Bonjour tout le monde :) Je remercie beaucoup ma beta pour les corrections qu'elle fait x

Reviews :

.unpassant : MDR ne t'inquiète pas, Sebastian ne sera plus dans la fiction désormais.. Il a compris la leçon ;) Ouh la tricheuse! Non, je rigole, t'inquiète je peux comprendre :) Merci, c'est gentil!

.Brave Woodpecker : Kurt était très sexy ;) Merci, en tous cas, pour tes corrections ! C'est horrible pour Blaine :(

.Klaineuse : Je suis désolée mais les chapitres qui arrivent vont être horrible.. Super triste mais bon, ça va s'arranger ! Merci x

Chanson : I need you - M83


Blanketed in Darkness

« Kurt ? » Dit Burt pour la troisième fois, gagnant enfin son attention.

« Ouais ? » Dit-il d'une voix rauque, le premier mot qu'il avait dit de la journée.

« Qu'est-ce qui ne va pas, mon fils ? »

« Rien, » murmura-t-il.

« Kurt, c'est midi. Tu n'as pas bougé de cette place de toute la journée, et tu n'as même pas changé de vêtements. Maintenant, dis-moi ce qu'il se passe ? » Dit-il, inquiet, assis à côté de lui.

« Je ne peux pas te le dire, » dit-il simplement.

Burt soupira. « Est-ce que Blaine a fait quelque chose ? Il n'a rien essayé avec toi, n'est-ce- ? »

« Non ! » Dit Kurt sur la défensive. « Il ne voudrait pas me blesser comme ça. »

« Alors il a des problèmes avec la justice ? »

« Non, papa. Ça n'a rien à voir avec ça, d'accord ? » Dit Kurt fermement. « Il n'a rien fait de mal, il… » Il ferma ses yeux. « Je ne peux pas te le dire maintenant. Je ne lui en ai même pas encore parlé. »

Burt regarda son fils, touchant son épaule. « Donc, il ne t'a pas blessé ? » Kurt secoua la tête. « Et il n'a blessé personne d'autre ? »

« Non, » dit-il doucement. « Il vient aujourd'hui à la maison pour m'en parler. » Burt hocha la tête.

« D'accord. Tu veux que je te laisse seul ? » Dit Burt doucement.

Kurt secoua la tête. « Tu peux rester ? » Burt s'installa dans son siège, enroulant son bras autour des épaules de son fils.

« Ça va, Kurt, » assura-t-il. « Ça va aller. »

« Je ne sais pas, papa, » il respira. « Je ne sais vraiment pas. »


Neuf points de suture au-dessus de son œil et suffisamment de sommeil pour rattraper tout le sang qu'il avait perdu. Il avait été assez intelligent cette fois-ci pour demander une chirurgie plastique afin de ne pas avoir une vilaine cicatrice pour le restant de sa vie. Il y a quelques mois, il n'y aurait même pas pensé. Il devait être beau pour quelqu'un maintenant.

« Blaine- » Dr Alberts commença.

« Non. »

« Blaine, s'il te plaît, parle avec une assistante sociale. »

« J'ai déjà parlé avec des assistants sociaux, » gronda-t-il. « Personne ne fait rien. Personne n'aide, donc laissez-moi tranquille. » Il sortit, en colère, détestant toute son existence.

Il ne voulait pas parler de son père violent et de sa mère alcoolique. Surtout pas à Kurt. Il ne voulait pas voir ce doux visage dans la douleur. Il ne savait pas comment Kurt allait réagir quand il lui dirait.

Kurt méritait de savoir tout ce qu'il voulait. Pourquoi il agissait comme cela, pourquoi il était en colère contre tout et il ne voulait plus être comme cela. Mais, être un con était marrant la plupart du temps.

Rouler jusque chez Kurt était atroce. L'attente était ce qui le faisait le plus souffrir, juste tout lui dévoiler. Mais si Kurt le quittait à cause de ça ? S'il décidait que c'était trop dur à porter et qu'il ne voulait pas s'en occuper ? Il essaya de repousser ses pensées loin de son esprit, mais à chaque fois qu'il le faisait, il trouvait d'autres pensées encore plus douloureuses.

Il hésita à marcher jusqu'à la porte, mais il le fit. Il toqua, puis attendit pendant des secondes insoutenables que Kurt vienne ouvrir la porte. Ne me quitte pas, il pria en silence. S'il te plaît. Pas maintenant. Pas quand j'ai découvert à quel point j'ai besoin de toi.

