Je sais. J'avais dit dimanche. Mais que voulez-vous, vous avez été tellement gentils et adorables avec moi que je n'ai pas pu m'empêcher de poster avec un jour d'avance pour vous remercier. J'espère que la suite (et fin) sera à la hauteur de vos attentes !
Encore une fois, merci beaucoup à Orange-Sanguine pour le soutien et les conseils, et à Bruniblondi pour la relecture rapide et efficace ! Bonne lecture à tous !
OoO
- Gérard, j'ai lu quelque chose que je n'ai pas compris.
- Ça ne m'étonne pas de ta part, Stiles.
- Pourquoi certains loups-garous atteignent un nouveau stade d'évolution ?
- Parce qu'ils fusionnent complètement avec leur côté bestial. Ils deviennent de véritables animaux, et ça se traduit physiquement. Ce sont les pires monstres.
- Mais Joséphine...
- T'a attaqué sans raison dès qu'elle a atteint ce stade. Maintenant, tais-toi et concentre-toi sur ces recherches.
OoO
Stiles ne savait toujours pas comment réagir. La veille, Derek lui avait révélé l'existence des loups-garous en se retransformant devant lui. Il avait pu éviter de donner une réaction immédiate en feignant le choc, disant qu'il devait retourner chez lui ou aller à l'hôpital pour faire examiner sa blessure. Mais bientôt, Derek et lui allaient devoir parler et le jeune chasseur était totalement perdu.
L'alpha Hale était un vrai loup. C'était une compétence extrêmement peu répandue. Très peu de loups-garous se transformaient en vrais loups. Heureusement, d'ailleurs.
La dernière fois que Stiles avait vu ça, c'était quand il était enfant. Joséphine avait une enfant adorable, la meilleure amie de Stiles, avant qu'elle ne se transforme soudainement en bête sauvage assoiffée de sang. Il l'avait tuée pour se protéger, et c'était quelque chose que le jeune chasseur avait toujours regretté. Ça avait marqué la fin des dernières parcelles de son innocence, et le début de sa haine contre les loups. C'était à ce moment-là que Gérard lui avait tout révélé sur la mort de ses parents. Et Stiles ne comprenait toujours pas ce qu'il s'était passé pour que Joséphine change comme ça du jour au lendemain.
Gérard lui avait dit que c'était parce que le loup-garou devenait plus animal, mais Derek avait eu l'air parfaitement en contrôle de lui-même. Il l'avait protégé, sauvé, même. Sans rien demander en échange. Il n'avait même pas insisté pour que Stiles fasse quoi que ce soit, il l'avait juste raccompagné (sous forme de loup) jusqu'à chez lui pour être sûr qu'il ne lui arrive rien. Ce n'était pas du tout les actions d'un loup hors de contrôle.
Et il ne pouvait s'empêcher de se demander pourquoi Derek décidait maintenant de lui révéler son état de loup-garou. Qu'est-ce qui avait changé dans leur relation pour que l'alpha décide de se dévoiler au grand jour ? Au sens propre comme au figuré, songea le jeune chasseur en se souvenant des cuisses musclées et des hanches étroites de son pseudo-partenaire.
Stiles devait maintenant simuler une réaction à cette révélation, tout en évitant de se trahir. Il devait donc mentir sans mentir. Comment allait-il faire ?
C'est ce qu'il se demandait encore aux portes du loft de Derek, quand Derek vint lui ouvrir, et quand il se trouva enfin devant lui. Il ouvrit la bouche pour parler et -
« Vous avez de la fourrure partout quand vous vous transformez ? »
- sortit une bêtise monumentale. Ça eut le mérite de briser un peu la tension, Derek eut même un petit ricanement.
« Ça, tu vas devoir le découvrir par toi-même, Stiles. »
Celui-ci rougit quant à ce que Derek impliquait. Mais il ne se laissa pas déphaser plus longtemps et poursuivit.
« Plus sérieusement, ce qu'il s'est passé hier, waouh. Je m'attendais vraiment pas à un truc comme ça. J'ai cru mourir quand l'autre loup-garou m'a attaqué, et tu es venu me sauver, mais je me demande pourquoi ? Ça fait pas si longtemps que ça qu'on se connaît, pourquoi tu as décidé de me révéler ton secret ? Comment tu peux être certain que je vais le garder ? Tu as une meute, comme des vrais loups ? J'ai fait des recherches, les loups sont des animaux sociables, ils ont besoin d'une meute, du coup, je pense que oui. Isaac est un loup aussi ? C'est toi qui l'as mordu ? Et les autres ? Ils sont ta meute ? Vous aimez les chats ? Vous vous transformez à la pleine lune, du coup ? Vous pouvez attraper des puces quand vous vous baladez transformé en forêt ? Tu sais parler aux chiens ? »
Derek eut l'air un instant perdu sous le flot de questions de Stiles. Il le dirigea vers le canapé, lui fit signe de s'asseoir. Puis il ouvrit la bouche.
« Bonjour. Tu veux quelque chose à boire ? »
Stiles eut l'air gêné un instant.
« Salut, Derek. Désolé, je crois que je me suis un peu laissé emporter. Je veux bien un coca. »
Le loup-garou se dirigea vers le frigidaire et en sortit deux canettes de soda. Il en garda une pour lui et tendit la seconde à son invité. Celui-ci l'ouvrit, en but une gorgée et regarda Derek s'asseoir sur le fauteuil à côté de lui.
