Ho-ly-shit.
J'ai saigné deux fois du nez en écrivant ce chapitre alors j'espère que ça en vaudra la peine!
Aussi je trouve que j'ai arrêté ce chapitre un peu plus tôt que prévu mais je préférais séparer celui-là de la suite, vous comprendrez pourquoi. Sinon, vous allez bien? Moi j'ai foiré ma composition de philosophie, j'ai perdu mon bonnet préféré, mes cheveux ont viré rose et je suis en vacances demain à midi. Ye. Je répondrai aux reviews et aux PM demain parce qu'il est 1h30 et j'ai toujours pas mangé... bruh.
Si vous avez quelque chose à me dire, ça se passe sur mon tumblr!
Du temps.
Du temps, vous n'en aurez jamais assez.
Il vous en manquera lors de l'enfance, parce qu'une fois grandi, vous aurez l'impression de ne pas être resté enfant assez longtemps. Il vous en manquera lors de l'adolescence, parfois qu'une fois adulte, vous aurez la sensation de ne pas avoir assez profité. Il vous en manquera une fois adulte parce qu'on a vite fait de vieillir et d'oublier. Il vous en manquera le matin quand vous finirez par être en retard, ou le soir quand vous vous endormirez de fatigue avant d'avoir fini votre travail.
Le temps. L'essence la plus précieuse, suprême, celle qui surpasse l'argent et la volonté. Non, quoi que vous disiez ou fassiez, vous n'en aurez jamais assez—même si vous vivez dans l'instant présent, le temps sera toujours inaccessible, la seule dorée dont vous ne pourrez jamais jouir.
Le temps. C'était quelque chose dont Eren avait besoin, infiniment.
8 heures du matin. Eren n'arrivait pas à dormir. Il était planté devant la baie vitrée du salon, regardant le ciel sombre, bleu, encore endormi—mais assez clair pour distinguer les choses dans la pénombre, tout autour de lui. Il avait les bras croisés, un vieux t-shirt à son père qui lui tombait sous les hanches, et ses épaules étaient trop petites pour le vêtement. Son pantalon de pyjama traînait par terre, les revers s'étaient défaits et il n'avait pas envie de les refaire, pas maintenant. Ses yeux, ses yeux étaient fatigués. Et il avait froid.
"Eren? Retourne dormir."
Une voix, distante, mais douce, délicate. Endormie.
Eren ne prit pas la peine de se retourner. Il entendait d'ici les pas presque imperceptibles de Levi, traînant sur le sol comme s'il menaçait de s'endormir sur place à chaque pas qu'il faisait. Puis le bruit s'arrêta et Eren sentit un souffle chaud caresser sa nuque.
Une seconde plus tard, deux bras forts encerclaient son ventre et Levi avait enfoui sa tête dans le creux de son cou. Ce geste, il y était habitué—ils le faisaient constamment, que ce soit Levi ou lui. Ils avaient tant de rituels, de manières, de préférences, tant de choses qu'Eren avait peur de voir partir avec le temps.
Ce qu'il vivait maintenant n'était qu'éphémère, et ça l'effrayait. Horriblement.
"Retourne dormir," répéta doucement Levi contre sa peau, comme si cela suffirait à le convaincre.
Mais Eren ne bougea pas, il resta immobile et muet, ses mains posées contre celles de Levi sans jamais les repousser.
Levi poussa un long soupir.
"Le lit est encore chaud."
Puis Levi posa ses lèvres contre son cou et Eren ferma les yeux. Tout semblait si calme et serein autour de lui—la nature, Levi, la pénombre et le silence, et pourtant, lui n'avait pas l'air de trouver le havre de paix qu'il recherchait.
"Eren…" tenta encore Levi, à la limite du sommeil, avant de l'embrasser une seconde fois.
Eren inclina la tête et Levi profita de ce plein accès pour déposer des baisers, brefs et légers, sur toute la peau nue qu'il lui dévoilait. Il savoura la chaleur que Levi lui apportait et s'imagina un instant qu'il dormait, là, tout de suite, au chaud sous les couvertures. Mais c'était bien quelque chose qu'il ne pouvait pas s'offrir, cette nuit.
"J'y arrive pas," finit-il par dire, lamentablement.
"Alors je te caresserai les cheveux jusqu'à ce que tu t'endormes."
L'offre était tentante.
"Tu dois dormir," refusa Eren en regardant par la fenêtre la ville encore endormie.
Aujourd'hui, Levi ne travaillait pas. On était dimanche et Eren n'avait pas vu son père depuis jeudi. Mikasa n'avait pas donné de nouvelles et il n'avait pas parlé à Jean depuis l'incident du téléphone. Ou banalement, pour dire salut, quelle heure est-il, j'ai froid, on s'emmerde. Les regards suspicieux traînent en silence et on ravale ses secrets. N'est-ce pas comme ça que ça marche?
