Lali oh ! Bon autant se l'avouer, c'est la dernière ligne droite ! Je n'ai pas exactement décidé du nombre de chapitre mais cette fic touche bientôt à sa fin !

Bonne lecture !

Alors que l'état de Kagami s'empire vraiment, Himuro décide de venir le voir pour le sortir de la dépression dans laquelle il se plonge. L'occasion de tout mettre à plat ? Momoi et Aomine se rapprochent un peu plus, ce qui n'est pas forcément au goût d'Akashi qui a besoin d'elle pour son pacte avec la divinité. Takao apprend une « bonne nouvelle » qui pourrait malgré tout empêcher sa transformation en garçon.


Chapitre 28 : Cendres dans le vent !

Les cendres de Kuroko Tetsuya furent dispersées en toute discrétion par ses parents quelques heures après que les membres Génération des Miracles soient retournés à leurs domiciles respectifs. Dans la chambre de Midorima Shintaro, deux souffles épuisés cherchaient de l'oxygène. Tamisée par les rideaux devant la baie vitrée, la chambre était en peu en désordre. Les vêtements jetés pêle-mêle avaient renversé des objets par ci par là avant de s'échouer par terre en un désordre de noir. La boîte de préservatifs gisait aussi plus bas, bien entamée. Le garçon aux cheveux verts reposait sur le dos son bras contre le dos d'une brune allongée sur lui. Le poids de Takao était bien trop négligent pour qu'il l'étouffe.

-Shin-chan...

Le vert déposa un baiser sur le front de son amant dont le corps tremblait encore un peu.

-Ça va ?

-J'ai mal partout...

-Désolé...

-Non... C'était génial !

Takao grimaça un peu en se laissant glisser sur le côté et massa son ventre.

-Purée...

Midorima affichait une tête piteuse : il ne voulait certainement pas lui faire mal. Le garçon-fille le remarqua et déposa un petit baiser sur sa joue.

-Je vais bien.

Câlinant un peu son amant, Takao finit par le sentir s'endormir. Midorima avait l'air vraiment mal quelque part. La mort de Kuroko l'avait affecté plus qu'il ne voulait le montrer, hein ? Quel Tsundere... Il avait beau ne pas spécialement tenir au turquoise, perdre un garçon qu'il avait fréquenté tous les jours pendant trois ans ne pouvait pas le laisser totalement indifférent.

Et puis tout soudainement, le vert le fit passer au dessus, bien occupé à embrasser ses lèvres. Très surpris par cette violente demande d'amour, Takao se laissa quand même aller. La main de Midorima tâtonna le sol à la recherche d'une boîte bien précise mais en vain.

-Attends... Je cherche les-...

-Pour une fois, c'est pas grave.

Et le garçon fut bien obligé de se résigner quand sa partenaire lui donna l'impression de le dévorer sur place. Tant pis pour cette fois.


Bien plus tard, quand Midorima s'était réellement endormi, Takao avait reçu un SMS. Les yeux rivés sur l'écran, il attendait qu'une divine réponse s'inscrive sur l'écran.

[12:01:34 – Inconnu] Tu as pris ta décision ?

Oui, Takao l'avait pris. Mais étrangement, il n'arrivait pas à la formuler. Il y avait vraiment beaucoup réfléchis et le garçon-fille était arrivé à la conclusion que Kissa allait forcément finir par prendre son indépendance. Et Takao... était un garçon. Donc il allait reprendre son apparence de garçon.

[12:03:47 – Takao] Oui.

[12:03:59 – Inconnu] Même lieu que la dernière fois dans une vingtaine de minutes.

Et après ça, plus rien.

Lentement, le brun s'extirpa du lit et enfila ses vêtements. Il sortit de la chambre sans faire de bruit et siffla Luck. Le corgi s'extirpa du canapé où il s'était installé et Takao espéra vraiment que le vert ne découvre jamais ce que son chien avait osé faire. Midorima avait accepté la présence du chien chez lui, rare source de plaisir chez son amant mais hors de question qu'il dégueulasse les meubles. Mais le petit chien semblait ne rien avoir à en faire de ce que le petit-ami du maître pouvait bien penser ou dire.

Takao accrocha la laisse au collier et traîna son chien pour sortir. Ronchonnant généreusement, l'animal finit par aligner ses pas, comprenant qu'il ne pourra pas rentrer tant que le brun ne l'avait pas décidé.

Les vingts minutes ne furent pas de trop tant Luck mettait de la mauvaise volonté à avancer. Obligé de le traîner littéralement sur les derniers mètres, Takao râlait contre son chien.

