CHAPITRE 24

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Honte à moi ! Cela faisait deux semaines que je n'avais rien pondu ._. je serais fouétée...mais ce chapitre était bien difficile à écrire je dois l'avouer...et j'ai été débordée entre le boulot, la visite à la maison, mon rôle de famille d'accueil pour les minons abandonnés. J'espere qu'il vous satisfera quand même et j'attends avec toujours autant de plaisir vos commentaires pour mieux avancer jusqu'a la conclusion.

Bonne lecture à tous !

Lacus Clyne

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Le grand appartement était plongé dans le noir à leur entrée. Un silence un rien tendu les entoura tous les deux. Ca faisait un mois et demi qu'ils ne s'étaient pas vu et la raison de leurs "retrouvailles" n'était pas des plus joyeuses et encore moins anodine...la mort prochaine de Lucius faisait planer sur eux les fantômes de la guerre et de tous ce qu'ils représentaient.
Elle avait été à Gryffondor dans le camp des "gentils" et lui, le fils Malfoy aurait sûrement étudié à Serpentard. Ils étaient donc ennemis naturels. Ils se seraient sûrement détestés dans d'autres circonstances

Draco voyait son dos, mais son esprit était trop préoccupé pour en admirer la beauté. Il avança dans son appartement et se dirigea vers sa cuisine pour ouvrir la bouteille d'alcool déposée sur le plan de travail. Il se servit un verre et montra la bouteille à la jeune femme, lui demandant silencieusement si elle en désirait. L'intéressée secoua négativement la tête, elle n'avait pas envie de boire.
- Qu'est ce que tu fais Hermione.

Son nom dans sa bouche résonna comme un écho dans l'esprit de la demoiselle. Elle l'avait suivit jusqu'à mi chemin dans le noir jusqu'au salon ou ses doigts caressèrent le cuir doux du sofa
- Je viens m'assurer que tu vas bien

Draco baissa la tête en entendant sa voix douce poser cette question si dure. S'assurer s'il allait bien... Quelle question débile dans ces circonstances. Il avala d'une traite l'alcool qui lui brûla la gorge pour lui réchauffer les entrailles

- Bien?

Il se retourna et la regarda dans la noirceur de son appartement, la lune passant par l'énorme vitre éclairant à peine son corps.

- Tu as beau me penser sans coeur, c'est quand même mon père.

Bien sûr que ça n'allait pas. C'était une question rhétorique juste pour voir ce qu'il allait lui répondre.
- Je dois avouer que ce que tu me dis me rassure. Je craignais qu'il ne se soit endormi.

Dit-elle a mi voix en parlant du dis "coeur" qu'il prétendait posséder. Elle ne voyait toujours de lui que cette surface lisse et dur, éclatante comme un diamant. Le Draco Malfoy « public » celui qui montrait toujours son meilleur visage mais qu'en était-il de la face cachée ?

Draco n'en pouvait plus de ce petit jeu, de celui qui aurait le dernier mot, celui qui aura la plus belle phrase pour faire céder l'autre. Celui du plus fort. Il était fatigué de se battre contre lui, contre elle...
- Je viens de passer ma journée à réconforter ma mère qui est effondrée. Elle s'est évanouie dans mes bras !

Hurla le jeune homme, les larmes passant le revers de ses yeux pour la première fois depuis l'annonce de la sentence

- Elle m'a supplié de faire en sorte qu'elle puisse le revoir une dernière fois ! TU COMPRENDS CA HERMIONE ! Ou pour toi cet homme n'est qu'un mangemort quelconque qu'il fallait arrêter? CET HOMME EST MON PERE !

Draco leva les yeux au ciel pour empêcher ses larmes de couler. Il inspira un grand coup, déglutissant avec rage, la douleur au fond de la gorge alors qu'il peinait à retenir un sanglot.

- Je n'ai pas envie d'entendre tes sarcasmes ce soir.

