Disclaimer : Square Enix/BUENA VISTAAAAAA Games.
Encore une fois, un grand merci pour vos reviews !
(... Des fois je relis mon commentaire de fin du chapitre précédent, et je me sens d'humeur très ironique. :D)
Sora était occupé à imaginer dans quelle position son corps se retrouverait en bas et à qui le découvrirait lorsqu'il sentit deux mains puissantes se refermer sur ses poignets.
Il leva les yeux et soupira de soulagement (si on pouvait appeler ça soupirer, disons que ça ressemblait plus à un abstrait borborygme) lorsqu'il aperçut le regard catastrophé d'Axel. Il fallut d'ailleurs à celui-ci toute la force de ses bras (et vu l'épaisseur, ce n'est pas peu dire) pour remonter le brun qui n'était pas aussi léger qu'il ne le laissait paraître.
– Bordel de merde mais qu'est-ce que t'as foutu ? s'exclama-t-il en reprenant son souffle.
Comme il est toujours très sympathique de se voir insulter lorsqu'on vient d'échapper à la vengeance d'un ennemi séculaire, Sora l'ignora superbement et s'installa à même le sol pour reprendre ses esprits. Axel haussa les sourcils.
– Oh, Sora ?
– Laisse-moi tranquille, ok ? répondit-il avec tout le tact possible et une sympathie certaine dans la voix.
Axel soupira et posa une main sur son épaule avant de se faire chasser avec tant de conviction qu'il décida de ne rien ajouter et de plutôt poser sur lui un regard empli de pitié (ce qui est tout aussi agréable quand on vient d'être traumatisé et que la seule chose dont on ait besoin – sans l'avouer bien entendu – est le soutien de ses amis proche, chose qu'il avait perdu, ne mentons pas, depuis un petit moment.)
Comme Sora nous a prouvé qu'il était la cible favorite de la malchance et qu'il n'aurait absolument pas voulu que d'autres témoins gênants amènent leur petite frimousse, Ventus et Vanitas vinrent s'ajouter aux personnages présents sur le toit, sans raison, à tout hasard, ou alors pour satisfaire la vexation universelle vis-à-vis de la pauvre victime.
Le premier resta près de la porte, sans rien faire d'autre que d'observer la scène (une forme de voyeurisme, sans aucun doute) tandis que le second s'approchait de son cousin, les sourcils froncés.
– J'ai vu Riku descendre avec un sourire satisfait (ce qui était déjà un miracle en soi et qui aurait effectivement pu les amener à venir voir ce qui se produisait plus haut), il s'est passé quelque chose ?
Il posa cette question avec un tact et une subtilité telle que Sora ne lui jeta pas un regard et se replia sur lui-même sans le moindre mot. Qu'est-ce qu'il pouvait lui arriver de pire, maintenant ? (Personnellement à sa place je ne tenterais pas le diable en posant ce genre de question mais bon, passons.)
Vanitas s'approcha d'Axel (qui avait l'air de s'y connaître un peu mieux sur la situation actuelle) et lui jeta un regard interrogateur qui demandait des éclaircissements. Axel lui signifia d'un haussement d'épaule qu'il n'en savait pas plus que lui (comme quoi il n'y a pas que les filles qui communiquent silencieusement) et tous deux observèrent avec une certaine pitié la pauvre victime qui finissait par se sentir comme un ornithorynque blessé et teint en rouge en cage.
Après quelques secondes de discussion silencieuse, les deux aînés décidèrent d'arracher des explications les plus claires possibles au brun.
– Bon, Sora, on aimerait des explications, commença Vanitas.
– Ouais. J'aimerais bien savoir ce que tu faisais pendu au mur, continua Axel.
– Et moi savoir pourquoi Riku revenait d'ici avec un sourire satisfait.
– Tout en sachant que c'est ton pire ennemi et qu'il ne manquerait pas une occasion de te faire chier...
– Et que, sans doute, s'il le pouvait, il n'hésiterait pas à t'envoyer à coup de pied au cul hors du toit.
– D'ailleurs je suis certain qu'il n'en éprouverait aucun remord.
– Ce qui expliquerait même le sourire satisfait...
– Ainsi que ce que tu faisais pendu au mur.
– Mais bref on tergiverse pour rien là, ça n'aide pas à comprendre le pourquoi du comment.
Plus loin, Ven se frotta le front tout en pensant : « mais qui donc a décidé de ne donner qu'une moitié de cerveau à ces deux-là ? »
Sora releva la tête et fixa Axel droit dans l'œil (n'en ayant pas quatre, il ne pouvait pas fixer les deux en même temps.)
– Allez vous faire foutre.
– Oh, c'est pas très sympa... (je ne peux qu'appuyer)
Sora se releva d'un coup et hurla (je vais d'ailleurs vous l'écrire en majuscules pour que ça fasse encore plus réaliste, car oui, quand on crie, on crie en majuscules.)
– ALLEZ VOUS FAIRE FOUTRE OK ?
L'ouverture soudaine de sa voix emporta avec elle un flot de larmes qui ne tardèrent pas à couler sur ses joues. Il continua :
– Mêlez-vous de vos affaires ! J'ai pas besoin de votre pitié ! J'ai pas besoin de vous !
Axel eut un regard qui semblait vouloir dire : « comme d'habitude... Bon, on va manger un sandwich ? », Vanitas eut un regard qui semblait vouloir dire : « vivement qu'il ait fini sa crise d'adolescence, celui-là » et Ven eut un regard qui semblait vouloir dire : « ... », qu'on peut aussi comprendre comme « rien » ou « ensemble vide ».
– C'est bon, on s'casse. Belle journée de merde, commenta Vanitas comme il aurait pu dire : « quel temps ensoleillé ! »
Ils se tournèrent vers la porte avant de voir Ven qui, au contraire, se dirigeait vers le pauvre Sora en mal de vivre. Le blond sentit quelqu'un lui agripper le poignet.
– Ventus, j'peux savoir ce que tu fous ? Demanda Vanitas, l'air à mi chemin entre la perplexité et la colère.
– Laisse-moi faire.
