[Je ne suis pas la créatrice du Voyage de Chihiro, ni n'est affiliée à aucun de ses créateurs ou distributeurs. Je ne tire aucun profit de cette production, autre que celui de s'améliorer et de m'amuser.]

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{Je vais vous l'avouer : j'ai hâte d'en avoir finit avec cette fanfiction… Surtout parce que j'ai des tas d'autres projets et je suis décidé à en commencer aucun avant d'avoir finit celui-là.}

Chapitre 10 – Salon

- Aller voir Mama? » Il digéra l'information pendant quelques secondes, avant de hocher la tête. « Oui, je vais le faire. Je vais aller voir Mama ! Comme cela, Haku sera puni.

Même s'il ne voulait pas provoquer cela avec ses mots, Bou fit douter Chihiro. Et si cela n'était pas la bonne solution ? Yubâba ne risquerait-elle pas de subir le même sort que sa sœur? Mais que pouvait-elle faire d'autre ?

- Bou, il faut que tu lui dise qu'elle doit faire très attention. Kaonashi m'a dit que Kohaku à combattu Zeniba et qu'il l'a battu, avant de venir dans le monde des humains. C'est…

La porte s'ouvrit soudainement, une grande ombre se profila dans l'encadrement, et le coeur de Chihiro s'arrêta de battre pour une fraction de secondes lorsqu'elle reconnu le nouveau venu.

Celle d'après, elle lui sautait au cou sans même réfléchir.

- Kao !

Sous la force de l'impact, l'esprit du reculer de deux pas mais ne tomba pas, avant de se tenir tout droit sans bouger, comme foudroyé par un éclair. Elle se trouva donc suspendue par les bras à son cou comme un chiffon accroché à une ligne pour sécher, et eut tout le temps de se rendre compte qu'elle lui avait sauté dessus. Elle le lâcha soudainement et se recula, mortellement embrassé.

Même si elle était vraiment heureuse de le revoir vivant.

Malgré sa honte, elle prit la peine de le regarder de la tête aux pieds. Il semblait se porter comme un charme, sans la moindre égratignure, du moins à première vue. Elle avait apprit que le contour sombre qui rendait sa silhouette si rectangulaire était loin d'être sa peau, et elle ne savait même pas ce qui se cachait dessous lorsqu'il était en bonne santé. Un flash de peur la traversa. Et s'il avait une blessure béante là-dessous ? Le genre de plaie par laquelle s'échappe une tonne de sang et qui peut se révéler mortelle ?

Elle n'eut le temps de demander quoi que ce soit. Sans un mot, l'esprit lui attrapa les épaules et la tira vers l'avant précipitamment. Elle s'emmêla dans ses pieds, faillit perdre sa chaussure et trébucher, mais se rattrapa… contre la poitrine de l'esprit. Son premier instinct fut de fuir, mais il la maintenait fermement. Elle sentit son coeur s'envoler avec un grand froufrou de battements frénétiques. Est ce que… pas hasard… il était en train de lui faire un câlin ?

Elle se sentit rougir jusqu'au oreilles.

- S'il-te-plait… ne fait pas de bruit, ne bouge pas, » murmura une voix quelque part juste au-dessus d'elle. Malgré le ton ténu, elle sentait l'urgence dans sa voix et hocha la tête légèrement.

Un bourdonnement suivit d'un poids sur son épaule lui indiqua que Bou, transformé de nouveau en souris, s'y était posé, mais elle y fit à peine attention. Contre son nez était pressé un tissu brut qui ressemblait à du jeans d'après la texture, et dessus, même si elle n'émettait aucune chaleur, un torse qui se soulevait pesamment comme après un sprint. Son odeur envahis son nez, un parfum qui rappelait vaguement celui de la maison de Zeniba, mais aussi la sienne. Elle avait ramené ses mains contre sa poitrine dans un geste instinctif pour mettre une barrière entre eux, mais le dos de ses phalanges le touchait, de sorte qu'il n'y avait entre eux qu'une largeur de bras tout au plus.

Et elle en était terriblement consciente.

