-Il est mort à cause de vous ! Cria-t-elle, la voix tremblante. Si seulement vous aviez pris quelques minutes de votre précieux temps pour le passer avec nous, tout aurait été parfait ! Il n'aurait jamais voulu partir ! Il n'aurait jamais acheté cette voiture ! Et je ne lui aurais certainement jamais demandé de m'emmener faire un tour ! Si vous aviez essayé, ne serait-ce qu'une fois, d'être de bons parents, il serait encore là, avec moi !
Tout se passa très vite. Elle ne la vit même pas arrivée. Une seconde plus tôt elle hurlait en le regardant fixement, et celle d'après, elle se tenait la joue, allongée sur le lit. Il lui fallut un moment pour réaliser qu'il venait de la gifler violemment.
Dire qu'elle était choquée aurait été un euphémisme. Les mots ne lui venaient même pas pour qualifier ce qu'elle ressentait à cet instant précis. Elle se sentait choquée, blessée, bouleversée. Son père n'avait encore jamais levé la main sur elle. Merde... Il n'avait même jamais hausser le ton à son égard. Le peu de temps qu'il avait passé avec eux ne lui avait pas laissé beaucoup d'opportunités pour se mettre en colère contre elle. Mais lorsque cela arrivait, Seiji était là. En en prenant, à chaque fois, l'entière responsabilité. Et c'était son frère qui endurait alors le courroux de leur père.
Elle leva doucement les yeux vers lui, quelques mèches de cheveux retombant sur son visage. Ses traits trahissaient le flot d'émotions qui s'étaient emparés d'elle.
« Je ne peux pas croire que tu m'aies frappé, dit-elle doucement, toujours sous le choc. »
Les draps se froissèrent doucement alors qu'elle se redressait pour se mettre en position assise, avant de se lever complètement, tout en continuant à se tenir la joue.
« Tu ne croyais quand même pas que j'allais te laisser dire toutes ces choses sans réagir, n'est-ce pas ? Demanda-t-il d'une voix froide et détachée.
Il n'avait pas l'air affecté le moins du monde par le geste qu'il venait d'avoir envers sa fille. Mais ce n'était pas comme si elle s'attendait à de quelconques regrets de la part de son père. En effet, il ne s'était jamais soucié de son bien-être alors pourquoi s'inquiéterait-il de l'avoir blessé?
« Ou sont passées tes bonnes manières, Sakura ?
A ces mots, la jeune fille comprit alors que ce n'était pas le fait qu'elle lui ait lancé qu'il était le responsable de la mort de son frère qui l'avait rendu furieux, mais son comportement. Et finalement, c'était compréhensible. Après tout, elle n'avait jamais agis de la sorte. En tout cas, jamais devant lui.
Pour ses parents, Sakura était quelqu'un de timide et calme, ne révélant jamais le fond de sa pensée ou de ses sentiments.
Seulement, la réalité était toute autre. Sakura était loin d'être ainsi. Elle avait changé. En fait...à cet instant même, elle douta de la vraie nature de sa propre personnalité. Elle ne s'était pas sentie heureuse ou même tout simplement contente depuis si longtemps qu'elle n'arrivait pas à se souvenir ce que l'on pouvait ressentir lorsque c'était le cas. Alors comment pouvait-elle savoir qui elle était vraiment ?
« Je pensais t'avoir correctement éduqué. Comment peux-tu me parler sur ce ton ? Répété-t-il, capturant son attention. »
Soudain, la colère la gagna une fois de plus et ce fut comme si le dernier geste que son père avait eu envers elle ne l'avait jamais touché. Il pouvait la frapper autant qu'il le souhaitait, ça ne l'empêcherait pas de lui balancer ce qu'elle pensait réellement, ce qu'elle avait besoin de lui dire...
« Toi ? Demanda-t-elle, un court mais non moins sarcastique ricanement s'échappant de ses lèvres. Tu ne m'as jamais éduqué ! Seiji et moi avons été élevés par les domestiques, papa ! Tu t'en souviens ? Tu n'as jamais rien fais pour nous, tu ne nous as jamais rien appris ! Siffla-t-elle en le regardant fixement.
