CHAPITRE 27

Le calme du grand duplex lui apporta un peu réconfort. La baie vitrée projetait une lumière omni présente qui rassurait. Malgré ce décor, même ici avec lui, Hermione se sentait en danger, oppressé. Qui ? Qui voulait donc à ce point la détruire ? En la faisant accuser de meurtre, on voulait s'assurer de la faire disparaître…ces hommes de l'ombre auraient aussi bien pu la tuer elle aussi mais non…ils préféraient plutôt l'anéantir, briser sa réputation, quelle se retrouve seule, sans appui. C'était diabolique…

Harry était déjà passé par là pendant toute leur période scolaire, mon dieu…c'était horrible de se sentir épié, en danger constant. Elle en avait la nausée…le jeune homme les avaient eu tous auprès de lui, elle bien sûr mais aussi Ron, Ginny et tous ceux de l'A.D même si ça n'avait pas toujours été facile.

Elle devait s'accrocher, croire en ses proches et ne pas se laisser faire !

Un violent sursaut la secoua lorsqu'une main blanche se posa sur son épaule, Hermione tourna la tête par-dessus son épaule pour voir le visage de Draco la fixer avec circonspection.

- Ca va ?

- Oui oui…

- Tu es toute pâle d'un coup…Accusa t'il, n'étant pas dupe.

Elle ouvrit la bouche, avec une soudain et horrible envie de pleurer.

- Je…

- Eeh…

Il la tourna face à lui, vit ses lèvres trembler et décida d'intervenir avant que les grandes eaux ne se mettent à couler.

- Je suis là ok ? Je vais te sortir de là. Alors…

Son hôte releva son visage, ses pouces passant sous ses yeux, retirant les premières gouttes de chagrin qui s'écrasèrent sous ses doigts.

- Ne pleure pas.

Hermione eut un petit hoquet, ses épaules se soulevèrent puis retombèrent, elle renifla puis finit par acquiescer faiblement.

Elle, avait droit à un luxueux duplex contre une lugubre cellule d'Azkaban et cela, grâce à son statue d'héroïne de guerre. Ca n'était pas juste, c'était du favoritisme mais elle en était heureuse tout compte fait.

- Aller vient, je vais te montrer tes quartiers. Finit-il par dire

Elle acquiesça timidement, elle avait préféré laisser Pattenrond au Terrier, il serait mieux là bas, libre de sortir, de chasser les souris plutôt qu'enfermé dans un duplex aussi spacieux soit-il. Elle savait que les Weasley prendrait soin de lui.

Draco poussa la porte de la chambre voisine de la sienne. Un peu moins grande mais tout aussi agréable avec sa grande armoire, son lit double et son secrétaire.

- Ca te conviens ?

- Mh oui, ça n'a pas l'air trop désagréable.

Comme elle l'avait attendu, elle vit un froncement de nez puis un sourire.

- Je t'en prie ! Ne m'insulte pas. Tu croyais que j'allais te faire dormir dans la cave c'est ça ?

- Avec toi, plus rien ne m'étonne.

Il allait rétorquer mais son Iphone l'en empêcha.

- Malfoy. Annonça t'il en décrochant.

Il écouta un instant puis se tourna à nouveau vers son invitée.

- Prépare toi, nous n'allons pas tarder à partir. Mon avocat nous attend

Sans lui laisser le temps d'en placer une, il la laissa seule, le téléphone toujours soudé à son oreille. Voila qu'il se comportait comme un patron avec sa secrétaire…enfin…elle devrait s'y habituer si dorénavant elle vivait avec lui…

- Non, non et non ! C'est absolument hors de question !

- Mais enfin, ne soyez pas aussi borné. C'est la seule manière de connaître les causes de la mort.

- Hors de question. Je refuse d'entendre parler d'autopsie ! Vous ne découperez pas notre ministre ! Suis-je assez clair ?

Le ministre magique et son homologue moldu faisaient un concours d'éclats de voix depuis maintenant dix minutes et pour le moment, on pouvait dire que c'était le coté sorcier qui avait l'avantage. Quoi que Ramsay, le premier ministre anglais gardait pour l'instant son calme olympien mais pour combien de temps… ?

