[Je ne suis pas la créatrice du Voyage de Chihiro, ni n'est affiliée à aucun de ses créateurs ou distributeurs. Je ne tire aucun profit de cette production, autre que celui de m'améliorer et de m'amuser.]

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{Mon chiffre fétiche est le onze, cette fanfiction à onze chapitres. Je suis contente.}

Chapitre 11 – Cuisine

- Bien, maintenant qu'on ne peut plus se cacher, j'aimerais qu'on m'explique la situation.

C'était plus facilement réclamé que donné. Chihiro regarda Kao, et Kao le lui rendit avec un air impassible. Ou peut-être avait-il une expression, mais si oui elle ne se trouvait pas à la porté de ce que pouvait exprimer le masque. Il ne fut pas d'une grande aide, mais au moins donna le courage à la jeune fille de commencer son récit.

- Est-ce que tu te souviens de notre arrivée ici il y a quatre ans ? » demanda-t-elle. Elle se rendit soudainement compte que c'était la première fois qu'elle en parlait avec un autre membre de sa famille. Avec un autre humain tout court, en fait.

- Il... » la femme paru incertaine un court instant. « Il me semble que j'ai rêvé d'un endroit étrange. C'est… »Elle s'interrompit, incertaine. « Mais continue donc ton histoire.

- En réalité, avec Papa, vous aviez été transformés en cochons par une sorcière après être rentré dans le monde des esprits – c'était un endroit qui s'appelait Aburaya. C'est là que j'ai rencontré Kao… Kaonashi, » corrigea-t-elle quand elle se rendit compte qu'elle ne le présentait pas correctement quand elle ne disait pas son nom entier.

- C'est lui qui nous a transformé ? » Yûko le regarda d'un air méfiant.

- Pas du tout ! C'est Yubâba. Et Yubâba est aussi l'ancienne maitresse de Kohaku… Le dragon qui nous a attaqué juste maintenant.

- Et moi, si je peux me permettre d'interrompre, » intervint Kao, « je suis l'humble apprenti de la sœur jumelle de Yubâba, Zeniba-sensei. » Chihiro remarqua, amusée, qu'il avait retrouvé sa formulation excessive. Cela devait être le signe qu'il était intimidé.

- C'est depuis ce moment là que je peux voir les esprits, » continua-t-elle.

- Moi aussi, » répondit sa mère.

Chihiro déglutit honteusement. Donc elle avait du se retrouver nez à nez avec Kao plusieurs fois… Le nombre de fois ou la jeune fille s'était félicité que ses parents ne pouvaient pas voir ses petites manigances ! Elle en aurait rit si elle n'en avait pas été aussi mortellement embarrassée.

- Et… Papa ?

- Je ne suis pas sûre. Certaines fois, je jurerais que oui, mais j'attendais d'avoir une preuve véridique pour lancer le sujet.

L'ironie de la situation frappa soudainement Chihiro. S'ils avaient effectivement tous les trois acquis la capacité de voir les esprits lors de leurs séjours à Aburaya, cela voudrait dire qu'ils avaient passé quatre ans coincé dans le même problème alors qu'il aurait fallu ouvrir la bouche pour soudainement se retrouver en famille dans cette situation… Au lieu de cela, la peur d'être pris pour un fou leur avait cloué le bec.

- Mais il y a des chances que, même s'il en était capable, » reprit sa mère d'un air légèrement amusé, « Akio serait assez buté pour ne pas le savoir. Il ne remarquerait même pas un mur de brique en travers du salon, à part si ce mur passe entre le canapé et la télévision ou entre la porte et le canapé.

- Ça aurait été plus facile si on s'en était parlé tout de suite... » osa Chihiro du bout des lèvres.

- Peut-être. Pourquoi est-ce que Kaonashi est ici ?

- Et bien… Est-ce que tu veux raconter, Kao ?

