Salut! Et oui, me revoilà avec un nouveau chapitre (non vérifié par ma béta...) :)


Turn Off The Dark

Kurt ne parla plus de la journée. Il était assis à l'autre bout du canapé, touchant les branches de l'arbre de Noël, un petit objet caché dans sa main. Blaine était assis en face de lui, le regardant, essayant de se concentrer sur la décoration de l'arbre, appréciant ce que Finn, Burt et Carole étaient en train de faire, mais... mais rien qu'en voyant les yeux de Kurt... Ses yeux étaient ailleurs. Ils étaient constamment remplis de larmes, le nez rose. De temps en temps, Kurt pressait l'objet dans sa main, ses lèvres tremblaient et il prenait une grande inspiration, la serrant pendant une longue période, puis la relâchant.

Et Blaine continuait à observer Kurt, prêt à accourir en cas de besoin.

« Tu es sûr que tu ne veux pas nous aider à décorer, chéri ? » Demanda Carole, la peine cachée derrière son sourire. Il lui sourit, ou fit de son mieux pour sourire à travers sa tristesse déchirante.

« Non, merci. Ce n'est pas vraiment une bonne idée de laisser l'aveugle décorer l'arbre, » rit-il tristement. Il pressa de nouveau son objet dans sa main, sa voix sortant dans un murmure tendu. « J'aimerais mettre ça quand vous aurez tous fini. Juste ça. » Kurt déglutit, sa tête baissée sur ses mains, laissant les chants de Noël remplir doucement la pièce.

Burt donna un signe à Carole pour continuer. Kurt ne se souciait pas de ce genre d'attention, ne voulait pas que les gens se préoccupent de lui et de ses problèmes.

Blaine se battait contre lui-même pour ne pas prendre Kurt dans ses bras et l'embrasser jusqu'à ce que tout aille bien. Il souhaitait qu'un seul toucher puisse faire ça. Blaine se demandait comment les choses auraient été si Kurt et sa mère n'aurait jamais eu cet accident de voiture. Si Kurt et sa mère était là avec Burt, souriant et riant. Kurt serait en mesure de voir les lumières et l'arbre, de voir son père vieillir, de voir à quel point il était beau, il serait capable de voir ça. Et avec sa mère, dont Kurt lui avait raconté un tas d'histoires, la plus douce, belle et aimable femme que personne n'avait jamais connu... Il serait tellement heureux.

Carole et Finn ne seraient pas là. Carole n'aurait pas pu être aussi heureuse. Finn n'aurait pas eu de père. Et pour Blaine... Il serait mort si cet ange n'était pas rentré dans sa vie. Mais cela lui convenait. Il aurait donné sa vie pour que Kurt soit heureux. Il soupira lentement, sachant que souhaiter ceci ne l'aiderait pas, rien ne pourrait l'aider.

Sans un mot, Kurt tendit la main, prenant celle de Blaine dans la sienne, comme s'il avait entendu ses pensées, ou sentit son malaise. Blaine le fixa, regardant le petit sourire qu'il lui offrit, essayant toujours de le mettre à l'aise quand il n'était pas bien. Le bouclé serra sa main avant de se lever, les doigts toujours liés ensemble. « Je vais me prendre à boire. Tu veux quelque chose ? » Demanda-t-il. Kurt secoua sa tête, toujours aussi misérable.

« Non, ça va. » Encore un autre faux-sourire. Aucune étincelle ou aperçu de bonheur derrière ses yeux. Ceci faillit briser le cœur de Blaine.

« Ok, bébé. » Il embrassa son front avant de s'en aller. Il tourna au coin, hors de vue, au pied de l'escalier et agrippa la rampe, soudainement emporté par toutes les émotions qu'il gardait au fond de lui. Ses yeux se fermèrent, ses lèvres pliées, les larmes coulant sur ses joues. Son corps secoué de sanglots silencieux, saisissant la rampe si fortement qu'il eut mal aux mains. Il renifla, n'entendant pas les pas de Burt derrière lui.

Le vieil homme le retourna doucement, enlevant ses doigts de la rampe, et le prit dans ses bras fortement. Blaine enfouit son visage dans sa chemise, pleurant à chaudes larmes, toujours discrètement pour ne pas que Kurt entende.

« Je-je- » Bégaya-t-il. Burt secoua la tête.

« Ne me dis rien. Juste laisse-toi aller, mon gars. »


Kurt souria à chaque personne qui allait se coucher, son esprit trop occupé pour aller dormir. Burt tapota sa joue, Carole son épaule. Finn hurla un "bonne nuit" en plein milieu des escaliers et Blaine...

