[Je ne suis pas la créatrice du Voyage de Chihiro, ni n'est affiliée à aucun de ses créateurs ou distributeurs. Je ne tire aucun profit de cette production, autre que celui de s'améliorer et de m'amuser.]
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{Les flash-back du chapitre dernier m'ont décidé à introduire deux autres personnages du film dans ce chapitre qui étaient quand même sur les startingsblocs depuis un moment.}
Chapitre 9 – Cour
Elle se regarda une dernière fois dans le grand miroir de l'entrée, pencha la tête sur le côté, et essuya de la poussière imaginaire de son uniforme. Elle essayait vraiment d'ignorer qu'elle tremblait d'angoisse.
Un dragon à la recherche du sceau que portait Kao était en ville, elle en était absolument certaine à présent. Ce dragon avait déjà blessé, voir tué, une puissante sorcière pour arriver à ses fins, et sûrement qu'il n'hésitera pas à user une seconde fois de la violence avant d'être neutralisé. Elle ignorait où il pouvait bien se trouver, mais elle ne pensait pas qu'il se fut éloigné.
La situation avec Kohaku avait été supportable hier soir, lorsque l'apprentit de Zeniba se trouvait près d'elle. Peut-être n'avait-il pas été totalement en sécurité, mais il s'était trouvé près d'elle. Jusqu'à hier soir, elle avait eut l'illusion qu'elle aurait été capable de faire une différence si un imprévu se présentait.
Maintenant, elle ne trouvait plus Kao. Nulle part. Il n'était pas dans la maison ou le jardin. S'armant de courage malgré les nuages menaçants, elle s'était même aventurée jusqu'à la cabane, seulement pour la trouver vide.
Elle était revenue avec une terreur sourde au ventre.
Pourtant, presque rien n'avais changé. Que Kao se cache ici ou ailleurs, il avait la même chance de se faire découvert et attaquer. Elle avait seulement cessé d'être avec lui, elle avait juste cessé d'avoir de ces nouvelles, et cela plombait son moral. Lorsqu'il avait avoué son... ancien projet, elle avait été terrifié au point de vouloir le voir disparaitre de sa vue. Ce qu'elle n'avait pas anticipé, c'était que cette envie avait été très théorique. Elle n'avait pas imaginé un instant cette inquiétude lourde qui pesait sur elle à chacun de ses mouvements. Elle n'avait pas imaginé cette sensation de vide. Presque sans qu'elle ne s'en rende compte, Kao s'était fondu autour d'elle, une présence rassurante qui la protégeait. Elle se souvenait de hier, quand ils se trouvaient tous les deux dehors, elle en train de travailler, lui simplement assis ou en train de tresser des herbes ensembles.
Près de lui, elle se sentait apaisée. Il nourrissait une part d'elle qui n'avait été que trop longtemps affamée par sa simple présence, et maintenant, il était partit et tout ce qui lui restait était l'angoisse.
Elle était supposée aller à l'école comme si de rien était. Rien qu'à cette idée, ses doigts moites s'entortillaient nerveusement le long de sa boutonnière et elle avait envie de renoncer, d'enfoncer la tête dans ses couverture et faire comme si tous ses soucis n'existaient plus.
Non, pas dans une couverture. Elle avait envie d'enfoncer sa tête dans la fermeté rassurante d'un certain esprit. Elle avait envie de le sentir là, avec elle. Plus les secondes s'échappaient sournoisement, plus elle se rendait compte à quel point elle s'était attachée à lui en seulement trois jours.
Elle secoua sa tête et les noires pensées qu'elle contenait. Il ne fallait pas se morfondre. Elle devait marcher droit, la tête haute, la mine ferme. Elle n'avait pas d'autres choix que de traverser sa routine comme si de rien n'était après tout, alors autant le faire du mieux qu'elle pouvait. Elle avait bien supporté le vide autour d'elle pendant une vie entière, elle pouvait le faire de nouveau s'il le fallait.
Elle ramassa son sac d'école, le jeta par-dessus son épaule dans un style qu'elle voulait décontracté, avant de passer la porte sans même un au revoir. Elle ne savait que trop bien que personne ne lui répondrait de toute façon. Le seul être qui le ferait s'était enfui en courant de sa chambre il y avait moins de douze heures et plus d'une éternité auparavant.