Mais Jean est imprévisible. Ce n'est pas encore l'heure de lui dire.
"Toi aussi," soupira Levi. Ils avaient toujours été plus têtus l'un que l'autre. "Viens te coucher avec moi," reprit-il, avant d'ajouter d'une voix presque triste, "s'il te plaît."
Eren observa le ciel et espéra la pluie. Elle ne vint pas.
Alors il se retourna et Levi ôta ses bras d'autour de lui. Ils se regardèrent un instant, face à face, et Eren prit le temps d'apprécier les centimètres qui l'avantageaient.
Eren voudrait lui dire, qu'il y a de la beauté dans du vide, dans du gris, dans le bleu endormi du ciel matinal—mais il ne le dit pas. On ne dit pas ces choses-là. Alors il s'approche un peu et d'un commun accord, ils posent leur front contre celui de l'autre. Et ils attendent.
Ils attendent quelque chose, n'importe quoi.
Levi lève ses mains et les pose sur chacune des joues d'Eren, et Eren ferme les yeux. Eren pose ses mains sur chacune des hanches de Levi, et Levi ferme les yeux. Et ça pourrait durer des heures.
Rien ne se passe, et l'espace d'une seconde, Eren s'imagine rester ainsi pour le reste de ses jours. Dans la quiétude protectrice des heures privilégiées, là, sa peau contre la sienne. Après tout c'est la seule chose dont il ait réellement besoin, n'est-ce pas? On aura beau dire ce qu'on veut sur les amours adolescents, ce sont les plus forts. Parce qu'après, on grandit, et on s'autorise à donner de l'importance aux autres choses: un travail, un foyer, des responsabilités qu'on n'a pourtant jamais demandées. Quand on grandit, on ne prend plus le temps de se consacrer corps et âme à cette chose qui ne dure pas, et le temps qu'on se donne la permission de prononcer les mots magiques, c'est déjà parti.
Levi s'en rendait compte chaque jour.
Au bout du compte, Eren était l'exception de tout.
"Qu'est-ce qui te tracasse?" demanda finalement Levi, si bas qu'il crut presque l'avoir rêvé.
Il mit quelques secondes à trouver les mots pour lui répondre, parce qu'il ne savait pas très bien quelle était la réponse adéquate. Qu'est-ce qui le tracassait? Tout et rien. Il avait confiance en Mikasa, mais il commençait à se rendre compte qu'il ne pourrait pas éternellement échapper au regard des autres. Qu'il soit bon, mauvais, qu'il blesse ou qu'il laisse indifférent, c'était la contrainte pour tout—et Levi et lui ne pourraient pas rester à jamais un secret. On s'en lasserait bien, non? Et s'il ne s'agit pas de lassitude, alors c'est de la frustration, et si ce n'est pas ça, c'est encore autre chose. Il y aura toujours quelque chose.
Eren était perdu entre l'envie violente de rendre leur relation publique, officielle, réelle aux yeux des autres, d'exister à travers leurs iris intrigués—et la crainte irrépressible de tout ce qui pourrait arriver. Forcerait-on Levi à le laisser tomber? Lui dirait-on qu'il était trop vieux, le persuaderait-on qu'il valait mieux, pour le bien d'Eren, mettre un terme à tout ça? Chaque possibilité était probable, même à 0,1%. Chacune était valide et devait être prise en compte, et Eren ne voulait pas prendre le risque de le perdre.
"Rien," finit par répondre Eren. Il n'avait pas les mots, pas les bons, pas assez; rien ne servait d'essayer de former des phrases qui n'avaient pas de sens dans son esprit. Et inquiéter inutilement Levi était le dernier de ses désirs. "Tu travailles demain?"
Eren laissa tomber sa tête contre son épaule et les mains que Levi avait posées sur ses joues migrèrent jusqu'à son cou, caressant doucement ses cheveux là où ils s'arrêtaient. Sa nuque était douce, alors il continua.
"Techniquement, non." Eren fronça les sourcils mais resta silencieux, attendant patiemment que Levi ne poursuive. "Mais j'ai des choses à régler au bureau alors je suis obligé d'y passer ne serait-ce que deux ou trois heures. Et puis…" il s'arrêta, le silence revint, et Eren releva la tête pour regarder Levi dans les yeux.
Son ton ne lui disait rien de bien, et en même temps, il lui promettait tout. Mais Levi n'avait pas l'air grave ni inquiet, simplement fatigué. L'espace d'un instant, Eren culpabilisa de l'avoir sorti du lit. Levi avait besoin de dormir.
"Petra vient demain."
Il ne dit que ça. Juste ces trois mots.