Blaine resta éveillé le plus tard que son corps lui permettait avant de se lever. « Bonne nuit, bébé, » chuchota-t-il, regardant son visage comme sorte de repère. Kurt lui sourit légèrement, tendant sa main libre pour le toucher. Blaine la prit, se penchant pour le prendre dans ses bras. Kurt accepta le câlin, reposant sa joue contre son épaule. « S'il te plaît, essaye de dormir un peu. »

« Oui, » il respira. « Il y a juste quelque chose que je veux faire avant. Seul. » Blaine hocha la tête, tenant la tête de Kurt pendant un moment.

« Kurt… Kurt, est-ce que tu te sens un peu mieux ? »

« J'essaye. Ne t'inquiète pas trop pour moi, » murmura-t-il. Blaine secoua la tête, riant tristement.

« C'est comme ça, chéri, je dois m'inquiéter pour toi. » Il posa un doux baiser sur son front, caressant sa joue avant de s'en aller.

Kurt prit une grande respiration dès qu'il fut seul. Il ouvrit sa main tenant l'ornement, passant ses doigts dessus, le schématisant dans sa tête.

Dans les quelques images qui lui restaient dans son esprit, il vit cette figurine : une mère avec des ailes tenant un enfant, les mots « Mon Premier Noël » gravé en bas de sa robe blanche. Il vit les boucles de ses cheveux, les traits de son visage.

« Qu'est-ce qui ne va pas chez toi ? » Cracha-t-il à lui-même. « C'est quoi ton problème ? Elle est partie. Elle n'est plus là. Elle ne peut pas t'aider. » Il renifla, se levant. Il mit soigneusement l'ornement sur l'arbre, sentant d'autres objets autour de lui avant de le mettre à sa place. Il respira profondément, retombant sur le canapé. Il laissa retomber sa tête, respirant lentement.

« NON ! NO-NON, S'IL TE PLAÎT, S'IL TE PLAÎT ! »

« Ferme ta gueule maintenant, salope. Je vais te tuer. »

Il secoua la tête, la respiration tremblante. Des échos blancs et chauds traversèrent son corps, envoyant des frissons dans le dos. Il se mordit la lèvre, la colère bouillonnant dans son ventre.

Pourquoi ? Pourquoi il m'a fait ça ? QU'EST-CE QUI LUI A DONNE LE DROIT DE ME TOUCHER ? PARCE QUE JE SUIS GAY ? PARCE QU'IL L'EST ET QUE JE SUIS LE SEUL DANS LE COIN ? QU'EST-CE QUE J'AI FAIT DE MAL ?

Il frappa son poing dans le coussin avant de se frotter le visage. « Merde ! » Cracha-t-il. Il ne savait pas quoi faire. Il se sentait seul, laid et stupide. Blaine n'a pas besoin de ça. Blaine n'a pas besoin de s'inquiéter de ses problèmes mentaux. Ce n'est pas comme si en réalité il…

Il monta les escaliers, pas du tout fatigué mais ayant besoin de quelque chose pour s'occuper.

Quand il arriva dans sa chambre, il n'eut aucune idée de quoi faire. Il soupira, tombant sur le sol, tirant un coffre d'en-dessous de son lit et l'ouvrant. Il fouilla à travers les tissus, sachant à quel point ils devaient être bien rangés.

Il ne sut combien de temps passa. Il ordonna les piles par taille, texture, ce n'est pas comme si tu pouvais les ranger par couleur, n'est-ce pas ?

« Kurt ? » Une voix somnolente s'exclama de la porte. « Bébé, qu'est-ce que tu fais debout à cette heure-ci ? »

« Je ne suis pas fatigué, » dit-il rapidement, toujours occupé. « Va au lit, Blaine. »

« Kurt- »

« Vas-y, » demanda Kurt. Il rentra quand même dans la chambre, s'asseyant à côté de lui.

« Kurt, ça ne va pas s'arranger si tu continues à tout garder en toi ou te déchaîner sur ses habits, » dit-il doucement.

« Ça me va pour le moment, » sa voix était plate. « Maintenant, laisse-moi tranquille. Va-t'en. »

« Non, » dit Blaine fermement. « Pas tant que tu ne m'aies pas parlé de ça, que tu ne m'aies pas parlé de quelque chose. Ton père est très inquiet- »

« Ce n'est pas parce que je ne peux pas voir que je ne sais pas ça, putain ! » Blaine se redressa, les yeux fixés sur lui. « Sors de ma chambre, Blaine. »

« Non. »

Il jeta les tissus, les yeux enragés. « Dégage, Blaine. »

« Tu ne veux pas que je parte, » dit-il. « Je sais que tu ne veux pas. »

« Alors, qu'est-ce que je suis en train de te demander ? » Cracha Kurt. « Casse-toi de ma putain de chambre. »

« Je ne vais nulle part, merde ! » Il prit ses mains, le forçant d'arrêter son travail et de l'écouter. « Maintenant, écoute-moi, Kurt, laisse-moi t'aider. Ouvre-toi à moi. »

Kurt s'éloigna de lui, se mettant debout. « Qu'est-ce que tu vas me dire, Blaine ? » Murmura-t-il durement. « Tu vas me dire que ce n'était pas de ma faute ? Tu vas me dire que je ne devrais pas me sentir si stupide ? Que je ne devrais pas être en colère contre moi et David ? Que je ne devrais pas vouloir m'arracher le visage ? Tu vas me dire que je ne devrais pas être effrayé à chaque fois que je me retourne parce que tu es là pour me protéger ? » Ses poings serrés, les joues rouges.

