Bonjour! Avec beaucoup de retard, voici le chapitre 28 (plus que 2 chapitres :'((() ! Merci à tous3

CeliaCom7: Coucou! Oui, mais malheureusement il est toujours mal... Peut-être que Kurt a aussi besoin d'être seul pour réfléchir :/ Merci pour ta review :) XX

Bonne lecture :)


The Light is Fading

« Si tu as besoin de quoique ce soit, tu m'envoies un message, ok ? » Dit Blaine, debout à côté de Kurt à son casier.

« Ça va aller, » il hocha la tête, le cœur battant fortement dans sa poitrine et priant pour que Blaine ne s'en aperçoive pas. Il entassa ses affaires dans son sac, n'étant pas impatient que la cloche sonne et que Blaine doive le laisser. « Et si j'ai besoin de toi, je te le dirais. »

« Kurt, bébé, » dit Blaine gentiment, une main sur son épaule. Il prit une inspiration, l'avalant. La cloche sonna, le coupant dans ses mots. Kurt grimaça, se penchant pour embrasser la joue de Blaine.

« Je te vois au Glee Club, chéri, » dit Kurt à voix basse, une main sur le mur alors qu'il marchait le long du couloir.

Blaine le regarda partir, peiné, souhaitant pouvoir faire quelque chose pour l'aider. Mais Kurt était... était Kurt. Il secoua la tête, frappant les casiers de son poing, frustré de lui-même et de cette situation. « Fils de pute. »

Il leva le visage vers sa silhouette, le regardant entrer dans sa classe, tout le monde le suivait du regard, des murmures, des chuchotements et rumeurs se répandant rapidement. Le feu se déclencha et bouillonna dans son estomac, la rage débordant avant qu'il ait eu le temps de comprendre.

Il se retourna, partant rapidement vers sa classe avant d'arracher la tête de quelqu'un.


Kurt n'alla pas en cours. Il avait réussi à obtenir une journée à lui tout seul. Il avait passé la majorité de son temps à battre un sac de boxe, laissant la colère s'évaporer de son esprit jusque dans ses poings, le tapant encore et encore.

Blaine avait montré à Kurt comment se battre il y a quelques temps, après qu'il ait arrêté ses pleurs incessants et s'était décidé à faire quelque chose de sa situation plutôt que de rester une victime. Le bouclé lui avait appris à frapper, comment mettre de la puissance dans chaque coup tout en économisant son énergie.

Kurt ne savait pas d'où lui venait toute cette énergie mais il ne baissa pas la cadence, et il frappait depuis des heures. Il pensait à la façon dont il avait été touché sans son consentement, la façon dont les médecins avaient demandé si son agression ne venait pas de son orientation sexuelle, quand les policiers avaient failli embarquer Blaine après l'avoir sauvé, la façon dont Rachel le poussait pour lui parler de ce qu'il s'était passé, pour y penser, essayer et lui dire qu'elle comprenait. Comment pouvait-elle ? Comment pouvait-elle savoir ce que cela faisait ?

Elle n'avait jamais été comme ça. Elle ne s'était jamais sentie comme ça et dire qu'elle comprenait lui donnait envie de la frapper. Ou s'en aller. Ce qu'il faisait. Il avait demandé à sortir de la classe d'histoire, loin de Rachel et des yeux qui le jugeaient, des rumeurs qui avaient été dites à travers Facebook et mijotées pendant les vacances de Noël.

Il était venu ici, juste à quelques pas de l'endroit où il avait été agressé. Il ne savait pas pourquoi, ce qui avait pu se passer dans sa tête pour qu'il vienne à cet endroit. Il trouva le coin contre lequel il avait été appuyé, entendant ses propres mots et ceux de David, les fantômes de la peine et de la peur transpercèrent ses os, lui rappelant chaque seconde de l'agression.

Et il se mit en colère. Il avait pratiquement crié et maltraité ce sac qu'il tapait, et il n'avait pas cessé depuis. Il était resté dans son T-shirt, le reste de ses vêtements jeté loin sur le banc à proximité, en sueur et ne s'en souciant pas pour la première fois de son existence.

Il ne savait pas combien de temps il avait passé ici, combien de fois il était tombé contre le sac de frappe pour reprendre son souffle ou essuyer ses larmes de colère avec un tel dégoût de soi, combien de quantité d'eau il avait bu pour ne pas s'évanouir, mais peu importe la rage dans laquelle il était, Kurt sursauta quand quelqu'un parla.

