Merci à Jade181184 pour sa fidélité.
Une pensée pour les « privés de connexion » : )
Merci à Paige0703 pour son soutien inconditionnel
Bonne lecture !
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-« Michaëla Connors, 16 ans, fille de Mark et Patricia Connors, deux frères, elle est inscrite au lycée mais ne semble pas très assidue ces derniers temps. Ses notes s'en ressentent. Elle a déjà reçue une convocation devant le conseil de classe. »
Finch jeta un regard en coin à son partenaire. Il semblait particulièrement serein depuis son arrivée. Un vague sourire flottait sur ses lèvres. L'informaticien aurait donné beaucoup pour en connaître la raison…
-« En fait il semble que le problème vienne de lui » commenta t-il en désignant la photo d'un jeune homme que Reese identifia comme un cliché d'identité judiciaire.
Armon Alister, fiché comme trafiquant, arrêté à plusieurs reprises mais il était mineur. Il vient juste d'atteindre sa majorité.
-« Un jeune homme prometteur dans le domaine du crime » commenta Reese.
-« Je le crains. Il semble qu'il soit devenu le petit ami de Michaëla »
-« Avec de telles fréquentations pas étonnant que son numéro soit sorti » jugea l'ex agent.
-« Il faudrait la mettre en sécurité le temps de déterminer précisément la menace. Son petit ami ou les activités de ce dernier »
-« J'y vais Finch. Je vais l'intercepter à la sortie des cours si elle s'y trouve ».
-« Apparemment c'est le cas » l'informaticien se tourna vers son associé « soyez particulièrement prudent M Reese. Les trafiquants sont toujours des hommes dangereux » se justifia t-il
-« Tout homme muni d'une arme est un homme dangereux Finch » Ironisa Reese. « Je ferais attention » ajouta t-il redevenu sérieux devant le regard inquiet de son patron.
Arrivé devant le lycée il n'eut aucune peine à trouver leur numéro. Mais au moment où il se dirigeait vers elle pour l'intercepter une moto stoppa à sa hauteur. Elle enfila le casque que lui tendait le conducteur et le suivit sans hésitation.
-« Armon sans doute. Je les suis Finch »
L'informaticien ne répondit pas. Il était inquiet. Il avait un étrange pressentiment qu'il ne parvenait ni à expliquer, ni à chasser.
Sa nervosité grandit lorsqu'il entendit les paroles de son partenaire. John était garé devant l'immeuble qui devait servir de planque aux trafiquants et où Armon avait entrainé son amie, et la première chose qu'il remarqua fut la voiture de Fusco stationnée au coin de la rue.
Il fit un détour et s'avança discrètement vers le véhicule. L'inspecteur sursauta lorsqu'il se rendit compte d'une présence près de lui.
-« Salut Lionel. En plein travail ? »
-« Salut. Reste pas là, tu va nous faire repérer »
John contourna la voiture et pris place sur le siège passager.
-« Qu'es ce que tu fais ici ? T'as quelqu'un en vu ? »
-« La fille qui vient d'arriver en moto avec son copain »
-« Elle est mal inspirée ta cliente ! Tu sais qui est son copain ? »
-« Oui. Pas vraiment fréquentable »
-« Je ne te le fais pas dire. Bref j'ai eu une info comme quoi plusieurs chefs doivent de réunir à cette adresse à midi »
-« Et tu compte les arrêter pendant leur rendez vous ? »
-« T'as tout compris »
-« Tu va avoir besoin de renfort »
-« J'ai deux agents dans l'autre voiture là bas » ajouta Fusco en désignant une berline grise garée en contrebas et que John avait déjà repéré.
-« Je t'accompagne. Cela te fera un homme de plus »
-« Et ta couverture ? »
-« Tu trouveras bien » ironisa Reese
-« Ouais, enfin c'est pas de refus. Ils sont au moins six là dedans et surement bien armés »
-« Ils sont tous là ? »
-« Je pense que oui »
-« Alors allons-y »
-« C'est parti » grogna Fusco. Il donna le top aux deux autres agents et les quatre hommes se dirigèrent vers l'immeuble.