Elle sentit un accès de timidité l'envahir, et remercia le ciel qu'il ne pouvait voir son visage en cet instant. Elle ne comprenait pas ce qui se passait au juste, mais elle devinait déjà que ce n'était pas pour célébrer leur retrouvailles qu'ils la serrait ainsi contre lui.

Elle tourna lentement la tête pour regarder autour d'elle, et vit son jardin. Elle croisa les petits yeux noirs de Bou et y lut de la curiosité, mais elle n'avait pas plus de réponses que lui. Kao la tenait toujours par l'épaule, ses larges mains fraîches englobant même une partie de son omoplate de leurs longs doigts. La poitrine contre laquelle elle avait été plaquée avait beau être drapée de noir, elle savait que ce n'était pas la couche extérieure, au travers de laquelle elle serait passée. Mais alors, où se trouvait l'obscurité qui drapait habituellement l'esprit ?

Une mèche de cheveux lui frôla la joue, et elle sut que ce n'était pas la sienne. Elle sentit le regard de Kao sur le sommet de la tête avec une telle intensité que cela envoya un frisson dans sa colonne vertébrale, de haut en bas. Cette fois, elle était véritablement paralysé.

Pourtant, la situation n'avait pas finit de mettre ses nerfs à rude épreuve.

Quelque chose se posa soudainement sur la cabane derrière elle, la faisant grincer de toutes ses vielle planches. Quelque chose qui respirait pesamment, qui reniflait l'air, qui faisait crisser ses griffes contres les tuiles et taper ses pattes. Elle devinait les croc acérés contre lesquels folâtrait son souffle, muscles près à la broyer et, surtout, son envie de sang.

Kao lâcha ses épaules et passa ses bras autour d'elle pour la protéger. En réponse, elle agrippa le tissus de son vêtement et se mordit la lèvre pour ne pas crier. À cette instant, la présence de l'esprit était la seule chose qui ne l'empêchait de perdre totalement les pédales et de s'enfuir en hurlant.

Le monstre s'agita, avant de feuler sèchement. La cabane grinça de chacun de ses clous, et Chihiro aperçu une trainée blanche au sommet de son champ de vision, juste avant qu'un grand coup de vent ne la frappe de plein fouet.

Kohaku.

Elle sentit ses genoux faiblir sous elle et serait tombée si elle ne s'était pas trouvée enserrée aussi étroitement.

Kohaku était passé à deux doigts d'eux, et ils avaient survécus par miracle.

Elle tremblait furieusement.

- Pardon, » s'excusa Kao. « Pardon de l'avoir amené ici… Je n'avais pas le choix. Il m'a foncé dessus, et je n'avais pas eut le temps de réfléchir à ce que je faisais…

Elle sentit une larme couler le long de sa joue. L'adrénaline pulsait dans chacune de ses veines, ainsi qu'un immense soulagement. Kao était revenu, Kao était vivant. Après tant d'évènement qui avait chamboulé son équilibre intérieur en l'espace de quelques secondes, elle se raccrochait désespérément à cette nouvelle.

Revenu vivant.

- Pardon, » elle répondit. « Ne part pas.

Autour d'elle, le monde s'assombrit jusqu'à devenir noir comme de l'encre, et elle comprit soudainement que Kao l'avait caché sous son obscurité et était devenu invisible, la protégeant du dragon qui l'aurait invariablement aperçu sans cela. C'était pour cela qu'elle avait été capable de voir ce qui se passait autour d'elle sans qu'ils fussent repérés.

Malgré le fait qu'il était de nouveau visible, il ne la lâcha pourtant pas tout de suite. Un de ses bras se desserra et il posa sa main sur sa joue pour lui faire lever la tête. Pour la première fois depuis qu'elle le connaissait, Chihiro regarda dans les vrais yeux de Kao.

Il les avait noirs, comme s'ils n'avaient pas d'iris, sous de longs cils et des sourcils droits. Son nez était droit mais délicat, ses lèvres fines et couleur saumon clair. Il avait le visage ovale – non, en coeur, ses longs cheveux bruns s'avançaient en une petite pointe sur son front – et pâle.