« Kurt ? » Il se retourna, blessé, à vif, les mains fortement serrées. « Doucement, cow-boy, ça va, » dit Coach Beiste, sortant de son bureau. « Tu vas bien, gamin ? » Il secoua la tête, essuyant son visage.

« Non, » marmonna-t-il. « Non, ça ne va pas. Je pensais que ça irait mieux après tout ce temps et je suis de retour à l'école mais je ne vais pas bien. » Elle hocha la tête, appuyé contre le mur à côté de lui.

« Eh bien, M. Schuester te cherche. Blaine aussi. Williamm'a même envoyé un mail pour me demander si je savais où tu étais, » expliqua-t-elle.

« Merde, le glee club, » grogna-t-il, se hâtant de prendre ses affaires.

« Hey, c'est pas grave, » dit Shannon, le calmant. « Il m'a juste demandé que tu le rejoignes à l'auditorium. Il a dit qu'il avait peut-être quelque chose qui t'aiderait à aller mieux. »


« Je suis désolé, M. Schue, je- »

« C'est pas grave, » assura-t-il. « On était juste inquiets, c'est tout. »

Kurt écouta, ne sentant aucune autre forme de vie dans cette pièce. Il fronça les sourcils. « Où sont les autres ? »

« Dans la salle de répétition, » dit-il, « Répétant notre nouveau numéro pour les régionales. »

« Je devrais être là-bas, avec eux, non ? » Demanda-t-il, honteux, épuisé.

« Je pense qu'il y a quelque chose que tu devrais faire avant, simple suggestion. » Le professeur alla sur la scène avec lui, se tenant au centre, les lumières estompées afin de ne pas blesser ses yeux. Kurt les entendait bourdonner au loin, un peu de leur chaleur effleurant son visage.

« Chante, Kurt. Tout ce que tu veux, aussi fort que tu veux, aussi longtemps que tu veux. Cet endroit est le tien, d'accord ? Chante jusqu'à ce que la répétition soit finie, ne chante pas du tout, fais comme bon te semble. Mais je pense que ça peut t'aider à te sentir mieux. » Il tapota gentiment l'épaule de son élève, s'éloignant tranquillement.

Kurt attendit que les pas disparaissent et que le seul son restant soit les lumières et le ronronnement des aérations. Il soupira, se baissant lentement à genoux, assis en silence pendant un certain temps. Il ferma les yeux, des larmes chaudes les remplissant, les lèvres séparées. Et il chanta.

« There was a time when men were kind. When their voices were soft. And their words inviting, (Il fut un temps où les hommes étaient bons. Où leurs voix étaient douces. Et leurs paroles étaient agréables)» il renifla, pensant à ce qu'il avait vécu avant que ça arrive, comment Blaine lui donnait le sourire et faisait battre son cœur. « There was a time when love was blind. And the world was a song. And the song was exciting (Il fut un temps où l'amour était aveugle. Et le monde était une chanson. Dont la mélodie était envoûtante.)» Il déglutit. « There was a time. But then it all went wrong. (Il fut un temps... Puis tout a changé.)»

Une larme coula sur son visage.

« I dreamed a dream in time gone by. When hope was high and life worth living. I dreamed that love, would never die… I dreamed that God would be forgiving.(J'ai fais un rêve il y a quelque temps. Quand l'espoir était permis. Et la vie valait la peine d'être vécue. J'ai rêvé que l'amour ne mourrait jamais. J'ai rêvé que Dieu serait tolérant.)»

Il sourit tristement. « Then I was young and unafraid. And dreams were meant to be used and wasted. There was no ransom to be paid, no song unsung, no wine untasted. (Et qu'alors j'étais jeune et insouciant. Et que les rêves étaient insensés et faits pour être vécus. Il n'y avait aucun compte à rendre. Pas une chanson méconnue. Pas un vin inentamé.) » Il baissa la tête, les mains repliées sur ses genoux, priant pour quelque chose, la poitrine crispée. « But the tigers come at night. With their voices soft as thunder. As they tear your hope apart... (Mais les loups ont surgi de la nuit. Poussant leur hurlement discret comme le tonnerre. Tandis qu'ils anéantissent tout votre espoir.) » Sa gorge se serra. « As they turn your dreams to shame… (Et font de vos rêves des cauchemars) »

Il se leva, les poings serrés, hurlant la note pratiquement à tout l'univers. Si fort qu'il n'entendit pas les pas légers s'approchant de lui.