– Te laisser faire quoi exactement ?
– Toi et Axel êtes aveugles. Sora a besoin de quelqu'un, tout de suite.
Vanitas eut un ricanement.
– Laisse-moi rire. S'il avait vraiment eu « besoin » de quelqu'un, il ne nous aurait pas jeté dehors comme de vieilles et molles déjections de caniche. Je ne vois pas ce que toi tu comptes faire. Il te déteste de toute façon.
Ven laissa échapper un soupir exaspéré.
– Peut-être, mais contrairement à vous, j'ai un cœur. Barrez-vous si vous voulez, moi je reste.
– Et tes cours ?
– On s'en fout ! Laisse-moi faire, je te dis.
Il le relâcha et le laissa partir auprès du pauvre garçon qui continuait à pleurer dans son coin.
Vanitas, finalement décidé à observer la scène plutôt qu'à aller suivre un cours de géographie qui serait de toute façon particulièrement ennuyeux, s'adossa à la porte qui menait aux escaliers qui menaient au couloir qui menait au réfectoire qui menait à quelques toilettes qui menaient sans doute aux égouts menant eux-même à divers endroit de la ville qui menaient à divers chemins qui menaient certainement à Rome.
Et, comme Axel était lui aussi un rebelle et surtout comme son instinct grégaire était particulièrement développé (ce qui n'est nullement un paradoxe à notre époque), il s'adossa lui aussi à la porte à côté de son vieux pote, et se tint en spectateur avec un air particulièrement intéressé.
Ven s'approcha de Sora avec lenteur, comme on s'approche d'un lion à... Non, je crois que Sora est le dernier qu'on pourrait comparer avec un lion, donc disons une coccinelle, c'est tout aussi féroce. Il s'agenouilla face à lui.
– Sora...
Plus loin, les deux autres plissaient les yeux pour essayer de comprendre la scène ils n'entendaient approximativement rien, et étaient obligés de faire des conclusions avec les informations visuelles qui parvenaient jusqu'à eux.
Les conclusions se firent très étranges lorsqu'après les avoir vu parler entre eux, avoir vu les pleurs de Sora redoubler, avoir vu Ven déblatérer longuement sur un sujet connu de lui même (et sans doute de Sora), ils les virent soudain tomber dans les bras l'un de l'autre et s'enlacer tendrement comme s'ils étaient les meilleurs amis du monde.
Le blond caressait doucement les cheveux de son vis-à-vis tandis que ce dernier sanglotait sur son épaule avec beaucoup de conviction.
– Vanitas, tu m'expliques pourquoi ton mec est occupé à faire des câlins à Sora ?
– Ça m'arrangerait aussi de le savoir, figure-toi...
Axel se tourna vers lui avec un sourire narquois.
– Hé bien, Vani !
– Mmh ? Qu'est-ce que tu veux encore ?
– J'ai dit « ton mec » et t'as pas tiqué.
– Excuse-moi, je pense un peu à autre chose-là.
– Tu me fais trop rire. Bon, ils ont bientôt fini ces deux-là ?
À peine avait-il dit ces mots que ces deux-là se levèrent, et après que Ven ait essuyé les larmes de son nouvel ami (il fait des choses très bizarres, mais que voulez-vous, quand on s'appelle Ventus on a bien le droit de faire des choses bizarre), ils rejoignirent les deux autres qui leur jetèrent des regards perplexes.
Sora n'ajouta rien, adressa un sourire à Ven et rentra, suivi d'Axel. Bref, encore un prétexte pour débuter une bonne conversation entre les deux restants.
Ven lâcha un soupir savamment contenu durant une bonne dizaine de minutes.
– J'peux savoir ce que tu faisais ? Demanda Vanitas qui avait repris son traditionnel air hargneux.
– Je consolais ton pauvre ami.
– T'as de drôles de manière pour consoler les gens, toi !
Ven lui décocha son plus beau sourire
– T'es jaloux ?
– Pourquoi ? Est-ce que c'était le but caché de ta manœuvre ?
– Qui sait...
– Faible.
– N'empêche que t'as quand même réagi, répondit-il avec un sourire moqueur.
– Bien sûr, pour qui tu me prends ?
Il ne répondit pas et se contenta de le fixer sans ciller. Vanitas sentit un frisson parcourir sa colonne vertébrale. Ce type était vraiment trop bizarre.
– Qu'est-ce que t'as encore ? S'impatienta-t-il.
– Je t'aime, tu sais.
Vanitas en resta coi tant il ne s'attendait pas à une déclaration si claire et nette en pareil moment.
– Ouais. 'paraît.
Il se gratta nonchalamment la nuque avant de reprendre :
– Bon, on s'en va ? Je m'ennuie ici.
Ven le suivit sans rien dire, une ombre de sourire aux lèvres.
Une bonne chose de faite, sans doute.
x x x
Dans le présent (ou le futur du passé)
Un petit homme blond était tranquillement en train de manger un sandwich fromage de chèvre - noix - miel (moi aussi je trouve ça immonde) lorsque son frère identique rentra avec un air fatigué.
– Lut Rox', dit le nouveau venu en s'affalant à table, en face de son jumeau.
– S'lut. Comment ça se fait que t'arrives si tard ?
– J'avais cours jusque quatre heures, puis je suis allé faire un tour chez Sora.
– Encore ? T'y vas quasi tous les jours depuis le début de la semaine.
– Oui, je sais. Mais il me fait tellement pitié, je peux pas le laisser comme ça...
Roxas leva les yeux au ciel.
– T'es trop gentil, Ven, c'est pour ça que tout le monde te marche dessus.
– Je préfère être « trop gentil » que juste « méchant ». Et puis tu exagères, tout le monde ne me marche pas dessus.
Sa dernière réplique arracha un sourire à son frère qui ne put s'empêcher d'énumérer les cas où les gens lui marchaient dessus (exception faite de celui : « quand tu est couché au milieu d'un trottoir sur une avenue surpeuplée ») :
– T'as raison, y a juste moi...
– Oui, mais toi c'est parce que je veux bien, c'est tout...
