Sommaire : Une des vies de Kyo et Yuya.

Important : Muramasa a eu une deuxième soeur et Nozomu est le père biologique de Yuya.

Muramasa sera son prénom dans cette fiction et non Sengo pour des raisons d'identification du personnage.

Couple : Kyo et Yuya !

Disclaimer : Oui oui, Samurai Deeper Kyo n'est pas à moi...

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SAMURAI DEEPER KYO

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Rendez-vous dans une autre vie

Chapitre 2 : Le sang Mibu

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Kyo avait fêté son treizième anniversaire depuis peu quand son père se maria pour la première fois de sa vie.

Sa femme Mayumi vint s'installer chez Kyo et son père après le mariage, accompagnée de sa petite soeur Mahiro dont elle avait obtenu la garde, trois ans auparavant.

Mayumi avait dix ans de moins que Muramasa, elle était mature et gentille. Elle était aussi impulsive et ne tenait pas en place, contrairement au père de Kyo qui était toujours d'un calme olympien.

Ils se complétaient parfaitement.

Kyo l'aimait bien aussi. Elle le laissait tranquille la plupart du temps et même si elle lui faisait des câlins surprises qui pouvaient lui porter sur le système, dans l'ensemble la cohabitation se passait très bien.

Mayumi et Mahiro avaient eu une enfance assez compliquée d'après ce que son père lui avait expliqué et cela se ressentait bien plus en présence de la cadette que de l'aînée.

Apparemment elles avaient été placées dans des familles d'accueil après la mort de leur père, leur mère ayant quitté le domicile des années plus tôt.

Les deux soeurs avaient été séparées, et si l'aînée était tombée sur des gens biens, ce ne fut pas le cas de la plus jeune.

Elle portait toujours des hauts à manches longues pour cacher les brûlures de cigarettes et les entailles sur ses avant-bras. Elle avait été battue et torturée par le fils de la famille.

Heureusement, il n'avait jamais abusé d'elle sexuellement.

Des années après, Mahiro dirait qu'elle avait eu de la chance dans son malheur.

Lorsqu'elle était devenue majeure, Mayumi avait récupéré sa soeur et fait un procès à la famille d'accueil. Ils furent forcés de payer des dommages et intérêts, mais le garçon étant mineur, il n'avait pas été inquiété.

Elle rencontrait Muramasa un an après, lorsqu'elle avait inscrit sa petite soeur dans son dojo pour des cours d'auto-défense.

Yuya l'avait vue quelque fois mais Mahiro était très renfermées sur elle-même et ne parlait presque pas à cette époque.

Cependant, à force de cotoyer Kyo, Mahiro s'ouvrit peu à peu au jeune garçon. Il était gentil à sa façon bien particulière et il ne la regardait pas avec pitié ou dégoût comme les autres.

Kyo l'aimait bien. Elle était forte pour une fille.

Elle avait seulement un an de moins que lui et progressait très vite, faisant la fierté de sa soeur et de son instructeur. Muramasa était ravi que Kyo puisse aider cette petite à se relever.

Mayumi et lui passèrent beaucoup de temps ensemble et de fil en aiguille, tombèrent amoureux. Ce ne fut pas vraiment une surprise pour Kyo mais pour Yuya, la nouvelle de leur mariage résonna comme un tremblement de terre.

Cette Mahiro allait s'installer et vivre chez son Kyo ?!

Dès l'or, Yuya harcela son père pour passer autant de temps que possible chez son oncle.

Nozomu accepta exceptionnellement de laisser sa fille passer ses vacances entières chez Muramasa, s'assurant bien sûr qu'elle ne dérangeait pas avec les nouvelles venues.

Ce dernier le rassura bien vite, et cela ferait sans doute du bien à Mahiro d'apprendre à connaître une fille de son âge.

Nozomu déposa donc sa fille un vendredi soir chez son oncle. Il l'accompagna jusqu'à la porte, fut invité pour le thé et passa un peu de temps avec son beau-frère et sa belle-soeur.

- Kyo est dans votre salle de jeux, l'informa Muramasa lorsque Yuya le demanda, fébrile.

Elle y fonça directement et trouva Mahiro et Kyo en pleine partie de mah-jong.

Elle fronça les sourcils en le regardant, concentré sur leur partie et totalement insensible à sa présence.

Et puis c'était sa place ! S'indigna-t-elle en jetant un coup d'oeil à Mahiro.

Yuya entra et parti s'assoir juste à côté de Kyo, en face de Mahiro qui ouvrit de grands yeux violets en la voyant. Elle rougit, un peu gênée de la voir s'assoir si près de Kyo.

