CHAPITRE 44
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La potion préparée par Hermione fit du bien au malade, même s'il eu tout mal du monde à avaler cette horreur à la couleur de pétrole. Pour lui ça revenait à de la torture mais en deux jours, ses symptômes avaient quasiment disparu et il pu redevenir aussi tyrannique qu'avant.
- Katherine !
- Oui !
Courant presque jusqu'à la chambre du convalescent, sa secrétaire s'arrêta non loin du lit ou il était assit, un coussin contre son dos.
- Que désire Monsieur ?
- Ou sont mes dossiers ? Et mon Mac Book ?
Embarrassée, la jeune femme baissa les yeux, ses deux mains contre son ventre.
- Euh…
Malfoy arqua un sourcil, dubitatif.
- Eh bien ? Je vous ai posé une question alors faites moi le plaisir d'y répondre.
- C'est que…
Elle tenta de lever les yeux mais le ton qui lui répondit lui fit changer d'avis
- Je perds patience…commença à gronder son employeur.
- C'est Miss Granger qui…
- Hermione ?
Renchérit le malade clairement surpris. Katherine acquiesça timidement, gênée.
- Elle m'a expressément demandé de vous confisquer vos…
- Pardon ? Reprit-il encore plus surpris voir abasourdit.
- Elle veut que vous vous reposiez….
Dit la petite voix timide de sa secrétaire. Sa fiancée l'avait en effet chargé d'une mission bien délicate…annoncer la nouvelle à Draco et par conséquent, se prendre la tornade sur le coin du nez.
- Katherine. Votre patron c'est moi et non elle. Vous l'auriez oublié ?
- Vous étiez au plus mal et il a fallu faire au plus pressé pour…
- Ca je m'en contre fiche. Le coupa t'il sans vergogne. Je deviens déjà dingue de resté enfermé dans cette chambre ! Alors si en plus je ne peux pas m'avancer dans mon travail vous allez en prendre pour votre grade ! Apportez moi mon travail c'est compris ?
- Je…je regrette…c'est impossible…
Il fit claquer ses mains sur la couette d'un geste rageur qui la fit sursauter comme une fillette prit en faux.
- Et pourquoi ?!
- Elle…elle les a prit avec elle…
Hermione se doutait bien de la réaction qu'il aurait, elle le connaissait aussi bien que ses deux pauvres femmes qui avaient le malheur de travailler pour lui…en guise de précaution, elle avait donc prit les devant et en partant du duplex elle avait prit l'ordinateur et les papiers de Monsieur.
Un grondement sourd suivit sa déclaration. Katherine n'osa pas le regarder. Draco cherchait de vue sa baguette mais elle aussi avait « mystérieusement » disparu. Elle le prenait pour un gamin ma parole ! Il était prit en otage dans sa propre chambre ! Il renifla tel un chat mécontent et lança d'un ton menaçant :
- Sortez !
Katherine obéit sans demander son reste. Il était terrifiant et on aurait presque pu discerner une aura rouge autour de lui. Vivement que la fiancée de Monsieur revienne…elle craignait qu'il ne veuille s'échapper de son lit surtout maintenant qu'on lui avait tout confisqué…
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Hermione soupira et recula le siège de cuir du bureau en bois massif. Quel travail…
Elle savait bien que Draco n'était pas un feignant et ses deux secrétaires non plus d'ailleurs. Mais il restait cependant une quantité de travail colossale même à trois…sans oublier toutes les autres personnes qu'il avait sous ses ordres mais personne appart Katherine et Mathilda n'étaient aussi proches de lui…
Hermione ne savait même pas si les petits employés en bas de l'échelle avaient un jour déjà vu leur patron…
Elle avait mal aux yeux à rester aussi longtemps devant un écran…et entre les mails, les coups de téléphone, les rendez vous et les investisseurs de tous les clubs dispatchés aux quatre coins du monde, elle commençait à avoir également la migraine.
La jeune femme jeta un œil aux affaires de Draco, son précieux Mac Book, son téléphone et ses dossiers. Elle s'en voulait un peu d'avoir laissé la pauvre Katherine seule avec le dragon mais si elle voulait faire avancer le travail il fallait bien quelle quitte son poste d'infirmière. Et puis la potion marchait bien, d'ici le week end il serait sûrement entièrement remis. Elle avait presque oublié le diner de fiançailles avec tout ça…mais dans deux jours maintenant, elle affronterait tout le gratin qu'il s'était chargé d'inviter. Ils auraient du diner tous les deux avec Narcissa Malfoy ce soir mais vu dans l'état ou se trouvait Draco, Hermione avait cru bon d'annuler. Katherine s'était chargé d'envoyer un hibou à Lady Malfoy pour l'avertir.