« Qui est-ce ? » Une voix à travers la porte.

« C'est moi, bébé, » murmura-t-il.

Kurt sourit quand il ouvrit la porte, l'air épuisé. Sa tenue était si simple : juste un tee-shirt blanc à manches longues et un jean ample. Il était toujours la plus belle chose que Blaine ait jamais vu.

« Hey, » Kurt dit joyeusement. Blaine lui sourit en retour, cherchant immédiatement sa main, ayant besoin de quelqu'un pour avoir les pieds sur terre et être en sécurité.

« Hey, » dit-il. Kurt toucha son visage avec sa main libre, le touchant juste pour le toucher, et à vrai dire, pour voir son humeur.

Il eut le souffle coupé quand il sentit les points de suture, plaçant immédiatement sa main sur la joue de Blaine. « Blaine, qu'est-ce qui s'est passé ? »

« Il a jeté une bouteille de whisky sur mon visage, un morceau m'a coupé vers un œil, » marmonna-t-il. Kurt toucha ses lèvres, caressant sa peau. « Veux-tu parler ici, ou… ? »

« Non, » dit Kurt, sortant de ses pensées douloureuses. « Non, viens. »

Il l'emmena dans la pièce la plus proche, s'asseyant sur le canapé et refusant de lâcher la main de Blaine, à moins qu'il le veuille.

Il avait pris conscience des tremblements de Blaine depuis qu'ils avaient joint leurs mains, et ceux-ci ne faisaient qu'empirer.

Blaine déglutit, impossible de faire partir cette pierre qui était coincée. « Par quoi veux-tu que je commence ? » Murmura-t-il. Kurt sourit légèrement, serrant sa main et embrassant sa joue.

« Ce dont tu as envie. »


« J'ai fait mon coming-out à 14 ans. J'en avais marre de faire semblant d'être quelqu'un d'autre, de ces conversations gênantes avec mes amis sur la façon dont les filles nous excitaient, des rêves sexuels qu'on faisait, des trucs comme ça.

Je faisais des rêves sexuels, mais ils n'étaient pas du tout en rapport avec les filles. Non, les miens étaient sur des muscles et une peau chaude, des mains d'hommes me touchant, des bites touchant la mienne, dans mes mains, dans ma bouche et mon dieu, j'en avais tellement envie.

Désolé, désolé, je te mets mal à l'aise. En tous cas, j'avais des pulsions, mais pas pour les filles. Et je… je n'en pouvais plus.

Je me suis battu au moins douze fois la première semaine. Mes parents l'ont découvert par accident.

Quand je suis rentré chez moi… mon père m'a frappé jusqu'à ce que je ne puisse plus bouger. Il me criait dessus, m'insultait de tous les noms. Ma mère regardait. Elle était juste assise là à le regarder faire. Ce jour était la première fois qu'il m'avait attaché au lit avec des chaînes. Il en avait pris une du garage, l'avait enroulé autour de mon cou et l'avait verrouillée au lit. Je n'étais pas allé à l'école pendant deux semaines.

J'avais passé deux semaines à demander la permission pour aller pisser. Deux semaines à supplier pour de la nourriture. Je-je détestais ça. Il me frappait chaque fois qu'il revenait à la maison, m'entraînait hors du lit en plein milieu de la nuit et criait à mon visage. Il m'a même jeté au sol une fois. Il avait mis son genou dans le creux de mon bras et avait gardé une main autour de mon cou. Il avait sorti un couteau de sa poche et avec, avait tracé le mot pédé sur mon bras.

Il m'avait finalement laissé partir, mais les abus n'ont jamais cessé.

Il me frappe, surtout. Je ne me souviens pas de la dernière fois où il m'a appelé Blaine. Il m'appelle pédé, tapette, suceur de queue. Je ne sais pas combien de fois il m'a plus appelé pédé que fils. Ouais, j'ai un frère. Je me bats avec ma famille tout le temps. Tout. Le. Temps. Et je suis tellement fatigué, Kurt. Je suis tellement, tellement fatigué de me battre avec lui, avec tout le monde.

L'école est devenue de pire en pire. J'ai commencé à fumer cette année, après Noël. J'ai volé plus, juré plus, été suspendu plus, détentions, me battant avec toutes les personnes qui chuchotaient et regardaient dans ma direction.