« Oui, je suis un loup-garou. Je te fais confiance, Stiles, et je pense sincèrement que tu es quelqu'un de bien. C'est pour ça que j'ai décidé de te confier mon secret. Je sais que tu n'en feras pas mauvais usage. »
Stiles sentit la culpabilité poindre son nez. Derek ne savait pas qui il était réellement... Cela commençait à lui peser sur la conscience. Le plus âgé n'eut pas l'air conscient du trouble de Stiles. Il but une gorgée pour s'éclaircir la voix et continua.
« Pour les questions plus... Triviales... Je déteste les chats. Mais ça n'a rien à voir avec la lycanthropie, c'est juste que j'y suis allergique. Ça faisait bien rire ma mère, d'ailleurs. J'aime bien les chiens, même si je ne leur parle pas comme tu le sous-entends. Ils sentent simplement que je suis plus haut qu'eux dans la hiérarchie et ils savent donc qu'ils doivent m'obéir. Je n'ai jamais attrapé de puces. Et nous pouvons nous transformer quand nous le voulons. »
En prononçant ces mots, il laissa ses crocs pousser légèrement et ses yeux devenir rouges. Il secoua légèrement la tête, retrouvant ses traits humains.
« La pleine lune amplifie simplement nos sens et accentue nos instincts. Notre loup est plus proche de la surface. »
« Si ça se trouve, tu attrapes des puces. Mais tu guéris tellement vite que tu as pas le temps de te gratter ? »
Derek fronça les sourcils.
« Comment tu sais que je guéris plus vite ? Je ne te l'ai encore pas dit. »
Stiles déglutit. Punaise, il avait parlé trop vite !
« J'ai fait des recherches. Les loups-garous existent, je n'allais pas laisser passer ça sans me plonger à fond dans les recoins d'internet pour essayer de trouver tout ce que je peux. J'ai lu que les loups-garous guérissent plus vite, qu'ils ont les sens bien plus aiguisés que nous ainsi qu'une force surhumaine. Je dois avouer que je suis fasciné, et je veux tout savoir ! Tout ce que tu voudras bien me dire, en tout cas. »
Si Derek releva la manière dont son cœur avait accéléré sous la nervosité, il n'en laissa rien paraître. Il lui lança simplement un regard taquin.
« Oh, mais je vais tout te montrer ! »
Stiles fit un grand sourire.
« Je vais commencer par te montrer ce que ma langue sait faire à la tienne. »
Stiles sentit son sourire se figer.
OoO
- Stiles. Avant de t'envoyer chercher l'artefact, je veux m'assurer que tu saches quoi faire.
- Je ne comprends pas. Que voulez-vous dire ?
- Viens dans mon bureau ce soir. Je veux que tu saches tout ce qu'une langue peut faire.
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Deux mois s'étaient encore écoulés depuis cette soirée et Stiles était de plus en plus perdu. La révélation que Derek lui avait faite les avait rapprochés, même si techniquement, Stiles connaissait déjà son secret avant.
En fait, Stiles n'arrivait tout simplement pas à comprendre la situation. Il n'arrivait pas à comprendre pourquoi Derek lui avait révélé son statut de loup-garou. Cela n'avait aucun sens. La théorie première de Stiles selon laquelle Derek essayait de se rapprocher de lui pour atteindre sa famille ne marchait pas du tout, puisque l'alpha n'avait pas l'air de s'intéresser aux Argent le moins du monde. Pareil pour Scott. Alors dans ce cas, pourquoi Allison était-elle une part aussi intégrante de la meute ?
Se pouvait-il que Scott et Derek soient sincères dans leurs sentiments ? Stiles avait beau retourner la situation sous tous les angles, il ne voyait que cette solution. Mais dans ce cas... Il entendait depuis son enfance que les loups-garous étaient des monstres incapables de sentiments, qu'ils n'étaient que des bêtes sanguinaires attendant le bon moment pour frapper. Cela ne collait pas du tout.
Et il commençait à remettre en cause toute son éducation de chasseur. Si Gérard lui avait menti sur ça, sur quoi d'autre avait-il menti aussi ? Comment pouvait-il faire confiance à l'homme qui, après tout, ne lui avait jamais témoigné le moindre intérêt personnel. Mais d'un autre côté, était-il vraiment prêt à remettre en cause tout ce qu'il savait juste pour une meute ? Juste pour quelques mois de gentillesse et d'attentions ? N'était-ce peut-être justement pas ça, le plan des loups ?
Quoi qu'il en soit, il commençait à avoir de réels sentiments pour Derek et cela le terrifiait. Il ne s'était jamais autorisé ceci avant, il ne savait pas comment réagir. La dernière fois qu'il s'était impliqué émotionnellement avec un lycanthrope, c'était Joséphine, sa meilleure amie d'enfance, et elle s'était transformée en monstre sanguinaire du jour au lendemain, sans préambule, et il avait été obligé de l'abattre pour sauver sa propre vie. Et il ne voulait vraiment, vraiment pas que ça arrive avec Derek.
Il ne voulait pas tuer Derek. Il ne voulait pas espionner sa meute, et il ne voulait pas non plus devoir faire des rapports à Gérard. Rapports qu'il se prenait de plus en plus souvent à falsifier, cachant des informations, taisant des noms. Il faisait cela de plus en plus naturellement, et il n'arrivait pas à comprendre pourquoi.