Bon aller ! Encore une heure de travail et elle pourrait aller retrouver son gros bébé. Lentement elle se rapprocha du bureau pour reprendre son épluchage de papiers. Quelle corvée… et cela même si elle n'avait pas perdu son gout immodéré pour le travail.
« toc toc… »
- Entrer ?
- Mss Granger, Maître Sully est ici.
- Très bien. Faites le entrer merci.
La jeune femme se redressa correctement dans son fauteuil lorsque Mathilda fit entrer l'avocat. Sully fit des yeux ébahit en voyant la scène.
- Eh bien, eh bien ! Qu'avons-nous là ? J'ignorais que Malfoy avait une nouvelle employée.
- Bonjour maitre.
Il vint jusqu'au bureau pour baiser le haut de ses doigts avec un sourire.
- Que faites vous là ?
- Je joue les remplaçantes.
- Les remplaçantes ?
- Il a attrapé une mauvaise grippe, il est donc cloué au lit.
- Eh bien, eh bien. Répéta Sully en caressant la pointe de sa moustache. Et il est au courant de votre…. « remplacement » ? Demanda t'il l'air malicieux de quelqu'un qui savait déjà la réponse.
Hermione secoua la tête dans un sourire d'excuse.
- Je m'en doutais bien.
- Vous le connaissez aussi bien que crois qu'il fera un malaise quand je lui dirais.
- Il y a des chances. Dit l'avocat en riant. Mais c'est un bon moyen pour lui éviter de prendre du retard.
La jeune femme acquiesça et se tourna à demi vers la bai vitrée.
- Mais il y a tellement de travail que j'ai du mal à m'en sortir seule…
- Mais si vous êtes ici…alors qui veille sur lui ?
- C'est Katherine.
Sully fit une grimace comme s'il venait de se faire mal, la pauvre femme…il la plaignait bien sincèrement…déjà en pleine forme il était dur alors malade…
- Oui je sais…mais je n'avais pas le choix…ou les dossiers s'accumulaient sur son bureau…je m'en veux d'avoir abandonné la pauvre Katherine à son sort…surtout que je lui ai confisqué tous ses outils de travail…
- Comment ? Vous lui avez confisqué ?
Un grand éclat de rire le secoua de la tête aux pieds. Cette petite ! Elle n'avait peur de rien ! Epatante, elle était épatante. Elle était réellement parvenue à dompter le lion blanc Malfoy/
- Mais dites moi, qu'êtes vous venu faire ? Je n'ai pas vu de rendez vous avec vous sur l'agenda.
- Non en effet. Mais il m'avait chargé de lui remettre un dossier d'enquête de première importance.
Il sortit une pochette cartonnée de son attaché case et le posa sur le bureau.
- Je suis donc venu dès qu'il a été complet.
- Je vois. Je le lui remettrais.
- Vous avez l'air d'avoir oublié cette méchante histoire. J'en suis rassuré.
- Oui, grâce à vous. Merci de m'avoir défendu.
- Mais je n'ai fais que mon travail, et ça semblait tenir à cœur de mon client.
Hermione rougit sans même s'en rendre compte et baissa un peu la tête. Draco était quelqu'un de placide et qui ne montrait quasiment jamais ses émotions. Ils étaient fiancés certes mais il ne lui disait pas « je t'aime » pour autant.
- Je suis satisfait que vous puissiez faire fondre son cœur de glace.
- N'exagérons pas…
- Bien. Passez le bonjour au malade. Je vais déjà devoir prendre congés.
- Je n'y manquerais pas. Merci pour le dossier.
- J'ai été ravi de l'apporter et donc de vous revoir. Ce fut une agréable surprise. Courage avec le malade.
Mathilda lui ouvrit la porte et Sully prit congés. Elle allait apporter ce dossier à Draco dès quelle rentrerait, le pauvre était puni dans sa chambre et elle pensait bien qu'il ne l'accueillerait pas avec un sourire quand elle rentrerait…mais il devait se reposer. Mettre le nez dans ces maudits papiers ne l'aiderait pas à aller mieux.