« But there are dreams that cannot be! And there are storms we cannot weather! (Mais certains rêves sont inexhaustibles. Et certains orages ne peuvent être prévus.) » Des larmes coulaient sans qu'il s'en rende compte, le souffle coupé, seulement le reste de sa colère et de son désespoir s'échappant. « I had a dream my life would be… (J'ai rêvé que ma vie serait...) » Tout ce qu'il voulait, c'était d'être normal, de voir le soleil de nouveau, son père, les fleurs. Blaine. « So different from this hell I'm living! So different now than what it seems! (Bien différente de l'enfer que j'endure ! Si différente de ce qu'elle est à présent !) » Il s'arrêta, respirant difficilement, reniflant et pleurant. Blaine monta sur scène, le regardant. Kurt tomba encore, sanglotant doucement. « Oh. Life has killed the dream I dreamed… (La vie a tué ce rêve que j'avais fait...) »

Blaine essuya ses yeux, regardant Kurt pleurer, le cœur battant très fort. Il se racla la gorge, réussissant à sourire. « In my life, there are so many questions and answers that somehow seem wrong. (Dans ma vie, il y a tant de questions et de réponses qui quelque part semblent fausses.)» Kurt leva les yeux, surpris par la présence soudaine. Blaine s'avança vers lui, voyant le petit sourire sur son visage. « In my life, there are times when I catch the silence, the sigh of a faraway song. And it sings of a world I long to see. Just a whisper away out of reach. Waiting for me. (Dans ma vie, il y a des moments où j'attrape le silence, le soupir lointain d'une chanson. Une chanson d'un monde qu'il me tarde de voir. Juste un murmure hors de portée. M'attendant.) » Il s'approcha de lui, mordillant ses lèvres, espérant que ça marche. « Does he know I'm alive? Do I know if he's real? Does he see what I saw, does he feel how I feel? (Est-ce qu'il sait que je suis en vie ? Est-ce que je sais moi-même s'il est réel ? Voit-il ce que j'ai vu, ressent-il ce que je ressens ?) »

Kurt se mit debout, essuyant ses joues, souriant, chantant l'autre partie du duo. « I don't know what to say. (Je ne sais pas quoi dire.) »

Blaine lui prit les mains. « Then make no sound. (Alors ne fais pas de bruit.)»

« I am lost, (Je suis perdu,) » rougit-il.

« I am found. (Je suis trouvé) »

« A heart full of love, (Un coeur remplit d'amour,)» il tint son visage, effleurant sa légère barbe tandis que Blaine tenait sa taille.

« A heart full of you. (Un coeur remplit de toi.) »

« A single look and then I knew. (Un seul regard et j'ai su.) »

« I knew it too. (J'ai su aussi.) »

« From today. (Depuis ce jour.)»

« Every day, (Chaque jour,)» Blaine appuya son front contre le sien, le tenant fermement contre lui, sentant les larmes accrochées à ses cils, le cœur battant pendant que cette belle créature chantait avec lui.

« For it is not a dream. Not a dream after all…(Pour ça, ça n'est pas un rêve. Pas un rêve après tout…) »

Kurt se baissa à peine pour rencontrer ses lèvres, marqué, le cœur brûlant, apaisé. Aimé.

« Pour quelqu'un qui s'est retrouvé dans trois bagarres à midi, tu fais une plutôt belle française, » taquina-t-il. Blaine haussa les épaules.

« C'est une énigme je suppose, » observa son visage, concerné. Kurt entendit à quel point sa voix était profonde. « Comment est-ce que tu vas? Je sais qu'aujourd'hui... que c'était dur, mais... »

« Je pense que je vais mieux, » il hocha la tête, un vrai sourire de retour sur son visage. Blaine sourit.

« C'est putain de génial, » il l'embrassa encore, plus profondément cette fois-ci, les mains sous son t-shirt pour toucher sa peau.

« Je suis en sueur et puant, » avertit Kurt, grimaçant. Le sourire de Blaine se transforma en un sourire coquin, sa langue effleurant à peine ses lèvres avant qu'il ne parle.

« Et tu es vraiment sexy comme ça, » il cligna de l'œil. « Et si tu es d'accord, je pense que je vais garder mes mains juste là pendant un moment. »

Kurt rougit. « Rien de trop fougueux, on est à l'école. »

« Où est ton sens de l'aventure ? » Il eut un petit rire. Kurt roula des yeux.

« Tu vas m'embrasser ou- ? » Blaine le coupa en l'embrassant en dessous des lumières, lui faisant tout oublier, lui montrant qu'il y avait plus que de la douleur. Lui montrant ce qu'il méritait.

Lui montrant une autre façon de se battre.


A bientôt!

Chansons : I dreamed a dream – Les misérables, In my life/A heart full of love – Les misérables.