Il mit, dépité, la main devant ses yeux alors qu'il abandonnait la partie. Les larmes prirent le dessus sur son mental d'acier, son détachement naturel à tout ce qui pouvait le blesser. Cette fois c'était de trop, c'était ce qui pouvait le faire flancher
La présence d'Hermione ne l'aidait pas à rester celui qu'il avait toujours été. Il n'était jamais vraiment Draco Malfoy quand il était avec elle de tout manière. Cette fille avait le don de faire sortir des choses de son esprit qu'il croyait irrévocablement enfermées.
Pleurant toujours comme un foutu petit enfant, Draco se retourna pour ne plus faire face à la jeune femme, sa fierté l'obligeant à essayer, malgré tout, de se reprendre

Elle le laissa lui crier dessus, elle n'était pas escorte ce soir, juste la banale brunette aux cheveux indomptable. Elle n'était donc venue dans le but de régler ses comptes. Hermione n'aurait pas été jusqu'à dire quelle avait fait exprès de le provoquer pour le voir craquer mais presque. C'était perfide comme façon d'agir, peut être avait-il plus d'impact sur elle qu'elle ne l'aurait cru en premier lieu.
Mais c'était resté un homme, un être de chair et de sang avec des émotions tout aussi fortes et exacerbées que lui seul était capable de ressentir
Elle ne répondit rien à son accès de colère et ne bougea pas de là ou elle était jusqu'à ce qu'il lui tourne finalement le dos. C'est ensuite qu'en silence, tel un fauve, elle vint jusqu'à lui, le contournant pour lui faire face et encercla de ses petits bras son dos, sa tête contre sa poitrine, juste sous son bras.

- Je sais…

Draco aurait bien essayé de se libérer de son emprise, mais même avec toute la force qu'il lui restait, il n'y arriverait pas. Il se contenta de se laisser aller dans un énième sanglot, laissant son visage se plonger dans la chevelure indomptable d'Hermione. Elle sentait bon, c'était peut-être bête comme réaction, mais c'était la première chose qui lui vint à l'esprit. Il respira ses cheveux avant de serrer le petit corps contre lui, ne sachant que faire d'autre, comme si c'était sa bouée de sauvetage, la seule personne avec qui il voulait se faire tout petit et se coller à elle pour la nuit. Sa chaleur passa de son corps au sien et il retint à grand peine un soupire d'aise cette chaleur lui faisait du bien même si son état mental ne s'améliorait pas.
Après quelque instant, le jeune homme fini par s'éloigner de son corps, tenant la demoiselle par la main. Il arriva à articuler une phrase à voix basse.

- Reste…

Il était sincère. Il ne voulait rien de plus qu'un corps, une respiration pour pleurer. Il voulait se mettre au lit, fermer les yeux et pleurer jusqu'à ce que son corps sombre dans un sommeil sans rêve

La jeune femme fut enveloppée dans un cocon de force et de chaleur; deux bras l'enlaçant avec assurance mais elle le sentit trembler contre elle. Une poignée de cheveux bruns entre ses poings serrés. Elle ne troubla pas leur moment "câlin" jusqu'à ce qu'il décide lui même que c'était assez.
Les grands doigts de Draco vinrent trouver les siens pour les serrer. Une fois encore, elle le laissa faire, ne se défaisant pas de cette prise qu'il avait sur elle et à cette demande qui résonnait plus comme celle d'un petit garçon qu'à un homme, l'ex Gryffondor n'eut pas le courage de dire "non" et sourit juste pour se mettre en appui sur la pointe des pieds, aidé par la main entourant la sienne et allé déposer un baiser chaste sur les lèvres du maître des lieux.
Elle n'avait ici rien pour passer la nuit mais qu'importe, il y aurait bien de quoi la dépanner dans son immense dressing

Draco ferma les yeux, sentant un énième sanglot arriver. Il ne dit plus rien jusque la chambre, la tenant simplement par la main. Devant le lit il enleva simplement ses chaussures et la regarda avant de tomber assis sur le lit, la douleur et la peine ayant prit le dessus sur le reste. Il n'avait même pas l'envie d'aller se doucher, se changer…ça semblait tellement absurde…Son invitée retira tout comme lui simplement ses escarpins et monta jusqu'à la tête du lit ou elle s'assit, adossé contre le majestueux panneau de bois, ramenant ses jambes près d'elle. Tant pis, elle ne se changerait pas ce soir, ça n'était pas le moment

Il se laissa simplement tombé sur ses cuisses, le visage contre ses genoux. Il remonta la couverture jusqu'à lui, et resta simplement là, attendant le nouveau sanglot qui finissait toujours par arriver. Et même si l'envie n'était plus là, maintenant qu'il avait commencé, il n'arrivait plus à s'arrêter. Comme si on avait ouvert une pièce remplie d'eau qui se déversait lentement, jusqu'au moment où elle se serrait vidée

Sa main droite se posa sur l'épaule carrée de son hôte, en captant toute la chaleur. La gauche alla caresser dans un geste lent et apaisant la soie blonde qui coulait entre ses doigts
Elle ne dit rien, peut être simplement parce qu'il n'y avait rien à dire de plus. Parfois, elle sentait des gouttes chaudes tomber une après l'autre et venir mourir sur la peau de ses jambes. Rien de ce quelle pourrait lui raconter ne refermerait cette plaie béante. Son père était condamné à mort...ce père absent l'avait quand même élevé, éduqué. Draco semblait à l'instant si vulnérable, si faible. Qui l'eut cru?

