Disclaimer : Square Enix/BUENA VISTAAAAAA Games. xD.
Merci pour vos reviews, ça m'a fait trop plaisir :3. (Et oui, ça ne se voit pas mais ça a accéléré le rythme de publication... :D).
Sur ce :D.
– Aah, sérieux, mec, je peux pas croire ça !
– J'vois pas ce qu'il y a de difficile à croire. Ça me paraît pourtant totalement faisable.
– C'est ça.
Lea n'était pas convaincu. Déjà, par le fait qu'Isa soit sorti de chez lui pour une autre raison que celle de venir le rejoindre, en plus parce que... D'accord, il savait que Naminé n'était pas la fille la plus fragile du monde, mais de là à ce qu'elle ait mis K.O. 14 voyous d'une seule main, en fermant les yeux et en chantant l'hymne nationale lui semblait complètement absurde (ce que je peux aisément comprendre, ayant moi aussi quelques doutes quant à la véracité de ce fait.)
– Bon, d'accord, avoua Isa avec un soupir, c'était peut-être pas exactement ça... C'est vrai que ma source ne paraissait pas des plus fiable, mais bon, de sa part, ça ne m'étonnerait qu'à moitié...
Ailleurs, très loin, dans une cabine d'essayage, un être inconnu riait dans sa barbe en pensant à tous ceux qui l'avaient cru.
– Et donc ? Reprit Lea. Pourquoi cette soudaine envie de fabuler ?
– Ça veut dire, quoi, ce truc ?
– Je rêve ! Gars, c'est toi qui est censé être un minimum intelligent ! Fabuler. Raconter des fables. Tu sais, dire des conneries, quoi. Comme toi.
– Je sais, je me moquais de toi. Et excuse-moi de te rendre service, mon pauvre ami.
Lea lui lança un regard des plus suspicieux et lui répondit de son ton le plus doux et serein :
– Me rendre service ? J'vois pas comment me raconter des craques peut m'rendre service, mec. Tu me prends pour le premier des cons ou quoi ?
Isa lui adressa un sourire monstrueusement sournois qui signifiait sans doute « je t'ai toujours pris pour le premier des cons », mais préféra garder les lèvres closes. Il se leva et prit quelques fléchettes, en essayant de viser le centre de la cible du mieux qu'il pouvait (comme je le dis toujours on s'amuse comme on peut.)
Lea poussa un énorme soupir et frappa dans ses mains (non pas pour marquer un rythme ou pour se préparer à danser ou que sais-je encore, non, juste pour signaler qu'il souhaitait une réponse – ces deux enfants avaient manifestement de bien drôles de coutumes qui mériteraient une enquête anthropologique approfondie, mais je m'égare.) Son ami se tourna vers lui en faisant mine de lui viser le crâne et lâcha :
– T'avais l'air si ennuyé. J'me suis dit qu'il fallait bien que je te distraie. J'ai mélangé quelques histoires et voilà.
– T'avais pas besoin de faire ça, aah.
– Si, si. On va pas rester la journée couchés à rien foutre.
– Pourquoi pas ?
– C'est pas sain.
– Et alors ?
– Alors tais-toi et raconte un truc con qu'on s'marre un peu, mec.
Alors qu'il commençait à conter une fantastique épopée faite de plantes en pot, de vilains bourgeois, d'une certaine marque de confiture, d'un canard bleu et d'autres serpents de mer, ils furent surpris par l'entrée de leur (bouche-trou) amie, qui avait l'air, comme souvent maintenant, excédée.
– Salut les mecs, soupira-t-elle en s'affalant dans un divan d'une manière hautement digne de la plus basse classe de baraki de la terre (vous ne savez pas ce que c'est ? Bien, disons qu'elle le fait comme une vieille fermière impolie, alors, mais ce n'est pas exactement pareil.)
– Salut, Nami, répondirent-ils en chœur.
– Ça va ? Leur demanda-t-elle (alors que, comme toutes les femelles de l'espèce humaine, elle n'en avait sans doute rien à faire et attendait juste le « et toi » qui allait nécessairement suivre pour se plaindre, râler, bouder, se plaindre, bref, raconter sa vie triste et monotone.)
– Ça va.
– On peut dire que oui, et toi ?
– Moi ? J'en ai marre.
Les deux... Garçons... Hum, échangèrent un regard qui avait l'air de vouloir dire : « j'en étais sûr... ».
– De quoi ?
– Il fait froid. J'ai la dalle. J'ai mal à la tête. Cet endroit pue. Et en plus mon beau-père est affreusement chiant.
Ce n'était pas le genre de mot qui sortait de sa bouche habituellement ils s'assirent tous deux à ses côtés, prêts à (endurer) écouter la suite de l'histoire (qu'ils sont gentils et sympathiques, ces gamins ils devaient vraiment s'ennuyer. Je ne saurais dire s'il s'agit de courage ou d'insouciance, en fait. Voire de stupidité. Tout le monde sait qu'il ne faut pas encourager une femme qui va vous déballer ses problèmes. C'est une perte de temps et ça promet de vous déprimer. L'expérience a parlé.)
– Pourquoi ?
Elle s'installa dans la meilleure position possible (à votre imagination) et entreprit de commencer son histoire :
– C'est un pauvre type. Non seulement il a un prénom de gonzesse, mais en plus il faut toujours qu'il nous prenne de haut et qu'il ait des airs stupidement hautains. Il passe son temps à me donner des ordres, à gueuler, j'vous jure, une vraie plaie. Et franchement, je comprend pas ce qu'il fout avec ma mère.
– Bah, ça me semble pourtant clair, murmura Lea.
Isa lui fit un coup de coude accompagné d'un grognement qu'on pourrait traduire par « je pense pas qu'elle parle du sens premier de « foutre », mec. »
– Sérieusement quoi. Il est fleuriste.
Isa haussa un sourcil et Lea eut un grand sourire.
– Comment ? Fleuriste ?
– Ouaip.
– Et il sort avec ta mère ?
– Bah oui.
– Mais c'est impossible... Tous les fleuristes sont gays !
