Après cette réalisation surprenante, Eren commença à voir les choses d'une manière différente. Ce n'était plus lui et Levi, c'était eux. Il ne s'agissait plus d'être jaloux des gens qui approchaient cet homme, mais d'être témoin de la même chose de l'autre côté du terrain. Dire que ça lui déplaisait aurait été mentir, et quelque part, c'était allé jusqu'à flatter son égo. Il n'était qu'un gamin insouciant et stupide, comme 99,9% de sa génération rien ne le prédestinait à avoir une quelconque importance aux yeux de Levi. Mais malgré son attachement nocif pour ce petit homme allergique aux émotions, il restait sur ses gardes. Rien ne serait plus brutal que de tomber de haut pensant avoir déjà tout gagné. D'ailleurs, que voulait-il gagner ? La présence de Levi. Son attention, son regard. Il voulait exister à travers ses yeux.

Aujourd'hui était un jour de pluie et Eren venait tout juste d'arriver sous l'abri, à bout de souffle. Mais à son grand dam (et à cause d'un karma exceptionnellement mauvais, il fallait le croire), l'abri était soudainement bondé, et Eren soupçonna des passants de s'y réfugier sans avoir l'intention de prendre le bus. Tsk. Dans un soupir, il se glissa près de la vitre mais malheureusement la pluie tomba directement sur lui. À partir du moment où il sortait de l'abri, il était directement exposé, et la pluie à Trost n'était pas une plaisanterie. C'était une affaire sérieuse. Eren monta le son de sa musique en savourant des airs de punk. Il ne savait plus ce qui passait All Time Low, peut-être bien autre chose, Seigneur tant que la musique couvrait le ronronnement du monde autour de lui il ne demandait pas plus. Il ferma les yeux, tentant d'ignorer la pluie qui lui tombait sur les paupières et mouillait ses mèches brunes à chaque seconde un peu plus, et de garder son calme face à la situation qui lui était clairement défavorable. Mais puisque la notion de pitié existait, elle avait sûrement fait son effet parce que la seconde d'après, les gouttes ne tombaient plus. Eren rouvrit les yeux, troublé que la pluie se soit arrêtée si brusquement, mais ce qu'il vit n'avait rien de différent c'étaient les voitures qui roulaient sur une route trempée, envoyant des éclats liquides derrière elles, des passants qui couraient en se protégeant minablement (et vainement) par leurs bras au-dessus de leur tête. Il leva les yeux vers le ciel et au lieu de trouver un mélange singulier de gris et de bleu, il tomba nez à nez avec un tissu sombre et inconnu. Un parapluie. Immédiatement, il se retourna pour en découvrir le propriétaire et peut-être s'épouvanter d'avoir réussi à attendrir un inconnu, comme un chiot abandonné sur le bord de la route, mais tout ce qu'il trouva furent deux perles grises, déjà alertes à cette heure outrageusement matinale – sept heures, rien que ça – et au lieu de sentir la honte lui venir, il se contenta de rougir en souriant puérilement.

"Bonjour," lâcha Levi sans ciller, et ce mot suffit à réveiller les entrailles d'Eren qui se nouèrent à l'entente de cette voix grave. C'était sûrement ridicule, c'était sûrement cliché, mais Eren ne protesta pas et se contenta de plonger son âme entière dans cet océan de grisaille. Partager un parapluie était une chose banale, mais tout à coup, il eut l'impression que la chose la plus banale deviendrait unique si Levi s'y trouvait impliqué. Alors ils restèrent là tous les deux, sans rien dire, côte à côte, leurs épaules à peine s'effleurant, mais leurs deux corps conscients de la proximité de l'autre. Eren rougissait à chaque seconde mais l'on pouvait peut-être confondre son embarras avec son visage rougi après l'effort. Il avait couru pour éviter la pluie et au final se retrouvait mouillé de la tête aux pieds. Il se rappela la dernière fois, quand Levi lui avait ouvert sa porte une nuit pluvieuse, et son estomac se mit à danser en silence. Levi ne bougeait pas, il avait les yeux rivés sur la route et attendait le bus, et Eren n'osa pas troubler le faux silence établi entre eux, bousculé tantôt par une voiture tantôt par les éclats de voix de dessous l'abri. Eren écouta la pluie s'écraser sur le tissu du parapluie, au-dessus de leurs têtes, et plongea ses mains dans la poche centrale de son sweatshirt trop grand, ignorant la sensation désagréable de l'humidité. Il commençait à associer Levi à la pluie, à son clapotis reposant, à la grisaille apaisante du ciel et de la ville toute entière quand elle se mettait à tomber. Non que ça le dérangeait, au contraire.

