Chapitre 12 : Ce n'est que le commencement...
- Voilà, dit l'homme en posant la fiole sur la table de nuit.
- J'espère que ça fonctionnera, mais je reste perplexe et inquiet face à cette situation, répondit un homme plus vieux que le premier.
- Il y a de quoi! Ajouta une femme.
- Vous pensez qu'il faudra combien de temps pour qu'elle récupère? Demanda le premier homme.
- Pour qu'elle se repose, quelques heures; mais pour qu'elle guérisse totalement il lui faudra plusieurs semaines, elle a été brulée; j'espère que vous vous en rendez compte Albus. Répondit la jeune femme.
- Je le sais bien, ce que je ne sais pas c'est si je peux lui faire confiance maintenant!
- Voyons Albus! Je suis sûr qu'elle a une bonne explication, je ne l'ai jamais vu là-bas! Rétorqua le premier homme.
- Il a peut-être des mangemorts cachés qui lui font office d'espion; vous êtes bien placé pour le savoir… Rappela le directeur.
- Albus, c'est totalement absurde ! Miss Cort ne nous a jamais causé de problèmes; elle est tout sauf malhonnête! Rétorqua immédiatement le premier homme.
- J'espère que vous avez raison Severus… répondit Dumbledore.
- J'en suis certain, Miss Cort ne peut pas être avec eux… ajouta le professeur Rogue en regardant son élève.
- Pompom gardez tout de même un "il sur Miss Cort, répliqua Dumbledore qui sortit de l'infirmerie suivi quelques secondes après par Rogue.
Les rayons du soleil transperçaient les rideaux de l'infirmerie lorsque Jenny se réveilla, il devait déjà être au moins 10 h du matin. L'atmosphère qui régnait était douce et apaisante. Il n'y avait personne à part la jeune fille dans l'infirmerie. Jenny pouvait entendre les rires et discutions des élèves qui passaient près de l'infirmerie. Elle se releva et sentit une douleur à son bras gauche, sur lequel on avait appliqué un bandage. Jenny avait un mal de tête affreux et entendait toujours le son des sorts qui avaient été jetés dans la cour, les paroles froides et cruelles de Voldemort et les paroles douces et réconfortantes de Rogue. Rogue… la jeune fille n'arrivait toujours pas à croire ce qu'elle avait vu la nuit dernière. Elle ressentait une douleur de plus en plus grandissante à son bras gauche. En regardant autour d'elle la jeune fille aperçut des vêtements propres. Mais il n'y avait aucun mot, rien qui ne laissait paraitre qu'un élève ou amie était venue la voir; même pas Drago, est ce qu'ils savaient? Est-ce que toute l'école était au courant? Non, impossible, ce serait son pire cauchemar, elle imaginait d'ici la solitude et les méfiances si quelqu'un venait à savoir. Mais le secret n'était plus autant secret qu'avant, il y avait Rogue. Rogue savait, il l'avait vu. Jenny remarqua qu'il y avait une fiole posée sur la table de nuit. Elle reconnut l'écriture de son professeur de potion sur l'étiquette:Pour la douleur. Elle en but 2 gorgées puis vit madame Pomfresh qui regardait Jenny avec inquiétude.
- Miss Cort, le professeur Dumbledore vous veut dans son bureau dès que vous serez en capacité de marcher.
L'infirmière s'en alla aussitôt. Jenny se leva, elle enfila les habits propres et sortit de l'infirmerie. La jeune fille était très fatiguée mais ne voulait pas attendre plus longtemps pour faire face aux réactions de Dumbledore.
Jenny ouvrit la lourde porte qui donnait accès au bureau du directeur; elle y passa la tête. L'atmosphère qui y régnait était plus sombre que la dernière fois, pourtant il faisait jour.
- Ah Jenny; entre! Répondit anxieusement le directeur. Severus et moi nous t'attendions.
Jenny entra puis tourna son regard vers son professeur de potion. Le regard des deux Serpentards se croisèrent, à partir de ce moment ils ne se lâchèrent plus du regard. Jenny détourna le regard lorsque que le directeur de Poudlard se remit à parler.
- Tu n'ignores surement pas la raison de ta convocation ici.
- Elle est… évidente professeur, répondit Jenny la tête baissée n'osant pas regarder Dumbledore.
- Je veux tout savoir! Ordonna brutalement le directeur.