L'homme au cheveu bleus (précisons que c'est un homme, on pourrait confondre avec autre chose) se pinça l'arrête du nez (acte qui signifie ici : « mais quel idiot. »)
Et, effectivement, je ne pourrais qu'être d'accord avec cette pensée dire « tous les fleuristes sont gays » serait aussi intelligent que de dire « toutes les blondes sont stupides » ou « tous les anglais sont hargneux » ou « tous les types aux cheveux noirs et aux yeux jaunes ne sont pas dignes de confiance » ou « toutes les vieilles dames qui sentent le cadavre, qui ressemblent à un cadavre et qui parlent avec d'étranges sifflement sont habitées par un serpent géant qui contiendrait d'ailleurs un morceau d'âme », si vous voyez ce que je veux dire. Bref, dans cette pièce, les stéréotypes avaient la vie facile – surtout dans la tête du rouquin.
– Mais trop ! L'encouragea Naminé avec une grande subtilité. En plus il a les cheveux roses et il s'appelle « Marluxia »... Si ça c'est pas un prénom de tapette, je sais pas ce que c'est.
– Sans déconner, y a vraiment des gens avec des prénoms si débiles ? Et avec des cheveux de ce genre de couleur ? N'importe quoi, ajouta-t-il en riant.
Un autre garçon avec un prénom débile et des cheveux d'une couleur criarde ne fit aucun commentaire et pinça les lèvres.
– Faut croire.
– Et il est fleuriste en plus... Heureusement pour toi, il est pas coiffeur. Là, ce serait vraiment le must du must.
– T'as pas tort...
– Bon, c'est quoi ces stéréotypes à la con ? Régit finalement Isa qui se sentait certainement concerné, à raison peut-être, vu qu'on ne connaît pas précisément son avenir.
Les deux autres se tournèrent vers lui, étonnés.
– Bah quoi ?
– Tous les fleuristes sont pas gays. Les coiffeurs non plus. Ce genre d'idées...
– Quoi, le taquina son ami, tu comptais devenir coiffeur ? Vaudrait mieux pas, parce que vu ta coupe, ça peut juste faire d'énormes dégâts.
Il y eut un échange de regard et chacun retourna à ses occupations Lea à écouter Naminé, Isa à regarder le plafond en réfléchissant à des choses et d'autres, plus ou moins disibles (ce qui ne l'est d'ailleurs pas), plus ou moins correctes, plus ou moins morales. (Je parlais de meurtre, hein, n'allez pas penser de viles choses ! Je vous connais, bande de pervers sans aucune limite !)
– Tu ne peux pas savoir comme ça me tape sur les nerfs...
– Je te crois, et je compatis, fille (hé bien quoi s'ils s'appelaient « mecs », il fallait bien donner un nom à la jeune demoiselle présente.)
– Merci les mecs. Bon, c'est pas tout ça, mais j'ai un rendez-vous.
Les deux autres se tournèrent vers elle, surpris.
– Un rendez-vous ?
J'ajouterai que ce n'est pas très poli d'avoir l'air étonné dans ce genre de cas à vous, messieurs, la demoiselle pourrait le prendre bien mal.
– Ouais.
– Avec qui ?
– En quoi ça vous regarde ?
– Hé ben... C'est que... Commença Lea.
– C'est qu'il doit savoir de qui il doit être jaloux, termina Isa dans une douce vengeance.
– Hum, non, vous vous fourvoyez complètement. J'ai rendez-vous avec des amies, c'est tout. Allez, à plus.
Sur ces mots, elle sortit de la pièce en laissant les deux autres gamins échanger de longs regards pleins de sous-entendus.
– Des amies, hein... ?
– Oh, mec, soupira Lea. C'est quoi ces pensées ?
– Quelles pensées ?
– Fais l'innocent !
– Mais je pensais à rien. Par contre ta réaction me ferait penser que, dans ton cas...
– Tss, tss, j'ai rien dit ! Au fait, j'me suis toujours posé une question...
– Oui ?
– Tes cheveux. C'est naturel ou y a vraiment des coiffeurs qui font des coupes et des teintures aussi moches ?
– Je te hais.
– Bienvenue au club, moi aussi j'me hais parfois !
x x x x
Naminé arriva au lieu de rendez-vous top secret avec un peu d'avance. Aujourd'hui était un grand jour elle allait avoir enfin la première réunion secrète de sa société secrète dont le nom des membres secrets était secrètement gardé secret.
Un sourire mystérieux (et non secret) traversa son visage lorsqu'elle aperçut sa correspondante attendre devant le bâtiment qui allait servir sous peu de quartier général. Les deux jeunes filles gloussèrent en se retrouvant et échangèrent quelques nouvelles avant d'atteindre ce qui allait être :
« La Planque Secrète de la Mystérieuse Organisation Exclusivement Féminine Visant à Faire Souffrir de Pauvres Mâles Innocents Qui n'Avaient Rien Demandé », ou plus simplement connu sous le nom secret de PSMOEFVFSPMIQARD. (D'ailleurs, si vous observez bien, vous pouvez trouver le mot secret : « Mofiard », le mot miraculeux qui peut ouvrir toutes les portes gardées closes par un groupuscule de filles enragées, sorte de mélange entre « motard », « fuyard » et « poignard », mais avec des lettres en plus ou en moins.)
– Mmh, Naminé, annonça son amie, ça te dérange si on a une invitée en plus ?
– Non, bien sûr.
– Tu ne me demandes pas qui c'est ?
– Kairi, non ?
– Ouais.
– Au point où on en est, on inviterait pas Aqua aussi ?
Xion (car tel était son nom) lui sourit et répondit :
– Je savais que tu dirais ça, donc j'en ai pris l'initiative... (Une preuve, peut-être, de certains pouvoirs surnaturels sur lesquels on ferait mieux de se pencher un jour.) Elle arrivera dans quelques minutes, je suppose. Kairi nous attend déjà dans la PSMOEFVFSPMIQARD (à prononcer : « », ce qui n'est pas des plus facile, j'en conviens.)
– Très bien.