- Sans vouloir vous offenser Monsieur le Ministre, c'est vous qui m'avait contacté pour me demander de l'aide…

Son opposant laissa échapper un bruit de gorge mécontent oui c'était vrai, il lui avait écrit en catastrophe car l'affaire était de la plus haute importance mais s'il avait su qu'on lui parlerait de cet acte barbare, il se serait abstenu !

- Et puis, sans mauvais jeux de mots, il est déjà réduit à l'état de viande haché…alors je ne vous vraiment pas ce qui vous choque.

Le ministre ouvrit la bouche tel un poisson hors de l'eau. Comment ce maudit bonhomme parlait de leur ministre de la justice ! C'était un scandale !

- Prenez garde à vos paroles Ramsay ou sinon…

- Sinon quoi ? Je vous rappelle que vous avez un meurtre sur les bras.

- Très bien…Reprit froidement son interlocuteur. Que proposez vous dans ce cas ?

- De faire équipe. J'ai des experts qualifiés que je mettrais à votre disposition et ça sans même toucher au corps. Il y a eu d'autres preuves trouvés sur le lieu du crime n'est ce pas ?

Gordon le ministre de la magie, croisa les bras, semblant analyser la situation et la proposition de son homologue.

- A la bonne heure. Alors envoyez les moi, mais ils seront sous nos ordres. Nous sommes d'accord ?

- Parfaitement d'accord. J'attendrais leur rapport avec impatience. Sur ce, Monsieur le ministre. J'ai à faire.

Ramsay se retira par la porte que son secrétaire avait ouvert de l'extérieur. Les deux hommes disparurent du bureau ministériel laissant Gordon face à ses réflexions.

Sully était un avocat très compétant minutieux et acharné, il était considéré dans la capitale comme l'un des as du barreau et pourtant, même lui ne cacha pas à son client que cette affaire s'annoncerait très complexe. Tout jouait contre sa cliente mais plus c'était complexe plus il aimait ça.

- Très bien miss. J'aimerais que vous me racontiez très précisément ce qui s'est passé le soir des faits. N'oubliez rien, car même un petit détail peut s'avérer extrêmement important.

Il se leva de son bureau et tourna le dos au couple, ses mains enlacées derrière son dos.

Comme elle l'avait dit aux Aurors et à la police…Hermione raconta une énième fois la soirée et les événements survenues après le retour du ministre de la salle de bain.

- Donc vous affirmez l'avoir frappé ?

- Je…Un instant elle fut déstabilisée par la question mais, elle ne pouvait pas mentir sur des faits aussi graves. Oui…c'est ce dont je me rappelle…

Quelqu'un d'autre est-il entré dans la suite ?

- Hormis le service d'étage…personne d'autre

- Qu'en pensez vous maître ? Interrogea Draco, silencieux jusque là.

- Je vais demander des expertises de ce que miss Granger et le ministre on mangé et but. Je trouve étrange que le comportement du ministre ait changé si subitement.

- Vous pensez qu'on aurait pu mettre quelque chose dans les fraises ou le champagne ?

- C'est possible en effet

La concernée baissa la tête. Ca ne changerait rien au fait quelle l'avait frappé… l'avocat vint poser une main rassurante sur son épaule.

- Ne vous en fait pas mademoiselle, nous plaiderons la légitime défense. Même si vous êtes reconnue coupable, ce dont je doute, la peine ne sera pas aussi élevée.

- Nous comptons sur vous maître.

- Dès que j'ai du nouveau sur les conclusions concernant le ministre je vous le ferais savoir.

Draco tiqua dans un froncement de nez.

- Que voulez vous dire ?

- Oh, vous n'êtes pas au courant ? Ils ont prévu une autopsie du corps.

- Une…

Ils allaient…découper le ministre ? Merlin…quelle abomination…

C'était bien les moldus d'avoir recours a des méthodes aussi barbares…cela le surprenait que le ministre de la magie ait accepté une telle ignominie.

