Bonjour, voilà le chapitre 4.

Réponse à Harry17 : Merci pour ton avis, c'est motivant. Mais qu'Est-ce que tu veux dire par bizarre ? :)


Chapitre 4 : Pitié ou sympathie

- Salut, dit Hermione lorsqu'il l'eut rejoint pour leur ronde.

- Salut, répondit-il de mauvaise grâce.

Était-elle polie parce qu'elle pensait qu'elle lui était redevable pour lui avoir remonté le moral ? Il n'eut pas le temps de lui poser la question.

- J'ai vu ton équipe sur le terrain, mais tu n'y étais pas, fit-elle remarquer.

- Non, je ne ferai pas parti de l'équipe cette année.

- Pourquoi ?

Mais qu'est-ce qu'elle avait à vouloir lui parler ?! Ne se rappelait-elle pas de toutes les insultes qu'il avait dites ? Ou bien du jour où il avait laissé Bellatrix la torturer ? Non, il n'arrivait pas à supporter qu'elle soit gentille avec lui, ça accentuait ses remords.

- Ça te regarde ?

- Non, non, laisse tomber, j'essayais juste de faire…

- La conversation, termina-t-il à sa place.

Elle le regarda, il avait l'air en colère mais rien à voir avec l'ancien Malefoy, c'est comme s'il avait passé une mauvaise journée et qu'elle était la personne de trop à le contrarier. La question était, comment l'avait-elle contrarié ?

- Et moi, je me demande pour quelle fichue raison tu voudrais me faire la conversation Granger !

- Je ne sais pas, peut-être pour être sympa, comme tu l'as été hier avec moi, mais apparemment, c'était une mauvaise idée !

Elle accéléra le pas, pour mettre de la distance entre eux et il ne chercha pas à rattraper le coup, il ne voulait pas de sa pitié, il voulait qu'elle continue à le détester parce qu'il ne méritait pas mieux de sa part.

Quand elle avait commencé à lui faire la conversation, son esprit était devenu encore plus tourmenté. Sa gentillesse envers lui était une torture car il trouvait encore plus injuste d'avoir été odieux avec elle pendant toutes ces années et il ne pouvait pas supporter plus de culpabilité.

Il la suivit toute la soirée sans parler, il la regarda reporter sa frustration sur tous les retardataires qu'ils croisèrent. Il ne put s'empêcher de sourire en la voyant enguirlander un pauvre garçon de première année qui ne trouvait plus le chemin du dortoir de Poufsouffle. Qu'est-ce qu'elle pouvait avoir mauvais caractère !

- Ce pauvre garçon n'y est pour rien si tu es énervée contre moi, finit par faire remarquer Malefoy une fois que le garçon s'était éloigné.

- Et depuis quand défends-tu la veuve et l'orphelin ? demanda-t-elle avec mauvaise humeur.

- La vraie question est, depuis quand toi, tu ne le fais plus ?

- Je le fais toujours, enfin, je le ferai s'il y en a besoin mais ce n'est pas le cas. Je ne l'ai pas attaqué, je lui ai seulement…

- Crié dessus comme s'il venait d'écraser ton chat, Granger !

- Bon, ça va, tu ne vas pas m'en faire toute une citrouille !

- Qu'est-ce qu'il t'arrive Granger ?! demanda Drago.

Elle essayait d'être gentille avec lui puis la minute d'après elle se mettait à hurler sur tout ce qui passait à sa portée. Le couvre-feu avait à peine commencé il y a une heure et on était samedi. Or, tous les préfets se montraient d'ordinaire plus permissifs jusqu'à une certaine heure les week-ends.

- C'est toi qui me demandes ce qui ne va pas ? Monsieur je réconforte les gens et je leur aboie dessus dès qu'ils essaient de parler.

- Ok, je n'étais pas sur le terrain de Quidditch parce que je n'ai pas envie de faire partie de l'équipe cette année, ça te va ?

Il était à moitié exaspéré, moitié amusé par Granger et ses humeurs mais il ne voulait pas la fâcher.

- Mais je m'en fous ! s'exclama-t-elle.

Il sourit, ce qui l'énerva encore plus.

- Alors là, j'ai du mal à te suivre ! Tu me poses une question et tu te mets en colère parce que je n'y réponds pas et là, je t'explique et tu te mets en colère aussi !

- Ce n'est pas que tu ne me répondes pas qui m'a contrariée, c'est la façon dont tu m'as répondu ! Enfin... par Merlin, je ne sais plus !

- Laisse Merlin en dehors de ça tu veux ! rigola-t-il ce qui énerva un peu plus Granger.

Elle le trouva agaçant mais en même temps, pour la première fois, elle remarquait qu'il était beau, physiquement parlant quand il souriait, sans son masque d'arrogance et de mépris. Drago Malefoy pouvait être charmant et c'était la première fois qu'elle y faisait attention. Elle secoua la tête et recommença à marcher en se demandant ce qui lui prenait.