Il tourna la tête dans sa direction et un grand sourire fit ressortir ses canines pointues.

- Hey la moche, te colle pas trop à moi sinon je vais perdre ma beauté, ricana-t-il.

Yuya lui assena un coup derrière la nuque et Kyo grogna.

- T'es vraiment violente, fit-il en lui donnant un coup d'épaule auquel elle répondit par un coup de dents sur son bras. Aïe !

- Bien fait, fit Yuya en riant.

Elle croisa le regard de Mahiro qui s'était sentit plus nerveuse en la voyant.

Yuya baissa ensuite les yeux sur ses avants-bras couverts, curieuse de la raison pour laquelle la jeune fille portait toujours des manches longues, même pendant les séances d'entraînement avec son oncle.

Mahiro rougit sous ce scrutement gênant et cacha ses bras sous le kosatsu.

Kyo la vit faire et se pencha au-dessus de la table pour saisir ses bras et les remettre dessus.

- Te planque pas Mahiro, dit-il doucement, t'as rien à cacher.

Yuya le regarda faire les yeux écarquillés.

P-pourquoi était-il si gentil avec elle ?

Pourquoi la touchait-il ?

Il l'avait en plus appelée par son prénom si naturellement.

Yuya sentit la jalousie lui tordre le ventre. Kyo ne semblait même pas s'en rendre compte et sourit à la jeune brune.

- Allez c'est à toi, l'encouragea-t-il. Tu te débrouille pas mal.

Mahiro rougit. Elle savait qu'il le faisait par gentillesse, sans aucune arrière pensée.

Il ne se rendait donc pas compte de l'effet qu'il avait sur elle ?

Mahiro avança une pièce et fit une combinaison gagnante, arrachant un sourire à Kyo.

- C'était plutôt cool, admit-il.

Yuya sentit son visage s'empourprer de colère.

Il ne la félicitait jamais elle !

Mahiro sentit un petit sourire lui relever les coins de la bouche.

Kyo était vraiment gentil avec elle, et patient.

En plus il était vraiment très beau, pensa-t-elle en baissant les yeux, les joues un peu plus rouges.

Yuya le remarqua et son coeur se serrant douloureusement dans sa poitrine.

Kyo ne se rendait vraiment compte de rien ?

Il ne voyait pas que cette fille était amoureuse de lui ?

Yuya se redressa sur ses genoux et enroula possessivement ses bras autour du cou de Kyo, les yeux rivés sur la jeune Mahiro.

Cette dernière écarquilla les yeux en la voyant faire et son regard violet se reporta sur le jeune garçon en face d'elle.

Les joues de Kyo étaient devenues légèrement roses et il jeta un coup d'oeil à sa cousine.

Elle fixait Mahiro, les yeux étincellants de jalousie et il poussa un soupir agacé.

- Lâche-moi planche à pain, fit-il en fronçant les sourcils.

Yuya ne l'écouta pas, toujours aussi têtue et resserra même sa prise sur lui tout en fixant Mahiro d'un air de défit.

Lorsque Kyo reporta son regard sur Mahiro, il la vit se recroqueviller sur elle-même, cachant à nouveau ses bras sous la table en baissant les yeux.

Il sentit son irritation se changer en colère et se dégagea brutalement des bras de sa cousine.

- Lâche-moi je te dis ! S'écria-t-il en se relevant, contournant le kosatsu pour aller s'agenouiller près de Mahiro.

Il agrippa doucement son épaule et la força à le regarder dans les yeux.

- Ca va pas ? Demanda-t-il avec gentillesse, choquant à nouveau Yuya.

- Hm, j'ai soif Kyo, Yuya interrompit ce moment douloureux pour elle. T-tu veux bien-

- Tu veux pas te taire un peu ?! S'emporta Kyo en se tournant alors vers elle. Sers-toi toute seule idiote !

Il ne supportait pas son attitude à cet instant précis. Elle se permettait d'être impolie envers une fille aussi fragile que Mahiro simplement par jalousie et ça l'avait vraiment énervé.

Yuya pris son ton et sa colère comme une gifle en plein visage.

Elle se releva précipitamment et couru hors de la pièce.

Kyo se sentit aussitôt coupable et s'apprêta à s'élancer derrière elle lorsque la petite main de Mahiro agrippa son bras. Il se tourna à nouveau vers elle, voyant ses grands yeux violets emplis de larmes.