Je me suis fait tabasser à un bal, une fois. Je ne suis pas allé à l'intérieur, je n'étais pas autorisé à aller aux fêtes ou les choses comme ça. Le gars avec qui j'étais, Jared, s'en foutait. Il aimait juste traîner avec moi. On est resté dehors, à fumer, à parler de choses et d'autres, rien de bien intéressant mais il m'aimait bien. Ses parents ne me dérangeaient pas vraiment non plus.

Il y en avait trois. J'avais dit à Jared de s'enfuir, que je m'en occuperais. Ils l'ont attrapé de toute façon. Ils nous ont tabassé, Jared et moi. Ils nous ont bien défoncé la gueule. Jamais je n'ai passé autant de temps à l'hôpital. Ils ont cassé presque tous les os de ma main, défoncé mon visage, cassé mes côtes et ma clavicule. L'un d'eux m'a poignardé dans l'estomac. Cet idiot d'enculé a loupé mes organes vitaux.

Oui, bébé, ça fait mal. Plus que tu ne peux le croire.

Kurt, j'ai fait beaucoup de choses stupides. J'ai fumé de l'herbe, j'avais l'habitude de prendre de l'héroïne pour que tout aille mieux, j'ai consommé de l'ecstasy pour faire disparaître mes sentiments. Avant que je te rencontre, j'allais à différentes fêtes tous les soirs, buvant tout ce que je pouvais boire, baisant n'importe quel beau garçon qui voulait de moi. Je vole, j'intimide les gens, je blesse les gens et pense que c'est marrant, je casse les fenêtres, j'entre dans des bagarres, je vais en détention et je déteste ça. Je hais chaque seconde de ma vie que je ne passe pas avec toi et je suis… je suis tellement désolé de ne pas être plus là pour toi, de ne pas être meilleur.

Merde, Kurt…

JE ME DETESTE !


Kurt entendit la voix de Blaine se casser, entendit ses inspirations tremblantes, et bien sûr quand il toucha son visage, sa joue état humide.

Grand, dur, effrayant, bagarreur, langue percée, et probablement tatoué, Blaine Anderson pleurait.

Kurt le prit dans ses bras avec précaution, le tenant. « Chut, » il l'apaisa. « Chut, chut, ça va. »

« Désolé, » déglutit-il, essayant de se dégager de l'étreinte. « Je suis désolé, je- »

« Ce n'est pas grave, » dit-il tendrement, le tenant fermement. « Chut… ». Il passa ses doigts dans ses boucles, les lissant. Ils restèrent sur le canapé. Tous les deux pleuraient, ensemble dans leur bulle. « Blaine, s'il te plaît… ne te déteste pas, ok ? »

« Pourquoi ? » cracha-t-il, le dégout de lui-même se ressentant dans ses paroles.

« Parce que tout le monde ne te déteste pas, » assura-t-il. « Je ne te déteste pas. »

« Tu ne me détestes pas ? » Demanda-t-il, le regardant, droit dans ses yeux qui ne pouvaient pas le voir.

« Non, » Kurt respira. « Je t'aime. » Il n'était pas sûr de vouloir le dire ou pas. C'était trop tôt pour dire ceci, beaucoup trop tôt. Mais c'était trop tard, c'était sorti maintenant. Blaine blêmit, haletant doucement, rougissant aussi.

« Tu m'aimes ? »

« Je suis désolé, » dit-il, se sentant stupide. « Je veux dire, je pense que je pourrais- je ne sais pas. » Il ferma ses yeux, rougissant. « Je tiens vraiment à toi, et je pense que je t- mais je n'aurais pas dû dire- »

« Kurt, » murmura Blaine, le coupant. Il se pencha vers lui, pressant un doux baiser sur ses lèvres. « Je pense que je t'aime aussi, même si c'est trop tôt pour le dire. » Ils s'embrassèrent langoureusement pendant un certain temps, Blaine pleurant encore en silence.

« Il faut faire quelque chose pour lui, » murmura Kurt. « Il doit y avoir quelqu'un à qui parler ou… ? »

« J'ai essayé, » marmonna Blaine. « J'ai essayé d'avoir de l'aide et ça n'a jamais fonctionné. Personne ne m'écoute. Dès qu'ils savent que je suis gay et que j'ai des problèmes, ils arrêtent de m'écouter, comme si c'était normal de souffrir parce que je suis gay. Personne ne m'écoute sauf toi. »

« Enfin, je n'avais pas le choix, hein ? » Taquina Kurt, essayant de le faire sourire. Cela marcha. Kurt toucha son visage, sentant l'angoisse dans les traits de son visage.