- Je suis désolé pour tout à l'heure, je ne m'attendais pas à ce que tu essaies de me parler, dit-il en la rattrapant.

- La prochaine fois, je t'enverrai un hibou pour te prévenir, répondit-elle en essayant de paraître toujours en colère alors qu'elle était plutôt amusée.

Il ne voulait pas qu'elle soit gentille avec lui mais il voulait encore moins la rendre triste ou en colère, car cela le faisait culpabiliser un peu plus. Il était donc dans une position délicate

Ils continuèrent leurs rondes et Hermione se détendit. Lorsqu'elle croisait des élèves, elle se montrait beaucoup plus conciliante.

- Pourquoi tu ne veux plus faire partie de l'équipe ?

- Je croyais que tu t'en foutais ? demanda-t-il sans sourire, une fois de plus consterné qu'elle lui montre de l'attention.

Elle lui lança un regard qui voulait dire « ne recommence pas ! »

- Je ne sais pas, je ne me comprends pas moi-même alors c'est difficile de t'expliquer quoi que ce soit.

Elle ne fit pas de commentaire mais elle lui sourit, pour lui faire comprendre qu'elle ne lui en voulait pas de ne pas avoir de réponse. La ronde finie, ils partirent chacun de leur côté.

En rentrant dans la salle commune, Pansy tourna la tête ostensiblement pour ne plus le voir. Elle désirait lui faire comprendre qu'elle lui en voulait mais il s'en foutait royalement. Il monta prendre son sac et se mit à faire ses devoirs, cependant le calme ne dura pas, Goyle vint s'asseoir face à lui.

- Merci pour hier soir. Je pense que tu avais raison. J'aurai eu beaucoup d'ennuis en levant la main sur elle, sans parler du dégoût qui s'en serait suivi ! ajouta-t-il en ricanant.

Malefoy regarda Gregory en se demandant s'il avait vraiment été aussi idiot que lui à une époque. Oui sans doute, il était plus intelligent que Goyle, mais il avait eu des réflexions aussi idiotes que lui.

- Pansy dit que tu aimes les Sang-de-Bourbe maintenant, c'est vrai ? demanda-t-il avec son air bête.

- Depuis quand Parkinson dit la vérité ? éluda-t-il.

- Ouais c'est vrai, dit-il en souriant, apparemment rassuré.

Malefoy se remit à ses devoirs puis Goyle partit rejoindre d'autres Serpentard, laissant la place à Zabini. Décidément, aujourd'hui personne ne semblait vouloir le laisser tranquille mais contre toute attente, Blaise ne parla pas et il se mit lui aussi à travailler.

Lorsque Hermione rentra dans le dortoir, Harry et Ginny semblaient avoir une vive conversation qu'ils arrêtèrent dès qu'elle arriva à eux.

- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-elle.

- Non rien, répondit précipitamment Harry.

- Vous vous disputiez ?

- Non, répondit Ginny en prenant la main d'Harry.

Hermione alla chercher son sac puis redescendit, encore une fois, elle eut l'impression de les interrompre puis elle vit nettement Harry ranger un parchemin dans ses affaires.

- Est-ce que tout va bien ? Vous avez l'air de me cacher quelque chose ! s'exclama Hermione.

- Mais non, tu te fais des idées ! Je montrais juste à Ginny les notes que nous avons prises en Métamorphose.

- Ok, dit Hermione en sortant ses affaires.

Au bout d'un moment, Ginny décida d'aller se coucher, elle embrassa Harry puis fit une bise à Hermione. Plus tard, lorsqu'elle eut terminé ses devoirs et qu'elle commençait à tout ranger pour aller se coucher, Harry lui posa une question.

- Tu as des nouvelles de Ron ?

Elle se tendit instantanément, mais Harry avait besoin de savoir.

- Non, il m'a envoyé une lettre deux semaines après son départ pour me donner des nouvelles. Je lui ai répondu que je préférais qu'il ne le fasse plus. C'est déjà assez dur comme ça mais si en plus je dois recevoir des hiboux qui m'expliquent à quel point il est heureux je ne sais où, ça n'arrangera rien !

- D'accord, répondit simplement Harry.

Son ton était beaucoup trop détaché pour qu'Hermione trouve ça innocent. Après tout, son ami n'était pas insensible, il savait comme elle souffrait du départ de Ron, donc il n'aurait pas posé la question simplement pour savoir s'il lui donnait des nouvelles. Mais elle savait aussi que si Harry avait décidé de ne pas lui confier le fond de sa pensée, elle ne pourrait pas le forcer. D'ailleurs, elle n'était pas sûre d'avoir envie de savoir.

- Bonne nuit, dit-elle.

- Bonne nuit, à demain.