Il hésita un instant, partagé entre le désir de rejoindre sa cousine et le regard suppliant de la jeune fille qui partageait maintenant son quotidien. Il ferma les yeux et poussa un soupir avant de se rassoir et de laisser Mahiro se serrer contre lui à la recherche de réconfort.

Kyo pensa à sa Yuya adorée en train de pleurer et ses yeux rouges se plissèrent de culpabilité, un main posée sur la tête de la jeune fille pleurant dans son cou.

Yuya rejoignit son père et son oncle dans le salon. Elle était en larmes et tremblait.

Mayumi se leva pour tenter de la calmer mais Yuya s'écarta brutalement de la jeune femme. Cette dernière resta interdite devant l'hostilité de la fillette qui parti s'agripper à son père.

- P-papa j-je v-veux r-rentrer, supplia la petite blonde en lui tirant sur le bras, de grosses larmes roulant sur ses joues.

- Y-Yuya ? S'étonna Nozomu en la prenant sur ses genoux. Qu'est-ce qu'il y a ma chérie ? Demanda-t-il en jetant un regard à sa belle-soeur pour s'excuser du comportement de sa fille.

Elle secoua la tête avec un sourire indulgeant et parti s'assoir à côté de son mari.

Muramasa observa sa nièce demander à nouveau à partir.

- Mais tu voulais passer tes vacances avec Kyo, répondit son père.

- J-je v-veux p-plus, parvint à articuler Yuya entre deux sanglots.

- Il s'est passé quelque chose avec Kyo ? Se risqua Muramasa d'une voix douce.

Yuya se mit à pleurer de plus belle et supplia son père de la ramener chez eux.

Nozomu la souleva dans ses bras et s'excusa auprès de son beau-frère et son épouse. Ils les raccompagnèrent à la porte et Nozomu récupéra la valise de sa fille dans l'entrée.

Il quitta la maison après un rapide au-revoir.

Muramasa décida d'aller demander des explications à son fils et Mayumi le suivit.

Ils entrèrent dans la pièce de jeu de Kyo et le trouvèrent en train de consoler Mahiro qui pleurait. Mayumi se précipita près de sa soeur et la pris dans ses bras, libérant le jeune Kyo qui se redressa rapidement pour aller retrouver Yuya.

Son père le retint, lui demandant où il allait.

- J-je m'suis disputé avec Yuya, répondit Kyo, j'ai pas le temps de-

- Yuya-chan vient de partir avec son père, l'interrompit Muramasa.

Les yeux rouges de Kyo s'écarquillèrent sous le choc.

- Quoi ?... souffla le jeune garçon.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? L'ignora son père. Yuya-chan est venue en pleurs dans le salon et elle a demandé à son père de partir tout de suite.

- Mais je-

- Kyo, reprit son père, dis-moi ce qu'il s'est passé.

Kyo expliqua rapidement la situation et Muramasa compris immédiatement la réaction de sa nièce. Il poussa au soupir et entraîna son fils dans le couloir.

- Tu es vraiment un enfant, lui dit-il en lui caressant les cheveux. Tu n'as donc pas compris que Yuya-chan était jalouse ?

- Bien sûr que j'ai compris, répondit Kyo avec applomb. Mais elle a pas à être jalouse, elle sait que y a personne... c'est elle que... enfin...

Il n'eut pas besoin de terminer pour que son père comprenne ce qu'il voulait dire, vu à quel point ses joues étaient rouges.

- Ca je le sais aussi bien que toi, affirma Muramasa, mais Yuya-chan est très sensible à cela et elle a cru que tu était plus attaché à Mahiro-chan qu'à elle.

- Elle est vraiment bête alors ! S'exclama Kyo en se dégageant.

- Elle n'est pas bête, Kyo, répondit son père, juste amoureuse.

Kyo rougit encore plus aux paroles de son père. Il savait bien que leurs sentiments étaient réciproques mais de l'entendre dire à haute voix, et par son père qui plus est était vraiment très embarrassant.

- Si elle est bête ! S'exclama Kyo qui parti précipitamment dans le couloir.

- Kyo ! Appela Muramasa. Kyo où est-ce que tu vas ?

- Je vais la chercher ! Fit-il avant d'accélérer et de sortir de la maison en courant.

- Kyo attends ! Appela son père.

Il faisait nuit noire dehors et il n'y avait pas de lumière là où ils vivaient, c'était seulement un peu plus loin que quelques lampadaires éclairaient la route qui menait à la ville la plus proche.

Muramasa parti prévenir Mayumi qu'il sortait récupérer Kyo et suivit son fils à l'extérieur.

Kyo fonçait pieds nus sur le sentier terreux qui menait à la route.