Peut-être… Peut-être qu'elle ne le verrait plus jamais.
§
Chihiro n'était pas de nature pessimiste. Vraiment pas. Elle avait peut-être reçue moins qu'une autre dans la vie, mais elle ne se laissait pas démoraliser pour autant. Sans doute que sa volonté de voir le verre à moitié plein était un peu forcé, mais elle savait reconnaître une mauvaise journée quand elle en voyait une.
Elle n'avait jamais autant échoué face à un test de maths. Pas besoin de voir la correction pour le savoir. Peu importe combien de temps elle avait passé à se concentrer, elle n'avait jamais éloigné ses pensées des parages d'un certain masque blanc. Le moindre détail invoquait son souvenir plus sûrement que s'il s'était dressé en travers de son chemin, comme si sa mémoire voulait forcer l'univers à le matérialiser près d'elle.
Piégée dans sa salle de classe, piégée par ses horaires et ses obligations, piégée par les attentes de la société, elle ne pouvait pas arracher son regard de la lente marche des aiguilles de l'horloge. Leur imperceptible progression cachait en réalité la pire des torture. À l'avenir, elle aurait plus de compassion envers tout ceux qui n'attendaient que se sortir de cet pièce.
Plus d'une fois, elle avait été à deux doigt de se lever, de tirer la langue au professeur et de se ruer vers un espace, n'importe lequel, qui se trouvait à l'air libre. La seule chose qui l'avait maintenue assise était de savoir que ce serait une agitation digne d'une mouche prisonnière d'une toile d'araignée. Elle ne saurait même pas où commencer à chercher. Et il était inutile de commencer à se poser des questions toutes faites, comme 'où me cacherais-je si j'étais un esprit', puisqu'elle avait interagit avec ces derniers exactement six jours dans sa vie et les avait ignoré de son mieux tout le reste du temps où elle avait été capable de les voir.
La cloche du midi fut pour elle un ressort qui la fit sauter sur ses pieds. Elle avait besoin d'air frais, de marcher, et d'être seule avec ses pensées. Rapidement, elle dépêtra son bento depuis les tréfonds de son sac, et, profitant du fait qu'Ayumi n'était pas en train de la regarder – elle échangeait quelques mots avec Yui –, Chihiro s'esquiva sans demander son reste. Elle se sentait comme une voleuse de rouge à lèvre qui s'esquivait du supermarché qu'elle avait prit pour cible, mais elle poussa de côté ce sentiment.
Elle sortit dans la cour de son collège, légèrement hésitante. Depuis qu'elle avait commencé sa scolarité, les fois où elle avait mangé dehors se comptaient sur les doigts d'une main.. La dernière chose qu'elle voulait faire était de prendre la place attribuée de quelqu'un d'autre.
Elle se décida finalement à s'adosser contre un mur, directement assise par terre malgré le fait qu'elle n'était pas une grande adepte du bitume. L'endroit avait deux avantages : personne ne l'occupait et elle ne serait pas visible depuis les fenêtre de sa classe. Le mur était dur et froid contre son dos, mais cela ne l'empêcha pas d'ouvrir la boite contenant son repas et d'y plonger timidement des baguettes.
Tandis qu'elle avalait passivement sa nourriture, elle laissa ses pensées vagabonder, rejouant encore et encore ses inquiétudes comme un disque rayé répétant toujours les trois même mots : où est-il ? Elle repassa, en vain, tous les endroits où il pourrait se cacher, mais il n'étaient pas nombreux et elle les avaient tous déjà visité. Il fallait dire qu'à part pour sa maison et la cabane à outil de son jardin, il n'y avait pas un grand choix d'endroits où elle avait vue l'esprit. Peut-être que le chemin creux qui menait à Aburaya ? Elle aurait besoin d'aller vérifier plus tard, alors. Peut-être en faisant comme la dernière fois qu'elle y était venu, en descendant un arrêt avant quand elle prenait le bus pour rentrer de l'école, même si elle serait sans doute embêtée avec ses affaires et son uniforme.