Le vieil homme s'impatientait, il trouvait que ça prenait trop de temps et ne comprenant pas pourquoi Stiles n'était pas encore passé à l'étape supérieure avec Derek. Pour le vieil homme, il était certain que le moment post-orgasmique était le meilleur moment pour frapper. Le loup serait encore pris dans les effets de l'accouplement et aurait sa garde baissée au maximum. Il avait même émis l'idée de parfumer Stiles avec les hormones d'une chienne en chaleur pour inciter Derek, mais heureusement, l'idée avait rapidement été laissée tomber. Trop de paramètres incertains, et Gérard ne voulait pas non plus que Stiles se fasse mettre en pièces par un loup excité et hors de contrôle.
Et dans tout ça, Stiles commençait vraiment à se sentir davantage un objet des manipulations de Gérard qu'un collègue, un partenaire. Un membre de la même famille.
Cette place, cette chaleur, il les trouvait avec la meute. Meute qui ne faisait plus preuve de faux-semblants. La révélation de Derek avait déclenché une réaction en chaîne et, un par un, les loups de la meute étaient sortis du placard. Maintenant, quand ils se réunissaient ensemble pour des soirées meute, ils invitaient Stiles, le mettant au centre. Souvent, Stiles se retrouvait sur le canapé entouré de Scott et Derek. Il aimait se pelotonner contre Derek et Allison faisait la même chose contre Scott. Isaac, Boyd et Érica s'installaient tous les trois par terre à leurs pieds sur de gros coussins qu'ils ramenaient des chambres et ils passaient leur soirée à manger du pop-corn, critiquer les films, raconter les derniers potins.
C'était ça, la meute de monstres assoiffés de sang que Gérard voulait lui faire exterminer ?
Quand il comparait ça aux soirées qu'il passait avec Gérard à s'entraîner et se perfectionner, il ne comprenait plus.
Tout ce qu'il savait, c'était qu'il n'en pouvait plus de mentir à Derek. Il avait vraiment, vraiment envie de passer à l'étape supérieure avec lui, mais il ne voulait pas se servir de lui. Il voulait que Derek sache tout, sache ce que Stiles était.
Il risquait de tout perdre, et ça lui faisait peur, ça lui faisait plus peur que le fait de devoir affronter Gérard. Il savait qu'il risquait d'avoir le cœur brisé. De perdre ses amis, son petit-ami, et même sa famille, si Gérard apprenait ce qu'il avait l'intention de faire. Il se retrouverait sans plus rien. Mais il ne voulait plus mentir à l'homme dont il était tombé amoureux.
C'est donc avec le cœur battant et les mains moites qu'il se présenta au loft de Derek ce soir-là. Isaac était de sortie avec Allison et Scott, ils ne seraient par conséquent pas dérangés.
Il avait revêtu son jean noir et son pull à capuche rouge préférés pour se donner du courage. Il leva la main pour frapper, mais n'en eut pas le temps. La porte s'ouvrit et Derek apparut, souriant.
« Stiles. Je t'ai entendu arriver ! Entre, je t'en prie. »
Il se pencha pour embrasser Stiles, mais celui-ci détourna la tête et le baiser atterrit sur sa joue. Derek se redressa en fronçant les sourcils, mais ne commenta pas, se décalant simplement pour laisser entrer son petit-ami.
Le repas se passa dans un silence embarrassant. Toute tentative de discussion de la part de Derek était ruinée par Stiles, qui n'arrivait pas à se détendre. Il goûta à peine les lasagnes que lui avait faites le loup, jouant avec la nourriture plutôt que la manger. Stiles voyait bien que l'autre homme devenait de plus en plus inquiet.
« Je n'ai rien empoisonné, tu sais. Tu peux manger. » Essaya de plaisanter le plus âgé.
Cette boutade fut la goutte qui fit déborder le vase.
« Je suis un chasseur. » Laissa échapper Stiles presque sans s'en rendre compte. Il baissa le nez sur son assiette encore pleine.
Le silence s'éternisa entre eux. Finalement, Derek amorça un mouvement en direction du jeune homme avant de laisser retomber son bras. Le cœur de Stiles se serra.
« Stiles... »
« Je suis désolé, Derek. Quand je suis arrivé à Beacon Hills, je n'avais qu'une idée en tête. Me venger du loup qui a tué mes parents, il y a dix ans. Mais il était déjà mort. C'était toi qui l'avais tué. Et je t'en ai tellement voulu. Je me suis entraîné tellement dur, j'ai fait tellement de sacrifices pour en arriver ici, et... Rien. Tout ça pour rien. J'avais gâché ma vie en vain. Je t'en ai voulu, tu ne peux pas savoir à quel point. Je n'avais qu'une seule idée en tête, te faire payer tout ça. Te faire souffrir comme moi, j'avais dû souffrir, te tuer lentement, doucement, pour te faire agoniser le plus longtemps possible. J'ai rêvé d'exterminer ta meute devant tes yeux, pour te montrer à quel point ça fait mal de perdre tout ce qu'on a. »
Des larmes commencèrent à couler sur les joues du chasseur. Il ne pleurait pas, non. Mais les émotions trop longtemps comprimées à l'intérieur de lui voyaient là l'occasion de sortir et elles le faisaient sous la forme de perles de détresse. Stiles continua son récit d'une voix presque monotone.