Après plusieurs minutes de caresses ou le corps couché sur ses genoux était en proie à des tremblements de chagrin, lentement il se détendit jusqu'à se relâcher totalement. Sa respiration demeurait encore un peu encombré à force d'avoir pleuré mais il y avait quand même un petit mieux Draco avait finit par s'endormir, épuisé, vidé. Il aurait tout le temps de se sentir mal demain mais encore une fois, il fallait que ce soit avec elle que les sentiments qu'il éprouvait reflétaient celui qu'il était vraiment

Draco ne sut combien de temps il dormit ni quelle heure il était mais lorsqu'il émergea enfin, ses yeux gris étaient encore gonflés et le piquaient à cause de l'abus de liquide lacrymale sous ses paupières. Il ne manquait plus que le mal de tête et il aurait l'impression d'avoir abusé de l'alcool. Relevant sa tête de son oreiller, ses cheveux en complet désordre, il regarda autour de lui un peu déboussolé et sourit devant le spectacle qu'il découvrit. A coté de lui, sans doute dans une position inconfortable, Hermione était couché sur le coté mais son corps tourné vers l'extérieur, sa main entre leur deux visages. Elle avait dû se coucher là un peu au hasard lorsqu'elle s'était endormie. L'aurait-elle veillé toute la nuit ? Dans le doute, il préféra la laisser se reposer et puis….elle était trop mignonne quand elle dormait avec une longue mèche bouclée sur la joue et ses lèvres entrouvertes.

Lentement, Draco se tourna vers elle, sa temps dans sa main, ce sourire stupide pas décidé à quitter ses lèvres, ses yeux ancrés sur le joli minois.

Peu à peu, Hermione remonta à la surface. Ce fut un peu plus désagréable lorsqu'elle comprit que son corps lui faisait mal dans la position ou il se trouvait actuellement. Vive les courbatures ! Dans une grimace, elle changea lentement de posture et comprit qu'elle était seule dans la chambre. La place à coté de la sienne dans le lit était froide et la porte menant au reste du loft était entrouverte. Ayant dormit dans ses habits de la vieille, elle ne ressemblait vraiment plus à rien c'était une catastrophe…heureusement quelle était sorcière…de sa baguette, assise sur le lit, elle arrangea ses cheveux au mieux et défroissa un peu sa tenue. Elle ne tenait pas à ressembler à un épouvantail devant lui !

Presque timide, la jeune femme mit son nez hors de la chambre quelle avait ouverte et aérée pour pénétrer dans le salon, pieds nus. Elle trouva son hôte dans la cuisine ouverte juste vêtu d'un pantalon de sport et d'une serviette éponge sur ses épaules nues, ses cheveux encore humides.

- Hello…Dit-elle avec une timidité qui l'étonna.

Draco se retourna vers la provenance de la voix pour voir sa « petite fille » s'approcher d'un pas hésitant.

- Hello.

Il la gratifié d'un sourire rassurant et posa deux mug de café fumant sur la table. Du café, ça n'était pas de refus. Hermione prit place sur l'un des tabourets face à sa tasse qui lui faisait de l'œil pendant que son prince lui préparait des œufs au plat. Quoi quelle s'efforça d'être discrète, il l'entendit quand même bailler. Il lui servit ses œufs et prit place à son tour.

- Si tu étais encore fatiguée il fallait rester couché.

- Je ne voulais pas te laisser seul. Répondit-elle sur le même ton, le nez dans son café.

Draco eut un sourire sublime quelle ne vit pas. Elle s'inquiétait pour lui ? Sa façon quelle avait eu de lui dire ça avec tant de…franchise…c'était typiquement hermionien ! Rien n'à voir avec la professionnelle Divine. Il aurait certes pu lui faire remarquer avec aigreur que ça n'était plus un gamin mais la journée d'hier avait été bien pénible. Il était heureux quelle soit là.

