c'est qu'il se rebelle le petit !

-Mmh. En fait...

-Quoi ?

-Ça te pose pas de problèmes que tout le monde soit au courant ?

-Pff, tout le monde est pas au courant...

-Ils ne sont pas idiots.

-Je sais. Et si, ça me pose problème.

-Qu'est-ce qu'on va faire maintenant ?

-Toi je sais pas, mais moi je vais vite aller me noyer dans un bain d'eau glacée.

-Fuir la réalité, hein ?

-Mouais.

-Et si j'en ai pas envie ?

-Te suffira de me sortir de là avant.

-C'est poétique.

Il sourit et se tourna vers lui.

-Au fait, Vanitas... Merci.

Il haussa les épaules.

-Je l'ai surtout fait parce que j'avais envie de me défouler sur ton frère.

-Ouais, ouais, ouais... Bon.

Il soupira. Puis, mû par une soudaine inspiration, il demanda :

-Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?


Ce chapitre fait partie de mon nano, secours pour quand j'avais plus d'inspi, huhu.

Au prochain coup, on revient sur ce cher Riku, ce cher Sora, cette chère Naminé et d'autres chers personnages \o/

Et n'oubliez pas : chaque review vaut un jour de publication avancé ! *sbarf*. Disons que ça fonctionne extrêmement bien comme motivateur ~

Merci pour votre lecture !