Il ne dit que ça parce qu'il attendait de voir la réaction d'Eren. Après tout, la dernière fois que Petra était venue ici, les choses avaient mal tourné. Uniquement parce qu'Eren laissait ses émotions prendre le dessus, comme toujours, et qu'il réalisait doucement qu'il ne pouvait pas laisser Levi redevenir l'étranger qu'il était autrefois. Il était venu à la conclusion que le passé de Levi importait peu, et que quelles que soient ses erreurs, ses ex-femmes, ou les filles qu'il avait encore, rien ne l'arrêterait. Rien ne serait suffisant pour l'éloigner de lui encore une fois.
C'était toujours d'actualité. Seulement, Levi avait tout de vierge: son futur semblait neutre, son présent était une ligne droite, et son passé appartenait à quelqu'un d'autre. Il n'était même pas certain que Levi ait déjà entretenu une relation quelconque avec quelqu'un. Ils avaient parlé d'Erwin, un jour—et Eren lui faisait confiance quand il lui disait que rien ne s'était jamais passé entre eux, même si, fut un temps, il aurait pu. Il l'avait admis et Eren l'acceptait, parce que désormais, la manière qu'avait Levi de le regarder était tout ce qui comptait. Il le regardait comme si c'était la première fois qu'il ouvrait les yeux et que chaque détail l'émerveillait un peu plus à chaque seconde.
Alors, non, ça ne dérangeait pas Eren. Il avait déjà vaguement vu Petra, elle avait probablement grandi depuis, mais jamais il n'oserait le forcer à ne pas la voir. D'une certaine manière, Petra était plus de la famille que lui ne l'était.
"Et?" continua Eren, intrigué, parce que Levi avait l'air perdu dans sa propre réflexion.
Un soupir, à peine.
"Et je me disais que… enfin, tu sais… si tu veux… tu pourrais, hm. Écoute—"
"Ouais."
"Quoi?" Levi leva les yeux et ses sourcils se froncèrent dans une expression incrédule.
"Je reste."
Trois, quatre, cinq, six—sept secondes et quelque chose sembla s'allumer dans les yeux de Levi. Silencieusement. Sans rien dire, sans rien faire.
Et puis avec toute la lenteur du monde, Levi attrapa son cou et le força à se baisser jusqu'à lui pour l'embrasser en silence.
"Hey, Eren," murmura Levi contre ses lèvres, comme un secret d'enfant.
"Hm?"
"Tu te souviens de ce que je t'ai dit il y a longtemps?"
Eren ne répondit pas, alors Levi poursuivit.
"Je t'avais dit que tu n'étais pas un étranger." Une pause, significative. "Je le pense vraiment."
Il ne s'agissait pas de le laisser entrer chez lui, de se laver dans sa baignoire, de dormir dans son lit ou de cuisiner avec ce qui se trouvait dans ses placards—il ne s'agissait pas de connaître son numéro de téléphone ou d'emprunter ses vêtements, ou de monopoliser la télévision autant que possible—ni d'avoir accès aux sombres secrets de son passé et aux détails futiles du présent: c'était quelque chose qu'on ne pouvait ni voir ni entendre, quelque chose de si discret qu'on le remarque à peine. Parfois, il est même difficile de se rendre compte, soi-même, de sa présence.
L'amour...
Était-ce ça? Probablement. Dans tous les cas, c'était la chose la plus sincère qu'il lui ait jamais dite.
Alors cette fois, ce fut Eren qui attrapa le visage de Levi, et qui lui leva juste assez le menton pour pouvoir accéder à ses lèvres. Levi se laissa faire, tendrement au début, puis à mesure qu'ils se rapprochèrent, ils commencèrent à perdre le fil régulier de leur respiration.
Des mains voyagèrent, s'accrochèrent, vagabondes et fermes—des lèvres se quittaient pour mieux se retrouver, se mordèrent en silence, s'effleurèrent—et il n'y eut plus dans la pénombre que le bruit étouffé de leurs souffles et de les lèvres.
Levi recula doucement à l'aveugle, il aurait pu tomber qu'il s'en serait fichu—et Eren suivit le mouvement sans lâcher ses lèvres. Levi heurta quelque chose, le canapé, une chaise, peu importait—et Eren ricana contre sa bouche. Levi lui répondit dans un rire silencieux, et il sentit les coins de ses lèvres s'étirer avec tout le naturel du monde. Et bordel, il n'y avait rien de plus beau que de sentir Levi sourire contre soi.
Aucun d'eux ne savait vraiment ce qu'ils faisaient. Aucun d'eux n'avait vraiment envie de se poser la question non plus, parce qu'ils avaient besoin de chaleur, ils avaient besoin de l'autre, ils avaient de savoir qu'ils n'étaient pas seuls. Eren allait rester la journée entière, et il venait d'accepter quelque chose d'important: Petra. Elle n'était pas sa fille, mais ça comptait à ses yeux. Ça comptait parce qu'à chaque fois, sans trop réfléchir, il craignait qu'Eren ne refuse, qu'il ne désapprouve, qu'il ne dise, non, ce n'est pas pour moi.