Le directeur n'avait jamais été aussi brutal et sec, ce qui ne rendait pas la tâche facile à la jeune Serpentard qui voulait verser des torrents de larmes, pourtant rien ne venait. Elle se contenta de relever la tête et raconta tout à Dumbledore. Toute l'histoire chez les Malfoy, le soir dans la forêt, ses rêves au Square Grimmaurd, ses douleurs tout ce qu'elle avait sur le c "ur et qu'elle pouvait lui dire. Elle raconta en détail tout ce qui s'était passé ce soir-là, le soir où elle avait fait face au seigneur des ténèbres une deuxième fois, elle raconta comment elle avait tenté de s'échapper, comment son professeur de potion lui avait sauvé la vie, elle raconta tout ce dont elle se souvenait avant de tomber dans l'inconscience, tout sauf le flot de souvenirs qui lui avait traversés l'esprit.
- C'est vraiment très étrange… finit par dire Dumbledore après quelques minutes de silence.
- Je vous assure que tout est vrai, répondit Jenny inquiète.
Dumbledore semblait réfléchir comme s'il prenait la décision la plus importante de sa vie. Jenny quant à elle était plus anxieuse que jamais. Qu'allait faire Dumbledore? L'envoyer à Azkaban? Ou pire, la renvoyer de Poudlard dans une famille d'accueil ou un orphelinat. Jenny préférait Azkaban que d'être renvoyée. Elle ne serait en sécurité que là-bas ou à Poudlard. Voldemort à des yeux partout il finirait vite par s'apercevoir qu'elle était encore en vie. Mais il est mort se répétait-elle, non impossible. Au fond d'elle Jenny souhaitait qu'il soit en vie, pour que ce soit elle qui le tue. Pour se venger de tout ce qu'il lui avait fait.
- Severus, allez me chercher du véritaserum. Ordonna Dumbledore.
- Albus, je doute que ce soit une bonne idée. Compléta Rogue.
- Maintenant ! répondit aussi sec le directeur.
Rogue sortit du bureau en toute hâte. Jenny regarda Dumbledore nerveuse, du véritaserum! Tout mais pas ça! S'il demandait à propos de choses personnelles… Jenny remarqua que Dumbledore avait posé une baguette sur son bureau, sa baguette. Elle observa sa baguette, la jeune Serpentard voulait la prendre et lancer un Oubliette sur tous les professeurs. Elle reprendrait sa vie normalement en vivant dans le secret. Le professeur se rendit compte que Jenny regardait sa baguette avec convoitise, il la rangea donc brusquement dans un tiroir et ne détourna plus son regard de la jeune fille. Jenny était plus que gênée, elle se déplaça vers les étagères ou étaient rangées plusieurs fioles de potion, elle les observa et tenta de les identifier pour se mettre dans une atmosphère plus… agréable. Le professeur Rogue entra alors dans la pièce avec un tout petit flacon à la main. Jenny reprit sa place devant le bureau de Dumbledore et se vit tendre le flacon par Rogue.
- Buvez-en deux gou…
- Buvez tout le flacon ! Ordonna le professeur Dumbledore qui s'était levé de derrière son bureau.
- Albus je me dois de protester Miss … rétorqua aussitôt Rogue.
Albus lança un regard noir qui fit s'envoler tout espoir de riposte à Rogue. Le directeur se tourna vers Jenny et lui ordonna de boire le flacon entier.
D'une main tremblante Jenny ouvrit le flacon et le but d'un coup. Aussitôt Jenny laissa tomber le flacon qui se brisa par terre, alors que la jeune fille tombait en arrière. Par chance elle trouva une chaise sur sa trajectoire qui avait été prise à la précipitation par Rogue. Il aida son élève à s'asseoir correctement sur la chaise alors qu'elle avait le regard perdu dans le vide.
- Comm… Comment avez-vous su? Demanda perturbé le directeur.
- Elle vient de vivre un choc physique et mental Albus, s'énerva le professeur de potion, et vous tout ce que vous trouvez à faire c'est lui faire avaler un flacon de véritaserum entier, vous vous attendiez à quoi?
- Jenny sais-tu qui je suis?
- Albus Dumbledore, répondit Jenny d'une voie vide de toute émotion.
- Raconte-moi comment tu t'es fait ça? demanda Dumbledore en désignant son bras gauche.
Jenny débita alors d'un coup et sans interruption comment la marque était apparue. Lorsqu'elle eut fini, Dumbledore s'appuya sur son bureau, sa main passa dans ses longs cheveux gris.
- Tenez prenez ceci c'est un antidote, dit doucement Rogue en tendant un flacon à son élève.