Et il lui sourit timidement. Avant de détourner les yeux et de rougir.

- C'est… c'est la première fois que quelqu'un d'autre que Zeniba voit mon visage, » marmonna-t-il. « Je te dois cela, après tout ce qui s'est passé à cause de moi.

Stupidement, tout ce que Chihiro trouva comme réponde fut « oh ». Elle le trouvait étrangement beau, une beauté sculpté, exotique, opposés aux standards habituels des blond aux yeux bleus mais hypnotisante. Depuis l'incident de la cuisine, elle savait qu'il avait l'air humain, mais maintenant qu'elle l'observait à loisir, elle trouvait qu'il n'en avait presque pas l'air. Quelque chose dans son visage le faisait pencher vers l'irréel, et elle n'arrivait pas à mettre le doigt dessus.

Il détacha sa main de la joue de Chihiro et relâcha la pression de son bras sur son dos, avant de faire un pas en arrière. De nouveau, elle se trouva face à son masque lunaire, cette barrière entre eux. Elle se rendit soudainement compte qu'elle avait été dans ses bras – avec tout ce qui s'était passé, elle l'avait presque oublié – et se mit à rougir furieusement. Ses parents avaient beau être orientés vers une culture plus européenne, elle restait une jeune fille japonaise élevé parmi des japonaise, et dans son pays, on ne se touchait pas aussi facilement – du moins pas sans conséquences.

- Je suis contente que tu n'ai rien… » marmonna-t-elle. Elle faillit ajouter qu'elle avait été folle d'inquiétude, mais cela aurait été peut-être trop. Elle ne voulait pas lui faire penser qu'elle était totalement dépendante de lui – ce qui était un peu vrai, mais de là à l'avouer...

- Moi aussi, » répondit-il. « Est-ce que… tu n'es plus fâchée avec moi ?

Elle secoua la tête.

- Non, pas du tout. Mais je croyais que… que tu étais parti pour de bon. Que tu n'allais plus revenir du tout.

Il hésita un instant.

- Je… Je suis désolé. J'aurais du partir loin de toi, mais je ne pouvais pas. Je te surveillais de loin, je n'arrêtais pas de réfléchir à la meilleure façon de me faire pardonner, je…. » il s'interrompit soudain, comme s'il craignait d'en avoir trop dit.

Et il en avait trop dit. Le cœur de Chihiro battait à toute rompe, battait, battait, et elle aurait été bien en peine de dire pourquoi.

- Chihiro, » claqua une voix féminine.

Le sang de l'interpellée se figea dans ses veines quand ses yeux se posèrent sur la silhouette enfilé dans un étroit tailleur vermillon, aux mains posé sur sa taille et posté à l'entré du jardin. Yûko Ogino rentrait clairement directement du travail et n'avait pas l'air de s'amuser.

Chihiro se souvint soudainement qu'elle était supposée être malade et se sentit rougir jusqu'aux oreilles de la honte de son mensonge. Mais aurait-elle cru voir sa mère si vite ?

- Ton professeur m'a appelé, » continua la nouvelle venue. « On rentre.

Elle fit alors volte-face et disparut au coin de la maison en direction de la porte d'entré. Avec un remerciement au ciel qu'elle ne pouvait voir ni Bou, qui se trouvait toujours perché sur son épaule, ni Kao, elle la suivit en enjambant les herbes folles.

Dès la seconde où elles se tirent côte à côte pendant que l'ainée des deux déverrouillait la porte, Chihiro sut que sa mère lui en voulait. Même si elles se parlaient rarement, la jeune fille la connaissait quand même depuis presque quinze ans, assez pour connaitre les bases de son langage corporel… et aussi pour déchiffrer l'atmosphère tendue comme avant un orage. La présence de Kao juste derrière elle n'arrangeait rien : cette bataille allait devoir être affrontée seule.

- Vas t'allonger sur le canapé, » ordonna sa mère tandis qu'elles défaisaient leurs chaussures dans l'entrée.