-Sincèrement... L'âge ne te rend pas plus sympa Luck...

Le regard blasé du chien valut toutes les réponses du monde.

-Allez, bouges-toi un peu, on va être en retard !

Le brun retrouva assez facilement le coin des balançoires et regarda le corgi qui tombait sur le flan, mort d'épuisement.

-Mais quel cinéma...

Oh oui, il adorait son chien... mais quel acteur... !

Prenant place sur la balançoire, il attendit l'arrivée de cette fille qui semblait pouvoir réaliser un miracle.

-Ton chien me fait penser à ton petit-ami...

Takao releva ses beaux yeux vers cette même branche, toujours cachée par l'ombre. Ce n'était même plus naturel à ce stade-là...

-Alors ? Fille ou garçon ?

-... Je veux redevenir un garçon.

Le soupir de la fille l'interloqua.

-Quoi ?

-Tu sais... Je pensais que ça serait mieux de ne pas te le dire puisque c'est même plus que récent... mais la fille à qui j'emprunte ce corps va me lapider plus tard si je ne te le dis pas...

-Dire quoi ?

Toujours allongé sur le flanc, Luck regardait la fille plus haut. Même avec le plus grand danger devant son maître, le corgi le laisserait se débrouiller seul. Meilleur ami de l'homme tu parles !

L'autre « humain » plus loin garda un peu le silence, comme s'il cherchait un moyen de formuler sa phrase.

-Garde bien en tête que ce n'est possible uniquement parce que je suis une divinité aussi... donc je peux déjà le savoir même s'il est probable que ce truc n'arrive pas à cause de tout un tas de raisons et-...

-Mais quoi ?!

-Ton copain et toi venaient de concevoir un bébé.

Il se pouvait que Luck ai tenté de lécher sa main pour montrer son envie de rentrer. Il se pouvait que son portable vibre dans sa poche à cause d'un appel. Il se pouvait qu'un autre camion écrase un autre de ses amis. Il se pouvait tellement de chose pendant que Takao venait de se déconnecter.

Un bébé... Un... bébé...

-Hein ?

Actuellement, il n'était capable que de ça. Quand ? Comment ?! Ah, non, ça, il avait une bonne idée. Mais... Stop, ce n'était quand même pas d'i peine... une trentaine de minutes tout au plus ?! Oh merde... Et lui qui avait dis que pour une fois, ça ne serait pas grave. Ben si ! Un bébé avec Midorima...

-Le bébé de Shin-chan...

C'était quoi cette étrange sensation ? Cette chaleur qui se répandait partout en lui ? Ce sourire sur son visage tandis que sa main cherchait inexorablement à venir se coller contre son ventre.

-Je pense que tu es suffisamment intelligent pour le comprendre mais si tu redeviens un garçon... tu... perdras cet enfant.

Ah, douche glacée. Perdre un bébé qui avait à peine trente minutes... Rien que le savoir venait de faire de Takao un record du monde. Pratique d'avoir une divinité sous la main. Mais à peine si jeune, pouvait-on le considérer comme un bébé ? Et... le brun avait-il toujours aussi envie de redevenir un garçon maintenant qu'il savait ça.

-Je... sais pas quoi dire là.

-Tu veux y réfléchir encore un peu ?

Oh, une divinité sympa ! C'était agréable.

-Ouais... Ouais, j'ai besoin d'y réfléchir un peu.

Fallait-il qu'il en parle à Midorima ? Merde, c'était pas prévu du tout ça !

Takao releva les yeux vers la fille qui n'était déjà plus là. Quoi, elle était à ce point demandée ? Pardon d'avoir pris plus de temps que prévu... Son portable vibra une nouvelle fois et le brun se décida à décrocher.

-... Oui ? Aïe, ne hurle pas Shin-chan ! Je suis allé sortir Luck... Mais oui, je vais bien ! ...Quoi tu voulais qu'il fasse dans ton salon ? … Ben voilà... Shin-chan ? … Je t'aime ! Héhé, fais pas ton Tsundere ~

Il raccrocha rapidement et tira sur la laisse du corgi. Celui-ci mit beaucoup plus de plaisir à rentrer, c'était certain.


Quand Kagami ouvrit les yeux, ce n'était plus Kise qui se tenait à son chevet mais Himuro. Le brun était en pleine discussion avec Alex, toujours présente ainsi que ses parents. Le rouge cligna des yeux et ce fut sa mère qui le remarqua en première.

-Taiga ! Mon chéri... mon pauvre chéri...

Étouffant un gémissement de douleur, l'As de Seirin sentit son père venir à son secours.