« Et puis, j'ai compris que tu me voyais comme un compagnon potentiel. J'ai compris que tu pensais que nous étions compatibles, tous les deux. Et là, je t'ai presque remercié de me donner une telle opportunité de me rapprocher de toi. Tu me permettais d'accéder à toute une partie de ton monde qui m'était jusqu'alors complètement inaccessible. J'étais extatique. Tu me facilitais tellement la tâche ! Et Gérard me mettait une telle pression que je me suis engouffré dans cette voie. Je n'attendais qu'une chose, que tu me baises, pour que je puisse te tuer sur l'oreiller ensuite. »
Les yeux de Derek s'écarquillèrent à ces mots, mais Stiles ne le laissa pas parler. Le barrage de ses émotions était rompu, et il était décidé à tout dire, jusqu'au bout.
« Mais il a fallu que tu sois toi. Il a fallu que tu m'accueilles à bras ouverts, que tu me montres que tu pouvais être gentil, drôle, affectueux, loyal, et j'ai commencé à douter de Gérard. Tous les loups que j'avais rencontrés jusqu'à présent, tous ceux pour lesquels j'avais joué les appâts, toutes ces chasses auxquelles j'avais participé depuis mon enfance, elles m'avaient montré une image des loups-garous. Et je ne l'ai pas retrouvée ici. Je me suis senti tellement perdu. Et je suis tombé amoureux de toi. J'ai fait l'erreur de tomber pour ma proie. Et maintenant, je vais tout perdre, parce que tu me détestes, et j'ai trahi ta confiance, et celle de Gérard en te révélant tout ça, et je ne vais plus rien avoir. Je ne sais plus quoi faire, Derek. Je suis tellement perdu. »
Sa voix se brisa sur ce dernier mot et il enfouit son visage dans ses mains. Il entendit Derek bouger et un sanglot lui échappa. Le voilà. C'était le moment où Derek lui demandait de sortir de son loft et de sa vie. C'était le moment où il avait le cœur brisé.
Il sentit un bras s'enrouler autour de ses épaules et l'attirer contre une poitrine musclée et ferme. Derek passa une main sous ses genoux et le souleva comme s'il ne pesait rien avant de l'emmener sur le canapé. Il l'installa sur ses genoux et le ré-attira contre lui, le laissant pleurer tout son soûl contre son torse. Ses mains faisaient des gestes lents et doux dans les cheveux de Stiles, et il lui murmurait des mots, des non-sens destinés à le réconforter.
Finalement, après de longues minutes, Stiles se calma. Il releva la tête, plongeant ses yeux dans ceux de Derek. Il n'y vit aucun dégoût, aucune colère. Tout ce qu'il y trouva fut de la compréhension et de l'affection.
« Je ne comprends pas. » Commença Stiles. « Je t'annonce que je suis un chasseur, que mon objectif est de te tuer, et que j'avais l'intention de te séduire dans ce but et toi, tout ce que tu fais, c'est me prendre dans tes bras et me réconforter ? Je ne comprends pas. »
« Je savais déjà tout ce que tu m'as dit. »
Le silence sembla peser pendant de longues minutes alors qu'il ne dura en réalité que quelques secondes. Mais Stiles était comme frappé par la foudre, il avait du mal à procéder les derniers mots de Derek. Il... Savait ? Que...
« Quoi ? » Balbutia-t-il finalement.
« Je savais déjà que tu es un chasseur. » Murmura Derek. « Tu es subtil, mais je le savais depuis le début. Un jeune homme élevé par Kate et Gérard, et aucun d'eux n'aurait profité de cette opportunité ? Non, j'étais au courant de tes petites activités extra-scolaires. Je le savais depuis ton arrivée. Je savais que tu essaierais d'employer mes sentiments contre moi. Je savais qu'il y avait de grandes chances que tu me brises le cœur. »
Derek posa sa paume contre la joue de Stiles, relevant légèrement sa tête, et plongea son regard dans le sien.
« Mais, » continua-t-il. « Pas une seconde, je n'ai craint pour ma vie. Pas une seconde, je n'ai craint pour la sécurité de ma meute. Pas une seconde, je n'ai craint que tu nous extermines. »
Il laissa à Stiles le temps d'enregistrer ce qu'il lui disait, traçant de légers cercles sur sa pommette avec son pouce.
« Tu es quelqu'un de bien, Stiles. Je l'ai su dès le début. Mon loup l'a su dès le début. Tu as peut-être été élevé par Kate et Gérard, mais tu n'es pas comme eux. Tu es une bonne personne. »
Stiles sentit ses yeux s'embuer légèrement à ces mots. Derek ne lui en voulait pas. Le loup savait depuis le début qu'il était un chasseur, et il ne lui en voulait pas. Il ne se faisait pas rejeter. Même mieux, Derek croyait en lui.
Un poids s'enleva de ses épaules. Pour la première fois depuis plusieurs mois, il se sentit respirer plus librement. Fini les mensonges. Ça y était, tout était à plat.
« Par contre... » Reprit Derek. « Il y a quelque chose que je ne comprends pas. »
Stiles se dégagea de ses bras et se rassit face à lui, les bras enroulés autour de ses genoux repliés. Il posa le menton sur ses genoux et fit un geste à Derek pour qu'il continue.
« Tu dis que tes parents ont été tués par des loups-garous, il y a dix ans. Mais il n'y a pas eu d'attaque. Pas de notre part. Nous venions de subir des pertes cruelles, ma meute avait presque entièrement été décimée, à l'époque. Tout ce que nous avons fait, c'est notre deuil. Et nous avions le soutien de meutes voisines, qui se sont assurées que personne ne vienne profiter de notre vulnérabilité. Aucun loup n'a rien fait. »
Stiles releva la tête.