Ils manquèrent de basculer par-dessus le canapé (alors finalement, c'était ça?) mais Eren agrippa brusquement le vieux t-shirt que Levi portait, et Levi attrapa ses coudes en retour pour retrouver son équilibre. Ils éclatèrent de rire et une poignée de secondes plus tard, leurs lèvres se retrouvaient à nouveau.
Levi prit le temps d'apprécier chaque détail. Le rire grave, porteur et contagieux d'Eren, les centimètres qui les séparaient (et mine de rien, ça faisait son charme), son corps d'adolescent encore timide et pur, la chaleur naissante de sa peau, son souffle désordonné qui finissait sa course dans le cou de Levi la plupart du temps…
D'un commun accord, ils mirent leurs doutes et problèmes, et chacun trouva en l'autre ce qui lui manquait. De la sécurité, de la chaleur, un rire doux ou simplement la sensation de deux paumes fermement planquées contre un dos, un bras, une épaule—n'importe quoi.
"Eren—" murmura Levi, presque essoufflé. "Qu'es—"
"Shhh," répondit-il aussitôt, la voix vibrant d'un rire incontrôlé. Ce n'était pas un rire amusé mais un rire content, aussi simplement que ça.
Il eut à peine le temps de réaliser que la pluie avait commencé à tomber sur le toit de verre et contre les fenêtres qu'Eren posait déjà ses lèvres sur les siennes, et il se laissa doucement bercer par le rythme rassurant qui suivit. Les longs doigts d'Eren se perdirent dans les cheveux de Levi, qui posa les siennes contre son torse, à la fois plates et agrippant le tissu de son vêtement pour l'amener plus prêt—ou l'empêcher de s'éloigner.
C'est là qu'il y eut le déclic. Ce fut comme un coup de tonnerre, comme un battement de coeur, c'était net et précis, presque aussi violent qu'une chute et presque aussi brutal qu'un réveil imprévu. Levi lâcha son vêtement et croisa les bras devant son ventre, attrapant maladroitement les extrémités de son t-shirt. Eren recula de quelques centimètres, juste assez pour pouvoir l'observer et lui donner l'espace dont il avait besoin, et il regarda avec des yeux grand ouverts, incrédules, Levi retirer son t-shirt avant de le jeter derrière lui sur le canapé.
"Levi—" voulut demander Eren, mais cette fois-ci, ce fut Levi qui y mit un terme.
"Pour l'amour de Dieu, tais-toi Eren," fit-il en embrassant la peau nue de son cou, et Eren devina l'amusement presque puéril qui perçait dans sa voix. C'était magnifique.
Il y eut une vague de chaleur dans son estomac, contre laquelle Eren ne lutta pas—il l'avait trop ressentie pour ça. Puis il sentit sa respiration se faire plus féroce, comme si elle cherchait à elle seule à le pousser plus loin—alors Eren s'abandonna et quelques secondes plus tard, d'un commun accord, quatre mains s'attelèrent négligemment à ôter le t-shirt d'Eren.
Celui-là finit sa course aussi loin que celui de Levi, et il ne perdit pas une seule seconde. Levi se pencha à peine, et posa ses lèvres contre son sternum, laissant une dizaine de baisers sur sa peau nue et presque trop sensible—elle était chaude, mais ils avaient intérêt à continuer s'ils ne voulaient pas avoir la chair de poule. Il pouvait déjà la sentir montrer le bout de son nez. Alors Levi embrassa sa poitrine, puis ses clavicules, et ses épaules.
Ils avaient déjà été aussi loin, de nombreuses fois—mais ce soir, quelque chose semblait… différent. Aucun n'aurait su l'expliquer, c'était comme un pacte silencieux et instantané, et ils n'auraient pour rien au monde prit le temps de s'arrêter pour se poser la question.
Eren décida de lui rendre la pareille et le poussa doucement dans la pénombre, jusqu'à ce qu'il entre en contact avec un des tabourets de l'îlot de cuisine. Levi joua le jeu et poussa brusquement le tabouret, qui grinça contre le sol avant de menacer de tomber et, finalement, retrouva son équilibre, leur laissant l'espace dont ils avaient besoin—et Eren le pressa contre le bord de marbre, propre et froid, brisant le silence avec le grognement indistinct de Levi.
Eren éclata de rire contre sa peau, embrassant à son tour chaque chose qui pouvait l'être; et quand il se pencha pour parsemer tout autant de baisers sur son torse, Levi laissa une main distraite se perdre dans ses cheveux. Ils avaient poussé, depuis. Ils étaient plus longs, presque assez longs pour dépasser son menton, et ils lui tombaient sur les yeux. Mais ça ne lui déplaisait pas entièrement.
