J'ai le tome 4, nom d'un pingouin mal rasé ! (Ceci est une expression propre à ma formation et ma promotion. Ne cherchez pas à comprendre. Vous risquez de perdre vos illusions. En toute sincérité. Métiers du Livre, ce n'est pas pour les saints d'esprit. *soupir résigné*)

Je suis heureuse et toute frétillante. Même si la lecture devra attendre. Malheureusement. Les examens en sont les vilains responsables.

Donc voici la seconde partie de cette histoire. Le chapitre est plus court que le précédent. J'avais beaucoup à dire, mais peu de mots suffisaient pour exprimer tout cela. J'espère que cela vous plaira !


Réponse à la review anonyme :

Kathleen. Je ne suis pas très 'fière' de moi sur ce coup là. Mais, dans le même sens, ce que fait Hiro-senseï à Dojo n'est pas mieux. D'un certain point de vue… Prenons cela comme la résolution à l'intrigue amoureuse !

J'espère que la suite te plaira.


Bonne lecture !

Si seulement…
Chapitre 2


Dans l'habitacle de la petite voiture bleue, un silence lourd règne.

Le vieil homme n'ose pas parler, et le lieutenant retombé momentanément au statu d'agent-chef a les mains crispées sur le volant. Son visage n'a rien de détendu et, est presque aussi pâle que celui de Kasahara au moment où ils l'ont quittés.

L'écrivain essaye de ne pas penser au sort funeste de la jeune femme, pour une raison de superstition.

Après un long moment, à écouter la pluie battante et le couinement des essuie-glaces, le vieil homme prend enfin la parole, espérant être rassurant mais aussi pour se convaincre lui-même de la tournure positive des futurs événements.

_ Elle va s'en sortir. C'est une battante, qui lancerait deux bidons remplit de pétrole pour faire gagner du temps à son supérieur ?

La réponse ne tarde pas, comme si son interlocuteur s'était attendu à cette intervention et avait préparé une réponse claire.

_ C'est moi qui aurais dû me prendre cette balle. Je n'ai pas était assez rapide, je n'ai pas eu le temps de la jeter au sol.

Toma-senseï prend en compte ces paroles, marmonnées par une voix serrée d'angoisse. Il hoche la tête, assimile le message et rétorque sagement :

_ Vous savez, Dojo-kun, si Kasahara était à votre place et vous à la sienne, elle aurait exactement les mêmes paroles pour votre écart.

_ Elle est ma subordonnée, senseï ! C'est à moi de la protéger, pas l'inverse !

_ Mais sur un champ de bataille, si je ne m'abuse, n'est-ce pas les subordonnés qui défendent les supérieurs ? Eux sont à la stratégie, exercent la théorie en sécurité, au chaud, pendant que les jeunes risquent leur vie en première ligne. N'ai-je pas raison ?

Que peut répondre le militaire face à cet argument ? Il ne peut le réfuter. Certes, il n'y avait pas les barricades, leurs hommes côtes à côtes, prêts à tirer jusqu'au cesser le feu fixé préalablement. Mais ils avaient eut une mission : défendre et protéger. Celle identique à tous combats. Pour ne pas changer, ce sont les agents d'amélioration qui ont tiré les premiers.

Ils avaient été sur un champ de bataille. L'endroit et la configuration du lieu n'était juste pas identique qu'à l'accoutumé.

Ses mains se crispent et se décrispent longuement sur le volant. Le lieutenant regarde dans le rétroviseur, vérifie sa vitesse constante, cherche pas ses habitudes de conducteur de se changer les idées.

Sans réel succès. Atsushi se sent mal. Il a laissé sa subordonnée derrière lui, encore une fois.

_ Je l'ai rencontrée lorsqu'elle était au lycée, dans une librairie.

Donc, c'était bien lui. Toma-senseï sourit. Il avait bien tapé dans le mile et Iku ne s'était pas trompée lorsqu'elle lui avait raconté bien des jours plus tôt ses motivations à entrer dans le Corps des Bibliothèques. Néanmoins, il ne dit rien, n'intervient pas. L'homme à ses côtés a des choses à confier, de quoi se libérer de ses angoisses.

_ Elle refusait de céder un livre à un agent d'amélioration, allant jusqu'à accepter le statu de voleuse. Il l'a alors brutaliser. J'étais résigné à ne pas intervenir. Je connaissais les possibles problèmes qui suivraient. Jusqu'à ce qu'il la pousse en arrière. Allant contre les théories et l'avis de mes supérieurs, j'ai usé de mon droit de préemption, mettant à mal la position des intègres au Corps…

Devenant ainsi, son prince charmant, pense le vieillard avec un sourire attendrit. C'était amusant pour lui, un vrai petit jeu de voir à quel point les jeunes d'aujourd'hui, se tournaient autour inlassablement.

_ En intervenant, je lui ai fait choisir un métier dangereux. Je n'ai jamais regretté mon acte, jusqu'à son entretien d'embauche. Mes supérieurs l'ont acceptée pour me ménager en pensant qu'elle ne survivrait pas à l'entraînement. J'ai été odieux avec elle. J'ai tout fait pour qu'elle abandonne. Mais elle s'est accrochée, accrochée, accrochée. Encore et encore. À force, elle n'a fait que s'améliorer, ni moi, ni mes supérieurs ne pouvions ignorer ses efforts, ses qualités. Sa progression faisait d'elle un élément non négligeable pour le corps, puis pour le groupe d'intervention. Je ne pouvais pas m'y opposer. Je n'avais aucun argument. Alors j'ai voulu l'écarter du danger, la faire renoncer, démissionner. Mais plus je cherchais à l'éloigner, plus je la mettais en danger, plus elle voulait me prouver sa valeur, quitte à se mettre dans des positions pas possible. Avec le temps, j'ai finis par me rendre compte que je devenais fou lorsque je ne pouvais pas être près d'elle. Je suis responsable de ce métier qu'elle a choisit. Je suis responsable… de tout.

