Chapitre 3 : Quidditch et joncheruine

Le samedi était arrivé et Hermione se préparait pour accompagner Harry et Ginny au stade de Quidditch. La poursuiveuse devait passer les sélections, comme tout le monde, mais elle était très douée, ce ne serait qu'une formalité.

Plus tard, les Serpentards arrivèrent pour les mêmes raisons. Hermione fut surprise de ne pas voir Malefoy parmi eux mais elle fit comme si de rien n'était. De toute façon, les Gryffondors venaient de finir. Selon Harry et Ginny, c'était une bonne équipe. Par chance, ils avaient pu trouver un goal parmi les quatrièmes années et Dean et Seamus avaient rejoint l'équipe avec plaisir. Pour les batteurs, ils avaient pris les mêmes que lors de leur sixième année.

Ils rentrèrent à la salle commune. Ginny partit rejoindre ses copines de classe afin de faire ensemble un devoir et Harry resta travailler avec Hermione.

Elle avait remarqué avec surprise que, malgré le fait qu'il ne disposait plus du livre de potion de Rogue, ses notes en potion restaient excellentes. En sixième année, les notes d'Harry avaient chuté quand il s'était débarrassé du livre. Mais là, il faisait quasiment aussi bien qu'à l'époque où il l'avait.

- Harry, comment as-tu réussi à avoir de telles notes en potion sans le livre ?

Il lui sourit, pas dupe sur le fait qu'elle le soupçonnait de tricher d'une autre manière.

- Déjà, j'ai beaucoup plus de temps à consacrer à mon travail en cours, vu que je n'ai plus de problèmes de mages noirs, de mangemorts et tout le reste. Donc ça m'ouvre beaucoup de possibilités. Ensuite, j'ai eu quasiment un an pour étudier ce livre et la façon dont réfléchissait Rogue pour en arriver à de tels résultats et j'arrive à l'imiter, à peu près.

- Je suis impressionnée, je devrais peut-être me méfier : maintenant tu vas non seulement me surpasser en Défense contre les forces du mal et en potion, mais bientôt dans le reste !

Il rigola.

- Non, personne ne peut t'égaler.

Ils se sourirent. Hermione aimait ces instants où elle se retrouvait seule avec lui, ça lui rappelait les instants qu'elle avait partagés avec lui durant l'année dernière. A cette époque Ron les avait également abandonnés.

- Est-ce qu'on arrivera à dépasser tout ça ? demanda-t-elle.

Il n'eut pas besoin de lui demander de quoi elle parlait. Elle aussi devait faire des cauchemars toutes les nuits en revoyant toutes les horreurs qu'ils avaient surmontées. Elle aussi devait lutter pour ne pas sortir en courant de ce château chaque fois qu'elle passait à un endroit où l'un de ses amis était mort et elle devait en plus souffrir du départ de Ron. Bien sûr, il manquait à Harry mais il n'en souffrait pas. Hermione, si. Il posa sa main sur la sienne.

- Je ne sais pas, peut-être qu'on apprendra simplement à vivre avec, répondit-il en haussant les épaules.

Ils se perdirent quelques instants dans leurs pensées puis Harry reprit la parole.

- Je pense que la situation est dure pour tout le monde, ou presque. C'est étrange de se retrouver ici après tout ce qu'on a vu !

- En parlant d'étrange, tu sais ce que Malefoy a fait hier, pendant notre ronde ? lança Hermione pour changer de sujet.

- Je m'attends au pire !

- Il a essayé de me réconforter !

- Pardon ?

Elle lui raconta tout le déroulement de la soirée, le moment où il lui avait tendu un mouchoir, les mots qu'il avait eus.

- Ça alors ! Et il n'a même pas brûlé le mouchoir en s'exclamant qu'il ne voulait pas d'un mouchoir contaminé par toi ?

- Non ! Il a même avoué que tu étais plutôt intelligent et courageux.

- Si on en parlait à Luna, elle dirait qu'il est probablement infecté par une multitude de Joncheruines !

Ils rigolèrent.

- Non, je pense que tu avais raison, il y a peut-être une chance pour qu'il devienne… plus gris pâle, dit-elle en songeant à sa réflexion dans le train.

Ils rigolèrent encore.

-Peut-être, je suppose que tu vas essayer de le comprendre ? demanda Harry qui connaissait bien trop Hermione.

- Je ne sais pas, en tout cas, je ne peux pas l'éviter : je vais devoir faire mes rondes avec lui tous les jours donc…

Après le déjeuner, Ginny s'occupait toujours de son devoir donc Harry et Hermione décidèrent de rendre visite à Hagrid. Ils ne l'avaient pas beaucoup croisé en dehors des heures de repas où la grande salle était bondée.

- Ah, je me demandais quand vous alliez venir ! s'exclama-t-il après leur avoir ouvert la porte.

- Bonjour Hagrid, dirent-ils en même temps.

- Bonjour.

Ils s'installèrent et Crockdur vint immédiatement poser son énorme tête sur les genoux d'Harry.

- Alors Hagrid, comment va Graup ? demanda Hermione.

- Il est retourné dans la montagne où nous nous cachions l'année précédente. Il te réclame des fois, tu sais ? dit-il à Hermione.

- Ah, vous lui passerez le bonjour de ma part, répondit-elle en priant pour qu'il ne lui demande pas d'aller lui rendre visite.

Certes, elle appréciait le géant, mais ses manières brusques lui faisaient peur et vu sa taille, il risquait de la tuer sans le faire exprès. Toutefois Hagrid semblait comprendre, pour une fois !