Il vit au loin les phares rouges d'une voiture qu'il s'éloignait rapidement et se mit à courir à en perdre haleine.

- YUYAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA ! Hurla-t-il. YUUUUUYYAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !

Dans le silence de la campagne, ses cris furent immédiatement entendus par Nozomu et sa fille.

Cette dernière se retourna et ne distingua pas son cousin qui courait encore en l'appelant comme si sa vie en dépendait. Nozomu ralenti et se gara sur le côté avant d'arrêter la voiture.

Il ouvrit sa portière et descendit, laissant la lumière allumée à l'intérieur.

Il put rapidement distinguer son neveu qui courait dans leur direction et l'appela.

Kyo vit qu'ils s'étaient arrêtés et soulagé, termina sa course devant son oncle. Il était essouflé et ses cheveux noirs tombant maintenant au niveau de ses omoplates étaient désordonnés. Il transpirait aussi.

- Kyo, dit Nozomu en se baissant à son niveau, une main sur son épaule. Qu'est-ce que tu fais là ?

- Je veux que Yuya reste avec moi ! S'écria-t-il, le regard intense. Elle a promis qu'elle passerait les vacances ici !

- Je sais Kyo mais, hésita Nozomu en se tournant vers sa fille qui les observait de la vitre arrière de la voiture, Yuya ne se sent pas très bien et-

- C'est des histoires tout ça ! S'écria son neveu en se dégageant pour se précipiter sur la porte arrière qu'il ouvrit brusquement.

Yuya était assise sur la banquette arrière, les yeux grands ouverts et emplis de larmes.

Nozomu posa une main sur l'épaule de son neveu qui se dégagea à nouveau et grimpa sur la banquette arrière pour aller rejoindre sa cousine. Elle devint tout rouge et le repoussa mais Kyo était plus âgé et bien plus fort. Il lui agrippa les bras et l'entraîna à l'extérieur de la voiture.

Elle se mit à crier et se débattre, obligeant son père à intervenir.

- Kyo ça suffit lâche-la ! S'énerva Nozomu. Tu n'as pas à-

- La ferme ! S'écria Kyo en lui jetant un regard si noir que le jeune père eut un mouvement de recul.

Il avait les lèvres retroussées dévoilant ses canines pointues, ses yeux rouges étincellants de colère et de possessivité. Même sa position voûtée lui semblait plus proche d'un animal sauvage que d'un enfant.

Yuya se débattit de plus belle en entendant la réponse de Kyo.

- Ne dis pas à mon père de la fermer ! S'écria-t-elle en lui donnant un coup de pied dans le ventre.

Cela eut pour effet de ramener l'attention de son cousin sur elle et Yuya ne put s'empêcher de sursauter devant l'expression de son visage. On aurait dit un animal féroce prêt à lui sauter à la gorge.

Il n'avait même pas cillé en se prenant ce coup qui pourtant devait être douloureux.

Kyo grogna longuement, faisant frissonner sa cousine qui sentit son corps se mettre à trembler sous le regard sauvage de son cousin. Il lui faisait peur. Elle ne l'avait jamais vu dans cet état.

Il la ramena contre lui de force, la plaquant contre son corps et se tourna à nouveau vers son oncle.

- Elle reste avec moi, gronda-t-il d'une voix si rauque qu'elle fit se dresser les poils de Nozomu sur sa nuque.

Son neveu ne faisait pas partie de la branche principale des Mibus pour rien. Il en avait vu des plus violents encore et plus effrayants mais c'était un garçon de treize ans, pas un adulte.

Il serait absolument terrifiant en grandissant, pensa Nozomu.

Yuya gémissait doucement dans ses bras. Elle n'osait plus bouger ou se défendre, Kyo la serrait si fort contre lui qu'elle ne pouvait se dégager de toute façon.

- Kyo ? Appela la voix de Muramasa qui les avait finalement rejoint.

Il s'excusa devant Nozomu qui se poussa légèrement pour le laisser entrer la tête à l'arrière de la voiture.

Muramasa observa son fils resserrer sa prise autour de Yuya.

- Kyo, répéta-t-il avec une séverité et un regard dur auxquels aucun des enfants n'était habitué.

Ils se tendirent tous les deux et dévisagèrent le jeune homme blond qui leur faisait face.

- Kyo lâche tout de suite Yuya-chan, ordonna-t-il avec une telle autorité que Kyo sentit sa prise se relâcher sans son accord, ses yeux perdant de leur éclat animal.

- P-papa, protesta le jeune garçon. Je veux pas qu'elle parte...