Après avoir mis ses chaussons, Chihiro s'y dirigea docilement, mais se sentait trop tendue pour s'étendre. Kao suivit sans bruit, comme s'il était véritablement un fantôme, avant de s'approcher de la porte coulissante en verre et de regarder dehors tranquillement. Quelque part dans la cuisine, Yûko fouillait des tiroirs, probablement pour ramener un thermomètre et faire éclater la vérité au grand jour. Chihiro en avait des sueurs froides. Devait-elle continuer le mensonge ? Avouer une partie de la vérité ? Tenter d'échapper à sa mère ?

Elle n'eut le temps de se poser d'avantage de questions. Soudainement, Kaonashi s'écarta de la porte d'un bond et couru vers elle. Elle se leva d'instinct, juste à temps pour qu'il puisse lui saisir le poignet et la tirer derrière lui sur quelques pas. Qu'y avait-il ?

Elle le sut une fraction de secondes plus tard, lorsque le vent ouvrit en grand la porte coulissante avec un grand claquement, et qu'une bourrasque les poussa à terre tous les deux, pêle-mêle.

Immédiatement, Kao se redressa et s'écarta à reculons, en murmurant quelque chose qui ressemblait à une incitation sous son souffle. Chihiro, quand à elle, suivit ses réflexes et roula derrière le canapé.

Puis une tornade rentra dans le salon.

La furie du vent ballotta un instant la jeune fille sans un grain de merci, comme une baffe, renversant des bibelots et faisant trembler les portes des armoires dans leurs gonds. Puis vint un feulement infernal suivit du sifflement de quelque chose qui claque dans l'air, et une queue blanche nimbée d'une touffe de poils bleus frappa Kao au visage avec une telle violence qu'il l'étendit de tout son long sur le sol. Chihiro poussa un cri, sans s'en rendre compte, et suivit la direction de sa panique qui lui dictait de fuir. Elle se retourna sur ses genoux et ses mains… Et son regard plongea au plus profond de deux yeux turquoises derrière un museau aux babines retroussées.

Elle se figea totalement, cessa de bouger, de respirer même, tandis que qu'une gueule pleine de crocs blancs et tranchants s'entrouvraient à quelques centimètres de son nez. Un feulement s'y glissa avec un bruit sec d'allumette que l'on casse.

Clac ! Un objet frappa soudainement le dragon, le projetant contre le dossier mou du canapé avec une telle violence qu'elle y rebondit. Cela tira Chihiro se sa transe, qui se recula à quatre pattes… mais elle resta bouche bée quand elle vit qui était venu à sa défense armée d'une chaise.

Kohaku dénuda ses crocs et, perché sur le sofa qu'il enserrait avec une telle force qu'il en perçait le revêtement puis grogna en direction de Yûko. Cette dernière ne perdit pas son temps en vain intimidation : elle fit effectuer à son arme improvisé un arc de cercle et lui aurait probablement cassé une dent s'il se s'était pas écarté au dernier moment.

Elle ne se laissa pas surprendre par son mouvement, et renouvela son assaut par-dessus. Cette fois, elle réussit à lui taper assez sévèrement, l'écrasant contre les coussins du canapé avec le dossier. Il s'en releva visiblement secoué, et se recula prudemment.

Yûko n'eut aucune pitié. Enjambant le sofa, elle le pourchassa en balançant sa chaise comme une batte, le forçant à perdre du terrain en titubant. Finalement, il abandonna la partie avec un ultime grognement dans la direction, avant de faire volte-face et de s'envoler par la porte laissé ouverte. Chihiro le vit voler sur quelques mètres, avant qu'il ne se prenne une maison en plein fouet avec un choc sourd. Il se redressa et tenta de nouveau sa chance, disparaissant hors de leur champ de vision.

Calmement, Yûko posa son arme et fit coulisser la porte jusqu'à ce qu'elle fut de nouveau fermé en marmonnant quelque chose à propos de fermetures à clé et de mauvaise qualité. Puis elle ajusta de nouveau ses manchettes et tira la jupe de son tailleur vermillon pour qu'il soit parfaitement droit.

