Réponse à espe29 : Merci, ça fait vraiment plaisir et j'espère que tu aimeras aussi la suite !
Chapitre 6 : L'envie de trop
Le soir, le temps de la ronde était venu et Hermione fut ponctuelle. Elle se sentait mieux après l'après-midi passée sur la tour avec Malefoy. À croire qu'il était le seul avec qui elle n'était pas obligée de jouer les souriantes.
- Alors, Weaslette et Potter ne t'ont pas demandé où tu avais disparu ?
- Non, ils ont passé l'après-midi à s'entrainer. Puis je pense qu'ils me cachent quelque chose, donc ils doivent être plus sereins quand je ne suis pas dans le coin.
- Qu'est-ce qu'ils te cacheraient ?
- Soit ils s'inquiètent pour moi, soit ils ont appris quelques choses que j'ignore, certainement à propos de Ron. Je penche plutôt pour la seconde solution, parce que j'ai bien remarqué que Ginny avait l'air d'avoir envie de me mettre au courant.
- Pourquoi n'essaies-tu pas de la faire parler ?
- Parce que je ne veux pas mettre de tension entre eux. Si ça concerne Ron, je risque de très mal le prendre et j'irais encore plus mal. Harry en voudra à Ginny et elle, elle pensera que c'est normal d'avoir été honnête, et bornés comme ils sont… expliqua Hermione.
- Pourquoi faut-il que tu penses toujours aux autres avant toi ? déplora Malefoy.
- Je ne sais pas. Ce sont mes amis, je veux qu'ils soient heureux.
- Et eux, ils s'en soucient ?
Elle aurait mal pris les paroles de Malefoy mais son ton était réellement curieux et non pas ironique, elle décida donc de répondre.
- Oui, ils s'en soucient mais ils savent qu'ils ne pourront rien pour moi tant que je n'aurais pas décidé d'accepter leur aide.
- Tu ne te confies pas à eux comme à moi ?
- Non, toi tu es neutre. Ginny est la sœur de Ron et Harry est son meilleur ami. Ils me soutiennent, ils n'acceptent pas le choix de Ron mais je ne veux pas qu'ils voient à quel point ça m'atteint parce que je ne veux qu'ils le détestent.
- Alors que moi, je déteste déjà Weasmoche, donc… Mais je pensais que tu me parlais parce que tu m'appréciais un peu, rigola-t-il.
Son ressenti par rapport à Granger avait changé depuis l'après-midi. Certainement grâce à son pardon. Il ne se sentait plus coupable en sa présence, ça n'enlevait pas tous ses autres remords, certes, mais il se sentait mieux avec elle.
- Je t'apprécie plus qu'un peu, répondit-elle.
Il la regarda, surpris.
- Ne me regarde pas comme ça, moi aussi je n'aurais jamais pensé m'entendre dire une chose pareille un jour ! s'exclama-t-elle en souriant.
- Ça ne tourne vraiment pas rond chez toi si tu en es à m'apprécier !
- Ça, c'est clair que ça ne va plus du tout ! plaisanta-t-elle avant de reprendre sur un ton plus sérieux. Depuis que je passe du temps avec toi et que nous parlons tous les deux, j'ai l'impression de retrouver mon équilibre et que tout redevient comme avant. Même si c'est différent… je me sens bien avec toi.
Il remarqua sur son visage qu'elle-même était surprise de la sincérité de son aveu.
- Et toi, comment tu te sens depuis… tout ça ? demanda-t-elle.
Il aurait voulu lui dire, affreusement mal mais il n'avait pas envie qu'elle ait pitié de lui.
- Ça va, répondit-il.
Elle le regarda et sembla sentir le mensonge à plein nez, elle hésitait entre insister ou laisser tomber mais il se décida de lui-même. Il passa une main nerveuse dans ses cheveux en réfléchissant à ce qu'il pouvait lui dire et ce qu'il devait cacher.
- Je fais des cauchemars toutes les nuits, il y en a plusieurs mais ce sont toujours les mêmes. Je me revois sur cette tour. Je revois mes nuits passées dans la salle sur demande à me demander combien de temps il mettrait à perdre patience et à s'en prendre à mes parents. Je revois le professeur d'études de moldus mourir devant moi. Je me revois torturer les mangemorts que Voldemort voulait que je châtie. Je revois tous ces jours horribles où il était chez moi.
Rien que d'en parler, les images défilaient, comme s'il revoyait tout ça mais en parler à quelqu'un qui semblait vraiment l'écouter sans le juger était libérateur. Comme s'il exorcisait un mal en lui, si bien, qu'il continua à se confier.
- Mais le cauchemar qui revient le plus fréquemment c'est celui où ma tante te… j'entends tes cris, je revois ton visage, je revois le sien et je me souviens avoir eu l'impression d'être torturé aussi. J'aurais tellement voulu la tuer pour ce qu'elle te faisait, j'aurais voulu tout arrêter et te serrer…
Il s'arrêta soudain et comprit qu'il était allé trop loin.
Il ne voulait pas faire revivre cette soirée à Granger. Mais il voulait encore moins qu'elle comprenne à quel point ce soir-là avait été encore plus décisif que le reste pour les changements qu'il faisait aujourd'hui. Lui-même venait de comprendre qu'Hermione était plus importante pour lui qu'il ne se l'était jamais avoué. Car c'était la première fois qu'il réalisait à quel point il aurait voulu arrêter ce qu'elle subissait et la réconforter, la consoler, la sauver.