-Tu as toujours été si collante. »
Ses mots ne semblaient absolument pas en rapport avec ce qu'elle lui disait mais elle savait malgré tout que ce qu'il venait d'avancer était vrai.
« Je savais que tout ce que tu souhaitait était d'être proche de nous, même si tu ne nous l'as jamais dit. »
Sakura fut confuse qu'il ait pu remarquer cela. Seulement, cela la rendait encore plus confuse. S'il le savait, alors pourquoi n'avait-il jamais prit cela en compte ? Cela l'amusait-il de la voir souffrir ?
« Tu étais tellement ennuyante ».
Non. Il n'en avait seulement rien à faire.
Ces mots venaient de la frapper comme un coup de couteau en plein cœur. Sa respiration coincée au fond de sa gorge, ses yeux se remplirent doucement de larmes. Elle avait toujours su que ses parents ne l'aimaient pas. Seulement, apprendre qu'ils la haïssaient était un fait autrement plus douloureux.
« Tu es incroyable, chuchota-t-elle, la voix tremblante. Je n'aurais jamais cru que... »
Elle se tut et secoua la tête avant de reprendre :
« Je n'auurais jamais cru que tu étais comme ça, papa. »
En vérité, elle avait toujours pensé qu'au-delà de cette façade glaciale, il y avait autre chose. Quelque-chose de plus. Manifestement, elle avait fait preuve d'une bien trop grande naïveté.
Ses yeux brûlaient de larmes qui ne coulaient pas. Elle refusaient de les laisser s'échapper. Elle refusait d'être faible devant lui. Car elle le savait, si elle se sentait si mal à cet instant même, elle en était la seule fautive. Après tout, c'était elle qui avait espérer quelque-chose. C'était elle qui avait toujours pensé que peut-être...peut-être un jour, ses parents finiraient par l'aimer.
Elle avait cru que si elle devenait ce qu'il souhaitaient, si elle faisait tout ce qu'ils lui ordonnaient, ils seraient heureux et finiraient par se soucier un peu plus d'elle. C'est pourquoi elle avait accepté d'épouser Sasuke. Elle avait espéré que peut-être, grâce à cela, son père finirait par la voir.
Stupide, n'est-ce pas ?
Oui, c'était vraiment stupide. Pourquoi avait-il fallut qu'elle ne le réalise qu'à cet instant ?
La jeune fille secoua la tête avant de passer rapidement devant son père et de sortir de la chambre. Elle ne voulait plus le voir ni même l'entendre. Elle ne voulait plus jamais l'approcher.
Ce manoir était glacial. La jeune femme en suffoquait presque. C'était complètement différent lorsqu'elle était petite.
Un bref instant, elle pensa qu'il aurait été plus facile de ne rien savoir du tout. Elle aurait aimé garder l'espoir que ses parents changeraient. Mais cette pensée disparue bien vite. Non, c'était bien mieux ainsi. Cela faisait mal, oui, mais il était préférable de connaître la vérité plutôt que de rester dans les ténèbres et vivre dans le mensonge.
Dehors, il pleuvait des cordes mais la rose n'y prêta pas attention. Son besoin de mettre la plus grande distance entre elle et cette demeure était bien plus grand.
Ses cheveux et ses vêtements furent trempés en l'espace de quelques secondes, ses larmes se mélangeant avec les gouttes de pluie.
Elle avait laissé son manteau dans la voiture donc la seule chose qui couvrait sa peau était la fine, et dorénavant trempée, chemise qu'elle portait.
Elle frissonna et entoura son corps de ses bras dans le faible espoir de garder un peu de chaleur, alors que son allure s'accélérait considérablement.
A ce stade, tout ce qu'elle désirait était de rentrer à la maison. Elle voulait rentrer dans sa voiture et faire le chemin qui la conduirait jusqu'à cette immense demeure qu'elle partageait avec son mari. Avec cet étranger.
Elle n'avait jamais été heureuse là-bas non plus mais elle savait qu'elle s'y sentirait soulagée. Elle y serait en sécurité. Elle savait que les draps étaient chauds et confortables. Elle savait qu'elle pourrait s'y rouler en boule et pleurer toutes les larmes de son corps pour finir par tomber endormie sans avoir à donner d'explications à qui que soit.