« Viens là. » Il le tint à nouveau. « Chut, je suis là. Ça va aller. Shh… » Blaine refusait de pleurer, refusait de causer encore plus de peine à Kurt, et s'il pleurait, Kurt pleurerait aussi. Il l'avait déjà assez fait pleurer.

« Je peux rester ici une minute ? » Demanda Blaine.

« Aussi longtemps que tu as besoin de moi, » murmura-t-il.

Les heures ont fini par passer. Aucun d'eux ne l'a remarqué ou n'a bougé. Kurt le tenait contre sa poitrine, l'embrassant doucement, de temps en temps.

« Tu m'aimes vraiment ? » Demanda Blaine.

« Je pense que c'est ça, » dit-il tendrement. « Je n'ai jamais ressenti ça pour personne d'autre avant. Rien qui n'a jamais été aussi fort ou… ou merveilleux. Donc oui, Blaine, je t'aime. »

« Je suppose qu'on est tombé amoureux très vite, n'est-ce pas ? » Il lui fit un sourire et Kurt sourit en retour. Ce Blaine, doux, adorable, et gentil Blaine. C'est ce qu'il voulait que le monde voit tous les jours. Son cœur, en captivité, abîmé, usé était aussi chaleureux, ouvert et prêt à recevoir de l'amour. Ayant besoin d'aimer, ou du moins être aimé.

Burt jeta un coup d'œil dans la chambre, regardant son fils, qui avait l'air terriblement triste, son nez rosé, les yeux mouillés de larmes. Blaine était dans le même état, recroquevillé contre Kurt, le tenant serré contre lui, toute grimace et colère disparu de son expression. Il ressemblait à… eh bien, un petit garçon effrayé. Il pouvait le voir trembler, d'ailleurs.

Il se retourna, prenant un moment pour les regarder, sachant qu'il devait y avoir quelque chose qu'il pouvait faire, mais il n'interviendrait pas tant que Kurt ne lui ait pas demandé.

« Hey, Blaine ? » Murmura Kurt.

« Ouais ? »

« Tu veux savoir comment j'ai perdu la vue ? » Dit-il timidement. Blaine leva les yeux vers lui, cherchant son expression.

« Si tu veux me le dire, » dit-il, ne mettant aucune pression.

Kurt prit une grande inspiration, lui serrant la main pour se rassurer. « J'avais huit ans, je rentrais à la maison avec ma mère en voiture. On venait juste de visiter le zoo et… et puis, on volait. Je pensais qu'on volait, bref. La voiture s'est retourné, tout bougeait si lentement. Puis, on a heurté le sol, et roulé, et roulé, et roulé. Je ne sais pas combien de fois avant que le tout dérape sur la route et percute quelque chose. »

« Je me souviens de mon mal de tête qui me faisait très mal, le verre tout autour de moi, le sang coulait de ma tête parce que j'étais à l'envers. Je criais. Je ne sais pas quand j'ai commencé, mais je criais. Il y avait du verre partout dans le sol. Et du sang. Tant de sang. Ma nouvelle peluche gorille était trempée dedans. »

« C'était le tien ? » Murmura Blaine, à peine audible.

« Non, » dit Kurt, tout aussi calme. « C'était celui de ma maman. Je lui criais dessus. 'Maman, il commence à faire sombre. Maman, pourquoi tu ne me réponds pas ? Il fait tout noir, Maman ! Au secours !' J'étais tellement perdu, et j'avais tellement peur. Et maman… Maman… Je pensais qu'elle me regardait pendant un instant. Mais elle ne regardait rien. Ma mère était morte. Elle était morte quand le conducteur ivre nous a heurté. Et a cassé son cou. La dernière chose que je me souviens avoir vu avant que tout devienne noir était ses yeux, ouverts et morts me fixant. Je n'ai rien vu depuis.

Mon père a dû faire face à tellement de choses à la fois. Une femme morte et un petit garçon aveugle. Quand il m'a porté pour la première fois, je l'ai supplié d'allumer les lumières parce que j'avais peur du noir. Il m'a bercé et m'a dit que tout irait bien même si ce n'était pas vrai.