Des gens bougèrent sous l'abri et quelques secondes plus tard, le bus s'engageait dans la rue. Il s'avança, freina doucement dans une flaque d'eau et s'arrêta légèrement après l'abri, à la hauteur d'Eren et de Levi. Tant mieux. Levi ferma son parapluie d'un geste gracieux, évitant soigneusement de répandre des gouttelettes sur son habit, et avant de s'avancer vers les portes qui s'ouvraient, jeta un coup d'œil à Eren par-dessus son épaule.

"Dépêche-toi, gamin, ou tu vas finir trempé." Levi n'avait pas tort c'était le genre de pluie qu'on préférait regarder de l'intérieur, au chaud et à l'abri. Elle était presque agressive, presque brutale, et pourtant quand les perles d'eau s'abattaient sur les flaques, elle semblait presque inoffensive. Il repoussa les songes qui le retardaient et prit la suite de son aîné, les autres passagers déjà sortis de l'abri pour s'aventurer sous la pluie. Il ne savait pas comment les choses allaient se dérouler une fois à l'intérieur, mais il savait qu'il ne pouvait pas rester là à se poser la question. Une goutte tomba sur sa paupière au moment où il cligna des yeux et se fondit dans la queue difforme de personnes à entrer dans le bus. Levi avait déjà disparu avant tout le monde et s'était déjà sûrement assis, sa silhouette en tout cas n'était plus qu'un souvenir et Eren se maudit d'avoir traîné autant. Il ne voulait pas qu'un malheureux ne s'assoie aux côtés de Levi et pourtant il ne pouvait pas se résoudre à le faire lui-même. Où était passée son audace adolescente ? Il parvint à se glisser entre une vieille dame et un type en chemise, et une fois à l'intérieur, présenta sa carte de bus d'un air distrait, scannant déjà les horizons à la recherche d'un certain petit homme. Dans la panique (ou sûrement était-il trop tête en l'air), il ne le trouva pas et sentit un voile d'appréhension le recouvrir. Levi n'avait pas pu disparaître. Ses pas hésitants, il eut un moment indécis durant lequel il manqua de trébucher dans le vide, et quand la personne dernière lui (l'homme à la chemise, le visage irrité) le heurta de plein fouet, il bascula pour de bon. Avant que le sentiment d'horreur ne prenne possession de lui, cependant, cette bribe de panique qui vous submerge avant la chute, quelqu'un attrapa son bras avec force, presque douloureusement, avec tellement d'adresse qu'Eren réalisa qu'il était maintenu debout par cette poigne. L'instant d'après, il était tiré d'un côté, presque violemment, et il sentit ses fesses cogner contre quelque chose. Un siège. On l'avait assis. Mais la poigne était toujours là et le maintenait ici, le maintenait en place, et quand il se tourna en direction de son propriétaire, il tomba nez à nez avec un visage familier. Pas d'hostilité dans ses yeux la force de sa poigne était sûrement incontrôlée et inconsciente. Mais Eren n'osa pas l'informer que son emprise sur lui était douloureuse, et se contenta de ravaler les mots de protestation qui étaient nés dans sa gorge à partir du moment où il s'était senti partir. Les passagers s'étaient presque tous assis mais les portes étaient belles et bien fermées et le chauffeur n'attendit pas davantage pour démarrer. Il était déjà en retard (et c'était un miracle qu'Eren l'ait eu à temps).