« Quoi ? Bien sûr que si ! J'ai vu les corps de mes parents. C'est Peter Hale qui les a tués ! »
Derek fronça les sourcils.
« Non. Peter n'avait pas la tête à ça. Il ne restait que lui, mes deux sœurs et moi. Nous avons passé des semaines collés les uns aux autres, à nous assurer que personne ne manquait. Je suis désolé, mais ce n'est pas lui qui a fait ça. Je peux te le promettre. Nous n'avons rien à voir avec ceci. »
Stiles sentit le malaise monter en lui. Pourquoi Derek remettait-il cela en question ? C'était l'événement qui avait bouleversé sa vie, c'était l'instant T, celui qui lui avait fait découvrir les monstres qui se cachaient dans le noir. Ça ne pouvait pas ne pas être vrai. Si ceci était faux, si ce n'était pas un loup qui avait tué ses parents, à quoi rimaient ces dix dernières années ? À quoi cela avait-il servi qu'il devienne un chasseur ? Quelle était l'utilité de son travail ?
Pourquoi Derek devait-il toujours bouleverser sa vie ainsi ? Parce qu'il connaissait Derek. Il savait que le loup ne mentait pas. L'alpha était incapable de mentir et, les rares fois où il s'y était aventuré pour de petits mensonges bénins, Stiles l'avait aussitôt démasqué. Il avait un tic. Il avait tendance à se passer la langue sur les lèvres quand il mentait.
« Je... Je dois rentrer. Il faut que j'y aille. Tu... Je... Je reviendrai. Plus tard ? »
Derek acquiesça et Stiles se précipita vers la porte. Il fallait qu'il s'éloigne, qu'il prenne le temps de penser, de réfléchir à tout ce qu'il avait appris ce soir, et il devait le faire dans un endroit où il pourrait être seul.
De retour dans sa chambre à la maison des Argent, il se laissa tomber la tête la première sur son lit. Puis il roula sur le dos et fixa le plafond sans le voir.
Que devait-il faire ? Qui croire ? Comment savoir qui disait la vérité ? Il savait depuis longtemps maintenant que Gérard ne le voyait pas comme un membre de sa famille, mais seulement comme un pion utile. Il savait que le vieil homme était dédié à sa quête, et qu'il employait souvent des moyens discutables. Mais était-il prêt à aller jusqu'à faire une sorte de lavage de cerveau à un enfant qui venait de perdre ses parents ? Était-il prêt à ruiner sa vie de cette manière ?
Et surtout, la question qui taraudait Stiles. Si les loups n'avaient pas tué ses parents, qui était responsable ?
La réponse qui se formait dans son esprit ne lui plaisait absolument pas, il n'arrivait même pas à la formuler.
Le bruit de la porte s'ouvrant le tira de ses pensées et il tourna la tête pour voir Allison se glisser dans sa chambre. Elle s'installa à côté de lui sur son lit et le regarda longuement.
« Tu as l'air d'avoir besoin de parler. » Commença-t-elle.
Stiles soupira. « Je ne sais pas si tu vas pouvoir m'aider sur ce point-là. » Répondit-il. Il posa la tête sur les genoux d'Allison et soupira de nouveau. Puis, comme s'il voulait finir avant d'avoir le temps de changer d'avis, il se mit à parler. « Je commence à me poser des questions sur des choses que j'ai cru savoir toute ma vie, mais qui maintenant ne me paraissent plus aussi certaines. Et je ne sais pas quoi penser. »
Allison passa la main dans ses cheveux, jouant avec les mèches rebelles sur son front. « C'est à cause de Derek ? »
« Derek ? Non, tout va bien avec lui, plus que bien, même. Il... Il a simplement dit des choses qui remettent en cause ce que je pense depuis des années. »
Allison eut un sourire triste. « Il t'a dit que ce n'est pas sa meute qui a tué tes parents, n'est-ce pas ? »
Stiles se redressa à ces mots. « La meute ? Tu es au courant ? »
La cousine du chasseur rit légèrement. « Sachant que je compte me lier à Scott dès que je l'aurai convaincu que c'est vraiment ce que je veux, oui, je suis au courant. Scott a voulu que je sache dans quoi je m'embarquais quand les choses sont devenues sérieuses entre nous. Je sais aussi que la famille chasse les loups-garous depuis des générations, bien que mon père et ma mère soient à la retraite. Et surtout... Je sais de quoi Gérard est capable. Je pense sincèrement que c'est lui qui a tué tes parents. »
Stiles se relaissa tomber en arrière et se passa une main sur le visage. Il soupira. « C'est ce que je commence à penser aussi, oui. Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi ? Qu'est-ce que ça lui a apporté ? Mais il y a quelque chose qui ne colle pas quand même. J'ai vu les corps. J'ai vu les marques laissées dessus. C'était un animal, Allison. Je ne vois pas comment ça aurait pu être autre chose. »
Allison sembla réfléchir une minute et se releva. « Viens. Il faut que je te montre quelque chose. »
Curieux, Stiles suivit Allison. Faisant bien attention à ne pas faire de bruit, la jeune fille les conduisit à une pièce en sous-sol protégée par un digicode et dans laquelle Stiles n'avait encore jamais mis les pieds. Le jeune chasseur la regarda composer le code en fronçant les sourcils, puis il la suivit à l'intérieur.