Hermione, ignorant l'air dégoûté de son voisin, s'était levé pour tendre la main à leur interlocuteur.

- Merci de votre aide monsieur Sully.

- Ayez confiance mademoiselle. Vous êtes entre de bonnes mains.

Il la serra avec chaleur pendant que Draco reprenant ses esprits, s'était levé et sortit à la suite de sa compagne.

- Je t'en prie, arrête de faire cette grimace, ça ne te va pas du tout

- Comment vous pouvez faire pour découper quelqu'un ? C'est…

- Barbare ?

Le blond se contenta d'acquiescer, décidément il ne comprenait pas.

- Pas plus qu'un doloris

- Mais ! On ne touche pas aux morts ! S'insurgea Draco

- Il le faut, si on veut connaître les causes de la mort. C'est très utile

- Je ne comprends pas…Répéta t'il pour la seconde fois

- Ca peut sembler rébarbatif mais les sorciers s'éclaire encore à la bougie et puis cette autopsie me sortira peut être d'affaire…

Elle passa devant lui d'un pas plus rapide et il comprit alors sa bêtise. Il saisit son poignet au passage la faisant s'arrêter.

- Pardonne moi. Je ne voulais pas te faire de peine.

Hermione put se retourner avec un sourire

- Ce n'est pas le cas. Je comprends que cela puisse choquer mais…

Sa phrase resta en suspens, il caressa le bord de sa joue de ses doigts.

- C'est important pour toi

Elle cligna et, l'aurait embrassé si les portes de l'ascenseur ne s'étaient pas ouvertes et que Draco n'ait esquivé son geste au dernier moment.

- L'ascenseur est là.

Ceci dit, il entra dans la cabine la laissant quelque seconde surprise, dans le hall de l'immeuble. C'était bien la première fois qu'il préférait une cabine d'ascenseur à un baiser. Enfin…peut être avait-il autre chose en tête. Hermione finit par lui emboîter le pas et les portes se refermèrent sur eux.

Il était stupide…ça n'était qu'un baiser. Il ne s'était jamais gêné auparavant. Mais ça c'était avant. Avant elle, avant de comprendre. Maintenant, il ne pouvait plus…ça voulait dire trop de choses et il n'y était pas préparé.

Son métier était toujours présent même si pour l'instant elle était juste Hermione. Draco avait été un client et…maintenant…qu'était-il… ? Un pote de galère ? Un…ami ? Quoi que de vrais amis ne s'embrassaient pas et passaient encore moins la nuit ensemble. Non…c'était bien plus que ça mais elle n'avait pas voulu tomber amoureuse, c'était tellement stupide et se réfugier derrière son excuse du « travail » ne tiendrait qu'un temps mais c'était si facile de le voir comme étant sa source de revenu quoi quelle ne serait pas payé pendant son séjour ici. C'était cela, le plus dangereux car ici sous son toit, elle n'était plus escorte et comment faire pour ne pas laisser échapper les sentiments quelle avait pour lui ?

- Encore merci pour…

- Ne me remercie pas, j'y gagne au change.

Il avait décidé d'éviter la tentation en s'enfouissant dans ce qu'il savait faire de mieux le travail. Pianotant frénétiquement sur son macbook depuis qu'ils étaient rentrés. Sa colocataire avait eu le temps de déballer ses affaires et de se doucher. Il n'était pas extrêmement tard mais elle se sentait très fatiguée. Tout ça faisait beaucoup en si peu de temps.

- Tu ne viens pas te coucher ?

- Non j'aimerais travailler encore un peu.

- Bon…

Elle appuya ses deux mains sur ses épaules et se pencha en avant

- Dans ce cas je te laisse tranquille. Pense a dormir un peu

- J'y songerais. Bonne nuit.

Ses mains chaudes quittèrent ses épaules sans qu'il ne décroche son regard de son écran.

- Bonne nuit. Reprit-elle comme un échos.