Jenny avala l'antidote et ne tarda pas à retrouver ses esprits. Elle vit son professeur qui était penché sur son bureau.
- Je vous avais dit que c'était la vérité.
Dumbledore sortit la baguette du tiroir et la donna à Jenny:
- Retournez à votre dortoir vous avez besoin de repos, ne vous en faites pas pour vos camarades, ils sont tous dehors, le bâtiment est désert.
- Merci professeur, répondit Jenny avec un sourire.
- Severus raccompagnez Jenny à son dortoir je vous prie.
- Albus je ne crois pas… commença le maître des potions.
- Severus je vous en prie, pas maintenant.
Le professeur de potion ouvrit donc la porte et laissa passer son élève, puis il la referma en esquivant un dernier regard vers Dumbledore, il imaginait déjà le pire…
Le couloir était sombre et semblait infini aux yeux du professeur de potion. L'atmosphère était lourde et pesante, Rogue semblait marcher dans le couloir qui le mènerait à sa perte. Le professeur marchait en ligne droite, tous ses muscles étaient crispés et tendus, il avait une boule qui lui dévorait l'estomac. En bref il était stressé. Il esquivait de temps à autre un regard vers Jenny, qui n'avait rien dit depuis tout à l'heure.
Après avoir parcouru plusieurs couloirs du château; Jenny dit enfin quelque chose:
- Je pense que vous me devez une explication professeur Rogue…
- Puis-je savoir pourquoi? Répondit le professeur avec sa froideur habituelle, ne savant pas trop comment réagir.
- Vous le savez très bien professeur.
Rogue s'était mis dans une sacrée situation, encore. Jenny s'arrêta, ils étaient arrivés devant le dortoir des Serpentards. Mais Jenny se rentra pas dans sa salle commune, elle s'adossa contre le mur.
- Je ne bougerai pas tant que je n'aurai pas eu une explication, commenta Jenny en défiant son professeur, je ne vous conseille pas de vous enfuir.
Le maître des cachots était coincé, il savait que s'il ne faisait pas face maintenant il ne ferait que remettre à plus tard l'inévitable. Mais que dire? Comment expliquer ça? Jenny croisa les bras et porta son regard sur les tableaux aux alentours, dans l'espoir de s'occuper en attendant une réponse. Rogue observa son élève tout en réfléchissant à quoi faire et quoi dire. Mais l'envie de passer sa main dans les cheveux de son élève ne l'aidait pas beaucoup. Cette élève était vraiment envoûtante, elle l'attirait comme un aimant. Il avait de plus en plus de mal à se contrôler, il voulait… " Ne fait pas ça!" résonna une voix dans sa tête. Mais Rogue n'y pouvait rien il était attiré, il se rapprocha de la jeune fille. " Severus, c'est une élève, il y a un règlement et tu n'y fais pas exception…" Mais rien à faire Rogue n'écoutait plus sa raison, qui possédait pourtant de bons arguments." Severus, tu pourrais être son père!" Le cerveau de Rogue lui criait de s'écarter et de trouver une excuse plausible mais son c "ur le suppliait d'arrêter de lutter. Rogue était maintenant à la distance limite entre un élève et un professeur lorsque sa raison lui lança un dernier ultimatum;" Severus, tu vas te détester…"
- Je sais, répondit Rogue à voix haute.
Jenny tourna la tête vers son professeur, et Rogue en profita; il l'embrassa. Un baiser doux et sincère. Jenny ne fit rien, son cerveau était submergé de pensées, questions et émotions qui l'empêchaient de réfléchir et de réagir. Rogue se détacha de son élève dans l'espoir de ne pas se prendre une gifle magistrale. Pour simple réponse Jenny répondit d'une voie tremblotante.
- Je dois réfléchir.
Puis la jeune Serpentard se réfugia dans son dortoir. Laissant, encore, son professeur en plein milieu du couloir.
C'était officiel il se détestait.
"Jenny, Jenny je… je peux entrer?" voici les mots qui tirèrent Jenny de son sommeil. Elle était tellement épuisée après tout ce qui s'était passé, elle s'était endormie sur son lit toute habillée. Elle se réveilla difficilement, Jenny ne voulait qu'une chose se rendormir, mais une voix la fit revenir à elle.
- Je peux repasser plus tard si tu veux.
- Non Drago, entre. Répondit Jenny à son ami.
Le jeune Serpentard poussa la porte lentement et entra en la refermant le plus doucement possible comme si le moindre bruit aurait fait s'écrouler le château. Le jeune Drago regardait son amie avec un regard inquiet.