Elle était en train de gober un morceau de thon cru quand elle perçu un mouvement du coin de l'œil. Machinalement, elle tourna la tête dans la direction donnée, seulement pour apercevoir une chatte tricolore assis à deux pas. L'animal ne semblait pas effrayé, mais il gardait ses distance tout en l'observant de son regard perçant. Chihiro, quand à elle, ne put que lui rendre un regard ébahis.
C'était la gardienne du café qu'elle avait visité hier avec Ayumi. Elle reconnaissait les deux queues et la fourrure blanche, brune et noire du chat-esprit. Le fait qu'elle se trouvait là était déjà assez impressionnant, mais ce n'était rien comparé à l'étonnement provoqué par le petit être qui s'était perché entre ses deux oreilles.
Les deux petits êtres, pour être plus précis.
- Chu ! » S'écria un Bou sous sa forme de rongeur, visiblement ravis de voir Chihiro. L'oiseau-moucheron prit son envol, emportant la souris vers la jeune fille. Elle tendis les mains et la recueillir dans ses paumes comme une automate. Toutes sa rumination venait d'être littéralement éjecté jusqu'au cadet de ses soucis par leur apparition tellement elle était choquée.
La petit boule de poiles se nicha dans les main de la jeune fille, diffusant une chaleur vivante comme pour prouver que ce n'était pas une hallucination. Surement intrigué par le manque de réaction de son amie, il posa ses petite pattes sur ses pouces et leva son petit museau rebondi vers elle. Ses moustaches aussi fines que des fils de toile d'araignée vibrèrent et son museau de plissa. Même Yuba-bird, qui habituellement n'était pas le summum de l'expressivité, semblait perplexe.
Chihiro leva les yeux vers la chatte, qui s'était levée et qui semblait près à repartir, mais qui croisa tout de même son regard. La gardienne ferma brièvement les yeux et inclina la tête pour saluer l'humaine et, toujours en auto-pilote, cette dernière lui rendit son geste. Dès que cela fut fait, l'animal s'élança souplement, ses muscles fermes roulant élégamment sous sa fourrure brillante. D'un seul élan, elle traversa la cour, sauta sur le mur d'en face et disparut de l'autre côté.
- Chu ? » Questionna Bou en penchant la tête sur le côté.
Chihiro reporta son attention sur lui.
- Qu'est ce que tu fais ici ? » Elle était tellement sous le choc qu'elle ne se souciait même plus de qui pouvait la voir ou l'entendre parler à un esprit invisible.
Il plissa encore son museau plusieurs fois, avant regarder autour de lui et de se décider finalement à pointer le sol au Yuba-bird. Ce dernier vit vrombir ses ailes avec un bourdonnement de moustique pour soulever son petit maître et le déposer à l'endroit désigné. Le rongeur enfla soudainement à une vitesse presque trop rapide pour l'œil, et Chihiro, surprise, du prendre quelque secondes pour enregistrer sa nouvelle apparence.
Le bébé de deux mètres habillé simplement de ce qui semblait être une couverture de pique-nique rouge n'était plus. À la place se trouvait ce qui ne pouvait que être décrit comme un petit garçon d'un mètre et demi. Habillé d'une salopette rouge qui couvrait un haut blanc à manche courte, joufflu, sa tête semblait bien trop grande pour son corps, exactement comme sa mère. Dans son visage gras, ses petits yeux brillaient de malice et son immense sourire révélait des dents blanches et qui se chevauchaient un peu.
- Bonjour Sen ! » S'écria-t-il, ravis.
- B-bonjour, Bou. » Elle dit ensuite la seule chose qui lui passa par la tête en voyant son vieil ami. « Tu as… rapetissé.
Son sourire se fit encore plus large, et elle comprit que ce qu'elle venait de dire passait pour un compliment.
- Sen, trouve Haku ! » Ordonna soudainement l'enfant.
- Quoi ?
- Il faut trouver Haku, Mama est vraiment fâché avec lui. » Bou posa ses mains potelées sur ses hanche et prit cet air sérieux qu'il avait affiché quand il lui avait demandé de jouer avec lui, il y a quatre ans. C'était bel et bien le même esprit qui se tenait devant elle. Il n'y avait que lui pour exiger les choses de cette manière. « Chihiro, où est Haku ?