Finch sentit sa respiration se bloquer dans sa gorge mais il n'osa aucun commentaire pour ne pas déconcentrer son partenaire.
-« L'effet de surprise devrait nous servir » commenta Fusco.
L'un des agents se tourna vers Reese.
-« Vous n'avez pas de gilet ? J'en ai un autre dans le coffre »
John fronça les sourcils.
-« Trop tard pour aller le chercher » « et puis nous avons le bénéfice de la surprise » ajouta t-il en se tournant vers Fusco qui s'apprêtait à protester.
-« Inconscient » marmonna l'inspecteur.
Finch avait suivi la conversation. Son pressentiment grandit. Il se sentit au bord de la panique et tenta d'arrêter son agent :
-« M Reese vous devriez peut être…. » Commença t-il d'une voix urgente.
Mais il était trop tard, l'assaut avait commencé.
Finch entendit les échos de la fusillade, mortellement inquiet.
Tout cela lui parut durer des heures. Tendu à l'extrême, il s'efforçait de garder confiance.
« Tout ira bien. Dans un instant il reprendra l'appel pour me rassurer de cette voix chaude qui sait si bien calmer mes inquiétudes » se répétait-il.
Mais cette sensation bizarre ne le quittait pas, aggravant son stress.
Les coups de feu cessèrent enfin. Il perçut quelques gémissements puis il entendit Fusco jurer
-« Et merde John !, John réponds ! »
Finch sentit son sang se glacer dans ses veines comme ses pires craintes devenaient réalités.
-« Ici l'inspecteur Fusco, envoyez une ambulance d'urgence, plusieurs blessés, un grave, dépêchez vous nom de dieu ! »
Il y eu un bruit de tissu froissé et la voix de l'inspecteur résonna dans le portable de John.
-« Finch ? Vous êtes à l'écoute ? »
-« Oui inspecteur » répondit l'interpellé d'une voix étranglée qu'il ne reconnu même pas comme la sienne.
-« John est blessé, il perd beaucoup de sang. J'essaye d'arrêter l'hémorragie » Il eut un son étouffé puis ajouta « Je crois que c'est grave cette fois »
Finch se sentait complètement paralysé. Il articula difficilement.
-« Est-il conscient ? »
-« Non » répondit Fusco. « Ils vont l'emmener au général. Vous devriez y aller » ajouta Lionel.
Pas de réponse.
-« Finch vous êtes toujours là ? »
-« Oui. Je me mets en route immédiatement Inspecteur »
-« Il est solide Finch » tenta Fusco en percevant la détresse de son interlocuteur.
-« Merci inspecteur » répondit il machinalement.
Finch ne sut jamais comment il était arrivé jusqu'à l'hôpital, incapable de se rappeler du trajet et encore moins comment il l'avait fait. Il lui semblait que son corps était déconnecté de son esprit et son esprit lui-même ne tournait plus qu'avec une seule et unique pensée.
A l'accueil il s'occupa de l'admission sous un nom d'emprunt. Ce fut seulement lorsque la secrétaire lui demanda s'il y avait de la famille à prévenir qu'il songea à Emy. Il donna son numéro, incapable de l'appeler lui-même. Ignorant des événements qui avaient eu lieu le matin même.
Fusco apparu quelques minutes plus tard.
-« Ils l'ont emmené directement au bloc. La balle a perforé un poumon » annonça t-il. « Ca va aller vous ? » questionna t-il devant le visage livide de l'informaticien. Finch était au bord du malaise, réalisant la gravité de la situation.
-« Juste un instant » murmura t-il.
Fusco le fit assoir.
-« Je vais vous chercher un verre d'eau »
Lorsqu'il revint Finch le questionna. Les trafiquants avaient ouvert le feu dès leur entrée dans la pièce, sans une hésitation.
-« A croire qu'ils nous attendaient » commenta Fusco.
Il avait vu John s'interposer entre eux et la jeune fille qu'il voulait récupérer.
-« Il a pris la balle à sa place ».
Finch ferma les yeux « Nous finirons probablement mort » se rappela t-il. « Non pas lui » pria t-il « Pas maintenant »
-« La fille n'a rien, grâce à lui » commenta Fusco « Les médecins sont plutôt bons ici Finch » ajouta t-il en lui adressa un petit sourire qui se voulait rassurant mais n'était pas vraiment convaincant.