Elles entrèrent dans le quartier général (l'autre nom de la Planque Secrète de la Mystérieuse Organisation Exclusivement Féminine Visant à Faire Souffrir de Pauvres Mâles Innocents Qui n'Avaient Rien Demandé) et s'installèrent à leur aise pendant que Kairi saluait la nouvelle venue avec un léger sourire.
– Salut Nami.
– Hello. Ça fait un bail.
– Oui. On s'était pas vraiment parlées la dernière fois. Tu vas bien ?
– On peut dire ça, je pense, et toi ?
– Ça va.
Xion, qui était restée silencieuse, sursauta brusquement lorsqu'elle entendit quelqu'un sonner. Elle se précipita hors de la pièce en glissant un « ça doit être Aqua » à ses amies (comme quoi les gens peuvent très vite devenir « amis » quand ils ont un but commun) pour aller l'accueillir personnellement. La blonde sortit un cahier de son sac et se mit à faire quelques dessins (assez simplets pour son âge, mais ne commentons pas, l'art, c'est subjectif.)
Elles restèrent sans rien dire pendant un moment, jusqu'à ce que le silence se brise.
– À ce qu'il paraît, t'es devenue plutôt proche de Xion et sa bande ? Demanda Naminé.
– Tu vises large... soupira Kairi.
– Je sais. J'imagine que tu dois t'ennuyer un peu.
– Pourquoi ?
– Riku n'est pas très causant. Xion fait semblant de t'apprécier pour faire plaisir à Roxas et Ven... Je serais étonnée qu'il s'entende avec toi.
– Dis-moi, Naminé, où est passée ta manie de parler par monosyllabes mystérieuses ? C'est tellement abrupt, ce que tu dis.
– Mais c'est vrai, donc...
– Oui... Je m'ennuie un peu.
Elle eut un léger soupir et ajouta :
– Et puis... Même si ce sont les pires crétins de la terre, Vanitas et Sora me manquent.
– Et Axel ?
– Quoi ? Je le vois tous les jours.
– Mais tu ne t'entends plus vraiment avec lui, pas vrai ? Il te manque ?
– Sans doute...
Naminé lui offrit son plus beau sourire (ce qui est toujours un charmant cadeau) et entama :
– Dans ce cas, tu devrais peut-être...
Elle fut interrompue (comme c'est dommage!) par l'entrée de deux sympathiques jeunes filles qui discutaient posément d'un sujet connu d'elles seules (et certainement de la plus grande importance, mais laissons). Elles cessèrent leur conversation en entrant et chacune salua la nouvelle venue avec le sourire (c'est beau, c'est bien, c'est la bonne humeur à l'état pur et les oiseaux chantent en dansant.)
Xion ferma la porte et s'installa. La réunion allait commencer. C'était du sérieux, maintenant, il n'était plus question de gloussailler au sujet de diverses choses plus ou moins identifiables.
– Bienvenue dans la PSMOEFVFSPMIQARD, dit-elle solennellement.
– Quel drôle de nom, commenta Aqua.
– C'est vrai, on avait pensé à dire bêtement « salle de torture » mais finalement c'était un peu trop évident. Et puis avec un nom pareil, tu peux être certaine que dans cinq minutes on va avoir droit à l'arrivée de notre première victime, expliqua Kairi.
– Personne ne peut résister à l'envie de stopper une réunion secrète en cours, surtout quand une abréviation des plus incompréhensible est inscrite sur la porte, insista la plus jeune. Et puis, il est tellement crétin et stupidement curieux. Au moins ça lui fera une leçon de vie.
Les trois autres hochèrent la tête avec recueillement. Elles savaient bien que Xion avait raison. Au fond, c'était elle qui le connaissait le mieux.
– En fait, interrogea Naminé, je peux comprendre que vous ayez envie de le traumatiser un peu, mais... Après, on va parler de quoi ?
– On ne va pas lui parler, on va lui poser des questions, rétorqua Kairi. Sa situation actuelle est trop bizarre pour qu'on reste à rien faire. Nous avons besoin de détails pour la survie d'un être humain. Et puis, on s'ennuie un peu, donc quitte à le kidnapper, autant essayer de lui faire cracher le morceau.
– Là-dessus je crois que nous sommes toutes d'accord (et pas seulement elles, d'ailleurs), confirma Xion.
Elles échangèrent des regards entendus, comme si les questions à poser étaient établies le plus clairement du monde (le langage secret féminin en est sans doute la cause, d'ailleurs, tout le monde sait que ce sont des aliens qui communiquent par la pensée.)
Naminé, par contre, ne semblait pas comprendre le sujet de la conversation (il fallait bien qu'elle fasse honneur à sa couleur de cheveux au moins une fois, c'était une question de gloire) et observait ses camarades avec un air légèrement perturbé. Quelque chose lui échappait, c'était un fait. Elle hésita avant de poser la question, de peur de passer pour une cruche (ce qui ne risquait pas d'arriver étant donné qu'une cruche est un récipient doté d'un bec et d'une anse, ce qu'elle ne possédait manifestement pas, à moins, bien sûr, qu'elle ait fort bien caché son jeu), et se décida finalement à sauter le pas :
– Hum, les filles, de quoi vous parlez ?
– Bah, de Vanitas !
Bon. Bien. Effectivement, elle était prise pour une arriérée mentale de dernière catégorie (excusez-moi si vous n'aviez pas non plus compris de qui on parlait – si c'est le cas, veuillez s'il vous plaît ne pas prendre en compte la remarque précédente.)
– Merci, mais vous voulez lui faire parler de quoi ?
– Ah, c'est vrai que tu ne dois pas être très au courant, soupira Aqua.
Xion et Kairi échangèrent un sourire énigmatique.
– Et dire qu'avant c'était toujours toi la première au courant ! S'exclama Xion.
Naminé sentit doucement l'exaspération monter en elle pendant que les autres s'évertuaient à taire le sujet tout en y faisant diverses allusions comme savent le faire les plus grands auteurs à suspense.
– Donc, quoi ?
Les yeux de Xion brillèrent et elle répondit :
– Ven et Vanitas sont –
– En couple, interrompit Kairi en prévision.