- Tu voudrais l'obliger à rester avec toi alors que de toute évidence tu lui fais peur ? Demanda Muramasa en désignant sa nièce du menton.

Kyo se tourna alors vers Yuya et se rendit tout à coup compte qu'elle tremblait et le dévisageait avec les yeux écarquillés. Elle paraissait effrayée.

- Yuya...

Entendant la vulnérabilité soudaine dans la voix de son cousin, Yuya cligna des yeux, chassant la peur de son regard pour la remplacer par sa tendresse et son affection habituelle. Elle le serra alors dans ses bras et murmura son prénom .

Kyo resserra alors son étreinte en frottant son visage contre le sien. Yuya l'imita pendant qu'ils s'appelaient tendrement en se serrant étroitement l'un contre l'autre.

Muramasa et Nozomu ne purent s'empêcher de rougir face à cette scène.

Ils n'étaient pas habitués à une telle démonstration d'affection de la part de leurs enfants. En tous cas jamais devant eux...

Muramasa rompit le silence en toussant légèrement. Nozomu détacha son regard de sa fille et son neveu qui semblaient maintenant dans un monde connu d'eux seuls.

- Muramasa, dit-il en toussant à son tour, gêné. Je pense que ce serait bien que Kyo vienne passer les vacances chez nous plutôt.

- Nozomu ? S'étonna Muramasa avant de jeter un nouveau regard à son fils et sa nièce qui les ignoraient maintenant prodigieusement. Tu es sûr ?

- Totalement, acquieça son beau frère. Ils n'ont apparemment pas l'intention de se séparer et après ce qu'il s'est passé tout à l'heure, je pense qu'il vaudrait mieux qu'il vienne à la maison avec Yuya.

Muramasa réfléchit quelques minutes puis se pencha de nouveau à l'arrière de la voiture.

- Kyo, mon chéri, appela-t-il doucement.

Son fils se retourna rapidement en rougissant, embarrassé d'être appelé ainsi devant sa cousine.

- M-m'appelle pas comme ça le vieux ! S'exclama-t-il.

Muramasa ne put s'empêcher de sourire. Il était de retour parmi eux.

Yuya rougit violemment en se rendant soudain compte de leur position et de devant qui ils se trouvaient. Elle descendit rapidement des genoux de Kyo qui lui agrippa fermement la main pour qu'elle ne s'éloigne pas trop.

- Je vais chercher tes affaires et je reviens, expliqua Muramasa en se redressant pour faire face à son beau-frère. Tu m'accompagne ? Ajouta-t-il en jetant un regard vers le sentier qui menait chez lui.

Nozomu regarda un instant la voiture aux portières ouvertes puis Muramasa.

Il avait compris le message.

Kyo et sa fille devait s'expliquer en tête à tête pour régler ce problème.

Il se pencha à l'arrière de la voiture, observant les joues rouges de sa fille et celle roses de son neveu pendant qu'ils se tenaient la main en restant silencieux.

- Kyo, tu viens passer les vacances chez nous d'accord ? Fit-il avec un sourire.

Le jeune garçon acquieça de la tête et se colla à Yuya. Elle rougit encore plus mais ne le repoussa pas.

Nozomu était légèrement inquiet de les laisser seuls après la scène de Kyo. Il lui avait fait peur à lui aussi.

Muramasa sourit et lui agrippa le bras en le serrant brièvement.

- Allons-y, dit-il en entraînant son beau-frère loin de la voiture.

- Fermez les portes, lança Nozomu en suivant Muramasa. On revient tout de suite.

- Ok ! S'exclama Kyo qui lâcha la main de sa cousine un instant pour claquer toutes les portes et les fermer à clés.

Puis il retourna sur la banquette arrière et pris Yuya dans ses bras avant de s'assoir en tailleur et de la serrer fort contre lui et en inspirant son odeur à pleins poumons. Yuya lui rendit aussitôt son étreinte, installée sur ses genoux.

- Yuya, murmura Kyo en la collant contre lui le plus possible.

- Kyo, répondit-elle en frottant à nouveau son visage contre le sien.

Son cousin l'imita, reproduisant leurs actions cette fois à l'abri des regards de leurs pères.

- Pardon pour tout à l'heure, s'excusa Kyo en continuant à frotter son nez et son front contre les siens.

Yuya secoua la tête de gauche à droite, le visage toujours collé à celui de Kyo.

- Non c'est moi, souffla-t-elle, j'ai été bête...

- Très bête, souffla Kyo avec un petit sourire.

- Mmh... fit Yuya en pouffant les joues.

- Idiote, souffla Kyo avant d'embrasser sa joue gonflée et chaude.