Elle avait besoin de cela et contre toute attente, elle se sentit un peu mieux.
Alors qu'elle marchait, elle gardait les yeux rivés vers le sol, n'ayant pas la force, ni l'envie, de prêter attention à ce qui l'entourait. Elle ne se rendit même pas compte que quelqu'un avançait vers elle. De toute façon, elle pensait que personne ne s'aventurerait dehors par un temps pareil.
Elle percuta alors cet individu. Le choc la dit sursauter et chuter en arrière. Le choc fut trop fort pour qu'elle puisse garder l'équilibre.
Cependant, une paire de main vinrent attraper ses bras fin, l'empêchant de toucher le sol, en la redressant.
La force de cette altercation avait fait tomber quelques mèches de ses cheveux roses devant son visage. Elle tendit alors la main pour les remettre en place.
« Pardon, s'excusa-t-elle, en secouant légèrement la tête sans lever les yeux vers son vis-à-vis. Je n'ai pas fais attention.
-Non, aucun problème, répondit une voix grave, étrangement familière. Je ne regardais pas non plus devant moi, Sakura.
A l'entente de son prénom, elle sursauta, se demandant qui était cette personne qui semblait la connaître. Cependant, ce ne fut pas le visage d'un étranger que ses yeux rencontrèrent mais le visage familier de son meilleur ami d'enfance.
Il avait changé. Il avait l'air plus mature, plus... sérieux, si c'était possible. Cependant, cela ne l'avait pas empêcher de le reconnaître.
Ses cheveux blonds, maintenant trempés, étaient toujours indisciplinés et partaient toujours dans tous les sens, comme ils le faisaient lorsqu'ils étaient enfant . Ses malicieux yeux bleux étaient posés sur elle, brillants de contentement.
« Naruto, demanda-t-elle, hésitante, mais sachant malgré tout que c'était bien lui.
-Sakura ! S'exclama-t-il, l'entourant soudainement de ses bras et l'emprisonnant dans une étreinte chaleureuse. Ça fait si longtemps ! »
Elle n'hésita pas à lui rendre son étreinte, se laissant aller à la chaleur et au réconfort que le blond lui offrait.
Elle avait treize lorsqu'elle avait rencontré Naruto. Ce jour d'été, elle était triste à cause de ses parents. Maintenant, elle était incapable de se souvenir de la raison exact mais elle se rappelait qu'elle avait décidé d'aller marcher un peu pour se calmer. Seiji était sorti avec ses amis et elle n'osait pas l'appeler pour lui dire qu'elle avait besoin de lui. Il avait pourtant été réticent à la laisser seule mais elle ne voulait pas qu'il la materne tout le temps.
Elle erra sans but durant un bon moment, sans s'éloigner de trop. Cet environnement, elle le connaissait bien.
Perdue dans ses pensées, elle ne s'était pas rendue compte du temps qui s'était écoulé depuis qu'elle avait quitter la maison ni à quel point de lourds nuages gris avaient peu à peu dissimulé le ciel bleu.
Lorsqu'il s'était mis à pleuvoir, elle avait paniqué et s'était dépêcher de rentrer à la maison le plus vite possible, sans prêter attention à ce qui l'entourait. Vous pouvez deviner qui elle percuta à ce moment-là.
Depuis lors, il s'était toujours inquiété de la tristesse qui régnait dans ses beaux yeux verts. Il avait toujours tout fait pour la réconforter depuis le premier jour, alors qu'elle n'était qu'une étrangère pour lui. Elle s'était toujours confiée à lui, lui racontant le moindre détail. Depuis ce jour-là, ils étaient devenus meilleurs amis.
Seiji l'avait apprécié dès qu'il avait su ce qu'il avait fait pour sa sœur, et ces trois-là devinrent alors inséparables.
Les parents de Naruto étaient propriétaires d'une maison non loin de là et ne pouvaient déménager à cause du travail de son père, donc le seul moment où ils venaient ici était durant les vacances d'été. Il était un peu difficile pour la rose de ne pas pouvoir le voir toute l'année mais ça ne l'avait jamais affecté plus que cela. Elle se contentait d'apprécier au maximum le peu de temps qu'elle pouvait partager avec lui.