- J'en serait ravis, » accepta-t-il poliment. « Je vous ai déjà raconté que je suis l'apprenti de Zeniba-sensei, et cela depuis quatre ans déjà – en fait, depuis que vous avez quitté le monde des esprits. Tout allait bien, lorsque Kohaku nous a soudainement agressé et j'ai dû fuir. Par nécessité, je me suis donc caché dans le monde des humains et j'ai croisé Chihiro par hasard, qui m'a proposé son aide.

- Ah oui ! » S'exclama soudainement Chihiro, avant de se tourner vers l'esprit. « Kao, j'ai appris par Bou que Kohaku a aussi saccagé la maison de Yubâba et qu'elle le cherche aussi. Cela ne pouvait pas être elle qui l'envoyait. Hein Bou ? » Elle se tourna vers son épaule.

Son épaule vide.

- Bou ? » Appela-t-elle.

Il n'y eut pas de réponse. Pas de bourdonnement, pas de « chu », rien que le tic tac de l'horloge suspendue au-dessus de la fenêtre de la cuisine. Chihiro sentit un pressentiment lui piquer les côtes, et elle se leva à demi de sa chaise.

- Bou ? Bou ! Tu te caches ?

Peut-être était-il tombé dans le salon, lorsqu'il y avait eut le grand coup de vent provoqué par la venue de Kohaku. Peut-être s'était-il assommé contre un mur et gisait maintenant oublié de tous. Rien qu'à la pensée qu'elle ai pu oublier son ami dans une telle situation la faisait frissonner d'horreur. Ce n'était qu'un enfant… Un enfant capable de lui casser le bras et de se transformer en souris, mais un enfant tout de même, presque un bébé.

Elle se leva complètement et se rua au salon, tout en continuant d'appeler son nom. Elle fit d'abord simplement le tour, avant de se mettre à genoux pour regarder sous les meubles, arracha les coussins du canapé, dérangea les décorations qui n'était pas tombées pour regarder derrière, passa la tête sous l'écran plat de la télévision, ouvrit les placards et la commode et commençait même à trainer cette dernière pour regarder derrière quand sa mère se décida à intervenir et lui attrapant les poignets et en la maintenant fermement en place.

- Chihiro ! Calme-toi. Tu n'arriveras à rien comme cela, il faut que tu respires et que tu procèdes par étape. À quoi ressemble-t-il ?

_ C'est... » La jeune fille prit le temps d'avaler sa salive et de prendre une grande inspiration pour se calmer, avant de continuer. « Bou, c'était la souris sur mon épaule. Avec l'oiseau.

- Bien, je vois qui c'est. Quand l'as-tu vue pour la dernière fois ?

- Juste avant que Kohaku n'entre ici.

Elle aurait dû vérifier qu'il se trouvait encore avec juste après que le dragon s'était envolé. Il se perchait toujours sur son épaule, est-ce que cela ne faisait pas d'elle la responsable de sa sécurité ? Mais voilà, elle avait été occupé par d'autre choses, à savoir la question de sa mère, et n'avait pas songé ne serait-ce qu'un instant à son ami.

Est-ce que cela faisait d'elle quelqu'un d'égoïste ? Est-ce que cela la rendait coupable de toute la situation ?

- Il ne peut pas aller bien loin, » en conclu Yûko. « Peut-être dans l'entrée ou le couloir. Il n'aurait pas de raisons de se cacher de toi, non ?

- Non… Mais peut-être a-t-il peur de sortir de sa cachette ?

- C'est probable.

- Si vous voulez... » Kao hésitait encore à rentrer dans le salon, et s'en trouvait à la porte. « Je pourrais le trouver grâce à un sort… C'est quelque chose d'assez facile à réaliser…

- Tu pourrais ? » Chihiro fit un pas vers lui, le regard plein d'espoir.

- Oui… Oui, je pourrais, mais j'aurais besoin de ton aide. Un peu.

- Qu'est ce que je dois faire ?

Il hésita un moment, incertain, avant de tendre les deux mains en avant, paume tourné vers le haut.

- Pose tes mains sur le miennes, » ordonna-t-il, « et imagine que tu m'envoie l'image de Bou. Il faudra que tu te concentre sur ton souvenir de lui et sur tes mains. D'accord ?