-Chérie, tu l'étouffes...

La femme se recula un peu sans cesser de caresser le cheveux de son fils. Quelques larmes perlaient sur ses joues. Himuro tourna à peine le visage dans sa direction, totalement absorbé par sa conversation avec Alex. Sa mèche sombre empêchait le plus jeune de voir ses expressions mais il avait l'air vaguement inquiet. Ses parents finirent par s'éloigner dans le couloir quand le reste de la famille téléphona pour avoir des nouvelles. Alex décida de laisser ses deux élèves adorés seuls et quitta la chambre avec un petit signe de main pour le blessé. Himuro soupira et se rapprocha un peu.

-... Tu te sens comment ?

Kagami ne répondit pas. Il n'en avait pas envie, il ne voulait parler à personne. Ça avait mis du temps, beaucoup de temps mais... Kuroko était mort. Il n'avait plus son ombre, plus son ami. C'était horrible. Pourquoi cela faisait-il si mal ?

-... Taiga, si tu ne parles pas, personne ne pourra t'aider.

Le rouge n'avait pas besoin d'aide.

-Ta main se soigne bien apparemment. Ce serait le coup au ventre qui dérangerait plus.

Donc il pouvait encore jouer au basket ! Au moins une bonne nouvelle...

-... Atsushi te souhaite de bien te rétablir.

La guimauve violette, vraiment ? Kagami en doutait un peu mais bon...

-Tu sais les prémonitions que j'ai pu avoir... avec la dernière épreuve... Tu... étais mort dans le deux... Et Atsushi l'était aussi.

Kagami regardait toujours le plafond, y trouvant sans doute un intérêt quelconque.

-... Je sais qu'on a encore un peu de mal à communiquer tous les deux mais... si tu venais à disparaître... Je serai vraiment très triste, Taiga.

Bah, il était pas totalement sans-cœur mais Kagami venait de comprendre qu'en fait, ce jeu, il allait jamais en voir la fin. Et avec la guimauve en plus, douce joie ! Ah, les médicaments le rendaient sarcastiques.

-... Tu ne veux vraiment rien dire ?

A part, casse-toi, tu me déprimes à parler de ma mort ? Non pas vraiment...

La bouche résolument close, Kagami ne pipa mot les vingts minutes suivantes. Le brun n'avait cessé de la regarder, son œil visible fixé sur lui dans l'attente d'un simple mot, d'un simple geste. Mais au bout d'un moment, il se leva et annonça.

-Je reviendrais demain. Et après-demain. Jusqu'à ce que tu fasses quelque chose.

Il ouvrit la porte et échangea sa place avec celle des parents du rouge qui ne voulaient pas déranger les deux frères.

Tête de mule.

Mais ni les parents ni Alex ne lui arrachèrent un mot. Au moins, l'adolescent n'était plus retenu avec les sangles. Toujours concentré sur le plafond, il fut un peu surpris en voyant des yeux ambrés penchés sur lui.

-... J'ai cru que t'étais mort... faut pas rester comme ça sans bouger !

Le visage épuisé de Kise se recula et Kagami l'observa plus en détails. Les cernes sous les yeux étaient devenues des poches noires et ses joues creusées aggravait son teint maladif. Et ben... Il avait l'air bien celui-là aussi.

-J'ai vu Himurocchi... Il a dit que tu n'étais pas bien donc je suis venu voir par moi-même.

Quelle voix plate ! Dénuée de tout, comme celle d'un mort.

-Kagamicchi... Tu n'as pas le droit de déprimer alors que j'essaie vraiment de faire de mon mieux... Tu n'as pas le droit.

Oh, ça va ! C'est parce que Kise avait été le copain du turquoise qu'il était forcément le plus triste !

-... Tu ne vas vraiment rien dire, hein ?

Kagami regarda à nouveau le plafond. La porte s'ouvrit et se ferma et il devina que Kise était sortit. Le rouge voulait juste qu'on le laisse tranquille.

C'était pas compliqué pourtant !


Aomine était devenu l'ombre de lui-même à son réveil. Il était descendu manger avec sa mère qui le traitait visiblement avec des pincettes. Mais le bleu avait été comme d'habitude. Il y avait juste ce vide dans ses yeux et son ton plat qui montraient réellement l'étendue du changement qui s'opérait en lui. Là, il marchait sans but, il fallait juste qu'il échappe au regard maternel.

En parlant de changement d'ailleurs... Qu'est-ce qu'il avait foutu avec la rose ? Qu'est-ce qui lui était passé par la tête ? Il avait agit comme ça, sans réfléchir. Tu parles d'un résultat ! Après y avoir répondu, Momoi l'avait repoussé avec une force insoupçonnée et s'était enfuie.