Hermione tourna la tête quand elle sentit un courant d'air près d'elle et un parfum d'homme lui chatouiller le nez. Elle vit un torse à coté d'elle et n'eut même pas le temps de dire quoi que ce soit que Draco l'embrassait, penché sur elle, l'une de ses mains posé à coté des siennes qui entouraient son mug sur la table. Elle était trop mignonne. Il n'était pas certain de réussir à la laisser repartir.

Elle sentit irrémédiablement ses joues chauffer dès que ses lèvres entrèrent en contact avec celles de son hôte quant à son cœur, il battait littéralement la chamade. Que lui arrivait-il ? Ces temps ci elle avait du mal à se reconnaître. Tout le stress ou la tension quelle pouvait avoir se dissipaient dès qu'il la serrait contre lui. C'était… « magique », quelque chose quelle n'avait jamais ressentit auparavant même avec Ron ou elle semblait être toujours sur des charbons ardents. Elle refusait d'admettre l'inadmissible cependant, elle n'était plus une enfant, elle avait bien compris quelle tombait amoureuse. Amoureuse de Draco Malfoy…ça impliquait tellement de choses et pas forcément des plus positives…depuis leur séparation le mois dernier elle y pensait mais repoussait l'idée c'était un client et comme il le lui avait dit lui-même, il était tout et elle n'était rien. Le fait qu'il ait avoué « être jaloux » voulait-il signifier quoi que ce soit ? Hormis qu'il avait un foutu comportement exclusif et possessif avec elle ? Jamais un homme tel que lui ne s'enticherait d'une escorte. Le voir dans un tel état hier soir avait anéantit ses dernières défenses contre cet amour stupide. Elle se tairait…c'était mieux pour elle et pour lui. Elle ne tenait pas à l'embarrasser et se contenterait d'être disponible pour lui s'il en ressentait le besoin.

Rougissante comme une collégienne, Hermione le laissa rompre en premier leur échange baissant la tête pour cacher la rougeur de ses joues.

- Merci.

Elle osa le regarder de nouveau, un peu surprise. Draco hocha la tête, ses yeux gris posés sur elle exprimaient tant de choses.

- Ca m'a fait du bien que tu sois là

- Alors tu ne m'en veux pas d'être venue sans prévenir ?

Il se détourna d'elle pour retourner aux fourneaux, les muscles de son dos dansant dans ses mouvements. La jeune femme en eut des frissons.

- Si ça avait été le cas crois tu que je t'aurais laissé entrer ?

Hermione sourit sans répondre, ses lèvres buvant à petites gorgées le café chaud. C'était étrange, mais maintenant quelle s'était reconnue à elle-même ses sentiments, elle se sentait plus calme, apaisée. Elle ne le laisserait pas maintenant, l'exécution était pour demain, il aurait plus que jamais besoin d'elle.

Draco suivit des yeux sa douce visiteuse jusqu'à ce quelle ait transplané depuis la cour de la résidence. Elle s'était retournée une dernière fois pour fixer son regard sur la fenêtre de son client. De là ou il était, elle ressemblait un petit point sombre pas plus grosse qu'une fourmi mais il savait que c'était elle.

Il n'aurait pas aimé en temps normal quelle assiste à une scène aussi pathétique, quelle le voit dans un tel état de faiblesse mais au final, il était heureux quelle soit venue. C'était toujours aussi dur, aussi cruel mais il n'était pas seul, elle avait soulagé sa peine. Draco s'habilla en silence il fallait bien aller travailler, ça lui occuperait l'esprit même s'il aurait préféré la garder ici avec lui. Juste s'endormir bercé dans ses bras pour tout oublier mais il avait jugé comme préférable quelle s'en aille pour le moment.

Cependant, le jeune homme pensait de plus en plus à lui demander un contrat de total exclusivité. Il la payerait le prix quelle demanderait, mais imaginer quelle puisse encore passer des nuits avec d'autres hommes le menait à un état d'aigreur insupportable. Que de vieux lubriques posent les mains sur elle lui donnait la gerbe.

Draco se promit d'y penser quand cette épreuve de deuil serait derrière lui.