Il se retrouva dans une pièce digne d'un film d'aventures. La pièce était remplie de poussière et de toiles d'araignée comme si personne n'avait pénétré ici depuis des années. Il se retint d'éternuer et jeta un regard autour de lui. Des livres anciens et poussiéreux étaient disposés sur des étagères poussées contre trois murs. Le dernier mur était couvert de croquis et de dessins étranges auxquels Stiles n'osait pas prêter plus d'attention au vu des détails qui lui sautaient aux yeux.
Trois socles en pierre occupaient le centre de la pièce. Posés dessus, des instruments dignes des tortures médiévales. Une sorte de poing américain à l'ancienne retint son attention. De la largeur d'une grosse main, une barre de métal était surmontée de quatre griffes à l'air acéré. L'objet était manifestement très ancien, comme en témoignait son état très abîmé. Il passa ses doigts le long des griffes.
« Qu'est-ce que... »
« C'est la collection privée de Gérard. » La voix d'Allison lui sembla étouffée et, quand il releva la tête, il constata qu'elle était restée à l'entrée de la pièce. « Je ne sais pas la raison, mais... Je pense qu'il a utilisé ça pour tuer tes parents. Ça s'appelle une patte de chat. Ça imite les blessures qu'un animal laisserait. »
Stiles se sentit vaciller. Ça collait.
Il repensa à ce que Derek lui avait dit plus tôt dans la soirée. Sa meute avait été presque entièrement décimée. Et son père, qui enquêtait sur l'affaire à l'époque, avait été tué quelques jours après par un animal. Par Peter.
Gérard lui avait dit que le loup-garou avait probablement été fou de rage que l'enquête n'avance pas assez vite, et qu'il avait perdu contrôle. Il lui avait dit que les loups-garous n'avaient pas besoin de raison solide pour faire du mal aux humains, qu'ils ne suivaient que leurs instincts de bêtes sanguinaires.
Mais...
Mais Kate avait décimé cette meute la dernière fois qu'elle était en ville. Ça, il le savait, il était même en désaccord avec les méthodes qu'elle avait employées. Le shérif avait été assassiné après qu'il ait posé des questions supplémentaires à l'une des victimes. Tué par un animal.
Et si...
Si on partait du fait que Kate était celle qui avait exterminé la meute Hale à l'époque, et que son père commençait à se rapprocher de la vérité, pensa Stiles, il était tout autant plausible que Gérard ait cherché à éliminer la menace. Ça collait. C'était abominable, mais ça collait.
Il resta là à contempler la patte de chat pendant longtemps. Il entendit Allison lui parler, mais ne distingua pas les mots. Il avait l'impression d'avoir la tête dans du coton. Finalement, il entendit la jeune fille partir. Il ne bougea pas. Le temps passa et bientôt, la nuit tomba.
Il resta là, les yeux fixés sur l'instrument qui avait très probablement tué ses parents. Son instinct lui criait que c'était Gérard. Et Gérard lui avait toujours dit d'écouter son instinct.
Plus tard, la porte s'ouvrit à nouveau. Il entendit des bruits de pas feutrés sur le sol, et il releva les yeux. Devant lui se tenait Gérard. Il plissa les yeux, et sentit la haine qu'il réservait autrefois à Peter Hale monter en lui comme une vague.
« Vous. »
Gérard eut le cran de sourire d'un air suffisant.
« Moi. »
« Vous les avez tués. Vous les avez tués, et vous m'avez fait croire que c'était un loup-garou. Vous m'avez menti. »
« Effectivement. »
Stiles s'approcha de lui jusqu'à ce que seuls quelques centimètres les séparent. Ils étaient presque de la même taille maintenant. Stiles ne s'en était jamais rendu compte. Le patriarche Argent lui avait toujours semblé si imposant, si important, qu'il n'avait pas réalisé avoir autant grandi.
Stiles regarda Gérard dans les yeux, cherchant une trace de regret ou de remords. Mais il n'y avait rien. Rien qu'une détermination implacable et une froideur à toute épreuve.
« Pourquoi ? »
Gérard commença à faire les cent pas, échappant ainsi au regard perçant de son homologue.
« Il se rapprochait de ma fille. Il allait tout découvrir. Kate ne méritait pas d'aller en prison pour avoir aidé à rendre le monde plus sûr. »
Ainsi, la théorie de Stiles était la bonne, à un détail près. C'était Kate qui s'était chargé de liquider la meute de Derek. Soudainement, Stiles se sentit malade. Il avait admiré ces personnes. Il leur avait été reconnaissant de l'avoir accueilli et élevé alors que rien ne les y obligeait. Il avait souhaité être comme eux, il les avait pris pour modèles.
Et ils n'étaient que des assassins, des meurtriers sans aucune morale ?
Comment avait-il pu ne rien voir ? Comment avait-il pu se laisser aveugler de la sorte ? Rationnellement, Stiles savait qu'il n'était à l'époque qu'un enfant. Bon sang, il était toujours un enfant. Il savait qu'il avait eu besoin de quelqu'un après que son monde se soit écroulé autour de lui, qu'il s'était accroché à la première personne venue dans sa quête de repères. Il savait que ce n'était pas sa faute.
Mais il ne pouvait s'empêcher de s'en vouloir affreusement de s'être fait manipuler de la sorte. Il repensa à tous ces loups qu'il avait aidé à capturer et tuer et se demanda combien étaient en fait innocents. Combien avaient juste eu le malheur de croiser la route de Gérard Argent.