Tout partait en l'air là ! Kise et Kagami à l'hôpital, Akashi à Tôo, Kuroko qui meurt, lui qui embrasse son amie d'enfance... Une déferlante de problèmes. Et il avait beau avoir dormit, le bleu se sentait réellement très fatigué. Il se sentait faible, il n'aimait pas ça. L'adolescent s'assit sur le premier banc venu, cherchant son souffle. Les yeux dans le vague, il attendait que ça aille un peu mieux, ce qui ne tarda pas. C'était vachement perturbant, Aomine ne supportait pas cet état.

-Dai-chan ? Tu vas bien ?

Il rouvrit ses yeux bleus étonnés et tomba sur Momoi penchée vers lui.

-Tu es vraiment pâle... Ça va ?

L'As de Tôo battit simplement des paupières. La jeune fille s'approcha jusqu'à coller son poignet contre son front et attendit un peu.

-Tu n'as pas de fièvre pourtant...

Elle le regardait avec ses yeux inquiets qu'il ne supportait plus. Alors sa grande main repoussa son bras et Momoi recula de quelque pas. Ils se regardaient, conscients des non-dits.

-Pourquoi tu t'es enfuies comme ça ?!

-J'avais mes raisons...

Il l'observa un peu, elle et ses joues rouges. Son amie d'enfance n'arrivait pas à le regarder et ça lui procurait une étrange sensation dans le ventre. Le bleu marcha encore jusqu'à ce retrouver vraiment très près d'elle et sourit comme à son habitude.

-Satsu... Tu es gênée ?

-Évidemment...

Aomine avala difficilement sa salive : avait-elle toujours été... aussi mignonne ? Merde, il pensait à quoi là ?! Momoi choisit pour relever ses yeux à ce moment-là et ses joues blanches devinrent encore plus rouges. Ce qui provoqua la même chose sur le visage du garçon. C'était lui qui se sentait gêné maintenant. Il se gratta la tête, un peu perdu et avec l'impression qu'il venait de se prendre à son propre jeu.

-Dai-chan...

-... Quoi ?

-C'était... pas juste « comme ça »... ?

Ah... Il devait répondre un truc là... mais quoi ?

-C'était pas... juste comme ça...

Il ne savait rien de ses sentiments. Mais c'était sûr qu'il ce n'était « juste comme ça ». S'il ressentait quelque chose pour elle ? Et bien... c'était compliqué.

Sa phrase amena un sourire étrangement radieux sur le visage de la fille et Aomine se rapprocha encore un peu. Il pouvait sentir son cœur qui tambourinait dans sa poitrine... Momoi ressentait-elle la même chose ? Elle le fixait plus bas, ses yeux roses remplis de beaucoup de choses... Il continuait de s'approcher d'elle quand quelque la tira en arrière. Surpris, le bleu se recula de quelques pas quand il fit face à des yeux rouges en colère. Un bras au niveau de la clavicule de la rose, Akashi fixait Aomine. Momoi tourna à peine la tête, sentant bien la colère qui émanait de lui.

-... Akashi-kun ?

Le bras du garçon était raide, il semblait vraiment furieux.

-Je... vous dérange peut-être ?

La façon qu'il avait de regarder fixement le bleu, son bras gardant possessivement Momoi... Le message était clair. Mais ne c'était pas dans le genre d'Aomine de laisser passer ça.

-Tu déranges oui.

-Dommage...

Le rouge attrapa la main de Momoi et l'entraîna avec lui. Dépassant Aomine, il ne lui laissa même pas le temps de placer un mot.

Le garçon marchait vite et la rose avait du mal à suivre, surtout que sa tête commençait à tourner sérieusement.

-Attends... Akashi-kun, tu me fais mal...

Au bout de quelques pas, elle se sentit partir en avant et atterrit sur le dos du rouge.

-Tu aurais du rentrer directement, espèce d'idiote !

Glissant ses mains sous ses cuisses, il la souleva et reprit sa route. La divinité était rentrée seule bien plus tôt. Apparemment, elle avait suffisamment d'énergie pour faire ça... mais la rose s'était faite désirer. Quand la créature avait annoncé au rouge que sa manager était à la limite de s'évanouir, il avait fusé comme un dément. Manquerait plus qu'elle crève dans la rue et qu'il perde son statut de protégé que lui accordait son pacte avec la divinité détruite. Et voilà qu'il la trouvait en train de roucouler avec son ami d'enfance ! Tranquille !