Draco attendit que la porte de la chambre voisine de la sienne se soit fermer pour stopper son pianotage, il s'adossa contre le haut de sa chaise et poussa un soupir. Ca n'allait pas être facile…ils vivaient ensemble maintenant…comment parviendrait-il à garder son sang froid et cela en toute circonstance ? Pas sur qu'il y parvienne surtout si elle se plaisait à se promener dans ses petites tenues dont elle seule avait le secret.

Ils avaient mangé très simplement tous les deux sans vraiment parler, évitant les sujets importants. Il était conscient de l'avoir « sauvé », lui avoir évité une cellule, et Azkaban. Ce qui signifiait, quelle avait désormais une dette énorme envers lui.

Il serait fort, il ne devait pas craquer quitte à se priver d'elle, il n'avait pas le choix.

Etant donné quelle était assigné à résidence, la jolie captive ne pouvait sortir à sa guise mais ça n'était pour autant pas une raison de louper son année de fac. Une de ses amies lui amenaient ses cours pour quelle ne prenne aucun retard. Un Auror était posté aux alentours, restant discret et presque invisible pour charger à sa sécurité et aussi d'éviter quelle ne s'échappe même si personne doutait de la fiabilité d'une héroïne de guerre.

- Surveiller ?!

- Je sais Hermione. Mais c'est la procédure…nous n'avons pas le choix

La jeune fille soupira, passant une main nerveuse dans ses cheveux et tourna le dos à Harry venu l'avertir de la marche à suivre.

- Je leur ai assuré de ton entière coopération mais il vaut mieux être irréprochable. Au cas ou

- Au cas ou quoi ?

Son ami se contenta de cligner des yeux, il n'avait pas besoin de répondre, Hermione était assez intelligente pour comprendre.

- Et je dois rester enfermée ici h vingt quatre ?

- Tu auras des horaires de sortie, et toujours accompagnée

Nouveau soupir hermionien. Son corps tomba lourdement dans le luxueux canapé.

- C'est un véritable enfer…

Harry sourit vaguement amusé. Il lança un bref coup d'œil au loft, vaste et hi-tech et renchérit sur un ton léger.

- Pourtant j'imaginais l'enfer un peu plus…sombre.

Cela eut le mérite de faire sourire sa voisine à son tour. C'était vrai quelle n'avait pas à se plaindre question confort. Draco avait des goûts de luxe, ça c'était évident et il était fort aimable à lui de la laisser en profiter.

- Alors c'est ici que vit Malfoy. Etrangement la présence de tous ces meubles hors de prix ne m'étonne pas…

- Il aime les jolies choses.

- Ca, je n'en doute pas. C'était sur elle que s'étaient posés ses yeux à présent.

Une adorable rougeur apparue sur les joues de l'ex Gryffondor. Venant de Harry ça ne devait pas la gêner mais…cela faisait remonter à la surface tout ce qui s'était passé entre le beau blond et elle. Elle en eut un gros frisson.

- Je me demande juste…

- Eh bien, parle. A quoi penses tu. Le pressa t'elle.

- Pourquoi.

Un regard interrogateur lui répondit.

- Pourquoi fait-il ça ? Quelles sont ses motivations ?

- Il dit… « qu'il y gagne au change » répéta t'elle mot pour mot l'expression de son hôte hier soir.

Harry tiqua mais ne répondit rien, à quoi bon ? Mais personnellement, il ne proposerait pas la cohabitation avec une jeune femme soupçonné de meurtre sans avoir une arrière pensée autre que de « rendre service »…Et puis c'était Malfoy, il ne faisait forcément pas ça par pur bonté d'âme. Alors que cachait-il ?

Hermione elle, avait sa petite idée sur la question. Ne la gardait-il pas ici pour espérer avoir l'exclusivité ? Surtout après son aveu de ce fameux soir, ou ça avait dérapé entre eux. En plus, elle était surveillée et dieu savait si après cette affaire retentissante, elle n'aurait pas perdu tous ses clients…là c'était certain qu'il y gagnerait au change comme il disait…

Tous les deux allaient passer beaucoup de temps ensemble à partir de maintenant…ça allait être dur. Pourtant, étrangement depuis hier soir, elle avait très peu vu son colocataire, il s'était couché après elle et était partit de bonne heure ce matin, elle avait à peine eu le temps de le voir en coup de vent. Mais peut être n'était ce que le fruit de son imagination, elle aussi était très préoccupée, elle espérait juste qu'il ne s'était pas sentit obligé et que pour lui, elle n'était pas une gêne.