Elle le regarda les larmes aux yeux et sans prévenir, elle le serra dans ses bras.
- Si tu avais fait quelque chose, ta tante t'aurait tué. Et quand bien même tu aurais réussi à la vaincre, tes parents ne t'auraient pas laissé me sauver. Puis je ne serais allée nulle part sans Ron et Harry. Je suis en vie et si j'en veux à quelqu'un, ce n'est sûrement pas à toi ! Ce soir-là, tu es resté et tu ne m'as pas lâchée les yeux. Je n'en ai jamais parlé à quiconque mais j'ai vu la douleur dans tes yeux. J'ai vu tes poings se serrer et je t'ai regardé dans les yeux, voir quelqu'un dans cette pièce qui ne voulait pas me faire de mal, qui ne voulait pas ma mort. Tu ne peux pas savoir à quel point tu m'as aidée ce soir-là !
- Oui, tu me regardais dès que tu le pouvais, je m'en souviens, ça me donnait encore plus envie de la trucider !
- Je ne te regardais pas pour que tu fasses quelque chose, je te regardais car ta douleur m'aidait à supporter la mienne. Je ne t'en veux pas pour ça.
Elle était toujours dans ses bras. Il sentit une odeur… de la lavande, oui ! Elle sentait la lavande, ses cheveux surtout, il trouvait que cette odeur lui allait bien et il se rendit compte qu'il avait envie de plus, il voulait embrasser Hermione Granger !
Il rompit l'étreinte, non, il ne pouvait pas faire ça ! Il ne pouvait pas désirer Granger, il la salirait et encore pire, si les Serpentard l'apprenaient, ils feraient de leur vie un enfer. Puis, que pourrait-il lui apporter ? Il n'était jamais sorti réellement avec une fille, il avait couché avec pas mal de sorcière, plusieurs fois avec certaines même. Mais jamais il n'avait voulu s'engager, cette idée ne l'avait même pas effleuré.
Granger n'était le genre de personne qu'on prenait pour faire joujou ! Non, elle était le genre de fille qui voulait qu'on la demande en mariage, qu'on l'emmène au restaurant et qu'on lui fasse des enfants. Lui, il n'était pas ce genre d'homme, non, il ne jouerait pas avec la Gryffondor, elle méritait mieux !
Il fallait qu'il l'éloigne d'elle et il trouva le prétexte parfait pour le faire lorsqu'elle tenta de le toucher avec une expression attendrie sur le visage. Il rassembla tout son courage et la repoussa.
- Je n'ai pas besoin de ta pitié !
- Drago, ce n'est pas de la pitié, c'est de l'empathie, tu t'en veux pour une chose à laquelle tu ne pouvais rien !
Elle choisissait ce moment pour l'appeler par son prénom. Il n'avait jamais semblé si beau et si doux que lorsqu'il était sorti de sa bouche. Sa bouche qu'il commençait à regarder avec envie ! Non !
- Fous-moi la paix Granger ! Je ne sais pas ce qui m'a pris de me rapprocher d'une sale Sang-de-Bourbe comme toi. Mes ancêtres doivent être en train de me maudire !
Elle recula comme s'il venait de la gifler. Maintenant elle n'avait plus seulement les larmes aux yeux, non, elle pleurait vraiment. Drago dut faire un effort considérable pour ne pas montrer la souffrance qu'il ressentait et son envie de la prendre contre lui.
Elle le regarda puis sa fierté l'emporta. Drago comptait beaucoup sur le mauvais caractère de la jeune fille pour qu'elle s'éloigne elle-même de lui et ça marcha au-delà de ses espérances.
Elle lui mit une gifle magistrale, et il se demanda par quel miracle elle n'avait pas pensé à se servir de sa baguette. Vu l'état de rage qui s'était emparé d'elle, il était chanceux.
- Va te faire foutre Malefoy ! balança-t-elle avant de partir.
Voilà, il avait réussi, elle ne lui parlerait plus jamais, mais pourquoi se sentait-il donc aussi mal ? Il avait fait ce qu'il fallait pour elle, Il n'avait aucun doute là-dessus.
Il resta un moment planté au milieu du couloir puis partit dans sa salle commune. Il s'assit dans un des fauteuils, la salle était vide, il en était content mais ça ne dura pas. Blaise et Parkinson arrivèrent, certainement de leur ronde de préfet. Drago n'avait pas remarqué que la sienne s'était écourtée.
Pansy passa devant lui sans le regarder, comme s'il en avait quelque chose à faire ! Mais Blaise s'installa en face de lui.
- Tu ne vas pas fort, remarqua-t-il.
- Quel sens de l'observation ! répondit-il avec mauvaise humeur et ironie.
- Eh, je ne sais pas ce qu'il t'arrive, mais ce n'est pas une raison pour monter sur tes grands hippogriffes avec moi !
Il lança un regard d'excuse à son ami avant de poser sa tête dans ses mains. Pourquoi fallait-il qu'il ait tant envie de la seule fille qu'il ne voulait pas toucher ? Son destin se vengeait d'une manière bien cruelle !
Je ne pouvais pas les laisser tomber dans les bras l'un de l'autre aussi facilement, non ? :)