- Comment vont vos cours ? demanda Harry.

- Ça va, j'ai fait des efforts vous savez. Maintenant je m'en tiens au programme, même si ça m'ennuie, c'est plus sage. Puis, je n'ai plus autant de liberté qu'avant, à l'époque où c'était Dumbledore.

Dumbledore avait souvent fermé les yeux quand il s'agissait d'Hagrid. Ils parlèrent de tout et de rien une bonne partie de l'après-midi et restèrent dîner. Hermione s'occupait du repas, elle avait supplié Hagrid de la laisser faire, puis ils rentrèrent au château avant l'heure de la ronde. Harry la laissa une fois dans le hall : il fallait qu'elle attende Malefoy.

Malefoy avait passé une journée complétement différente. Pour commencer, il était descendu dans sa salle commune et comme d'habitude, Pansy l'avait tout de suite abordé.

- Je n'en reviens pas que tu l'aies laissée me jeter un sort ! En plus, tu as pris sa défense quand Goyle a voulu lui refaire le portrait ! se plaignit-elle.

- Elle ne t'a pas jeté de sort, elle t'a simplement renvoyée celui que tu lui réservais. Ensuite, elle reste une fille et on ne tape pas sur une fille !

- Une fille ! C'est une fichue Sang-de-Bourbe ! Et en plus c'est Granger, elle est… irritante !

- Beaucoup moins que toi en tout cas !

Pansy devint rouge de colère et disparut de la salle commune. Zabini n'avait pas raté une miette du spectacle et il regardait Drago avec un sourcil levé.

- Quoi ! s'exclama celui-ci avec colère.

- Non rien, répondit Zabini.

Il sortit prendre son petit déjeuner. Pansy le foudroyait toujours du regard de l'autre bout de la table. Mais il n'eut pas le temps de manger tranquille, Urquhart prit place en face de lui et commença à lui parler.

- Nous devons être sur le terrain pour les sélections. Potter et ses groupies y seront aussi. Il suffit de leur laisser un peu d'avance et de se pointer une heure plus tard pour voir leur équipe, ça nous donnera un avantage, dit-il sur un ton de conspirateur.

- Ses groupies ? demanda-t-il.

- Oui, Weasley fille et la Sang-de-Bourbe, je les ai entendus en parler tout à l'heure.

Drago fût tenté d'y aller pour voir si elle allait mieux que la veille. Pour savoir s'il avait réussi à lui remonter le moral mais il chassa cette pensée de son esprit. Qu'est-ce qu'il en avait à faire que Granger aille bien ou pas ? Il avait fait de son mieux, cela était suffisant. Pourtant, sa conscience ne s'en trouvait toujours pas soulagée. Que lui fallait-il ?

- Je ne suis pas intéressé.

- Mais, même si je compte te donner le poste, il faut au moins que tu fasses semblant de passer les essais ! s'exclama le capitaine.

- Non, tu m'as mal compris, je ne suis pas intéressé par le poste. Harper est bon, tu n'as qu'à le prendre !

- Harper a perdu contre Potter il y a deux ans, rappela Urquhart.

- Et moi, je n'ai pas gagné une seule fois contre lui, alors peu importe. Puis de toute façon, je viens de te dire que je ne veux plus faire partie de l'équipe, alors prends un peu qui tu veux.

Il se leva et sortit de la grande salle. Il ne savait pas où aller et inconsciemment, il se retrouva au sommet de la tour d'astronomie. Il se mit à l'endroit même où Dumbledore se tenait.

Le vieil homme lui avait proposé de l'aide, même en sachant ce qu'il avait l'intention de faire et ce qu'il avait déjà fait, il avait vu clair en lui. Malgré le fait que Drago était un bon occlumens, il avait vu qu'il n'était qu'un garçon effrayé. Et s'il avait tout de suite accepté son offre ? Les choses seraient certainement différentes.

Non, Dumbledore voulait simplement empêcher Drago de le tuer, pour le bien de son âme. Même si à cette époque, il n'en avait pas eu la moindre idée, tout était joué d'avance. Dumbledore savait qu'il allait mourir, Rogue aussi, ils ne voulaient tout simplement pas que le jeune homme déchire son âme. Mais en vérité, Drago avait-il une âme ? Il ne l'avait jamais sentie. Il n'avait jamais aimé quiconque en dehors de ses parents et aujourd'hui, il n'était même pas sûr de les aimer encore.

Son père continuait à croire qu'il avait fait les bons choix, sa mère, comme d'habitude, ne disait pas ce qu'elle pensait, se contentant de ne pas contrarier son mari ou son fils.

Il avait dû perdre son âme en grandissant dans ce manoir dont il s'était tant vanté, rempli de magie noire. Il avait réellement aimé sa vie d'avant, les idées de ses parents et maintenant qu'il avait vu où cela l'avait mené, il détestait tout ce qu'il avait tant adoré. Il se détestait lui aussi et que lui restait-il ? Rien, absolument rien à part la culpabilité et le regret.

Il n'arrivait plus à parler aux autres Serpentard, car il les trouvait abjects. Cela lui rappelait aussi qu'il avait été comme ça. Il ne pouvait pas parler aux élèves des autres maisons car ils le détestaient et il ne voulait pas parler à Zabini parce que ce dernier aurait vite compris ce que Malefoy éprouvait et il aurait eu pitié. Qui lui restait-il ?