- Monsieur Malfoy ? Interpella Katherine après avoir frappé pour entrer.

- Qu'est ce que c'est ? Comme souvent lorsqu'il voulait réfléchir, son fauteuil de cuir était tourné vers la baie vitrée

- Votre avocat est ici. Il demande si vous désirez vous joindre à lui pour aller voir les résultat de « l'autopsie »

Elle vit son employeur redresser sa jolie tête blonde contre son fauteuil. Ça lui changerait peut être les idées même s'il n'était pas vraiment préssé d'en apprendre plus sur la mort de cet idiot de ministre. Quelle idée de se faire assassiner.

- Dites lui que j'arrive. Répondit-il après le moment qu'avait duré sa réflexion

Sa secrétaire repartit en silence. Elle ignorait ce qui le préoccupait à ce point mais il paraissait dans les nuages ça ne lui ressemblait pas du tout mais elle et Mathilda se gardaient bien de l'interroger.

- Ah, Malfoy.

- Qu'avez-vous appris maître ? Demanda ce dernier une fois sortit de son bureau.

- Mmh pas mal de choses et pas des meilleures. Venez allons y.

C'était du coté moldu qu'ils avaient rendu vous, avec le médecin légiste, cet homme barbare capable de découper un corps en morceau. L'odeur d'antiseptique et d'alcool monta à la gorge du jeune homme. C'est le chef de service qui les reçu dans son bureau une pièce moyenne entièrement peinte dans un bleu pastel.

- On vous écoute doc. Dites nous tout

L'homme, d'une quarantaine d'année impeccable sur lui, portait une blouse blanche totalement immaculée. Il les pria de s'asseoir tous les deux face à lui. Draco fut quelque peu surpris par l'apparence presque « fragile » de leur interlocuteur. Il s'attendait plus à voix un colosse du style de Goyle avec un pantalon tâché de sang et une hache à la main.

- On peut dire que vous avez fait vite. Je viens à peine de terminer mon rapport.

- Les informations circulent vite par chez nous. Justifia l'avocat.

Le médecin remonta ses lunettes, sans relever la remarque.

- Votre bonhomme est arrivé sur ma table à l'état de tartare. J'ai relevé de multiples lésions du visage et surtout au niveau du crâne. C'est ça qui l'a tué.

- Le coup sur la tête ?

- Je ne sais pas quel cou est à l'origine de la mort tant ils sont nombreux. On s'est acharné sur lui. L'arme est un objet contondant du style barre de fer.

- C'est cela. Un barre de maintien de baignoire.

Draco, silencieux jusque là, ouvrit enfin la bouche. Il avait besoin de savoir…d'avoir l'avis d'un professionnel.

- Euh, Docteur. Ce genre de blessures, peuvent elles avoir été causé par une femme ?

Son cœur battait contre sa veine, il avait confiance en Hermione mais, elle-même affirmait que c'était elle qui l'avait frappé. Alors ou était la vérité ? Que c'était-il passé dans cette suite ? Son avocat le regarda d'un air vaguement angoissé avant de se reconcentrer sur le légiste. L'homme tourna son regard sur le plus jeune de la pièce.

- Difficile à dire. Il remonta à nouveau ses lunettes d'un geste presque compulsif. Les coups portés on été violents et acharnés et cela dépend de la personne. Et si elle était sous l'emprise de drogue ou d'alcool.

- L'accusée a prétendu n'avoir bu qu'un fond de champagne.

- Humhum. Et bien si j'étais vous messieurs, je demanderais une analyse toxicologique de la dite accusée.

Nouveau regard conjoint des deux hommes présents dans le bureau puis l'avocat reprit la parole.

- Est-il possible d'en obtenir une de la victime également docteur ?

- Bien sur. Il est toujours stocké dans notre chambre froide en attendant son rapatriement. Je vais faire tous les prélèvements nécessaires.