La prison d'Azkaban était l'équivalent de celle d'Alcatraz un rocher isolé au milieu d'une mer déchaînée d'où il était quasiment impossible de s'échapper. Seul un homme y était parvenu, Sirius et les Mangemort libérés par Voldemort lui-même mais ça n'était pas pareil. C'était bien là l'endroit le plus terrifiant et glacé de tout le monde sorcier. Ce matin, jour de l'exécution de plusieurs Mangemort, une clameur fit vibrer les murs.

- Mort ?! Mais…comment ?

- Nous ne le savons pas encore Monsieur. Sans doute l'effet néfaste des détraqueurs.

Le ministre de la magie tourna le dos à ses Aurors pour regarder par la fenêtre, ses deux mains croisées dans son dos, il réfléchissait à la démarche à suivre maintenant car ses subordonnés attendaient ses ordres. Après un instant qui lui sembla infiniment plus long il déclara à l'adresse des deux Aurors.

- Faites envoyez un hibou aux Malfoy.

- Bien Monsieur le Ministre.

Les deux hommes tournèrent les talons laissant le ministre seul face à ses réflexions. Etait ce un suicide ? Ou bien était-il réellement mort de « désespoir » ?

Dans le monde sorcier on ne pratiquait hélas pas d'autopsie, c'était considéré comme barbare que d'ouvrir un corps et d'en explorer les moindres recoins. Cela aurait pourtant pu donner quelque élément de réponse.

Une lettre double au sceau du ministère arriva à la fois au Manoir Malfoy et au duplex de Draco leur annonçant le décès de leur mari et père et qu'au lieu de l'exécution prévu, il y aurait un enterrement. Le corps de Lucius serait inhumé dans le caveau familial dans un cimetière se trouvant non loin de Malfoy Manor.

Ce fut pour Narcissa, une épreuve supplémentaire mais après s'être effondrée en larmes, elle se rendit compte que c'était sûrement mieux et moins cruel pour son mari que de subir le baiser d'un détraqueur. Elle-même ne l'aurait pas supporté. Draco pensait certainement la même chose.

La dépouille mortelle de Lucius fut acheminée d'Azkaban jusque dans le Wiltshire sous bonne escorte. Quatre Aurors expérimenté entourait le convoi funéraire. Il avait été plus pratique de prendre la voie des airs et grâce à la magie, ils arrivèrent largement en avance au manoir. Narcissa eut même le droit de rester seul avec son mari. Draco arriverait plus tard pour la cérémonie. Il aurait pu lui aussi rendre un dernier hommage à son paternel mais il se sentait étrangement « vide » et n'en ressentait pas le besoin. Il préférait laisser cela à sa mère pour quelle profite des derniers moments quelle pourrait avoir avec son époux.

Le jeune homme fit un saut à sa tour d'ivoire ou il travailla toute la matinée sous l'œil inquiet de Katherine et Mathilda. Il aurait pu rester chez lui mais cet appartement vide aurait vite fait de le rendre fou. Travailler était sa thérapie et les deux secrétaires l'avaient bien compris. Aussi, firent-elles le maximum pour être comme d'habitude, tentant de ne pas lui lancer des regards préoccupés sous peine de recevoir une remontrance bien malfoyenne dans la figure. Il ne supportait pas qu'on le dévisage tel un chiot égaré, c'était encore pire que tout. La compassion, il n'en n'avait franchement pas besoin en ce moment.

- Monsieur Malfoy. Pardonnez moi mais il va être midi.

- Merci Katherine.

La jeune femme s'inclina et sans un autre mot, quitta le bureau. Draco quant à lui, leva ses doigts de son clavier, en pleine rédaction et se laissa aller contre le dossier de son fauteuil dans un soupir. Ses paupières se fermèrent sur ses beaux yeux gris. Il n'avait pas envie d'y aller…ça allait être pénible…mais il ne pouvait laisser sa mère.

Alors, avec des gestes lents et précis, il referma son ordinateur, remplit son attaché case et quitta son entre. Mathilda avait déjà préparé son manteau noir quelle lui tendit. Toutes deux se levèrent pour le voir s'en aller en silence. Elles ne rompirent pas le silence en lui disant au revoir, ne sachant même pas si leur patron serait là demain ou non.

Une fois rentrée, Draco mangea du bout des lèvres. Il disposait de deux heures pour se rendre jusqu'au manoir familial. Les yeux sur son mac book, il picora son assiette sans faire vraiment attention et quand il fut temps, il alla prendre une douche brûlante ou il resta de longues minutes pour se délasser, il en aurait bien besoin.

