De sa vie, c'était stupide, mais Eren n'avait jamais autant eu hâte de prendre le bus. Il en mourait d'envie, il en mourait tout simplement. Et la perspective de ne pas y croiser Levi était trop pénible et décevante pour qu'il ne la suppose. Ce mardi, quand il marcha en direction de l'arrêt de bus, il ne put retenir son cœur de s'accélérer quand il reconnut une masse de noir vêtue, assise sur le banc, toujours désert. Eren s'approcha doucement mais ses jambes voulaient courir, et son visage serein n'était que le masque qui cachait l'énorme sourire que son cœur esquissait. Il ne savait pas ce qui se passait, ni pourquoi. Il n'avait même pas parlé à ses amis de l'existence de ce type. C'était, en quelques sortes, son propre secret.
Quand Eren fut suffisamment proche et s'apprêta à s'asseoir sur le banc, il fut agréablement surpris de voir que Levi avait levé la tête vers lui.
"Salut, gamin." Fit-il.
Il voulut lui répondre, lui dire "salut", "bonjour", tout ce que vous voulez. Mais rien ne sortait – chaque mot mourait sur ses lèvres. Alors Eren se contenta de lui sourire, mais c'était un sourire si significatif qu'il n'y avait guère besoin de mots pour l'accompagner. Levi ferma doucement les yeux pour lui faire comprendre qu'il avait noté le sourire, et se concentra sur le livre qu'il tenait dans ses mains.
Mais, encore une fois, Levi ne cessa de le surprendre.
"Tu n'as pas de musique, ce matin ?"
Eren sentit son coeur s'affoler. Il en était certain, absolument certain, ce n'était pas qu'une question. C'était sa manière à lui de lui demander de lui en faire écouter encore. Eren déglutit et se dépêcha de sortir ses écouteurs de la poche avant de son sac, posé sur ses genoux, tandis que Levi faisait mine d'examiner son livre comme si de rien n'était. Quand il posa les écouteurs sur la toile de son sac et entreprit d'en saisir un pour les démmêler, Levi n'eut pas cette patience, et attrapa le second pour le porter à son oreille. Eren sourit en coin – c'était trop beau pour être vrai.
La première chanson qui vint dans la playlist de son téléphone fut Poker Face, une reprise de You Me At Six. L'originale était de Lady Gaga, mais Eren ne supportait pas la variété, tout comme ses amis, et cette version était tout simplement délicieuse. Pour une fois, il ne se demanda pas ce qu'allait en penser Levi, peut-être qu'une partie de lui connaissait déjà la réponse – qui fut confirmée quand il attrapa dans son champ de vision le pied gauche de Levi tapait légèrement le sol en rythme, puis faire une pause, puis reprendre encore.
Eren fit de son mieux pour rester immobile et retenir son sourire, mais c'était incroyablement difficile.
"Dites, vous avez quel âge ?" demanda Eren. Ce n'était pas une question qui se posait mais après mûre réflexion, il était certain que Levi n'en tiendrait pas compte. Son caractère était bien trop direct et impoli pour qu'il s'en embarrasse.
"Trente-et-un ans."
Eren hocha la tête. Quand Levi se tourna légèrement vers lui, il sut que c'était sa manière de lui retourner la question.
"Dix-sept."
Ce fut à son tour d'hocher la tête, et tous deux échangèrent un regard entendu avant de détourner les yeux chacun de son côté. Vite, la chanson passa à Reclusion d'Anberlin, et Eren perdit le contrôle de la réalité. Quel jour c'était, quelle heure, où il allait, pourquoi il était là. Dans le fond, s'il était là, c'était simplement pour s'asseoir à ses côtés, partager ses écouteurs et fermer les yeux alors qu'il savourait le parfum unique de l'homme à sa gauche.