Le mot qu'elle avait failli utiliser n'était sans doute pas le plus flatteur et pouvait se résumer en deux lettres qu'il n'était pas bon d'évoquer en public.
Elle ouvrit des yeux ronds puis eut un sourire à moitié intrigué, à moitié : « vous vous fichez de qui là, en fait ? »
– Eux deux ? Vous êtes sûres ?
– C'est le moins qu'on puisse dire, assura la rousse. On a eu quelques preuves.
– Alors là... C'est bien la dernière chose à laquelle je m'attendais (ça arrivait juste derrière voir un chat vert et bleu voler en slip jusqu'à Jupiter pour rapporter une canette de produit de lessive en forme de stylo.)
– Tu l'as dit, accorda Aqua, j'ai été étonnée aussi.
– Mais comment c'est possible ? C'est le jour et la nuit. Leur caractères sont impossibles à accorder, et puis...
Elle eut l'air de réfléchir et ouvrit soudainement les yeux un peu plus grand, avant de s'écrier :
– Non, c'est pas possible, il n'est pas stupide à ce point.. !
Les trois autres lui retournèrent un regard surpris. C'était quoi, cette manie de faire référence à des événements inconnus au bataillon ?
– Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Aqua.
– En fait... Vous vous souvenez quand je suis venue cet été ? Un jour, j'ai vu Vanitas et on a discuté un peu, relata Naminé, un peu perdue dans ses pensées. Je (on s'en doutera) m'ennuyais à mourir, et puis j'aime tellement me moquer de lui, il est si crédule, c'était plus fort que moi... Je lui ai inventé que Ven m'avait raconté qu'il lui manquait et qu'il semblait très attaché à lui, ou quelque chose comme ça, en insinuant une ou deux références subtiles... Je pensais pas qu'il me croirait, cet imbécile. C'est vrai qu'il n'a pas inventé le fil à couper le beurre, mais je n'aurais pas pensé qu'il tombe aussi facilement dans le panneau. Voilà qui change tout à fait ma perception de sa personne...
– Ouah, ça explique un tas de chose, murmura Xion.
– En effet, ajouta Kairi. Il doit avoir fait des conclusions...
– Mmh. À la base, je le lui avais dit en pensant qu'il serait bien le dernier à y prêter attention. Mais il faut croire que je l'avais mal analysé... Etrange.
– Je trouve quand même ça bizarre, formula lentement la plus âgée du groupe. Je ne pensais pas que c'était son style d'accorder du crédit à ce genre de racontars. Surtout à propos de Ven.
– Après tout, pourquoi pas ? C'est peut-être juste la preuve qu'il sait très bien cacher ses sentiments. Au fond, ils étaient plutôt proches quand on était gosses, non ? On ne fait pas d'eau sans molécules d'oxygène et de dihydrogène comme on dit (il est difficile de deviner qui désigne le « on » utilisé, pour une telle expression), lâcha Kairi.
– Mmh, j'en sais trop rien, réfléchit Naminé. Ça a toujours été un peu spécial. Enfin, de toute façon...
La porte s'ouvrit sans prévenir (encore heureux, comme on dit) et Xion évita de justesse le battant. Un mystérieux jeune homme se trouvait dans l'entrée et son regard passait de l'une à l'autre avec déception. Manifestement, il ne s'attendait pas à voir quelque chose d'aussi nul et banal qu'une réunion de racoleuses plus inintéressantes les unes que les autres.. Il eut un soupir de mécontentement et ne remarqua pas les six yeux brillant de malignité qui s'étaient posés sur lui, souvent accompagnés de sourire sournois.
– Tiens, tiens, regardez qui est là, commenta Kairi.
– Intéressant... murmura Naminé en dessinant vaguement sur son cahier.
– Je dirais même qu'il a un timing parfait, dit Xion, une étrange lueur dans le regard qui aurait fait peur à n'importe qui.
Vanitas se figea lorsqu'il entendit une voix sombre dans son dos, et une porte claquer. Aqua, la fourbe, s'était glissée derrière lui pour (mais vous allez arrêter oui!) pouvoir l'enfermer dans la pièce sans qu'il puisse se défendre. Il était piégé, il le savait. Comment avait-il pu être si stupide ?
– Bienvenue, Vanitas. Ne t'avions-nous pas prévenu que c'était une réunion privée ? Demanda-t-elle avec un sourire en bloquant l'accès à la sortie.
L'ambiance qui régnait avant l'arrivée du garçon et celle qui régnait à ce moment précis étaient tellement lointaines l'une de l'autre qu'elles en devenaient incomparable. À croire que Belzébuth était entré avec lui (ce qui ne m'étonnerait guère, il faut dire qu'il porte souvent la poisse.)
– Privée, privée, tu parles. Elle serait privée si elle était pas dans la chambre d'ami accessible à tous et toutes, cracha-t-il en essayant de cacher son inquiétude.
L'atmosphère était très particulière et il se sentait soudain mal.
– Puisque tu es là, pourquoi ne viens-tu pas t'asseoir avec nous ? Proposa Naminé.
– Mais oui, assieds-toi... Non en fait. C'est pas une proposition, c'est un ordre. Assis ! Ordonna sa sœur.
– Euh, pardon ?
Il n'eut rien le temps d'ajouter : quatre femelles en furie venaient de le forcer à se poser sur une chaise qui se trouvait mystérieusement sur place alors qu'elle n'avait rien à y faire.
– Tu crois qu'on doit l'attacher ? Demanda la plus jeune en se caressant le menton.
– Sans aucun doute, répondit Kairi. Il est fourbe et malin il réussira à fuir si nous ne prenons pas un minimum de précautions.
– Tu n'as pas tort, souffla Naminé. Voyons, avec quoi va-t-on procéder...
Les quatre se mirent à réfléchir sous les yeux effarés de leur victime.
– Hum, les filles, vous savez, je refuse d'être humilié ou quoique ce soit de ce genre, hein, alors que vous m'attachiez ou pas... Euh... Qu'est-ce que vous faites ?
Naminé avait sorti de nul part de la corde, triomphante.