Combien d'innocents avait-il fait abattre ?
Il sortit de ses pensées quand il vit Gérard bouger du coin de l'œil. Il se retourna et fixa son regard sur le dos du vieillard.
« Regrettez-vous ce que vous avez fait ? »
« Non. J'ai fait ce que je devais. »
Stiles sentit ses yeux s'embuer. Aucun regret. Il comprit alors. Gérard Argent n'était pas seulement un homme froid et implacable. C'était un sociopathe qui ne reculait devant rien pour arriver à ses fins. C'était un monstre.
Il se rendit compte qu'il avait prononcé ces derniers mots à voix haute quand il vit Gérard tressaillir.
« Un monstre, moi ? Tout ce que j'ai fait, c'est rendre ce monde plus sûr pour toi, pour Allison, pour tous. Mes actes n'ont peut-être pas toujours été tous blancs, mais je ne suis pas un monstre, loin de là. Le monstre, c'est celui avec lequel tu t'acoquines, celui avec lequel ma petite-fille fornique. Le monstre, c'est cette chienne d'Erika, ce Boyd, Isaac. Le monstre, c'est ta petite copine Joséphine et toutes ces créatures abominables qui rôdent au beau milieu de nous, prétendant être humaines pour mieux nous massacrer. Mais non, tu n'as pas l'air de voir ça. Tu as toujours eu du mal, Stiles. Tu as toujours eu une morale beaucoup trop haute pour le travail que nous faisons. Tu n'as jamais voulu comprendre. Si je n'avais pas drogué cette Joséphine pour qu'elle t'attaque et te montre de quoi elle était capable, jamais tu n'aurais... »
« Quoi ? »
« Il te fallait voir ce qu'elle était réellement. Et tu as admirablement bien réagi. »
Stiles craqua à ces mots. Il se jeta sur Gérard, aveuglé par la colère, mais d'un mouvement rapide, Gérard se retourna, une matraque dans les mains et Stiles ne vit que du noir.
OoO
-Papa ? Papa, où es-tu ?
-Tu as deux heures pour te défaire de ces liens, Stiles.
-Gérard ? Gérard, c'est vous ? Pourquoi il fait tout noir ? Il se passe quoi ?
-Dépêche-toi, garçon. Le temps file.
-Gérard ? Il y a quelqu'un ? Papa ? Papa !
OoO
Petit à petit, Stiles revint à lui. Il ne bougea pas, gardant sa respiration sous contrôle. Une douleur lancinante dans la tête le fit grimacer, mais il prit vite garde à n'afficher aucune expression. Il voulait encore un peu de temps avant que Gérard ne sache qu'il était réveillé.
La première fois qu'il s'était retrouvé attaché dans le noir, il avait sept ans, et il était avec Gérard depuis trois mois. Il se souvenait avoir paniqué et, à la fin du temps donné, Gérard était revenu pour le retrouver en pleine crise d'angoisse, encore attaché sur sa chaise. Il lui avait simplement donné un nouveau délai avant de repartir.
Aujourd'hui, il était bien entraîné et il commença, doucement mais sûrement, à se défaire de ses liens.
« Si j'étais toi, je ne ferais pas ça, Stiles. »
Le jeune homme sursauta à la voix qui chuchota tout contre son oreille. Il frissonna et s'immobilisa, attendant de voir ce que Gérard voulait de lui.
« Tu sais, mon garçon, je suis extrêmement déçu. Je m'attendais à cette réaction de ta part, évidemment, mais je ne pouvais m'empêcher d'espérer que tu reviendrais à la raison, que tu reviennes sur le droit chemin. Mais cette meute de chiens galeux t'est montée à la tête, et tu t'es laissé embobiner par leur Alpha et par un peu de sexe. Je suis tellement déçu. J'aurais dû te tuer en même temps que tes parents. J'aurais dû le savoir. Tes chers géniteurs qui aimaient s'encanailler avec ces loups-garous... Je crois que c'était écrit que tu succomberais toi aussi. Telle mère, tel fils. J'aurais dû le savoir que ça coulerait dans tes veines. »
Stiles regarda l'homme faire les cent pas devant lui. Ses parents étaient amis avec les Hale ? C'était probablement pour cela que son père était si déterminé à retrouver les coupables. S'il connaissait l'existence des loups-garous, il devait probablement connaître aussi celle des chasseurs. Il avait dû faire le lien rapidement.
« Tu m'appelles monstre, mais tout ce que j'ai fait, c'est rendre cette terre plus saine. Je n'ai qu'un seul regret. C'est de ne pas les avoir tués plus tôt. Tu as été contaminé par leur morale dépassée et leurs idéaux utopiques. »
Stiles ricana. « C'est ce que j'appelle être un homme décent. »
« Tu es la honte de cette famille. Je t'ai élevé. Je t'ai donné un toit, de la nourriture, je t'ai appris tout ce que je savais. Et c'est comme cela que tu me remercies ? Tu me déçois tellement, fils. »
Le jeune chasseur eut un rictus. Il y a quelques semaines à peine, il aurait été fou de joie que Gérard l'appelle comme ceci. Il aurait pris ça comme une consécration. Aujourd'hui, cependant, il n'avait qu'une seule réponse à donner.
« Vous n'êtes pas mon père. »
Cette dernière phrase eut le mérite de couper Gérard dans son monologue. Il se planta devant Stiles, l'étudia un instant et, soudainement, lui asséna une gifle retentissante du revers de la main. Stiles s'en retrouva à moitié assommé, son mal de crâne ne l'ayant pas quitté à son réveil.