-« Merci de votre sollicitude Inspecteur »
-« Pas de quoi » marmonna Fusco cherchant à masquer son inquiétude pour ceux qu'il considérait désormais comme des amis. « Je vais devoir y aller pour le rapport. Je dois l'arranger un peu »
-« Je vous tiendrai au courant inspecteur »
Fusco s'éloigna d'un pas lourd, plus inquiet qu'il ne voulait le laisser paraître.
A cet instant Emy franchit les portes du sas. Elle jeta un regard perdu vers l'accueil puis aperçut Finch et se précipita vers lui
-« Monsieur Wren » commença t-elle d'une voix chargée d'angoisse.
Finch lui expliqua que John avait été pris dans une fusillade, « une balle perdue » précisa t-il en restant suffisamment évasif. Il lui répéta les informations qu'il tenait de l'inspecteur.
Elle s'assit près de lui, résignée à attendre. La conversation du matin et son ressentiment envers John déjà oublié.
Deux heures s'écoulèrent. Deux heures d'angoisse mortelle pour Finch.
OoooooooooO
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Le chirurgien pénétra dans la salle d'attente.
-« Les personnes pour John Riley ?
Harold et Emy se levèrent d'un même mouvement.
-« L'opération s'est bien déroulée vu la gravité de la blessure. Mais je ne peux encore rien garantir. Il faut attendre 48H pendant lesquelles peuvent survenir les complications. Ensuite je pourrais me prononcer »
Finch soupira de soulagement. Au moins il était vivant.
-« Peut-on le voir ? » questionna Emy.
Le chirurgien hésita.
-« Il va être sédaté » Il lu l'angoisse sur le visage des deux personnes devant lui.
-« Une seule personne » ajouta t-il finalement.
Finch recula d'un pas. Il devait favoriser Emy quelque soit la difficulté de cette décision.
Le chirurgien intervint :
-« En fait dans des cas aussi graves j'ai coutume de laisser entrer seulement la personne que le patient réclame en priorité auprès de lui ». « Je ne pense pas que ce soit vous » ajouta t-il en se tournant vers la jeune femme. Elle stoppa son élan vers la porte.
-« Qui demande t-il ? » murmura t-elle.
-« Il n'a prononcé qu'un seul nom depuis son admission : Harold »
Emy écarquilla les yeux et se tourna vers l'informaticien qui était resté figé à cette annonce.
-« Savez-vous de qui il s'agit ?» interrogea le médecin.
-« C'est moi » répondit Finch. Il fit un effort et ajouta en regardant Emy « Mais il vaudrait mieux… »
-« Non » l'interrompit-elle « C'est vous qu'il réclame. J'attendrais » ajouta t-elle en se détournant pour cacher sa déception.
-« Bien suivez-moi monsieur » intima le chirurgien « Vous n'aurez que deux minutes » rappela-t-il.
Finch entra dans la chambre. Il eut un mouvement de recul en voyant son partenaire allongé sur le lit, relié à une machine, tellement vulnérable, tellement différent de l'homme qu'il connaissait, qu'il aimait…
Il s'avança et saisit la main de John. A ce contact, celui-ci ouvrit péniblement les yeux, encore sous l'effet des anesthésiants, il chercha un instant à se reconnaître.
-« C'est moi John » murmura Finch.
Il sentit aussitôt la main de John se refermer sur la sienne, l'emprisonner.
-« Harold » souffla t'il.
Finch leva sa main libre et caressa doucement le front du blessé.
-« Ne vous fatiguez pas John. Tout ira bien. Vous allez guérir. Vous êtes fort et… »
-« Harold » l'interrompit Reese « Le docteur m'a prévenu » haleta t-il « Laissez moi parler »
Sa respiration était courte, il s'exprimait lentement hachant les phrases.
-« Je vous écoute » se résigna Finch.
-« Harold, vous devez savoir….je vous aime Harold….plus que tout…. plus que je n'ai jamais aimé avant »
Finch se figea, choqué.
-« Je devais vous le dire….si jamais… besoin que vous sachiez » souffla John à bout de forces.