-Si jamais je perds ce jeu à cause de toi... Ça va très mal se passer pour toi.

Momoi était habituée aux menaces. Elle posa sa tête contre son épaule et s'endormit.


Midorima trouvait Takao de plus en plus étrange. Le brun tournait en rond et lui jetait des regards apeurés. Il craignait quoi exactement ? Assis dans le canapé, un livre à la main et Luck aux pieds, le vert ne supporta plus les cents pas de son petit-ami :

-Stop ! Assis-toi et ne bouges plus !

Le garçon-fille glissa sur ses genoux devant lui avec le regard baissé. Conscient d'avoir peut-être parlé un peu fort, il posa son livre près de lui et tapota le canapé. Takao fila contre lui sans tarder, nichant son visage dans son cou. Quelque chose n'allait vraiment pas avec lui.

-Qu'est-ce qu'il y a ?

-... J'hésite finalement à redevenir un garçon.

Midorima haussa un sourcil : le brun avait pourtant été clair sur sa décision et rien ne semblait pouvoir le faire changer d'avis.

-Qu'est-ce qui s'est passé ?

Takao resta silencieux, le visage caché. Le garçon aux lunettes soupira et passa sa grande main dans ses cheveux raides. Il ne voulait pas en parler, d'accord. En bas, Luck s'étira en ronchonnant et se rendormit. Midorima s'y était habitué au clebs, il était assez marrant par moment. La main du garçon-fille chercha la sienne et naturellement, le vert la serra.

Ils attendaient l'appel de Kissa.


En parlant de ronchonner, Hanamiya avait la palme. Cinq minutes que le calvaires des courses avait commencé et il en avait déjà marre. Imayoshi flânait ici et là, se décidant finalement pour tel ingrédients au lieu d'un autre.

-Mako-chaaaaan ? Et si on mangeait un-... ~

-Je m'en fous ! Prend ce que tu veux qu'on se barre !

-Mako-chan veut retourner au lit ? ~

Le sourire entendu du brun à lunettes provoqua seulement l'énervement de Hanamiya. Ce crétin savait parfaitement qu'il avait du mal à marcher et que ses reins étaient juste un nœud affreusement douloureux mais il l'avait quand même traîner ici.

-Je te déteste...

-Tu ne disais pas ça tout à l'heure ~

A nouveau, cette montée de haine... Oui. Oui, il l'avait dit et Dieu, qu'il regrettait ! Rien que d'y repenser maintenant... Hanamiya avait envie d'enfoncer la tête de son amant parmi les pots en verre remplis de bolognaises et espérait que le verre explose et le détruise. Le sourire d'Imayoshi lui faisait bien comprendre qu'il savait exactement à quoi il pensait.

-... Je rentres, tu fais chier !

Abandonnant sans procès, le panier déjà fort bien rempli, Sadique n°2 repassa les portes automatiques et enfonça ses mains dans son poches. Ce gars était chiant ! Un véritable emmerdeur ! Mais... Purée, ça lui avait vraiment échappé ! Jamais, il n'avait voulu dire ça ! Ce crétin l'avait maintenu pendant de très longues minutes au bord de l'orgasme sans jamais bouger et l'empêchant également de faire le moindre geste. Incapable de se tenir plus longtemps, Hanamiya l'avait supplié. Oui, supplier ! Et quand son ventre avait explosé et l'avait envoyé littéralement au Paradis, il l'avait quasiment murmurer... Cette foutu déclaration le mettait tellement en rogne qu'il avait cherché à étouffer Imayoshi une fois revenu de son petit nuage. Sadique n°1 avait remis ses lunettes et avait caressé sa tête comme pour le féliciter. Ulcéré, Hanamiya s'était retourné pour ne plus voir ce visage horrible. Le rire amusé de l'autre était une plaie à écouter et ses bras autour de lui lui avait donné envie de vomir.

L'ancien joueur de Kirisaki poussa la porte de leur appartement avec un semblant de sérénité. Il ne l'avouerait jamais mais ici, il se sentait vraiment bien. C'était son chez lui quand bien même il le partageait avec Imayoshi. C'était leur cuisine, leur salle de bain, leur lit... Ici, pas besoin de faire semblant d'être normaux, les deux garçons pouvaient se montrer sous leurs vrai jour : méchants, sadiques et fiers de l'être. Au début, ils se battaient. Au point qu'il fallait souvent remplacer des lampes ou la vaisselle. Mais la dépense exorbitante que ça avait finit par représenter les avait calmé.