À son plus grand plaisir, le bus fut en retard ce matin-là. Il eut le temps d'épuiser deux chansons supplémentaires avant de tirer, comme la veille, sur le fil des écouteurs pour libérer Levi. Celui-là attendit le tout dernier moment pour se lever, et Eren, déjà debout, lui lança un regard en biais.
"Vous ne venez pas ?" Il était impossible d'ignorer la pointe d'inquiétude présente dans sa voix. L'idée même de prendre le bus sans Levi s'avérait désagréable.
"Si, si." Eren lui sourit légèrement, s'éloigna et rentra dans le bus alors qu'il se levait à son tour. Il profita de la fausse intimité du moment pour esquisser un sourire à son tour.
/
Le soir, quand il monta dans le bus, Eren nota que Levi s'y trouvait déjà… aux côtés du blond qu'il avait déjà vu l'autre fois. Il se stoppa légèrement et chercha des yeux un siège, paniquant à l'idée de rester au milieu du chemin, trop en vue. L'image de leurs mains restait calquée dans son esprit et sans qu'il puisse s'expliquer pourquoi, ça le dérangeait profondément. Le blond, le dérangeait. Ses sourcils tombèrent morosement sur ses yeux en un froncement grincheux et il ne put pas l'enlever de son visage – pas jusqu'à ce qu'il croise les yeux de Levi, et que ceux-là, à sa grande surprise, s'illuminent légèrement.
Aussitôt, les lèvres de Levi bougèrent et le blond se retourna dans sa direction. Eren se sentit rougir. Mince, que lui disait-il ? Qu'il était un gamin qui lui avait fait écouter de la musique pourrie ? Eren ne savait plus où se mettre. Mais le blond ne le regardait pas d'un air moqueur – il avait l'air sérieux. Quand celui-là détourna les yeux, il se retrouva "seul à seul" avec Levi.
Eren ne remarqua même pas qu'ils étaient arrivés à l'arrêt où le blond et lui étaient descendus l'autre fois. Quelque chose dans sa poitrine se serra si fort qu'il en eut mal. Vraiment, mal.
Levi suivit le blond, qui s'était levé, et arrivé près des portes, lui lança un coup d'oeil rapide, murmurant les mots "à plus, gamin" du bout des lèvres. Eren parvint à le comprendre – mais ce qu'il ne comprenait pas, c'était pourquoi, bordel, il descendit ici – avec lui.
Eren les regarda s'éloigner de l'autre côté de la vitre et il eut l'impression que son coeur étouffait.
/
"Tu fais chier, Jaëger," grogna Jean.
Eren sourit.
"Non, vraiment, tu fais chier," insista-t-il en fronçant les sourcils dans le vide.
Eren éclata de rire, cette fois, passant une main innocente dans ses propres cheveux. Jean finit par se tourner vers lui, et ils reprirent leur dispute amicale.
"J'ai pas de problème de gorge ni quoi que ce soit, d'accord ?"
"Alors ça veut dire que tu chantes aussi mal que ça au naturel ?" le taquina davantage Eren.
L'autre explosa une nouvelle fois et Eren laissa son sourire s'élargir encore plus, si c'était possible. Néanmoins, quelque chose manquait. Ils allaient chez Eren pour répéter, et, assis côte à côte sur une place de deux, ils étaient presque arrivés.
"De toute façon, toi tu ne sais pas chanter, alors, vous n'avez que moi."
Eren fronça un sourcil en guise de contestation. "Ymir sait chanter."
Jean ricana. "Ymir ne chante pas ; elle crie."
Cette fois, ils rirent tous les deux.
Puis les portes du bus s'ouvrirent et quelque chose coupa le souffle d'Eren – là, devant lui, il y avait Levi, les manches remontées jusqu'au coude, et sans cartable, qui avançait dans l'allée pour se trouver un siège. Mais plus que ça encore : il n'avait pas de cravate. Et le bout de peau dévoilé, qui laissait son cou et son buste en évidence était fascinant. Jean sembla réaliser qu'il avait décroché mais il ne dit rien. Quant à Eren, il s'était définitivement perdu dans la contemplation. Il ne remarqua même pas que Levi le regardait, assis d'où il était.