– Sora...
– Il ne me « marche » pas dessus, je joue juste le psychothérapeute...
– Vanitas...
– C'est une exception...
– Axel...
– Où t'as vu ça, toi ?
– Kairi aussi...
– Oui, mais...
– J'en passe et des meilleures. N'empêche que la plupart des gens profitent de toi. Peut-être que tu les laisses faire, mais ils en profitent bien.
– Mouais, soupira-t-il.
Il se leva et partit se faire un sandwich saumon fumé - ail - une autre chose non identifiée (le tout appelé : « haleine fétide » ou « tue l'amour ») et Roxas reprit sa tâche avec conscience (ou consciencieusement pour parler correctement. Enfin, au fond, ça ne change pas grand chose.)
– Au fait, demanda Roxas la bouche pleine (ce qui est très très impoli), comment va Sora ?
– Te sens pas obligé de poser la question, tu sais, de toute façon il le saura pas.
Il revint avec son malodorant sandwich et son frère ne put s'empêcher de froncer le nez.
– Ça n'a rien à voir. J'ai envie de savoir, c'est tout. C'est peut-être de la curiosité morbide. Ouais, ça doit être ça.
– Bah à ton avis, comment il va ?
Il en profita pour mordre dans son sandwich.
– Mal ?
– J'ajouterai : aussi bien qu'un chaton mort dans une poubelle de Venise.
– Jolie comparaison, j'aime beaucoup.
– C'est tout un art. Plus sérieusement, il déprime un peu moins maintenant. Je suppose qu'il retournera bientôt en cours. Il veut toujours pas aller voir la police.
– Ça m'aurait étonné. Il est trop con.
– Je crois qu'il a le béguin pour moi. (Il mordit dans son sandwich)
– Qu'est-ce que je disais ?
– Enfin je dis ça, mais il a aussi le béguin pour Naminé.
– Ça m'étonne pas, il était toujours collé à son arrière-train avant de devenir dépressif.
– Et puis il oublie pas Kairi. (Il mordit à nouveaux dans son sandwich.)
– Tout le monde y passe, quoi.
– Oh, je ne crois pas qu'il t'apprécie beaucoup.
– Quel dommage. Je ferais bien d'aller me suicider tout de suite.
– Je comprends ta douleur, Roxas, mais je ne pense pas qu'il faille en arriver à tant d'extrémités, répondit-il avec un sourire.
Ils échangèrent un regard amusé et Ven mordit une nouvelle fois dans son sandwich (oui, je le dirai jusqu'à ce qu'il soit totalement terminé.)
– En parlant de gens qui ont le béguin pour toi... Comment va le petit Vanitas ?
– Ne raconte pas de bêtises.
– Hé ben quoi ?
– Toi et moi, on sait très bien que c'est faux.
– Mouais. Et donc ?
– Je sais pas trop. Il parle pas vraiment. Je crois qu'il réfléchit. Enfin...
Roxas déposa sa nourriture et lança un regard à son pareil un regard grave.
– Tu penses que...
Ven soupira.
– Sans doute. J'en sais trop rien. Je crois qu'il n'est pas sûr de lui, de toute façon. Et puis... Il aurait dû le faire il y a déjà longtemps. Je sais pas si...
– T'as encore de l'espoir ? Tu te fous le doigt dans l'œil, tu sais ? Jusqu'au coude, au moins, si pas jusqu'à l'épaule. Quoique là ça devient vraiment un truc de gymnaste et je suis pas sûr que tu sois assez souple...
– Je ne peux pas m'en empêcher, dit-il avec un pâle sourire. J'y arrive pas. Tu ne l'as pas vu comme moi. J'en arriverais presque à croire...
Roxas l'interrompit en posant brusquement les mains sur la table. Il le fixa avec une once de colère.
– Et bien, arrête de croire. J'ai pas envie d'avoir à ramasser les pots cassés, alors tu ferais mieux de te faire à l'idée. C'est mon avis.
– Oui... Oui, je sais. Mais ça me stresse quand même.
Ils ne dirent rien pendant un instant et ce fut Roxas qui rompit le silence bien installé.
– Tu crois que tu pleureras ? (Je vous avouerai que Roxas pose des questions très bizarres qui ont un petit côté sadique.)
– Oui.
– Tu sais que tu l'as cherché ?
– Oui.
– Tu penses pas que t'en as assez fait ?
– Si. On verra.
– Il le regrettera, plus tard.
– Sans doute. (Il eut un faible sourire.) Mais il pourra crever la bouche ouverte.
– C'est moi qui ai dit que t'étais gentil, tout à l'heure ?
Ils échangèrent un regard et se mirent à rire.
– Tu le vois quand ? reprit Roxas sans avoir remarqué que le sujet était apparemment clos.
– Mmh, demain.
– Et où ?
– Bah, ici. Je te l'ai déjà dit, non ?
– Ha ? Haa... Ouais. Ouais c'est vrai. Va falloir que je me trouve un truc à faire.
– T'as qu'à glander avec Kairi.
– Elle est occupée... avec les autres filles, je crois. Je sais pas ce qu'elles foutent, d'ailleurs, c'est au moins la deuxième fois qu'elles se font des « réunions privées ». Et à chaque fois que je pose des questions, j'ai droit qu'à un « tu n'aimerais pas le savoir » ou « mystèèèèèère ! ».
– Je sais pas, alors, mais arrange toi pour être absent. Je crois que ce sera la dernière chance. J'ai l'impression d'être sur le fil du rasoir. Enfin bon...
Il termina son sandwich pour le plus grand soulagement de Roxas.
Soudain, ce dernier ouvrit grand les yeux comme s'il venait de se souvenir de quelque chose d'extrêmement important, et frappa la table du point, pour montrer à tous qu'il venait en effet de se souvenir de quelque chose d'extrêmement important, ce qui fit sursauter son frère.
– Merde, mais oui ! J'ai oublié de te dire ! Terra a appelé et j'lui ai dit qu'on venait à son appart' demain...
– Terra ? Quel appart' ? Et demain, je viens de te dire que...
– Oh, c'est pas grave.