– Qu'est-ce que je disais, soupira Kairi, il est devenu faible depuis qu'il a laissé quelqu'un accéder à son cœur...
– Accéder à mon... Quoi ?
Xion termina d'attacher ses mains derrière la chaise avant d'afficher un sourire terrifiant.
– Parfait, approuva Aqua. Mais ne faudrait-il pas aussi attacher ses pieds ? Question de prudence, bien sûr.
– Aqua ! Qu'est-ce que tu fais ? Qu'est-ce que vous faites toutes ? Les filles, oh, je suis pas un jouet !
– Tu vois, c'est exactement ça.
– Mais ce n'est pas un jeu, beau garçon, c'est un interrogatoire ! S'exclama la rousse.
– ... Quoi ? Et vous êtes obligées de mimer une prise d'otage pour ça ? D'ailleurs, je te serai reconnaissant de plus m'appeler par ce genre d'expression, Kairi...
– Mmh, ça me paraît logique, les compliments venant des filles ne devraient plus vraiment l'intéresser, si ce que vous avez dit est vrai, conclut Naminé.
–... C'est pas vrai que vous allez encore parler de ça ? Laissez-moi tranquille et mêlez-vous de vos affaires, sérieux...
– Bien sûr que si, Vanitas... Tu sais, cette histoire est trop bizarre, et puis... commença Aqua.
– On veut des détails ! Ajouta Xion, surexcitée. (Bien sûr, c'était sans doute la principale raison.)
– Et on va les obtenir, termina Kairi.
« Les filles deviennent vraiment bizarres quand on les met ensemble » pensa Vanitas avec raison. Ils n'auraient jamais dû laisser Kairi rejoindre les autres et devenir amie avec Xion. Maintenant, elles étaient liguée contre lui. Très mauvais.
Il était dans la cage aux lions, et attaché de surcroît. Il avait passé des jours à éviter leurs questions, leur regard, à fuir devant les commentaires tendancieux et à protéger un maximum sa vie privée mais au fond, il s'en rendait compte, il aurait dû savoir que la fourberie de ces dames étaient plus forte que la sienne, et qu'il se ferait attraper un jour ou l'autre. Il croisa les doigts pour être épargné un maximum, en se jurant intérieurement de ne rien dire d'irresponsable, de stupide ou d'ostentatoire (chose vaine quand les femmes ont décidé d'entendre ce genre de chose, bien sûr personne ne peut les battre sur ce terrain.)
– Alors, Vani, tu vas répondre bien sagement à nos questions et je te promets qu'on ne te fera rien de méchant, annonça la rousse avec une expression sournoise.
– Je peux commencer ? Demanda très sérieusement Naminé en s'approchant de sa victime.
– Vas-y, je t'en prie.
Elle le regarda dans les yeux et il eut la soudaine envie de se trouver ailleurs : sur Mars, en Afrique du Sud, à Zombieland, sous terre ou dans une planque secrète de la CIA, peu importait, au final, du moment qu'il était très loin et très seul (ou en tout cas, mieux accompagné.)
– C'est sérieux cette histoire ? L'interrogea-t-elle.
– Quelle histoire ?
– Celle qui commence par « deux gamins qui se détestaient » et qui se termine par des baisers à pleine bouche, voire plus si affinité ? Que tu sortes avec Ven, quoi, traduisit-elle en imaginant que c'était sûrement trop subtilement bien dit pour qu'il soit capable de comprendre.
– Tout de suite les grands mots, vous êtes toutes pareilles, soupira-t-il. Je ne « sors » avec personne, je...
Il s'interrompit en se rappelant sa promesse intérieure. Dire « je profite juste de lui durant un certain moment à cause d'un certain personnage roux qui a beaucoup trop d'autorité sur moi dans le but de pouvoir le maltraiter par la suite » n'était pas la bonne méthode. Il devait garder ses pensées pour lui.
– Tu... ?
Les quatre le regardèrent avec patience. Il tint pourtant les lèvres closes, afin de ne rien laisser échapper.
– Allez, Vani, exprime-toi, dévoile-nous le fond de ta pensée, susurra Xion à ses côtés.
– C'est pas parce que t'es ma sœur que tu peux me donner ce stupide surnom.
Elle soupira en signe d'impuissance.
– Donc c'est vrai ? Insista Naminé qui n'avait toujours pas eu de réponse claire.
Leur victime réfléchit à toute allure et décida que la meilleure moyen pour qu'elles le laissent partir était de leur offrir ce qu'elles voulaient entendre.
– Ouais, c'est vrai. Bon, voilà, je peux partir maintenant ?
– Oh, t'as cru toi ! Non, non, tu vas rester encore un petit moment, ricana Kairi.
– Bon, passons au plus important : pourquoi ? Questionna la benjamine. Je trouve que cette histoire de couple est anormale.
– Moi aussi.
– C'est vrai.
– J'avoue.
– Donc, pourquoi ?
Vanitas ferma les yeux un moment. Ça ne s'améliorait pas, décidément.
– Qu'est-ce que tu veux que je réponde à ça ?
Mmh, j'imagine qu'il aurait pu répondre « parce qu'Axel a mal interprété les paroles que je lui avait rapporté de Naminé et que du coup il a passé son temps à me harceler pour que je puisse me retrouver dans cette situation merdique », mais il n'était pas d'humeur honnête et surtout, n'avait pas envie de se prendre 4 gifles à la suite (les filles sont d'une violence, beaucoup trop d'innocents l'ignorent.)
– Bah je sais pas, rétorqua sa sœur. Tu pourrais répondre quelque chose comme : « un jour je l'ai vu, puis je me suis rendu compte que je ne cessais de penser à ses beaux yeux bleus et j'ai su que j'avais eu un coup de foudre lorsque mon cœur s'accélérait quand je le voyais devant moi, et à chaque fois que je me - »
– Ça va, ça va, tu pourrais cesser de dire des trucs aussi ignobles s'il te plaît ?
– C'est pas un romantique, lui, fit remarquer Aqua avec sagesse (en semblant oublier le fait que la fin de la phrase semblait tout sauf romantique – quoique, ça dépend peut-être de l'interprétation, elle voulait peut-être ajouter « à chaque fois que je me brossais les dents dans le but d'avoir un beau sourire bien blanc », mais le doute reste permis.)