Chihiro hocha la tête. Sa mère s'approcha avec curiosité, mais resta silencieuse, tandis que sa fille obéissait à l'esprit et fermait les yeux pour visualiser la petite souris grise et le garçon joufflu qu'elle connaissait. Elle sentit des picotements sur le dos de sa main au début, puis plus rien pendant plusieurs secondes, avant que Kao se mette à murmurer quelque chose dans sa barbe qui ressemblait à une incantation en une langue étrange.

Pendant un instant, elle cru sentir les larges mains de l'esprit se réchauffer sensiblement, mais elle n'en était pas très sûre. De toute façon, elle devait se concentrer sur sa tâche si elle voulait donner un coup de main à Kao – et elle voulait l'aider de tout son cœur.

Au bout d'un moment, Kao s'arrêta soudainement de réciter son sortilège – elle s'était rendu compte, en faisant attention, qu'il répétait une série de syllabes encore et encore – et annonça :

- Il est pleine forme, mais il est effrayé et il s'éloigne de plus en plus d'ici. Je sens un peu son esprit. Il semble obsédé par quelque chose, comme s'il poursuivait un but précis, mais je serais bien en peine de dire ce que c'est… En tout cas, il ne me semble pas en danger.

Chihiro sentit un poids sur ses épaules se faire échanger contre un autre. Elle était rassurée qu'il ne soit pas blessé, assommé ou perdu, mais rien ne garantissait que la situation reste telle quelle. Il pouvait parfaitement se faire attaquer ou se blesser sur le chemin de son objectif, peu importe ce qu'il était.

Pour se rassurer, elle se mit à imaginer ce que cela pouvait bien être. Il s'était probablement esquivé lors de l'attaque de Kohaku par la fenêtre, en profitant de la confusion, ce qui était parfaitement normal. Il avait beau être plus grand que Chihiro, il restait un petit garçon dans l'âme et elle ne pouvait pas attendre de lui qu'il ne tente pas de s'enfuir face à un tel danger. Elle-même avait essayée de le faire, prise dans la panique du moment. Surement qu'il devait être absolument terrifié en ce moment, à fuir à toute vitesse en imaginant que l'apprenti de sa mère était en train de le poursuivre toute dent dehors.

D'ailleurs, est-ce que Bou connaissait bien Kohaku ? Ils vivaient tous les deux chez Yubâba dans les mêmes appartements, non ? Même si, à l'époque où Chihiro était arrivée à Aburaya, le petit garçon avait été confiné à sa chambre par peur des microbes, il était très peu probable que ce soit encore le cas aujourd'hui. Surement que les deux se voyaient tous les jours. Peut-être que Bou connaissait la raison pour laquelle Kohaku s'était soudainement mis à se rebeller contres les ordre de sa maitresse.

Dans tous les cas, Chihiro regrettait amèrement de ne pas se trouver près de lui, ou au moins de ne pas pouvoir le rejoindre. Elle avait envie de l'interroger au sujet du dragon, mais surtout, elle voulait le rassurer, lui dire qu'il n'y avait plus rien à craindre.

- Chihiro ? » appela Kao. Avec beaucoup de douceur, il passa ses pouces sur le dos de la main de la jeune fille. « Est-ce que ça va ?

Elle ouvrit soudainement les yeux, et se rendit compte qu'elle n'avait pas bougée depuis tout à l'heure et qu'elle tenait toujours l'esprit bien après que le sort fut achevé. Elle se sentit rougir jusqu'au oreilles et le lâcha précipitamment.

- Pardon, j'étais plongé dans mes pensées, » s'excusa-t-elle.

Kao hocha la tête, et il y eut un moment de silence entre eux. Ce fut Yûko qui décida qu'elle sera la prochaine à parler.

- Il est hors de question que tu ailles le chercher. Qui sais ce où se trouve ce dragon en ce moment.