– Bah, quand même... Attends, c'est à quelle heure ?
– Midi.
– Depuis quand il a un appartement ?
– Une semaine je crois, pourquoi, t'étais pas au courant ?
– Si, bien sûr, en fait je testais juste tes connaissances... Comment veux-tu que je sois au courant ?
– Oh, j'en sais rien... Je pensais qu'il serait le premier à te prévenir.
– Mais pourquoi il a un appartement ?
– Tu lui demanderas demain ! Enfin bref, c'est pas tout ça mais il est temps que je fasse une sieste digestive...
– Il est six heures et demi.
– Et alors ?
– Tu dormiras pas ce soir si tu fais ça.
– Tant pis, dit-il en haussant les épaules.
Sur ces mots, il se leva et monta les escaliers. Ven leva les yeux au ciel. Il était tellement têtu...
Il resta quelques minutes sans rien faire jusqu'à ce que son téléphone sonne. Le nom de Xion clignotait sur l'écran et il répondit avec un soupir.
« Xion ?
– Ha, tiens, salut Ven ! Excuse-moi de te déranger, mais je discutais avec mon frère adoré et j'ai appris qu'étrangement tu étais à deux endroits à la fois demain !
– Ha, oui, moi aussi je viens de l'apprendre... (étrangement, les horaires coïncident parfaitement, à croire que tout le monde se souvient des mêmes choses en même temps. Un coup des petits êtres bleus, à n'en pas douter.)
– Et tu vas faire quoi ? Parce que bon, Terra est bien gentil, mais j'ai aucune envie de me retrouver toute seule avec lui et Roxas. Et Riku n'en parlons même pas.
– Et Kairi ?
– Elle vient pas, elle part à la plage avec Naminé.
– Vraiment ?
– Oui... J'aurais bien été avec elles mais je crois qu'elles ont des choses à se dire, à chaque fois qu'elles se parlent elles échangent pléthore de regards graves, tu vois, j'ai pas trop envie de m'incruster. Mais bref, le problème n'est pas là. Tu sais très bien que Terra veut te voir toi. Nous aussi, certes, mais bon... Surtout que si tu lui dis que tu ne viens pas parce que t'es avec Vanitas, il ne va pas en planter des fleurs, crois-moi.
– Je... Quoi ? C'est quoi cette expression ?
– Mais où t'as vécu toute ta vie, Ven ? Dans une grotte ? Je veux dire qu'il ne va pas être hyper heureux, quoi. En fait, il va sans doute avoir des envies de meurtre, il a bien la tête à ça.
– Haaa... Je sais. Mais... »
C'était sa dernière chance et il ne pouvait pas annuler le rendez-vous.
« Mais quoi ? S'il te plaît, Ven, je t'en prie, sauve moi d'un truc qui promet d'être extra chiant !
– T'es pas très sympa.
– Je sais mais Terra m'énerve trop. Et puis au cas où, faudrait bien que tu lui dises pour toi et Vani, j'sais pas si tu t'en rends compte mais il est le seul à pas être au courant.
– Aqua le lui aura dit...
– Pardon ? T'as reçu un coup de téléphone rageur récemment ? Ça m'étonnerait.
– Hein ?
– Tu peux être sûr que si Terra était au courant, toi aussi tu serais au courant. Et on serait tous très électriques. Je sais cette blague est nulle mais j'en avais trop envie... »
Ven soupira. Décidément, les blagues de Xion étaient aussi bonnes que celles du narrateur.
« Mais... Qu'est-ce que tu veux que...
– Bon, je te passe l'autre con et tu t'arranges avec ok ? Fais en sorte que ce soit une solution correcte pour moi ! À plus ! »
Il eut à peine le temps de comprendre la phrase que déjà, à l'autre bout, un grommellement qui aurait pu vouloir dire « l'autre con t'emmerde » se fit entendre.
« Salut, Vanitas...
– Salut...
– La forme ?
– Ouais, ouais. Et toi ?
– On peut dire ça comme ça. »
Il y eut un long silence qui prouvait que c'était vraiment trop la forme de tous les côtés. Mais bref.
« Heu..., reprit Ven, du coup, demain...
– C'est bon, j'ai pas envie de me prendre la tête avec ça. Va chez Terra si tu veux.
– Pardon ?
– Va chez Terra si tu veux.
– Et si je veux pas ?
– Bah j'en sais rien moi...
– Tu sais, tu peux me le dire tout de suite si ça te fait chier de venir.
– Tu prends la mouche pour rien. C'est pas ce que j'ai dit.
– C'est ce que tu laisses sous-entendre. Je préfère que tu me le dises cash si quelque chose te gênes ok ?
– Qu'est-ce que t'as aujourd'hui ? »
Il y eut un lourd silence d'au moins 345kilos (un poids plutôt élevé, pour un silence), et Ven répondit :
« Rien, laisse tomber...
– Très bien, puisque tu y tiens.
– Et pour demain t'as raison, j'vais aller chez Terra.
– Parfait.
– À la prochaine.
– Ouais. Salut. »
Ven raccrocha en silence. Après un regard dans le vide qui signifiait qu'il était sans doute plongé dans ses pensées, il décida qu'il était temps qu'il aille dans sa chambre.
Il croisa Roxas en chemin.
– Tu fais quoi ?
Ven haussa les épaules d'un air faussement blasé.
– J'vais dormir.
– Maintenant ?
– Ouais. Tu le fais bien, toi.
– Je fais juste une sieste digestive. Enfin bon, tu fais ce que tu veux après tout... Et finalement, pour demain ?
– J'viens avec toi.
– Ok, parfait, dit-il avec un faible sourire. Bonne nuit.
Ven ne répondit pas. Pour l'instant, il avait d'autres choses en tête. Et un sacré bon paquet.
x x x
Vanitas de son côté n'était pas moins troublé (et en plus on pourrait prendre ça pour un vers. De poème, hein, pas un ver de terre). Après un regard froid vers l'écran, il jeta sans aucune précaution son téléphone sur son bureau. Xion, toujours installée dans sa chambre, lui lança un regard surpris.