Eren rougit et baissa la tête. Mais, trop curieux pour résister, il la releva presque aussitôt dans sa direction, et il captura quelque chose d'incroyable – son sourire. Un sourire moqueur, certes, amusé. Mais un sourire quand même, un sourire que même le blond n'avait pas réussi à lui voler. Il sentit son coeur exploser dans sa poitrine et gigota inconsciemment, donnant un coup d'épaule à Jean sans s'en rendre compte. Celui-là, en revanche, le sentit, et se tourna vers Eren d'un air indigné. Aussitôt, alors qu'Eren regardait Levi sans rien dire et que celui-là l'imitait, Jean lui rendit un coup plus brutal encore et Eren porta machinalement sa main à son épaule en ouvrant la bouche pour laisser passer quelques insultes habituelles.
De là où il était, Levi n'entendait que des éclats de voix, et les sonorités reconnaissables des insultes, et les deux jeunes se mirent à entrer dans une bataille d'épaules, se faisant le plus de mal possible à l'épaule. Levi devait le reconnaître, c'était comique à voir, et il ne put s'empêcher de garder un sourire moqueur aux lèvres jusqu'à ce que le bus s'arrête là où il devait s'arrêter.
Cette fois, ils descendaient au même arrêt, et sans trop savoir comment, Eren comprit qu'il allait devoir se débarrasser de Jean – car les yeux de Levi lui intimaient quelque chose. D'incompréhensible, certes, mais quelque chose.
Quand les deux adolescents descendirent du bus, Levi les imita mais alla s'arrêter un peu plus loin pour s'adosser à un arbre, jambe repliée contre le bois et mains dans les poches. Eren le regarda du coin de l'oeil ; la vue était imprenable.
"Hey, Jean," entama Eren d'une voix faussement désolée.
"Quoi ?" fit ce dernier, mollement, mais vaguement curieux.
"J'ai oublié d'acheter un truc pour mon père. Ça te dérange si tu vas devant ? Je te rejoins le plus vite possible. L'épicerie est pas loin."
Jean l'observa sans rien dire, implacable, jusqu'à ce qu'il laisse ses lèvres s'étirer légèrement. Depuis toujours, Jean avait ce coup de coeur indescriptible pour Mikasa – qui n'avait de cesse de le repousser – et chaque seconde passée en sa compagnie sans avoir à supporter celle – de trop – d'Eren était un miracle. Alors, bien sûr, Jean n'allait pas dire non. Il s'éloignait déjà dans la direction de chez lui, et il n'attendit pas plus longtemps pour se retourner vers Levi – mais il manqua un battement quand il constata que celui-là était juste derrière lui.
"Tu veux venir chez moi ?" fit-il en souriant d'un air amusé.
Eren pâlit. "Q-quoi ?"
"Doucement, gamin. Je ne vais pas te sauter dessus. Mais j'ai des musiques à te faire écouter."
Ça y est, c'en était fini de lui. À partir de cet instant, Eren s'était perdu quelque part. Quelque part entre le monde et lui, la fiction et la réalité, entre sa vie normale de lycéen, de batteur dans un groupe de pop punk, ou de frère pénible à la maison, et celle, plus secrète, qu'il menait lorsqu'il devenait passager de ce bus.
"Tu dois habiter loin, non ? Je n'ai pas beaucoup de temps devant moi…" fit quand même Eren, et d'une certaine manière, il donnait l'impression de ne pas en avoir envie.
Levi ricana.
"J'habite ici."
Eren fronça un sourcil, troublé. "Où ?"
"Ici," répéta Levi en pointant du doigt l'immeuble juste derrière eux. Difficile d'habiter plus près. Levi éclata de rire et commença à s'y approcher – Eren suivit le mouvement, sans trop savoir comment ses jambes parvenaient encore à le soutenir et à le mener quelque part. Levi lui tint la porte, non par galanterie mais pour lui donner de l'avance, et Eren commença à monter les escaliers que cette porte renfermait.