Pour elle, c'était merveilleux d'être entourée de son frère et de son meilleur ami. Dans ces moments-là, elle se sentait plus en sécurité, plus heureuse, beaucoup plus aimée. En fait, ces deux-là étaient tout ce dont elle avait besoin.
Jusqu'à ce qu'ils s'en aille.
Le premier fut Naruto, puis, peu de temps après, ce fut Seiji.
Pour une raison inconnue, les parents de Naruto décidèrent de vendre leur maison. Naruto fut alors contraint de partir et ne revint pas l'été qui suivit.
Il s'étaient promis de rester en contact, promesse qu'ils tinrent jusqu'à un certain point.
Il avait cessé d'appeler juste après l'accident de Seiji. Cet accident qui avait fait perdre à la rose intérêt pour toute chose.
Bien des années plus tard, lorsqu'elle s'était senti un peu mieux, elle avait tenté de le recontacter mais elle s'était bien vite rendue compte qu'il avait changé de numéro.
« Que fais-tu ici ? Demanda-t-elle, brisant légèrement leur étreinte, un petit sourire illuminant son visage. »
Peu importe tout ce qu'il s'était passé, peu importa à quel point ils avaient changé tous les deux, Naruto était et resterait toujours son meilleur ami. C'était quelque-chose qui ne pourrait jamais changer.
« Oh, c'est une longue histoire, ria-t-il. Ce ne sont pas des choses dont nous devrions parler ici, dans tous les cas. »
Il avait lâché cette dernière phrase en regardant autour de nous.
« Mais que t'est-il arrivé ? Demanda-t-il. »
Après quelques secondes, il remarqua d'un air inquiet :
« Tu as l'air triste. »
Cela réchauffa le cœur de la rose. Le fait de savoir que quelqu'un dans ce monde se souciait d'elle lui fit du bien.
« Où est Seiji ? »
A l'entente de son prénom, elle ne put contenir ses larmes. Elle se laissa alors aller contre son torse et l'entoura de ses bras.
Elle pouvait sentir la confusion du blond qui répondit à son étreinte avec hésitation. Elle savait à quel point il essayait de la réconforter, de l'apaiser alors que ses bras se resserrèrent autour d'elle, une de ses mains caressant doucement son dos.
Malgré cela, elle ne réussit pas à se sentir mieux. Rien ne pouvait la consoler lorsque l'on parlait de Seiji. Mais le simple fait qu'il essayait, qu'il était la pour elle, représentait tellement de choses pour elle que de simples mots n'auraient pas suffit à le qualifier.
« Tellement de choses se sont passées, murmura-t-elle, quelques instants plus tard d'une voix tremblante et presque inaudible. »
Il devina, à sa façon de parler, à sa façon de s'accrocher à lui, qu'elle ne voulait pas en parler. Pour une raison inconnue, cela lui faisait du mal, cela la faisait pleurer. Et c'était bien la dernière chose qu'il désirait. Il avait toujours détesté la voir pleurer et les années qui s'étaient écoulées n'avait en rien changer cet état de fait.
« Je ne peux pas t'en parler maintenant, admit-elle alors qu'il s'apprêtait à lui dire qu'elle n'était pas obligée de le lui raconter. »
Elle brisa leur étreinte et secoua la tête, ses mains effaçant les larmes qui perlaient sur ses joues.
« Je suis désolée...Je...Je ne peux pas. C'est beaucoup trop pour une journée.
-Hey, pas de problème, répondit-il d'une voix douce et calme »
Le son de sa voix eu un effet apaisant immédiat sur la jeune fille. Un sentiment de déjà vu s'infiltra en elle et un sourire s'afficha aussitôt sur son visage. C'était comme ce jour-là. Elle était triste et pleurait lorsqu'il était apparu et lui avait remonté le moral simplement en lui parlant.
L'espoir que les choses allaient s'arranger, tout comme cet été-là, grandit en elle avant qu'elle n'ait pu se dire d'arrêter d'être idiote, d'arrêter de penser et d'agir comme une enfant.