Le premier soupir n'arriva que lorsqu'Eren pressa son corps contre le sien, conscient du peu qui les séparait, conscient de la chaleur qu'ils produisaient tous les deux, et qu'ils étaient prêts à échanger. Ce fut celui de Levi—mais Eren se figea contre sa peau pour grimacer en silence, parce que bordel, il en avait rêvé de ce genre de choses. Pas simplement ça, leurs corps, l'un contre l'autre, l'interaction presque surhumaine qui avait l'air tellement naturelle—mais Levi, soupirant contre son oreille, chuchotant son nom, lui intimant avec fermeté d'aller encore plus loin, de ne s'arrêter sous aucun prétexte.
Bordel, c'était presque trop.
Eren recommença, avide de la friction que ce geste produisait, et même si cette fois-ci, le silence demeura parfait, il sentit Levi expirer négligemment contre son oreille. Si c'était quelque chose, c'était un bon signe, c'était certain.
Levi voulut attraper ses vêtements mais son corps était déjà presque entièrement nu, alors il opta pour le peu qu'il restait: il posa une main sur sa fesse gauche et ses doigts agrippèrent sa peau à travers le tissu, enfonçant presque douloureusement ses ongles dans cette dernière. Mais au lieu de lui faire mal, Levi l'attira un peu plus contre lui, profitant de cette emprise pour l'empêcher de s'éloigner. Sa main droite, elle, vagabonda quelque part entre ses cheveux et son cou, et s'accrocha même à une épaule.
Quant à Eren, il posa ses mains contre le comptoir derrière Levi, à plat sur la fraîcheur du marbre, son visage enfoui dans le creux du cou de Levi, l'embrassant, tentant vainement de retrouver son souffle tandis que Levi lui montrait maladroitement le chemin à suivre.
Eren ne savait pas ce qu'il faisait, mais ça n'avait pas d'importance, il fallait qu'il continue. Leurs corps s'effleuraient puis se frottaient négligemment l'un contre l'autre, comme une allumette contre une boîte. Tout ça pour allumer la flamme, but final et objectif ultime.
Chaque geste semblait plus fort, plus puissant, chaque sensation avait l'air plus intense, et à mesure que les secondes passaient, Eren pouvait sentir une bulle de chaleur éclater dans son ventre.
Dans un mouvement inconscient, Eren s'écarta de quelques centimètres, et gémit violemment quand Levi le ramena contre lui sans prévenir, sa main toujours fermement ancrée sur sa fesse. Postée ici, elle avait le contrôle le plus total. Elle décidait de la proximité, du rythme, et celui-là allait toujours en s'accélérant.
Levi eut un bref moment de doute durant lequel il se persuada de mettre fin à leur jeu adolescent, mais c'était trop: il faisait trop chaud, c'était trop agréable, l'effet que la friction avait sur lui était trop évident.
Dites ce que vous voulez, mais une érection vous trahira toujours. C'est une connerie d'affaire chimique.
"Fais chier," fit Levi avant de se mordre la lèvre inférieure, front posé contre l'épaule d'Eren.
Eren y répondit pas un grognement étouffé, et le plaisir prit un goût de douleur. C'était tellement bon, tellement plaisant que c'en était presque pénible. Il fallait que ça continue, mais il fallait que ça cesse. Son corps était dans un éveil total, il était prêt, Levi aussi—c'était paradisiaque mais c'était l'enfer.
Sans prévenir, Levi agrippa le tissu de son short de pyjama et l'entraîna dans le vide, le faisant reculer à l'aveugle dans une direction aléatoire, parce que Levi s'en fichait bien. Eren heurta une chaise à son tour, puis Levi le poussa contre une baie vitrée, celle devant laquelle Eren s'était planté un peu plus tôt.
Il gémit à son tour face à la fraîcheur du verre, mais Levi n'eut qu'un sourire narquois.
Un instant, Levi eut envie de prendre les choses en main, et sans trop savoir comment, il parvint à le faire. Ses mains attrapèrent celles d'Eren et il les tint ensemble comme si elles étaient liées. Il sourit un instant à l'idée de nouer les mains d'Eren, mais ne perdit pas une seconde.
Il se mit à embrasser son torse encore une fois, mais contrairement à quelques minutes plus tôt, il pouvait presque deviner une pellicule de sueur recouvrant sa peau. Elle était chaude, brûlante même. Levi prit une grande inspiration (il fallait bien se donner du courage)—et quand il pressa sa main contre son entrejambe, Eren balança sa tête vers l'arrière, si fort qu'il heurta la vitre de plein fouet et qu'un bruit sourd résonna.
Quelque part entre le bruit et les gestes, Eren jura.
"Ça va?" demanda Levi, partagé entre l'inquiétude et l'amusement.
Eren ne répondit pas—à la place, il lutta de toutes ses forces pour se défaire de l'emprise de Levi, et quand il fut libéré de la main qui tenait les siennes prisonnières, il fonça sur Levi.