– Ça va? Demanda-t-elle.
– Ouais, pourquoi ?
– T'as l'air ailleurs.
Il ne prit même pas la peine de faire un discours intérieur sur ce que pouvait être cet ailleurs dont elle parlait, et se contenta d'un vague haussement d'épaules avant de se coucher dans son lit, tout habillé.
– Tu fais quoi ?
– J'vais dormir.
– C'est un peu tôt, non ?
– En quoi ça peut te faire quelque chose de toute façon ? rétorqua-t-il d'un air mauvais.
Manifestement, il n'était pas d'une humeur excellente. Xion serra les poings.
– C'est pas parce que t'es énervé sur Ven que tu dois t'en prendre à moi. Si ça te dérange tant que ça, cette histoire, t'as qu'à lui en parler. T'es vraiment lourd, des fois.
Il cilla sans comprendre.
– De quoi tu parles, encore ?
– Tu râles parce qu'il est tout le temps chez Sora, non ?
– Pas du tout !
– Pourquoi alors ?
– Ça te regarde pas.
Elle se leva brusquement et la chaise sur laquelle elle était assise se renversa dans un grand fracas.
– Très bien, annonça-t-elle. Puisque t'as décidé de faire chier ton monde, j'm'en vais. Bonne nuit.
Il ne répondit rien et se contenta de fixer le plafond.
Il ne pouvait plus retarder l'heure fatidique, maintenant. Il n'avait aucune raison de le faire.
x x x
Terra regardait par la fenêtre de son nouvel appartement trop-la-classe-avec-quatre-pièces-quand-même en attendant avec autant de patience qu'il en était capable la venue de ses invités.
Pendaison de crémaillère, me direz-vous mais Terra n'était pas de ce genre-là, et malgré sa soudaine liberté, il restait un garçon correct en toutes circonstances. Ou presque.
Il laissa ses pensées vagabonder vers un lieu connu d'elles seules, et lâcha un soupir. Il se demandait comment allaient les autres. Ça faisait un bout de temps qu'il ne les avait pas vu.
Il se redressa brusquement lorsqu'il entendit qu'on sonnait à la porte ne prenant nullement en compte la possibilité que ce pût être un témoin de Jéhovah ou un quelconque vendeur de rose qui aurait eu la hardiesse de grimper jusque chez lui (pourquoi pas, on a jamais trop de roses), il se fit un clin d'œil de mec-qui-a-quand-même-trop-la-classe devant son miroir avant d'ouvrir la porte, assorti de son plus beau et plus sincère sourire.
Qui ne lui fut rendu qu'avec une demi-conviction.
Ven avait l'air plutôt maussade, au regard de ce qu'il était habituellement Roxas pinçait les lèvres et évitait tout spécialement de le regarder, tandis que Xion passait de l'un à l'autre avec un air plus ou moins inquiet qui disparut lorsqu'elle salua Terra.
Celui-ci se promit de poser des questions plus tard et fit l'hôte distingué en ignorant au mieux les regards noirs que se jetaient de temps en temps les deux frères pour faire bonne mesure et pour montrer qu'ils étaient très fâchés. Aussi tenta-t-il de détendre l'atmosphère en posant une question très maligne et certainement tout à fait conseillée dans ce genre de cas :
– Alors, quoi de beau ?
Les trois autres échangèrent un regard qui signifiait très certainement « est-ce qu'on a l'air d'avoir quelque chose de beau à raconter ? » et Terra n'eut droit qu'à un long silence gêné.
Il s'éclaircit la gorge bruyamment (pour faire remarquer subtilement que le silence le gêne, tactique très prisée de nos jours) et annonça :
– Bon, euh... Je vais à la cuisine pour... Ramener un truc à bouffer.
Sur ces mots, il se leva et après un regard aux jumeaux Xion le suivit à petits pas. Il fallait qu'ils discutent et puis, Terra avait bien le droit de savoir certaines choses, il n'allait pas rester l'imbécile ignare de service toute sa pauvre vie.
Lorsqu'ils furent arrivés dans ladite cuisine, elle lui adressa un regard d'excuse et ferma la porte, acte signifiant : « il faut qu'on parle ».
– Qu'est-ce qui se passe entre ces deux-là ? demanda Terra, qui n'était pas totalement idiot.
– C'est une longue histoire... Et je suis pas certaine d'être la mieux placée pour te la raconter. Tout ce que tu dois savoir c'est que Roxas est en rage contre Ven depuis quelques jours, et qu'il refuse de lui parler.
– Violent.
– N'est-ce pas ? Je crois qu'ils ne se sont plus adressés la parole depuis près d'une semaine.
– Très violent. Et la raison ?
– Sombre affaire interne.
– Je vois...
Il ne voyait pas du tout, mais ça donnait toujours un petit air classe de le signaler.
– Enfin, reprit Xion, demande à Ven, il le sait mieux que moi. Ça m'inquiète un peu, tout ça. (Elle soupira.) Enfin, les mecs resteront toujours des mecs.
– Qu'est-ce que tu sous-entends par là ?
– Que vous êtes des faibles trop sensibles. Bref. N'essaie même pas de réchauffer l'ambiance, ça ne fonctionnera pas.
Elle lui sourit et ressortit en disant :
– Oh, et puis, je crois que Ventus a une ou deux choses à te dire !
– Quel genre ?
– Du genre personnel. Très intéressantes. Je ne t'en dirai pas plus.
Et c'est ainsi que Xion devint officiellement une fouteuse de merde (pour parler poliment.)
x x x
Non loin de là (à l'échelle planétaire), Naminé et Kairi, attablées dans un café miteux de bord de mer, sirotaient un milk-shake banane-fraise en regardant les enfants qui couraient en tout sens sur la digue, comme les idiots qu'ils étaient (mais soyons gentils, leur cerveau n'ont juste pas encore atteint la taille du nôtre, ce n'est pas leur faute, après tout ce ne sont que des sortes d'humains inachevés.)