« Tu n'as pas besoin de m'en parler maintenant. Je ne vais nulle part, lança-t-il sachant à quel point elle avait besoin de réconfort. On va vraiment rester en contact cette fois. »
Il s'arrêta un moment, avant de reprendre :
« Tu rentres à la maison ?
-C'est tout ce dont j'ai besoin maintenant, acquiesça-t-elle, avant de se mettre à trembler alors qu'une vague de fraîcheur s'emparait d'elle. »
Maintenant qu'elle avait 22 ans, il réalisa qu'elle ne vivait probablement plus avec ses parents. D'autant plus qu'elle et Seiji avaient pour projet de partir dès qu'elle atteindrait ses dix-huit ans.
Il n'avait pas la moindre idée de la raison pour laquelle elle se trouvait ici, ni pourquoi elle avait fondue en larme à la mention de son frère, ni même pourquoi le bonheur avait complètement déserté son regard. Pourquoi ses yeux verts ne pétillaient pas comme ils l'avaient toujours fait ? Pourquoi...
En réalité, il ignorait bien des choses mais il ne voulait pas la forcer à en parler.
Elle avait l'air si petite et fragile en cet instant. Si triste, si fatiguée... Cette vue lui brisait littéralement le cœur. Qu'avait-il bien pu lui arriver ? Qu'avait-il bien pu se passer qui avait rendu cette fille, qui d'ordinaire voyait le positif dans toutes choses, comme ça ?
Il lui manquait la réponse à toutes ces questions et bien qu'il désirait savoir plus que tout, il décida de ne pas se montrer trop insistant pour l'instant. De toute façon, elle n'était pas en condition pour avoir une telle conversation, car tout cela ne lui disait rien qui vaille.
Il avait juste ce sentiment. Cette impression qui lui disait que, d'une façon ou d'une autre, quelqu'un avait ruiné sa vie.
« Ici. »
Sa voix captura, une fois de plus, son attention
« Prends ça, fit-il en enlevant son manteau et en le mettant autour d'elle. »
Elle protesta, lui disant que sa voiture ne se trouvait pas loin mais il l'ignora comme il le faisait toujours lorsqu'elle refusait de comprendre ce qui était bon pour elle.
Il l'accompagna ensuite jusqu'à sa voiture. Il s'arrêtèrent quelques secondes et il lui demanda comment elle s'était débrouillée pour la dénicher, ce qui eut pour effet de la faire sourire.
Ce fut seulement lorsqu'elle rentra dans sa voiture et qu'il parti, qu'elle s'autorisa à craquer.
Entre ses larmes et la tempête, il lui fallut un moment pour rentrer à la maison. Sa tête lui faisait mal lorsqu'elle rentra chez elle, ce qui, elle le savait, était le résultat de tous ses sanglots de ces dernières heures. D'habitude, elle se sentait mieux après avoir pleuré et la seule chose qu'elle espérait était que ça se dissiperait après quelques heures de sommeil.
Elle avait froid et était épuisée physiquement et psychologiquement. Tout ce qu'elle voulait était se glisser dans ses draps chauds et laisser le sommeil l'emporter.
Elle n'aurait jamais pensé que quelqu'un ruinerait ses plans.
« Et où est-ce que Madame Uchiha a passé toute la journée ? »
La familière mais non moins sarcastique voix de son mari parvint à elle aussitôt avait-elle passer le pas de la porte.
Il lui fallut un moment pour découvrir d'où elle venait. Elle était complètement désorientée, comme si une brume épaisse l'entourait. Seulement, elle n'avait ni le temps, ni la patience de discuter avec lui.
Sasuke, lui, c'était le contraire. Avec le peu de travail qu'il avait eu, il était rentré à la maison plus tôt que d'habitude, sachant qu'il y aurait plus de chance qu'il trouve quelque-chose de divertissant ici qu'à son bureau.
En vérité, il n'était pas quelqu'un qui aimait s'amuser, quel était le sens de ce mot d'ailleurs ? Il n'aimait pas non plus rire mais, parfois, ses collègues étaient bien trop ennuyeux pour lui. Il n'y avait rien à la télé et il s'était lassé d'internet. Alors, titiller sa femme lui semblait être une bonne idée.