Ce dernier lâcha un léger cri de surprise et finit sur l'épaule d'Eren, qui s'étonna lui-même de pouvoir le porter. Il n'avait jamais essayé après tout, et il était certain que faire tomber Levi dans un moment pareil aurait mis fin à la magie.
Il se rua dans la chambre en ricanant, traversant le salon en esquivant les meubles dans la pénombre, tandis que Levi assenait des coups contre son dos.
Le dernier fut tellement douloureux qu'il lâcha subitement Levi contre le lit sans avoir pris le temps de prévoir leur chute, et tomba sur lui en priant pour survivre.
Il ouvrit les yeux sur un Levi à moitié irrité, à moitié émerveillé, et son menton se retrouva face au torse nu de ce dernier.
"Tu l'as mérité," se défendit Levi avant qu'Eren ne puisse dire quoi que ce soit.
Pour toute réponse, Eren se redressa et s'avança un peu plus, ses jambes enserrant celles de Levi, et ses mains posées de part et l'autre de son visage, perdues dans les draps. Levi se tut, et le silence revint instantanément, et pendant un instant, ils semblèrent se questionner dans leur regard.
Puis d'un commun accord, leurs lèvres se retrouvèrent, et la vague de chaleur sembla ne jamais s'être calmée. Elle revint au galop, puissante et pénible, impossible à ignorer, brûlant leurs entrailles d'envie et de désir, de cette chose immonde qu'ils avaient jusque là refuser d'accepter. Ils ignoraient pourquoi. Ils n'avaient pas d'expérience particulière, Eren n'avait jamais rien vécu, quant à Levi, il n'en savait rien.
Eren l'embrassa jusqu'à ce qu'il perde son souffle, jusqu'à ce qu'il se perde lui-même dans ses baisers. Levi caressa ses joues, agrippa ses épaules, griffa son dos quand Eren était trop près, quand leurs corps semblaient ne faire qu'un—et quelque part entre deux soupirs, Levi posa sa main gauche dans le creux de son dos, nu et parfait, avant de plonger ses longs doigts sous l'élastique de son pyjama. Il sentit Eren contracter tous les muscles de son dos et de ses épaules quand sa main glissa lentement entre sa peau et le tissu.
Levi libéra ses jambes et les enroula autour des siennes, et Eren reprit le mouvement régulier de leurs deux corps. Il prit son temps, au début, savourant chaque sensation, retenant autour qu'il pouvait les longues plaintes coincées dans sa gorge tandis que Levi cherchait son souffle contre sa peau—puis il accéléra, de plus en plus, parce que plus la friction était importante, plus elle était irréelle.
Il y eut une pause durant laquelle Levi retira sa main et caressa son dos avant de la glisser à nouveau sous son pyjama, et Eren, quant à lui, prit des initiatives. Il ne savait pas exactement quelles étaient les règles et les limites, mais reproduire ce qu'avait fait Levi un peu plus tôt semblait raisonnable; alors il tâta à l'aveugle le corps brûlant emprisonné sous le sien jusqu'à s'arrêter au niveau de son entrejambe, et il sut quand il sentit Levi se crisper, sensiblement, qu'il était au bon endroit.
Il prit une grande inspiration et pressa fermement sa main contre son sexe, et pendant un instant, tout lui apparut trop réel. Tout était trop vrai, ce n'était pas une illusion ni un rêve: il pouvait deviner leur désir mutuel dans chacune de leurs expirations saccadées, il pouvait sentir leurs érections sans même avoir besoin de toucher, il pouvait presque reconnaître le bruit imperceptible que Levi faisait quand il bloquait l'arrivée subite d'un gémissement imprévu.
Qu'est-ce qu'ils faisaient? Il n'en avait aucune idée. Mais malgré l'angoisse soudaine qui prit possession de lui, il continua. Parce que c'était bon, et parce que c'était Levi, alors, tout allait bien, pas vrai?
De la même manière qu'on masse une poitrine, Eren se concentra sur son entrejambe, priant pour ne pas faire de faux pas, ni appuyer trop fort, et Dieu savait quoi d'autre. Il eut la confirmation qu'il faisait bien quand il sentit presque douloureusement les doigts de Levi s'enfoncer dans sa peau une nouvelle fois, et là où l'élastique de son short s'étirait en même temps que Levi bougeait sa main, il devenait plus serré au niveau de son bas-ventre, et sans qu'il sache pourquoi, c'était infiniment plaisant.
"Détends-toi," murmura Levi contre son oreille, quand il sentit Eren se crisper au-dessus de lui.
"J'essaye…"
Il obéit et surgissant de nulle part, Eren se demanda s'il ne fallait pas accélérer les choses. Passer au niveau supérieur. Alors il récupéra sa main et précautionneusement, attrapa l'élastique du pantalon de Levi—puis celui de son caleçon. Mais avant qu'il ne puisse aller plus loin, le coeur battant et les joues brûlantes, une main immobilisa son poignet.