C'était vrai, se rendit comte sa fille. Juste parce que Kohaku avait prit sa retraite ne voulait pas dire qu'il était vaincu pour de bon. C'est vrai qu'il avait été vaincu avec si peu de dommages (à part pour les trous dans les canapés) qu'elle avait presque mis d'emblée la possibilité qu'il y eut un second round. Il savait où se cachait Kao, à présent, et il venait de prouver que ce n'était pas les verrous qui pouvaient l'arrêter.

Quand à l'idée d'aller chercher Bou, elle en aurait été tentée, mais sur un sens pratique, elle ne servait à rien. Il pouvait être n'importe où en ce moment même, surtout que sortir de la maison l'exposait encore plus à une attaque.

Bon sang, elle avait l'impression de se trouver en période de guerre.

Elle envoya une prière silencieuse à son ami, avant de renoncer lentement à aller l'aider. Maintenant, il fallait penser au gens autour d'elle, à comment les sauver. La prochaine fois, elle devait être prête, et surtout ne pas s'enfuir. Si elle devait être blessée, ce sera en se battant contre Kohaku.

- Je suis d'accord, » répondit-elle résolument. « Mais qu'est ce qu'on fait maintenant ?

Yûko comprit que c'était à elle de commencer à agir en adulte responsable. Avec sang-froid, elle déploya mentalement les éléments qu'elle connaissait de la situation, comme une carte. Il fallait apparement protéger Kao, et il fallait protéger Chihiro. Elle se souvenait encore de la gueule rouge prête à se refermer sur sa fille…

Il faudrait un endroit où ils pouvaient se barricader tous les deux et des armes. Elle savait qu'elle ne serais peut-être pas capable de manier une chaise la prochaine fois. Cela avait été la première chose qui lui était tombé sous la mains, mais elle l'avait clairement sentit : une massue à quatre manches était trop lourde et manquait cruellement de maniabilité. Il fallait qu'elle réfléchisse en détail sur la question plus tard. Déjà ici, dans le salon, ils se trouvaient bien trop exposés.

- Chihiro, est-ce que tu connais bien ce Kohaku ?

- Oui… Enfin, non, je ne sais pas. Je croyais le connaître.

- Est-ce que tu penses qu'il peut rentrer par une fenêtre ?

La jeune fille prit un instant pour visualiser Kohaku en train de se presser au travers d'une fenêtre, avant de hocher la tête.

- Oui, mais avec difficulté. Il est assez grand, je ne pense pas qu'il peut risquer de s'y engouffrer d'un coup, au risque de se faire de sacrés bleus…

- Alors peut-être que la buanderie serait un bon endroit où se réfugier. Il ne pourra pas y avoir directement accès et si c'est un endroit assez petit, donc il y sera handicapé par sa taille.

- Excusez-moi… » interrompit Kao doucement. « Mais il possède aussi le pouvoir de se métamorphoser en humain. Clea nous enlèverais cet avantage tout de suite.

- Mais, » répondit du tac au tac Yûko, « il perdrait tout de suite l'avantage de la force une fois en humain.

- C'est vrai, » admit-il.

- Il faudra barricader l'endroit. Peut-être en débranchant la machine à laver pour la mettre devant la porte, elle est extrêmement lourde. Si on possède des bâtons, cela pourrait servir d'armes, peut-être en utilisant des balais… Non, trop fin. L'idéal serait une batte, mais on n'en a pas. Il faut exploiter sa taille contre lui. Peut-être en utilisant des meubles. Si on les déplace pour les mettre sur le chemin, ce ne serait pas du luxe.

Chihiro était une nouvelle fois bouche bée face à sa mère. Qui était cette femme qui planifiait tout pour se battre contre un dragon ? Même dans cette situation d'urgence, elle gardait un sang-froid exemplaire. Elle était un radeau auquel on pouvait se raccrocher et qui ne donnait pas l'impression de couler de sitôt, tandis que son visage n'exprimait qu'une détermination d'acier.