Il savait qu'elle n'aimait pas qu'il l'appelle ainsi, c'est pourquoi il le faisait souvent. Il fut donc surpris à la seule réaction de sa femme qui avait été de lui lancer un regard furieux.
Maintenant qu'il y pensait, son absence était étrange également. Il pouvait deviner qu'elle n'avait pas été faire du shopping car elle ne portait aucun sac. Sa voiture était la même que la semaine passée. Elle n'allait jamais voir ses parents et n'avait pas d'amis avec qui sortir. Alors...Où avait-elle bien pu aller ?
« Qu'est-ce que ça peut te faire ? »
Sa voix n'était qu'un murmure, doux et tremblant. Lorsqu'elle se disputait ou même simplement parlait avec lui, ça n'était jamais de cette manière. Elle était sur la défensive à chaque fois qu'il était près d'elle, comme si elle avait peur qu'il lui fasse du mal à tout moment. Elle était toujours sur ses gardes, prête à en découdre.
Mais pas cette fois.
Quelque-chose n'allait pas. Il pouvait le sentir mais il ne pouvait se résoudre à se soucier de ses problèmes personnels. Il lui avait posé la question mais ce n'était pas parce que ça lui importait, c'était parce qu'il n'avait rien de mieux à faire. Elle pouvait faire ce qu'elle voulait de sa vie. Elle ne lui appartenait pas. Au début, Sasuke pensait qu'il n'avait pas besoin qu'elle soit à lui... Jusqu'à ce qu'il voit le manteau qu'elle portait.
De la jalousie et de la colère, voilà ce qui pulsa dans ses veines à cet instant même, embrumant son esprit, son jugement. Il n'avait jamais ressentit ça auparavant mais il n'était pas stupide. Il savait à quoi cela était dû. Il savait également que c'était inhabituel, pas dans son tempérament et surtout très ennuyant.
Il ne contrôlait pas la vie de la rose ni ses faits et gestes.
C'était hypocrite de sa part de ne pas supporter qu'elle ne voie quelqu'un d'autre alors que lui voyait différentes femmes depuis qu'ils étaient mariés.
« Qu'est-ce que c'est ? »
En moins d'une seconde, il se tenait devant elle, lui attrapant le bras et la tirant vers lui. Elle sursauta et trébucha en avant, devant la force de son mari.
Jamais elle n'aurait imaginé qu'il ait pu réagir ainsi pour quelque-chose qu'elle avait fait. Il se montrait toujours si indifférent, qu'elle pensait qu'il ne la remarquait jamais, qu'il ne la voyait pas comme un être humain. Plus comme une plante, un animal ou un simple objet.
La tension qu'il exerçait sur son bras devenait douloureuse et peu importait à quel point elle essayait de ne pas y penser, elle n'y arrivait pas.
« Sasuke, tu me fais mal...»
Elle haïssait à quel point sa voix avait l'air faible et elle détestait le fait qu'il ait pu l'entendre. Seulement, la phrase qu'il lui lança prouva qu' il n'y avait prêté aucune attention. Elle réalisa qu'il se foutait même complètement de cela.
« A qui appartient ce manteau ? »
Qu'elle voit un autre homme derrière son dos était une chose mais qu'elle le lui expose sans aucune gène en était une autre.
« Écoute-moi, Sakura, et écoute-moi bien ! Gronda-t-il, ses yeux noirs plongés dans les émeraudes de la jeune femme. Peu m'importe combien d'homme tu te fais derrière mon dos, je ne veux que personne ne le sache ! »
Il ne comprenait pas ce qu'il ressentait mais il mentait.
Il était la deuxième personne aujourd'hui dont les mots blessèrent la rose plus que de raison. Elle aurait voulu lui répondre, lui crier dessus et l'envoyer balader mais elle ne réussit pas à trouver la force de le faire. Elle se sentait devenir de plus en plus faible à mesure que les secondes passaient. Elle avait l'impression qu'elle ne pourrait bientôt plus tenir sur ses jambes. Soudain, tout devint noir autour d'elle et la dernière chose dont elle se souvint avant de s'évanouir dans ses bras était Sasuke criant son prénom.
Mais elle partit dans un sommeil si profond qu'elle ne put remarquer le ton désespéré de Sasuke.