_ Et parce que vous l'aimez…

_ C'est son 'prince' qu'elle aime. Ce n'est pas moi.

Toma-senseï se concentre vers la route dans un mouvement pudique. Il ignore les larmes clandestines roulant sur les joues du plus jeune.

Il comprend la détresse de son cadet. Lui-même n'aurait pas survécut à la peur de savoir sa femme et son fils en danger quotidiennement. Parallèlement, sa famille doit se faire un sang d'encre vis-à-vis de la situation actuelle. Kurato ferme les yeux, adresse à ses proches de faibles excuses et des promesses d'aller prochainement mieux.

_ Après tout, quel prince la laisserai seule, ainsi blessée ? Quel prince la laisserait se faire blesser ? continue le militaire, les mains encore plus crispées sur le volant, Quel prince la laisserait choisir ce job ? Quel prince ne serait pas resté auprès d'elle dans cette librairie pour la dissuader de choisir cet emploi ?

L'écrivain ne peut retenir son sourire dans cette situation qui ne s'y prête pas. Cependant, d'avoir entendu ces deux jeunes gens, croire que l'un comme l'autre ne s'aimait qu'à sens unique… c'était adorable. Innocent de leur part, alors que simplement parler diminuerait tous ces quiproquos. Tous deux étaient si transparents, si brillants…

_ Ne cherchez pas à berner un vieil homme tel que moi, Dojo-kun.

À se fuir de la sorte, les deux militaires prenaient le risque de ne jamais être heureux et de vivre dans de continuel regret.

_ Ayez foi en elle comme elle a foi en vous.

Le militaire ne répond pas, ce qui fait sourire un peu plus le vieil homme.

_ Vous l'aimez comme elle vous aime. N'osez pas me dire le contraire, Dojo-kun. Ce n'était pas un baiser pour la rassurer. N'essayez pas de berner le vieil homme que je suis.

Dans ses thrillers, il y avait toujours une histoire d'amour, sur le même principe que le cinéma américain : un moment de douceur pour permettre au lecteur de souffler et de se remettre de ses émotions.

Et puis, Kurato en avait vu des couples. Ceux qui se déchiraient, ceux qui se trompaient, ceux qui avançaient dans l'adversité de la perte et de la maladie, ceux qui s'ignoraient, ceux qui s'aimaient. Il avait assez vécu pour voir un amour véridique, unique liant deux personnes, même contraire. Ce même amour si pur était celui qui liait Kasahara et Dojo, même si ces deux là mettaient un temps fou à s'en rendre compte, à se tourner autour.

Toma-senseï est un vieil homme. Il a vécu assez longtemps pour assurer haut et fort que le baiser dont il fut témoins n'était pas pour rassurer l'autre, ni pour sceller uniquement une promesse de revenir sain et sauf. Mais bien pour s'avouer des sentiments communs.

Oui. Il est peut-être vieux. Mais il n'est pas fou et encore moins aveugle, à la différence de ses deux jeunes.

_ Vous n'aurez qu'une vie, Dojo-kun. Je regrette de ne pas avoir combattu la censure plus tôt, je regrette de ne pas avoir fait de la liberté d'expression mon combat avant cette tragédie qui m'accable. Alors je vous en prie, ne faites pas des erreurs comme les miennes. Vous avez près de vous la personne la plus chère de votre vie. Ne la laissez pas partir juste parce que vous souhaitez la protéger. Ce serait la pire des erreurs que vous pourriez réaliser. La vie est tellement courte… Dites- lui et gardez-la à jamais près de vous. C'est le seul conseil valable que le vieil homme que je suis puisse vous donner.

Le lieutenant reste muet. Ses épaules sont toujours crispées. Seules ses mains ont desserrées le volant.

Le militaire se ressaisit. La réussite dépend de lui. Iku lui fait confiance, n'est-ce pas ? Alors autant aller dans son sens.

Atsushi s'en fait la promesse. Il rentrera sauf, lui retournera positivement ses sentiments et, surtout, Kurato Toma sera un homme libre.

La voiture continue sa route, tout droit.

La pluie se calme.

La radio crépite un flot continu de musiques feutrées. D'un commun accord, les hommes ont refusé de se brancher sur le canal des informations. Ils avaient besoin de repos pour reprendre des forces. En cela, ils se devaient bannir toute sorte de stresse. Au minima jusqu'à leur arrivée à Osaka.

Le véhicule, aux premières lueurs de l'aube, prit un échangeur et disparu de l'horizon linéaire dessiné par la grande route.


- To Be Continued –


J'ai toujours vu les personnages de troisième âge être des guides spirituels pour les personnages principaux. Et là, Toma est non seulement un vieillard, mais c'est aussi un écrivain. Soit quelqu'un qui sait se mettre en arrière pour avoir un recul et observer les gens. D'où ma volonté qu'il agisse de la sorte, dans ce chapitre où, outre ce long dialogue, il ne se passe rien. Juste de la philosophie et un peu de poésie. (Enfin, ça, je l'espère ! oxo')

Mais mettre en lumière les sentiments d'un homme, c'est trop jouissif.

(Bon. Entre nous, j'ai un peu de mal à voir Dojo pleurer. Mais il a quand même les nerfs à vif là. Alors, voilà. Pour cette séquence, je le vois bien verses quelques larmes pour soulager son esprit en effervescence de scénarios critiques. Avec, en prime, une –possible- explication supplémentaire sur son refus d'être vu comme un prince !).

Sur ce, chers amis, je vous laisse et je vous dis à très bientôt !