- Je souhaiterais également vous signaler qu'il sait se servir de la magie… » Déclara l'esprit. « Il serait regrettable qu'il use de ses avantages contre nous, bien qu'il risque de le faire dès qu'ils reviendra… Le prendre comme dû simplement parce qu'il n'a pas utilisé un sortilège la première fois serait une erreur grossière.

Sa mère fit une pause et le fixa un moment, avant de soudainement déclarer :

- Ta façon de parler est inutile.

Kao fit un pas en arrière, comme si elle l'avait frappé, avant de baisser la tête.

- Je suis désolé…

- Je ne te faisais pas une reproche. On est dans une situation d'urgence, alors essaye d'utiliser le moins de mots possible pour dire quelque chose. Compris ?

- Oui... » Il amassa un peu de confiance en lui et se redressa un peu pour montrer sa bonne volonté.

- Bien. Il faut se mettre au travail maintenant, on ne sait pas combien de temps il nous reste pour nous préparer.

§

Chihiro était en train de se choisir une poêle comme arme dans la cuisine quand elle entendit quelqu'un rentrer dans la pièce. Elle se retourna, et Yûko s'arrêta près de la table, presque… mal à l'aise ? Cela stupéfia la jeune fille. Cette femme était toujours distante envers elle, toujours tenir ses émotions hors de la porté de la jeune fille. Pourquoi laissait-elle voir une fissure dans sa carapace maintenant ?

- Qu'est ce qu'il y a ? » Demanda Chihiro. « Tu as besoin d'aide pour bouger les machines ?

- Non… Non. Ce n'est pas pour cela.

Il y eut un silence dans la cuisine, tandis que l'atmosphère se chargeait lentement, comme avant un orage. Mais ce n'était pas menaçant. Plutôt… Chihiro n'aurait pu dire ce que c'était. Elle n'avait jamais vécu une telle situation avec l'un ou l'autre de ses parents – ou même avec qui que ce soit.

- J'ai vraiment eut peur pour toi, » murmura soudainement Yûko. « Quand je t'ai vu face à ce Kohaku. Pendant un instant, j'ai vraiment cru que… j'allais te perdre.

Chihiro ne savait vraiment pas quoi répondre à cela. Si elle avait même besoin de répondre.

- Tu sais, je voulais te dire que… Ma mère a toujours été très invasive, » continua la femme. « Elle n'était pas méchante, enfin, je ne penses pas, mais… Elle voulait tout le temps être avec moi. Elle était dépendante de moi pour vivre, alors je devais toujours être avec elle, toujours la regarder. Elle m'a volé à moi-même, je me sentais mal, écartelée, et cela m'a prit longtemps pour en découvrir la raison. Encore aujourd'hui, je ne lui ai pas pardonné.

Yûko passa une main sur ses cheveux, qui étaient encore retenus en un chignon, et soupira.

- Enfin, si je te dis tout cela, c'est juste pour… Je ne penses pas que j'ai été une très bonne mère pour toi. Je ne voulais surtout pas refaire la même chose. Je voulais te donner toute la liberté pour t'envoler, sans te retenir en arrière, sans t'envahir. Mais quand je t'ai vue face à lui, à cette grande gueule pleine de dents… Mais première pensée à été : bon sang, j'ai jamais rien fait avec ma fille.

Chihiro en resta bouche bée. Sa mère, la tour de glace, avait des larmes aux yeux.

- Je voulais te dire que je m'en fiche, maintenant. Je voudrais parler avec toi, je voudrais rire avec toi… Je n'aurais jamais dû écouter mes peurs. Je suis désolé, Chihiro… Est-ce que tu peux me pardonner ?

Sa fille hocha lentement la tête. Elle sentit des larmes lui monter aux yeux, avant de contourner la table et de la prendre dans ses bras. La femme lui rendit son câlin, et elles restèrent un moment comme cela, dans la cuisine, sans bouger. Chihiro nicha son nez contre son épaule pour la respirer : elle sentait son parfum, les habits parfaitement lessivé, et autre chose. Une odeur de maison, une odeur de maman.