"Aussi adroit qu'un gosse," commenta Levi d'un ton sarcastique, même si rien sur son visage ne laissait deviner qu'il plaisantait. C'était fou la manière qu'il avait de contrôler ses émotions non ce n'était pas tellement du contrôle, on aurait plutôt dit qu'il expérimentait trop d'émotions à la fois pour en choisir une. Le tout se formait dans ses yeux et quand Eren s'y plongeait trop longtemps il se perdait dans cet océan émotionnel, dans cet arc-en-ciel de sentiments. Dans l'instant, Eren ne sut pas ce qu'il voyait, mais fidèle aux papillons dans son ventre, il se contenta de sourire bêtement comme l'idiot qu'il était. Ce n'est que là que Levi lâcha son bras et même si Eren fut soulagé de ne plus sentir cet étau enserrer sa peau, il ne put ignorer l'horrible sensation de manque que laissait Levi derrière lui. À travers le tissu la peau d'Eren avait ses doigts d'imprimés dans sa chair et il déglutit quand il vit Levi détourner les yeux. Aujourd'hui aucun d'eux n'avait de compagnon, ils étaient seuls, ce moment était à eux, et pourtant il fallait bien se rendre à l'évidence : ce n'était qu'un simple trajet de bus. Et si Levi l'avait conduit à ses côtés c'était sûrement pour ne pas qu'il finisse par terre et ne retarde le départ (davantage). La maladresse de ce gamin ne connaissait pas de limites, mais si Levi était calme, sa patience en avait.

Aucun d'eux ne dit rien et alors que le bus commençait son voyage silencieux, Eren rattrapa les écouteurs qui pendaient sur son sweat-shirt. Il en prit un et le glissa dans son oreille gauche, celle la plus proche de Levi, et regarda l'autre en silence. Il l'avait déjà fait auparavant alors le reste n'avait plus rien d'étranger mais curieusement il s'était passé assez de choses entre cet instant et maintenant pour qu'il ait un aspect différent. Mais après avoir pris une grande inspiration, qui ressemblait plus à un soupir qu'autre chose, il tendit l'écouteur à Levi. Celui-là, sentant qu'on bougeait à ses côtés, lui accorda un bref coup d'œil et observa l'écouteur sans rien dire. Le cœur d'Eren se serra alors qu'il était persuadé qu'il allait décliner l'offre, mais sans un regard de plus, Levi attrapa le petit objet pour le porter à son oreille. Une fois cela fait, il plongea sa main droite dans sa poche et en sortit son Blackberry. Eren sut que peu importe quels mots ils avaient jusqu'alors échangés (en fait, tous venant de Levi), leur conversation s'arrêterait là. Mais ce matin il n'avait pas l'intention de parler il était trop occupé à sourire en sentant ce lien (visible) les relier l'un à l'autre.


Cela faisait déjà une bonne heure qu'ils avaient échangé leur 'bonne nuit' singulier. Mais Eren n'arrivait pas à dormir, obsédé par le visage de Levi, sa voix sereine, la clarté de ses prunelles. Il y avait des choses qu'il aurait voulu savoir, mais il n'osait, et Eren se retournait dans les draps de son lit pour la énième fois depuis une heure. Il y avait pas moments irréels durant lesquels Eren se pensait invincible, ceux-là étaient porteurs d'une bravoure dont il ignorait même l'existence. Et pourtant Eren n'était pas lâche, au contraire. Il était simplement dans la moyenne. Il se fondait dans son propre sentiment de sécurité. Comme tout le monde. Avec un soupir, il ramena le téléphone près de son visage et plissa douloureusement les yeux quand la lumière de l'écran l'aveugla sans pitié. Il retint un grognement car il savait que sa porte était encore entrouverte (et n'avait pas le courage d'aller la fermer), et se hâta d'ouvrir le dernier message de Levi. Il semblait tellement plein de nonchalance, de naturel – briser leur petit rituel par gourmandise était peut-être une mauvaise chose si cela signifiait sacrifier cette nonchalance-là, celle qu'autrefois il aurait détestée. Ce n'était pas de l'audace qui le prenait dans l'instant, de la folie, plutôt, mais Eren s'en fichait et ses doigts insolents tapaient sur le clavier les mots qu'il se répétait en silence depuis de longues minutes.