Il fit de même avec l'autre et Yuya souffla l'air accumulé pour reprendre un visage normal. Elle rougissait, regardant Kyo dans les yeux, les siens brillants d'un rouge incandescent.

- Je veux être avec toi tout le temps, avoua Kyo, les joues légèrement roses. Mahiro c'est pas ce que tu crois...

- Je veux pas parler d'elle, protesta Yuya en détournant les yeux.

Kyo vit qu'ils devenaient de nouveau humides et lui agrippa le visage des deux mains pour le ramener en face du sien. Yuya renifla, essayant de cacher les nouvelles larmes sur le point de déborder de ses yeux en fermant les paupières.

- Pleure pas, souffla Kyo en embrassant chacune d'elles.

Puis il posa son front contre celui de Yuya.

- Mahiro c'est la fille de la nouvelle femme de mon père, continua-t-il. Et je passe beaucoup de temps avec elle, et je l'aime bien mais... tu sais mieux que personne que c'est toi que... c'est toi que je...

Kyo ne parvint pas à terminer, son visage en feu. Jamais il n'arriverait à le lui dire en face.

- Kyo ? Appela doucement Yuya.

Il la regarda en appréhendant sa réaction. Il lui avait pratiquement avoué ses sentiments.

- A-alors tu l'aime pas ? Demanda doucement sa cousine en rougissant.

- P-pas comme toi, avoua finalement Kyo en cachant son visage dans son cou.

A cette révélation, Yuya sentit des larmes couler sur ses joues.

Elle se mit à pleurer sans pouvoir s'arrêter et serra Kyo contre elle de toutes ses forces.

- Kyooo... sanglota-t-elle en s'accrochant à lui désespéremment, Kyooo...

- Pleure pas j'te dis, souffla doucement son cousin en embrassant son cou.

Il se redressa ensuite et déposa de tendres baisers sur ses joues mouillées, faisant gonfler son petit coeur d'amour et son ventre de papillons.

Kyo soupira doucement, les petites mains de Yuya glissant dans ses longues mèches de cheveux, l'une des siennes trouvant leur chemin à travers ses longues mèches blondes tandis que l'autre caressait lentement son dos.

Il embrassa encore ses joues rebondies et humides de larmes, collant ses lèvres contre sa peau douce et souple. Puis il reprit sa tendre expédition en embrassant ses tempes, son petit nez, son front et son menton.

Chaque baiser était accompagné d'un "je t'aime" dans son esprit. Qu'est-ce qu'il pouvait l'aimer sa Yuya.

Ils étaient encore très jeunes, mais leurs sentiments étaient si développés, si intenses et nourris depuis tant d'années qu'ils auraient pu rendre jaloux certains adultes par leur profondeur et leur force.

- Je t'aime Kyo, souffla la jeune Yuya en rougissant violemment.

Kyo l'écarta de lui légèrement pour la regarder. Ses joues toutes rouges et son petit nez aussi. Ses grands yeux verts devenus si sombres et pourtant brillants d'étoiles.

Elle était si mignonne, si adorable que Kyo sentit son coeur se serrer dans sa poitrine.

- T'es à moi, murmura-t-il doucement. T'es rien qu'à moi Yuya...

Et il la serra fort contre lui, frottant encore son visage contre le sien en soupirant.

- Kyo, souffla la fillette en l'imitant.

Pendant ce temps, Muramasa et Nozomu étaient arrivés chez le plus âgé.

Il avait prévenu sa femme Mayumi qui avait couché sa petite soeur après l'avoir calmée. Elle referma la porte coulissante de sa chambre et rejoignit son mari et son beau-frère dans la chambre de Kyo.

Muramasa avait sortit une valise et était en train de mettre les affaires de son fils à l'intérieur.

- Tu veux bien me préparer une petite trousse de toilette, demanda-t-il à sa femme sans lever les yeux.

- Bien sûr, répondit Mayumi en jetant un coup d'oeil à Nozomu qui attendant près de la porte les bras croisés.

Il semblait tendu. Elle entra dans la salle de bains sans relever et pris la brosse à dent de son beau-fils avec son gel douche, son shampoing et un tube de dentifrice. Elle prit aussi une grande et une petite serviette dans une petite armoire et enfin un gant de toilette.

Elle revint avec et les posa sur le lit à côté de la valise.

- Merci ma chérie, dit Muramasa en allant prendre une grande trousse dans la commode de son fils.

Mayumi rougit et surpris le regard maintenant amusé de Nozomu.

Peut-être s'était-elle fait des idées.