« Je peux être tout ce que tu veux que je sois, Kurt, » dit-il sincèrement, ferme mais vulnérable en même temps.

« Je veux que tu me laisses tranquille ! »

« C'est la seule chose que je ne peux pas faire. Toi et moi savons très bien ce qu'il se passera si je te laisse gérer ça par toi-même. »

« Tu ne me connais pas, Blaine ! » Cria-t-il. « On se connait depuis combien de temps ? Hein ? Tu ne connais rien de moi. Même pas autant que tu le penses. Dégage de ma chambre et laisse-moi tranquille. Si j'avais besoin de ton aide, je t'aurais demandé ! »

« Tu me repousses parce que tu as peur, » déclara Blaine tranquillement. « Je sais que tu as peur parce que tu as un tic à ton œil gauche et que tu dois pousser ta voix pour faire du bruit. Je sais que tu es en colère contre moi, aussi, parce que tes lèvres deviennent tendues et tu avances ta mâchoire. » Il s'avança près de lui. « Je sais que tu t'assoies et t'imagines chantant toutes les chansons de ton iPod parce que tu es une grande star. Je sais que tu danses dans la douche. Je sais que ça te met quelque fois en colère de ne pas pouvoir voir les vêtements que tu portes parce qu'ils pourraient ne pas être aussi parfait que tu le voudrais. Je sais que tu fais attention à ton teint et ton poids à cause d'un commentaire qu'a fait Coach Sylvester l'année dernière. Je sais que ta couleur préférée est lavande. Je sais que secrètement tu aimes Titanic même si tu le critiques beaucoup. Je sais que tu détestes le citron. Tu tires la langue quand tu es concentré, tu es mauvais quand tu es trop énervé et quand tu te bats, tu te bats pour blesser. »

Il prit une grande inspiration, tenant les coudes de Kurt dans ses mains. « Tu ne veux pas être triste ou bouleversé auprès de ton père parce qu'il s'inquiéterait. Tu ne veux pas qu'il s'inquiète parce que tu as peur pour son cœur. Quoique tu fasses ou que tu veuilles, tu feras toujours ce qui est bon pour lui. Quand tu aimes, tu aimes de tout ton cœur. Tu as le cœur le plus pur et tu ne veux pas l'admettre parce que tu penses que tu es trop énervé pour être une bonne personne.

« Je sais que tu ne bois pas de thé le matin. Je sais que tu n'aimes pas les donuts ou jus de pomme. Quand tu flirtes, tes fossettes apparaissent quand tu souris. Je sais que tu portes seulement des pulls quand tu es triste. » Il regarda le pull sur sa taille. « Je sais que tu me repousses parce que tu ne sais pas ce qu'il se passerait si tu t'ouvrais, et ne pas avoir le contrôle te terrifies. Je sais que tu veux t'effondrer sur ton lit et pleurer jusqu'à t'endormir sans que je te vois ou t'entendes parce que tu penses que tu es moche quand tu pleures et que cela fait de toi un bébé. » Il toucha gentiment sa joue.

« Je te connais, Kurt. Et je sais que si je te laisse pleurer jusqu'à t'endormir, si je te laisse assis là et mijoter par rapport à ça, si je te laisse me rejeter, tu le regrettas toute ta vie. Tu sais comment je sais ça? » Kurt secoua la tête. « Etre fâché comme tu l'es, vouloir taper dans des objets et crier sur les gens de te laisser seul pour qu'ils oublient ta peine, c'est exactement ce que je faisais avant. »

Les lèvres de Kurt tremblèrent, les larmes coulant le long de ses joues, ses propres mains s'agrippant au tee-shirt de Blaine. « Vraiment ? »

« Ouais, » il respira. « Je te connais, Kurt. Et je sais à quoi ça ressemble quand quelqu'un se déteste et essaye de se détruire de l'intérieur. Laisse-moi t'aider comme tu m'as aidé, bébé. »

Kurt se pressa contre le toucher de Blaine, embrassant sa paume ouverte, la respiration saccadée. Il tenait délicatement le cou de Blaine, le rapprochant, l'embrassant profondément. Blaine attrapa ses lèvres, ses bras s'enroulant autour de sa taille, le tenant dans une étreinte protectrice. « Je t'aime. »

« Je t'aime aussi, » murmura Kurt. « Et je vais aller mieux. Un jour. »

« Je sais que tu y arriveras. »


Voilà! Plus que 4 chapitres... :'(

A très bientôt!