Réponse à Mande21 : Salut, contente que tu apprécie. Pour ta remarque, je la prend en considération et ne te gêne pas si tu trouves d'autres choses de ce genre ;) Oui, moi aussi je suis pas fan du couple de Ron/Hermione, enfin, j'aimais bien mais avant de découvrir les Dramione ! Pour en revenir à ta remarque, "- La normalité est surfaite Granger, puis qui a fait une loi obligeant tout le monde à être heureux et normal ?" c'est mieux ? En tous cas, Merci pour tes commentaires !


Chapitre 10 : L'automate

- Salut Granger, dit Malefoy à l'arrivée de la préfète-en-chef.

- Salut, répondit-elle d'un air absent.

Elle faisait peine à voir, elle ne parla pas de toute la soirée, sauf quand Malefoy lui posait une question. Auquel cas elle donnait des réponses les plus brèves possible. Elle n'était guère mieux avec ses amis. Au début, ils avaient essayé de lui laisser du temps mais ils commençaient vraiment à s'inquiéter. Elle ne mangeait quasiment rien, en deux semaines, elle avait énormément maigri, si elle continuait comme ça, elle allait vraiment mettre sa santé en danger.

- Hermione, je te dérange ? demanda Ginny à l'entrée de son dortoir.

Hermione leva la tête de son livre, allongée dans son lit.

- Non, répondit-elle.

La rousse vint s'asseoir au pied de son lit et la regarda.

- Comment tu vas ? demanda-t-elle.

- Je vais bien, répondit Hermione en se levant.

- Où tu vas ? demanda Ginny.

- A la bibliothèque.

Ginny se leva et l'attrapa par le bras.

- Maintenant ça suffit ! Fais quelque chose, tu ne parles pas, tu fuis dès qu'on s'approche de toi !

Elle dégagea son bras et s'en alla, Ginny alla rejoindre Harry dans la salle commune.

- Tu n'as pas eu plus de succès, devina-t-il.

Elle hocha la tête. Voilà deux semaines qu'elle avait appris pour Ron et depuis, elle ressemblait à un automate. Elle ne parlait que si on lui posait une question, elle se levait le matin pour ses cours mais, de nouveau, elle ne se tortillait plus sur sa chaise pour répondre aux questions des professeurs. Elle se rendait à ses rondes, mangeait une fois par jour pour ne pas avoir de gros problèmes. Mais elle paraissait vide comme s'il ne restait qu'une coquille mais dès que quelqu'un essayait d'aborder le sujet avec elle, elle fuyait.

Malefoy arriva dans le hall, elle l'attendait. Ses cheveux étaient encore plus désordonnés, des cernes noirs sous ses yeux, preuve qu'elle ne devait pas dormir beaucoup et elle avait beaucoup maigri mais jusqu'où comptait-elle aller !

- Granger, viens avec moi !

- On doit faire notre ronde.

- Pas ce soir, dit-il simplement en lui attrapant le bras

Ils montèrent jusqu'à la tour d'astronomie, il avait pensé que la vue lui changerait peut-être les idées après tout, elle n'avait jamais failli tuer quelqu'un ici contrairement à lui.

- Qu'est-ce qu'on fait là ?

- On est venu pour que tu cesses de te comporter comme un inferius, répondit Malefoy.

- Je ne me comporte pas comme un inferius.

- Alors qu'est-ce que tu fais ?

- Je fais de mon mieux, répondit-elle les larmes aux yeux.

La réponse de la Gryffondor lui fit mal, elle était tellement remplie de souffrance. Il ne voulait pas forcément la faire pleurer mais c'était toujours mieux que son comportement actuel. Sauf, qu'elle semblait de nouveau être retombée dans son rôle de miss robot. Elle commença à tourner le dos à Malefoy mais il lui barra le chemin et posa ses mains sur les deux bras de la jeune femme.

- Tu n'iras nulle part ! Tu ne bougeras pas jusqu'à avoir une réaction humaine par Merlin ! s'exclama-t-il.

- Tu n'es pas pressé ? demanda-t-elle en baillant puérilement.

Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase pour lui. Comment une fille intelligente, pouvait sombrer à cause d'un crétin comme Weasley ?! Il avait toujours les mains refermées sur ses bras et il se mit à la secouer comme un prunier.

- Maintenant ça suffit, reprends-toi par Salazar ! Il est juste parti, il n'est pas mort ! Le monde continue de tourner ! s'écria Malefoy.

Il arrêta de la secouer, regrettant déjà son accès de colère contre la sorcière. Lorsqu'il la relâcha, elle agrippa ses bras et des larmes commencèrent à couler.

- Je sais, je sais que je suis pathétique, en plus, j'ai vécu mille fois pire ! Tout le monde a vécu mille fois pire mais je n'y arrive pas, c'est comme si tout tournait trop vite et à l'envers et moi, je n'arrive pas à suivre. Aide-moi, je t'en supplie, aide-moi à ressentir des choses. Je ne ressens plus rien et je sais que ce n'est pas normal, que je devrais m'en remettre, que ce n'est qu'une rupture banale d'adolescent mais pourquoi est-ce que je n'y arrive pas ? Je voudrais juste me sentir comme avant.