– Ou alors c'est à cause de ta conversation avec Naminé cet été ? Lâcha Kairi.
Il se sentit soudain couvert de sueurs froides. Comment était-elle au courant de ça ?
– Mmh, ton regard me dit que ça doit y être pour quelque chose, constata la blonde avec un léger sourire.
– Euuuh... Ouais, voilà, c'est la raison. J'ai des choses à faire, vous me laissez partir s'il vous plaît ?
– C'est drôle comme ils deviennent polis quand ils sont pieds et poings liés, ricana sa cadette. N'empêche que cette réponse me convient pas. Nami t'as dit des trucs bizarres, et toi, pouf ! Tu te rends compte que c'est pas si mal et tu lui déclares ta flamme ? Y a comme un truc qui cloche.
– Oh, mais laissez-moi tranquille...
– Dis-nous la vérité.
– Non.
– Allezzzz !
– Non.
– S'il te plaît ?
– Jamais.
– Laisse-tomber, Xion, déclara la rousse, on passe à autre chose. Mon petit, il y a une question qu'on se pose toutes intérieurement (oui, vous aussi mesdemoiselles, ne niez pas), donc...
Il aurait presque pu entendre les roulements de tambours présageant un sombre et terrible fanservice des plus répugnant :
– Vous avez été jusqu'où, tous les deux ? Termina-t-elle en battant des cils.
C'était bien sûr le thème principal de la journée, et il n'aurait pu passer à côté. Il se demanda d'où leur venait cette espèce de curiosité morbide. Elles étaient définitivement effrayantes. Il fallait qu'il réussisse à trouver un habile stratagème pour s'en sortir tout en ne disant rien de particulier.
– Je crois qu'un jour on a été jusqu'au lycée, affirma-t-il très sérieusement.
Elles levèrent les yeux au ciel dans un parfait timing et Naminé (qui n'était pas aussi innocente qu'elle le laissait croire) développa :
– Elle te demande juste si vous l'avez fait.
Heureusement, et peut-être malheureusement pour les jeunes filles, cette expression et sa pudeur exagérée permettait de nombreux contournements.
– Ouais, évidemment, c'est difficile de garder une bonne entente sans le faire, avoua-t-il.
– Nom de ...
– Enfin attends, tu parles bien de discuter, hein ? Parce qu'avec votre langage secret, je peux pas savoir exactement ce que vous sous-entendez, et j'aurais pas envie de vous donner de faux espoirs...
Il eut un sourire satisfait en savourant leur regard déçu.
– Cet affront demande réparation, déclara Kairi. Je propose la torture.
– Approuvé.
– Approuvé.
– Approuvé.
– Attendez, quelle torture, vous allez quand même pas...
Xion sortit une plume d'un des meubles qui se trouvait là (oui, il y a des gens qui rangent des plumes dans leurs meubles c'est une pratique extrêmement courante, vous devriez essayer, ça éloigne les lutins voleurs de slips.)
– Ah, soupira Vanitas. Je suis pas chatouilleux, c'est même pas la peine d'essayer.
Les filles échangèrent un nouveau regard, et la parente de la victime infirma sa déclaration d'un hochement de tête.
– On commence par quoi ? Les pieds ?
– Ouais, pas de problèmes !
Toutes les quatre s'approchèrent de lui avec un sourire malsain. Il allait souffrir, il le savait.
Et il en avait encore pour un moment.
Vanitas ne put s'empêcher de soupirer de soulagement lorsque ses geôlières le laissèrent enfin fuir en toute liberté, après des dizaines de questions ma foi très sympathiques dont il ne voulait plus jamais, jamais, jamais se souvenir. Il n'était pas masochiste, non plus. Cet épisode de sa vie serait une fois pour toute refilé à la cave de son esprit et y resterait pendant au moins deux centaines d'années, de sorte qu'il prenne la poussière et les toiles d'araignées (ainsi que les dégâts des eaux et les visite des rats d'égout). Plus jamais il ne verrait un tube de rouge à lèvre de la même façon. Ni un recourbe-cil. PLUS JAMAIS. Sa fierté ne lui permettait en aucune façon d'admettre les faits. EN AUCUNE FACON.
À ses côtés, Naminé marchait avec un sourire tranquille aux lèvres (celui du bourreau qui vient d'exécuter sa tache avec succès) en regardant l'horizon (gris et brumeux) qui se profilait devant elle.
Tous deux s'arrêtèrent devant l'entrée de la propriété, prêts à faire leurs aux revoir.
– Merci de m'avoir raccompagnée, dit la jeune fille en regardant Vanitas droit dans les yeux.
– Je t'en prie... C'est toujours un plaisir d'accueillir tout un tas de fille chez soi... Un vrai plaisir...
Elle fit mine de ne pas entendre et eut soudain l'air de réfléchir.
– En passant, Vanitas, il y a quelque chose dont je voulais te parler.
L'autre (oui, il n'a même pas la classe d'être appelé par son nom) haussa un sourcil en élaborant intérieurement un tas de théories sur le sujet de la conversation, qui risquait d'être étrange vu l'entrée en matière qui ne présageait rien de bon.
– Mmh ?
– Cet été, tu m'avais vraiment crue ? Quand je t'ai parlé de Ven et de ses pseudos-sentiments pour toi.
– Non.
– Alors pourquoi t'as quand même essayé de...
– Naminé, mes histoires me regardent. J'aimerais bien qu'on me lâche la grappe, un moment.
– D'accord...
Il se prépara à lui tourner le dos et fut une nouvelle fois interrompu.
– Et Sora ?
– Quoi ?
– Comment il va ? On m'a dit qu'il avait beaucoup de mal ces derniers temps...
Il sembla comprendre de quoi elle parlait (mais si, cet événement introduit au chapitre précédent et que j'ai honteusement passé dans celui-ci!) et se gratta le sourcil avec négligence avant de répondre :
– Ouais. À cause de ce connard de Riku, expliqua-t-il. J'sais pas trop comment il va... Si tu veux le savoir, va le voir. Ou demande à Ventus, il est sûrement bien plus au courant que moi, ajouta-t-il avec une grimace.