Elles n'étaient bien évidemment pas là dans ce but je doute que ce soit une activité très divertissante, et elles auraient pu trouver des enfants à peu près partout (surtout là où on ne veut pas d'eux – un de leur plus grand défaut) et à peu près à toute période de la journée (avant 19h, parce qu'après le dessin animé du soir, au lit!) Ha, toujours à traîner partout et à mettre le nez dans les affaires des gens, courir dans leur pieds, couper les cheveux de leur sœur ou inventer des jeux complètement stupides dont les incidences seront parfois, pourtant, complètement grotesques et inutilement déplaisantes. J'ai toujours dit qu'on aurait dû les élever comme des poules, dans des petits compartiments noirs et froids, où ils apprendraient ce qu'est la réalité mais passons, nous ne sommes pas là pour connaître mon avis sur ces êtres répugnants, mais bien pour reprendre la scène en cours qui consiste pour l'instant à décrire le décor et la position des personnages auxquels nous nous intéressons. Je pense.
Alors qu'elle finissait son verre (ceci est bien sûr une métonymie) bruyamment, Naminé détacha son attention des êtres vils qui traînaient dehors pour la reporter sur sa compagne, ce qui est quand même plus poli lorsqu'on sort avec une amie. Elle lui sourit vaguement avant d'entamer une conversation qui s'était bien faite attendre.
– Il fait beau, pas vrai ?
Une des multiples manières d'entamer une conversation, certes pas la plus intellectuelle, mais pourquoi pas. Kairi regarda le ciel d'un bleu d'été, rare pour la saison, ce qui ne présageait rien de bon pour l'hiver à venir (encore une de ses idées stupides comme quoi « il fait beau en automne, il fera froid en hiver » « il fait sec en été, il fera froid en hiver » « il fait mauvais au printemps, il fera froid en hiver », bref, autant de phrases souvent entendues qui prouvent que généralement, du moins au nord de la planète, il fait froid en hiver) et hocha la tête d'un air absent. Une ombre de sourire passa sur son visage et elle déclara :
– En voilà au moins un qui ne se cache pas derrière des nuages.
Naminé releva la poétique métaphore et se gratta négligemment l'oreille avant d'acquiescer.
– Tu as raison. Beaucoup de zones d'ombre, ces temps-ci, hein ?
– Mh mh. Sans doute. Mais ce n'est pas grave. On en apprendra bientôt plus.
– Qu'est-ce qui te fait dire ça ? l'interrogea la blonde en levant un sourcil.
– Un pressentiment. On finit toujours par tout savoir. Il y aura bien quelqu'un pour apprendre des choses, le dire aux autres. Quelle importance qu'on le sache maintenant ou pas ? (Elle secoua la tête.) Tu as des nouvelles de Sora ?
Ça faisait tellement longtemps qu'elle n'avait osé prononcer son nom que l'entendre sortir de sa bouche lui laissa une étrange impression, très désagréable.
Naminé tournait sa paille dans son verre sans la regarder.
– Oui, soupira-t-elle. Je n'ai pas été le voir, mais j'en ai vaguement parlé avec Vanitas. J'ai croisé Ven, aussi. Ils m'ont dit approximativement la même chose. Il ne va pas très bien.
– Il n'a jamais été bien.
– Pourquoi tu dis ça ? demanda Naminé en haussant un sourcils perplexe.
– Je ne sais pas. Il a toujours été un peu bizarre, non ? Enfin... On ne peut pas lui en vouloir.
– Tu as certainement raison. Enfin, c'est pas comme si je le connaissais aussi bien que toi. Toute cette histoire...
– Cette histoire, c'était juste une excellente excuse pour qu'on cherche à s'occuper de lui. C'est ce qu'il a toujours voulu. Il a dû sauter sur l'occasion.
La blonde fronça les sourcils.
– Tu es un peu sévère, tu ne trouves pas ? Après tout, il n'a pas cherché ce que Riku a fait. Il l'a toujours un peu martyrisé. Même quand on était gamins. Depuis qu'ils savent se parler.
– Je crois que c'était déjà la guerre à leurs premiers vagissements... murmura Kairi avec un demi-sourire. Quoi qu'il en soit, Sora aurait dû prendre ce paramètre en compte avant d'aller provoquer Riku. S'il ne l'a pas voulu, alors pourquoi ? Pourquoi se jeter blessé et sans arme dans la gueule du loup ?
– J'imagine qu'il se sent invisible, ou quelque chose comme ça... J'ai jamais compris les dépressifs, de toute façon. Tu sais...
Elle laissa un blanc fait de suspense avant de reprendre :
– J'ai été voir Riku aussi. Bien sûr, il nie à peu près tout, comme d'habitude.
– On s'en serait douté.
– Néanmoins... J'aurais presque l'impression que cette fois, il avait plus l'air d'avoir pitié de Sora plutôt que d'être vraiment en colère. Il m'a dit texto qu'il « ne pensait pas qu'il aurait pu se rabaisser à ce point-là ». Il s'est laissé faire, selon lui. Complètement.
– Évidemment.
Elles restèrent un instant en silence, puis Naminé décida de mettre un autre sujet sérieux sur la table :
– Les gens changent, n'est-ce pas ? Surtout pour le moment.
– C'est vrai, répondit Kairi. Il doit y avoir une maladie qui court. Xion est beaucoup plus sympa qu'avant (elle ne semblait pas vouloir mettre en question le fait que c'était peut-être elle qui était plus sympa), Ven plus secret, Roxas... Il ne veut plus adresser la parole à son propre frère...
– Vanitas ne méprise plus la terre entière, Riku aurait presque des sentiments, Sora, n'en parlons pas...
– Il reste toujours Axel qui est un pauvre connard... Mais bon.
– C'est comme ça que tu parles de ton frère ? Hé ben.
– C'est pas vraiment le grand amour, pour le moment.
– J'aime beaucoup le sens de la fraternité, dans ce pays. On s'amuse comme des fous.
– Naminé ?
– Oui ?
– Pourquoi j'ai l'impression que rien ne va pour le moment ?