Instinctivement, il la prit contre lui et la serra aussi fort qu'il le pouvait. Les larmes coulaient mais elle ne pleurait pas vraiment.

- Granger, tu n'as que dix-huit ans et tu as grandement participé à la chute du plus grand mage noir de tous les temps. Tu as vu certain de tes amis mourir, tu as supporté beaucoup de choses que des sorciers adultes n'auraient pas supportées et tu as survécu à bien pire. C'est peut-être le départ de Weasley qui a tout fait déraillé mais ça n'en est pas la cause. C'est juste une petite goutte d'eau dans un océan, déjà plein à craquer.

- Pourquoi les seuls moments où je me suis sentie vivante depuis, ce sont les moments où tu étais avec moi ? demanda-t-elle la tête toujours enfouie dans l'épaule du Serpentard.

Elle n'était vraiment plus elle-même, la Hermione qu'il connaissait ne lui aurait jamais fait un tel aveu de faiblesse.

- Je ne sais pas, mais si c'est moi qui te fais te sentir vivante, tu as peut-être plus besoin d'aide que ce qu'on pensait, dit Malefoy dans l'espoir de la faire rire.

Il réussit, elle rigola et s'éloigna un peu de lui, elle alla au bord de la tour et regarda la vue.

- Pourquoi tu viens souvent sur cette tour ? demanda-t-elle

- Je n'y viens que quand j'ai besoin de réfléchir. J'ai fait des erreurs et cet endroit, c'est un peu le jour où je m'en suis rendu compte. Donc, cet endroit a une signification importante pour moi.

- Le jour où Malefoy a cessé d'être un petit crétin arrogant et grossier, ajouta-t-elle en souriant le regard perdu à l'horizon.

Malefoy ne put s'empêcher de sourire aussi.

- Petit crétin arrogant et grossier, vraiment ?

- Non, je suis trop gentille.

Ils rigolèrent.

- Pourquoi m'as-tu insulté la dernière fois ? demanda-t-elle.

Il avait vraiment cru qu'il échapperait à la question ! Il n'allait pas tout lui avouer mais il devait lui dire une demi-vérité.

- Je voulais que tu t'éloignes de moi, je ne suis pas quelqu'un de bien, encore moins pour toi.

- Tu es vraiment ridicule. Ne fais plus jamais ça !

- Tu me donnes des ordres maintenant Granger ? demanda-t-il avec un sourire en coin.

- Promets ! insista-t-elle.

Il la regarda, elle était sérieuse mais pourquoi fallait-il qu'elle veuille de lui dans sa vie !

- Malefoy, promet que tu ne le feras plus, je ne sais pas l'expliquer mais j'ai vraiment besoin de toi, j'ai besoin que tu sois là pour moi et toi aussi tu aimes quand je suis avec toi. Tu crois que je ne remarque pas tes façons de me regarder ?

Bon sang, cette fille était vraiment trop intuitive et observatrice. Apparemment, elle avait compris qu'il aimait être avec elle, mais jusqu'où avait-elle compris ? Il ne voulait pas vraiment le savoir. Par contre, elle attendait qu'il promette.

- D'accord Granger, je te le promets, ça te va ?

- Oui, répondit-elle.

Puis sans qu'il s'y attende, elle déposa un bref baiser sur ses lèvres puis se recula.

- Pourquoi ? demanda-t-il hébété.

- Pour te remercier et te montrer que tu n'es pas indigne de moi.

Bon, il avait une réponse à sa question informulée, elle avait bien tout compris !

- Bonne nuit Malefoy, dit-elle en se dirigeant vers la sortie.

- Bonne nuit Granger.

Elle avait presque atteint l'escalier lorsque Drago l'avertit.

- Demain matin, je ne partirais pas de la grande salle avant que tu n'aies pris un petit déjeuner convenable et si tu ne le fais pas, je trouverais un moyen pour te faire manger avant que tu n'atteignes ta première salle de cours.

- D'accord papa ! s'exclama-t-elle en riant tandis qu'elle s'éloignait.

Elle se sentait bien, elle avait beau avoir dit que c'était pour lui qu'elle l'avait embrassé mais c'était tout autant pour elle et elle le savait. En fait, elle se sentait attirée par lui, depuis un bon moment déjà.

Mais elle avait peur, ils s'entendaient bien, ils parlaient, ils rigolaient et si elle commençait à sortir avec lui et que tout s'arrêtait, elle perdrait ce lien, comme elle avait perdu celui qui la liait à Ron ! Puis, mal comme elle était, qu'apporterait-elle à Drago ? Il avait besoin d'une fille bien dans sa peau pour l'aider à dépasser son passé.

Mais par moments, tout son bon sens l'abandonnait et elle avait juste envie des lèvres du blond sur les siennes.