Ceci dit, il se leva obligeant ses deux futurs à en faire de même.

- Maintenant si vous voulez bien m'excuser, mon prochain patient m'attend.

Il serra les deux mains non sans une hésitation pour le jeune blond et les reconduisit à la porte du bureau.

- Dans combien de temps aurons nous les résultats de ces tests ?

- Oh pas avant deux semaines minimum

- Deux semaines ?! S'écria Draco sans avoir pu s'en empêcher.

- Ce genre de test est très complexe surtout dans une affaire criminelle Monsieur Malfoy et le laboratoire n'a pas que votre cas à traiter. Estimez vous heureux que ça ne soit pas plus long. Bonne journée messieurs.

Il les salua et les laissa seuls à l'entrée du couloir.

Draco rentra en traînant les pieds, la journée avait été longue et riche en émotions. Pas forcément des meilleures d'ailleurs…quinze jours minimum…combien de temps seraient-ils colocataires ? Peut être avait-il eu tort de la garder avec lui…l'ascenseur l'emmena, toujours aussi pensif jusqu'à son étage. Lorsqu'il entra enfin chez lui, il lui sembla qu'un ouragan était passé là. Homme extrêmement occupé, il lui parfois…souvent…de laisser traîner dossiers, tasse à café, veste un peu partout dans le loft mais là…à son retour, sols et meubles impeccables, douce odeur de détergeant à l'eucalyptus et cuisine rangée sans trace de vaisselle sale par contre quelque chose mijotait doucement sur le feu faisant voler une odeur délicieuse de bouillon et d'épices.

Draco cligna des yeux, un bruit discret lui indiqua que le gros cube blanc dans sa salle de bain était en train de faire un cycle. Par contre, aucune trace de sa colocataire dans le salon et la cuisine.

Il la trouva finalement dans sa chambre, agenouillée contre le lit ou était étalés plusieurs chemises fraîchement lavées ainsi que deux pantalons. De toute évidence, elle n'avait pas lambinée car elle s'était assoupie là, avant même d'avoir rangé le linge. Le jeune homme esquissa un sourire. Elle ne s'arrêtait donc jamais elle non plus ? Peut être s'activait-elle ainsi pour ne pas devenir folle de rester enfermée. Doucement, le maître des lieux se pencha et toucha du bout des doigts l'épaule fine de l'endormit. Hermione tressaillit sensiblement mais ne se réveilla vraiment que lorsqu'une voix masculine penché à son oreille lui parla bas.

- Tu vas prendre froid si tu t'endors là.

Lentement, la dormeuse se redressa, le dos un peu raide car sa position restait inconfortable.

- Je ne t'ai pas fait venir ici pour avoir une soubrette. Enchaîna t'il directement.

Hermione ne se donna même pas la peine de répondre, elle était encore fatiguée toute cette histoire l'empêchait de dormir la nuit et puis…elle devait sans cesse être sur ses gardes quand il était là. Tout ça demandait beaucoup d'énergie.

- Je devais m'occuper. Dit-elle juste avant de reprendre sa tâche la ou elle l'avait laissé.

Elle s'empara d'un cintre et entreprit de mettre les belles chemises de soie en suspension. Elles sentaient une fleur tropicale, un délice. Une main saisit le crochet du cintre, l'arrêtant dans son geste.

- Alors laisse moi faire ça.

- Je n'aime pas…

- Tu n'es pas là pour faire ça. Je vais le faire. Répéta son homologue.

La jeune femme ouvrit la bouche pour répliquer mais il posa son index sur ses lèvres.

- Si tu allais voir ou en est le dîner ? Ca sent trop bon pour le laisser brûler.

Sans trop savoir pourquoi, Hermione sentit ses joues rougir. C'était absurde, elle avait l'habitude d'être avec lui mais qu'il lui fasse des compliments…

Elle hocha la tête presque timidement et s'enfuit de la chambre, pourquoi mon dieu avait-il fallu que ce soit lui ? Tout aurait été tellement plus simple…c'était de la torture…comme si elle ne pouvait pas le toucher au risque de se trahir. Il ne fallait pas. Elle n'aurait peut être pas dû accepter son offre aussi facilement.