– Peut-être que tu deviens comme Sora ? Ou alors cette nuit aura lieu une conjonction surnaturelle de Saturne et Mars ? Non, blague à part (comme si c'était drôle), je n'en sais trop rien. J'imagine que quelqu'un là-haut a eu envie de rigoler. Quelque chose comme ça. Il avait déjà bien rigolé en donnant à Sora l'idée de ce stupide jeu (ainsi qu'en donnant à Axel des cheveux roux mais elle ne semblait pas relever ce point).
– Quel jeu ?
– Oh, voyons. (Elle leva les yeux au ciel.) Le jeu, tu sais. LE jeu.
– Hein ?
– Ne me dis pas que tu ne t'en rappelles pas ! C'est quand même à cause de ça qu'il ne nous arrive que des merdes alors qu'on devrait vivre une vie normale avec tous nos amis.
Kairi se concentra intensément.
– C'est vrai. J'avais carrément oublié.
– Tu rigoles j'espère !
– Non, c'est vrai.
– On était pas si petits que ça, pourtant. C'est quand même dingue... Vous n'avez aucune bonne raison de vous détester à part celle-là ! (Comme si ça pouvait être considéré comme une bonne raison, ha. Quel optimisme.)
– Oh... C'est complètement idiot. Je me souviens ! Le sort a complètement foiré son coup, ce jour-là. Me mettre avec les trois autres cons... Sérieusement !
– On s'en fiche un peu, en fait, dit Naminé en haussant les épaules. C'est quand même fou de voir à quel point on prend les choses au sérieux, quand on est enfant, hein ? Quand je pense qu'Axel et Roxas étaient amis. Quand on les regarde maintenant, on ne pourrait jamais deviner.
– Non. On grandit. Les relations changent, c'est normal.
– Parfois, elles changent un peu trop, soupira la blonde. Je crois qu'on ne redeviendra jamais tous amis comme avant. Quel dommage.
– Je ne sais pas si c'est vraiment dommage, en fait. Enfin... On s'en rendra compte un jour ou l'autre...
Naminé regarda sa montre puis annonça :
– Il faut que je rentre, je suis ici depuis trop longtemps.
– Ha... D'accord. Ça va, avec ton beau-père ?
– Merveilleusement bien, dit-elle avec un faible sourire. J'espère le voir vite brûler en enfer. Enfin...
– Si tu as besoin de moi, tu peux toujours m'appeler, d'accord ?
– Merci. À la prochaine, Kairi. C'était agréable de te revoir.
Elle lui fit signe lorsque Naminé s'éloigna. Puis, seule à sa table, elle se remit à observer les enfants en se demandant si, à leur âge, elle avait ressemblé à ça.
x x x
Vanitas ne savait pas quoi penser.
Il regarda sa montre (ils ont tous une montre, c'est très utile) et se mordilla le pouce tout en réfléchissant à ce qui était le mieux à faire.
Quel idiot il était ! Laisser Ven aller chez Terra, c'était perdre une occasion de... Faire ce qu'il devait faire. C'était lui laisser du temps de réfléchir, et réfléchir créait le doute, dont il n'avait pas du tout besoin.
Pas du tout.
Il se leva d'un bon et prit sa veste avant de sortir rapidement. Après tout, c'était maintenant ou jamais.
x x x
Ailleurs, pas si loin, dans l'appartement d'un nouvel adulte rebbelz et enfin indépendant, se tramait une drôle d'histoire.
Profitant de l'absence de Xion et Terra (la première dévoilant des informations confidentielles au second), Roxas se pencha doucement en avant en discutant discrètement avec son cher frère. Ce dernier avait l'air ailleurs pendant que Roxas lui prodiguait quelques conseils avisés sur un mystérieux sujet, il ne pouvait s'empêcher de penser à ce que Xion pouvait bien raconter de l'autre côté, et ressassait la conversation téléphonique qu'il avait eue, la veille, avec Vanitas.
– Ho ! Tu m'écoutes ?
Ven sortit de ses pensées et observa son frère en pinçant les lèvres.
– Quoi ?
– Sérieusement, Ven, si ça te dérange tant que ça d'être ici, invente une excuse et sors !
– Mais non...
– Alors cesse de faire cet air de chien battu.
– D'accord, ça va...
Ils se turent subitement en voyant la porte de la cuisine s'ouvrir. Xion en sortit avec un mystérieux sourire qui ne présageait rien de bon.
Elle s'assit à côté de Roxas et adressa un clin d'œil à Ven. D'instinct, celui-ci sut que son destin était scellé.
Terra sortit à sa suite, l'air mitigé.
– Tiens, Terra. T'as pas dit que tu ramenais quelque chose à manger ?
– Aaaah... Oui... Ben j'ai plus rien. Hum...
Roxas échangea un regard avec Xion. Celle-ci lui adressa un mystérieux sourire sans rien dire.
– Ven ? apostropha Terra. T'as des trucs à me dire ?
Celui-ci lança un regard noir à Xion, rayonnante. Manifestement, elle avait bien besoin de divertissement.
– Non, répondit Ven. Pourquoi ?
– Euh... Sixième sens ? Sérieusement, Ven. Qu'est-ce qu'il se passe ?
Il y eut un très long silence, brisé par la voix glaciale de Roxas :
– Allez, Ventus, dis-lui. Tout le monde le sait de toute façon. Tant qu'à te foutre la honte, fais-le jusqu'au bout. Sérieux.
Personne ne releva le long regard de reproche que lui adressa Ven. Trahi ainsi par son propre sang. Quelle déception.
– C'est pas important, marmonna la pauvre victime en prenant bien soin de ne pas croiser le regard de Terra.
– Tu déconnes j'espère ? s'emporta son frère. Pas important ? Tu renies tous tes amis, c'est rien ? Tu nous couvre de honte, et c'est pas grave ? T'es plus atteint que je le pensais, mon pauvre. J'vais prendre l'air, tu m'énerves trop.
Sur ces mots, Roxas sortit en prenant soin de claquer la porte. Ven le suivit des yeux avec une regard noir. Manifestement, lui aussi avait bien besoin de divertissement. Faux amis. Traîtres.