Dans son dressing, il choisit un costume sobre noir avec l'éclat clair d'une chemise de soie gris pâle. Lui-même avait un teint de cadavre aujourd'hui, il se faisait peur…

Sa montre lui indiqua treize heures et vingt cinq minutes, il était temps d'y aller. Son portable, ses clés, son manteau et enfin prêt à partir. Cependant, en ouvrant sa porte, il eu une surprise, dans une courte robe, noire de la tête aux pieds, ses boucles brunes cachées sous un chapeau sombre, Hermione.

Si Draco sembla surpris, il n'en montra rien. Ce fut à peine si ses yeux clignèrent. Sa visiteuse s'écarta un peu de la porte pour le laisser la fermer à double tour puis ranger son trousseau et dans un silence religieux, il prit la main quelle lui tendit et tous les deux, partirent pour le Manoir Malfoy.

Le toit de l'imposante demeure leur apparu dès qu'ils atterrirent au milieu d'un coin de verdure. Le manoir trônait au milieu d'un immense parc verdoyant avec ses allées de rosiers et ses graviers blancs. Un petit bois florissant étoffait le coté Sud. Sans lâcher sa main, Hermione suivit docilement son hôte dans la pelouse jusqu'à mettre les pieds sur le gravier. De hautes grilles en fer forgées se dressaient entre eux et la battisse aux murs gris. C'était luxueux, les jardins agrémentés avec goût. Dire que sa mère vivait seule dans ce grand manoir vide.

Docilement, Hermione le suivit le long de l'allée de graviers blancs menant au portail qu'il ouvrit d'un geste du bras, sa baguette à la main. Pour oublier son trac, la jeune femme resserra sa main autour de la sienne dans un signe dût-il comprendre de réconfort. C'était un majestueux manoir mais il y a quelque année, durant la guerre, ce lieu avait été le refuge de Voldemort. Heureusement depuis le temps, l'aura maléfique s'était dissipée. A peine le perron monté que la porte d'entrée s'ouvrit devant eux, un elfe vint les accueillir pour leur retirer leur manteau pendant que Draco s'adressait à une seconde petite créature.

- Dis à ma mère que je suis arrivé.

- Oui maître.

Son accompagnatrice regardait discrètement autour d'elle pendant ce temps. L'extérieur était beau mais n'avait rien à envier à l'intérieur dont elle ne verrait que le hall vaste lumineux par ses nombreuses fenêtres et un lustre de cristal. Le sol couvert de larges dalles noires et blanches étincelantes comme des miroirs. Au centre, un escalier majestueux du haut duquel l'énorme portrait familial dardait sur les invités un regard hautain gris bleu.

Le tic tac de la grosse horloge crevait le lourd silence ainsi que la voix de son hôte qui la fit finalement tressaillir.

- Ca te plait ?

La jeune femme rougit comme une petite fille, prise en flagrant délit de curiosité. C'était pas malin…

- Hm…Acquiesça t'elle toujours aussi gênée.

- Il est dans la famille depuis des générations. Mais la déco est parfois un peu…glauque.

Hermione allait répondre mais une femme qui lui évoqua plus un fantôme qu'une personne faite de chaire et de sang descendit le grand escalier. Vêtu d'une longue robe noire et un voile couvrant ses cheveux blond. Cette tenue donnait l'impression d'une minceur excessive. Voici Narcissa Malfoy…l'ex Gryffondor avala sa salive, sa tension grimpant d'un coup même si l'image du spectre quelle avait en face d'elle était loin d'être effrayante.

- Draco…

Elle avançait comme une somnambule, tendant ses mains devant elle que son fils prit dans les siennes.

- Oui maman je suis là

- C'est mieux pour nous n'est ce pas…Demanda t'elle plus comme une affirmation que comme une réelle question.

- Oui mère

Lucius était finalement rentré à la maison et la souffrance d'une exécution lui avait été épargnée. C'était mieux ainsi, sa mère ne l'aurait sûrement pas supporté. La mais absent, il n'aurait plus été alors qu'une enveloppe vide, un zombi. Au moins Narcissa aurait un endroit pour se recueillir, son mari demeurerait entier. La douleur de son épouse s'en trouverait peut être apaisée.

Après une chaude étreinte que lady Malfoy interrompit finalement au bout d'un instant, elle posa son regard éteint sur la troisième personne présente, semblant tout juste la remarquer.