– Ven ? Je croyais qu'ils ne s'entendaient pas.
– Ouais. Moi aussi j'croyais. Bon maintenant excuse-moi, je dois aller me laver le cerveau... Toutes vos idioties m'ont donné mal à la tête.
Il partit sans lui dire au revoir, sans doute un peu contrarié pour quelque raison mystérieuse. Naminé l'observa en silence. Elle n'avait aucune envie de rendre visite à Sora.
De toute façon, le cycle des rumeurs était bien assez rodé pour qu'elle soit au courant d'une façon ou d'une autre. Elle décida, à la place d'aller voir la présumée victime, d'aller voir le présumé bourreau.
Ce qui marque le moment tant attendu où nous allons apprendre ledit événement grâce à la subtile méthode du flashback...back...ack...ck..k...
Un petit nombre de jours indéterminé plus tôt.
Axel se retenait de rire, Xion tentait de calmer Roxas avec plus ou moins de succès, Roxas riait intérieurement, Kairi soupirait, soulagée de ne pas avoir assisté à un match de catch, Sora demandait à tout le monde des explications et Riku s'avançait vers lui, l'œil menaçant. (Rien de tel qu'une réplique utilisée avant pour se remettre dans le contexte.)
Notre bon Sora, donc, toujours aussi perdu, tentait d'arracher des informations à un certain rouquin qui ne manquait pas de se payer sa tête entre deux hoquets. Trop occupé à chercher des réponses, il ne se rendit pas compte (ou à peine) de la venue sournoise de son ennemi juré (il avait quand même jeté son super porte bonheur dans un lac, le vilain) dont n'importe qui aurait pu sentir l'aura maléfique à trois cents kilomètres à la ronde.
Riku s'avançait donc sournoisement et se figea soudain à une distance raisonnable de Sora. Tout ça était bien trop stupide il ne pouvait décemment pas arriver et faire une scène devant un public aussi large et toujours aussi avide de joutes et autres complots, comme ils venaient de le prouver quelques minutes plus tôt. Il lui fallait être plus subtil : c'est pourquoi il rangea ses éclairs oculaires dans sa poche et décida de sortir silencieusement du réfectoire pour attendre sa future victime dont le destin est connu par le narrateur du futur et sans doute l'actuel si on me considère comme étant omniscient, ainsi que par futur Sora, future Kairi, futur Riku, futur Vanitas, futur Ven, futur Roxas, future Xion et futur Axel, ainsi que future Naminé dans un futur un peu plus lointain et futur vous, aussi.
Bref, après quelques temps, Sora décida de quitter la salle pour aller sur le toit tel un adolescent dépressif américain qui a toutes les chances de passer par dessus le parapet mais qui fait comme si c'était l'endroit le plus chouette du monde en ignorant purement et simplement le destin tragique auquel il est promis (je me demande d'ailleurs pourquoi il existe encore des accès aux toits dans certains bâtiments mais c'est complètement hors sujet.)
Alors qu'il s'apprêtait à regarder dans le lointain, les yeux dans le vague avec un air qui oscillait entre le misérable venant de se retrouver au chômage et le poète lyrique ne trouvant pas l'inspiration, il entendit vaguement un bruit derrière lui. Il se tourna avec un air surpris qui donc pouvait connaître son endroit secret (je parle du toit, bien sûr) ?
Il fronça fortement les sourcils (pour montrer qu'il n'était pas très content) lorsqu'il aperçut Riku qui le regardait encore avec colère.
– Qu'est-ce que t'as ?
Il ne répondit rien et s'avança avec lenteur, menaçant. Lorsqu'il fut proche de Sora, il lui jeta à la figure (nouvelle manifestation de mécontentement) une feuille de papier. Rien de bien particulier, me direz-vous, si ce n'était que la feuille de papier n'était pas vierge (oh ! À son âge!) mais remplie de douces écritures dactylographiées avec le plus grand soin.
– Tu es ridicule.
Sora fut fortement tenté d'écarquiller les yeux et d'ouvrir grand la bouche en signe d'outrage, mais se retint et au lieu de quoi répondit simplement :
– Et je peux savoir en quoi ?
– Ne fais pas l'innocent. Tu me prends pour un débile ?
Il pensa oui très fort et laissa ses yeux parler pour lui.
– C'est quoi ton problème ?
– Je sais que tu as publié ce message stupide, Sora. Qu'est-ce que tu espérais ? Que tu allais me ridiculiser (ce qui avait plutôt réussi) ? Que c'était une « juste vengeance » ? Idiot. Si au moins tu l'avais fait toi-même, mais non, il a fallu que tu le vole à ce bibliothécaire paranoïaque. Franchement, imiter ma signature... Qui serait assez débile pour croire ça ?
Il n'avait pas l'air de se rendre compte que la moitié de la ville était maintenant vraiment débile mais bref, passons.
– Tu me fais pitié.
– J'en ai rien à faire de savoir ce que tu ressens en ma présence, Riku. Tu as dit ce que tu avais à dire, maintenant va-t-en.
Un sourire malsain barra le visage du garçon (quoique j'aurais aussi pu dire psychopathe que ça n'aurait pas changé grand chose), ce qui semblait signifier « attends, Sora, j'ai encore un couteau ainsi qu'une poire d'angoisse dans mon sac, ne pars donc pas si vite ». Il traduisit le message par des mots, sans doute pour que le sourire en question ne soit pas mal interprété.
– Je n'ai pas fini, pauvre idiot. Ta pâle tentative d'intimidation me fait presque rire tellement elle est minable. On dirait que tu as un don pour rater les choses que tu fais.
– Ne dis pas ça.
– Tu rates tes études, t'es pas capable de garder des rapports corrects avec tes amis...
– Tais-toi, je te dis.