Les premiers jours, j'ai refusé de le lâcher de peur de me perdre si je le lâchais. Il m'a dit que le noir ne ferait pas de mal, la lumière oui. Blessant mes yeux. Je devais porter des lunettes de soleil à l'extérieur tout le temps, je le fais toujours. Je suis allé dans des classes spéciales où ils m'ont appris le Braille, appris à mon père des choses à mettre dans la maison pour que je puisse me déplacer. Ils m'ont appris à être indépendant. C'est comme ça que j'arrive à aller au lycée. J'ai saisi tout très rapidement et j'ai réussi à être vraiment bon à l'écholocalisation. Pas beaucoup de gens peuvent faire ça. » Il prit une autre respiration, des larmes sur ses joues. « Voilà. C'est ce qu'il s'est passé. »

Ils n'étaient pas sûrs de qui étaient en train de tenir l'autre, maintenant. Blaine passa ses bras autour du cou de Kurt, frottant doucement son dos. « C'est pas grave que tu ne puisses pas voir. C'est bien. Tu es beau, tu es intelligent, tu es drôle. Tu es parfait, Kurt. Juste comme ça.

Kurt rigola légèrement, souriant tristement.

« Comment quelqu'un peut être parfait quand il est brisé ? » Il déglutit, essayant de ne pas trembler. Blaine secoua la tête, souriant et tenant son visage.

« Non, non, Kurt, tu n'es pas brisé. Tu es tellement mieux que le reste du monde. Tu es honnête, tu es vrai. Tu peux connaître les gens par ce qu'ils disent et font, pas par ce qu'ils ressemblent. Tu aimes les gens, pas les visages et… c'est ce qui te rend parfait, ce qui fait que tu es meilleur que n'importe qui d'autre. C'est ce qui t'as fait m'aimer alors que tout le monde me tournait le dos et j'aime ça. Je t'aime tellement pour m'avoir regardé et non jugé par mon apparence. » Il l'embrassa profondément, tenant toujours son visage. « Tu n'es pas cassé. Tu es un ange. »

Il le tenait, le berçant doucement.

« Blaine, je pense que mon père peut t'aider, » murmura-t-il.

« Que peut-il faire ? »

« Je ne sais pas, » dit-il honnêtement, « mais il est capable de faire les choses bien pour les personnes à qui il tient. »

« Il se fiche de moi, » railla-t-il. Kurt secoua la tête.

« Tu ne sais pas. »

Blaine le regarda, mordillant sa lèvre inférieure. « D'accord. Mais… mais pas aujourd'hui. Je ne peux pas aujourd'hui. » Kurt hocha la tête.

« C'est bon, » lui dit-il. « C'est tout à fait correct. »

Un moment de silence où ils en disent beaucoup plus qu'avec les mots, s'embrassant et se tenant dans les bras.

« Je dois y aller, » murmura Blaine, brisant finalement le silence.

« Reste, s'il te plaît, » supplia Kurt.

« Je ne peux pas, » dit-il, le serrant encore plus fort, souhaitant rester ici pour s'endormir dans les bras de Kurt, si chauds, doux et confortables, dans un monde si étranger au sien. Un monde heureux. Il pouvait prétendre qu'il était heureux ici. Il pouvait prétendre que le monstre dans sa maison n'existait pas. « Si je n'y vais pas, il va… » Kurt ferma ses yeux.

« S'il te plaît, dis-moi quand tu es chez toi. Dis-moi que tu vas bien, » supplia-t-il. Blaine hocha la tête, l'embrassant encore. « Je t'aime. »

« Je t'aime aussi, » dit-il, le cœur gonflé. « Je viendrais ici à quatorze heures demain, c'est bon ? »

« Parfait, » assura-t-il. Un dernier baiser. Il se leva, serrant sa main.

« Au revoir, Kurt. »

« Au revoir. »


(14:34) De : Kurt Où es-tu ?

(14:46) De : Kurt Il s'est passé quelque chose ?

(15:02) De : Kurt Blaine, tu as oublié ? Tu es en retard ? Qu'est-ce qu'il se passe ? S'il te plaît, parle-moi !

(15:06) De : Kurt S'il te plaît !

(15:14) De : Kurt Merde, Blaine, PARLE-MOI !

(15:18) De : Kurt Il t'a blessé ?

(16:01) De : Kurt Je viens te chercher. Attends, bébé, j'arrive.


Bouge. Bouge. S'il te plaît, quelque chose…

Non. C'est trop dur. Je ne peux pas. Je ne peux pas, c'est trop difficile.

Respire. Ça fait mal.

Ne peux pas parler.

Il y a trop de sang.

J'ai froid.

Kurt.

J'ai besoin de Kurt.

Respire. Cligne des yeux. Avale. La chaîne s'enfonce plus profondément dans ma gorge.

Le téléphone vibre à nouveau.

« K-Kuh-Kur… » La chaîne s'enfonce encore plus profondément.

Pleure. Toujours mal.


:'(