- Tu as amené quelqu'un ?

Avant même qu'Hermione puisse penser à trouver une parade, son compagnon la devança avec toute l'aisance et le naturel dont il faisait preuve en affaire. De toute évidence, Monsieur Malfoy avait déjà pensé à cette partie délicate de l'entretien.

- Je te présente Emilie.

Dit-il en se tournant à demi pour présenter la jeune demoiselle qui l'accompagnait à sa mère.

- Emilie Stuart.

La concernée ne put s'empêcher de sourire devant ce clin d'œil à leur seconde rencontre. C'était le nom quelle avait elle-même choisit, se faisant passer pour une ingénue stagiaire.

Sans se perdre dans ses souvenirs érotiques tout à fait déplacé dans un moment pareil, la jeune femme fit une sobre révérence quoi que très élégante fasse à son hôtesse.

- Madame, je vous présente mes plus sincères condoléances.

Si Narcissa trouva l'idée qu'avait eu son fils d'amener quelqu'un chez eux pour l'enterrement de son père plus que saugrenue, elle n'en dit rien mais la marque de considération que lui avait faite la demoiselle lui convint et elle acquiesça lentement.

- Je vous remercie…Renchérit lady Malfoy à voix basse.

Draco quant à lui, entoura le dos de sa voisine d'un bras protecteur et expliqua seulement qu'il ne voulait pas se retrouver seuls tous les deux et qu'un soutien moral extérieur lui faisait du bien. Sa mère dû trouver l'explication convaincante car elle dodelina de la tête une seconde fois.

Il fut hélas temps de se rendre sur les lieux de l'inhumation, Draco marcha lentement, soutenant sa mère par les épaules, Hermione les suivait en silence. Devant eux apparu a dernière demeure des Malfoy. Le cercueil était déjà là à coté du caveau ouvert. La pierre tombale en marbre noir contenait des écritures dorées au nom de la famille. Les dates de naissance et de mort de Lucius seraient inscris par le mage après la cérémonie. Blaise et Pansy ne pourraient pas être présents et s'étaient tant mieux pour Hermione car ils auraient vite fait de la reconnaître. Des Aurors demeuraient à leur poste, suffisamment loin pour ne pas gêner la famille ni la cérémonie. Fort heureusement, aucun incident notable ne vint entacher le recueillement des Malfoy, le Mage procéda à ses lectures dans un silence total. Narcissa cachait son nez et sa bouche dans un mouchoir de soie brodé, étouffant ses sanglots, ses yeux bleus ancrés sur le cercueil fermé. Deux pas derrière elle, le jeune couple demeurait également silencieux. Près d'elle, Draco tenait sa main enlacée dans la sienne au moment ou du bout de leur baguette, les employés du cimetière firent descendre lentement le cercueil dans son enveloppe de pierre. Un flot de larmes silencieuses envahis les joues de Narcissa pendant que Draco suivit la manœuvre d'un visage de marbre mais ses doigts eux, se refermèrent plus sur la main douce prisonnière de la sienne.

La lourde pièce de marbre se referma lentement sur le caveau dans un bruit sourd et puis, ce fut le silence. Avec sa baguette, le Mage grava le nom et les dates de naissance et de mort sur la pierre dans un éclair gris.

Lady Malfoy repartit ensuite vers le manoir accompagné du Mage s'appuyant sur sa longue canne. Parler tout en prenant le thé ferait du bien à Narcissa. Elle lança juste un regard à son fils resté en arrière, fixant toujours la tombe fraîche et s'en alla à petits pas. Hermione resta à coté de lui aussi longtemps que nécessaire et même le silence n'était pas pesant. Finalement, ce deuil l'atteignait peut être plus qu'il ne le prétendait.

- Rentrons, je crois qu'il pleut…

La jeune femme sursauta un peu quand sa voix la fit sortir de ses pensées. La journée était particulièrement calme et rien au dessus de leur tête laissait présager une quelconque averse. Hermione allait en faire part à son hôte c'est alors qu'en se tournant vers lui, elle vit une seule kamikaze rouler sur sa joue, ses yeux gris dissimulés par son chapeau. L'ex Gryffondor ouvrit la bouche mais la referma avant de murmurer.

- Oui. Rentrons.

Elle reprit sa main avec douceur et ensemble, ils tournèrent enfin les talons pour retourner à Malfoy Manor.

La journée avait été longue et difficile pour tout le monde