Chihiro était encore en train d'enregistrer l'information qu'il venait de lui lancer à la figure. Yubâba en voulait au dragon ? Cela la dérangeait un peu. Depuis qu'elle avait apprit que Kohaku était resté au service de la sorcière malgré le fait qu'il avait promis qu'il le quitterait, il avait acquis auprès de la jeune fille une image d'élève modèle dévoué à sa maitresse. Ce que venait de dire Bou jetait une partie de cette représentation à terre, et avec cela certaines conclusions qu'elle avait déduit du peu d'information qu'elle possédait.
- Pourquoi est-ce que ta maman est fâché avec lui ?
- Il a cassé plein de trucs, » expliqua Bou du mieux qu'il pouvait avec son vocabulaire limité. L'oiseau-mouche perché sur son épaule hocha du bec pour appuyer ce qu'il venait de dire. « Et il est partit après, donc Mama le chercher partout.
Ce pouvait-il que Kohaku ait trahis la confiance de sa maitresse ? Ce pourrait-il même qu'il ait attaqué Zeniba de son propre chef ? Cela ne serait pas improbable. Elle avait cru qu'il obéissait aux ordres de Yubâba parce que Kao le lui avait dit, malgré le fait que le dragon avait déjà fait main basse sur sceau sans demander l'avi de personne par le passé.
Elle se rendit soudainement compte qu'elle devait avoir l'air de fixer le vide, et baissa les yeux. Il lui vint à l'esprit que, du fait qu'il ne devait pas visiter le monde des humains souvent (en tout cas, Yubâba s'y opposerait), Bou ne devait pas être habitué à être invisible
- Est-ce que tu pourrais m'expliquer plus tard ? Ce n'est pas le meilleur moment maintenant... » Chuchota-t-elle timidement.
- Quoi ? » Le petit sorcier s'avança vers elle en penchant la tête sur le côté. « Qu'est ce que tu chuchotes, Sen ?
- C'est que… » Elle osa une regard aux alentours pour voir si personne ne la regardait, mais tous les autres élèves de l'école semblaient pris dans leur propre conversations. « Les autres ne te voient pas et ne t'entendent pas. Si on me voit parler toute seule, on va me prendre pour une folle.
- Mais tu n'es pas folle ! » Bou fit la moue. « Tu parles avec moi.
- Les autres vont le penser.
L'enfant géant fit une pause, comme si il venait d'être confronté à une nouvelle notion, et se plongea dans une réflexion intense. Chihiro baissa les yeux sur son repas et fit de son mieux pour faire comme s'il n'était pas là tout en essayant de ne pas se montrer irrespectueuse. Mille questions lui brulait l'intérieur des lèvres, prêtes à s'envoler dès qu'elle ouvrirait la bouche.
- Alors on doit trouver un endroit où il n'y a personne, » annonça fièrement Bou quelque secondes plus tard, comme s'il venait d'avoir l'idée du siècle.
Elle considéra la question un moment. Sa première pensée fut les toilettes, mais amener le petit garçon dans celles des filles ne semblait pas très délicat. Elle repoussa d'office la possibilité de rentrer elle-même dans les toilettes des garçons. Il fallait donc trouver un autre endroit, quelque part où ils pouvaient tous les deux rentrer et où elle était sûre de ne pas être dérangée… ce qui n'était pas donné.
C'est alors qu'un plan s'imposa à son esprit. En temps normal, elle n'aurait jamais osé y penser, et encore moins le considérer, mais la situation était critique. Si elle obtenait des informations relatives à ce qui s'était vraiment passé, peut-être pouvait-elle alors avoir une meilleure emprise sur la situation.
- Suis-moi, » ordonna-t-elle à Bou, avant de fermer son bento, de se lever et de partir en direction de la classe. Juste avant qu'elle ne passe dans l'entré de l'école, elle entendit un bourdonnement aigu et sentit le poids d'un certain rongeur sur son épaule.
Lorsqu'elle vit Ayumi au travers de la vitre qui donnait sur le couloir, elle prit un moment pour respirer et se mettre en situation. Elle pouvait le faire, elle pouvait jouer ce rôle. Cela faisait quatre ans qu'elle ignorait les esprits chaque jours et elle s'en était tirée admirablement bien. Elle pouvait bien tromper sa meilleure amie cinq minutes.