À un certain endroit, et sans raison, Eren rata la marche et manqua de perdre l'équilibre, mais comme une vieille routine entre eux deux, Levi se précipita pour lui éviter la chute. Levi était peut-être plus petit que lui, mais il était définitivement agile, habile et rapide. C'est ainsi que sa main se referma autour de son poignet, ferme et implacable, et leurs regards se croisèrent. Levi avait l'air ennuyé, et Eren était écarlate.
"Fais gaffe, gamin. Tu pourrais t'arracher une dent comme ça."
Il ne mentait pas. Les dégâts auraient été conséquents si Levi ne l'avait pas rattrapé. Il était parti pour tomber la tête la première et les escaliers étaient en béton. Levi ôta sa main de son bras – qu'Eren ne put s'empêcher de fixer par la suite – et ils continuèrent leur chemin vers l'étage, où Levi le dépassa, clés en main pour ouvrir la porte.
Celle-là grinça légèrement et il l'ouvrit complètement, laissant Eren s'y engouffrer d'abord pour découvrir les lieux. À cet instant, la situation lui parut tellement bizarre que les mots jaillirent tous seuls.
"Vous n'êtes pas éphébophile, hein ?"
Levi lâcha un léger rire, sans ouvrir la bouche, mais à peine perceptible. Il le dépassa et Eren le vit hausser les épaules. La porte, derrière eux, était fermée maintenant – et se trouver dans l'appartement d'un inconnu était bien trop bizarre. Pourtant, Eren n'avait pas envie de partir. Chaque seconde était un trésor, quelque chose qu'il apprenait de lui, et là, sous ses yeux, c'était lui tout court. Lui, ses habitudes, sa manière de vivre, la musique qu'il aimait, le style de meubles de son appartement, s'il vivait seul – sans aucun doute.
Le soleil n'allait pas se coucher tout de suite, pas encore. Il laissait sa lumière apaisante traverser les rideaux transparents du salon, et éclairer l'appartement – étrangement composé de blanc et de noir – d'une manière incroyablement reposante. Eren fit quelques pas ici et là, sans même remarquer que Levi était passé derrière le comptoir de sa cuisine, complètement ouverte sur le salon. Il semblait faire quelque chose, et quand il entendit un bruit de verre, il tourna la tête pour le voir porter un verre d'eau à ses lèvres.
"La musique est là-bas," indiqua-t-il, et Eren suivit la direction donnée pour poser ses yeux sur un meuble entièrement rempli de CDs. Non, pas possible – il en avait tant que ça ? Il remarqua même des vinyles, et du regard, chercha la platine – qu'il trouva non loin du lecteur CD. Sa télé était modeste, on ne pouvait pas dire qu'il y attachait beaucoup d'importance, mais il avait sans aucun doute un bon matériel pour la musique. Son canapé, lui, était immense, long et large, et disposé de telle sorte qu'il était presque impossible de ne pas vouloir s'y asseoir.
Levi arriva, et Eren sursauta légèrement quand il le réalisa. Ce type était tellement discret… Quoiqu'il en soit, Levi s'était dirigé vers un CD particulier – non, un vinyle – et l'avait posé sur la platine avant de démarrer l'engin. Eren s'assit sur le rebord du canapé, comme s'il n'osait pas, et Levi se retourna en s'adossant contre le meuble. Il croisait légèrement les jambes, et ses chaussures pointues lui donnaient un air incroyablement sérieux. Pourtant, ses yeux ne l'étaient pas. Ennuyés, peut-être, mais Eren devinait qu'il ne s'ennuyait pas tant que ça, mais même – quelque chose d'étrange naissait sur son visage et c'était agréable de le voir s'épanouir.