- Est- ce que… est- ce que ça va ? Demanda-il.
- Oui bien sûr mais il ne fallait surtout pas que tu te déplaces à l'infirmerie pour me le demander là-bas. Répondit sèchement la jeune fille qui était un peu en colère contre son ami.
- J'aurais voulu mais Dumbledore a empêché quiconque, à part les professeurs, à aller te voir dans l'infirmerie. Il te gardait là-bas comme si tu étais dangereuse.
- Dangereuse? Est-ce que Dumbledore t'a dit quelque chose sur moi? Demanda anxieuse la jeune fille.
- Oui, il m'a dit de veiller sur toi jusqu'à ce que tu sois guérie. En parlant de ça, tu veux venir à la grande salle pour le dîner?
- Bien sûr.
Jenny se leva en utilisant toutes ses forces, à ce moment Mme Pomfresh entra dans la chambre.
- Miss Cort! Puis-je savoir où vous comptez aller?
- Manger dans la grande salle, répondit Jenny étonnée de cette question.
- Ah non, vous restez ici, vous êtes trop faible pour vous lever…
- Mais… rétorqua Drago
- Pas de mais monsieur Malfoy, je vous suggère de vous rendre dans la grande salle et de laisser votre amie se reposer.
Drago s'en alla en esquivant un faible geste à son amie. Mme Pomfresh changea le bandage de Jenny. La jeune fille en profita pour lui poser une question qui lui trottait dans la tête depuis quelques heures.
- Mme Pomfresh, que m'est-il arrivé au bras exactement?
- Votre peau a été brûlée. Répondit tout simplement l'infirmière qui ramassa ses affaires, prête à partir.
- Mais… c'est normal cette réaction? Demanda la jeune fille aux yeux d'émeraude.
- Je n'en sais rien miss Cort, demandez à quelqu'un d'expérience, je n'ai jamais eu le malheur d'en connaitre un personnellement.
Mme Pomfresh quitta les lieux. Jenny était dans de beaux draps, la seule personne d'expérience qu'elle connaissait et qui était dans la capacité de lui répondre venait de la mettre dans l'embarras il y a quelques heures de cela.
Le lendemain, c'était un samedi; Jenny ne descendit qu'à 10 h du matin dans la salle commune, retrouver Drago qui, comme à son habitude, était assis sur le canapé près de la cheminée. L'ami de la jeune fille reprit de ses nouvelles et s'assura que tout allait bien avant de lui poser la question fatidique.
- Finalement qu'est ce qui s'est passé dans le hangar à bateaux ?
- Je préfère oublier ce qui s'est passé Drago, tout ce que je peux te dire c'est qu'il était là.
- Qui "il" ? demanda le jeune garçon incrédule.
- La fée Carabosse, répondit ironiquement Jenny, mais enfin Drago tu veux que ce soit qui?!
- Alors tu l'as vu avant qu'il ne meure…
- A propos de ça, Drago est-ce que tu sais ce que l'on a fait de son corps?
- Il n'y avait pas de corps, répondit Drago.
- Comment ça?! demanda Jenny précipitamment ce qui lui fit perdre l'équilibre.
- Potter dit qu'il est parti en poussière, Jenny ça va? Demanda le jeune Serpentard en voyant son amie vaciller.
- C'est rien Drago je suis juste fatiguée, comme si on me prenait mon énergie magique, je crois que je vais aller me reposer encore un peu… répondit Jenny qui s'en alla d'un pas lourd jusqu'à sa chambre.
Drago ne revit plus Jenny de la journée. Mais il la vit le lendemain matin, elle descendit dans la salle commune puis demanda à Drago de la rejoindre dans sa chambre. Lorsque Drago fut à l'intérieur Jenny s'assit sur son lit, le sourire aux lèvres.
- Drago, commença la jeune fille avec excitation, cette nuit je l'ai vue, j'ai vu à quoi ressemblait ma mère.
- C'est génial Jenny, se réjouit Drago, décris la moi.
- Pas la peine, dit la jeune fille en prenant un cadre, j'ai utilisé un sort de fixation de souvenir et j'ai mis son visage en photo regarde.
Dans le cadre se trouvait une femme souriante d'une quarantaine d'années, c'était une des rares photos que Drago avait vu en couleur, les yeux de la femme étaient pétillants et d'un vert brillant quant à ses cheveux ils étaient roux et épais, ils lui tombaient sur les épaules…
Elle était très belle.