Elle penserait au conséquence plus tard.
Elle s'approcha lentement d'Ayumi en prenant un air faible, qu'elle espérait maladif.
- Mi-chan ? » Dit-elle
L'interpellée se retourna presque immédiatement. La noiraude lui adressa un immense sourire joyeux.
- Chi-san, tu es resté long au toilettes, dit donc !
Chihiro regarda son amie dans les yeux, dans ses grands yeux bruns, et y lut la joie. Elle était vraiment heureuse de la revoir, c'était irréfutable. La brune ressentit une pointe de culpabilité à l'idée qu'elle allait lui mentir.
- Je… Je me sens pas très bien. Je crois que je vais rentrer. Est-ce que tu pourras le dire au professeur ?
Si sa mère découvrait qu'elle séchait, elle allait être dans les ennuis jusqu'au cou. Mais il y avait bien plus de son confort en jeu.
§
Elle poussa la poignée vers le bas et poussa, ma la porte resta inerte.
Fermée. Elle n'avait pas pensé à cela.
Chihiro resta deux seconde en pause, à réfléchir à la marche à suivre. Elle était rentrée chez elle sans problème après avoir récupéré son sac d'école. Pendant un instant, elle avait hésité à aller faire un tour au chemin afin de vois si Kao s'y cachait, mais elle avait repoussé cela à plus tard, quand elle aurait posé son sac à la maison et entendu l'histoire de Bou.
Maintenant qu'elle se trouvait coincée devant chez elle, elle se sentait un peu stupide. Elle avait eu l'intention de profiter de la discrétion de sa chambre pour discuter avec le rongeur qui était encore perché sur son épaule, mais cela se révélait maintenant impossible. Et elle ne pouvait pas compter sur l'espoir que la porte vitré donnant sur le jardin fut ouverte, puisqu'elle savait que sa mère n'oubliait jamais ce genre de détails. Pour une femme qui accordait une telle importance à tout ce qui était matériel, se faire cambrioler aurait été un désastre.
Chihiro soupira et descendit les marche devant l'entrée, avant de se glisser dans le jardin. Cela allait devoir suffire pour le moment.
- Ici, on sera au calme, » annonça-t-elle en s'asseyant sur un des banc de la table.
Pour toute réponse, Bou se souleva se son épaule et se posa sur le pavé, avant de reprendre sa forme véritable. La transformation arracha une question à la jeune fille.
- Toi aussi, tu as appris la magie ?
- Mama ne veux pas que je fasse de la magie, » annonça gravement l'enfant, avant de s'illuminer. « Mais Tata m'a apprit comment me transformer !
- Oh, d'accords… » Apparament, Zeniba avait rendu visite à son neveux et avait fait plus ample connaissance avec lui.
- Est ce qu'on peut aller chercher Haku maintenant ?
- Je ne sais pas où il est, » répondit Chihiro. Elle se rendit soudainement compte que si Kohaku passait par là, il verrait parfaitement qu'elle percevait la présence des esprits. Pas très rassurée, elle regarda autour d'elle au cas où, avant de se lever et de traverser les herbes hautes jusqu'à la cabane du jardin. Elle ouvrit la porte avec un grincement (bien sûr que sa mère se fichait de la tondeuse à gazon, ils ne jardinaient jamais) avant de se tourner vers Bou. « Il faut qu'on parle, mais à là où on ne nous verra vraiment pas.
Le fils de Yubâba, la richissime sorcière, contempla un moment l'abri presque abandonné, avant de plisser dédaigneusement du nez (il avait quelque chose d'un rongeur quand il faisait cette tête).
- C'est moche, » déclara-t-il.
- Mais on a pas le choix. Je t'explique une fois dedans.
Le garçon la passa en se mettant de profil pour passer dans l'embrasure de la porte, avant de se laisser tomber d'un seul mouvement sur le banc et de regarder autour de lui avec dégout. Chihiro se souvint que sa mère l'avait confiné dans sa chambre en ancrant en lui une profonde peur des microbes, et se demanda s'il était en train d'y penser
- Bon. » Elle referma le battant derrière elle, en veillant toutefois à le laisser entrouvert. « Par où est-ce qu'on commence ?