- Saleté, » marmonna-t-elle en levant les yeux vers le ciel.

C'est à se moment-là que Chihiro se rappela comment fermer sa bouche grande ouverte par l'étonnement le plus total.

§

Il trouva une prise sur le toit et se redressa un instant, en essayant de reprendre ses esprits. Ses oreilles sifflaient, et c'était un miracle qu'il ne s'était pas évanouis en plein air. D'où l'importance de se reposer, se résolut-il.

Bon sang, pour une humaine, cette femme avait de la poigne. Occupé par autre chose, il ne l'avait pas entendu venir avant que ce ne soit trop tard, c'est-à-dire quand elle l'avait fauchée avec sa maudite chaise. Si elle l'avait forcé à l'humiliante retraite, ce n'était que grâce à ce premier coup, qui avait fait sonner une volée de cloche furieuse sous son crâne, et le coup suivant qui n'avait qu'empiré le phénomène. Il avait distinctement sentit ses dents trembler dans leur cavité et le choc lui remonter jusqu'au bout de la queue, et il ne s'en était relevé que titubant. Sinon, il l'aurait lacérée sans aucune hésitation.

Cela n'avait pas été le seul choc de l'après-midi. Le premier lui avait shooté un sceau plein d'adrénaline dans les veines lorsqu'il avait aperçu, enfin, ce maudit esprit en robe noire qui remontait une rue. Il s'était précipité en avant, mais Kaonashi l'avait esquivé de justesse et s'était enfuit. Il avait soudainement disparut en passant dans un jardin, et il l'avait poursuivit, seulement pour se rendre compte qu'il l'avait perdu.

Ce n'était pas le fait qu'il avait échoué si près du but qui l'avait le plus marqué, mais le fait que ce jardin appartenait à la maison de Chihiro. Sur le moment, il avait pensé à une simple coïncidence, bien que l'endroit le mette mal à l'aise. Il s'était envolé et avait fait des tours autour du pâté de maison dans l'espoir de le revoir. Le perdre de nouveau l'avais rendu furieux.

Il s'était soudainement souvenu que Yubâba lui avait dit une fois que les Kaonashi ne pouvait entrer quelque part sans y être invité… et sa proie était rentrée dans un jardin. Il avait immédiatement fait demi-tour afin de regarder de plus près pour remarquer, derrière la porte vitré, sa cible.

Il ne lui avait pas laissé l'occasion de s'échapper. Usant de sa magie du vent pour déverrouiller et ouvrir la porte à toute volée, il s'était rué dans la pièce. D'un coup, il renversa Kaonashi, quand un cri avait attiré son attention. Il s'était penché dans sa direction, seulement pour se trouver nez à nez avec Chihiro.

Qui l'avait vu.

Il n'en revenait toujours pas. Alors qu'il avait cru qu'elle ne remarquerait plus jamais les esprits, la voilà qui s'en montrait parfaitement capable. Sa première réaction avait été la colère, et il n'en démordait pas. Comment avait-elle osée faire semblant ? Comment avait-elle osé l'ignorer ? Alors qu'il s'était fait une joie de la revoir, elle, la fille qui avait réussit, l'espace d'un instant, à faire passer une étincelle d'espoir dans son cœur ?

Les humains, tous, étaient véritablement que des bêtes sans sentiments. Ceux qui avaient bouchés sa rivière, ceux qui l'avaient oubliés, tous, jusqu'à Chihiro. Un fois qu'il aurait mis la main sur le sceau – et il allait mettre la main sur le sceau dès qu'il aura retrouvé assez d'équilibre pour s'envoler – il allait déchainer sa puissance sur eux en premier. Il n'allait pas seulement faire émerger de nouveau la rivière Kohaku, il allait en faire le malheur de ses voisins. Il voyait déjà les crues terribles qu'il allait déverser sur toute la région, les courant rapides qui entrainerait tous les imprudents… Avec la puissance du sceau, il aurait le pouvoir de faire tout cela.

Mais trop absorbé par sa monté de colère, il avait oublié de faire attention à ce qui l'entourait, et cette erreur lui avait valu un coup parmi les plus magistrales qu'il avait connu. Il n'avait pas vraiment envie de repenser à l'humiliation qui survint ensuite.