À : Levi

Tu dors ?

Le ventre noué, Eren attendit une réponse, incertain de ce qu'il venait de faire. Et si Levi dormait et l'envoyait balader pour avoir osé lui voler son sommeil précieux, celui qu'il avait eu du mal à trouver ? Mais surtout : Eren attendait une réponse qui ne venait pas et fronça les sourcils dans la pénombre en se maudissant d'avoir eu une idée pareille. Pourquoi Levi lui aurait-il répondu de toute façon ? Il ne devait rien à ce gamin, c'était même plutôt le contraire. Il lui avait prêté des disques, il l'avait accueilli chez lui un soir de tempête, il avait partagé son parapluie avec lui. Eren en revanche ne voyait pas comment il pouvait lui être bénéfique.

Sa main libre glissa sous son oreiller et il laissa son téléphone retomber contre le matelas. Cela faisait déjà une bonne dizaine de minutes et il savait que Levi ne répondrait plus. Alors il ferma les yeux et prétendit dormir, sûrement pour piéger le sommeil et s'assoupir dans le processus. Mais au moment où il laissa un dernier soupir naître sur le bout de ses lèvres, il crut reconnaître le bruit familier de son téléphone qui vibrait. Son corps se figea, alerte, et il ouvrit les yeux presque persuadé d'avoir imaginé ce bruit derrière son soupir fatigué.

Mais non l'écran s'était bien allumé pour lui signaler un nouveau message. Ça ne pouvait pas être Armin qui se couchait toujours tôt, et Mikasa était dans la pièce d'à côté. Connie passait ses nuits à privilégier les jeux vidéo et Ymir ne répondait jamais aux messages, alors en envoyer ? Quant à Jean, il était probable que ce soit lui, mais son esprit refusait d'admettre cette hypothèse. Les mains impatientes, il saisit son téléphone et ouvrit le message, le cœur battant.

De : Levi

Négatif, gamin.

Son souffle se relâcha – il ignorait même qu'il le retenait jusque-là. La douleur dans sa poitrine s'envola et il ferma les yeux l'espace d'un instant, imaginant sans mal ces mots prononcés par Levi, d'une voix grave et ennuyée, sans vagues. Constante, monotone et pourtant remplie de secrets. Non seulement Levi lui avait répondu mais il ne semblait pas plus irrité que d'habitude (deux mots était sa moyenne). C'était presque une invitation à continuer. Mais s'il y avait une invitation à parler, ce n'était pas celle-là, car son téléphone se mit à vibrer une seconde fois et il écarquilla les yeux.

De : Levi

Mais je ne devrais pas tarder.

Eren aurait compris, de la part de quelqu'un d'autre, que c'était un signal pour se taire mais provenant de Levi, il savait que cela voulait dire mot pour mot "alors parle tant que tu le peux encore". Un vague sourire prit place sur son visage et alors qu'il s'apprêtait à répondre à son message, un bruit de vaisselle venant de la cuisine au rez-de-chaussée retentit dans toute la maison, traversant les murs et le pas des portes, le faisant violemment sursauter au passage. C'était sûrement son père qui (essayait) de nettoyer. Il secoua doucement la tête pour se remettre de ses émotions et ramena son téléphone près de son visage, toujours enfoui dans son oreiller.

À : Levi

Je n'arrive pas à dormir.