Elle devait se calmer, ils avaient passés tant de soirées seuls tous les deux, pourquoi celle-ci serait différente ?

Hermione respira profondément et décida d'allumer la radio, un peu de musique la distrairait sans doute !

Une bonne douche, ça faisait du bien. Dans la brume chaude de la salle de bain, Draco dégagea le miroir de sa buée pour s'y regarder. Il devait se montrer prudent, la soirée ne faisait que commencer et ils allaient la passer ensemble. Il se sentait déjà stupide de ne pas pouvoir agir comme d'habitude, ça semblait inscrit sur son front. Il devait tout faire pour que ça ne se voit pas, elle ne devait rien remarquer, rien soupçonner.

Vivre avec quelqu'un, même avec Ron, elle n'avait pas été jusque là. Trop éprise par sa liberté mais aujourd'hui, elle lui avait été arrachée. On pouvait tomber pire comme prison mais elle allait vite devenir folle à tourner en rond ici…voila pourquoi elle avait tout rangé, tout récuré. Peut être était-il fâché… ? Il était étrangement silencieux et semblait vouloir passer le moins de temps possible en sa compagnie. Pourquoi ?

Draco allait se coucher longtemps après elle et quand elle se levait, elle avait à peine le temps de le voir cinq minutes qu'il partait déjà travailler. De plus, seulement Harry était autorisé à venir lui rendre visite. Le jeune Potter lui apportait des lettres de Ginny et de Ron sans oublier ses amis de fac.

- Et Malfoy ? Demanda t'il en regardant la longue table de travail près de la baie vitrée.

- Souvent absent. Répondit Hermione les yeux rivés sur la lettre de Ginny.

- Son travail doit lui demander pas mal de temps.

- Mh…

Harry se reconcentra sur sa voisine. Son son de gorge avait paru songeur.

- Y aurait-il autre chose ?

- Je ne sais pas trop…j'ai l'impression qu'il m'évite.

- En voila une idée. C'est bien lui qui a proposé de t'héberger non ?

- En effet mais je le voyais plus souvent quand j'étais à son service. Alors que maintenant…

Le jeune homme se tourna entièrement vers elle et prit le temps de la scruter de ses deux émeraudes.

- Ca t'ennuie ?

- Hein ?

Enfin, Hermione releva les yeux vers son camarade qui la fixait avec une lueur d'amusement. Mais elle détourna son regard sans répondre. Elle s'était sûrement déjà grillée et Harry n'était pas dupe. Elle en eu la confirmation lorsqu'il demanda le plus sérieusement du monde :

- Hermione, tu l'aimes ?

Elle était majeure et vaccinée mais cet homme là, n'était pas n'importe lequel c'était Draco Malfoy et même s'il n'avait pas été ennemis pendant la guerre, son nom suffisait. Dans quoi s'embarquait Hermione ? Le savait-elle au moins ? Un simple clignement répondit à sa question. Harry ferma les yeux un bref instant en refreinant un soupir puis dis dans un sourire malgré tout.

- Ne dit surtout pas ça à Ron.

Cela eu le mérite de la détendre à son tour et de la faire sourire.

- Pardon…

- De quoi ? Harry haussa les sourcils

- De te causer autant de soucis…

- Oh tu sais. Dit-il avec entrain en haussant les épaules. Les soucis j'y suis habitué. On va te sortir de là. Je te le promets

Ca lui faisait du bien de voir quelqu'un d'autre que Draco. Enfin…les rares fois ou elle voyait son colocataire…et pouvoir parler ainsi à un ami, ça lui semblait une éternité quelle était enfermée ici. Et pour couronner le tout, elle avait l'horrible impression de vivre avec un fantôme. Elle ne cherchait même plus à attendre qu'il rentre du travail, dînait seule et allait se coucher alors qu'il n'était toujours pas rentré. Seulement qu'y faire ? Elle avait encore plus l'impression de s'imposer. Malfoy était si impénétrable…