C'était d'abord pour trouver un moyen de renverser ce que les humains lui avait fait qu'il s'était mis en quête d'une magicienne capable de lui apprendre les arcanes de la magie. Il s'était d'abord rendu auprès de Zeniba, réputé très puissante, mais cette dernière avait refusé de le prendre sous son aile et l'avait orienté vers sa sœur jumelle à la place. Il était rentré à contrecœur au service de la maitresse d'Aburaya. Quelques temps plus tard, lorsqu'il avait rencontré Chihiro, il croyait encore à la bonté des humains, surtout qu'autrefois sa rivière avait été désigné comme sacrée par ceux qui habitaient autour d'elle et qu'il avait veillé sur ses adorateurs du mieux qu'il pouvait. C'était par réflexe qu'il lui avait porté secours, et il avait laissé la fille rentrer dans son cœur sans s'en apercevoir.

Mais elle avait finit par repartir, et le temps avait effacé son souvenir petit à petit. Au contacte que l'aigreur de Yubâba et de la files d'esprits souillés par l'œuvre des hommes, il avait apprit à les mépriser et à ne voir en eux que des êtres saccageurs. Sa quête de puissance s'était transformé en quête de vengeance, et, loin du cœur de Chihiro, le sien s'était petit à petit remplit de colère.

Oh, ils leurs feraient payer tout ce qu'il avait subit. Tous. À commencer par Chihiro et son nouvel animal de compagnie.

§

Chihiro se tenait raide sur sa chaise, nerveuse comme pas deux tout en fixant sa mère qui préparait calmement le thé. Yûko mit de l'eau à chauffer, choisit soigneusement le thé – thé vert avec des arômes d'orange, le genre de chose qui sentait le micmac à un lieux à la ronde – et sortit trois tasses de thé.

Trois.

Tasses.

Chihiro se sentit défaillir.

Yûko ne vit rien de l'émoi de sa fille, et les aligna toutes les trois soigneusement, leur anse tournée dans la même direction, avant de croiser les bras et d'attendre que l'eau ait finit de chauffer. Comme la cafetière était du dernier modèle, cela ne mit pas très long, et la femme versa avec adresse l'eau dans les trois récipients avant de les disposer sur la table. Une devant Chihiro, une devant une chaise vide et la dernière devant elle. Puis elle s'installa sans faire grincer son siège sur le carrelage de la cuisine et croisa ses mains devant elle.

Sa fille fixa le thé fumant qui lui était destiné sans un mot. Elle n'osait lever les yeux vers sa mère, n'osait même pas bouger. L'immobilité fut maintenue pendant trois secondes, avant que Yûko n'ordonne d'une voix calme :

- Vous allez rester debout très longtemps ?

Chihiro regarda autour d'elle, surprise, avant de remarquer que Kaonashi se tenait près de la porte de la cuisine. Il resta un instant immobile, puis hocha légèrement la tête, prit place devant la tasse restante, et elle sut qu'elle devait avoir l'air très pâle. Depuis combien de temps est ce que sa mère pouvait voir les esprits ?

D'après le sang-froid de la femme dans cette situation, cela devait être depuis un moment déjà. Comme si elle devinait les interrogations de sa fille, Yûko se tourna vers elle et lui adressa la parole.

- La seule chose qui me rassure dans cette situation, c'est que si je suis folle, tu l'es autant que moi.

À cela, la jeune fille ne put que hocher la tête.

§

{Cela fait un moment, je sais, et pour tout vous avouer, je n'ai pas d'excuse valable pour justifier ce retard, surtout que j'ai écrit ce chapitre d'une traite.

Donc ce chapitre est légèrement plus court que d'habitude, mais il y s'y est passé tellement de choses que je penses que cela est largement suffisant. J'espère plus n'avoir perdu personne en chemin, parce que je trouve qu'entre Kohaku et Yûko, cela fait un sacré rodéo…

En espérant vous revoir la prochaine fois,

Clayem.}