Hanamiya se débarrassa de sa veste et se laissa tomber dans le lit. Purée, ce qu'il avait mal... Sans prendre la peine de se couvrir avec la couette, il enfonça sa tête dans l'oreiller et ferma les yeux. Imayoshi n'allait pas tarder de toute façon.


Quand Sadique n°1 rejoignit l'appartement, il prit le temps de bien ranger les course correctement. Il rangea un peu le bazar et passa dans la chambre. Hanamiya dormait à poing fermé, les bras autour de l'oreiller. Imayoshi le regarda avec un petit sourire. Il n'allait pas l'avouer non plus mais il avait été très surpris lors de la déclaration du plus jeune. Sous le coup de l'action, les mots lui avaient échappé mais pour les avoir dit, c'était que le brun les avaient déjà au moins pensé une fois. Et ça le rendait... heureux ? Il ne savait pas trop...

Délaissant son pull assez étroit, le garçon posa ses lunettes sur la table de chevet et s'allongea contre son amant. Ses bras trouvèrent naturellement leur place contre le ventre de l'autre qui remua pour mieux se caler contre lui. Hanamiya endormi ne pouvait mentir. Imayoshi ferma les yeux et expira un bon coup. Oui, ils étaient bien comme ça. Même s'ils ne l'avoueraient jamais.


Momoi ouvrit difficilement les siens. Elle regardait son bureau, un peu perdue. Visiblement, elle était dans sa chambre donc Akashi l'avait ramené. La rose n'avait pas besoin de se retourner pour le sentir contre elle. L'inconvénient de son lit, c'était le peu de place. Son deux places ressemblait plus à un une place et demi assez peu pratique quand on dort avec quelqu'un qui prend de la place.

Elle avait beau chercher du regard, elle ne trouvait pas sa divinité. Maintenant que sa forme était de plus en plus définitive, elle sortait et revenait pour son vol d'énergie quotidien. En parlant de vol... Momoi avait bien conscience d'en avoir volé à Aomine. Elle avait rompu le baiser et s'était enfuie sans plus de cérémonie. Voler celle d'Akashi était une chose. Faire pareil avec son ami d'enfance en était une autre. Son ami d'enfance... Il était trop tard pour pouvoir le considérer encore comme ça.

Akashi se retourna, lui envoyant brutalement son bras dans la poitrine. Elle le repoussa avec un claquement de langue énervée et le regarda dormir. Il avait l'air un peu pâle... Savoir qu'il lui avait donné son énergie comme ça pendant qu'elle était inconsciente lui faisait peur. Le rouge pourrait très bien décider de lui faire tout autre chose. La rose soupira et se retourna sur le côté. Assis sur le parquet, sa petite queue remuant au rythme d'une joie étrange, un chat la regardait. Juste capable de cligner des yeux, Momoi regarda la petit chose sans un mot. L'animal pencha la tête sur le côté, ses grands yeux fixés sur elle. Une petite veine apparut sur son front et elle secoua l'ancien héritier en froid avec son père.

-Akashi-kun... Qu'est-ce que c'est que ça ?

Le rouge se releva, un peu dans les choux. Il se frotta les yeux en gémissant un peu et regarda le « ça » en question.

-... C'est un chat, Satsuki.

-Merci Sherlock ! Qu'est-ce qu'un chat fait dans ma chambre ?

-C'est mon chat.

Comme s'il avait compris, l'animal bondit, se réceptionna sur l'abdomen de Momoi qui se plia sous le choc et sauta contre Akashi qui le grattouilla avec un plaisir évident.

-Ouh mon tout beau ! Oui, tu m'as manqué aussi !

Le chat léchait son nez avec application, provoquant ainsi le rire du garçon aux cheveux sanguins. Toujours allongée, Momoi regardait cet étrange spectacle. Akashi replaça le chat sur la couette en toussant un peu.

-Tu as dis que je pouvais laisser mes affaires ici le temps que je trouve un autre endroit.

-Tes affaires oui.

-Ce chat est à moi. Donc il compte aussi !

Ah, il avait tout d'un coup l'air d'un gamin qui allait se retrouver priver de son jouet. Le chat se frotta au ventre de son maître et Akashi le prit à nouveau dans son bras pour le câliner. Il était vraiment heureux ! Ce chat presque sauvage qui se cachait sous son canapé était maintenant une boîte à câlins. Le rouge avait juste besoin de ça !

Momoi finit par soupirer et se retourna pour dormir encore un peu. Quel idée d'être aussi mignon avec un animal, on aurait dit un enfant. Un enfant totalement craquant. Elle sentit la tête d'Akashi se collait contre la sienne dans une tentative étrange de la remercier tandis que le chat filait par la fenêtre ouverte.