- Je vais vous laisser, je dois aller finir de préparer le dîner, dit Mayumi.

- D'accord, acquieça Muramasa en lui souriant avec douceur.

Nozomu hocha rapidement la tête et Mayumi fit de même à son adresse.

Elle sortit de la chambre et s'éloigna rapidement dans le couloir.

Le sourire de Muramasa s'effaça presque instantanément.

- Es-tu sûr que ce soit une bonne idée, demanda-t-il à son beau-frère en se redressant.

- Non, répondit honnêtement Nozomu, ses yeux noirs observant la valise presque terminée de son neveu. Tu as vu aussi bien que moi ce qu'il s'est passé tout à l'heure.

Muramasa acquieça de la tête.

- Je dois t'avouer qu'il m'a fait peur, ajouta le brun.

Muramasa croisa les bras sur sa poitrine, imitant la position de son beau-frère.

- Tu sais pourtant ce que ça signifie de faire partie de la branche principale n'est-ce pas ? Dit-il plus qu'il ne demanda.

- Bien sûr que je le sais, répondit Nozomu, légèrement agacé. N'oublie pas que je fais partie du clan, même si je suis issu d'une branche inférieure.

- Je le sais bien Nozomu, répondit Muramasa, je n'ai pas voulu te vexer.

Nozomu soupira.

- Désolé, je suis un peu à cran de les savoir seuls tous les deux après la scène qu'à fait Kyo, avoua-t-il.

- Je comprends...

- Il est vraiment différent des autres, reprit Nozomu. J'ai vu des Mibus adultes dans un état similaire mais jamais aussi jeunes.

- Kyo est... très spécial, répondit Muramasa.

- On aurait dit un monstre, murmura Nozomu en se remémorant la scène.

Muramasa plissa les yeux.

Nozomu avait comme lui un don de perception, raison pour laquelle les branches inférieures étaient gardées si jalousement par le reste des Mibu.

Chez Muramasa ce don était bien plus développé et il savait que son fils était très particulier.

Il ressemblait à ceux qui avaient fondé leur clan, plusieurs millénaires en arrière. Des démons aux yeux rouges. Des démons assoiffés de violence et de sang qui avait presque éradiqué leur propre famille il y a des sièces.

Seuls les proches du Chef de clan de chaque génération étaient au courant de cette histoire.

Tous savaient qu'elle était vraie car il naissait de temps à autre un enfant aux yeux rouges dont la force, la capacité de combat, l'endurance et même les sens étaient bien au-dessus des capacités pourtant supérieures des autres Mibu.

C'étaient de véritables monstres, des machines à tuer et à détruire qui rappelaient quelle était autrefois l'essence de leur clan.

Kyo était l'un de ces enfants, tout comme Aka no Ou, le Chef actuel des Mibu. Nozomu avait senti cette puissance tapie au fond de lui alors même qu'il ignorait cette histoire à propos du clan.

- Je pense que Yuya-chan sait parfaitement comment le contrôler, reprit Muramasa.

- Pourtant il ne l'a pas écoutée tout à l'heure, répondit Nozomu, le regard inquiet. C'est lorsque tu es arrivé qu'il s'est calmé.

Muramasa se tut un instant. Si Kyo lui obéissait facilement, c'était parce que lorsqu'il lui donnait un ordre, il concentrait toutes ses forces spirituelles pour pouvoir le contraindre.

- Yuya-chan est ce qu'il y a de plus précieux au monde pour Kyo, dit-il finalement.

- Je sais à quel point et c'est ce qui m'inquiète, avoua Nozomu. Il est obsédé par elle, parfois il me donne l'impression d'être son mari, et je ne parle pas d'un couple mignon de gamins jouant à la dînette. Tu sais ce que je veux dire.

- Nozomu, dit Muramasa, il est amoureux d'elle.

- Il se comporte comme si Yuya était sa femme, insista Nozomu.

- En quoi est-ce un problème ? Demanda Muramasa. Il ne lui fait aucun mal.

- Avant que tu arrive il voulait la sortir de force de la voiture, protesta Nozomu, il est devenu presque fou quand j'ai essayé de l'empêcher. Je suis sûr qu'elle aura des bleus sur les bras, tu sais à quel point Kyo a de la force.

- Il est encore jeune, murmura Muramasa, jetant un regard désolé à son beau-frère.

- Je le sais aussi bien que toi, confirma Nozomu, mais je ne veux pas que ma fille en fasse les frais. Si jamais il recommence pendant son séjour, je te jure que je les empêcherais de se voir. Et tant pis si ma fille me fait la tête toute sa vie.