« Si tu n'es pas de la famille, tu es de leur côté. Tu es un ennemi, Stiles. Et tu sais ce que je fais de mes ennemis ? »
Stiles vit une lueur meurtrière dans le regard de son aîné. Celui-ci fit un geste de la main, et trois hommes que Stiles n'avait pas remarqués s'avancèrent dans la pièce, se plaçant aux côtés de Gérard.
Stiles sut que sa fin était proche. Il savait ce que Gérard faisait de ses ennemis, oui. Il les torturait, puis il les tuait quand ceux-ci en étaient réduits à un pantin sans plus aucune cohérence.
Quand il sentit le taser envoyer l'électricité à travers ses cellules, il hurla. Dereeek. Puis tout redevint noir.
Bip. Bip. Bip.
Le son régulier et continu réveilla peu à peu Stiles. Il ouvrit les yeux, qu'il referma aussitôt quand la lumière agressa ses pupilles. Il entendit un rideau se tirer et rouvrit les paupières. C'était bien plus supportable.
Gémissant, il tourna la tête et le regretta aussitôt. Cela sembla réveiller des douleurs dans tout son corps. Il avait même l'impression d'avoir mal aux cheveux.
Son gémissement attira l'attention de la personne à ses côtés.
« Stiles ? »
Celui-ci sourit en reconnaissant la voix. « Salut Derek. Quoi de neuf ? »
« Tu es réveillé ! »
« Ouaip, il semblerait bien. Quoique, j'aimerais bien me rendormir. J'avais pas mal quand je dormais. »
À ces mots, Derek posa doucement sa main sur celle de Stiles, et enroula leurs doigts. Des veines noires firent leur apparition sous la peau de Derek, remontant dans son bras avant de disparaître au niveau du coude, et la douleur que Stiles ressentait baissa de manière significative.
« Oh oui. Je ne sais pas ce que tu fais, mais continue ! » Bredouilla Stiles. Il profita de la sensation quelques minutes avant de continuer. « Il s'est passé quoi ? La dernière chose dont je me souvienne, c'est Gérard et ses bouledogues qui voulaient jouer au baseball avec ma tête. »
« Tu nous as appelés. »
La voix de l'autre côté de lui le prit par surprise et il se retourna, découvrant Scott affalé sur une chaise. Il fronça les sourcils. « Appelés ? »
« Ou en tout cas, tu m'as appelé, moi. » Derek prit la relève dans les explications. « Quand tu as été tasé, tu as su que tu allais mourir. Ça a réveillé quelque chose en toi. Une étincelle. Ça a porté ta voix jusqu'à nous. Comme le loup qui hurle pour indiquer sa position, tu m'as appelé. J'ai tout de suite su que tu avais des ennuis. Scott était avec moi, et nous avons foncé à ton secours. »
« … Quoi ? »
Scott sourit de toutes ses dents. « Tu es un sorcier, Harry ! »
« Je suis un quoi ? »
Derek renifla à cet échange. « Tu n'es pas un sorcier, non. Je penche plutôt pour un druide. Il faudrait aller voir Deaton pour en savoir plus. C'est l'ancien émissaire de notre meute, peut-être qu'il pourra t'en dire davantage. »
« D'accord, d'accord. Je suis un druide. Génial. C'est super. Fantastique. »
Il médita cette nouvelle information pendant quelques minutes, somnolent, lorsqu'une pensée lui revint à l'esprit. Il essaya de se redresser, mais la main que posa fermement Derek sur sa poitrine l'en empêcha. Il se recoucha docilement, mais serra la main de son amoureux.
« Et Gérard ? »
« Gérard est... Il est porté disparu. Il y a eu un problème. Pendant la bagarre, je l'ai mordu. »
« Quoi ? Tu veux dire qu'il va se transformer en loup-garou ? » Commença à paniquer Stiles.
« Non. » Le calma l'alpha. « Il a rejeté la morsure. J'en ai parlé à Chris. Il a dit qu'il garderait l'œil ouvert. Si jamais Gérard revient, nous le saurons, et nous nous en occuperons. »
Stiles se rencogna contre son oreiller en soupirant de soulagement. Il tira sur le bras de Derek jusqu'à ce que celui-ci comprenne le message et vienne s'allonger contre lui dans le lit. Scott se rapprocha et lui prit la main, lui communiquant son soutien.
Stiles ferma les yeux, se laissant doucement aller dans l'inconscience. Il savait que tout ça n'était pas fini. Gérard pouvait revenir à tout moment, il devait encore le faire accuser du meurtre de ses parents, et il ne savait pas encore où il se situait face à Allison et ses parents. Il venait de perdre son tuteur légal, et cela allait créer quelques complications.
Mais pour le moment, il ne s'en souciait pas. Pour le moment, tout ce qui importait, c'était la chaleur de Derek contre son flanc et la main de Scott enserrant la sienne. Il savait que, une fois sorti de l'hôpital, il rencontrerait le même soutien de la part de ses amis. Même d'Isaac, ce petit con sarcastique.
Il ne savait pas ce que l'avenir lui réservait. Mais il s'en fichait.
Il était bien, avec son compagnon. Ses amis. Sa meute.
~ FIN ~
Et voilà... L'aventure est terminée. J'espère que vous aurez eu autant de plaisir à lire cette petite histoire que moi à l'écrire ^^ Dites-moi tout haha