-... Tu ne le retiens pas ?

-Il va revenir.

Pendant que lui aussi allait se rendormir, Satsuki commit une erreur. Elle toucha ses lèvres quand elle se rappela du contact avec celles d'Aomine.

-... Je suis le seul à être autorisé à faire ça.

-... Pardon ?!

Le visage furieux d'Akashi se plaça au dessus du sien et il asséna :

-Si tu l'embrasses, tu vas prendre son énergie. Et je suis le seul à qui tu dois la prendre.

Momoi leva les yeux au ciel et voulut se retourner mais le rouge l'obligea à coller ses deux épaules contre le matelas.

-Tu me fais mal.

-Je t'interdis de l'embrasser encore.

-Je fais ce que je veux, Akashi !

L'utilisation brute de son nom de famille résonna dans la chambre.

-Tu es à moi.

-Épargne-moi ton espèce de jalousie, c'est très mal placé.

Il serra son épaule, enfonçant ses ongles dans sa peau délicate et vint lécher ses lèvres.

-Je suis... le seul.

Le garçon détacha chacun des mots avant de s'emparer de sa bouche avec violence. Il mordit ses lèvres jusqu'à sang, ignorant ses gémissements de douleur. Sa langue goûta le sang qui perlait légèrement et replongea pour un baiser forcé. Momoi chercha à se débattre mais rien n'y fit. La langue autoritaire du rouge goûtait la sienne avec force.

-Ne te débats pas... ou je vais vraiment te faire mal.

La menace était claire et il lâcha ses épaules. La rose regardait ailleurs, des larmes accrochées à ses cils. Le visage du garçon descendit dans son cou tandis que ses mains s'activaient ici et là.

Et elle eut beau supplier mentalement pour de l'aide, personne ne vint à son secours.


Kise était encore dans la chambre de Kagami. Aussi silencieux l'un que l'autre, ils attendaient. Que le temps passe, que la douleur s'atténue. Comme si ça pouvait vraiment arriver comme ça...

-... Les médecins me font sortir tout à l'heure.

Petit chanceux va ! Ils menaçaient Kagami de l'interner s'il ne se décidait pas à parler.

Le blond caressa sa joue où la cicatrice rose resterait toujours. Ses parents attendaient son retour avec impatience.

Assis ou plutôt vautré dans un fauteuil, le garçon de Kaijo avait étendu ses longues jambes devant lui, ses bras sur les accoudoirs et le dossier de la chaise contre ses omoplates, il regardait ce plafond qui fascinait tellement la lumière de Seirin. Bah, sans Kuroko, les notions d' « ombre » et de « lumière » n'existaient plus.

Il se leva finalement, tapota le bras du rouge et se dirigea vers la porte.

-Quand tu seras sorti, on se fera un petit match de basket tout les deux.

La porte se referma sur un silence plomb. Du basket sans Kuroko ?

Une larme roula sur la joue de Kagami.


Himuro et Murasakibara étaient à la bibliothèque. Les mains un peu tremblantes de ne pas tenir de sucreries, le violet avait une raideur dans le corps assez risible. Il faisait de son mieux mais il allait bientôt craquer. Le brun en avait bon conscience et se dépêcha de trouver les livres dont il avait besoin.

A peine un pied en dehors du bâtiment, le géant se jeta sur son sac pour en sortir une poche de chips. Le véritable gémissement de plaisir qu'il lâcha fit rire Himuro.

-A ce point là ?

-Oh oui...

Murasakibara jeta un coup d'œil aux livres dans la poche que tenait son petit-ami.

-Tu as choisis des livres étranges.

-C'est pour aider Taiga.

Il allait aider son frère et le sortir de son espèce de dépression. Ensuite, il ira parler à Akashi et Momoi. Il devrait peut-être en parler avec les divinités mais son esprit lui soufflait de garder ça entre eux pour l'instant. Et puis que risquait-il franchement ?


Aomine était parti se chercher une glace. Par habitude, il en acheta une deuxième mais ne la mangea pas. A la place, il prit le bus et descendit au cimetière. Il déposa son précieux paquet devant la pierre avec le nom de son ami et s'en alla tout de suite après.

La gorge nouée de s'être encore retrouvée devant cette tombe, le bleu serra les lèvres pour ne pas se mettre à chialer comme un gamin. Il sortit son portable, prêt à appeler Momoi pour entendre sa voix, pour se sentir réconforté.

-Oy toi ! Files-moi ton portable et ton fric !

La dégaine du type en face lui fit hausser un sourcil. Non sérieusement ? Purée, c'était sa journée.