Une musique retentit et Eren chercha automatiquement à savoir ce que c'était. En vain. Il avait l'impression, vague, de l'avoir déjà entendue, mais arriva à la conclusion que son esprit lui jouait des tours.
"Qu'est-ce que c'est ?"
Levi étira vaguement ses lèvres. "Magnetic Fields." Pause. "I Thought You Were My Boyfriend."
Inutile de dire que le titre le fit rougir. Il ne savait pas pourquoi. Mais Eren rougissait, c'était tout. La musique se rapprochait légèrement de Depeche Mode, la voix du chanteur était grave et agréable, elle lui rappela celui du chanteur des Smiths. Levi soupira.
"Qu'est-ce que tu en penses ?"
Eren releva la tête vers lui. "J'aime bien, c'est… différent." Il ne mentait pas. C'était différent de ce qu'il avait l'habitude d'écouter mais ce n'était pas déplaisant. Et quelque part, il n'arrêtait pas de rougir aux paroles prononcées par le chanteur, qui parlait définitivement d'un garçon. Mince, c'était stupide ; et il espéra que Levi n'en remarqua rien (en vain).
Ils restèrent là sans rien dire et Levi changea pour un autre vinyle. Cette fois, aussitôt qu'il l'eut mis, Eren le reconnut.
"Soft Cell," fit-il alors que la musique commençait.
Levi le regarda par-dessus son épaule, d'un regard qui voulait dire dans le mille, et finit son affaire avant de se retourner à nouveau. Tainted Love s'élevait dans toute la pièce, fort et intensément, et Eren était époustouflé de la puissance du son ici. Rien de comparable chez lui. Mais Levi avait un matériel tel qu'on pouvait presque dire que la musique était réelle, tout comme eux, présente dans cette pièce.
"Tu as de quoi écouteur de la musique chez toi ?" demanda Levi, ce qui eut le don de le faire froncer ses sourcils.
"Euh… oui. Pourquoi ?"
Il haussa les épaules. "J'ai des musiques à te prêter."
Il dut se retenir violemment de sourire, si bien qu'il en vint à se mordre l'intérieur de la joue pour retenir ce qu'il ne voulait pas que Levi voie. Eren regarda légèrement sa montre, comme s'il, au fond, ne voulait pas savoir quelle heure il était, ne voulait pas réaliser qu'il était déjà l'heure. Il n'avait pas beaucoup de temps – l'épicerie n'était pas assez loin pour lui donner une marge si grande que ça, et le fait déjà qu'il s'apprêtait à rentrer sans avoir rien acheté allait être suspect. À sa grande surprise, Levi l'observait sans rien dire, et ses yeux ne disaient plus rien. Il était… vierge d'expression. Neutre. Totalement neutre.
"Qu'est-ce qu'il y a ?" demanda Eren, rougissant derechef. Il porta nerveusement ses doigts à ses joues, comme pour vérifier inconsciemment qu'il n'avait rien sur le visage. Il osait à peine soutenir le regard de Levi.
Celui-là ne dit rien, et après quelques secondes de silence, uniquement ponctué par la musique qui jouait derrière eux, il s'approcha. La table basse et le canapé étaient suffisamment espacés pour qu'il se plante devant lui et se penche vers l'adolescent, provoquant une réaction presque paniquée chez ce dernier. Que se passait-il ? Mais avant qu'il n'ait pu dire quoi que ce soit, ses deux doigts se refermaient sur sa peau et s'éloignaient déjà. Il considéra ce qu'il venait d'attraper, puis jeta un coup d'oeil à Eren, sourcils froncés.
"Un cil."
Levi se redressa, se débarrassa du cil qu'il avait ôté du visage d'Eren et plongea ses mains dans ses poches pour évoluer vers la cuisine – laissant un Eren déconcerté, et le coeur battant, incapable de dire le moindre mot. Son coeur allait bien trop vite pour qu'il puisse réfléchir ; et c'était tellement violent qu'il eut presque la nausée.