Ven se sentit se couvrir de sueurs froides sous le regard inquisiteur de Terra. Xion, dans le canapé, les regardait avec un immense intérêt, et une lueur malveillante dans les yeux.
– Alors ?
– Hum... Terra... Je sais pas comment te dire ça.
– Essaie toujours.
Ven secoua la tête, gêné.
– Non mais... Enfin, ça ne te regarde pas de toute façon.
– Bien sûr que ça me regarde !
– Mais non !
– Mais si !
– Ven, écoute, je suis ton ami, j'ai le droit de savoir...
De loin, Xion réprimait un fou rire.
– Et alors ! Cette histoire ne concerne que moi.
– Pourquoi Xion est-elle au courant, alors ?
– Parce que, euh... Elle l'a appris toute seule.
– Je suis sûr qu'il y en a d'autres !
– Mais non !
– Oui, enfin, y a juste Roxas, Axel, Vanitas... débuta Xion pour arranger la situation.
– Eux aussi ? s'exclama Terra. Ven !
– Et puis Naminé, Aqua, Sora, Riku, Kairi, tous les élèves de l'école, le cuisinier, le bibliothécaire,... continua-t-elle.
– Pardon ? Aqua aussi ?
Terra avait l'air abasourdi. Ven se tassa dans le divan, en essayant d'ignorer les regards de Xion.
De l'autre côté de la porte, Roxas affichait un air amusé. Même si on s'en fiche, vu que personne ne le voit.
– Ven ! Dis-le moi !
– Non.
– Toute la ville est au courant, après tout.
– Oui, mais toute la ville ne réagira pas comme toi, Terra.
– C'est bon, Ven, s'impatienta la jeune fille. Lâche la bombe.
Celui-ci s'éclaircit la gorge avant de marmonner quelque chose.
– Plaît-il ? Demanda Terra qui n'avait manifestement pas compris.
Il répéta, encore plus bas si c'était possible.
Roxas tendit l'oreille dans l'espoir d'en entendre plus. Soudain, une sorte de hurlement retentit dans le salon manifestement, Terra avait enfin compris, et il n'en était pas des plus heureux.
– Tu QUOI ?
– C'est bon, Terra, j'vois pas ce qu'il y a de dramatique... grommela Ven tandis que Xion avait enfoncé son visage dans un coussin pour ne pas faire entendre ses éclats de rire.
– Mais bordel t'es complètement con ma parole ! Rien de dramatique ? Mais sérieusement, comment peux-tu penser que...
Ven se leva avec colère.
– Écoute, Terra ! Je sais ce que je fais, d'accord ? Tu n'as aucun droit de juger mes actes, ou... J'ai encore le droit de faire ce que je veux !
– Mais, Ven, qu'est-ce que tu crois prouver ?
Profitant de la dispute qui se profilait, Xion se faufila dehors et rejoignit Roxas qui s'empressa de paraître de très mauvaise humeur.
– Alors ? demanda-t-il froidement.
– J'étais sûre qu'il réagirait très mal, annonça-t-elle joyeusement. C'est drôle.
– Tu sais, si tu voulais t'amuser, tu pouvais tout aussi bien louer un film, ou emmerder des enfants... Je sais pas.
– Oh, Roxas, ne vas pas me faire croire que tu n'en ris pas intérieurement. T'as toujours voulu te venger de Ven, de toute façon. Je trouve que c'était un bon moyen. Et puis... Laisser Terra comme ça, quelle idée ! Il fallait bien que quelqu'un le fasse, non ?
– Peut-être, mais je sais pas si c'était vraiment la bonne solution.
– C'était en tout cas la plus divertissante.
Ils restèrent un instant en silence, puis Roxas eut un sourire :
– Tu sais, Xion, je me suis toujours demandé comment c'était possible que toi et Vanitas puissiez être frère et sœur... Et bien maintenant, je comprends.
Elle ne répondit rien et continua à écouter les charmants éclats de voix qui leur parvenaient de l'autre côté de la porte. Décidée à attendre que ça passe, elle s'assit sur le palier et ne tarda pas à être rejointe par Roxas, qui soupira ostensiblement.
– Quelle drôle d'histoire...
Après un quart d'heure, ils finirent par ne plus voir le temps qui filait tandis que Ven, de l'autre côté de la porte, semblait être intarissable. Le flot de paroles ne s'était pas arrêté depuis un moment quand un brusque cri de Terra imposa le silence. Sentant qu'il était temps de rentrer et de mettre un terme à cette situation stupide qu'elle avait mise en place, Xion se redressa, juste à temps pour apercevoir un nouvel invité pointer son nez dans les escaliers qui menaient à l'appartement de Terra.
Elle s'arrêta net. Roxas se releva et fronça très fort les sourcils.
Ils avaient quelques problèmes en perspective. Et pas qu'un peu.
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Ailleurs, toujours loin (à l'échelle fourmilière), un jeune homme observait l'horizon avec un air proche du désespoir.
Ha ! Dans quoi s'était-il engagé ? Pourquoi avait-il accepté ? Cette idée était stupide, il l'avait toujours su, toujours. Dès le premier regard, il l'avait senti tout cela allait mal finir, pour sûr pourquoi donc s'y était-il soumis ?
Une cloche sonna, quelque part dans la ville. Il était temps d'y aller.
À cette pensée, un frisson glacial parcourut sa colonne vertébrale. Il faudrait qu'il le lui dise, enfin. Il faudrait qu'il soit franc et courageux. Et tant pis pour les conséquences. Tant pis pour les espoirs brisés il ne pouvait rester sans rien faire.
Bientôt, il devrait affronter ce qui ressemblait le plus à un tyran dans son esprit.
Ainsi Hayner prit-il son destin en main. Il partit, résolu, vers la maison de Sora qui lui avait évoqué autrefois tant d'effroi.
Hé bien hé bien, quel rythme de publication spectaculaire...
J'ose espérer que le prochain sera publié pour les deux ans de la fic (... J'ai honte :D) ! L'espoir, c'est beau, ça nous maintient en vie !
Ceci dit, à la prochaine tout le monde ! Et merci pour votre lecture !