- Je t'en prie Nozomu, protesta Muramasa. Kyo va grandir, apprendre à se contrôler, à se calmer. Tu ne pourras de toute façon pas les séparer, tu le sais, c'est impossible.

Nozomu serra les poings.

Bien sûr qu'il le savait.

Il l'avait ressenti très clairement la première fois qu'ils s'étaient vus.

Sa fille et son neveu étaient des âmes soeurs, des âmes qui s'étaient suivies et attachées étroitement au fil des siècles. Quoi qu'il fasse, ils trouveraient le moyen de se retrouver.

- Qu'est-ce que je peux faire d'autre, interrogea alors le jeune père, détournant le regard.

Muramasa se sentit attristé pour son beau-frère. Il aimait tellement sa fille. Mais il savait mieux que quiconque qu'il ne pouvait pas les séparer. Ils s'aimaient trop l'un l'autre, ils étaient trop fusionnels.

- Kyo ne lui fera jamais de mal, répéta Muramasa d'une voix sans appel. Mon fils est amoureux de ta fille, et elle est amoureuse de lui. C'est s'il était séparé de Yuya qu'il perdrait le contrôle de lui-même. C'est lorsqu'on menace de la lui enlever que ça arrive, tu le sais, ça, aussi bien que moi.

Nozomu était bien d'accord sur ce point.

- Je sais, finit-il par concédé dans un soupir résigné.

Muramasa termina ensuite la valise de son fils et prévint sa femme qu'il allait sortir. Mayumi vint dire de nouveau au revoir à Nozomu et les observa s'éloigner dans la nuit.

Elle avait de la peine pour sa petite soeur.

Mahiro était tombée amoureuse d'un garçon dont le coeur était pris depuis longtemps.

Elle soupira et ferma la porte d'entrée avant de retourner dans la cuisine.

Sur le chemin, Nozomu et Muramasa ne dirent pas un mot, réfléchissant encore à leur conversation dans la chambre de Kyo.

Nozomu pensait que c'était une mauvaise idée mais il ne savait pas ce qu'aurait fait son neveu dans le cas contraire.

Muramasa pensait la même chose et il s'avoua difficilement qu'il avait également eu peur de la réaction de son fils.

Il fallait vraiment qu'il trouve un moyen de le canaliser avant qu'il ne soit trop tard et qu'il grandisse en laissant libre cours à ses pulsions.

Ils arrivèrent rapidement à la voiture dont les lumières étaient éteintes et les quatres portes fermées.

Nozomu sorti ses clés de sa poche et ouvrit la portière du conducteur. La lumière s'alluma dans l'habitacle et les deux hommes virent leurs enfants allongés sur la banquette arrière, serrés l'un contre l'autre et apparemment endormis.

Nozomu ouvrit le coffre ensuite et déposa la valise de son neveu à l'intérieur.

Muramasa ouvrit la portière arrière du côté de la tête de son fils et sa nièce. Il se baissa et déposa un baiser sur chacun de leur front puis caressa tendrement les cheveux de son fils.

- Je l'appellerai demain, dit-il à son beau-frère avant de refermer la portière doucement.

Les deux hommes se firent un accolade et se dirent au revoir.

Nozomu retira ensuite sa veste et recouvrit les deux enfants dormant à l'arrière avec. Il ferma la portière de son côté puis s'installa au volant.

Muramasa se pencha vers lui et lui dit de faire attention sur la route.

- Et si quoi que ce soit se passe, appelle-moi tout de suite, dit-il en lui serrant brièvement l'épaule.

- Je n'hésiterai pas, acquieça Nozomu en lui serrant la main chaleureusement avant de tourner le contact. A plus tard Muramasa.

- A plus tard Nozomu, répondit-il en s'éloignant.

Le brun lui fit un dernier signe de la main et un sourire avant de partir au volant de sa voiture.

Muramasa regarda l'engin s'éloigner rapidement et resta un moment silencieux à observer les phares rouges devenir de plus en plus petits. Ils finirent par disparaître au détour d'un virage et Muramasa rebroussa chemin.

Il était inquiet lui aussi, mais il tenta de se rassurer.

S'ils étaient ensemble tous les deux, il n'y avait rien à craindre.

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A suivre...

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Eh oui, le sang de Kyo qui se réveille parfois, je pense que ça deviendra un peu plus sombre à partir de là, mais j'espère que vous vous accrocherez jusqu'au bout et moi aussi !

Merci d'avoir pris le temps de lire et bonne journée à tous et à toute !

Bonne journée à tout le monde !