– Sans oublier ta « relation » avec Kairi. Haha ! Quelle blague ! Je me demande comment tu as pu croire une seule seconde qu'elle s'intéressait à toi. Qui voudrait d'un raté dans ton genre ? Pose-toi la question, mon vieux. Personne ne voudrait de toi. Kairi a sans doute juste voulu s'amuser. Ou peut-être qu'elle a perdu un pari... Quoique dans ce cas, le gage aura été horrible.
Sora ne répondit rien et laissa toutes les injures qu'il connaissait voleter gaiement dans ses tissus cérébraux.
– T'as toujours été con, rends-toi à l'évidence. Même ta sœur te soumets.
– C'est bon, t'as fini ?
– Oh non. Tiens, au fait (comme s'il n'avait pas prévu de lâcher l'information une fois ou l'autre), regarde ce que j'ai trouvé ! C'est joli, non ?
Il sortit de sa poche une étoile faite avec des coquillages dont la description correspond étrangement à celle d'un porte-bonheur offert par Kairi à Sora lors d'un chapitre précédent un jour de printemps. Cette fois, Sora écarquilla les yeux et ouvrit la bouche pour manifester son ébahissement. Le salaud avait fouillé dans son casier, ça ne faisait aucun doute !
– Espèce de ...
– C'est tellement mignon ! Garder le petit joujou de Kairi dans son casier comme un objet précieux (si on considère qu'on met ses objets précieux dans son casier, ce qui n'est pas la meilleure méthode niveau sécurité) ! Quel dommage qu'elle ne veuille plus de toi, hein ?
La victime de cet acte diabolique essaya tant bien que mal de récupérer l'objet pendant que le coupable évitait ses assauts avec soin.
– Rends-moi ça ! Ça ne te regarde pas, rends-le moi !
– Oh, tu serais donc en colère ? Ce truc, c'est de la merde. D'ailleurs...
Sora eut à peine le temps de crier un : « non ! » retentissant qui n'aurait de toute façon eu aucun effet lorsque son ennemi lança avec allégresse l'objet le plus loin qu'il le pouvait. Avec un tel goût pour lancer les objets, il aurait du jouer au base-ball, me direz-vous. Certes oui, mais le problème avec le base-ball, c'est qu'on lance une balle et pas le plus précieux bien de son adversaire. C'était sans doute la raison qui avait poussé Riku à ne pas participer à ce sport.
Fou de rage, le pauvre garçon décida qu'il allait lui aussi aller envoyer le sourire insupportablement satisfait de Riku hors du toit. Il lui sauta à la gorge avec un cri effroyable (une sorte de « HYAAAAAARRRAAAAARRRRRRGGGGGG ») dans l'espoir de pouvoir lui matraquer la face (c'est impoli de dire gueule, parait-il. D'ailleurs je nous trouve fort peu sympathiques avec nos amis les animaux) et lui arracher quelques dents bien visibles. Malheureusement, et comme l'avait si bien dit son adversaire, Sora restait un être faible qui ratait tout ce qu'il faisait.
Il se retrouva à terre sans même avoir su comment (il avait dû se téléporter) et regarda Riku avec haine.
– Je te hais ! Hurla-t-il pour appuyer ma description. Tu vas me le payer, t'entends ?
– Oh, j'en tremble d'avance !
Stratégiquement placé (c'est à dire juste devant le parapet, histoire de pouvoir tomber quand il le voulait) l'argenté (moi aussi je trouve ça étrange) regarda son ennemi charger sur lui.
Voilà qui était bien stupide qui donc allait foncer sur quelqu'un qui pourrait esquiver n'importe quoi comme il voulait alors que derrière se trouvait le vide ?
Aveuglé par la colère, Sora réalisa à peine qu'il courait de plus en plus vite au devant d'une mort certaine et douloureuse (il n'est jamais bon de chuter de plusieurs étages, généralement on ne trouve après qu'un tas de membres humains étrangement placés) et se prépara à donner à Riku la plus énorme droite de sa vie.
Ce fut un échec cuisant.
Il ne se rendit compte de sa mauvaise posture que lorsque son adversaire s'écarta pour le laisser se jeter dans le vide. Horrifié, il tenta de ralentir en vain. Rien ne pouvait arrêter un bras en plein mouvement. Il attendit de perdre ses repaires et de ne plus sentir le sol sous ses pieds.
Il sentit soudain qu'on lui attrapait le bras et fut forcé de se tourner pour croiser un regard turquoise et glacial.
En suspend entre le vide et le toit, il priait toutes les entités connues et inconnues de lui laisser la vie sauve. Les prunelles de Riku ne reflétaient rien de particulier mais il était certain qu'il se ferait une joie de le laisser tomber. Il finit par croire qu'il n'avait aucune chance. Comment sa vie elle-même pouvait-elle être entre les mains de celui qui le tenait par le col, hésitant entre le laisser chuter ou non ?
Soudain, il se sentit glisser et ses pieds ne trouvèrent plus d'appui. Il lança un dernier regard à Riku avant de tomber.
Mais bien sûr comme il y a peu j'ai fortement sous-entendu que certes, Sora allait mal, mais qu'en tout cas il était bien vivant, il serait inutile de faire croire à sa mort (ce qui aurait pourtant été bien drôle - oui, chacun ses passions).
Les mains désespérément agrippées au bord du mur, le brun se balançait à une dizaine de mettre au dessus du sol. Il aperçut le visage de son aîné le regarder. Dans un élan d'intense fourberie, celui-ci attrapa les poignets de Sora en faisant mine de vouloir le remonter. Il soutint son regard terrifié avant de dire :
– Longue vie au Roi...
...
...
Bon, non, mais il aurait pu s'il avait eu de bonnes références ! Il soutint donc son regard terrifié avant de dire :
– C'est tout ce que tu mérites.
Sur ces mots, il laissa sa victime entre les mains du Destin et partit sans demander son reste. Au fond, peu lui importait ce qui arriverait à Sora. C'était une autre histoire. Rien de tout ça ne le regardait.
Quoiqu'il arrive, c'était toujours lui le gagnant.
*Sors d'un trou* Je suis vivante !
Enfin pour l'instant.
Merci pour votre patience ! Le prochain chapitre arrivera plus vite, huhu. Enfin j'crois. Et merci pour votre lecture !