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Lorsqu'elle rentra enfin, Katherine l'accueillit avec un air de soulagement non dissimulé. Elle en aurait presque pleuré, si elle n'avait pas autant de self control. Son démoniaque employeur était presque parvenu à la pousser dans ses derniers retranchements. Elle se sentait à bout de nerf. Hermione laissa sa voisine récupérer sa veste et son sac.
- Il a été dur avec vous.
Dit-elle de façon certaine créant la surprise chez la secrétaire. Katherine la regarda avec étonnement.
- Je m'en excuse, c'est entièrement ma faute. Je me doutais bien qu'il ne sauterait pas de joie.
- Non, ne vous en faites pas.
- Si, je n'aurais pas dû vous laisser seule avec lui. C'était une punition bien cruelle et pas méritée.
La sorcière posa une main amicale sur l'épaule de son aînée pour l'apaiser.
- Ne vous inquiétez plus. Vous pouvez rentrer, je vais me charger du monstre.
- Vous êtes sure… ?
La fiancée de monsieur hocha la tête avec affirmation, la pauvre Katherine avait bien assez souffert aujourd'hui, c'était à son tour maintenant mais Draco ne lui faisait pas peur, elle n'était ni son employée, ni son esclave. Elle attendit que son aînée soit partit pour respirer un grand coup afin de se donner du courage.
Après avoir frappé à la porte de la chambre, elle entendit un vague grognement mais se permit quand même d'entrer. Draco était toujours couché, la couette le recouvrant presque totalement.
- Draco ? Je suis rentrée.
Elle contourna le lit et n'eut même pas une réponse. Hermione s'assit près de lui et reprit d'un ton amusé.
- Tu boudes ?
- …Ca t'amuse de me torturer….grogna t'il sous la couette.
- Ne fait pas l'enfant, tu es ridicule.
D'un bond, il se redressa assit dans le lit, la couette retombant sur ses jambes.
- C'est toi qui me considère comme tel ! Tu m'as confisqué mon travail, tu peux m'expliquer à quoi tu joues ?!
Ignorant sa tirade elle le scruta avec sévérité mais sans perdre son calme.
- Et toi, tu n'as pas honte de terroriser ainsi tes employées ? Elle a veillé sur toi, tu as une singulière façon de montrer ta gratitude.
- Si tu ne m'avais pas cloitré ici, ça ne serait pas arrivé.
- Alors prend toi en à la bonne personne au lieu de te défouler sur ta secrétaire. Elle n'a fait que ce que je lui ai demandé.
Draco fronça le nez comme à chaque fois qu'il était mécontent ou contrarié. Ou bien les deux à la fois.
- Tu n'oserais pas me martyriser comme ça si j'étais en pleine forme.
- Tu crois que je me gênerais ? Tu ne me fais pas peur figure toi et c'est ça votre problème Messire. Vous ne supportez pas ceux qui ne tremblent pas devant vos gros yeux.
- Beuh ! C'est fau !
S'insurgea-t-il avant de tousser un bon coup. Hermione se dépêcha de lui tapoter le dos en douceur pour l'aider à se calmer et lui servit à boire avant de le recoucher.
- Tu es encore convalescent n'oublies pas. T'énerver n'est pas bon pour toi.
- Très drôle…
Comme le sale gosse qu'il était, il remonta la couette jusqu'à son nez. Elle sourit, amusée. Elle espérait par contre que Katherine ne serait pas trop traumatisée par cette expérience…Quant à elle, elle ne lui avait toujours pas annoncé la couleur, à propos de son travail.
- Dit…Draco…
- Mmh…grogna t'il.
Elle se coucha contre lui, au dessus de la couette. Sa chaleur et sa présence lui fit du bien et lui avait manqué mais il fit genre de ne rien en montrer. Elle faisait ça pour l'amadouer il en aurait mit sa main à couper ! Sa tête contre son épaule couverte par l'édredon elle parla doucement, leur pseudo dispute était déjà qu'un lointain souvenir.
- Vous avez trop de travail, même à trois…tu devrais embaucher une personne supplémentaire.
Surpris il tourna la tête dans sa direction.
- Pourquoi me dis tu ça ?
- Parce que c'est la vérité. Regarde toi, tu ne fais que ça travailler. Et même tes secrétaires n'arrivent pas à abattre tout le travail nécessaire. Il y a bien trop à gérer.
- Depuis quand tu t'intéresse à mes affaires ?
- Depuis que tu ne m'as pas laissé le choix. Il a bien fallu que je te remplace pendant ton absence.