-Dégages, je suis pas d'humeur...

Pensant que ça allait suffire, Aomine passa à côté de ce racketteur du Dimanche avant de sortir une drôle de sensation dans son ventre.

Les yeux baissés, il regarda son haut gris virer au rouge bizarre à cet endroit là. Tout aussi tranquillement, il regarda la lame s'extirper de son ventre. Il fut incapable de réagir quand le garçon vola son téléphone et fouilla ses poches à la recherche de son portefeuille. Aomine tomba à genoux, ses doigts inutilement en train de presser la plaie. Ça faisait mal. Son portefeuille atterrit près de lui pendant que l'autre courrait pour fuir. Mourir dans un cimetière, purée cette situation à la con !

Sa tête heurta les graviers au sol. C'était bizarre, la seule à laquelle il pensait, c'était Momoi. Une espèce de réminiscence de tout qu'il avait pu lui faire ou sortir. De leurs premiers mots pour l'autre, en passant par la grenouille dans ses cheveux à ce presque baiser de ce matin. Promis, il allait hanter Akashi en guise de vengeance.

Il allait... faire ça ouais...

Aomine Daiki avait été tellement ignoble qu'il allait mourir seul comme un con dans un cimetière.


Et hop ! Chapitre bouclé !

Franchement... Faire ça à Aomine m'a demandé un travail sur moi-même titanesque ! Je vais m'en remettre difficilement !

Merci pour vos commentaires :

Etoothebrille : … Je suis désolée... Je déteste la fin de ce chapitre parce que j'adore Aomine. Mais je me dois d'être juste avec chacun des persos. D'accord, « être juste » et les mourir, c'est pas compatible mais zut !

Yuki Mirai : Bienvenue dans mon quotidien. Cette fic me sert de défouloir, elle sera unique pour moi... Plus jamais ça. Si quelqu'un espère encore un Happy End, qu'il me file ce qu'il prend, ça à l'ai d'être de la bonne.

MonkeyDL : Total hasard pour son anniversaire ! Je jure, je crache et je rejure !

Gil Prussia Beilschmidt II : Tu le vois le AkaMomo ? Atta, je regarde avec toi, elle est jamais consentante au début. Mais j'ai des photos ! Même d'Akashi qui sourit en jouant avec con chat !

Laura-067 : Les examens médicaux s'enchaînent, ils vont bien trouver. Heureusement que tu m'as rappelé l'existence du chat ! Oui, j'avais totalement zappé et j'ai honte !

Seth Horo : Aomine a quitté son état de larve inutile, il vient de se faire poignarder ! Ça t'apprendra à vouloir changer Aho !

Baknb : Même si ça m'a fait mal de tuer Kuroko, y avait bien que lui qui pouvait tout faire s'accélérer. Polygamie, la réponse à tout ! AkaMomo- AoMomo- AoAka, c'est okay, je vote pour !

Alyxel : Je l'ai fais ! Et j'en très malheureuse. Si si même Akashi « Tu es une Akashi, tu gagnes forcément ! » avec le regard autoritaire et tout ! Hanamiya et Imayoshi allègent l'ambiance, c'est magique et pas du tout prévu mais tant mieux ! Je vais me ménager ouais ! Je fais de mon mieux en tout cas ! Depuis le début de la saison 3, je n'ai que deux mots à la bouche : Kiseeeeeeee *p *et Akashiiiiiii *q * ! Va pour la Mido 2.0 ! … « Ton objet du jour est cette batte de base-ball, fonces ! »...

Kaleimaya : Je jure, je ne toucherais pas à Imayoshi et Hanamiya ! Ce ne peut pas aller plus ? Si bien sûr que si ! C'est ma spécialité ! Mamie en quête de vengeance ! Craignez-là ! J'ai à peu près la fin en tête et comme je déteste quand ça finit de façon prévisible... Attachez vos ceintures.

Buli-chan : Si tu as trouvé cela tristes, désolée de t'annoncer que ça va aller de pire en pire. Le jeu se poursuit malgré tout ! Ils savaient tous qu'ils risquaient de mourir.

Guest : Constructive ou pas, une review me fait toujours plaisir alors merci ! Je pleure en écrivant, j'ai l'air ridicule...

Prochain chapitre : Alors qu'Aomine est finalement découvert, Momoi est prévenue et accourt au cimetière avec Akashi qui ne va pas la lâcher. Takao choisit définitivement quoi faire avec ce bébé et son apparence et Himuro fait de son mieux avec Kagami. Chapitre 29 : L'ombre et la lumière !