Une larme tiède roula sur sa joue. Enfin, elle avait retrouvé un fragment de la famille qu'elle cherchait depuis si longtemps. Toutes ces années, toute cette attente… Elle n'avait pas été en vain.

Après un moment, Yûko défit lentement leur étreinte, avec mille précautions, comme si elle avait peur de briser ce moment si délicat. Elles se regardèrent dans les yeux, et toutes les deux virent que l'autre pleurait. Elles se sourire timidement, en même temps. Elle se comprenaient enfin un tout petit peu.

Le mur autrefois impassable s'était crevassé.

- Il faut... » Yûko s'essuya lentement une larme sur sa joue. « Il faut qu'on y arrive. Je ne comprends pas la moitié de ce qui se passe, mais il faut que tu t'en sorte sans le moindre mal. D'accord ? Je t'interdis de prendre de risque.

Chihiro hocha lentement la tête. Elle avait l'impression que, si elle ouvrait la bouche, elle allait exploser en sanglots. Toutes ces émotions qu'elle avait essayé de repousser toutes ces années étaient en train de remonter au point de lui obstruer la gorge avec un nœud de cordes. Si elle ouvrait la bouche, cela risquait d'exploser. Alors elle se taisait.

- Tu restera dans la buanderie. Et après tout cela, on parlera ensemble, d'accord ? Il va falloir que les choses changent.

Sa fille hocha la tête une nouvelle fois, et sa vue se brouilla. Ses lèvres se dessellèrent.

- Maman… » Crossa-t-elle. Sa vois semblait s'être enfilée à l'envers dans son palais. « Je ne veux plus jamais que tu… tu repartes.

Yûko mis un moment à comprendre ce qu'elle voulait dire, avant de hocher la tête à son tour.

- J'essayerais. J'essayerais de tout mon cœur.

C'est tout ce que sa fille demandais.

§

{Oh, on sent que le chapitre suivant sera de l'action, non ? Celui-là était un peu remplit de blabla (il y a quand même eut un peu de magie, alors c'est toujours un plus), mais si vous êtes encore en train de lire ces quelques lignes, c'est que vous n'êtes pas contre un peu de parlote, non ?

J'espère que tout le monde me pardonne de donner le rôle du méchant à Kohaku. C'est un des personnages les plus aimés du Voyage de Chihiro, après tout, donc je ne peux pas vraiment le cantonner dans le mauvais rôle sans de bonnes raisons. Et puis… C'est pas comme si je n'avais rien prévu pour lui plus tard… (Traduction : s'il vous plait, rester jusqu'au moment de lire la suite ! Il y en aura une ! Ceci est une pub sans honte pour moi-même !)

Pour revenir à ce qui se passe ici… Est-ce qu'ils ne sont pas mignon ? Je ne sais pas vous, mais moi, je commence à aimer le KaoChi de plus en plus en écrivant cette fanfiction. Quelqu'un m'a dit que c'était un couple malsain… Et je sais que c'est sans doutes pas la première histoire d'amour qu'on imagine après le film. Mais je voulais vraiment relever le défi, je voulais voir si j'étais capable de faire une histoire crédible avec ces deux.

Oh, et dites moi ce que vous penser de Yûko à présent. Elle a enfin pris conscience qu'elle n'est pas en train de remplir son rôle de mère correctement… Mais elle a elle aussi ses propres blessures. J'ai essayé de décrire une certaine forme d'abus au travers d'elle, et c'est une sorte d'abus qui n'est pas toujours reconnus en temps que tel. Mais m'aventurer plus loin serait me glisser sur un terrain glissant, donc je vais arrêter d'essayer d'explique ici.

Dans tous les cas, n'attendez pas la fêtes des mères pour dire à votre mère que vous tenez à elle… un jour, elle ne sera plus là. On peut l'adorer et s'entendre super bien avec elle ou la détester et ne pas la supporter, on n'en a qu'une et on lui doit les neufs mois les plus précieux de notre vie.

Sur cela, je vous souhaite une bonne nuit (ou journée) et j'espère voue revoir la prochaine fois.

Clayem.}