Il tourna vers elle un regard accusateur.
- Pourquoi est-ce que tu ne sais pas où est Haku ? Je croyais que vous étiez amoureux ?
Elle se figea quand elle entendit cela. C'est vrai que, même s'il était un petit rongeur à l'époque, il avait été présent pendant toute son voyage pour rendre visite à Zeniba, et même au retour. Personne n'avait été mieux renseigné que lui a propos des sentiments que Chihiro et Kohaku avait partagés… Mais ce n'était plus le cas aujourd'hui.
Son cœur se serra et elle baissa un instant les yeux, avant de se reprendre. Elle n'avait rien à se reprocher… Même si elle regrettait son innocence passé.
- Non, je ne suis plus amoureuse de Kohaku.
- Mais alors, » demanda spontanément le garçon, « de qui es-tu amoureuse maintenant ?
Elle fut si surprise par cette question qu'elle ne répondit pas tout de suite, et pesa même la question sérieusement. Amoureuse ? Elle ? Elle n'était pas amoureuse, non ? Et même si elle l'était, de qui ? Il n'y avait pas de garçon intéressant autour d'elle en ce moment. Trop occupée par la promesse de Kohaku, elle n'avait jamais regardé autour pour quelqu'un d'autre…
Une image de Kao passa dans un flash. Elle sentit son coeur sauter jusqu'à sa glotte à cette idée. Amoureuse de l'esprit ? Elle ? Elle le saurait si c'était vrai. Ce n'était pas comme si elle ne pouvait pas reconnaître l'amour quand elle le sentait, elle l'avait déjà ressentit.
Non ?
Alors pourquoi avait-elle pensé à lui ?
- Je n'aime personne pour le moment, » affirma-t-elle. Curieusement, sa voix ne semblait pas très assurée, mais ce n'était pas cela qui comptait, c'était qu'elle avait dit la vérité.
Non ?
- Oh… Comme Mama, » compléta silencieusement Bou.
- Oui.
Un ange passa.
- Dis, Bou, qu'est ce qui s'est passé à Aburaya ? Pourquoi est-ce que tu cherche Kohaku ?
- Il a passé plein de truc chez Mama, et elle a dit qu'il lui avait volé ses secrets, puis il est parti. Elle le cherche partout, et moi aussi je voulais aider Mama, alors je suis venu ! » Il adressa un large sourire à Chihiro, et elle ne put s'empêcher de le lui rendre… même si elle savait qu'elle aussi ne pouvait faire grand-chose.
Quoique… si Yubâba voulait aussi trouver Kohaku, elle pouvait leur donner un coup de main. Oui, ce serait une très bonne chose. La gérante ne n'avait pas forcément un comportement exemplaire en toute circonstances, mais si quelqu'un connaissait Kohaku et avait les pouvoirs nécessaires pour l'arrêter, c'était elle.
- Bou… pourrais-tu retourner voir ta mère pour lui dire que Kohaku est dans le monde des humains ?
§
{Je voudrais remercier encore une fois tout ceux qui m'on laissé une review pour le dernier chapitre. Positif ou non, je suis toujours ravie de recevoir votre avi, et j'espère pouvoir continuer avec une histoire à la hauteur de vos attentes et de vos exigences.
Je m'étais promis que je finirais ce chapitre rapidement avant de partir en vacances, mais j'ai prise dans mes préparations… À deux cents mot de la fin. Cela montre à quel point je n'avais pas de temps.
Je voulais introduire Bou depuis un moment déjà, et à plusieurs reprises cela est passé à deux doigts. Par exemple, pour le chapitre avec le café, c'était soit lui, soit Kohaku qui apparaissait. Dans ce cas, le choix n'était pas très compliqué, mais j'ai quand même hésité.
Aussi, ce ne sera pas la dernière fois que l'on verra la gardienne du café à chat. Donc oui, c'est un Oc, mais elle a un rôle très mineur à jouer et elle est justifié.
En espérant vous revoir la prochaine fois,
Clayem}