Il ferma les yeux un instant, puis les rouvrit scrutant anxieusement le visage de son partenaire.
Finch sentit son cœur s'emballer, il lut l'interrogation dans les yeux de John et ses craintes aussi en attendant sa réponse. Il comprit que c'était le moment où jamais de laisser parler son cœur.
-« John, vous n'allez pas mourir. Vous ne le pouvez pas et je vous attendrai » murmura t-il.
Il se pencha vers John et posa un instant ses lèvres sur les siennes, tout doucement. Un baiser léger comme une plume mais si lourd de signification…
Il vit un intense soulagement sur le visage de son partenaire.
-« Harold » souffla John.
Finch sourit.
-« Je vous aime John. Battez-vous, guérissez, pour moi… »
-« Je le ferai » répondit l'ex agent dans un murmure.
Finch posa sa main libre sur leurs mains toujours enlacées, par ce geste il aurait voulu lui transmettre toute son énergie, toute sa force.
La porte s'ouvrit et le chirurgien entra.
-« Monsieur ? Vous devez partir maintenant. Vous pourrez revenir demain matin. Les visites commencent à 10H »
John fixa son partenaire d'un regard inquiet.
-« Tout ira bien John. Je ne serais jamais loin » le réconforta Finch en forçant un sourire. Le blessé parut rassuré et ferma les yeux. Il avait la meilleure des raisons de lutter à présent.
-« A bientôt John »
Il se tourna vers le médecin.
-« Faites le maximum docteur, et… » Il baissa la voix « prévenez-moi au moindre changement s'il vous plaît »
Le chirurgien hocha la tête. C'était au blessé de se battre maintenant.
L'informaticien sortit de la chambre et resta appuyé contre le mur du couloir quelques minutes. Il avait besoin de remettre ses idées en place. Les paroles de John tournaient dans sa tête, l'intensité de son regard l'obsédait. Il était sincère évidemment. Dans de pareilles circonstances, c'est le moment d'avouer tout ce qui vous tient à cœur.
Comment avait-il pu être aveugle à ce point ? Ne pas voir les sentiments de John? S'il avait pu imaginer un instant…Que de temps perdu !
Et puis il y avait Emy. Finch eu un sourire amer en songeant à tout ces encouragements prodigués à son agent pour le pousser dans les bras d'Emy, pour lui offrir une vie plus "normale". Il avait assimilé la froideur qu'il avait décelé chez John à de la réserve. Mais c'était sa façon de refuser, d'essayer de lui dire qu'il n'aimait pas Emy comme elle le voulait, et qu'il ne pourrait pas changer. Mais bien sur il n'avait pas osé avouer la vérité "et probablement pour les même raisons que moi, avec les même craintes. Je ne peux pas le blâmer puisque j'en ai fait autant" songea t-il.
Il repensa aux efforts que lui avait demandés chacune de ses paroles d'encouragement. Chaque fois il lui semblait que quelque chose se brisait en lui mais il avait agit pour le bonheur de John. Enfin c'est ce qu'il croyait…
Une infirmière s'approcha de lui.
-« Ca ne va pas Monsieur? »
Il se força à réagir.
-« Ca va merci. J'avais juste besoin de quelques instants »
Elle s'éloigna avec un regard compatissant et Finch se décida à regagner la salle d'attente.
Emy se précipita vers lui
-« Comment est-il? »
Finch regarda la jeune femme, elle était visiblement bouleversée et il se sentit extrêmement mal à l'aise.
-« Il faut rester optimiste, il est fort, il va se battre et tout ira bien » répondit-il.
-« Il vous a parlé de moi? »
-« Il n'a pas dit grand-chose » hésita Finch « il pouvait à peine parler ». Il s'en voulait de lui mentir, mais il lui était impossible de lui dire la vérité.
-« Je comprends » murmura-t-elle.
-« Vous devriez rentrer vous reposer. Nous serons avertis si un changement se produit ».
-« Oui vous avez raison. Nous ne pouvons qu'attendre. Merci Monsieur Wren ».
Il la regarda s'éloigner vers la sortie. La priorité était la guérison de John. Pour le reste il serait tant d'aviser plus tard.