"Tu n'as pas à faire ça."
C'était pour le rassurer, c'était pour le dissuader aussi peut-être, quoi qu'il en soit Eren ne trouva néanmoins pas le temps de lui assurer le contraire car Levi serra les doigts de sa main libre autour de son poignet et l'attira contre lui pour l'embrasser à nouveau—leurs deux corps se retrouvèrent et la voix d'Eren prit un côté plaintif.
Quand Levi appuya sur sa fesse pour l'amener plus près encore, aussi près que la physique voudrait bien leur permettre, ils reprirent leur motion précédente et Eren insista plus là où avant, il osait à peine rester.
Il ne fallait pas qu'il y pense trop—il se voyait faire ce qu'il faisait et devenir instantanément embarrassé. Mais lorsqu'il oubliait un instant ce qui se passait, le désir remontant comme une vague en pleine tempête et il redoublait d'effort ; dans ces moments-là, le silence n'était plus qu'un amas de soupirs, de plaintes à peine perceptibles, de souffles perdus qu'ils tentaient tant bien que mal de retrouver.
Ils allèrent à leur rythme pendant deux bonnes minutes, ponctuant leurs gestes de caresses et de baisers, sans jamais arrêter la friction constante entre leurs deux corps. Si le sexe ressemblait à ça, ne serait-ce que de loin, alors tant pis pour les conséquences.
Puis bassée une barrière invisible, Eren sentit son souffle déjà saccadé se bloquer dans sa poitrine, incapable d'arriver à destination, comme si son propre corps était mis sur pause pour laisser le désir voyager dans ses nerfs. Il contracta tous ses muscles, ceux de ses fesses, de ses épaules, tout semblait tenter de contenir le plaisir qui ne venait pas de son corps, ni de celui de Levi, mais de l'union des deux seulement. Et comme ça, d'une seconde à l'autre, il sut.
Il sut qu'il était près, il sut que c'était trop pénible, que c'était insupportable, que c'était tellement bon qu'il aurait pu mourir parce que merde, il n'avait jamais vécu une chose pareille et à en croire Levi, muet sous son corps, les yeux fermés et le visage crispé, il en valait de même.
Instinctivement, Eren accéléra le mouvement. Chaque coup de rein maladroit prit plus de puissance, chaque contact entre leurs corps à travers le tissu de leurs vêtements était plus ferme, plus précis, plus prononcé. Chaque gémissement semblait venir d'un peu plus bas encore, et chaque intervalle entre les souffles avait l'air de se réduire au fil des secondes.
La main que Levi avait laissée dans ses cheveux descendit progessivement dans son dos, glissant en même temps que la sueur qui recouvrait sa peau, et dans un dernier temps, il fit la même chose de sa main droite que de sa main gauche et glissa cette dernière sous le tissu, agrippant sa peau comme si c'était la seule chose qui le maintenait en vie, qu'elle en dépendait de manière absolue et totale.
Eren ne sut pas trop combien de temps cette phrase, presque d'hallucination, dura. Trente secondes, une minute, peut-être dix? Il ne savait pas. Il savait, en tout cas, que chaque seconde le rapprochait de ce qui avait l'air inaccessible jusque là. Et la certitude que Levi s'en rapprochait lui aussi le confortait dans ses gestes, lui donnant l'assurance dont il avait besoin. Après tout, la meilleure des récompenses est la preuve indéniable que vous lui faites autant de bien que vous n'en ressentez, sinon plus.
Chaque geste était une occasion d'arracher une nouvelle plainte d'entre ses lèvres, et Eren écrasa ses lèvres contre le creux de son cou, sans même l'embrasser, parce qu'il manquait du souffle nécessaire pour ce faire.
Il s'éclipsa un moment, se demandant de quoi le vrai sexe avait l'air, si c'était aussi intense—puis il songea à ce qui se passerait juste après, et aux prochaines fois, éventuellement, où ils le referaient. Où? Habillés ou pas? Peu importait.
Parce qu'Eren cessa de perdre sa concentration quand il reconnut ce qui accompagnait chaque session de masturbation, quelle qu'elle soit: l'orgasme. On le voyait à peine, il arrive d'un coup après tout, et dès qu'il apparaît, on dispose de peu de temps pour le réussir. Ce sont ces quarante, trente, vingt secondes qui sont précieuses: elles déterminent le degré de plaisir qui vous achèvera, à quel point votre corps tremblera, jusqu'à quel volume s'éleva votre voix avant de s'éteindre pour de bon comme la flamme d'une bougie sur laquelle on souffle.