Il s'attendait à ce que l'homme lui réponde quelque chose d'acide et de moqueur, une remarque sur son âge que Levi exagérait sans cesse (il n'y avait qu'à voir le surnom qu'il lui donnait), ou autre chose du même genre, mais il n'en fit rien.

De : Levi

Ah, angoisses adolescentes.

Levi parlait comme si elles dataient d'hier et qu'il s'en souvenait encore, intactes. C'était peut-être le cas. Mais Levi n'avait pas l'air d'avoir été victime de ce genre d'angoisse, et Eren se demandait même s'il ressentait l'angoisse tout court. Sûrement était-il humain, mais quelque part, Levi n'avait pas l'air touché par ce qui inquiétait généralement les personnes lambdas et saines d'esprit.

Eren avait envie de lui confier ses peurs et ses pensées, il savait qu'il comprendrait (même s'il ne l'admettrait jamais, si c'était bien le cas), mais la plupart d'entre elles tournaient autour de lui. Il soupira.

À : Levi

On peut dire ça comme ça.

Il était patient et attentif, n'en disant trop pour laisser Levi le guider quelque part.

De : Levi

Suppose que ce qui te fait peur aujourd'hui sera une leçon demain.

Eren sourit. Il n'avait pas la carrure d'un type qui donnait des conseils, mais il essayait quand même. Juste pour lui. Et dans la foulée, il avait écrit une phrase de plus de trois mots.

À Levi :

Tu n'as pas peur, toi.

De : Levi

Tout le monde a peur.

À : Levi

De quoi est-ce que tu as peur ?

Il ne fallut qu'une minute pour recevoir une réponse.

De : Levi

Pourquoi cette question ?

Oui, pourquoi ? Eren ne savait pas, ça lui était venu comme ça un point c'est tout. Il sonda l'obscurité devant lui comme si cette dernière lui soufflerait la réponse, et finalement, ouvrit un nouveau message.

À : Levi

Parce que tu n'as l'air d'avoir peur de rien.

C'était étrange dit ainsi, presque flatteur, mais c'était ce qui se rapprochait le plus de ce qu'il pensait. Levi était toujours tellement calme avec cette longueur d'avance sur les autres qu'il était difficile de l'imaginer sujet à des peurs quelconques, les peurs banales qui agressaient n'importe qui. C'était là que l'image parfaite et impeccable de son personnage pouvait se fissurer. S'il donnait des réponses à des questions qui changeraient les choses.

De : Levi

Il est un peu tard pour ce genre de conversations, gamin.

Eren eut du mal à trouver quoi lui répondre, et il sut qu'il avait fait une connerie. Il avait parlé de quelque chose de trop réel, de trop palpable, et Levi n'aimait pas la manière qu'il avait de côtoyer ses pensées intimes. Il l'avait gentiment repoussé, mais c'était sûrement le signe que leur conversation, une fois de plus, s'arrêterait là.

Dans son lit il se retourna une énième fois et fixa l'écran de son téléphone sans trop savoir quoi taper en retour. Il savait que s'il ne répondait pas, Levi n'enverrait rien. Il s'en fichait pas mal, qu'il réponde ou non, et il devait être d'une humeur satisfaisante pour avoir pris la peine, jusque-là, de lui répondre à lui.

Il entendit son père se battre avec la vaisselle et se retourna derechef dans ses draps. Il n'avait pas sommeil, trop éveillé par la pensée de Levi, mais il ne savait pas quoi lui dire d'autre. D'ailleurs, il avait sûrement du travail de son côté. Dans l'obscurité de sa chambre et dans le silence de la nuit, Eren décida de ne rien répondre. Si la nuit portait conseil, comme l'on le disait bien, alors il trouverait de quoi lui répondre en se réveillant, si c'était encore nécessaire. En attendant, il allait méditer sur la vision singulière d'un Levi effrayé et trop humain, la personne qu'il avait presque touchée du doigt.