Madame Polignac sortit son chien, un petit spitz blanc pour sa deuxième promenade quotidienne. Le couloir était sombre alors elle l'alluma, son petit chien tenu en laisse. Elle s'apprêta à fermer sa porte lorsqu'un cri provenant de deux portes à coté de la sienne ne la fasse sursauter elle et son chien.
« TU AS QUOI ?! »
Le chien lui échappa des mains et fila se cacher dans l'appartement alors que la porte n'était que entrouverte. C'était son voisin semblait-il, qui avait hurlé, son cri avait résonné dans tout le couloir mais à cette heure, les travailleurs n'étaient pas encore rentré. Cela faisait deux bons jours quelle n'avait vu le jeune blondinet par contre des femmes faisaient souvent des allées et venues. Le petit fripon…il y en avait vraiment qui passait du bon temps ! Quelle époque !
- Chuuut enfin ! Tu vas ameuter tout le voisinage !
- Tu n'aurais jamais du faire ça sans m'en parler !
- Je l'aurais fais mais tu étais plongé dans le coma je te rappelle !
- J'espère que tu n'as pas fait de catastrophe !
Les bras croisés, elle lui lança un regard hautain et le plus glacial quelle avait en réserve. Que elle ! Hermione Granger, la studieuse Gryffondor fasse des catastrophes dans le travail ! Ca ne s'était jamais vu et ça ne se verrait jamais ! Pour qui la prenait-il à la fin ? Pour la dernière des idiotes ?
- La confiance règne à ce que je vois !
- Ce travail c'est toute ma vie, et tu n'es pas spécialisé dans le domaine des affaires, tu n'aurais jamais dû faire ça.
Reprit-il avec un peu moins d'aigreur mais toujours aussi agacé. Il détestait quelle prenne ce genre d'initiative.
- Ca je le sais très bien figure toi. Je me demande même s'il ne passe pas avant moi ce maudit travail. Renchérit Hermione avec amertume.
Elle se leva du lit ou elle était assise. Draco ouvrit la bouche pour répliquer mais sa fiancée ne lui en laissa pas l'occasion.
- Tu étais dans un sale état et cette réunion était primordiale alors qu'est ce que j'aurais du faire d'après toi ? Rester les bras croisé à attendre que ça se passe comme une gentille fille ? Je l'ai fais pour toi, pour te rendre service et t'éviter des ennuis.
Finissant sa tirade, elle lui tourna le dos et baissa la tête, parlant cette fois bien plus bas.
- Je n'aurais jamais cru me heurter à autant de mépris et d'ingratitude…Elle eut un petit rire pincé. Si jamais su….je me serais abstenu.
Elle reprit son téléphone et sa baguette sur la table de chevet à la vitesse de l'éclair. Malfoy tendit la main mais elle déclara :
- Je m'en vais. Reposes toi bien.
- Hermione attend ! Hermione !
Sourde à ses appels, elle quitta la chambre à grands pas, récupéra son sac et son manteau et sortit.
Furieux, Draco envoya valser la bouteille de potion et le verre propre qui dormait sur la table de chevet. Il s'en voulait d'être aussi emporté mais ça avait été plus fort que lui. Pourquoi fallait-il toujours quelle veille lui prouver sa supériorité ?! Il avait eu des raisons de crier alors il ne s'excuserait pas ! Un point c'est tout ! Elle était trop fière et miss-je-sais-tout ça lui servirait de leçon de faire des choses en douce. Elle reviendrait lui demander pardon il en était sur !
Mais, hélas, Draco déchanta vite. Il n'eut aucune nouvelle d'Hermione ni ce soir là, ni même la journée qui suivit. Ils dinaient pourtant ensemble le soir même à Malfoy Manor afin quelle soit officiellement présenté à Narcissa. Il ne lui écrirait pas le premier ! Hors de question ! Ca serait une marque de faiblesse !
Allant de mieux en mieux, il avait pu se lever de son lit pour aller dans le salon enveloppé dans son épais peignoir de chambre. Il vit sur la table basse, sa baguette ainsi que son ordinateur et ses dossiers. A son retour elle les lui avait ramenés sachant très bien à quel point monsieur tenait à son travail. Le temps c'est de l'argent s'évertuait-il à répéter. Combien de fois l'avait-elle entendu dire. Ce luxueux duplex semblait à présent bien froid sans elle…mais il ne lui écrirait pas, il avait sa fierté.