Là où Eren privilégiait la vitesse, il prit plus de temps pour concentrer ses gestes sur la seule zone qui comptait vraiment—et la différence se fit entendre. C'était… irréel. Sublime et horrible à la fois. Il pouvait sentir à chaque mouvement son propre sexe presser le sien, sans aucun autre contact que celui de leurs vêtements, et quand il pensait trop à celui de Levi, une bouffée de chaleur lui venait. Il ne l'avait jamais à proprement parler "tenue". Ni vraiment touchée. À chaque jour son mystère, n'est-ce pas?
Eren ne pouvait plus respirer. Levi griffait sa peau, luttant contre toutes les émotions qui se bousculaient pour avoir la première place, et il se fit la réflexion que pour un adolescent, Eren avait un timing plus que correct. Mais c'était probablement le moment le plus intime qu'ils aient jamais partagé, et même si c'était angoissant plus que n'importe quoi, c'était aussi sûrement la chose la plus excitante qui soit. Vraiment.
Le silence, et Eren entendit vaguement Levi murmurer son nom. L'avait-il murmuré, soufflé, écrié? Il n'en avait pas la moindre idée. Son esprit quittait son corps et il fermait les yeux.
Puis dans un dernier geste, tout éclata. Il gratta si profond qu'il lui sembla s'y perdre délicieusement. Ça n'avait rien de comparable aux plaisirs solitaires ou aux fantasmes nocturnes, rien n'égalait ça, rien ne pouvait même prétendre entrer dans la même catégorie. Il sentit Levi donner un brusque coup de reins contre lui, et comme deux forces contraires, son propre corps chercha le sien.
Eren voulut mordre quelque chose, n'importe quoi, et quand un violent spasme vint le secouer, il mordit sa lèvre si fort qu'il eut mal. Puis alors que Levi s'immobilisait dans un dernier gémissement, il eut l'impression que tout recommençait une deuxième fois. Les tremblements laissèrent place à quelque chose d'horriblement intense, de si bon qu'il aurait pu s'évanouir sur place. Tout éclata dans son ventre, dans sa poitrine, dans sa gorge—qui ne prit même plus la peine de censurer.
Une longue plainte en sortit comme un animal blessé, parce qu'en venir à bout était un soulagement tellement immense que c'en était insupportablement magnifique.
Puis, à son tour, Eren s'immobilisa, et manquant des forces nécessaires pour se tenir au-dessus de Levi, s'écrasa contre son corps.
Ils restèrent ainsi un moment, silencieux et essoufflés, la main droite de Levi dans les cheveux d'Eren, et la gauche entre ses omoplates, toutes deux caressant tendrement, tandis qu'Eren avait enfoui son visage dans son cou, reprenant son souffle tant bien que mal alors que son corps semblait s'endormir avant lui.
"C'était…" commença Eren, mais il n'avait ni le souffle ni les mots pour continuer.
"Pas trop mal," finit Levi, et il sentit Eren rire doucement, trop faible pour lui donner la tape amicale habituelle.
Levi ferma les yeux et sourit, et au moment où Eren sentit qu'il s'endormait, la voix paisible de Levi retentit contre son oreille.
"Va te nettoyer. J'irai après toi."
Un grognement. Au moins, ça avait eu le mérite de leur redonner sommeil, pas vrai? Alors pourquoi effacer tous ces efforts juste pour se nettoyer? Mais Eren savait que Levi aurait toujours le dernier mot, alors il se leva doucement et juste avant de ramper hors du lit, s'arrêta au-dessus de ses lèvres.
Levi le regarda et il le regarda en retour, puis Eren baissa ses yeux jusqu'à ses lèvres et il l'embrassa comme si la notion du temps n'avait jamais existé. Connerie.
Puis sans prévenir, Levi lui donna un coup dans le dos et Eren perdit l'équilibre, glissant sur le bord du lit avant de s'étaler par terre. Levi éclata de rire et Eren se mit à râler à voix basse, avant de se mettre à quatre pattes puis de se lever. Il traîna des pieds dans la pénombre jusqu'à la salle de bain, et quand il croisa son propre reflet dans le miroir, eut l'impression d'y voir quelqu'un de différent.
Ce qui venait de se passer ne s'était pas vraiment passé, pas vrai?
Il échangea son caleçon sale contre un des nombreux qu'il laissait chez Levi, puis se nettoya, remit son short de pyjama, et chercha bêtement son t-shirt avant de se souvenir qu'il avait valsé dans le salon. Alors il sortit de la salle de bain, alla le chercher et l'enfila, avant d'aller boire un verre d'eau dans la cuisine.
Tout avait l'air différent.
Quand il revint dans la chambre, Levi venait de sortir de la salle de bain, et il eut à peine le temps de se retourner que Levi prit possession de ses lèvres pour une énième fois. Il ne comptait plus.
Levi ne dit rien, il se contenta, comme deux enfants insouciants, d'attraper sa main de la manière la plus puérile qui soit, et de le tirer jusqu'au lit pour se plonger sous les draps. Eren ne protesta pas.
Du temps, cette nuit, il en avait.
